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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 23:09

Mia Dolan, serveuse dans une cafétéria au cœur des studios, cherche désespérément à décrocher un rôle à Hollywood. Un soir, elle est touchée par le talent d'un pianiste de bar. Quand elle le recroise par hasard, ils se reconnaissent.

Autant le dire d'emblée, ce film est un enchantement et un creve-coeur. Les amoureux des grandes comédies musicales de l'histoire du cinéma américain ou français, retrouveront tous les codes du genre :  héros en quête d'absolu, décors et costumes aux couleurs vives, humour délicatement parsemé, énergie communicative, romantisme exacerbé, comédiens en état de grâce, thèmes musicaux emballants joués sous de multiples arrangements plus séduisants les uns que les autres. À ceci près que David Chazelle (qui signe ici son deuxième film après Whiplash) a semé avec parcimonie les parties chantées faisant de ce film plus une comédie dramatique que purement musicale. Comédie dramatique car La La Land parle de la difficulté d'atteindre son rêve et des sacrifices que cette quête exige. La mélancolie, la nostalgie hantent le film à tous les niveaux, lui donnant une grâce et une profondeur inattendue. On est également impressionné par la qualité de la réalisation. Si la photographie est particulièrement belle, la mise en scène est elle aussi ciselée. Chaque séquence est réalisée avec une précision d'orfèvre, à commencer par les plans-séquences nombreux. Le jeune réalisateur se révèle ainsi un maître du genre dès la première scène du film, un (presque) plan-séquence de 4 minutes qui vous place d'emblée dans l'humeur bon enfant que nécessite l'immersion dans ce monde de rêves et qui vous résume le propos du film en une chanson. La grande scène finale, vibrant hommage aux comédies musicales cultes, souligne, elle, la qualité de la construction de l'ensemble du récit en une démonstration poignante de la beauté et la fragilité des destins. Emma Stone dont la fraîcheur , la voix grave et les grands yeux bleus ont déjà séduit bien des réalisateurs, confirme encore un peu plus l'étendue de son talent. Ryan Gosling que l'on voyait beau, que l'on savait bon comédien et pas mauvais réalisateur, que l'on devinait avisé dans ses choix artistiques, achèvera, dans ce pari audacieux, de séduire les plus revêches. 

À voir au cinéma dés le 25 janvier.

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