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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 16:26

cloclo.jpg"Cloclo" souffre, comme beaucoup de film aujourd’hui d’une narration mal dosée, sans point de vue et sans âme.

 

Le scénariste a choisit, sans grand sens créatif, une narration chronologique.

La première partie du film dédiée à l’enfance et à l’adolescence en Egypte, puis l’exil et les premières années en France est contée vitesse grand V par une succession de saynètes. Le film ne se déroule pas vraiment comme un récit mais plutôt comme un catalogue, une collection de vignettes. La narration est au minima et rate ce qui était l’occasion d’une tentative d’explication de la psychologie du personnage, à l’âge où tout est fondateur. Après cette première partie, Claude François nous demeure toujours étranger et, à moins d’être un fan absolu du chanteur, on est déjà en manque d’empathie avec le héros du film.

Et ce n’est pas avec la deuxième partie que la sympathie va se créer. Il est là question des premiers succès dans les années 60 puis du Claude François de tous les excès, celui des années 70 et de la médiatisation. Claude François est devenu un type odieux, égoïste, ingrat. Invivable. Là aussi, les scènes se succèdent en catalogue. Puis, plus on approche des dernières années, plus le réalisateur s’attarde et tente un vrai récit, mais trop répétitif.

On peut reconnaître aux auteurs du film le courage d’avoir dessiné un portrait sans concession bloquant, malheureusement, toute sympathie possible. Du coup, les rares émotions ressenties sont causées par les personnages secondaires victimes plus ou moins consentantes du chanteur.

 

Scénario mal ficelé donc jusqu’à la place laisser à la musique. On se doute bien qu’il est peu probable qu’un biopic sur Claude François se passe sans musique mais ici les titres sont placés sans aucune subtilité dans leur quasi-entièreté, arrivant comme un cheveu dans la soupe sur des scènes ou montage vidéo-photos. C’est interminable. Aussi, on s’étonne d’entendre « Comme d’habitude » à 3 reprises ! 1ière fois à la création de la chanson (scène un peu ridicule au bord de la piscine), la 2 ième transformée en « My Way » par Sinatra et la 3ième mix des deux versions interprété par Claude François au Royal Albert Hall. Ca fait beaucoup. Quant à la musique additionnelle, on a connu Alexandre Desplat mieux inspiré.

La réalisation est alerte sans être formidable avec toutefois 2 plans séquences et 2-3 idées sympas. L'ensemble sonne quand même régulièrement un peu faux, un peu bande dessinée. Les comédiens sont investis mais l'écrin ne les aide pas. C'est un peu surjoué. 

 

Un film raté donc sur un sujet pourtant en or. Dommage.

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