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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 22:26

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Le théâtre Bastille accueille jusqu'au 31 octobre, le Tartuffe de Gwénael Morin créé en 2009 dans le cadre du "théâtre permanent" aux Laboratoires d'Aubervilliers.

Comme souvent chez Morin, le décor est quasi inexistant et les comédiens jouent sans costume. Tout est dans le jeu, la mise en scène virile et minutieusement chorégraphiée et la subtile réinterprétation de l’œuvre classique qui sous la scénographie de Morin et le jeu des comédiens révéle une parfaite modernité.

Depuis l'école, on savait les pièces de Molière plutôt drôles mais cet humour grinçant nous semblait d'un autre temps.

Morin accentue quelques traits, coupe quelques scènes sans toutefois dénaturer le propos principal. Il transforme, par exemple, la romantique et soumise Marianne en gourde irrésistible de drôlerie, insiste sur le caractère incestueux d'Orgon, surjoue la scène de séduction piège d' Elmire, fait de Damis un ado révolté. Et puis, Morin ose supprimer le happy end tiré par les cheveux et un rien lénifiant écrit par Molière, et permet à la pièce d'assumer jusqu'au bout son propos. Ainsi, l’irrésistible drôlerie de la pièce et sa modernité éclatent.

Bien sûr Morin convoque sur scène ses merveilleux comédiens et on retrouve ici Julian Eggerickx, Barbara Jund, Renaud Béchet, Ulysse Pujat et Grégoire Monsaingeon, tous magnifiques. Morin a juste la mauvaise idée d'interprété lui-même le rôle de Cléante. Et c'est sans doute le seul reproche qu'on pourrait lui faire. Gwénael Morin n'est pas très bon comédien ou en tout cas n'est pas à la hauteur de sa formidable troupe. Si ses idées de mise en scène et de réécriture son admirables, il est dommage qu'il joue. Mais, face à tant de réussite ceci n'est qu'anecdote.

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