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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 22:59

The-Artist-affiche1Fin des années 20, à Hollywood, au temps du muet, l’acteur George Valentin est en pleine gloire. La presse, le public sont à ses pieds. Il fait la pluie et le beau temps dans les studios. Il est LA vedette du cinématographe. Puis le parlant entre en scène…

 

Les trois premiers quarts d’heure sont particulièrement réjouissant. Ils content la gloire Hollywoodienne, les films muets et la rencontre avec la troublante Peppy Miller, toute jeune comédienne qui saura grandir avec son temps. Les gags, astuces et clins d’œil enchantent. Puis, vient la plus belle scène du film, tout simplement géniale, où le son entre par effraction dans le film et le monde aphone de George Valentin. Scène clé qui résume en quelques minutes le sort du héros.

 

Le mélodrame arrive. Le héros s’enferme dans son pari sur le silence, tombe dans l’oubli. Pour souligner le vide dans lequel s'enlise    George Valentin, le film change de rythme et en perd peut-être un peu trop. Le charme opère toujours mais le temps semble plus long. Pourtant, même dans cette demi-heure de moins bien, Hazanavicius nous offre quelques scènes fortes et encore de belles astuces jouant sur le thème de la parole et du non-dit. Il manque juste un petit quelque chose. Puis, la vie revient chez notre héros et dans le film qui se termine par un numéro de claquette à la Ginger et Fred enthousiasmant.

 

Hazanavicius nous raconte à peu de choses près la même histoire que le chef d’œuvre « Chantons sous la pluie », sauf qu’ici le héros ne saura pas rebondir. Aussi, le film est muet. Car le sujet de The Artist n’est pas l’avènement du parlant mais la chute d’un artiste et le silence.

Il faut aussi dire que si Hazanavicius rend hommage au cinéma muet, il n’en propose pas moins un vrai film avec une vraie histoire qui existe hors de son insolite format.

Jean Dujardin, parfait, passe de l’outrance du jeu de l’acteur sans voix à toute la justesse nécessaire pour que le spectateur entre parfaitement dans l’histoire. A ses côtés, un inséparable compagnon aussi charmant que talentueux, un petit chien qui n’est autre, comme par hasard, qu’un sosie du fameux chien de… la Voix de son Maître. Bérénice Béjo, que je n’avais jamais trouvé très bonne comédienne, est ici excellente. La très jolie musique accompagne avec justesse le film du début jusqu’à la fin. La mise en scène oscille entre plans « d’époque » et jolies trouvailles. Les scènes très inspirées de chefs d’œuvre américain du noir et blanc (pas forcément muet : Citizen Kane, Le portrait de Dorian Gray, Charlot…) sont nombreuses et Hazanavicius sait les parsemer et les amener avec la grâce et l’imagination nécessaires pour ne pas faire de son film un vulgaire catalogue. Bref, si The Artist n'est pas le film parfait que nous vend la critique, il n’en demeure pas moins un film riche, astucieux, gracieux et particulièrement enthousiasmant.

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