SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 14:07

Suite au naufrage d'un navire, Viola échoue en Illyrie. Pour échapper aux risques de sa condition de femme, elle se travestit en homme et se fait engager sous le nom de Césario, aux services du Duc Orsino. Ce dernier, fou amoureux de la Comtesse Viola, qui se refuse à lui, demande à Césario d'être son messager auprès de sa bien-aimée.

 

Thomas Ostermeier s'empare de cette comédie que William Shakespeare a écrite à l'occasion du carnaval, lieu de tous les travestissements et où régnants et peuple se trouvent à égalité. Le dramaturge se joue des genres, interroge les origines du sentiment amoureux et moque la folie des puissants. Si on peut s'étonner de la modernité d'un tel propos pour l'époque, sur le papier le pitch n'impressionne pas par son originalité. 

 

Mais la folie avec laquelle Shakespeare dessine ses personnages, l'outrance de la mise en scène d'Ostermeier et la qualité de jeu des comédiens enrichissent formidablement le récit. Le délire est de mise et si on ne sait pas jusqu'à quel point la traduction d'Olivier Cadiot transfigure le texte original, on est souvent saisi par son audace. Les improvisations des comédiens sur l'actualité (réforme des retraites, 49.3, coronavirus...) ajoutent au délire et respectent la tradition du Globe où les comédiens interpellaient directement le public.

 

Denis Podalydes, Georgia Scalliet, Adeline d'Hermy, Anna Cervinka, Noam Morgensztern, Julien Frison sont parfaits, comme la troupe du français sait toujours l'être, mais ce sont les prestations de quatre comédiens particulièrement bien servis qui nous marquent. Sébastien Pouderoux en serviteur coincé et amoureux, Laurent Stocker en oncle dégénéré, Christophe Montenez, en aristo cinglé s'en donnent à cœur joie dans l'outrance parfaitement dosée. Et il y a Stéphane Varupenne en Fou du Duc et de la Comtesse qui semble se promener dans cette partition, lui aussi excellent de bout en bout dans le premier degré comme dans les apartés. 

 

Si certains déplorent la laideur du décor et des (non-)costumes, elle convient parfaitement à cette ambiance de carnaval où tout est décadence, outrance et où les apparences trompent tout le monde ou personne. En un contraste puissant, un contre-ténor accompagné au théorbe intervient à plusieurs reprises apportant douceur et beauté au milieu de cette délirante farce.

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 16:28

De 1999 à nos jours, le combat de l'avocat  Robert Billot pour prouver la responsabilité d'une usine DuPond dans la pollution des terres et des eaux et la contamination de la  population en Virginie.

Haynes propose un film dossier dans la tradition du cinéma politique américain. Sans atteindre la verve d'une Erin Brochovitch ou l'intensité Des hommes du président, Dark Waters fait le job en contant de façon claire les tenants et aboutissants du duel, les enjeux économiques privés et étatiques, la lenteur de la justice et les vies broyées.

Le film, porté par Mark Ruffalo tout en accablement, tient un bon rythme jusqu'au dernier tiers où il marque le pas ne trouvant pas l'astuce narrative pour conter les années d'attente et manquant du romanesque auquel Haynes nous avait habitué dans ses précédentes œuvres. 

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 20:30

En 1996, lors des JO d'Atlanta, Richard, agent de sécurité, déjoue un attentat en découvrant un sac à dos abandonné. Il devient un héros avant de devenir le suspect n°1.

Eastwood traite ici le même sujet que dans Sully : monsieur tout le monde qui devient un héros avant de passer au statut de coupable. Ici le Monsieur tout le monde soucieux du strict respect de la loi, rêvant d'intégrer les forces de police, amoureux des armes, simplet mais pas totalement idiot, aux comportements infantils, maniaque, habitant toujours avec maman, quelque peu inquiétant semble le coupable idéal. Sa bonhommie et son sens du devoir étudiés sous l'angle de la culpabilité deviennent soudainement extrêmement suspects.

La démonstration de l'acharnement du FBI est implacable. Eastwood déroule son récit, particulièrement bien servi par l'interprétation de Paul Walter Hauser, sans temps mort.

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 00:49

Les chefs d'oeuvre n'ont rien à faire dans les remises de prix.

Les Cesar l'ont démontré ce soir encore.

 

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 21:01

Meilleur espoir masculin : Alexis Manenti (Les Misérables)

Meilleur espoir féminin : Lyna Khoudri (Papicha)

Meilleur acteur : Roschdy Zem (Roubaix, une lumière)

Meilleure actrice : Anais Demoustier (Alice et le maire)

Meilleure acteur second rôle : Swann Arlaud (Grâce à Dieu)

Meilleur actrice second rôle : Fanny Ardant (La belle époque)

Meilleur premier film : Papicha de Mounia Meddour

Meilleur film d'animation : J'ai perdu mon corps de Jeremy Clapin

Meilleur scénario : Nicolas Bedos (La belle époque)

Meilleure photo : Claire Mathon (Portrait de la jeune fille en feu)

Meilleur film étranger : Parasite de Bong Joon-Ho

Meilleur film : Les Misérables (Ladj Ly)

Meilleur réalisateur : Roman Polanski (J'accuse)

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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 17:00

Le procès de Lise va débuter. Depuis deux ans, depuis que sa meilleure amie a été assassinée, Lise est en liberté surveillée sous bracelet électronique. Elle est accusée du meurtre.

Stephane Demoustier nous convie au procès de Lise qui semble ne pas saisir la gravité de sa position. C'est par ce regard étrange que le film passionne. L'attitude même des parents intrigue. Chacun se fera sa propre opinion sur l'affaire mais l'ambiguïté qui habite sans cesse le film fait toute sa valeur. Dans le rôle de l'ado. Melissa Guers est parfaite. Ses parents Roschdy Zem et Chiara Mastroiani le sont tout autant.

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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 16:40

 

 

Alice Heimann, jeune et brillante normalienne, est embauchée à la mairie de Lyon pour aider le maire à retrouver le goût d'avoir des idées.

Le film séduit par le duo composé par Fabrice Lucchini et Anaïs Demoustier. Il intrigue dans sa première partie par la frénésie qui agite le pouvoir et le contraste avec le détachement de la jeune philosophe. Malheureusement, le récit tourne rapidement à vide et le charme de ses interprètes peine à nous garder en éveil.

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