SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 19:47
Patrick Timsit - On ne peut pas rire de tout

Patrick Timsit reprend à la Gaîté Montparnasse, le spectacle qu'il présentait au théâtre du Rond Point en janvier dernier (et dont l'affiche, cette fois, semble ne pas avoir été censurée). Le comédien, en mode stand-up, interroge le public "Peut-on rire de tout (et de tout le monde) ?" et propose d'égrainer la longue liste des sujets sensibles dont il est aussi plaisant, qu'inconvenant ou dangereux de rire, à commencer par les juifs, communauté dont Timsit, et surtout ses parents, font partie. Dès lors le ton du spectacle est donné. Tous les clichés sur toutes les communautés sont abordés. Marseillais, handicapés, Arabes, Français, Belges, Portugais, enfants, femmes, Noirs, Roms...

Le défi, incontournable, est d'être drôle à chaque fois. Et c'est le cas. L'écriture est précise, le texte entre les blagues est intelligent et surtout le comédien est excellent. Son interprétation est essentielle pour provoquer un rire le plus spontané qui soit, sans que le spectateur se sente gêné ou s'interroge sur le bon esprit de son voisin. Seuls deux sketchs un peu hors sujet, viennent riper légèrement cette mécanique du rire. Un rire qui ne nous lâche pas pendant plus d'1h30. Bel exploit.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 23:48
Le fils de Saul de Laszlo Nemes

À l'automne 1944, à Auschwitz-Birkenau, Saül fait partie des Sonderkommandos. Alors, qu'il évacue les corps d'une chambre à gaz, il croit reconnaître son fils parmi les victimes. Il n'a alors plus qu'un objectif en tête donner à cet enfant une sépulture en présence d'un rabin, tandis que ces camarades prépare une révolte pour s'évader.

Ce qui frappe dans Le fils de Saul c'est avant tout sa mise en scène. La caméra filme Saul, de face ou de dos, ne montrant ce qui se déroule autour de lui qu'en arrière-plans plus ou moins visibles. On ne voit donc que peu de choses mais on devine tout d'autant que les bruits, les paroles et les cris eux ne sont aucunement masqués. Aussi, l'image adopte un format carré qui semble bien étriqué créant une sensation d'enfermement, de piège et accentuant une certaine angoisse. Formellement, le film interpelle. Sur le fond, on est intrigué par ce personnage dont l'ignoble tâche exige de lui une certaine perte d'humanité qu'il tente obstinément de retrouver en redonnant à cet enfant les honneurs que l'on doit aux morts dans un monde civilisé. Que cette soif d'humanité aille à l'encontre de l'instinct de survie de ces camarades rend soudainement le personnage encore plus complexe et moins sympathique. Si le film affiche des faiblesses c'est dans son récit. Les événements que la quête de Saul croise ou provoque ne tiennent pas vraiment en haleine. Seul le contexte historique et émotionnel puissant et le dispositif de mise en scène maintiennent notre attention.

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Publié par zab - dans Cinéma
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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 18:28
Valley of love de Guillaume Nicloux

Isabelle et Gérard se retrouvent, après de nombreuses années de séparation, dans la vallée de la mort. Ils répondent ainsi aux dernières volontés de leur fils suicidé qui leur impose une visite de plusieurs jours sous une chaleur écrasante.

Nicloux réunit Huppert et Depardieu qui n'avaient plus tourné ensemble depuis 30 ans. Il les filme errant sous le soleil, à l'hôtel ou dans des paysages désertiques, elle suppliant Gérard de respecter les vœux du fils jusqu'au bout persuadée qu'ils vont le revoir, lui se plaignant sans cesse de la chaleur. Le réalisateur, également auteur de ce scénario ultra light, se contente de filmer, sans talent particulier, les deux comédiens et laisse l'imagination du spectateur en faire ce qu'elle veut. C'est un peu court.

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 21:56
Crosswind - La croisée des vents de Martti Helde

En 1941, comme 10 000 de leurs compatriotes estoniens, Heldur, Elna et leur petite fille Eliide sont déportés par l'armée soviétique. Immédiatement séparées d'Heldur, Elna et Eliide sont internées dans un camp de travail en SIbérie.

C'est à travers les lettres qu'Elna ne cessera d'écrire à Heldur durant toute son incarcération, que Martti Helde raconte les crimes et déportations perpétrés par Staline sur les populations Estonienne, Lettonienne et Lituanienne. Le film, en noir et blanc, marque tout d'abord par sa mise en scène impressionnante. Les plans séquences dans lesquels les personnages sont immobiles, comme tétanisés devant l'horreur et l'ignominie de leur situation, se succèdent. Chaque scène est d'une beauté à la fois fascinante et glaçante. Cet esthétisme poussé à l'extrême aurait pu masquer toute émotion ou empathie pour les personnages. C'est tout l'inverse qui se produit. L'étrangeté des mouvements de caméra sur ces scènes figées nous mène un peu plus près de ce qu'on peut imaginer de la mort et des souffrances ressentis par ces femmes et leurs enfants. En voix off, les lettres délicates et poétiques d'Elna, nous renvoient au vivant. Un film marquant.

Date de sortie du film : 11 mars 2015

Date de sortie en DVD : 17 novembre 2015

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 21:09
Paris Photo 2015

Du 12 au 15 novembre, le Grand Palais accueille la 19e édition de Paris Photo. 147 galeries venues du monde entier présentent leurs artistes connus et moins connus, ceux qui ont fait l'histoire de la photographie et ceux qui en écrivent la suite.

Ci-dessous un très petit aperçu des artistes exposés : Abelardo Morell, Adam Magyar, Ahmet Elhan, Alison Rossiter, Arne Svenson, Axel Hütte, Candida Höfer, Christiane Feser, Du Zhenjun, Edward Burtinsky, Edward S. Curtis, Erik Steffenson, Eugenia Arbugaeva, George Rousse, Jean-Baptiste Huynh, Joseph Koudelka, Julie Blackman, Lillian Bassman, Lisette Model, Masuyama, Natsumi Hayashi, Ola Kolehmainen, Paolo Ventura, Philippe Gronon, Ray Metzker, Risaku Suzuki, Ruth Orkin, Saul Leiter, Sebastiao Salgado, Sigrid Viir, Tomoko Sawada, Vik Munis, William Klein, Yousuf Karsh...

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Publié par zab - dans Exposition
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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 03:43
Sophia Aram - Le fond de l'air effraie

Dans la grande salle du Palais des Glaces, Sophia Aram présente un nouveau spectacle adoptant un format sensiblement différent de "Du plomb dans la tête" et "Crise de foi". Ici, les sketchs et personnages sont peu nombreux et laissent la plus grande place à une revue de l'actualité et des maux de la société qu'elle révèle, façon "Guy Bedos".

Avec ce format moins métaphorique, Sophia Aram affirme ses convictions de façon plus frontale et oublie à quelques occasions de faire rire. Le spectacle se scinde ainsi sur la forme en deux parties, deux tonalités, qui s'entrecroisent : celle de la parodie et celle du premier degré. La parodie est souvent très efficace et l'on rit de bon coeur. Sophia Aram, par exemple, commente successivement des extraits édifiants des livres de Trierwieler et Zemmour, se moque des bobos à travers le regard de sa tante Fathia, nous chante le triste destin de Marine Le Pen, nous explique que tout est un clivage droite-gauche, incarne un djiadiste Québequois et revient sur son Pearl Harbor (télévisé) de l'estime de soi... Dans la seconde partie, Sophia Aram semble ne plus pouvoir rire de tous ces intégrismes religieux et politiques, de cette violence à l'encontre de la liberté d'expression... au point de se perdre en justification et de se répéter dans sa volonté de convaincre à tout prix un public à priori déjà conquis par ces idées d'humanisme, de respect et de liberté.

Dans ce spectacle, bilan d'une époque violente où tout devient agression, Sophia Aram réalise sans doute un exercice encore plus courageux que celui de ses précédents spectacles ou de ses chroniques hebdomadaires sur France Inter. Ce n'est pas le format qu'on préfère mais il impose lui aussi le respect.

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 19:13
Comme un avion de Bruno Podalydes

Michel se prend soudainement de passion pour le kayak qui lui évoque sa passion pour les avions et sa soif d'évasion. Il s'en achète un sur Internet et décide de partir une semaine en voyage sur la rivière.

On suit un Michel utopiste, un peu lunaire, dans sa préparation et son périple. Les personnages sont cocasses et sympathiques, les interprètes parfaits (Sandrine Kiberlain, Agnés Jaoui et Bruno Podalydés). Le film très contemplatif offre des moments drôles mais il ne s'y passe pas grand chose. Sympa mais à peine vu, déjà oublié.

Date de sortie en salle : 10 juin 2015

Date de sortie en DVD : 4 novembre 2015

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