SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 13:54

Cyrano---Odeon---Torreton-www.zabouille.over-blog.com.jpgLe metteur en scène Dominique Pitoiset transpose le chef d’œuvre de Rostand, aux 1600 vers, dans un hôpital psychiatrique, de nos jours. Drôle et inquiétante d’idée ! 

Est-ce la beauté des alexandrins de Rostand qui suffit à elle seule à nous emporter ? Le talent des interprètes ? Toujours est-il qu’au théâtre de l’Odéon, sur cette scène éclairée de la lumière blafarde de néons, meublée de matériel médical et habitée par 11 comédiens habillés de jeans, jogging et tee-shirt trop larges, la magie opère encore.

Pitoiset présente une mise en scène très physique où le comique et le fantasque dominent. Les comédiens s’en donnent à cœur joie à commencer par Daniel Martin en Duc de Guise parfait de ridicule. Maud Wyler est une Roxane sautillante et gaie. Ses tâches de rousseurs siéent parfaitement à son personnage à l’exaltation folle. Une fraîcheur qu’elle a peut-être un peu de mal à perdre lors des scènes où l’émotion devrait faire place (la mort de Christian, celle de Cyrano). Choix de jeu ou toute petite défaillance d’un soir ? Patrice Costa, très bien aussi, conserve à Christian tout son 1er degré, comme s’il était seul, conscient, au milieu de ces fous. 

La transposition de la pièce dans cet étrange univers, et à notre époque, donne place à d’excellentes idées de mise en scène, telles que le duel à coups de poing, de tête et de pieds, bien plus violent au final, la scène du balcon sur skype et ces cordes à linge tendues à travers toute la scène et sur lesquelles reposent les lettres d’amour de Cyrano pour Christian à Roxane. 

Quant à Torreton crâne rasé, gueule cassée, maillot de corps, pantalon de jogging et baskets, il  est un magnifique Cyrano. Il fait entendre le texte comme rarement. La langue est belle et il la sert parfaitement. Captivant.

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 13:06

Savannah-bay---Riva---Consigny---www.zabouille.over-blog.co.jpgSavannah Bay n'est sans doute pas la pièce la plus évidente qui soit et cela d'autant plus que Duras avouait souhaiter laisser les comédiennes et les spectateurs entendre ce qu'ils veulent. Au final, on peut se demander si cette succession de mots et de phrases très courtes n'écrase pas plus cette histoire de suicide qu'elle ne la met en lumière. Derrière toute cette subtilité, Duras souhaite t-elle vraiment raconter quelque chose ? Cela dure 1h15 et si devant nous, dans une mise en scène simple et agréable, dans de belles lumières, ne figuraient pas Emmanuelle Riva et Anne Consigny, ce serait le grand vide. Emmanuelle Riva, 87 ans, silhouette de jeune fille, diction particulière, un peu étrange, sied toujours parfaitement à Duras. Pour bénéficier d'un peu de chaleur humaine, on se raccroche à Anne Consigny très bien aussi dans ce rien qu'on habille comme on peut de ce qu'on parvient tant bien que mal à imaginer.

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 21:06

Suzanne---www.zabouille.over-blog.com.JPGSuzanne et sa petite soeur Maria vivent seules avec leur père pas très loin du cimetière où leur mère est enterrée. Alors que Maria apprend son métier de couturière, Suzanne, au lycée, tombe enceinte. Elle élève en famille son petit Charlie, lorsqu'elle rencontre Julien et tombe amoureuse. Suzanne tombe. Pendant une vingtaine d'années on la voit tomber et se relever à plusieurs reprises grâce à la présence et à l'affection de sa soeur et de son père.

La réalisatrice ne perd pas de temps à commenter les faits, elle concentre son scénario et sa réalisation sur la personnalité de Suzanne, son exaltation et sa fragilité, et sur son entourage toujours bienveillant à son égard même à ses dépens. Ce soucis d'aller au coeur des sentiments sans détours, avec un grand sens du découpage, rend le film particulièrement attachant. Les comédiens, Sarah Forestier, Adèle Haenel et François Damiens, excellents tous les trois, nous emportent jusqu'au bout de cette histoire triste et lumineuse.

Date de sortie en salle : 18 décembre 2013

Date de sortie en DVD : 7 mai 2014

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 13:39

6-juin-1944-www.zabouille.over-blog.com.jpgA l'occasion, de la commémoration du 70ième anniversaire du débarquement, Ouistreham présentait un spectacle retraçant en 45 minutes la seconde guerre mondiale et la naissance de l'Europe. Organisé par les agences "Yvan Hinneman Conseils" et "Magic Garden Agency" et chorégraphié par Delphine Caron.

Efficace.

Vidéo ICI

 

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 16:40

Bird-People.jpgGary, ingénieur Américain est à Paris pour affaire. Dans sa chambre du Hilton de Roissy, il décide soudainement de tout laisser tomber : travail, femme et enfants. Audrey, jeune femme de chambre, dans ce même hôtel, vit une vie solitaire, sans passion.

Pascale Ferran tourne peu mais bien. Après "Petits arrangements avec les morts" et "Lady Chatterley", ce "Bird People" était très attendu. Présenté à Cannes dans la sélection "Un certain regard", il est encensé par la critique. Une critique sans doute plus pointue lors du festival, car le film est quelque peu déconcertant de par sa forme et son récit. Un film de 2h08 dans lequel pourtant il ne se passe pas grand chose. La scène d'introduction et celles du survol de l'aéroport de nuit sont très réussies. Les interventions des animaux bluffent chaque fois par leur perfection. Josh Charles et Anaïs Demoustier sont parfaits. Si la majorité des scènes qui se succèdent sont agréables, elles sont aussi toujours trop longues. De plus, l'ensemble manque de liens. Le traitement des deux histoires est trop dissemblable, ou pas assez, comme si on visionnait deux oeuvres simultanément. Cela manque d'harmonie. Et à la fin de la projection, si on résume les évènements, il y en a peu. Aussi, la façon dont la réalisatrice traite le, vu et revu, thème de la perte des contacts et des relations (Gary n'échange que par mails, téléphone ou skype, Audrey est seule à Paris et dans les aéroports les gens courent sans se voir...) est vieillote. Dernière déception, la scène finale semble tomber dans une facilité fabriquée en proposant une nouvelle définition du mot "personne". Grosse déception. Dommage.

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Publié par zab - dans Cinéma
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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 15:44

 

Martial-Raysse.jpgCette rétrospective du travail de l'artiste français le plus cher après Pierre Soulages compte pas moins de 200 oeuvres réalisées entre les années 60 et aujourd'hui. De quoi faire connaissance avec ce peintre originaire de Golf Juan, aujourd'hui installé en Dordogne, curieusement méconnu de monsieur Tout-le-monde.

Dans les années 60, Martial Raysse est l'un des artistes majeurs du Pop Art. Martial-Rayse---Beaubourg-2014--17--2.jpgCouleurs flashies, installations de néons, détournements de pubs et de produits, ses oeuvres sont joyeuses et impertinentes. Elles occupent le premier tiers de l'exposition et représentent sans doute la part la plus intéressante de l'exposition.

Dans les années 70, Raysse change radicalement de style en proposant des montages-collages hippies, des natures mortes, des oeuvres figuratives, s'inspirant de la mythologie.. Tout devient fade et triste. 

 L'exposition se termine par des oeuvres récentes où on retrouve le goût de l'artiste pour les détournements, le second degrés, les couleurs fluos et un certain mauvais goût réjouissant.Martial-Rayse---Beaubourg-2014---Ici-plage--comme-ici-bas--.jpg


 


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Publié par zab - dans Exposition
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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 15:21

Henri-Cartier-Bresson-www.zabouille.over-blog.com.jpgLe Centre Pompidou offre jusqu'au 9 juin 2014, l'occasion d'admirer près de 500 photographies, dessins, peintures et films réalisés par Henry Cartier-Bresson. De quoi se rendre compte à quel point ce photojournaliste a parcouru l'Histoire à travers le monde : guerre d'Espagne, seconde guerre mondiale, indépendance de l'Inde, arrivée de Mao Zedong au pouvoir en Chine, Mai 68 à Paris, Cuba,...

On y retrouve quelques uns de ses clichés les plus connus dont ceux des obséques de Gandhi. Une somme de travail admirable mais, artistiquement, sans doute pas le photographe le plus impressionnant.

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Publié par zab - dans Exposition
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