SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

Rechercher

Rubriques

26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 13:56

Le 6 avril 1917, en France, deux jeunes soldats anglais ont pour mission de passer derrière les lignes ennemis pour sauver 1600 soldats prêts à tomber dans un piège.

Sam Mendes met magistralement en scène ce qui pourrait nous sembler être une histoire déjà de nombreuses fois traitées. Mais le point de vue du réalisateur fait toute la différence. Sur la forme surtout qui est particulièrement impressionnante. Mendes suit ces deux soldats dans un (quasi) plan séquence, positionnant sa caméra à hauteur d'hommes. Dans les tranchées, dans les villages en ruines, dans la boue collante et glissante et dans la campagne abandonnée, le spectateur est au plus près de la dureté des conditions de vie, de la violence et de l'humain dans ses réflexes les plus lâches et primaires comme dans ses actes les plus courageux et généreux. La virtuosité de cette mise en scène s'accompagne d'une musique un peu trop présente, seule faiblesse formelle du film, et d'une très belle photographie qui dit l'horreur de la guerre mais aussi son incongruité au coeur de la force et de la beauté de la nature.

Sur le fond, à travers l'histoire dans la grande Histoire de ces deux soldats aux motivations différentes, Mendes ne fait "que" souligner la folie de la guerre qui ne sème que la mort, celle de ceux qui ne reviendront jamais et celle de ceux qui ne seront jamais plus les mêmes. Mais ici les scènes les plus prenantes ne sont pas forcément les plus violentes mais les plus poétiques où la vie finira par reprendre ses droits.

Les comédiens, Georges Mc Kay et Dean Charles Chapman, sont parfaits et créent instantanément l'empathie, nous emportant jusqu'à la dernière image.

1917 est a voir absolument en salle pour apprecier pleinement la qualité de sa mise en scène et de sa photographie.

Partager cet article

Repost0
17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 15:40

Greta Gerwig (Lady Bird) propose une énième adaptation du roman de Louisa May Alcott. La réalisatrice construit son film à base de flash-back qui pourront décontenancer ceux qui découvrent cette histoire mais qui donnent un peu de peps à une réalisation sans créativité particulière, encombrée d'une musique dégoulinante.

Ce qui maintien notre attention dans ce récit sans surprise est la qualité de l'interprétation des femmes March Laura Dern, Emma Watson, Florence Pugh, Elisa Scanlen, Meryl Streep et des fiancés James Norton, Louis Garrel et Thimothee Chalamet bien plus convaincant qu'à l'accoutumée. Quant à l'irrésistible rôle principal de Joe March il échoue à Saoirse Ronan (Brooklyn, Lady Bird...) qui déploie, ici encore, tout son talent et sa puissance romanesque.

Partager cet article

Repost0
6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 15:22

Roy Courtnay, escroc octogénaire, séduit Betty Mc Leish, riche veuve.

Le rythme du récit est au diapason de celui de ses héros, lent, très lent. Il n'est rien de dire que l'ennui s'installe très vite. On est loin du film d'anarque brillant. Ici le film s'enlise dans un scénario alambiqué et idiot. Le récit frôle régulièrement le ridicule pour y tomber totalement lors du dénouement. Le charme de Iam Mc Kelley et d' Helen Mirren n'y peut rien.

Partager cet article

Repost0
3 janvier 2020 5 03 /01 /janvier /2020 15:34

Paul et Myriam engagent Louise comme nounou pour leurs deux jeunes enfants.

Lucie Bordeleau prend le difficile pari de mettre en images le livre de Leila Slimani. La réalisatrice décide de déconstruire le récit  précis de l'écrivain et réduit cette histoire complexe en un scénario sans nuances avec un suspens qui n'existe pas dans le livre car il n'en ai pas le sujet. Cette réécriture donne un récit appauvri sans émotion ou réelle tension, que quelques artifices grossiers échouent à créer. La scène finale confirme l'incapacité du film à atteindre l'esprit du livre. La qualité d'interprétation des comédiens n'y peut rien. Adultes, Karin Viard en tête, et enfants sont parfaits.

Partager cet article

Repost0
29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 15:16

Fabienne, comédienne star du cinéma français,  vient de publier ses mémoires. Sa fille Lumir arrive de New-York, avec mari et enfant, pour fêter cet événement. A moins que ce ne soit pour régler quelques comptes.

Kore-Eda tourne pour la première fois en France et relève haut la main le défi de composer un film dans un cadre, un jeu et un esprit très français. Il installe deux  histoires, celle du film et celle du film dans le film, pour traiter son sujet fétiche la filiation et la famille en général. Il joue, sans la ménager avec l'image d'icône du cinéma français qu'est Catherine Deneuve. L'actrice est parfaite en star peau de vache abusant de son aura. Et Kore-Eda lui offre des répliques cinglantes très drôles. Juliette Binoche est confondante de naturelle en fille, mi-amusée, mi-agacée, à qui on ne la fait plus, mais qui est toujours en quête d'une mère et d'une vérité. Le duo de comédiennes onctionne parfaitement et apporte au film un rythme enlevé et ton sarcastique réjouissants.

Partager cet article

Repost0
24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 21:18

Maud Crayon, architecte exploitée par son patron, mère débordée plus par le père de ses enfants que par les enfants eux-mêmes, enceinte sans l'avoir voulu, remporte le prestigieux concours de la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre Dame.

"Notre dame" offre du grand Donzelli. Cette cinéaste du bonheur envers et contre tout, nous emporte dans son univers poétique et fantasque. Les comédiens qui l'accompagnent sont tous excellents. A commencer par Valérie Donzelli, elle-même et Christophe Deladonchamps au premier plan puis dans les seconds rôles, Virginie Ledoyen, Bouli Lanners, Thomas Scimecca, Isabelle Candelier, Philippe Katerine, Samir Guesmi parmi lesquels on remarque particulièrement Claude Perron, hilarante.

Un film joyeux et désabusé, décalé et cynique, romanesque et drôle.

Partager cet article

Repost0
17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 21:12

A New-York, dans les années 50, Lionel Esrogg, détective privé atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur la mort de son patron et ami Frank Mina.

Edward Norton propose, devant et derrière la caméra, un film policier à l'ancienne et en profite pour passer quelques messages sur le racisme anti afro-americains, sur l'acceptation de la différence, sur la corruption et la folie immobilière qui piétine les plus faibles. L'intrigue fonctionne particulièrement par le traitement qu'en fait Norton. L'ambiance 50's, le grain de l'image, le montage qui ménage rythme, suspens et humour donnent tout son charme au film. L'impeccable composition d'Edward Norton est la cerise sur ce gâteau que l'on aurait tout de même aimé un peu moins long.

Partager cet article

Repost0