SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:35
La Danseuse de Stéphanie Di Gusto

Loïe Fuller fait ses premiers pas de comédienne à Brooklyn. Un soir, sur scène, pour combler un moment de gène, elle fait virevolter sa robe autour d'elle. La réaction enthousiaste du public, lui donne l'idée de développer cette nouvelle danse.

La première partie du film conte les années américaines, les galères et les premiers succès à Paris. Les séquences se succèdent à un rythme soutenu allant à l'essentiel sans effet de précipitation, proposant des ellipses particulièrement belles et efficaces. La seconde partie adopte un tempo bien plus lent. Le film se concentre sur les douleurs physiques et morales de l'artiste et sur sa relation avec Isadora Duncan. Loïe Fuller ne se ménage pas dans des chorégraphies (exécutées par Soko non doublée) qui demandent un effort particulièrement soutenu. Ses relations sentimentales sont complexes, sa sexualité hésitante. Ce portrait adopte un parti pris un peu misérabiliste qui détonne avec les témoignages que l'on peut lire sur la vie de Loïe Fuller. La réalisatrice n'explore pas, par exemple, le travail de recherche qu'effectuait l'artiste pour améliorer sans cesse la mise en lumière de ses numéros, ses relations avec des scientifiques ou des artistes avant-gardistes. Cette part remarquable chez une femme de cette époque est laissée de côté. Abstraction faite de ces partis-pris historiques et de quelques lenteurs, le film offre de très beaux moments. La reconstitution de l'époque, les costumes, la qualité de la photo, la réalisation des scènes de danse sont remarquables. Soko, dans le rôle principal, habite le personnage. Mélanie Thierry offre une fois de plus une composition fine et précise en peu de mots et de gestes. Quant à Lily Rose Depp, dont cette première apparition au cinéma a excessivement occupée la presse lors de la présentation du film à Cannes, elle est tout à fait juste dans le rôle de l'évanescente et perverse Isadora Duncan.

A voir en salle dès le 28 septembre

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 19:39
Divines de Houda Benyamina

Dounia vit en banlieue dans un bidonville. Elle rêve d'argent facile et de reconnaissance. Soutenue par son amie Maimounia, elle intègre la bande de dealers menée par Rebecca.

Houda Benyamina conte la montée dans la violence et la descente aux enfers de cette jeune fille avec un énergie débordante. Le film affiche immédiatement la couleur de la brutalité, d'une certaine haine et du désespoir. Quelques scènes et bons mots très drôles glissés au milieu de cet engrenage infernale participent rapidement à nous attacher à ces héroïnes naïves et paumées. Elles sont interprétées par deux comédiennes bluffantes : Oulayah Amamra qui porte le film et Deborah Lukumuena dont le potentiel comique et émotionnel impressionne. Ce sont elles qui nous permettent de plonger pleinement dans cette histoire, jusqu'à ce qu'une scène de violence et de danse légèrement gênante et celle finale à la morale très premier degré, un peu petit bourgeois, nous interpellent. Remontent alors à l'esprit toutes les ficelles, morales et symboles un peu trop évidents qui jalonnent le film. Ils font de Divines une oeuvre imparfaite, un peu naïve dans son récit et pas très clair dans son message.

DIvines n'en demeure pas moins un film intrigant qui a le mérite de mettre en lumière ces deux jeunes et belles comédiennes (auxquelles s'ajoute Jisca Kalvanda terrifiante dans le rôle de Rebecca) et une réalisatrice au regard singulier qu'il sera intéressant de suivre.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 11:29
Cézanne et Moi de Danièle Thompson

L'amitié qui lia Emile Zola et Paul Cézanne débuta dans la cours d'une école d'Aix en Provence. Leur relation durera plus de 40 années jalonnées des succès du premier et des échecs du second, liés tous deux par le goût de l'art et d'un certain anticonformisme.

Les témoignages de cette étonnante amitié sont rares et Danièle Thompson ne cache pas qu'elle a dû imaginer la plupart des scènes de son film, en se basant sur leur correspondance et sur les écrits de ceux qui les côtoyèrent dont notamment le marchand d'art, Ambroise Vollard. La réalisatrice s'est attachée à dépeindre le milieu artistique de l'époque ; Emile Zola, critique d'art, est un grand défenseur des impressionnistes (Monet, Manet, Renoir, Pissarro sont ses amis). La reconstitution de l'époque est soignée tout comme la photographie plutôt remarquable. Si le film pêche c'est par le développement de l'histoire qui est mené de façon assez abrupte. La première partie du film est construite de multiples scènes très courtes ayant certainement pour but d'installer la psychologie des personnages mais qui semblent parfois un peu bâclées ou avoir été bien bousculées lors du montage. Certains évènements de la vie de Cézanne mériteraient un traitement plus fin et approfondi. Mais la réalisatrice préfère s'attarder sur le conflit qui mena à leur rupture. Ici tout est question de choix et on imagine bien ceux, cornéliens, qu'a du faire la réalisatrice. Nous n'aurions sans doute pas fait les mêmes. La musique, composée par Eric Neveux, vient alourdir un peu plus le propos mais la réalisatrice ne souhaitait pas faire appel au répertoire classique. Si l'ensemble est décevant il n'est toutefois pas désagréable. Danièle Thompson a du métier et ça se voit. Et Guillaume Canet est bluffant en Emile Zola. Encore un choix surprenant qui pour le coup est un coup de maître. Le comédien est épatant dans le rôle du grand homme, fidèle, faible, humain et attachant.

A voir en salles dès le mercredi 21 septembre.

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 15:52
Five de Igor Gotesman

Samuel, Timothée, Nestor, Julia et Vadim sont amis depuis l'école primaire. Grâce à Samuel qui a un accès illimité à la fortune de son père, les cinq amis s'installent dans un superbe appartement. Quand Samuel se fâche définitivement avec son père, il lui faut trouver un nouveau moyen de subvenir à leur besoin.

Le scénario est poussif et bien trop naïf pour plaire aux post pubères. La grossièreté, à l'occasion la vulgarité, n'effraient visiblement pas le réalisateur. Les fans du pipi-caca-bite-couille y trouveront leur compte. Pour les autres, il reste le charme et le talent de Pierre Niney et de François Civil, tous deux distribués dans des rôles qu'ils maîtrisent depuis longtemps.

Date de sortie en salle : 30 mars 2016

Date de sortie en DVD : 16 août 2016

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 15:24
Un homme à la hauteur de Laurent Tirard

Diane reçoit l'appel d'un certain Alexandre. Il vient de retrouver son portable et lui propose un rendez-vous que Diane déjà sous le charme accepte. Lorsque Diane rencontre Alexandre et son mètre 36, l'attirance s'amenuise.

Le dernier quart d'heure est parfaitement ridicule. Le reste du film aligne les poncifs les plus lourds de la comédie sentimentale. Virginie Effira et Jean Dujardin sont parfaits mais tout leur talent ne suffit pas à nous attacher à cette histoire. Le film n'est ni une bonne comédie romantique, ni un bon film sur les embarras de la différence. De plus, on se demande sans cesse pourquoi ne pas avoir choisi un comédien aux caractéristiques physiques adéquates plutôt que de rapetisser artificiellement Jean Dujardin qui semble d'une scène à l'autre ne jamais mesurer tout à fait la même taille. Râté.

Date de sortie en salle : le 4 mai 2016

Date de sortie en DVD : le 7 septembre 2016

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 20:12
Un petit boulot de Pascal Chaumeil

Récemment licencié, Jacques vivote comme il peut dans une ville sinistrée. Quand Gardot, le petit mafieux du coin lui demande de tuer sa femme, l’appât du gain le pousse à accepter.

Connaissant le sens de l'humour et d'un certain cynisme de Michel Blanc, on pouvait s'attendre à passer un bon moment. Mais les bons mots tombent mal, les scènes d'humour ne sont pas très drôles et l'histoire patine très vite, manquant curieusement d'énergie. La voix off vient alourdir un peu plus le propos. Les ingrédients semblent posés les uns à côté des autres sans liant. Un peu comme le duo Michel Blanc-Romain Duris qui fonctionne assez mal. Le second est parfait mais le premier n'est pas au mieux de sa forme. Peu crédible en malfrat, il ne semble pas jouer dans le même film que Duris. Un petit boulot parait globalement avoir manqué d'un pilote ayant une vision claire de cette histoire et du ton à lui donner.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 11:03
L'Effet Aquatique de Solveig Anspach

Samir s'inscrit au cours de natation de la piscine de Montreuil dans le but de séduire Agathe, qui y est maître-nageur.

On retrouve dans L'Effet Aquatique, la patte de Solveig Anspach : une tranche de vie farfelue mettant en scène monsieur et/ou madame tout le monde qui sur un coup de tête bousculent leur quotidien. Le tout est bien sûr conté avec fantaisie, bienveillance et romantisme et les dialogues sont particulièrement soignés. C'est drôle, loufoque et apaisant. Ce dernier film de Solveig Anspach nous mène de Montreuil, où elle vivait, à l'Islande, son pays d'origine. Deux cultures, deux formes de folies douces pas si éloignées que ça. Samir Gesmi et Florence Loiret-Caille, accompagnés de parfaits seconds rôles (Philippe Rebbot, Didda Jonsdottir, Olivia Côte, Esteban...), sont excellents. La réalisatrice apparaît également dans une courte scène face à Philippe Rebbot.

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