SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 21:20

 

Dans la presse, les critiques sont flatteuses mais on ne trouve pas deux analyses similaires.
Libero semble échapper à tous à moins qu'au contraire chacun se l'approprie à sa façon.
Libero c'est une tranche de vie et chacun en garde sa part.

Pour moi, Libero c'est violent. La violence du quotidien.
Celui de Tommi 11 ans, un père aimant, exigeant, colérique et à bout de tout, une soeur ado collante et une mère paumée, suppliante, partie puis revenue mais pour combien de temps ?
Tommi regarde son père lui jeter la vérité au visage, ce père qui veut faire de lui un homme et qui ne lui cache rien ou si peu. Un père tout en colère et maladresse, fier et humilié, fatigué de se débattre pour tout. Tommi regarde sa mère petite fille perdue, oiseau blessé, prêt à s'envoler à nouveau. Tommi subit ses copains de classe et sa soeur ado puérile. Tommi s'évade chez son petit voisin et sur les toits.

La magie du cinéma c'est que, pendant 1h45, Tommi c'est nous. On tremble face au colère du père, on étouffe dans cette piscine qu'on nous impose, on blêmit face à cette violence du désespoir qu'un père et une mère ne cachent plus, on voudrait se débâttre pour que cela cesse.

On se souviendra longtemps de ce petit garçon qu'on a été et du regard d'Alexandro Morace - Tommi - criant de vérité.

 

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 20:38
Ouiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!
Woody Allen est de retour au cinéma.
Derrière l'objectif mais aussi devant la caméra.
Et qui a t-il de plus irresistiblement drôle que Woody Allen à l'écran ?
Dans Scoop, le scénario a finalement assez peu d'importance.
Ce qui compte c'est le couple Scarlett Johanson - Woody Allen, qui réécrivent ici le duo comique.
Woody nous offre un festival de bons mots typiquement Allenien. C'est dense et terriblement drôle.

Match Point était un très bon film mais ce n'était pas vraiment un Woody Allen.
Ici, on retrouve la marque du maitre dans ce qu'il a de plus drôle.
Et moi j' adôôôôôôôreeeee.

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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 23:01

En septembre 1997, j'étais sur la planète Mars.
C'est pour ça que je n'ai aucun souvenir du soulèvement des foules qui se produisit en Angleterre. C'est Stephen Frears qui m'en a informé pas plus tard qu'hier avec son film The Queen.
Donc, le 31 août 1997, la Princesse Diana se tue sous un pont de Paris.
Emois dans le monde entier et drâme national dans toute l'Angleterre. Toute ou presque. Chez les Windsord le chagrin existe... un peu. Mais il s'agit d'un deuil privé, celui des deux petits Princes... privés de leur mère. Pour le reste et surtout pour ce qui est de Diana cela fait déjà un moment que divorcée de Charles, elle est retournée à la vie civile et n'a donc plus droit à un traitement royal.
Tony Blair, premier ministre travailliste fraichement élu, n'aura de cesse durant la semaine qui précédera les obséques de convaincre la Reine du drâme national qui se joue sans elle et du tort que son indifférence cause à la Monarchie.


Ne maîtrisant pas le sujet, j'étais bien loin d'imaginer ce qui c'était réellement déroulé à l'époque. Stephen Frears m'a donc mené de surprise en surprise tout au long de son film-documentaire :
- impensable, l'ignorance d'Elisabeth concernant la passion que portaient les anglais à Diana.
- bluffant, la vitesse avec laquelle Tony Blair devine et même anticipe l' émotion (parce qu'elle est aussi un peu la sienne) que cette mort va créer, et avec quelle intelligence ses conseillers seront lui en faire profiter...
- surprenant, l'acharnement qu' il mettra à sauver et défendre la Reine.
- spectaculaires les foules soulévées par ce décés et l'hystérie collective provoquée par le mutisme de la famille royale.
- hilarant, les coulisses des Windsor et des Blairs.

- curieux, la découverte du protocole et des habitudes de la famille royale.
- inattendue, cette empathie ressentie soudain pour cette Reine paumée.
- remarquables les interprétations d'Helen Mirren (qui ne ressemble pas du tout à Elisabeth d'ailleurs) et de Michael Sheen (Tony Blair).

Un vrai bon film qui donne envie de retourner très vite au ciné et peut-être même de reprendre un abonnement à "Point de Vue - Images du monde"... 



 

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19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 20:02
Ce soir, France 3 nous offre une jolie soirée en diffusant "Le Petit Prince a dit" film lumineux et grave réalisé par la sensible Christine Pascale.

Violette, 10 ans, un peu ronde, multiplie les maladresses et les maux de tête.
Dés la tumeur décelée, son père l'enlève des mains des médecins et de l'acharnement thérapeuthique qui s'annonce.
Violette passera ses derniers jours dans la douceur et la lumière Provençale.
Adam, père exigeant, apprendra la patience et la fragilité des choses, Mélanie, mère fantasque,
fera face à l'injustice.

Richard Berry et Anémone sont parfaits de justesse et de finesse, Marie Kleiber,une petite fille inoubliable.
Les scènes bouleversantes ne manquent pas mais
Christine Pascal, scénariste et réalisatrice, relève chaque fois le défi de la pudeur, et traite ce sujet violent avec douceur. La musique de Bruno Coulais souligne délicatement la beauté du film.

Violette meurt sans doute dans le fondu en blanc de la dernière image.
On pense alors au saut dans le vide que fit quelques années plus tard Christine Pascale de sa fenêtre d'hôpital.

*le film a reçu le Prix Louis Delluc en 1992*

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16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 18:40
Mélanie Laurent reçoit ce soir le Prix Romy Schneider.
Mais qui est donc l'auteur de ce blog au nez si fin (et long dit-on...) qui écrivait le 25 septembre dernier :

"toi César, qui a si souvent la mémoire courte, souviens-toi, quand février sera venu, de Mélanie Laurent."
L'heure de César n'est pas encore venue mais d'autres l'ont devancé.

*...on est jamais mieux servi que par soi même...*

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 17:20

«Little Miss Sunshine» est un road movie, celui qui emmène Olive Hoover, 7 ans à un concours de Mini Miss en Californie. Son rêve : être reine de beauté.

Parce que pour Papa Hoover, qui s’est autoproclamé spécialiste de la réussite, on est jamais trop jeune pour prendre le chemin du succès, toute la famille prend place dans le van Volkswagen jaune direction Californie.
Dans le van, on trouve donc le père qui peine à vendre son livre « le succès en neuf étapes », le fils - physique de Gaston Lagafe et crise d’ado.- qui a fait vœu de silence jusqu’à son entrée dans l’Air Force, le grand-père râleur, cocaïnoman et coach de sa petite fille, l’oncle homo, spécialiste de Proust et suicidaire depuis qu’il a perdu son boulot et son petit ami et enfin la mère qui compose avec tout ce petit monde.
La route vers la Californie sera emplie d’embûches et riche en enseignement jusqu'à la délirante scène finale.

 

A la fois cruel, tendre et drôle, «Little Miss Sunshine» , film indépendant décalé, parle de l’Amérique éprise de réussite, d’artifices et de stéréotypes
Le film doit beaucoup à ses interprètes tous excellents et à une folie aux accents Kusturiciens et Almodovarois.

«Little Miss Sunshine» n’est sans doute pas le film du siècle mais il nous propose un bon moment de délires.

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 17:33

En 2000, Olivier Adam écrivait, bien avant le presque Goncourisé "Falaise", un 1er roman troublant, de ces livres à la fois simples et marquants qui ne vous quittent jamais tout à fait.
En 2006, le même Olivier Adam co-signe le scénario de "Je vais bien, ne t'en fais pas" adaptation cinématographique de sa première oeuvre.
O drâme ! Combien de livres déjà transposés à l'écran ont engendré des navets!
Et comment y traduire les non-dits, souffrances et subtilités des sentiments décrits par Adam sans tomber dans l'image voyeuse, la miévrerie ou l'émotion facile ?
O miracle ! Car oui, Philippe Lioret ("Mademoiselle" avec Bonnaire et Dutronc, c'était déjà lui) fait honneur au livre, peut-être même un peu plus que ça encore.
Ceux qui ont déjà lu ce joli roman, qui connaissent le secret qu'il renferme, qui savent le désespoir et la force de Lili, la culpabilité de son père, les larmes de sa mère, se laisseront encore emporter par ce film, découvrant de nouveaux sens aux mots écrits par Adam.
Ceux qui sont vierge de cette histoire, se laisseront aussi prendre par la vie de Lili qui nous parle,
entre émotion et rire, de l'amour filial et fraternel, du poids du secret et de l'absence.
"Je vais bien, ne t'en fais pas" =est aussi ou tout autant ou plus encore, une sacrée découverte, le genre de celle qui nous cueille sans qu'on s'y attende. Une révélation qui se nomme Mélanie Laurent. De tous les plans ou presque, elle porte le film. Elle ne joue pas Lili, elle est Lili. S'il n'y avait qu'une raison pour aller voir ce film, ce serait elle. Le reste du casting ne dénote pas. Kad Merad, le Kad de "Kad et Olivier" est parfait de sobriété, Isabelle Renault comme toujours très juste, quant à Julien Boisselier, il nous offre quelques beaux moments de grâce.

PS : Toi César, qui a si souvent la mémoire courte, souviens-toi, quand février sera venu, de Mélanie Laurent.

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