SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 20:01
Take Shelter de Jeff Nichols

Curtis vit avec sa femme et sa petite fille, sourde, une vie heureuse. Pourtant, une angoisse chaque jour un peu plus oppressante l'envahit.

Michael Shannon, scrutant le ciel, seul contre tous, est particulièrement impressionnant dans sa capacité à nous faire ressentir son angoisse. Nichols parsème sans cesse le doute. Curtis perd t-il la tête ou perçoit-il ce que les autres ne voient pas ? La petite musique de David Wingo sert parfaitement le doute. Le récit (scénario de Jeff Nichols) est mené avec une efficacité rare de nos jours. La patte d'un grand cinéaste.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 23:16

j_edgar.jpgJ.Edgar reste un mystère : quel en est le sujet et qu'à bien pu vouloir dire Eastwood ?

Il semblerait que ce soit le Hoover privé qui intéresse Eastwood. Problème : Hoover ne vivait que pour le FBI et le pouvoir qu'il en tirait. Sa vie privée frolait le néant et son entourage "intime" se résumait à sa mère (castratrice apparement), sa secrétaire dévouée et son fidèle bras droit amoureux transit et platonique semble t-il. Car oui Hoover avait des penchants homosexuels refoulés, tellement qu' Eatswood n'en dit pas grand chose tout en y accordant la plus grande part de son film... Du coup, il n'a quasiment rien à raconter, de fait il ne se passe rien et on s'ennuie ferme. Cerise sur le gâteau, l'Histoire qu'a traversée et fait Hoover n'est qu'effleurée et perdue dans un aller-retour incessant, et quasi sans repère historique, entre passé et présent. Le présent étant celui du grand âge pour Hoover incarné par un Di Caprio, il est vrai, plutôt bon sous son maquillage.


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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 20:47

carnage-polanski-affiche.jpgRoman Polanski adapte au cinéma la pièce de Yasmina Reza "Le Dieu du carnage" : un huis clos bien foutu mettant en scène deux couples venus "régler" les problèmes causés par une bagarre entre leurs deux fils.


La réalisation, bien que sans effet de manche, est suffisament fluide pour que ce théatre passe facilement le cap du grand écran.

L'interprétation est excellente (Christopher Waltz, Kate Winslet et John C Reilly) même si on pourra reprocher à Jodie Foster un jeu un peu trop en force.

Surtout, le texte est percutant, rythmé et d'une belle efficacité.

Même si on ne retrouve pas ici la mise en scène virtuose de "Ghost writer", le plaisir, différent, est bien présent.

Les Polanski se suivent, ne se ressemblent pas mais offrent toujours bien des satisfactions.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:47

intouchables-affiche.jpg"Intouchables" c'est : 

le sens du récit

une réalisation honorable

l'excellence du casting jusqu'aux seconds rôles

(Anne Le Ny toujours parfaite)

le sourire XXL d'Omar

la grâce de Cluzet

le rire en quantité 

Quant aux messages sur l'handicap, avec ou sans respect, c'est surtout le Driss de banlieue qui est l'objet des railleries.

"Intouchables" est avant tout une bonne comédie, une excellente occasion de se marrer sans trop se poser de question.


 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 19:16

toutes-nos-envies.jpgEn entrant dans la salle de "Toutes nos envies", je pensais voir un film racontant le combat de deux juges face aux sociétés de crédit.

En sortant de la salle de "Toutes nos envies", j'avais vu un film contant les dernières semaines d'une jeune mère de famille atteinte d'une tumeur au cerveau, avec en personnage tertiaire une histoire de surendettement.

Alors forcément, ce n'est pas pareil...

Marie Gillain, Vincent Lindon, et les autres sont très bien.

Mais le récit, en plus d'être bancal et peu crédible, n'offre aucun intérêt.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 12:44

polisse.jpgPolisse raconte le quotidien, qu'il soit professionnel ou privé, de policiers d'une Brigade de Protection des Mineurs.

Les scènes intenses se succèdent à un rythme soutenu, haletant, nous emportant dans un tourbillon mélant toutes les émotions, de la tristesse au dégout, de la révolte au désespoir jusqu'au rire.

Les comédiens sont tous exceptionnels, et le groupe fonctionne dans une énergie idéale. La mise en scène intense et le montage sec accentuent le sentiment d'urgence mais aussi celui d'impuissance. Les exemples de violences faites aux enfants se succèdent toujours dans des scènes "documentaires" qui semblent criantes de vérité. Dans des séquences  très courtes ou semblant interminables, Maïwenn gère le temps nécessaire à l'évènement pour qu'il prenne toute sa dimension. On pourra lui reprocher une impression d'inventaire ou de catalogue, quelques excés, mais la force des scènes excuse à elle seule ces petits travers et puis il s'agit d'une oeuvre de fiction.

La vie privée des policiers est distillée de façon harmonieuse répondant parfaitement à la vie de la brigade. Seule l'histoire d'amour que Maïwenn s'est offerte avec Joey Starr déséquilibre le film et le gâche un peu. En supprimant son rôle et cette love story, Maïwenn n'aurait pas été bien loin du film parfait.

Polisse, malgré ses défauts, est un film marquant et fort d'une réalisatrice très douée. 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 22:59

The-Artist-affiche1Fin des années 20, à Hollywood, au temps du muet, l’acteur George Valentin est en pleine gloire. La presse, le public sont à ses pieds. Il fait la pluie et le beau temps dans les studios. Il est LA vedette du cinématographe. Puis le parlant entre en scène…

Dès les premières images, dans une scène du film dans le film, le dilemme du héros est posé : on veut l'obliger à parler. Puis, grâce à une géniale séquence dans un cinéma, le réalisateur annonce : ce film sera muet. Le film est parsemé d'astuces de ce genre. Les trois premiers quarts d’heure sont particulièrement réjouissant de vivacité. Ils content la gloire Hollywoodienne, les films muets, un George Valentin flamboyant et sa rencontre avec la troublante Peppy Miller, toute jeune comédienne qui saura grandir avec son temps. Les gags et astuces enchantent. Puis, vient la plus belle scène du film, tout simplement géniale, où le son entre par effraction dans le film et le monde aphone de George Valentin. Scène clé qui fait basculer le héros et le film dans le mélodrame menant Jean Dujardin vers une tonalité de jeu différente. Jusque là parfait dans l’outrance du jeu de l’acteur, sans voix, mais maître en son royaume, il adopte la nuance pour incarner la chute. A ses côtés, Bérénice Béjo est excellente, charmante et pétillante. Les deux comédiens se font presque voler la vedette par Ugy, un petit chien aussi charmant que talentueux qui est aussi, comme par hasard, un sosie du fameux chien de… la Voix de son Maître. La très jolie musique de Ludovic Bource accompagne avec justesse le film dans ses différentes tonalités du début jusqu’à la fin.

La mise en scène oscille entre plans « d’époque » et jolies trouvailles. Les scènes inspirées de chefs d’œuvre américain du noir et blanc (pas forcément muet : Citizen Kane, Le portrait de Dorian Gray, Charlot…) sont amenées avec la grâce et l’imagination nécessaires pour qu'elles s’intègrent parfaitement au film. Hazanavicius nous raconte à peu de choses près la même histoire que le chef d’œuvre « Chantons sous la pluie », sauf qu’ici le héros ne saura pas rebondir. Le sujet de The Artist n’est pas uniquement l’avènement du parlant mais la fin d'un monde pour un homme, maître du silence, et aussi une belle histoire d'amour.

Il ne faut pas si tromper : The Artist n'est pas un film gadget ou une folie de cinéaste qui rêvait d'un film en noir et blanc, muet et au format carré. The Artist est un grand film avec une histoire qui existe hors de son insolite format, un film riche, astucieux, gracieux et particulièrement enthousiasmant.

 

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 17:03

habemus_papam_affiche.jpgA Rome, les cardinaux se réunissent en conclave et élisent leur pape. Après quelques difficultés à faire leur choix parmi les favoris (qui prient tous pour ne pas être nommés), les votes se concentrent sur un outsider, le cardinal Melville (Michel Piccoli). Mais Melville après avoir accepté sa mission, devient mutique, dépressif et prend la fuite.

 

L'idée du cardinal élu Pape, qui refuse sa nomination, était pleine de promesse.

Sujet idéal pour proposer une réflexion sur la foi, la place des hommes d'église, la légitimité du souverain pontif, le poids de la fonction, la solitude des hommes de pouvoir, leur faible moyen à aider...

Seulement, voilà, le cardinal Melville semble refuser la fonction pour la simple raison qu'il n'a pas l'âme d'un chef. Sa foi n'est pas remise en question, les positions de l'Eglise qu'il faudrait défendre ne sont pas  le problème, l'Eglise et la religion ne sont tout simplement pas le sujet du film. Melville aurait très bien pu renoncer à un poste de chef d'état après des élections nationales, il refuse simplement d'endosser le poids du poste, de se sacrifier à la tâche. Il pense à lui avant de penser au groupe.

On pourrait se raccrocher à ce sujet sans peine tant l'interprétation de Michel Piccoli est parfaite si Moretti creuser un peu plus le sujet et son personnage. Mais on ne saura jamais vraiment qu'elles sont les motivations de Melville, quelles sont ses consolations ; son escapade dans Rome lugubre et ses rencontres déprimantes ne pouvant représenter une échappatoire.

Si sur le fond le film déçoit, Nanni Moretti propose plusieurs scènes assez drôles se moquant des cardinaux mais aussi des psychanalystes, concurrents directs des hommes d'église et aussi des incapacités des deux chapelles à apaiser les doutes de leurs "patients".

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 18:57

Les-biens-aimes_30561_1311774089.jpgLe film s’ouvre sur un générique rythmé et coloré qui évoque Truffaut et Demy. L’ambiance 50-60 est plaisante et ces 3 premières minutes nous placent sous les meilleurs hospices. On déchante vite avec l’apparition de Ludivine Sagnier qui ne nous quittera plus pendant une heure. Comme à son habitude, mais peut-être de façon encore plus spectaculaire, elle bouge faux, elle parle faux, elle sourit faux. Son personnage peu sympathique qui croise d’autres personnages tout aussi désagréables ne nous pousse pas à la bienveillance et l’histoire ne passionne pas.

La deuxième partie voit l’arrivée sur l’écran de Catherine Deneuve, Louis Garrel et Chiara Mastroiani. On se dit que si on ne s’attache pas plus à l’histoire on aura au moins le bonheur de voir de bons comédiens. Mais le destin des personnages qui se veut sans doute émouvant ne fait qu’agacer ou pire laisse indifférent. Car jusqu’au bout, les héros d’Honoré comme souvent sont particulièrement tête à claque et d’un égoïsme rare. Le récit, par ailleurs assez mal ficelé, est sans intérêt. Il court pourtant sur deux générations et des époques riches en bouleversements sociaux. Mais Honoré n’a pas grand chose à dire et se focalise toujours sur les mêmes sujets, l’époque finalement ne change rien. Quand on a déjà vu plusieurs de ses films, on est obligé de constater que le réalisateur tourne en rond et que la vie « particulière » de ses personnages, par cette répétition, fait de plus en plus factice et caricaturale. On n’échappera pas au personnage atteint du sida qui bien sûr est homosexuel à moins que ce soit le personnage homosexuel qui bien sûr a le sida… A cela s’ajoute, une narration sans imagination, sans grâce.

Le problème quand l’histoire n’intéresse pas c’est qu’on s’attache à ce qui, en d’autres circonstances, sembleraient être des détails. Ainsi, les chansons d’Alex Beaupain sont terriblement semblables mélodiquement. Ce manque de variété ajoute à l’ennui. Quant au choix de la petite mignonne Sagnier pour interpréter l'impressionnante Deneuve jeune, on demeure dubitatif,  idem quand on retrouve le premier mari de Sagnier, interprété par Rasha Bukvic, jeune acteur très grand et élancé qui 30 ans plus tard se transforme en Milos Forman, petit et trapu. Voilà où, très rapidement, le film nous mène. On comble l’ennui comme on peut.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 22:05

une-separation.jpgCela fait bien longtemps que le cinéma ne nous avait pas offert d’accompagner des personnages aussi parfaitement dépeints au coeur d'une histoire si bien écrite, dans son extrême simplicité et la complexité qui en découle. Par petites touches, peu nombreuses mais marquantes, dés son début, le scénario installe, avec une efficacité rare, la personnalité de chacun des héros. Puis, tout au long de l’histoire, chaque action et réaction des personnages, combat ou renoncement, dans la violence, la douceur ou la réflexion, chaque battement de cils nous parlent d’eux et aussi de la société Iranienne, du poids de la religion, de l’émancipation ou non des femmes, de la place des hommes, d'une certaine lutte des classes mais avant tout de ces héros-là dans cette culture-là.

La mise en scène ne fait pas d’esbrouffe. Vive et au plus près des comédiens - tous exceptionnels, enfants, adultes ou vieillards - elle accompagne les personnages, laissant toute la place à leur droit d’expression.

Quel bonheur, alors qu’il est si facile au visionnage de tous ces films fait au kilomètre de prendre à défaut les scénaristes qui donnent dans la facilité quite à défigurer leurs personnages, quel bonheur de voir Une Séparation rester à tout instant fidèle à ses héros, les respectant dans ce qu’ils sont jusqu’au dénouement.

C’est sans doute la plus grande qualité d'Une Séparation : ses héros ne sont jamais trahis par leur créateur.

C’est leur force et celle du film, un chef d’œuvre du genre.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 21:02

 

Pater.jpgAlain Cavalier invite Vincent Lindon devant et derrière sa caméra pour jouer à "on dirait que...".

Si Alain Cavalier était Président de la République, il nommerait Vincent Lindon premier ministre.

Si Vincent Lindon était premier ministre, toutes colères dehors, il tenterait de réduire l'écart entre les bas et les hauts salaires.

 

Le spectateur, regarde Cavalier et Lindon se raconter l'histoire qu'ils nous racontent, fabriquer le film dans le film et créer les personnages qu'ils se sont attribués. Ca se prépare, ça se lance, ça s'interrompt, ça hésite et repart. Quand Alain Cavalier fait du cinéma avec Vincent Lindon, c'est du cinéma militant et du beau cinéma. Un film entre reportage et fiction et réciproquement, du cinéma dans le cinéma avec en prime une réflexion et un positionnement politiques.

 

Vous l'aurez compris mieux vaut aimer Alain Cavalier et Vincent Lindon, omniprésents à l'image, pour apprécier ce film ovni qui offrent de grands beaux moments.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 18:54

tree-of-life.jpgLa palme d'or 2011 est bien singulière. Mieux vaut être patient et disposer d'un sens de la curiosité particulièrement aiguisé pour se lancer dans les 2h18 du dernier crû de Terence Malik.

Si la mise en scène est remarquable, le propos mystico-existentialiste est à la limite du ridicule. Et lorsque le réalisateur nous propose en entrée la création du monde pour les nuls - big bang et dinosaures compris - en 20 minutes chrono, on salue la beauté des images mais on se demande où Malik veut nous mener et s'il faut prendre cela au 1er degré. S'en suit le portrait toujours remarquablement mis en scène et parfaitement interprété d'une famille Américaine des années 50. La vie d'Américains moyens qui expliquerait la Vie avec un grand V, sa dureté, ses difficultés, son innocence perdue. Toute cette partie offre de nombreuses scènes de toute beauté et même si l'on perçoit quelques longueurs, elle suffirait à composer un film presque réussit. Malheureusement, Malik repart dans ses délires avec une scène finale qui nous emmène dans l'au-delà, une sorte de Paradis blanc à la Michel Berger, et replonche dans le ridicule.

Il faut aussi parler de la voix off qui accompagne toute l'histoire en interrogeant le tout puissant. Elle clame l'étonnante limite du film. Ses questions du genre "où vais-je, d'où viens-je, dans quel état gère, pourquoi t'es méchant alors qu'on est gentil ?" sont incroyablement désuettes.

 

Bref, prix de la mise en scène peut-être, palme non.

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 19:02

midnight in parisWoody Allen nous invite dans son Paris vénéré, pour une déclaration d'amour a une ville magnifiée par une histoire culturelle et artistique d'une richesse sans pareil. Les artistes qu'elles a bercé sont prestigieux et si la nostalgie vous guide, vous pourrez les rencontrer au virage d'une rue, au douzième coup de minuit. 


"Minuit à Paris" est un film charmant et drôle.

On y retrouve quelque chose du romantisme et de la magie de "La Rose Pourpre du Caire" avec la drôlerie en plus.

On est emporté dans cette histoire de conte de fée.

Le charme fonctionne à plein.

Un pur et très bon Woody Allen.


 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 14:42

pina-2.jpgDés la première séquence, un extrait du Sacre du Printemps, on est impressionné. La caméra est sur la scène au plus près des danseurs, à côté d’eux, au-dessus d’eux. Wenders place sa caméra là où celles des reportages sur la danse osent rarement s’avancer. On est au plus près des corps et des visages. Cette réalisation idéale offre un magnifique écrin aux créations de Pina Bausch.

De la chorégraphe allemande, je ne connaissais que le nom, une apparition dans le film d’Almodovar « Parle avec elle » et certaines expressions enthousiastes des copines qui aiment la danse. Pour apprécier "Pina", pas besoin d’aimer particulièrement cet art. Pas besoin d’être féru de danse pour goûter la beauté des mouvements, l’étirement des corps, l’inquiétant jeu des acteurs que Pina choisissait sans doute autant pour leur qualité de danseurs que pour leur gueule. Que ces chorégraphies soient dérangeantes, émouvantes ou drôles, elles ne laissent jamais indifférent. Il est vrai qu’on se réjouit une ou deux fois qu’il ne s’agisse que d’extraits des ballets et non des ballets complets mais pour le reste, le plus souvent, on aurait aimé poursuivre. La plupart de ces moments de danse sont filmés sur scène avec les décors créés pour la pièce. On peut ainsi voir plusieurs passages de Café Muller et de son décor de chaises ou de Volmond dans laquelle l’eau envahit la scène et danse avec la troupe. Mais les plus beaux passages du film sont sans doute ceux où Wenders sort les danseurs de scène et les plonge dans des décors naturels. Le contraste entre les danseurs et la ville ou la nature qui les entourent sert plus encore la beauté des chorégraphies. On oublie totalement la performance pour ne plus voir que la poésie.

Seule réserve au film, l’utilisation de la 3D. Sur la première scène, le sacre du printemps, elle saute aux yeux de façon plutôt positive. Elle participe à notre entrée en scène, à une plus grande perception des corps et des mouvements. Puis, toujours sur les passages filmés en scène, elle agit de façon inégale, donne parfois une image qui au lieu de nous rapprocher au plus près du réel nous en éloigne, une image qui sonne un peu faux. Elle ne gène pas vraiment mais pour le coup n’apporte plus grand chose. Enfin, sur les scènes tournées en extérieur, Wenders, libre de mettre en scène les danseurs, sait trouver les lieux et les cadrages qui serviront pleinement la 3D. Et effectivement l’effet de relief et de profondeur est assez saisissant jusqu’à prendre toute la place et à détourner l’attention du spectateur des danseurs et des chorégraphies… Tout ça pour dire, que je ne suis toujours pas convaincue de l’intérêt artistique de la 3D. Mais ce n'est qu'un détail. "Pina" n'en est pas moins un très bel hommage au travail de Pina Bausch et de ses danseurs. Un film intéressant, beau et émouvant.

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 20:29

discours.jpg« Le discours d’un roi » doit beaucoup à ses comédiens. Colin Firth en George VI bégaye sans jamais rendre son personnage ridicule, Geoffrey Rush en orthophoniste impertinent est très drôle et Helena Broham Carter en épouse aimante, tout à la fois coincée et pince sans rire, est parfaite. Deuxième attrait du film, les dialogues à l’humour so british qui offrent de bons moments sans doutes les meilleurs. La réalisation assez académique propose tout de même 3-4 plans efficaces.

Malheureusement, le cœur du film manque d’ambition. Le scénario est plat et si les échanges entre le roi et son orthophoniste n’étaient pas aussi drôles on s’ennuierait fort. Les scénaristes se contentent d’un récit chronologique, linéaire, un peu confus et répétitif. L’intensité du film reste la même d’un bout à l’autre, avec quelques coups de mous en cours de route. Le réalisateur reste au premier degré, sur son sujet, le bégayement du roi sans jamais réellement faire de place au plus gros handicap d’ Albert-George VI : son absence d’ambition pour la fonction de roi. Une fonction qui, d’autant plus, lui tombe du ciel alors qu’il s’en croyait à l’abri. Si Tom Hooper aborde le sujet c’est du bout de la caméra. Ainsi la scène finale est ratée car écrite et réalisée, à l’image du reste du film, sans montée en puissance. On ne sent la libération du roi bégayeur qu’après son discours lorsqu’il est félicité par son entourage. Alors que cette libération s’opère au fil du discours. Sa voix se libère peu à peu et sans doute entre t-il vraiment dans la fonction à ce moment clé de son Histoire. Mais le réalisateur ne semble pas y porter attention. L’essentiel est que ce discours se termine sans fausse note. Il faut dire que le sujet de son film est le bégayement du roi et surtout rien d’autre.

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 20:06

Arthur Martin porLe-Nom-des-Gens-film-Jacques-Gamblin-Sara-Forestier-affiche.jpgte le nom d'un lave-vaisselle et celui d'un bon français de souche. Il n'en faut pas plus à la jolie Baya Benmahmoud pour en faire une de ses prochaines "victimes".

 

"Le nom des gens" propose un scénario original, drôle, intelligent et sensible.

Les comédiens excellents, la mise en scène efficace en font un film sans prétention et riche à la fois.

Une excellente surprise qui vaut bien mieux que ce que présente la bande annonce.


 


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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 20:20

affiche_raiponce.jpg Le problème avec les films de Disney ce sont les chansons particulièrement tartes. Et Raiponce n'échappe pas à la régle. Si on met de côté cet inconvénient, il nous reste un film dont le dessin offre aux personnages une parfaite qualité d'expression qui participe particulièrement au comique de l'histoire. Le scénario laisse peu de place aux moments d'ennui et les dialogues offrent quelques bons mots. 

Cela nous donne un film d'animation plutôt agréable qui peut plaire au plus de 7ans.

Si on y ajoute, en intro, la féérie des eaux du Grand Rex, cela nous offre un excellent retour en enfance idéal au moment des fêtes.

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 17:04

de-vrais-mensonges.jpegUn petit scénario sympa sans prétention porté par trois comédiens principaux excellents : Nathalie Baye, Sami Bouajila et Audrey Tautou. Les deux seconds rôles sont au même niveau.

Du coup, on passe un bon moment.

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 18:18

potiche.jpgOzon adapte la pièce de boulevard « Potiche » rendue célèbre par Jaqueline Maillan. L’histoire se passe en 1977 et met en scène Suzanne Pujol, femme au foyer soumise et héritière d'une usine de parapluies dirigée par son mari Robert. Suite à une grève du personnel, Robert tombe malade laissant à contre cœur sa place de dirigeant à Suzanne.

 

Ozon reste fidèle au burlesque de la pièce et plonge ses acteurs dans les années 70 de façon précise et drôle, entre reconstitution fidèle et pastiche kitsch. La mise en scène et la gestuelle des acteurs lors de certaines séquences, accompagnement musical compris, lorgnent vers les feuilletons TV de l’époque. Face à cette irrésistible reconstitution, on oscille entre hommage nostalgique et bienveillante moquerie.

Les comédiens sont parfaits dans la parodie. Judith Godreche porte la coiffure de Farah Fawcett comme si elle l’avait toujours eu. Jérémie Régnier a de faux airs de Claude François. Karine Viard, lunette XXL sur le nez est plus vraie que nature en secrétaire complaisante. Depardieu, maire communiste-syndicaliste,  porte magnifiquement la coiffure de Bernard Thibault. Lucchini, bien que jouant moins dans la farce, est très bon en mari et patron odieux. Quant à Catherine Deneuve c’est un festival. Elle est simplement irrésistible et joue à fond le jeu du pastiche et du kitsch. Son statut de mythe ne fait qu’ajouter à l’incongruité de sa prestation. Le fait que ce soit Deneuve, la Deneuve, ajoute au comique.

 

Derrière l’irrésistible drôlerie de la reconstitution, Ozon, fort des trentes ans qui se sont écoulés depuis l'écriture de la pièce, trace des ponts vers notre époque. Il introduit autour du personnage de Robert des références, « citations » de Nicolas Sarkozy et donne à Catherine Deneuve de faux airs de Ségolène Royal. Tous deux évoqués dans ce qu’ils sont de plus effrayant. Ainsi, si la pièce traitait de la condition de la femme entre soumission et désir d’émancipation contre la tyrannie patriarcale des maris-patrons, Ozon, en guise de pied de nez et d'épilogue de son film, semble émettre quelques réserves sur les bienfaits de la prise de pouvoir par les femmes. Le matriarcat remplaçant le patriarcat est-il moins effrayant ?

Le tout sur le ton de la comédie, du kitsch et du 15ième degré. Bien joué.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 22:05

homme-qui-voulait.jpgEric Lartigau met en images l'efficace livre de Douglas Kennedy . Le film est particulièrement bien réalisé. L'image est belle et certains plans sortent de l'ordinaire. L'interprétation est excellente jusqu'à celle des enfants dont les scènes sont particulièrement réalistes et touchantes. Marina Foïs prouve une fois encore qu'elle a la carrure d'une comédienne de tous les registres, Eric Ruff, méconnaissable pour qui l'a vu chez Tchekhov, est parfaitement antipathique, Niels Arestrup est excellent comme d'hab', Catherine Deneuve formidable, merveilleuse, la Grande Deneuve quoi. Enfin Romain Duris qui porte le film et le rôle principal nous emporte envers, contre tout, et malgré tout car bien que les qualités ne manquent pas, le film scindé en deux parties est assez inégal. La première partie située en France est particulièrement réussie. Rythmée, riche en événements et en jeu d'acteurs, elle donne envie de voir la suite. Cependant, à la seconde partie, correspondant au changement de "vie" de Romain Duris, on décroche peu à peu. Alors que le héros doit fuir, que la tension monte, la réalisation s'essoufle et ralentit. Ca manque de rythme, de nerf et de frisson. Les longueurs sont nombreuses et on ne tremble pas pour le héros. Sa reconversion et les risques (invraisemblables certes) qu'il prend n'émeuvent pas plus. C'est dommage car dans sa forme visuelle (à l'image de la très belle affiche) et dans l'interprétation le film tient ses promesses. Une fois de plus, c'est dans l'écriture et l'arbitrage de ce qui est important ou non dans le récit que le bât blesse. Un film imparfait mais pas tout à fait raté non plus.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 12:50

La-Princesse-de-Montpensier image-gaucheBertrand Tavernier adapte au cinéma le roman de Madame de Lafayette "La Princesse de Montpensier".

16ième siècle, la France se déchire dans les guerres de religion. Marie de Mézières, amoureuse du Duc de Guise, est donnée en mariage, pour faire les affaires de papa, au Prince de Montpensier. 

On se souvient de l'accueil à la fois dithyrambique et assassin fait au film lors de sa présentation à Cannes en mai dernier. Les uns criant au chef d’œuvre, les autres parlant de purge ; critiques qu'on retrouve à l'occasion de la sortie cet automne.

Difficile de se ranger dans un des deux camps. Malgré ses qualités le film n'emporte pas vraiment.

La reconstitution de l'époque est assez remarquable et poussée au détail. Et les scénaristes s'emploient à rappeler le contexte politique. Les scènes de bataille sont  courtes et curieusement travaillées à l'économie. Elles semblent avoir été tournées et montées de façon un peu expéditive. Et on ne voit pas trop ce qu'elles apportent au film.

Les personnages qui entourent et manipulent la Princesse de Montpensier sont interprétés de façon inégale et plutôt curieusement dans des registres de jeu assez différent. Grégoire Leprince-Ringuet dans le rôle du Prince de Montpensier a deux de tension et annone son texte plus qu'il ne le joue. Avec son allure d'enfant de cœur, on croit peu à son personnage de guerrier amoureux éconduit. Gaspard Ulliel en Henri de Guise endosse une fois de plus le rôle du jeune homme fougueux. Il fait du Gaspard Ulliel avec un jeu très moderne. Lambert Wilson campe le Comte de Chabanne, un homme usé par les horreurs de la guerre à laquelle il a renoncé. Le seul homme sage entourant la Princesse. Wilson sans sort bien mais le rôle est assez ingrat et manque, tel qu'il est servi par le scénario, de relief. Son jeu est un peu apprêté. Le Duc d'Anjou est parfaitement interprété par Raphaël Personnaz qui dans un rôle assez court marque les esprits. Il joue avec panache et une certaine ironie.

Quant au rôle féminin, Mélanie Thierry est épatante. La Princesse de Montpensier lui offre de jouer de tous les registres et elle s'y emploie avec fraîcheur et talent. A tel point que l'on regrette qu'elle ne soit pas plus présente. C'est elle et son personnage qui porte le romanesque et qui offre la part intéressante du film, qui aurait dû être le seul objectif du film. Malheureusement, le soucis de faire de l'époque une peinture parfaite perd les scénaristes qui ne recentrent pas leur histoire sur le personnage le plus intéressant et dont le film porte le nom. Ils semblent n'avoir pas su faire de choix et la durée du film (2 heures 20) n'y change rien. 

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 16:37

les_petits_mouchoirs.jpgCons, égoïstes, assez malsains et à l’occasion méchants, les héros du film de Guillaume Canet sont de parfaits repoussoirs. Difficile donc de s’attacher à cette bande d’amis car, oui, il s’agirait d’amis que nous ne souhaiterions pas à nos propres ennemis. Le pire de l’histoire est que rien ne les fera évoluer. Ils demeureront jusqu’à la scène de fin (grotesque), cons, égoïstes et sans moral. Seul le réalisateur et scénariste du film, à fond dans son histoire, ne semble pas s’en apercevoir. Il aime ses personnages et multiplie les scènes d’émotions faciles (qui n’émeuvent pas) et les plans contemplatifs (interminablement longs et niais) de ces formidables vacances entre potes. Alors que comprendre du film de Canet ? Comment apprécier cette succession de scènes lourdingues, sans la moindre grâce, à l’image des personnages ? Où trouver l’empreinte d’un  Sautet ou d’un Yves Robert auquels Canet dit se référer ?

Pour être honnête, la première partie du film fait sourire à plusieurs reprises. On pense alors aux Bronzés ; on est donc loin de François, Paul et les autres ou de l’Eléphant qui trompe énormément (mais bien moins que « les petits mouchoirs »…). Mais cela ne dure pas. Comme les héros de Leconte, les héros de Canet sont donc bêtes et méchants. Sauf que les potes de Jugnot n’étaient pas très beaux, un rien beaufs et étaient présentés de façon assumée comme des loosers. L’indulgence qu’on ressentait pour eux et qui nous les rendaient drôles ne perle pas chez Canet. Ici, les personnages sont beaux et bobos. Aucune compassion possible pour ces pauvres parisiens têtes de chien. Le nombrilisme forcené dont ils font preuve pendant 2h30 est sans intérêt et lorsqu'à l'épilogue, dans une scène qui se veut expiatoire, ces personnages confirment une fois de plus leur égocentrisme, on est effaré.

Seul le personnage de Cluzet peut trouver grâce à mes yeux. Aussi con et égoïste que les autres, il porte en lui un besoin absolu d’être valorisé et de plaire qui le rend bêtement humain. Le seul humain de la bande... peut-être.

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 19:40

social-networks.jpg

Un très bon film qui accroche le spectateur même le moins concerné par Facebook.

Grâce au talent de David Fincher et de son comédien, Jesse Eisenberg, on se découvre pour cette histoire un intérêt tout à fait inattendu.

Et en touche finale, une révélation tout aussi surprenante : Mark Zuckerberg fait plus pitié qu'envie.

A voir.

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 22:04

Des-hommes-et-des-dieux

« Des Hommes et des Dieux » raconte les derniers jours des moines français  de Tibhirine en Algérie auprès des habitants de leur village.

 

On peut faire au "Grand Prix du Jury" de Cannes 2010 quelques reproches.

Le film est assez lent mais d'une lenteur qui se justifie aisément. C’est elle qui installe l’atmosphère monacale et la peur et le doute qui s’immiscent.

Le film est inutilement long. Il est répétitif sans doute dans une volonté d’être le plus juste possible avec les sentiments des protagonistes. Du coup, l'oeuvre y perd en émotion. Le scénario se penche beaucoup sur frère Christophe, et revient souvent sur sa peur panique et sa perte de la foi. Sur les 9 frères, le film s’attarde ainsi surtout sur les frères Christian, Christophe et Luc. Pourtant tous les comédiens sont remarquables, on trouve intérêt à chacun des frères et on est frustré que certains soient délaissés.

Enfin, la scène finale est mal choisie. Il eut mieux valut arrêter le film après l'émouvant texte de frère Christian. Clore ce film humaniste sur les mots d’un humaniste, au-delà de la foi, aurait été plus juste. Ainsi, certains choix des scénaristes surprennent et déçoivent un peu. 

Bref, « Des Dieux et des Hommes » est un film imparfait. Il n'en demeure pas moins remarquable. Remarquable par les hommes qu’il raconte, par les comédiens qu’il met en scène et par un certain talent du réalisateur à filmer l’inexprimable.

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 11:15

Rien de neuf sur netdla toile : Tom Cruise en agent pas très secret se bat seul contre tous affublé d'une Cameron Diaz en Madame tout le monde prise entre les feux des méchants et ceux de l'amour (de Cruise bien sûr).

Ca explose dans tous les sens, ça parle peu, ça grimace souvent.

Le jeu de Cameron Diaz relève le niveau de ce film de distraction qu'on oubliera vite.

 

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