SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 13:59

Blue-Jasmine-www.zabouille.over-blog.com.jpgJasmine, depuis peu veuve ruinée d'un homme d'affaires richissime, débarque chez sa soeur, caissière à San Francisco.

 

Ce portrait de femme et de la "hight society" Américaine dans ce qu'elle a de plus répugnant, offre à Cate Blanchett un rôle d'une grande complexité permettant à la comédienne de déployer sa vaste palette de jeu. Elle est l'atout essentiel d'un film au scénario fluide et aux dialogues ciselés.

On retrouve les psychoses chéres à Woody Allen, ses scènes rapides aux échanges saccadés, ses seconds rôles précis (parfaite Sally Hawkins) et l'humour du maître. Mais ici l'histoire est avant tout grinçante et le personnage de Jasmine nous laisse un sentiment incertain.

Un très bon film de Woody Allen qui n'a pas tout à fait le goût d'un Woody Allen.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 09:52

Un joli court-métrage présenté par la RATP à l'occasion des Journées  du Patrimoine :

 


Avec Julie Gayet et Frédérick Guillaud.

Produit par DDB Live

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 15:15

Ma vie avec Liberace www.zabouille.over-blog.com-copie-2Ma vie avec Liberace raconte 5 années de la vie de Wladziu Valentino Liberace, pianiste virtuose de music-hall. Il fut une véritable star, des années 50 à 70 à la télévision et à Las Vegas. Le film est tiré de la biographie d'un des amants de la star, interprêté par le très bon Matt Damon.


Michael Douglas incarne le rôle titre et sa performance vaut à elle seule de regarder ce biopic dont l'histoire est assez peu passionnante pour qui ne connait pas le personnage public.

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 10:18

Frances-Ha-www.zabouille.over-blog.com.jpgFrances, 27 ans, vit à New-York. Apprentie danseuse, depuis un bon moment, elle se laisse vivre tranquillement, sans réel soucis du lendemain. Jusqu'au jour où Sophie, sa colocataire et meilleure amie, donne à sa vie un nouveau tour : une vie sans Frances.

 

La force du film réside essentiellement dans le charme et le talent de la comédienne Greta Gerwig, parfaite dans ce rôle de fille sympa, décalée et un brin paumée. Le scénario, lui, traîne légèrement la patte. Il se laisse vivre comme Frances et du coup, l'ennui s'invite un peu. L'image en noir et blanc est léchée et la réalisation agréable. Mais les références cinématographiques qui challonnent le film (Woody Allen et son Manhattan, Truffaut, Godard ou Carax...) perturbent et rendent difficile la découverte du film comme une oeuvre neuve. Il est compliqué de plonger pleinement dans une histoire lorsque le réalisateur vous renvoie sans cesse à d'autres films. Phénomène largement amplifié par l'utilisation de la musique de George Delerue et d'autres compositeurs des BO des films de Truffaut ou Godard qui accompagnent quasiment tout le film.

 

Au final, la sensation est étrange. L'ensemble est agréable, l'héroïne marquante mais l'oeuvre cinématographique semble sans réelle existence propre. Curieux.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 09:48

the-bling-ring-www.zabouille.over-blog.com.jpgÀ Los Angeles, deux puis cinq grands ados cambriolent les résidences des célébrités qui les font rêver. Objectif : voler les fringues, en garder un peu pour eux, revendre le reste pour se faire de l'argent et au final pouvoir entrer dans les carrés VIP des boites à la mode.

Réalisé, écrit et joué comme une série pour ados, le film n'accroche pas un instant. Le traitement à la va vite des personnages d'ados qui s'avèrent, du coup, bas de plafond et sans profondeur n'aide pas à s'intéresser à l'histoire.

Raté.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 21:36

l-attentat-www.zabouilleoverblog.com.jpgDe nos jours à Tel Aviv, Amine, éminent chirurgien Israélo-arabe, opère les victimes d'un attentat. Lorsque les autorités Israéliennes, soupçonneuses à son encontre, lui apprennent que sa femme Sihem est le terroriste-kamikaze, Amine refuse d'y croire et mène sa propre enquête.

Le sujet ambitieux, inspiré du livre de Yasmina Khadra, était plein de promesses. Malheureusement, très vite l'ensemble manque de finesse tant dans la construction du récit, que dans la réalisation et le jeu des acteurs. On n'est pas bien sûr que les sous-titres soient à la hauteur des dialogues d'origines mais en tout cas, ils ne sont pas terribles. Le portrait de Sihem est tiré à gros traits. On ne comprend jamais vraiment les raisons d'agir de la jeune femme. 

L'intérêt qui nous reste réside essentiellement dans le contexte géo-politique de l'histoire. Dommage.

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 16:21

 

Le-passe---www.zabouille.over-blog.com.jpgPour son premier film français, Asghar Farhadi perd la finesse qui fait son grand talent. "Le Passé" propose un récit laborieux autour d’un secret qui plus ou moins élucidé sera trituré dans tous les sens pour créer une tension un peu artificielle. On n'est pas loin de la surenchère. Les rebondissements, dignes d'un soap opéra, se succèdent en nombre dans un scénario qui n’a pas la fluidité de ceux des précédents films Asghar Fahradi. Tout est sur expliqué, surjoué.

Grand portraitiste, Farhadi met habituellement un point d'honneur à rester neutre, ne prenant le parti-pris d'aucun de ses héros mais n'en condamnant aucun autre non plus. Il reste, ici aussi, d'une certaine façon neutre mais ne fournit que peu d'excuses à son personnage féminin interprété par Bérenice Béjo. Egoïste, immature, pas très bonne mère et régulièrement hystérique, elle n’est pas particulièrement sympathique. Les deux hommes, compagnon rongé par la culpabilité et ex moralisateur, font avec. Côté interprétation, l’Iranien Ali Mosaffa, excellent, survole la distribution.

Après cette grosse déception, espérons qu'Asghar Farhadi retrouvera pour son prochain film toute la délicatesse de ses productions iraniennes.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 19:33

Bullhead---www.zabouille.over-blog.com.jpgBullhead se déroule entre polar et film psychologique, entre drame et comédie. Un positionnement incertain qui ôte au film pas mal de crédibilité. Le ton ne semble pas maîtrisé, sa finalité incertaine. Le talent de Matthias Schoenaerts est exploité à minima. Les personnages sont dessinés à gros traits, entre Flamands violents et Wallons attardés, entre boeufs et bourins. Sans nuance.

 

Date de sortie du film : 22 février 2012

Date de sortie du DVD : 4 septembre 2012

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 20:33

Mud-www.zabouille.over-blog.com.jpgSur les rives du Mississippi, Ellis et Neckbone, 14 ans, rencontrent Mud, un homme réfugié sur une île.


Le réalisateur propose un grand film d'aventures dont les principaux héros sont des enfants, sorte de Tom Saywer et Huckleberry Finn. On y retrouve les thèmes de la relation au père, de la fratrie et de la vengeance.

 Le film se glisse légèrement dans le moule hollywoodien et y perd un peu de la singularité des premiers films du réalisateur. Il accuse quelques longueurs et un peu de facilité du côté des sentiments. Mud n'en est pas moins largement au dessus de la production actuel. Il décevra, un peu, les fans de Nichols mais séduira ceux qui ne connaissent pas encore son cinéma. Jeff Nichols est un grand cinéaste.

 

 

 



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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 15:55

Alors que son mari vient d'être libéré après 4 ans de prison, Emily tombe en dépression. Elle consulte le psychiatre Jonathan Banks qui lui prescrit différents médicaments. 

Ce qui ressemble tout d'abord à un pamphlet contre l'industrie pharmaceutique se révèle être un thriller aux multiples ramifications. 

La mise en scène et la photographie de Soderberg servent parfaitement le malaise, et la manipulation. Jude Law, Rooney Mara et Catherine Zeta-Jones sont parfaits dans des compositions ambigues.

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 16:29

Le-Temps-de-l-Aventure---www.zabouille.over-blog.com.jpg21 juin, Alix, en tournée théâtrale à Calais, revient à Paris quelques heures pour passer un casting. Dans le train, ses yeux croisent à plusieurs reprises ceux d'un homme qui voyage seul lui aussi.

 

Jérôme Bonnell qui a écrit le scénario pour elle, offre à Emmanuelle Devos un beau portrait de femme au terrain de jeu infini. Et comme Emmanuelle Devos est une comédienne géniale, sans doute la plus douée de sa génération, cela marche à fond. C'est un plaisir de tous les instants de la voir à l'écran déployer une palette de jeu si riche sans que jamais on y voit de démonstration. Elle porte le film de bout en bout, jusqu'à nous sauver d'une certaine forme d'ennui. Car en face d'elle se trouve un Gabriel Byrne dont on imagine très mal comment il pourrait séduire Alix en un seul regard. Totalement amorphe, il semble regarder Emmanuelle Devos en spectateur sans savoir qu'il est censé jouer lui aussi. L'émotion que le couple devrait provoquer ne traverse pas l'écran. Même l'usage un peu lourd de Vivaldi et Mozart en soutien des scènes sensibles ne change rien. On regrette d'autant plus, que le réalisateur parsème son scénario de quelques scènes burlesques très réussies portées par Emmanuelle Devos et des seconds rôles dont le toujours excellent Laurent Capelluto.

Un film à réserver donc aux admirateurs d'Emmanuelle Devos.


 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 21:00

Lincoln---www.zabouille.over-blog.com.jpgAlors que la guerre civile déchire les Etats-Unis, Abraham Lincoln s'efforce de faire abolir l'esclavage. Abolition qui rendra au peuple noir sa liberté et à l'Amérique sa dignité et la paix. Sûr d'avoir raison, Lincoln mènera son combat (presque) seul contre tous.

 

Spielberg nous propose un hommage au 16ème Président des États-Unis dans un écrin un peu austère et une ambiance solennelle. Ce film très politique qui se veut pédagogique n'en est pas moins complexe. Mieux vaut être attentif si on veut comprendre les choix stratégiques de Lincoln et des représentants du peuple. Malgré tout on ne s'ennuie pas. On est séduit par le personnage. Les quelques scènes qui s'attachent à l'homme privé suffisent à faire de Lincoln un personnage attachant. L'interprétation de Daniel Day-Lewis est convaincante comme le reste du film. Et ce, sans doute, d'autant plus quand on ne connaît pas en détail cette partie de l'histoire des Etats-Unis.

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 17:32

Hitchcock---www.zabouille.over-blog.com.jpg1959, alors que "La Mort aux trousses" vient de sortir en salle, Alfred Hitchcock est à la recherche du scénario de son prochain film. Il s’intéresse au livre "Psycho" qui vient de sortir en librairie et veut,au grand dam des studios, en faire son premier film d'horreur. Hitchcock, secondé par son agent et son épouse Alma, se lance dans un tournage sans réel soutien de la Paramount.

 

Gervasi s'empare du maître du suspens est en fait le héros d'un roman de gare. Il y a un peu tout et surtout n'importe quoi dans ce film où la relation de couple entre Hich et Alma est au centre de tous les intérêts sauf du notre. Rien dans le contenu du film, comédie romantique à la psychologie de bas étage, ne vient nous sauver de l'ennui. On n'y apprend pas grand chose et on est même un peu gênés par certaines libertés historiques.

Côté interprétation, Anthony Hopkins engoncé dans son double menton ne disparait jamais tout à fait. Heureusement Helen Mirren et Scarlett Johanson sont parfaites et offrent les rares bons moments de ce film d'autant plus mauvais qu'il s'attaque à un monstre sacré du 7ième art.

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 20:34

wadjda.jpgDe nos jours, à Riyad, Wajdja, 12 ans, moderne, dégourdie et indépendante, dénote au milieu des jeunes filles de son âge. Elle rêve de s'acheter un vélo pour faire la course avec son ami Abdallah. Mais, en Arabie Saoudite, une jeune fille comme il faut ne fait pas de vélo. 

Cette histoire simple permet à Haifaa al Mansour de montrer le quotidien des familles d'Arabie Saoudite. Un pays mené par des traditions archaïques et séduit par un modernisme de plus en plus présent. Si les femmes sont les premières victimes de ces traditions, les hommes n'en subissent pas moins cette pression mais ni elles, ni eux, ne semblent prêts à se lever pour s'en détacher totalement. Le récit d' Haifaa al Mansour est fluide, distrayant et édifiant. Un beau film.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 18:43

Django-Unchained.jpg

Dans le sud des États-Unis, en 1858, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, anti-esclavagiste, achète Django, un esclave qui peut l’aider à identifier les bandits qu’il recherche. Schultz promet à Django, qu'en échange, il l'aidera à retrouver sa femme, esclave elle aussi.

 

Tarantino nous offre, dans les deux premières heures de son film, du très grand cinéma. Mise en scène superbe, parfaite maîtrise du récit, dialogues ciselés, dosage précis des émotions et accompagnement musical aux petits oignons. Christoph Waltz est exceptionnel, Jamie Foxx assure avec finesse l'évolution de son personnage et Di Caprio campe le méchant avec grand talent.

Tarantino, tout en conservant ce qui fait sa patte - humour et décalage - propose un cinéma plus classique, plus tenu, comme si la part historique et émotionnelle de son sujet l'imposaient. Ces deux premières heures sont admirables et passent en un éclair.


Puis, après avoir tenu les trois quarts de son récit sans le moindre écart, Tarantino lâche la bride et se fait totalement plaisir. C'est le moment de la vengeance et tout est permis. La série B, qu'il affectionne tant, s'impose. Le "too much" envahit chaque plan : les litres de sang coulent à flots et les morts ne tombent plus mais explosent sous les balles (bruitage à l'appui). Alors évidemment, on en rigole mais on en veut à Tarantino de gâcher un peu l'admiration suscitée par les deux premières heures d'un film qu'il faut absolument aller voir quoiqu'il en soit.




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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 16:50

En 1915, Andrée Heuschling vient se proposer comme modèle à Auguste Renoir. Le peintre, qui vient de perdre sa femme et qui a deux fils à la guerre, peint chaque jour, malgré la vieillesse, son corps meurtrie et ses mains déformées par le temps, cherchant sans cesse à capturer la beauté qui l'entoure.

Beauté des images gorgées de couleurs, réalisation jouant sur les profondeurs de champs et les flous, travail remarquable sur la lumière, c'est par l'image que le film séduit d'emblée.

Michel Bouquet, toujours grand, campe Auguste au crépuscule dont la soif de vie est intacte. Vincent Rottiers, futur grand, incarne un Jean sensible et élégant. Tous les deux forment un beau duo père-fils.

Le récit lent et contemplatif manque malheureusement de ressort pour éviter totalement l'ennuie.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 23:14

Sugar-Man-www.zabouille.over-blog.com.jpgAux Etats-Unis, dans les années 70, Sixto Rodriguez, personnage étrange, enregistre deux albums qui ne rencontrent aucun succès. Pourtant, à l'autre bout du monde, en Afrique du Sud, la jeunesse assoiffée de liberté s'échange ces chansons sous le manteau. Mais de cette Afrique sous "embargo" pour cause d'apartheid, aucune information ne sort et Rodriguez n'a pas vent de cette réussite. 

Cette incroyable histoire de génie de la musique incompris de ses citoyens et vénérés au bout du monde semblerait un peu ridicule sortie de l'imagination des prolifiques scénaristes d'Holllywood. Mais la réalité est parfois plus romanesque que la fiction et le destin de Rodriguez est bien réel. Cela donne un documentaire captivant, émouvant et musicalement très agréable. Car le musicien a du talent et ses mélodies sont bien agréables.

A voir et à écouter !

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 16:24

Argo1.jpgTéhéran, le 4 novembre 1979, l'ambassade des Etats-unis, représentant le diable Américain désigné par Khomeini, est envahie par des manifestants Iraniens. Six américains parviennent à s'échapper et se réfugient chez l'ambassadeur du Canada. Pour ex-filtrer ses concitoyens, la CIA, aidé par Hollywood, invente un tournage de film de science-fiction en terres d'Iran.

Ben Affleck, devant et derrière la caméra conte cette réelle affaire d'état sortie du secret par Bill Clinton en 1997. Il reconstitue cette histoire incroyablement loufoque en dosant parfaitement thriller et comédie, humour et suspens. Le montage alterne une mise en image sombre et tendue sur les scènes en Iran et à la CIA, et flashy et ironique sur Hollywood. Cette alternance entre premier et second degré est parfaitement dosée et le suspens vous tient en haleine jusqu'au bout. Seul bémol, les dix dernières minutes tout à la gloire du héros Américain, tarte et patriotico-concon qui jurent dans cet équilibre. On ne sait trop si Affleck se moque encore ou se fait rattraper par le piège d'Hollywood, véritable héros de cette histoire aux côtés des Etats-Unis quelque peu manipulateurs et des très sauvages Iraniens... 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 17:50

Amour---www.zabouille.over-blog.com.jpgGeorges et Anne, musiciens à la retraite, forment un couple harmonieux. Après une attaque cérébrale, Anne se retrouve paralysée. Georges promet à Anne de ne jamais la placer en maison de retraite.

 

Haneke filme la perte de soi et la perte de l'être aimé de façon froide, sans sentimentalisme et de façon précise, sans voyeurisme. L'émotion nait naturellement, sans artifice, servie parfaitement par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva tous deux excellents.

 

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 15:54

dans-lamaison-zabouille.jpgClaude, élève de seconde, éveille l'attention de Germain, son professeur de français, par la qualité de sa rédaction. Encouragé par son professeur, il poursuit son récit dont le sujet est l'étude de la famille d'un camarade de classe.

"Dans la maison", on retrouve les sujets de prédilection de Ozon, la manipulation, la perversité, la satire des classes sociales, une homosexualité plus ou moins refoulée... On y trouve aussi une réflexion pas très poussée sur la création et la part du réel dans la fiction et celle de la fiction dans la réalité d'un adolescent.

Ozon s'incarne dans la peau de cet adolescent inquiétant dont le physique d'enfant sage laisse entrevoir une certaine malignité. C'est à travers le regard de Claude qu'Ozon s'amuse à la caricature du couple intello-bourgeois parisien, de la famille "bonheur de vivre" banlieusarde à l'américaine qu'il filme d'ailleurs comme une série télé, de l'éducation nationale qui ne sait plus quoi inventer pour être juste et efficace, de l'art contemporain...

Ozon balade son film entre deux univers principaux et adopte deux façons de raconter l'histoire : l'univers fantasmagorique et inquiétant du Claude voyeur dont les images "sitcomisées" sont la plupart du temps accompagnées en voix off par l'élève lui-même, et le monde bourgeois ronronnant de Germain filmé plus simplement avec une lumière moins clinquante. Tout son film consiste à passer de l'un à l'autre.

Tout d'abord attrayant le film devient un peu lassant. Est-ce l'effet redondant du commentaire en voix off plus proche du commentaire pour non voyant que de l'analyse des faits ? Est-ce l'intrigue qui manque de réels rebondissements ? Est-ce le propos qui manque de profondeur ? Le concept du manipulateur-manipulé trop évident ? 

Toujours est-il que, malgré la qualité de l'écriture, l'intérêt s'émousse au dernier tiers du film. Pourtant le duo Lucchini et Scott-Thomas est très bon en une sorte de couple à la Spencer Tracy-Katherine Hepburn et le jeune Ernst Humhauer, révélation du film, est parfait d'ambiguité.

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 17:29

despues_de_lucia.jpgSuite au récent décès de sa mère, Alejandra emménage avec son père à Mexico. Dans son nouveau lycée, sa vie tourne vite au cauchemar.

 

Le début du film qui traite du deuil est plutôt réussi. Le personnage du père, attachant, est bien dessiné. Celui d'Alejandra restera flou jusqu'au bout (une responsabilité dans la mort de la mère évoquée sans suite, absence de toute émotion sans piste d'explication...). Le moindre qu'on puisse dire c'est que le réalisateur ne nous force pas à l'empathie pour son héroïne. Sentiment amplifié par le parti pris de Michel Franco de réaliser tout le film en plans fixes maintenant le spectateur à distance. 

 

On se dit alors que ce qui intéresse Michel Franco c'est la déshumanisation. Mais à force de vouloir tout déshumaniser, les ados qui deviennent tous bourreaux, la victime-légume devenue amorphe, le corps professoral absent, la caméra sans vie, il supprime toute émotion et donc tout intérêt. La fin, un brin grandiloquente à la frontière du ridicule, confirme le propos, le père seul personnage à sauver devient bourreau sans pitié. Dispensable. 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 19:33

Chercher-Hortense.jpgIva demande à son mari, Damien, d'intervenir en haut lieu, c'est à dire auprès de son père, pour éviter l'expulsion du territoire de Zorica, une amie de sa belle-soeur...

 

La force du film c'est Jean-Pierre Bacri particulièrement inspiré, peut-être même jamais aussi bon. Il est entouré de comédiens au meilleur de leur forme : Claude Rich, Isabelle Carré, Kristine Scott Thomas et Jacky Berroyer.

Le récit se compose de façon un peu bancale et les effets de surprise sont éventés un peu trop vite pour être tout à fait efficaces.

On sourit souvent et on rit particulièrement à une scène hilarante dans un restaurant japonais entre Claude Rich et Jean-Pierre Bacri. Mais le fond de gravité et le cynisme qui tapissent le film laissent un petit goût étrange. 

A voir pour se faire sa propre opinion.

  

 

 

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 20:06

quelques-heures-de-printemps.jpgLui, sort de prison. La quarantaine, taciturne, condamné à la réhabilitation, il traîne des pieds sans but précis dans une vie qu'il subit.

Elle, voit sa vie bousculée par le retour de ce fils passif. Septuagénaire, rigide et volontaire, condamnée par la maladie, elle fonce, non sans fragilité, vers la délivrance qu'elle s'est choisie.

Agacés l'un par l'autre, ils vivent, côte à côte, dans l'incommunicabilité jusqu'à l'ultime rencontre.

Bien que la promotion du film soit axée sur le suicide assisté, le thême central du film demeure la relation entre un fils et sa mère. Le film ne tombe quasiment jamais dans la lourdeur qui tend pourtant les bras à ce type de sujets.

Stéphane Brizé réalise de façon assez académique mais en de longs plans séquences qui laissent la place au silence et à l'imperceptible.

Aussi, le film doit beaucoup à ces comédiens. Héléne Vincent est tout simplement magnifique. Lindon, dans un rôle difficile avec peu de parole, est, une fois encore, excellent. Les seconds roles, Olivier Perrier et Emmanuelle Seigner, irradient.

Si le sujet du film vous rebute mais que le beau jeu peut faire votre bonheur, n'hésitez pas.

Le duo "Hélène Vincent Lindon" a lui seul vaut le déplacement.

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 17:25

zabouille---camille-redouble.jpgCamille, la quarantaine, comédienne sans réussite, alcoolique et fraîchement séparée du grand amour de sa vie, perd connaissance au 12ième coup de minuit de la St Sylvestre. Elle se réveille en 1985, année de ses 16 ans.

A la lecture du pitch et au souvenir des films déjà vus sur le sujet (Peggy Sue par exemple) on rentre dans le ciné avec une idée assez précise de ce qu'on va voir. Mais c'est sans compter sur l'inventivité et la sensibilité de Noémie Lvovky qui s'approprie ce sujet propice aux grosses blagues pour en faire un film drôle certes mais aussi et surtout délicat et émouvant.

Noémie Lvovsky joue le rôle de Camille à 40 et à 16 ans sans excés de maquillage. La maturité que Camille posséde dans ce voyage dans le temps, Noémie Lvovsky l'affiche volontairement  physiquement. Le spectateur perçoit d'autant mieux le décalage et les émotions qui se présentent à elle : un retour vers le passé plus nostalgique que fantastique.Le casting est épatant. Les confirmés bien sûr Yolande Moreau, Samir Guesmi, Anne Alvaro, Mathieu Amalric, Jean-Pierre Léaud, Denis Podalydes et Michel Vuillermoz mais aussi les "jeunes" Vincent Lacoste, Julia Faure, India Hair et Judith Chemla dont la parenté artistique et physique avec Marie Trintignant est particulièrement troublante.Un très joli film donc.

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 14:27

vent-mollet.jpgRachel a 9 ans, un père revenu des camps de concentration, une mère juive tunisienne, une grand-mère quasi-mutique et un tas de névroses qu'elle soigne avec une étrange psy. La rencontre de Valérie, copine d'école survitaminée, et de sa mère célibataire, va embellir sa vie et bousculer la léthargie familiale.

"Du vent dans mes mollets" est à la fois drôle et grave et au final poignant. Les dialogues au diapason alternent humour et sensibilité. Le casting est en tous points parfait - Denis Podalydes, Agnés Jaoui (exceptionnelle !), Isabelle Carré, Isabella Rosselini, Judith Magre, deux petites filles extrêmement douées, Anne Lemarchand et Juliette Gombert et les transfuges de la Comédie Française , Elsa Lepoivre, Hervé Pierre et Christian Heck. La psychologie de chaque personnage, délicatement dessiné, compose cette belle comedie-dramatique.

 

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