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Pendant la guerre froide, Elisa, muette, est femme de ménage dans un laboratoire des services secrets de l'Etat. Un jour, elle découvre plongée dans un bassin d'eau une créature étrange mi-homme, mi-poisson.

Visuellement, le film est plutôt intrigant. Il nous plonge dans les années 60 esthétiquement toujours agréables. La photographie est soignée utilisant des filtres de couleurs, évoquant du sous Caro et Jeunet. Cet esthétique marquée à l'excès séduit et irrite tout à la fois. Le monstre marin est esthétiquement étonnant en phase avec le reste du décor, d'un style à l'ancienne. Côté interprétation, Sally Hawkins et Michael Shannon sont accompagnés par Richard Jenkins,  Octavia Spencer et Michael Sthulbarg, tous les cinq très bons dans ce style étrange.

Pour ce qui est du scénario, il est plus difficile d'y trouver des points d'intérêt. L'histoire manque cruellement d'ambition, tant dans sa partie thriller que dans sa romance. Tout semble inabouti, terriblement premier degré, dans une sorte de guimauve à la Disney. On se rend rapidement compte qu'il ne faudra rien attendre de puissant dans ce récit. L'ennui et une certaine indifférence emportent la partie.

Le film est nommé 13 fois aux Oscars.

A voir en salle dès le 21 mars.

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Jacques, grand reporter, traumatisé par la mort récente et violente de son co-équipier, accepte une mission pour le Vatican : rejoindre la commission qui enquête sur Anna, une jeune fille de 18 ans qui déclare avoir vu la vierge.

Les films de Giannoli traitent tous du mensonge et de l'imposture (A l'Origine, Marguerite, Superstar) et L'Apparition ne déroge pas à la règle en interrogeant sur la foi et la réalité des déclarations d'une jeune fille. Cependant, on ne sait trop que penser des intentions du réalisateur ? Réelle réflexion sur la foi ou thriller ? Giannoli nous perd dans un récit flottant dans lequel il ménage un suspens un peu vain.  

Bien que Galatéa Bellugi (Anna) et Vincent Lindon (Jacques) soient parfaits d'intensité, l'ensemble manque cruellement d'émotion que seule la musique de George Delerue, utilisée en fin de film, parviendra à installer. 

Au final, on retient surtout de l'Apparition qu'il s'éternise sur 2h15.

 

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Affiche 3 billboards sanscrierart

Mildred Hayes loue trois panneaux d'affichage pour provoquer le shérif qui, après plusieurs mois d'enquête, n'a toujours pas arrêté l'assassin de sa fille. 

 A la fois violent, mordant, drôle et émouvant, Trois Billboards bouscule le spectateur. Ce drame en Amérique profonde où les gentils ne le sont pas vraiment et les méchants pas tout à fait, joue sur toutes les gammes. La complexité des personnages, la richesse des situations et l'incongruité des rebondissements attisent notre curiosité. Le casting, mené par Frances Mc Dormand glaçante en mère courage intransigeante, est parfait.

Si certains parti-pris ou ruptures de ton nous laissent perplexe, la richesse du film et son originalité marque durablement.

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En juin 1944, Robert Antelme, résistant,  vient d'être arrêté par la gestapo. Sa femme  Marguerite Duras tente, avec l'accord de son réseau, d'obtenir des informations auprès de Rabier, agent français de la gestapo.

Emmanuel Finkiel adapte fidèlement le livre de Marguerite Duras.Tout en restant fidèle à l'angoisse et la noirceur de l'ouvrage, il illustre la vie de Marguerite et celle qui l'entoure. La reconstitution de l'époque nous plonge immédiatement dans cette période d'entre deux, entre terreur et espoir, bonheur de la victoire et attente du retour des déportés.

Le film perd un peu en intensité dans sa deuxième partie. C'est celle de l'interminable attente, plus difficile à traduire cinématographiquement, mais où le réalisateur fait toute la place au texte de Duras par la voix off de Mélanie Thierry. Une Mélanie Thierry qui captive dans ce rôle de femme aux émotions complexes.

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Dans les années 50, au cœur du parc d'attraction de Coney Island, Ginny, comédienne ratée, est serveuse. Elle est mariée avec Humpty qui est réparateur de manège et est la maîtresse de Mickey, le maître nageur. Un jour, Carolina, la fille d'Humpty, demande à son père de l'héberger.

La beauté de la photo très colorée, portant la pâte du cinéma de l'époque avec des allures de carte postale, et le travail sur la lumière frappent dès les premières images. Le décor dans lequel évolue l'action, entre manège et plage, est propice à de beaux jeux de mises en scène. Kate Winslet est parfaite.

Pourtant, si on est habitué à la verve de Woody Allen, elle semble ici inutilement redondante, provoquant rapidement l'ennui. Cette histoire un peu pauvre manque terriblement de fantaisie pour intéresser vraiment.

Alors on se raccroche au jeu des ressemblances avec la propre histoire bousculée du cinéaste. La rousseur de Ginny, qui s'illusionne sur sa vie, l'amant qui la quitte pour sa belle fille, le père qui reproche à sa fille son ingratitude, le fils qui met le feu partout où il passe... On s'amuse comme on peut.

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