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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 12:46

Au XVIIIe siècle, Marianne, jeune peintre, est engagée pour réaliser le portrait d’Héloïse, promise à un homme qu'elle ne connait pas et à qui le portrait doit être envoyé.

Les superlatifs se bousculent pour dire la charge émotionnelle portée par ce film. La beauté et la délicatesse sont partout.

Dans la photographie d'abord. Majesté des paysages baignés de lumière, harmonie des couleurs, mystère des intérieurs d'une grande simplicité tamisée, éclairage des visages, des regards et des corps. Dans la mise en scène ensuite, à la fois vive et en retenue, qui montre et laisse deviner.

Dans les dialogues aussi qui en peu de mots, simples et subtils, disent tout. Dans les silences et les sons, du frottement du fusain sur le papier, aux crépitements du feu des cheminées jusqu'aux rythmes des respirations. Dans la fluidité du récit astucieux qui ne découvre pas tout et laisse volontiers imaginer, deviner.

Dans la tonalité d'un clavecin qui ne joue que quelques notes éparpillées d'une mystérieuse musique qu'on reconnait pourtant. Dans un "je ne sais pas" qui dit précisément le "je ne sais pas" qu'il veut dire. Dans le pinceau qui dévoile la texture d'une peau, les traits d'un visage, la colère d'un regard.

Dans l'interprétation de Luana Bajrami, touchant oiseau tombé du nid et combattante. Dans celle de Valeria Golino, dont le regard perdu et la voix voilée portent merveilleusement le spleen de son personnage. Dans le duo fusionnel formé par Adèle Haenel intense et Noémie Merland touchée par la grâce.

Par les sujets abordés. La condition des femmes, qu'elles soient aristocrates, domestiques ou artistes. La création, la fragilité et la domination de l'artiste et celles de son modèle. La naissance d'un amour guidant vers l'émancipation. Le mythe d'Orphée et d'Eurydice, le choix de l'amoureux et celui du poète. Le renoncement. La portée du souvenir.

Tout est délicatesse et beauté, jusqu'à ce titre merveilleusement romanesque : "Portrait de la jeune fille en feu".

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