SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 11:03

La petite Sandra promet à sa mère mourante de la garder en vie en ne cessant jamais de penser à elle. Quand elle emménage avec son père chez la future épouse de celui-ci, Sandra, toujours obnubilée par sa promesse, accepte d'endosser les travaux les plus ingrats.

Le théâtre de la Porte Saint-Martin  accueille le public rideau ouvert, scène et murs nus, affichant une austérité surprenante. Pourtant, dès le début de la pièce et pendant 1 heure 40, le théâtre va prendre vie de la plus belle des façons. La vidéo, qui a envahi les théâtres avec plus ou moins de bonheur ces dernières années, offre ici un spectacle d'un esthétisme bluffant. L'un des décors principaux, la maison de verre, est particulièrement impressionnant et intrigue par sa beauté et son ingéniosité. La mise en scène fluide fait la part belle au mouvement, dans une chorégraphie très expressive. Les comédiens (Noémie Carcaud, Caroline Donnelly, Catherine Mestoussis, Deborah Rouach, Alfredo Cañavate) sont excellents. Leur léger accent belge est un bonheur supplémentaire qui sert particulièrement efficacement la tonalité féroce et drôle des dialogues et du propos général. Car Pommerat présente de Cendrillon une version à la fois cruelle et hilarante. On rit ainsi beaucoup à cette histoire au demeurant touchante. Le récit d'une extrême simplicité, servi par un texte ciselé, offre une réflexion étonnante sur le poids de la culpabilité et du malentendu. 

L'ensemble compose un spectacle de très beau et très grand théâtre.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 22:06

Le plus souvent lorsqu' une soirée au théâtre n'est pas très réussie c'est que l on a assisté à la représentation d'une mauvaise pièce, mal mise en scène, que le talent et l'enthousiasme des comédiens n'ont pas suffit à sauver. Ce jeudi 15 juin, la situation était inverse pour un résultat identique.

La pièce écrite par Amanda Sthers et Morgan Spillemaecker présente un sujet original, au traitement drôle et cru. Les dialogues sont percutants et entrainent des rires en cascade pour qui aime l'humour grinçant. Jouée avec finesse et astucieusement mise en scène, elle offrirait un bon moment de pur divertissement.

Malheureusement, ce jeudi 15 juin, les comédiens n'étaient pas très bons. L'un surjouait un personnage déjà en marge, l'autre ratait toutes ses bonnes répliques lancées à contretemps et à l'occasion inaudibles, une autre ne portait pas sa voix et, quand elle le faisait, perdait en justesse et le quatrième, celui qui s'en sortait le mieux, était totalement desservi par ses camarades. A ce jeu de massacre, peut-être dû à un mauvais soir, s'ajoute une mise en scène convenue dont l'absence totale de créativité lasse rapidement. La soirée ne fut donc pas très réussie.

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 19:55

Martine et son mari Roland, Jean-François comédien sans carrière et Patrick Vaillant, ex-présentateur vedette de la télévision sont embauchés au parc d'attraction Magic Land pour incarner les personnages de Peter Pan.

Le pitch plus original que le tout venant du théâtre comique était plutôt alléchant. Mais, un début de bonne idée mal développée ne nous emmène pas très loin. Les blagues et jeux de mots éculés se succèdent et l'histoire s'essoufle très vite faute d'idées et d'un vrai travail d'écriture. La mise en scène est triste et sans imagination. Les trois running gag sont exploités à l'excès faute de mieux. L'ensemble est terriblement daté. Malgré toute l'énergie qu'ils déploient, les comédiens ne parviennent pas à sauver notre soirée.

 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 20:23

Hubert O'Taquet, professeur émérite, donne une conférence sur l'origine de l'homme : qui sommes-nous ? d'où venons-nous ? où allons-nous ?

Du plancton à l'homo sapiens en passant par la méduse et les dinosaures, Patrick de Valette, (membre des Chiche Capon) mime la grande évolution, puis les grandes et petites faiblesses de l'homo économicus. Ce spectacle participatif, totalement délirant et globalement indescriptible est drôle et plus futé qu'il pourrait en avoir l'air. 

Si vous étes du genre détendu, si vous êtes capable d'ouvrir bien grands vos chakras, vous passerez 1h15 désopilante. 

* Spectacle écrit et interprété par Patrick Valette et mis en scène par Isabelle Nanty.

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:33

Un couple d'un certain âge attend ses grands enfants pour fêter Noël. Cette année, c'est chez la grand-mère que tout se passe et l'ambiance sera, comme chaque fois, des plus tendues.

Pierre Notte nous convie aux fêtes de fin d'année d'une famille de cinglés. Personne, des parents aux fils en passant par la pièce rapportée, ne semble, ne serait-ce qu'un peu, équilibré. La rancoeur est au menu et les névroses coulent dans les flutes.

Dans cette fratrie où l'incommunicabilité règne, tout grince, tout est outré, tout est piège. Mais aussi tout est hilarant. Car l'auteur s'en donne à coeur joie dans les bassesses et vacheries servies par une écriture percutante. Les chansons (trois) sont également très efficaces.

Cette pièce bien barrée, qui frôle sans cesse la frontière du too much, doit aussi beaucoup à la qualité de ses comédiens, Bernard Alane, Romain Apelbaum, Brice Hillairet, Juliette Coulon et particulièrement Marie-Christine Orry. Ils maitrisent parfaitement la partition de ce jeu de massacre.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 21:57

A une époque où n'importe quel clampin se produit dans les cabarets, music-halls et autres cafés-théâtres, s'autoproclamant humoriste sous prétexte qu'il ou elle fait rire ses copains avec trois blagues et deux jeux de mots, Mère Indigne nous réconcilie avec le one (wo)man show.

Aisance de la comédienne, qualité de l'écriture, efficacité de la mise en scène, tout est là. Le rythme est soutenu, enchaînant les rires en jouant sur tous les registres comiques. Le texte précis et incisif est servi par un jeu à la fois mesuré et relevé jusque dans la gestuelle - la comédienne se donne aussi beaucoup physiquement. Les parties gentiment graveleuses sont habilement contrebalancées par la teneur du propos. Tout est parfaitement dosé dans ce spectacle parlant de la dure réalité de la vie de mère de famille.

Ses qualités le rendent aussi efficace sur les parents que sur les célibataires ou les couples sans enfants.

A voir les mercredis et jeudis à La Nouvelle Seine.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 16:51

Xavier, cadre dans la communication, donne une conférence visant à remonter le moral des français. La France est un beau pays que les puissants vont sauver.

Guillaume Meurice, spécialiste des micros-trottoirs politiques dans l'émission Si tu écoutes, j'annule tout de France Inter, s'en donne à coeur joie dans ce qu'il sait faire de mieux : l'interaction. Au Café de la Gare, le public est fortement invité à participer. A la fois, interpellé et interpellant, l'humoriste relève le tour de force de garder la maîtrise du jeu, coupant ou ignorant les importuns et relançant les timides-pertinents. Certes, le risque s'avère limité tant le public est acquis à sa cause. Dès l'entrée en salle, on sent l'excitation qui gagne la majorité des spectateurs à l'idée d'écouter leur humoriste de gauche abonder dans leur sens. Cela pourrait agacer, mais Guillaume Meurice se montre, ici aussi, très drôle. La petite déception, car il y a déception, vient de la structure un peu bancale du spectacle. Son personnage de Xavier ne prend jamais vraiment corps. Il disparait régulièrement sous la personnalité de Guillaume Meurice, victime de sa propre notoriété. 

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