SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 10:31
The_pianist_SansCrierArt

Au fond de la scène toute en longueur, un grand rideau noir, au centre un piano et un lustre suspendu. Le décor de The Pianist est des plus épurés.

Le pianiste (Thomas Monckton) qui entre en scène de façon étrange est grand, dégingandé, quelque peu maladroit et distrait. 

Mimes, acrobaties et gags composent ce court spectacle sympathique mais sans grande originalité.

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 23:18

Zaneto et Tonino, jumeaux séparés à la naissance se trouvent  simultanément, et à leur insu, en visite à Vérone pour rencontrer  leurs promises. Leur incroyable ressemblance va entraîner de multiples quiproquos.

Cette pièce, œuvre de jeunesse de Goldoni (1745), a un peu vieilli. Ses rebondissements et effets comiques ont été trop souvent utilisés depuis pour conserver toute leur efficacité. Si l'ensemble est quelque peu éculé, la vivacité du récit fonctionne encore. Il suffirait d'une pointe de finesse dans le jeu des acteurs, de la modernité dans la mise en scène pour redonner à cette pièce tout son charme.

Curieusement, le parti pris du metteur en scène semble tout autre. Le jeu des comédiens est outré surlignant excessivement la satire dessinée par Goldoni. Certains comédiens jouent particulièrement en force éliminant d'emblée la part émotionnelle qui existe aussi dans la pièce. Ils sont de plus desservis par des costumes et un maquillage disgracieux.  La scénographie parait curieusement vieillotte. Le décor aux atours faussement modernes prend trop de place. Le plateau devient trop petit, les acteurs qui s'agitent beaucoup paraissent empêchés dans leurs mouvements.

Jean Louis Benoît qui a mis en scène et adapté la pièce a choisi de moderniser, par petites touches, le vocabulaire utilisé mais cela sonne souvent faux. En revanche, il n'a pas fais le choix de supprimer certaines apartés entre les personnages et le public et qui, si elles avaient leur utilité face au public moins averti de l'époque, sur-expliquent de nos jours inutilement l'action. 

L'ensemble ne jouant que sur les effets comiques et la part guignolesque de la pièce tait la finesse de Goldoni et le portrait fait de la société vénitienne du 18ème siècle. Pour compenser notre frustration, on se raccroche à Maxime d'Aboville qui, dirigé comme ces camarades de jeu, ne dose pas assez sa partition à la Ugolin de Zanetto, mais dont le talent et l'incroyable capacité à passer d'un personnage à l'autre impressionne et amuse.

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 22:14
Le_bruit_des_arbres_qui_tombent_sans_crier_art.com

Une immense bâche noire que l'on manipule tels un ciel, une mer ou une forêt battue par les vents à la fois protectrice et menaçante, une valise pour porter le poids de l'histoire du monde, six bûches et du sable tombés du ciel, des dizaines de chemises qui prennent leur envol et retombent inertes, des seaux de terre qu'on renverse et remplit. un arbre sous lequel se cacher ou se protéger... ces éléments habillent la dernière création de Nathalie Beasse.

Avec eux quatre comédiens-danseurs (tous impressionnants) dansent, gesticulent et interprètent des textes de Duras, Shakespeare, Brel, Saint-Matthieu... La pièce présente ainsi une série de saynètes cocasses ou poétiques, parfois accompagnées de musique (la 5e de Mahler, les compositions de Nicolas Chavet et Julien Parsy), souvent visuellement belles. On ne perçoit pas toujours quel sens leur donner, ni quel lien probant les unis. Et cette absence de récit clair, ne permet pas à l'oeuvre, malgré ses qualités évidentes, de marquer durablement. 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 18:19
RamsesII_SansCrierArt.com

Jean et Elisabeth attendent leur fille Bénédicte et leur beau-fils Matthieu pour déjeuner. Mais Matthieu arrive seul.

Dans une scénographie à la fois simple, précise et élégante, trois grands comédiens donnent vie à la nouvelle pièce de Sébastien Thiery. L'auteur connu pour l'originalité de ces œuvres propose une histoire moins loufoque qu'à l'accoutumée mais tout aussi intrigante. En refrénant ses bouffées délirantes, il gagne même en efficacité. S'il prend toujours un malin plaisir à manipuler ses personnages et les spectateurs, ces derniers ne se trouvent jamais exclus par la complexité du récit qui, sur certaines de ses pièces précédentes, pouvait sembler échapper à son auteur.

Ramsès II offre un humour à la fois potache et grinçant. La pièce est particulièrement bien servie par la gracieuse Evelyne Buyle et par Eric Elmosnino qui joue sa surprenante partition avec une virtuosité particulièrement réjouissante.

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 09:47
Welcome_to_woodstock_sanscrierart.com

Août 1969 à Paris, Paul, Tom, Florence, Francis et Martine décident de se rendre à Woodstock pour assister au concert qui s’avérera la plus grande représentation du mouvement hippie.

L'histoire n'est qu'un prétexte pour faire revivre l'esprit et la musique hippie. Très discrète, l'intrigue sert de transition entre les morceaux cultes de l'époque qu'interprétaient les Who, The Turtles, The Doors, Cat Stevens, Otis Redding, Jimi Hendrix, Joan Baez...  La scénographie très réussie, tout en vidéo et jeux de lumière, nous plonge dans l'ambiance de l'époque, trips au LSD inclus. Côté musique, tous les morceaux bénéficient d'arrangements élégants et efficaces.

Mais ceci ne serait rien sans les 11 artistes qui évoluent sur scène. Sept comédiens-chanteurs (Magali Goblet, Morgane Gabot, Margaux Maillet, Jules Grison, Pierre Huntzinger, Geoffroy Peverelli et Xavier V.Combs), avec chacun leur spécificité, sont tous impressionnants vocalement. Ils sont accompagnés par un excellent groupe de quatre musiciens dont un chanteur (Yann Destal, guitare et chant, Cléo Bigontina basse, Benoit Chanez, guitare, Hubert Motteau, Batterie).

Welcome to Woodstock offre ainsi deux heures de pur plaisir musical.

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 10:20

Agatha a donné rendez-vous à son frère dans leur maison d'enfance. Elle part faire sa vie avec un autre. Lui ne veut pas renoncer à leur amour absolu et interdit.

Hans Peter Cloos propose une mise en scène débordante, multipliant les supports et les accessoires. Des vidéos (dont des extraits de la Nuit du chasseur ?) sont projetées sur le grand mur de briques de la salle au-dessus de la scène, d'autres vidéos, cette fois prises en direct par la GOpro des comédiens, se posent sur le décor, en fond un accompagnement musical, sur scène de nombreuses chaises abandonnées et deux micros sur pied, pour les comédiens des accessoires en lien avec le monde de l'enfance (tutu, maillot de corps Petit Bateau, nez de clown, poupées dont on ne dira jamais assez le mal qu'elles font au théâtre contemporain qu'elles soient dénudées, poignardées ou démembrées), pour décor, les murs vieillissants du salon de la maison et un corridor où courir et se cacher.

Les deux comédiens jouent de façon très différente. Le  jeu de Florian Carove est à l'avenant du parti-pris de la mise en scène. Il surjoue chaque émotion, chaque geste, marquant chaque instant de gesticulations. Face à lui, Alexandra Larangot offre une interprétation très classique, posée. De tout de cela ne ressort aucune sensualité. Mais ce qui gêne le plus, est que sous cette mise en scène, que l'on peut trouver superfétatoire, le texte de Duras peine à trouver sa place, jusqu'à être par moment totalement englouti par le désir du réalisateur de tout surligner, de surinterpréter. C'est dommage car les moyens et l'envie de délivrer un beau moment de théâtre sont indéniablement là.

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 13:03
Le_cercle_des_illusionistes_SansCrierArt

En 1805, né Jean-Eugene Robert-Houdin. En 1861, Georges Méliès voit le jour.  En 1984, Décembre, pick-pocket, rencontre une étrange jeune fille.

A travers le destin croisé de ces trois personnages, Alexis  Michalik nous convie au cœur d'une réflexion sur l'illusion. C'est du moins ce que l'élégant monologue d'introduction nous laisse présager. Mais, le récit qui suit, que l'on pourra juger inutilement alambiqué, ne dépasse jamais le stade du très simple divertissement. Bâti sur une succession d'anecdotes, pas vraiment passionnantes, le récit s'enlise et ne porte aucun questionnement.

Les dialogues ne sont pas particulièrement audacieux ou drôles. La mise en scène efficace, bien qu'alourdie par un récit confus, offre quelques moments propices au merveilleux. La valse des six très bons comédiens, qui passent sans cesse d'un rôle et d'une époque à l'autre avec une dextérité remarquable, impressionne. Mais, la profondeur qu'il manque au récit nous laisse bien déçus.

Lire la critique de la première pièce d'Alexis Michalik "Le porteur d'histoire"

 

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