SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 18:34
Elle de Paul Verhoeven

Michèle, chef d'entreprise d'une cinquantaine d'années, est violée chez elle par un homme cagoulé. Semblant à peine perturbée par cette agression, elle poursuit sa vie presque normalement en cherchant tout de même qui pourrait être son agresseur.

Verhoeven, visiblement toujours fasciné par les perversions en tout genre, fait ici appel à l'actrice incontournable pour les rôles de femmes hors normes : Isabelle Huppert. Et effectivement, celle-ci ne ménage pas sa peine dans des scènes très physiques. Le problème est qu'à force de trop vouloir en faire, le réalisateur en fait trop. Et on finit par ne plus voir que les cascades que Verhoeven inflige à la comédienne imperturbable. Cela en devient presque risible, pour ne pas dire ridicule. De plus, Verhoeven empile les histoires et les personnages glauques quitte à perdre le spectateur dans la pléthore d'énigmes et d'outrances. En résulte que même les pistes intéressantes (le passé de Michèle par exemple) perdent tout intérêt sous la masse. S'ajoutent les incohérences multiples. Le grotesque finit par prendre toute la place et réduire à néant l'effet escompté.

Date de sortie en salle : 25 mai 2016

Date de sortie en DVD : 4 octobre 2016

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 17:04
L'avenir de Mia Hansen-Love

Nathalie, professeur de philosophie, proche de ses élèves et guidée par le plaisir de transmettre, vit bourgeoisement entre son mari et sa mère dépressive. Lorsque son mari la quitte pour une autre, elle doit apprivoiser une liberté nouvelle.

Le film vaut surtout pour Isabelle Huppert et la découverte de Roman Kolinka. Certaines scènes sonnent curieusement faux et pour le reste, il n'y a rien de bien passionnant pour nous tenir en éveil.

Date de sortie en salle : le 6 avril 2016

Date de sortie en DVD : le 20 septembre 2016

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 21:40

De nos jours, des jeunes d'origines et de milieux sociaux divers, semblent vouloir semer des poursuivants invisibles dans le métro et les rues de Paris. En fin de journée, plusieurs bombes explosent dans la ville.

Le film crée par l'ambiance étrange qu'il instaure dès les premiers plans une grande curiosité. Ces jeunes dont on ne sait rien, aux agissements dénués d'explications, intriguent. Dans sa deuxième partie située de nuit dans un grand magasin, règne du consumérisme, Bonello distille encore un autre esprit. La jeunesse de ses héros, que l'on pouvait tout d'abord imaginer d'une conscience politique forte, même aux méthodes contestables, s'avère bien puérile. Leur immaturité face aux conséquences de leurs actes, leur goût du luxe et de la propriété, leur gémellité avec les modèles dictés par la société de consommation, leurs rêves d'une triste banalité, surprennent et épaississent un peu plus le mystère de leur acte. Le film ne donne aucune réponse. habillé d'un esthétisme aussi séduisant que dérangeant, il nous convie simplement à suivre ces ados dans cette étrange journée.

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Publié par zab - dans Cinéma
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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:21
Vania (d'après Oncle Vania) à la Comédie Française

C'est un Oncle Vania quelque peu réécrit que propose l'excellente troupe de la Comédie Française. Julie Deliquet, metteuse en scène, a choisi d'effacer toutes indications faisant référence à l'époque (fin 19e) et à la culture (Russe) des personnages de Tchekhov. Cela ne nuit en rien à l'esprit de la pièce. Sur la scène centrale du théâtre du Vieux Colombier, dans la salle à manger de la maison familiale, on retrouve l'ennui, le désespoir, l'amour déçu, l'humour, l'ironie de Vania, Sonia et Astrov, les faiblesses d'Elèna et dans une autre mesure de Ilia, l'admiration sans limite de Maria et la suffisance de Sérébriakov. Dans une mise en scène alerte qui sait laisser parler les silences et la souffrance qui perce dans les échanges caustiques et les rires, les comédiens sont époustouflants. Florence Viala est, une fois de plus parfaite, tout comme Laurent Stocker, Hervé Pierre et Dominique Blanc, la nouvelle venue, méconnaissable sous de grosses lunettes. Noam Morgensztern et Stéphane Varupenne impressionnent eux aussi, tandis qu'il nous semble découvrir la puissance d'incarnation d'Anna Cervinka dans le rôle de Sonia.

Cet Oncle Vania, au plus haut point réjouissant, fait partie de ce Théâtre qui donne envie de retourner très très vite au théâtre.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 16:46
Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Louis, écrivain, après 12 ans d'absence rend visite à sa mère. Il souhaite profiter de ce moment en famille pour annoncer sa mort prochaine.

Xavier Dolan convoque un casting fabuleux pour cette adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce. Nathalie Baye, perruque et maquillage outrancier, est la mère nerveuse et excentrique, Léa Seydoux la petite sœur éprise d'admiration qui voudrait comprendre, Vincent Cassel, le frère à vif et brutal et Marion Cotillard, la pièce rapportée qui observe, temporise et comprend. Tous les quatre sont impressionnants. Gaspard Ulliel n'a peut-être jamais été aussi juste, dans le rôle du dramaturge, un emploi peu bavard où tout se lit dans les regards et les expressions du visage. Car Dolan nous amène au plus près des comédiens, privilégiant sans cesse les gros plans. Il utilise sa caméra comme un microscope, plongeant le spectateur à l'intérieur des choses et des êtres, veillant à ce qu'il ne soit pas perturbé par ce qui entoure l'action. Lui à qui on a pu reprocher une certaine tendance à l'hystérie, surprend ici dans sa capacité à doser la tension qui règne dans cette histoire de malaise familial. Avec "Juste la fin du monde", il semble avoir gagner en finesse. Il ne lui manque donc plus grand chose pour être LE très grand cinéaste qu'on nous annonce depuis déjà 6 films.

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Publié par zab - dans Cinéma
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 20:03
Retour chez ma mère d'Eric Lavaine

Stéphanie, 40 ans, suite à des déboires professionnels , est contrainte de revenir vivre chez sa mère.

Le scénario est bien faiblard, il contient toutefois quelques bonnes idées et de bons mots. Mais le réalisateur n'a aucun talent de mise en scène, de direction d'acteurs et aucun sens du rythme. Et tout bon comique sait que le rythme est essentiel dans l'art de faire rire. Totalement raté donc.

Date de sortie en salle : 1er juin 2016

Date de sortie en DVD : 1er octobre 2016

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:05
Frantz de François Ozon

En Allemagne, en 1919, Anna se recueille chaque jour sur la tombe de Frantz, son fiancé mort au front. Un jour, elle se rend compte qu'un étranger fleurit la tombe.

Le film laisse un sentiment étrange d'inachevé. Trop émouvante ou pas assez, on ne sait trop comment appréhender cette histoire un peu alambiquée. Si l'émotion vient, elle est portée par Paula Beer, jeune comédienne allemande, dont la prestation marque le film. Pierre Niney, très bien également, endosse un rôle peu aimable. Les raisons de son tourment sont expédiées un peu rapidement et l'empathie pour ce personnage vient difficilement. La réalisation est très belle, bien que le noir et blanc au noir surexposé, gêne un peu.

Tout dans ce film est séduisant mais il manque chaque fois un petit quelque chose qui en ferait une totale réussite.

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Publié par zab - dans Cinéma
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