SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 22:06
Le Petit Prince de Marc Osborne

Une petite fille de 8 ans enfermée, par une mère obsédée par la réussite, dans un monde où le travail et la performance dominent tout, se lie avec un vieil aviateur qui lui conte une drôle d'histoire. Cette rencontre va l'éveiller à d'autres possibles.

L'énorme surprise du film est qu'il ne s'agit absolument pas d'une adaptation du Petit Prince de Saint-Exupéry. Le conte n'est qu'un prétexte (constitutif quand même) pour raconter l'histoire de cette petite fille privée d'enfance et qui revient à l'essentiel quitte à en souffrir un peu. Du coup, le livre de Saint-Exupéry n'occupe que peu de place dans le film. A tel point, que si grande soit la passion que l'on porte au livre, on ne peut pas vraiment s'offusquer de le voir perdre de sa grâce par une découpe à la serpe. L'important est de suivre l'évolution de cette petite fille qui s'éveille à la vie et aux sentiments. Le film est visuellement très agréable, avec des traitements différents selon que l'on soit avec la fillette ou dans le conte du Petit Prince, allant du dessin très moderne à un trait plus classique jusqu'à l'utilisation de marionnettes et du papier découpé. Dans ses deux premiers tiers, le scénario est intelligent, parsemé de poésie dosant habilement les passages du film moderne au conte de Saint-Exupéry. La dernière partie décoit. Le scénario s'égare, perd de sa poésie et tombe dans les travers du film d'animation d'aventures. On garde malgré tout de l'ensemble du film une impression plutôt agréable.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 19:27
Knight of cups de Terrence Malik

Rick, scénariste, erre entre Los Angeles et Las Vegas, entre femmes et tournages, et s'interroge sur sa vie.

Malik enchaîne les belles images de villas luxueuses, de plages, de paysages désertiques, de routes interminables,et de jolies filles peu vêtues. Aucun dialogue (ou presque) mais des voix off qui expliquent la vie au héros qui lui même s'interroge dans l'esprit "où vais-je, d'où viens-je, dans quel état...". Christian Bal est de tous les plans. Cate Blanchett et Nathalie Portamn font de courtes apparitions. Et devant tout se vide, le spectateur s'ennuie ferme.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 23:48
Le fils de Saul de Laszlo Nemes

À l'automne 1944, à Auschwitz-Birkenau, Saül fait partie des Sonderkommandos. Alors, qu'il évacue les corps d'une chambre à gaz, il croit reconnaître son fils parmi les victimes. Il n'a alors plus qu'un objectif en tête donner à cet enfant une sépulture en présence d'un rabin, tandis que ces camarades prépare une révolte pour s'évader.

Ce qui frappe dans Le fils de Saul c'est avant tout sa mise en scène. La caméra filme Saul, de face ou de dos, ne montrant ce qui se déroule autour de lui qu'en arrière-plans plus ou moins visibles. On ne voit donc que peu de choses mais on devine tout d'autant que les bruits, les paroles et les cris eux ne sont aucunement masqués. Aussi, l'image adopte un format carré qui semble bien étriqué créant une sensation d'enfermement, de piège et accentuant une certaine angoisse. Formellement, le film interpelle. Sur le fond, on est intrigué par ce personnage dont l'ignoble tâche exige de lui une certaine perte d'humanité qu'il tente obstinément de retrouver en redonnant à cet enfant les honneurs que l'on doit aux morts dans un monde civilisé. Que cette soif d'humanité aille à l'encontre de l'instinct de survie de ces camarades rend soudainement le personnage encore plus complexe et moins sympathique. Si le film affiche des faiblesses c'est dans son récit. Les événements que la quête de Saul croise ou provoque ne tiennent pas vraiment en haleine. Seul le contexte historique et émotionnel puissant et le dispositif de mise en scène maintiennent notre attention.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 18:28
Valley of love de Guillaume Nicloux

Isabelle et Gérard se retrouvent, après de nombreuses années de séparation, dans la vallée de la mort. Ils répondent ainsi aux dernières volontés de leur fils suicidé qui leur impose une visite de plusieurs jours sous une chaleur écrasante.

Nicloux réunit Huppert et Depardieu qui n'avaient plus tourné ensemble depuis 30 ans. Il les filme errant sous le soleil, à l'hôtel ou dans des paysages désertiques, elle suppliant Gérard de respecter les vœux du fils jusqu'au bout persuadée qu'ils vont le revoir, lui se plaignant sans cesse de la chaleur. Le réalisateur, également auteur de ce scénario ultra light, se contente de filmer, sans talent particulier, les deux comédiens et laisse l'imagination du spectateur en faire ce qu'elle veut. C'est un peu court.

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 19:13
Comme un avion de Bruno Podalydes

Michel se prend soudainement de passion pour le kayak qui lui évoque sa passion pour les avions et sa soif d'évasion. Il s'en achète un sur Internet et décide de partir une semaine en voyage sur la rivière.

On suit un Michel utopiste, un peu lunaire, dans sa préparation et son périple. Les personnages sont cocasses et sympathiques, les interprètes parfaits (Sandrine Kiberlain, Agnés Jaoui et Bruno Podalydés). Le film très contemplatif offre des moments drôles mais il ne s'y passe pas grand chose. Sympa mais à peine vu, déjà oublié.

Date de sortie en salle : 10 juin 2015

Date de sortie en DVD : 4 novembre 2015

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 23:23
En mai, fais ce qu'il te plait de Christian Carion

Nord de la France, mai 1940. Alors que les Allemands envahissent la France, un village entier part sur les routes de l'exode direction Dieppe.

Christian Carion nous conte l'histoire de ces 8 millions de français qui abandonnèrent leurs maisons et leurs terres pour fuir l'ennemi et rend, au passage, hommage aux Allemands qui résistèrent au nazisme, aux tirailleurs sénégalais qui donnèrent leur vie pour défendre les terres de leur colonisateur et aux anglais qui combattaient déjà en France en 1940. Grâce à ses personnages étrangers, Carion ne tombe pas dans le film de terroir franchouillard qui lui tendait pourtant dangereusement les bras. Tout en gardant le souci d'une vérité historique et dramatique de la situation, il parsème son film de touches d'humour et d'action, variant les ambiances et les intentions. Si on perçoit quelques longueurs, elles glissent grâce au talent des comédiens, Olivier Gourmet en tête une fois de plus remarquable. Ce qui marque aussi particulièrement c'est le travail sur le son, pour le meilleur et le moins bon. Christian Carion a réalisé l'un de ses grands rêves : obtenir d'Ennio Morricone qu'il compose la musique de son film. Malheureusement, les grandes envolées du maestro cannibalisent les scènes qu'elles accompagnent et rendent artificielle toute émotion. On ne peut pas en vouloir à Carion de s'être laissé entraîner par sa passion pour le compositeur, mais aucune scène du film n'est plus touchante que celle, où Olivier Gourmet retrouve Mathilde Seigner dans sa voiture cabossée alors que le réalisateur laisse le suspens et l'émotion éclorent dans le silence. Et aucune musique ne remplacera la douceur du bruit du vent dans les arbres de la scène finale. Pour le meilleur, on est scotché par le travail sur le bruit des armes. Rarement le tonnerre des tanks, avions de guerre, et mitrailleuses ne nous auront semblé aussi réalistes et proches.

"En mai fais ce qu'il te plait" a tout pour plaire au plus grand nombre : un beau sujet, une belle distribution et "la classe" d'avoir le nom d'Ennio Morricone au générique (que cela serve au moins à ça).

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 22:29

Alors qu'ils sont en mission sur Mars, un équipage Américain est au prise avec une forte tempête qui les oblige à fuir la planète au plus vite. Lors de l'évacuation, ils perdent un de leur co-équipier qu'ils pensent mortellement touché. Mark Watney se retrouve seul et sans ressources suffisantes sur une planète peu accueillante.

"Seul sur Mars" est un bien étrange film de science fiction. Décors magnifiques, dialectes pseudo-scientifique incompréhensible, suspens angoissant et rebondissements en série sont bien au rendez-vous mais curieusement Ridley Scott nous conte cette histoire sur un ton badin. En cause, l'auto-dérision du héros, le charme de Matt Damon, des dialogues parsemés d'humour noir et le disco en accompagnement musical. Ce traitement décalé et un récit, tenant pourtant sur peu de chose, mené tambour battant nous réconcilient avec les voyages spaciaux après le  ridicule Gravity et l'alambique Interstellar.

Bien sûr, "Seul sur Mars" n'échappe pas aux excès Hollywoodien du quart d'heure final, mais le traitement décalé de Ridley Scott nous offre 2h15 de divertissement total sans ennui.

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