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theatre - danse

Argan hypocondriaque et berné par les médecins se croit très malade. Il décide de marier sa fille Angélique à Thomas Diafoirus, sinistre et idiot, mais potentiel futur médecin. Mais, Angélique en aime un autre. Toinette la servante a plus d'un tour dans son sac pour sauver son maître et sa fille.

La Comédie Française présente la dernière pièce écrite par Molière dans la mise en scène créé par Claude Strate en 2001, jouée depuis plus de 600 fois.

Dans un décor minimaliste qu''habille une belle mise en lumière tout en clair obscure, l'accent est mis sur le grotesque des personnages. Arcan est assis sur une chaise percée d'hôpital, en blouse laissant voir ses bas de contention et son slip xxl. Les médecins sont maquillés et costumés de façon extravagante, le teint vert ou gris, le visage défiguré. Seules les femmes et le jeune amoureux semblent conserver visage humain. L'ensemble est ainsi très drôle, d'abord par le talent de caricaturiste de Molière, puis par le parti pris du metteur en scène et enfin par l'excellence de l'interprétation.

Julie Sicard est redoutable dans le rôle de Toinette, gouailleuse et d'une énergie sans limite. Clément Bresson est hilarant en Thomas Diafoirus, imbécile qui s'ignore, bourré de tics. Denis Podalydes, méconnaissable, terrifie dans les rôles des médecins. Guillaume Gallienne excelle en Argan, à la fois grotesque et touchant, partagé entre une bonté sincère, le besoin de faire preuve d'une autorité de façade et sa dépendance aux différents maux dont il pense souffrir. A leurs côtés Léa Lopes, Coralie Zahonero, Alain Lenglet, Charlie Fabert et la toute jeune Suzanne Podalydes sont également très bons.

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Il

France.tv rediffuse la remarquable pièce d'Andrea Bescond, Molière 2016 du Seul(e) en scène. Ce spectacle mis en scène par Eric Métayer, interprété par Deborah Moreau, écrit par Andréa Bescond, raconte les agressions sexuelles qu'Odette/Andrea a subi pendant son enfance et leurs conséquences sur sa vie.

 Dès les premières secondes notre sang se glace. Mais, la force du spectacle est de savoir alterner l'effroi et le rire. 

Deborah Moreau interprète tous les rôles. Celui d'Odette petite fille, d'Odette adulte, de sa mère, de Gilbert le prédateur, de sa prof. de danse, de chorégraphes, de Rudolf Noureef,...

Les agressions, la culpabilité, le rejet de la famille, l'aveuglement et le cynisme d'une mère, la fuite dans une boulimie de travail - les tournées de spectacles de danse qui s'enchainent sans répit -, les petits boulots, le conservatoire, les aventures sans lendemain, l'alcoolisme, la toxicomanie, le déni et la révélation, le procès, le dépôt de plaintes au commissariat.... le récit déconstruit dessine l'enfer, le combat et la possibilité de s'en sortir. 

A voir en replay sur France.tv 

Le spectacle a été adapté avec réussite par Andréa Bescond et Eric Métayer au cinéma en 2018.

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1971, Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte suite à un viol. Aidée par Michèle, sa mère, et par d'autres femmes, elle avorte clandestinement. 1972, toutes les femmes sont poursuivis par la justice dans ce qui s'appellera le "Procès de Bobigny". Gisèle Halimi, avocate, assure leur défense.

Barbara Lamballais et Karina Testa présente le récit de cette histoire qui est entrée dans la grande Histoire de la défense du droit des femmes à disposer de leur corps.

La pièce débute tambour battant - le spectacle est aussi dans la salle - par une assemblée générale de l'association "Choisir la cause des femmes" créée par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir en juin 1971, quelques mois après la publication par le Nouvel Obs de la liste des 343 Françaises qui ont le courage de signer le manifeste "Je me suis fait avorter".

Puis, le récit enchaîne avec une mise en place qui semble un peu longue, mais qui ose, avec une certaine réussite, jouer sur le ton de l'humour. Ainsi, on se surprend à rire ou sourire dans le rappel du contexte historique et la présentation des personnes impliquées dans toute la complexité notamment sociale de leurs situations.

La pièce adopte ensuite une écriture et une mise en scène ingénieuse qui lui permet d'accélérer le récit tout en restant clair sur les tenants et aboutissants.

Sans être bluffante, la pièce a pour qualité évidente, dans une tonalité accessible par tous, de rappeler l'importance de maintenir le droit à l'avortement, le lourd combat qu'il a fallu mener pour l'obtenir, les souffrances endurées par les femmes et de très jeunes filles.

Les 6 comédiennes - Clotilde Daniault, Maud Forget, Deborah Grall, Karina Testa, Celine Toutain et Jeanne Arènes - sont excellentes, tout comme Julien Urrutia qui endosse tous les rôles masculins.

La pièce a été récompensée par 3 Molières 2026 : Théâtre Privé, wAutrices francophones et Comédienne dans un second rôle pour Jeanne Arènes 

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La 37e cérémonie des Molières était présentée par Alex Vizorek sous le signe de l'humour et de l'irrévérence. Un Molière d'honneur a été remis à Muriel Robin, en zèbre et en petite forme, par Vincent Dedienne en très grande forme. Anne Bouvier, présidente de l'ADAMI a clôturé la cérémonie par un un très beau discours à la fois factuel sur ce que rapporte économiquement la culture et militant sur l'essentialité des artistes.

Les lauréats sont : 

Comédienne du théâtre privé : Josiane Balasko dans Ca c'est l'amour

Comédienne du théâtre public : Elsa Lepoivre dans Hecube, pas hecube

Spectacle pour enfants : Casse noisette ou le Royaume de la Nuit par la Comédie-Française 

Comédien du théâtre public : Laurent Lafitte dans La Cage aux Folles

Spectacle d'humour : Sexe, Grog et Rocking chair, Grog et Rocking chair d'Alex Lutz

Comédienne dans un second rôle : Jeanne Arenes dans Le Procès d'une Vie

Comédien dans un second rôle : Laurent Stocker dans Les Femmes Savantes

Révélation féminine : Marina Pangos.dans Le Chant des lions

Comédien du théâtre privé : Jérôme Kircher dans Amadeus

Révélation masculine : Lancelot Cheter dans Fin, fin et fin

Comédie : Fin, fin et fin de Lancelot Cherer

Mise en scène théâtre public : Joel Pommerat pour les Petites filles modèles 

Mise en scène théâtre privé : Samuel Valensi et Paul-Eloi Forget dans Made in France

Seul en scène : Katia Ghanty dans Les Frottements du Cœur 

Auteur contemporain : Barbara Lamballais et Karina Testa pour Le Procès d'une Vie

Spectacle musical : La Cage aux folles mise en scène par Olivier Py

Création artistique : La Petite Boutique des horreurs  de Valérie Lesort et Christian Hecq

Spectacle du théâtre privé : Le Procès d'une Vie de Barbara Lamballais et Karina Testa

Spectacle du théâtre public : I will survive des Chiens de Navarre

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Chimène et Rodrigue s'aiment. Mais quand le père de Chimène offense le père de Rodrigue, celui-ci se voit contraint de sauver l'honneur de son père.

Nombreux sont les alexandrins du Cid qui nous sont familiers  "O rage, o désespoirs, o vieillesse ennemie...", "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire", "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années" issus de cette histoire que l'on connait (presque) par cœur. Denis Podalydes en s'emparant du best seller de Corneille lui redonne tout son attrait. Dans une scénographie d'Eric Ruf où dominent de vastes et majestueux moucharabiehs, sous les superbes lumières de Bertrand Couderc, dans un habillage sonora à la fois discret et efficace conçu par Bernard Vallery (avec l'aide de Jordy Saval) et dans les magnifiques costumes de Christian Lacroix, les comédiens du Français nous font redécouvrir la puissance de la plume de Corneille et de cette histoire d'amour irrépressible et pourtant impossible.

Benjamin Lavernhe dans le rôle titre est à la fois puissant, notamment dans l'impressionnante mise en scène du récit de ses combats contre les Maures, et touchant tant il est blème et dépourvu face aux dilemmes insurmontables. Suliane Brahim en impose dans la rage de vengeance et celle d'aimer. A leurs côtés Jennifer Decker est une magnifique infante sacrificielle. Marie Oppert donne au rôle d'Elvire une forte présence inattendue. Christian Gonon et Didier Sandre ont le charisme indispensable à l'incarnation de ces pères qui imposent à leurs enfants les ravages d'une guerre d'égo. Danièle Lebrun impressionne toujours dans le rôle pourtant discret de Léonor. Bakary Sangaré, superbe en roi de Castille, porte la part ironiquement drôle du récit. Clément Bresson, Adrien Simion et Hippolyte Orillard endossent les rôles des gentilshommes. La qualité de jeu des comédiens de la Comédie Française, leur capacité à jouer ensemble et à faire troupe, est une fois encore un régal à contempler.

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