Mike Mitchell, fils du maire, est en garde à vue dans le bureau de police gèrè par Douglas et Carrie. Angelina a été tuée cette nuit. Tout semble accuser Mike.
Jeux de mots, citations de chansons populaires, défauts de prononciation, anastrophes,... l'auteur truffe son texte d'astuces pour faire rire. Il dessine quatre personnages haut en couleur, caricatures de ceux qu'ils incarnent (policier chef, policière débutante, avocate et fils à papa debile). Il joue aussi sur un comique de répétition notamment dans la mise en scène. Le tout à un rythme soutenu assuré par quatre comédiens à l'énergie folle (Tristan Cottin, Miren Pradier, Laurène Thomas, Remi Waeles)..
Malheureusement, l'auteur bascule dans l'outrance particulièrement dans le 3e acte et ce n'est pas drôle du tout. Ce qui pouvait être une comédie sympatoche devient une pièce lourdingue. L'epilogue en forme de discours de Douglas est totalement raté.
Argan hypocondriaque et berné par les médecins se croit très malade. Il décide de marier sa fille Angélique à Thomas Diafoirus, sinistre et idiot, mais potentiel futur médecin. Mais, Angélique en aime un autre. Toinette la servante a plus d'un tour dans son sac pour sauver son maître et sa fille.
La Comédie Française présente la dernière pièce écrite par Molière dans la mise en scène créé par Claude Strate en 2001, jouée depuis plus de 600 fois.
Dans un décor minimaliste qu''habille une belle mise en lumière tout en clair obscure, l'accent est mis sur le grotesque des personnages. Arcan est assis sur une chaise percée d'hôpital, en blouse laissant voir ses bas de contention et son slip xxl. Les médecins sont maquillés et costumés de façon extravagante, le teint vert ou gris, le visage défiguré. Seules les femmes et le jeune amoureux semblent conserver visage humain. L'ensemble est ainsi très drôle, d'abord par le talent de caricaturiste de Molière, puis par le parti pris du metteur en scène et enfin par l'excellence de l'interprétation.
Julie Sicard est redoutable dans le rôle de Toinette, gouailleuse et d'une énergie sans limite. Clément Bresson est hilarant en Thomas Diafoirus, imbécile qui s'ignore, bourré de tics. Denis Podalydes, méconnaissable, terrifie dans les rôles des médecins. Guillaume Gallienne excelle en Argan, à la fois grotesque et touchant, partagé entre une bonté sincère, le besoin de faire preuve d'une autorité de façade et sa dépendance aux différents maux dont il pense souffrir. A leurs côtés Léa Lopes, Coralie Zahonero, Alain Lenglet, Charlie Fabert et la toute jeune Suzanne Podalydes sont également très bons.
France.tv rediffuse la remarquable pièce d'Andrea Bescond, Molière 2016 du Seul(e) en scène. Ce spectacle mis en scène par Eric Métayer, interprété par Deborah Moreau, écrit par Andréa Bescond, raconte les agressions sexuelles qu'Odette/Andrea a subi pendant son enfance et leurs conséquences sur sa vie.
Dès les premières secondes notre sang se glace. Mais, la force du spectacle est de savoir alterner l'effroi et le rire.
Deborah Moreau interprète tous les rôles. Celui d'Odette petite fille, d'Odette adulte, de sa mère, de Gilbert le prédateur, de sa prof. de danse, de chorégraphes, de Rudolf Noureef,...
Les agressions, la culpabilité, le rejet de la famille, l'aveuglement et le cynisme d'une mère, la fuite dans une boulimie de travail - les tournées de spectacles de danse qui s'enchainent sans répit -, les petits boulots, le conservatoire, les aventures sans lendemain, l'alcoolisme, la toxicomanie, le déni et la révélation, le procès, le dépôt de plaintes au commissariat.... le récit déconstruit dessine l'enfer, le combat et la possibilité de s'en sortir.
1971, Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte suite à un viol. Aidée par Michèle, sa mère, et par d'autres femmes, elle avorte clandestinement. 1972, toutes les femmes sont poursuivis par la justice dans ce qui s'appellera le "Procès de Bobigny". Gisèle Halimi, avocate, assure leur défense.
Barbara Lamballais et Karina Testa présente le récit de cette histoire qui est entrée dans la grande Histoire de la défense du droit des femmes à disposer de leur corps.
La pièce débute tambour battant - le spectacle est aussi dans la salle - par une assemblée générale de l'association "Choisir la cause des femmes" créée par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir en juin 1971, quelques mois après la publication par le Nouvel Obs de la liste des 343 Françaises qui ont le courage de signer le manifeste "Je me suis fait avorter".
Puis, le récit enchaîne avec une mise en place qui semble un peu longue, mais qui ose, avec une certaine réussite, jouer sur le ton de l'humour. Ainsi, on se surprend à rire ou sourire dans le rappel du contexte historique et la présentation des personnes impliquées dans toute la complexité notamment sociale de leurs situations.
La pièce adopte ensuite une écriture et une mise en scène ingénieuse qui lui permet d'accélérer le récit tout en restant clair sur les tenants et aboutissants.
Sans être bluffante, la pièce a pour qualité évidente, dans une tonalité accessible par tous, de rappeler l'importance de maintenir le droit à l'avortement, le lourd combat qu'il a fallu mener pour l'obtenir, les souffrances endurées par les femmes et de très jeunes filles.
Les 6 comédiennes - Clotilde Daniault, Maud Forget, Deborah Grall, Karina Testa, Celine Toutain et Jeanne Arènes - sont excellentes, tout comme Julien Urrutia qui endosse tous les rôles masculins.
La pièce a été récompensée par 3 Molières 2026 : Théâtre Privé, wAutrices francophones et Comédienne dans un second rôle pour Jeanne Arènes
La 37e cérémonie des Molières était présentée par Alex Vizorek sous le signe de l'humour et de l'irrévérence. Un Molière d'honneur a été remis à Muriel Robin, en zèbre et en petite forme, par Vincent Dedienne en très grande forme. Anne Bouvier, présidente de l'ADAMI a clôturé la cérémonie par un un très beau discours à la fois factuel sur ce que rapporte économiquement la culture et militant sur l'essentialité des artistes.
Les lauréats sont :
Comédienne du théâtre privé : Josiane Balasko dans Ca c'est l'amour