SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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19 janvier 2023 4 19 /01 /janvier /2023 21:36

Hamm, vieillard, aveugle coincé dans un fauteuil roulant et Clov, son serviteur et fils adoptif, semblent être les derniers hommes sur une planète où toute vie a disparu.  Hamm convoque ses parents pour les punir de l´avoir placé là, en appel à un Dieu qui n´existe pas, pleure les rêves qu´il ne fait plus, se conte l´histoire d´une rencontre avec un enfant qu´il a vu grandir, martyrise Clov le seul qui lui donne encore l´impression d´exister.

Beckett interroge le sens de la vie et plus largement l´utilité de l´Humanité toute entière. Une vie terrestre qui est sans recours où l´absurde domine où la seule beauté vient de la nature, du soleil et de la mer. Son pamphlet fait place à un humour féroce particulierement bien servi ici par le génialissime Denis Lavant. Il donne à Clov une démarche accidentée par des jambes raidies par la douleur et précipitée dans le soucis de répondre aux demandes de Hamm. Ses silences sont imposants. Face à lui, dans un fauteuil roulant au centre de la scène, Frédéric Leidgens est magistral. Son phrasé précis fait merveilleusement bien entendre le texte de Beckett. Peter Bonke et Claudine Delvaux incarnent les parents de Hamm.

La mise en scène de Jacques Osinski et le décor qui se révèle derrière l´impressionnant rideau de fer du théâtre affirment l´enfermement et l´isolement des deux personnages. Une étrange odeur de moisie, la couleur grise des murs, les fenêtres hautes quasi-inaccessibles, les containers rouillés et la lumière blafarde et aveuglante du plafonnier oppressent un peu plus.

A voir jusqu´au 5 mars 2023 du mardi au dimanche à 19h.

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 23:18

En 2018, Frédéric Moulin découvre une boîte en carton ayant appartenu à Louis, son grand-père. Au milieu de papiers administratifs, il trouve un dossier sur lequel est indiqué "Documents de M.Morgenstern confiés à Lyon en 1941 ou 1942. A rendre à M.Morgenstern en cas de demande".

Frédéric Moulin se lance alors dans des recherches pour comprendre quels liens unissaient Louis Moulin et Léopold Morgenstern.

Frédéric Moulin, comédien et metteur en scène, a transposé cette enquête en pièce de théâtre attribuant son rôle à une héroïne (Sabine Moindrot, parfaite) et en s'octroyant l'interprétation des personnes qu'il a interrogées lors de ses recherches.

La mise en scène simple repose sur un voile blanc qui fait notamment office d'écran ; les photos des protagonistes et les papiers administratifs qui permettent de retracer leurs parcours y sont projetés ; et d'un bureau sur lequel s'étalent les dits documents que l'héroïne consulte.

L'exposition de cette enquête sous sa dimension énigmatique et émotionnelle et dans sa part historique et documentaire, lui confère une puissance romanesque remarquable. En parvenant à trouver les tons justes (du rire aux larmes en passant par la colère et beaucoup de doutes) pour conter les multiples dimensions de cette histoire, à la fois récit de la découverte d'un trésor, introspection familiale, avis de recherche, enquête historique, témoignage de l'antisémitisme et de la traque des juifs, Frédéric Moulin offre à voir une pièce inclassable.

Lors de la représentation du 11 janvier, était présent Robert Singer, petit-fils de Léopold Morgenstern que Frédéric Moulin a retrouvé en juin 2022 et auquel il a pu remettre les documents de son grand-père.

A voir au Studio Hebertot les lundis et mardis à 19h et les mercredis à 21h jusqu'au 31 janvier 2023.

 

PS : Déjà jouée en 2021 et 2022, nous avions déjà pu dire tout le bien que nous pensons de cette oeuvre Lire le post sur la pièce ICI 

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5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 00:32

De l´opéra rock composé par Michel Berger et écrit par Luc Plamondon, sont nés une dizaine de tubes ou standards de la variété française. Depuis leur création en 1979 par France Gall, Daniel Balavoine, Fabienne Thibeault, Diane Dufresne, ces chansons ont été reprises par tous, artistes professionnels et chanteurs de karaoke. Du livret, il ne restait pas grand chose dans la culture populaire. On en avait oublié que le blues du businessman était celui de Zéro Janvier, politicien aux relents fascistes, que le SOS d´un terrien en detresse était lancé par un révolutionnaire violent, que le Underground café de la serveuse automate n´avait pas de l´Underground que le nom. 

Thomas Jolly redonne à Starmania sa vision apocalyptique du monde, celle de l´an 2000 à l´aube des années 80. Et révèle à quel point cette dystopie sous forme d´opéra rock était, sur de nombreux points, visionnaire.

Dans une scénographie grandiose, basée sur des jeux de lumières époustouflant qui transportent les chanteurs et glissent jusque sur le public, dans une mise en scène qui utilise de façon artistique et signifiante la vidéo, qui déploie des voiles et une astucieuse et immense double tour-escaliers, Jolly plante le décor de Monopolis où le chao règne.

Sa mise en scène ne ménage pas les chanteurs qui escaladent et descendent ces escaliers tout en tenant leur répertoire. De jeunes chanteurs, inconnus pour la plupart et assez bluffant également. Côme est époustouflant dans le rôle de Johnny Rockfort et particulièrement dans son interprétation du SOS qui n´a rien a envier à celles memorables de Daniel Balavoine et Gregory Lemarchal. Gabrielle Lapointe relève la difficile tâche de reprendre le rôle de France Gall à laquelle un délicat et émouvant hommage est rendu. David Latulipe nous scotche littéralement avec son Blues du businessman. Alex Montembault tout en délicatesse est une parfaite Marie-Jeanne. Magali Goblet est une puissante Stella Spotlight. Adrien Fruit est parfait d´ambiguïté dans le rôle de Ziggy. Ils sont accompagnés par 6 musiciens Live.

Sidi Larbi Cherkaoui assure les (discrètes) chorégraphies tandis que les costumes (sans grand intérêt) sont signés Nicolas Ghesquieres.

Certes les textes du livret ne sont pas d´une grande écriture et le traitement du récit est un peu adolescent. Certes le personnage du gourou offre peu, voir, aucun intérêt. Et certes, et c´est moins acceptable, la qualité du son est déplorable. Mais ce spectacle de près de 3 heures est d´une beauté à couper le souffle. Visuellement éblouissant, bourré de poétiques et vénéneuses idées de mise en scène et musicalement réjouissant. Il nous  laisse à la fois émus et troublés par la violence et la proximité de son récit et pleins de ces mélodies inoubliables.

A ne pas rater à la Seine Musicale jusqu´au 29 janvier puis en tournée dans les Zénith, et de retour à la Seine Musicale à partir du 14 novembre 2023.

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22 décembre 2022 4 22 /12 /décembre /2022 21:16

Les chanteuses Clarika et Maissiat et le comédien-metteur en scène Emmanuel Noblet ont créé ce spectacle hommage à l'académicien, auteur, dialoguiste, scénariste Jean-Loup Dabadie.

Tous trois sur scène, accompagnés par Mathieu Geghre, jouent et chantent les mots de Dabadie. Ils recomposent une histoire d'amours et de rencontres avec les extraits des dialogues des films de Sautet (César et Rosalie, Max et les Ferrailleurs, Vincent, François, Paul et les autres, Une histoire simple, Garçon!), d'Yves Robert (Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au Paradis, Courage Fuyons, Salut l'artiste, Clérambard), mais aussi Violette et François de Jacques Rouffio, Clara et les chics types de Jacques Monnet, Le Sauvage de Rappeneau, Attention une femme peut en cacher une autre de Georges Lautner ainsi que des chansons de Michel Polnareff, Julien Clerc, Serge Reggiani, Jacques Dutronc, Régine... tous écrits par Dabadie.Astucieusement associés, ces extraits se mélangent avec fluidité, créant émotion et rire.

La mise en scène tout en fausse simplicité autour d'une structure mouvante faite de trois voiles blancs, entre écran de cinéma, mur et voiles de bateau, sépare ou rassemble, cache ou laisse voir les comédiens en ombres chinoises.

Si aux premiers instants, on se prend au jeu des comparaisons - Clarika n'est pas Romy Schneider et Emmanuel Noblet ne joue pas comme Yves Montant - très vite on s'abandonne à la proposition des quatre artistes en scène. La magie opère et l'émotion envahie tout.

A voir jusqu'au 31 décembre.

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17 décembre 2022 6 17 /12 /décembre /2022 22:42

Le Roi Lear entre au répertoire de la Comédie Française avec une mise en scène de Thomas Ostermeier.

Le metteur en scène Allemand, qui a déjà adapté Shakespeare au Français en 2018 avec La Nuit des Rois choisi là encore de faire appel au  traducteur Olivier Cadiot qui présente une traduction alerte qui se laisse entendre et comprendre aisément, le propos étant à la fois effrayant et drôle.

Côté mise en scène, c'est dans un paysage de lande dans la brume, sur un fond noir qui semble infini et où brillent quelques astres, que se joue l'histoire de ce roi vieillissant, manipulateur et manipulé. Comme sur La Nuit des Rois, Ostermeier prolonge la scène par une rampe qui traverse l'orchestre et qu'empruntent les personnages arpentant les territoires du royaume. La salle est régulièrement éclairée et les comédiens jouent avec les spectateurs qu'ils interpellent, prennent à témoins.

La troupe du Français est parfaitement représentée. Denis Podalydes (excellent) est Lear, Marina Hands, Jennifer Decker et Claina Clavaron, ses filles, Stéphane Varupenne, son fou. Kent est ici une femme en la personne de Sephora Pondi. Eric Genovese est Gloucester, Christophe Montenez (tout simplement génial) et Noam Morgenztern, ses fils. Gaël Kamilindi et Nicolas Chupin complètent la troupe.

En ce 17 novembre, salle Richelieu, après environ 1 heure 10 de représentation, Eric Genovese a interrompue Sephora Pondi et Gaël Kamilindi en plein duel à l'épée, annonçant qu'un des comédiens s'étant blessé, la représentation était suspendue pour quelques instants, puis finalement définitivement interrompue.

La plupart des critiques sont sévères avec la pièce, sa mise en scène, son adaptation.

S'il est difficile de donner un avis complet sur la proposition faite, le plus que 1er tiers vu donne très envie de découvrir la suite.

 

 

 

 

 

 

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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 14:15

Réalisée par Emmanuel Noblet comme une pièce filmée, Une sur deux est l'adaptation vidéo du livre de Giulia Fois "Je suis une sur deux" dans lequel la journaliste faisait le récit du viol subit à 20 ans.

23 comédiennes et 2 comédiens (Mathilde Auneveux, Camille Cottin, Sabrina Ouazani, Myriam Boyer, Constance Dolle, Assa Sylla, Karina Stella, Anne Benoit, Naidra Ayadi, Ludmilla Makowski, Julie Gayet, Caroline Proust, Anna Mouglalis, Emma Peters, Pauline Étienne, Alix Poisson, Sarah Martins, Romane Bohringer, Linh Dan Pham, Marie-Sophie Ferdane, Martine Chevallier, Camille Chamoux, Marianne Denicourt, Rod Paradot et Emmanuel Noblet) s'approprient le récit dans des face à face puissants, prenant la parole l'une après l'autre, comme se passant la mission de témoigner.

Chaque interprétation amplifie la force du texte qui conte l'horreur et la violence de l'agression, la culpabilité ressentie par la victime, les réactions des proches qui comprennent et accompagnent, des imbéciles qui relativisent, de la police soupçonneuse, de l'agresseur qui nie, de la violence de l'audition, de l'importance vitale de la parole, du rapport de la société aux corps des femmes...

Une oeuvre forte à voir en replay sur France.tv

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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 23:58

Dans la masse des humoristes qui égayent les scènes parisiennes, Kheiron se démarque en proposant aux spectateurs l'exercice de créer en direct avec lui le spectacle. Ce dernier reposera sur leurs interactions avec le comédien.

Ce 24 novembre, malgré une belle crève, le comédien déploie une énergie et une verve qui interpelle immédiatement. Pendant, près de 2 heures, il questionne et vanne le public qui se prête plus ou moins au jeu du comédien. On imagine aisément que tous les soirs sont différents mais la limite de l'exercice se fait vite sentir. En dépit de la belle réparti et du stock d'anecdotes du comédien, des moments de flottements, des longueurs et des répétitions soulignent la nécessité d'une base qui semble ici (ce soir ?) un peu légère. Bien sûr, on rit mais le rythme si important dans l'humour marque ici le pas.

A voir un autre soir, avec un autre public, dans la très accueillante salle de l'Européen jusqu'au 31 décembre 2022.

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17 novembre 2022 4 17 /11 /novembre /2022 23:07

Valérie Bacot est une des grandes victimes de l'incompétence de la société policière et judiciaire. Valérie Bacot a sans doute vécue l'un des plus édifiants abandons par la société civile. C'est ce qui frappe de la façon la plus évidente dans sa vie sous l'emprise d'un bourreau. A côté, de l'indicible, de la plus extrême violence d'un homme, c'est l'inaction de son entourage, l'absence de toute intervention humaine et humanitaire qui terrifient.

La mise en scène d'Anne Bouvier souligne particulièrement cet abandon, listant les fonctions et places de tous ceux qui auraient pu intervenir et ne l'ont pas fait. C'est, dans tout ce qui fait la puissance de la mise en scène, ce qui marque particulièrement. 

Sylvie Testud incarne Valérie enfant, adolescente, adulte et mère, inconsciente, violentée, victime et combattante. Dans de courtes scènes, de quelques secondes, elle est aussi ses parents, le bourreau,  ses enfants, mais également l'avocate qui intervient comme pour soutenir Valérie dans le déroulé de son terrible récit. La lumière s'adapte à chaque personnage dont Sylvie Testud prend les traits, sans coupure, d'une intonation de voix, d'un mouvement, d'une position du corps, d'un port de tête. 

Cette adaptation de l'autobiographie de Valérie Bacot est d'une force rare. L'interprétation de Sylvie Testud, qu'accompagne l'efficace et sensible mise en scène d'Anne Bouvier, est remarquable par sa  puissance et sa retenue.

A voir au théâtre de l'Oeuvre jusqu'au 30 décembre 2022.

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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 22:20

Delphine de Vigan a confié à Elsa Lepoivre le soin d'adapter pour la scène son livre Rien ne s'oppose à la nuit. 

Ce livre raconte la quête de vérité de Delphine de Vigan sur Lucile, sa mère, bipolaire, qui a mis fin à ses jours. Elsa Lepoivre condense, en 1 heure, les 400 pages du roman, fidèle aux questionnements de l'autrice et aux émotions que son enquête soulève. Stradivarius de l'interprétation, Elsa Lepoivre est cette fois encore impressionnante de délicatesse dans ses rires et dans ses larmes retenues. 

Ce singulis est mis en scène par Fabien Gorgeart a qui ont doit le remarquable Stallone avec Clotilde Hesme. Le décor se réduit à une table et six chaises vides représentant les différents protagonistes du livre. La mise en scène se joue sur la lumière, extrêmement soignée qui rythme le récit et agit comme en écho à la citation de Soulages qui ouvre le roman et la pièce "Les différences de textures réfléchissaient plus ou moins la lumière et du sombre émané une clarté, une lumière picturale dont le pouvoir émotionnel particulier animait mon désir de peindre. Mon instrument n'était plus le noir mais cette lumière secrète venue du noir."

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1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 20:50

TMC propose la première captation télévisée d'une pièce de Fabrice Luchini. Il s'agit "Des écrivains parlent d'argent" jouée au théâtre de l'Atelier.

Luchini déroule son spectacle enchaînant les extraits d'oeuvres de Jules Romain, Emile Zola, Karl Marx, William Shakespeare, Cioran, Charles Péguy, Louis Ferdinand Céline, Victor Hugo, Sacha Guitry, Jean de La Fontaine et Pascal Bruckner en alternant avec de nombreux apartés.

 

Si la diction avec laquelle il dit ces textes et les explications qui les accompagnent favorisent leur compréhension, l'excitation qui habite Luchini perturbe un peu.

 

Si les interludes cèdent parfois à la facilité, la propension du comédien à jouer avec son public, sautant sur toutes ses réactions (notamment deux jeunes comédiens sur Ruy Blas) anime efficacement la représentation.

 

Si le côté très cabot de l'acteur et sa propension à se lancer régulièrement des fleurs mal dissimulées derrière une fausse modestie peut agacer, il faut convenir qu'il est également très drôle, multipliant les procédés comiques - imitations sur une fable de La Fontaine, récits de ses émissions télévisées favorites, anecdotes de rencontres, panique durant la crise de 2008.

 

Et si nous ne sommes pas sûrs d'avoir retenu ou bien saisi toutes les subtilités des textes prestigieux, les deux heures filent sans ennui et distillent un réel plaisir.

A voir en Replay sur TMC.

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29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 22:11

1663, Molière triomphe avec L’Ecole des femmes. Ce succès déchaîne les critiques auxquelles Molière répond par un pamphlet sur l'art de la comédie avec La Critique de l’Ecole des femmes.

Pour sa troisième intervention à la Comédie Française, Julie Deliquet (Fanny et Alexandre, Vania) propose une création dans laquelle elle plonge les spectateurs dans l'intimité de la troupe de Jean-Baptiste Poquelin. 

Molière (Clément Bresson) y est entouré de ses comédiens, Madeleine Béjart (Florence Viala) et sa fille Armande (Adeline d'Hermy), jeune épouse du maître, la marquise du Parc (Elsa Lepoivre), Mlle de Brie (Pauline Clément), Guillaume Brécourt (Laurent Stocker), Philibert du Croisy (Serge Bagdassarian) et La Grange (Sébastien Pouderoux). De la vie quotidienne de la troupe aux répétitions, du partage des gains jusqu'aux débats sur l'intention des écrits du maître, Julie Deliquet interroge le collectif en mettant en scène ce qu'aurait pu être les échanges des créateurs de la Comédie Française.

Julie Deliquet glisse dans la bouche des comédiens, ceux de Poquelin et ceux du Français, des réflexions sur l'esprit de troupe dans ce qu'il demande aussi de sacrifice, sur l'organisation et la hiérarchisation du groupe, mais aussi sur la misogynie ou non de Molière, sur la puissance de la comédie et l'élégance de la tragédie, sur le besoin viscérale de jouer, sur le statut des comédiens dans la société, sur la classification des publics... Et ce avec force conviction mais aussi beaucoup d'humour.

Dans un très beau décor sur deux étages, où les déplacements sont nombreux, où l'espace est sans cesse, dans son entier, occupé, le mouvement, horizontal et vertical, règne en maître. Oscillant entre éclairage maximal, salle comprise, et éclairage à la bougie, le travail sur la lumière est aussi très précis. La sonorisation en fond est constante, que ce soit les bruits de la foule et des feux d'artifice de la Saint-Jean aux klaxons des voitures qui nous ramènent à notre siècle (et à la relève des jeunes comédiens).

La troupe du Français est ici, encore, impressionnante. Le spectateur oublie vite qu'il s'agit d'une reconstitution tant, sous ses yeux, Jean-Baptiste, Madeleine, Armande et les autres explosent de vie, et de fièvre de jouer, à moins que ce ne soit Clément, Florence, Adeline, Elsa, Serge et les autres...

​​​​​​La mise en abîme touche à son paroxysme dans la seconde partie de la pièce dédiée à L'Impromptu de Versailles qui voit Molière et ses comédiens répéter. Là aussi, l'incarnation est si forte, la proximité des interprètes et de leur personnage est telle, qu'on plonge totalement dans cette création à l'infini.

A voir salle Richelieu jusqu'au 15 janvier 2023

 

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4 octobre 2022 2 04 /10 /octobre /2022 20:11

Clémence Rochefort, fille de Jean, nous convie à un hommage à son père. Elle est accompagnée par l'historien d'art, Edwart Vignot qui commis avec le comédien le livre Le Louvre et le cheval, dont Jean Rochefort souhaité faire un spectacle.

L'heure d'hommage se compose du témoignage de Clémence qui raconte sa relation avec son père, la fantaisie de celui-ci et le poids de la perte. Edwart Vignot et l'invité du soir, Vincent Delerm ce 4 octobre, nous présentent quelques oeuvres du Louvre et lisent les commentaires de Jean Rochefort dont on reconnaît l'humour pince sans rire. 

C'est drôle et émouvant. Sans doute plus émouvant que drôle. L'hommage gagnerait à faire plus de place au côté fantasque du comédien même si la surprise finale est un exemple parfait de sa fantaisie.

A voir lundi 31 octobre avec Alex Vizorek, lundi 21 novembre avec Marina Hands, mardi 20 décembre avec Alex Lutz

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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 20:15

Deux frères et leur sœur se retrouvent dans la maison familiale à l´occasion de la mort du père. Dans le testament un secret de famille surgit.

Aucune surprise dans cette histoire qui reprend de vieilles recettes éculées. La mise en scène sans esbrouffe est efficace. 

La pièce vaut essentiellement pour la prestation de Virginie Pradal, parfaite dans le rôle de la mère, moins perdue qu´elle n´en a l´air.

Une pièce de pur divertissement pour spectateurs peu exigeants.

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29 septembre 2022 4 29 /09 /septembre /2022 23:15

Prenez un shaker. Placez y les Bronzés font du ski, Hélène et les garçons, un conte perse et les dictatures iraniennes (le Chah puis Khomeini). Secouez et vous obtenez Les Poupées Persanes.

C'est aussi bête qu' Hélène et les garçons, mais cela n'a ni l'efficacité de l'humour des Bronzés, ni la grâce et la profondeur d'un conte perse, ni la grandeur du récit historique.

Et c'est sans doute ce dernier point qui irrite le plus. Comment oser aborder un sujet aussi grave que l'histoire d'un peuple opprimé avec aussi peu de finesse et de rigueur dans l'écriture ?

Ici tout est gros et gras. Les dialogues, l'humour, le romanesque, les ficelles du récit, les portraits des personnages, la mise en scène, les décors et le jeu des acteurs, à l'exception notable d'Ariane Mourier, toujours excellente.

La majorité du public semble avoir adoré sans qu'on soit tout à fait sûr qu'ils aient compris ce qui leur était raconté. Les autres sont au pire consternés au mieux dubitatifs.

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17 septembre 2022 6 17 /09 /septembre /2022 20:38

Alan Turing, génial mathématicien britannique, bègue et peut-être autiste, a créé le premier ordinateur, une machine capable de penser. "Christopher" est venu à bout d'Enigma, le mystérieux cryptage des communications allemandes pendant la seconde guerre mondiale.

Benoit Soles débute son récit du destin exceptionnel de Turing en 1952. Dans une succession de flash back, il trace le portrait d'un homme à l'intelligence exceptionnelle, doté d'un grand sens de l'humour, d'une sensibilité particulière aux autres, d'une immense soif de comprendre le monde à travers les mathématiques. Il nous retrace les drames de son enfance, son homosexualité cachée, son recrutement par les services de sa majesté, son invention qui devra rester secrète, sa condamnation par les tribunaux de sa majesté. La pièce est habilement construite mixant la vie privée de Turing et l'incroyable défi mathématique qu'il doit relever.

La mise en scène de Tristan Petitgirard est fluide, rythmée, maitrisant parfaitement les changements de tonalité. L'écran vidéo en fond de scène donne le tempo sans excès.

Sur scène Gregory Benchenafi endosse plusieurs rôles et donne la réplique à Benoit Soles impressionnant de maitrise. La précision de son interprétation, sa force d'incarnation est magique et parachève ce bel hommage à un homme d'exception. 

Créée en 2018 au Festival d'Avignon, et librement inspirée par "Breaking the code" de Hugh Whitemore, la pièce a reçu 4 Molière en 2019.

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 23:30

15 personnages, 3 actes, 5 personnes en réunion, 1 nom et 1 histoire de manipulations multiples. Frédéric Sonntag s´amuse à imaginer le jeu politique de gouvernants obscures manipulant des pieds nickelés de la révolution en s´inspirant de l´imagination de scénaristes. C´est drôle et ingénieux et si le propos frôle la théorie du complot, le rire et l´astucieuse construction du récit l´emportent.

La mise en scène d´Yves Auger plante efficacement avec peu les trois atmosphères qui se succèdent et offre aux 5 comédiens (Alex Lambray, Augustin Tiberghien, Benjamin Ferrier, Émilie Rodriguez, Rodolphe Vivant, Victoria Bocek), qui doivent relever le défi d´interpréter chacun 3 personnages à la fois différents et similaires, la possibilité d´exprimer ses différences et ses similitudes avec finesse.

Les pièces de théâtre contemporaines sortant des sentiers battus ne courant pas les théâtres, George Kaplan se distingue avec efficacité.

A voir tous les vendredi soir à 21h30 au théâtre Montmartre Galabru (Paris 18e).

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 17:10

Vienne, années 20. Un avocat endetté demande à sa fille de 19 ans, Melle Else, d'obtenir l'aide de Dorsday, un vieil ami. Ce dernier accepte de prêter 50 000 florins à condition que Melle Else se montre à lui nue.

Nicolas Briançon met en scène Alice Dufour, seule, dans la pièce culte d'Arthur Schnitzler. Les projections vidéo (extrait s de "Fraulein Else" de Paul Czinner), l'accompagnement musical, les costumes servent élégamment le jeu nuancé de la comédienne au teint pâle et aux yeux clairs.

Dans ce monologue où toutes les émotions jusqu'aux plus contradictoires se succèdent, entre effroi et inconscience, entre résignation et bravoure, entre soumission et émancipation, entre pudeur et désir, entre éclats de vie et envie de mort, Alice Dufour impressionne et émeut.

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22 juillet 2022 5 22 /07 /juillet /2022 19:29

A 11 ans, Marie Caillaud entre au service de George Sand. A 15 ans, l'écrivaine lui apprend à lire, à écrire et à perdre son accent berrichon pour jouer la comédie. Maurice le fils de la maison trouve la domestique à son goût.

Marie des poules conte l'histoire de cette paysanne dont la vie fut transformée par la famille Sand, elle même bousculée par cette domestique.

Béatrice Agenin interprète Marie des poules de l'enfance à l'âge adulte ainsi que le rôle de George Sand. Elle impressionne tant qu'à aucun moment on ne doute de son, ses, personnages. La candeur de l'enfance, celle de la condition sociale, la soif d'apprendre, le chagrin amoureux et la combativité de l'une, l'assurance, la modernité et l'autorité de l'autre, toutes les émotions et les humeurs de ses deux femmes, Agenin nous les donne à voir sans caricature. A ses côtés, Arnaud Denis, qui signe également la mise en scène élégante, est parfaitement trouble entre bon à rien prétentieux et faux sale type prisonnier d'une condition bourgeoise et d'une époque où chacun, quoi qu'on est pu laisser croire, devait rester à sa place.

Molières 2020 de la meilleure pièce du théâtre privé et de la meilleure comédienne.

A voir sur France tv

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1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 13:29

Sganarelle, riche et âgé, va convoler ce soir avec Dorimene, jeune, belle et désargentée.  Soudainement, Sganarelle s'inquiète, ne risque t-il pas d'être cocufie ? Il prend conseil auprès de son serviteur, de philosophes et de diseuses de bonne aventure.

Cette comédie en 1 acte de Molière prend un malin plaisir à piéger l'homme vieillissant dominant par sa richesse la jeunesse et la beauté du sexe "faible". Sauf qu'ici la jeune fille à l'esprit plus retord que le vieux bourgeois.

Louis Arene place la pièce dans un théâtre de treteaux. Les comédiens portent des masques outrés et des prothèses de corps apparentes. Le rythme est à la farce. Le décor de planches s'escamote en portes, fenêtres ou trappes diverses pour laisser entrer et sortir les protagonistes.

A l'exception de Sganarelle qui reste enfermé dans cette boîte au plancher penché qu'il faut descendre et remonter, et dont le vieil homme fait le tour sans cesse pour mieux réfléchir, se faire entendre ou échapper à ces tortionnaires.

Ces interlocuteurs se succèdent devenant de plus en plus inquiétants. L'accompagnement sonore, qui dès les 3 coups du brigadier annonçait la couleur, ajoute à l'oppression grandissante, le piège se refermant progressivement sur le vieil imbécile.

Louis Arene.s'empare du texte percutant de Molière et le saupoudre de citations d'autres pièces de Jean-Baptiste et de références modernes, le rendant plus désopilant encore et d'une terrible actualité.

Julie Sicard, dans le rôle de Sganarelle, est hilarante. Sa petite taille sert particulièrement bien le personnage. Sa manière de se déplacer à petits pas rapides, la position de son corps dégingandé, ses mouvements de tête, ses intonations... tout relève du génie comique. Benjamin Lavernhe, en Pancrace, est impayable. Il nous offre avec Julie Sicard un très grand moment comique, le contraste avec le corps longiligne et figé de l'un et celui petit et sans tenu de l'autre est particulièrement efficace. Christian Hecq est parfaitement effrayant en Dorimene. Gaël Kamilindi et Sylvie Bergé complètent la distribution de ce Mariage Forcé complètement fou. Fou parce Louis Arene l'a voulu à la fois drôle et très violent.  La pièce est déconseillée au moins de 15 ans.

 

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 21:47

Pour le 400ieme anniversaire de Moliere, Éric Ruff a demandé à trois de ses comédiens de créer un seul en scène, Danièle Lebrun, Pierre-Louis Calixte et Anne Kessler qui clôt la saison.

La comédienne a choisi de rendre hommage aux personnages féminins et à la belle place que le maître a donné aux femmes. Dans Ex- traits de femmes, Anne Kessler interprète  successivement, 8 héroïnes,  Louison, Agnès, Armande, Celimene, Elvire... comme s´il ne s´agissait que d´une seule et même personne à différents âges de la  vie.

 

Enfants naïves, jeunes femmes soumises ou indociles, femmes d´expérience, manipulatrices... elle joue à la fois ces femmes et les hommes à qui elles se confrontent. Le talent de la comédienne est grand qui d´une intonation, d´un changement de rythme ou de posture nous guide dans la perception des différents personnages. Les textes s´enchaînent naturellement comme s´ils ne faisaient qu´un.

 

 

 

 

 

 

La  mise en scène est espiègle et ingénieuse dans un écrin de planches blanches au plancher incliné (le décor du Mariage forcé qui se joue en alternance)  la comédienne use de peu d´accessoire qu´elle détourne tous pour leur donner plusieurs utilités. 

 

Elle fait également intervenir son grand talent de dessinatrice. Ses dessins, pour la plupart en noir et blanc, sont projetés et animés en fond de scène. Ils sont simples, très beaux et composent une pièce maîtresse de cette mise en scène remarquable.

 

Dans ce spectacle qu´elle a conçu, dont elle a créé les animations graphiques et qu´elle interprète avec la précision, la passion et l´espieglerie qui la caractérisent, Anne Kessler nous emporte et  impressionne toujours plus.

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 23:19

Dés sa présentation, en voix off, des deux artistes de sa première partie, Verino instaure une complicité et une proximité avec son public. Sa voix et son phrasé sont particulièrement chaleureux, amicaux.

L´état de la planète, le devoir d´être écolo ou d´en avoir la conscience, l´urgence d´être végétarien ou presque, la peur ou pas de la mort, une histoire d´arête de poisson coincée dans la gorge, une expérience du kite surf et du parachutisme, un portrait de ses 3 enfants et de sa femme... Verino parle et réfléchit tout haut, enchaînant avec fluidité les sujets des plus graves au plus anecdotiques, sans négliger l´actualité et sa vie de famille.

Le propos est souvent très drôle amplifié par l´interpretation du comédien qui en une mimique et un geste multiplie le pouvoir comique du récit. L´improvisation s´invite régulièrement avec naturel et une sincérité qui confirme cette sensation de proximité. Pendant 1h30, Verino tient la scène et la salle sans temps mort. 

La soirée se termine par la réalisation d´une vidéo avec la complicité du public. Sketch qui sera posté sur la page YouTube de Verino dès le lendemain matin. Ci-dessous celui du 10 juin filmé au théâtre Libre.

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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 19:03

Molière du Théâtre privé : Comme il vous plaira de William Shakespeare, mise en scène Léna Bréban, Théâtre de la Pépinière

Molière du Théâtre public : Les gros patinent bien – cabaret de carton de Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvan, mise en scène Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvan, Compagnie Le Fils du Grand Réseau

Molière de la Comédie : Berlin Berlin de Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras, mise en scène José Paul, Théâtre Fontaine

Molière de la Création visuelle et sonore : Le Voyage de Gulliver d’après Jonathan Swift, mise en scène Christian Hecq et Valérie Lesort, scénographie Audrey Vuong, costumes Vanessa Sannino, lumière Pascal Laajili, musique Dominique Bataille et Mich Ochowiak, marionnettes Carole Allemand et Fabienne Touzi dit Terzi, Théâtre des Bouffes du Nord et la Compagnie Point Fixe

Molière du Spectacle musical : Les Producteurs de Mel Brooks, mise en scène Alexis Michalik, Théâtre de Paris

Molière de l’Humour : Vincent Dedienne dans Un soir de gala de Juliette Chaigneau, Vincent Dedienne, Anaïs Harté et Mélanie Lemoine, mise en scène Juliette Chaigneau et Vincent Dedienne

Molière du Jeune public : J’ai trop d’amis de David Lescot, mise en scène David Lescot, Théâtre de la Ville – Paris et Compagnie du Kaïros

Molière du Seul(e) en scène : La Métamorphose des cigognes avec Marc Arnaud, de Marc Arnaud, mise en scène Benjamin Guillard, La Scala et Théâtre Comédie Odéon

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre public : Jacques Gamblin dans Harvey de Mary Chase, mise en scène Laurent Pelly

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre public : Clotilde Hesme dans Stallone de Fabien Gorgeart, Clotilde Hesme et Pascal Sangla d’après Emmanuèle Bernheim, mise en scène Fabien Gorgeart

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre privé : Maxime d’Aboville dans Berlin Berlin de Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras, mise en scène José Paul

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre privé: Barbara Schulz dans Comme il vous plaira de William Shakespeare, mise en scène Léna Bréban

Molière de la Mise en scène dans un spectacle de Théâtre public : Christian Hecq et Valérie Lesort pour Le Voyage de Gulliver d’après Jonathan Swift

Molière de la Mise en scène dans un spectacle de Théâtre privé : Léna Bréban pour Comme il vous plaira de William Shakespeare

Molière de la Révélation féminine : Salomé Villiers dans Le Montespan de Jean Teulé, mise en scène Etienne Launay

Molière de la Révélation masculine : Benoît Cauden dans Les Producteurs de Mel Brooks, mise en scène Alexis Michalik

Molière du Comédien dans un second rôle : Nicolas Lumbreras dans La Course des géants de Mélody Mourey, mise en scène Mélody Mourey

Molière de la Comédienne dans un second rôle : Ariane Mourier dans Comme il vous plaira de William Shakespeare, mise en scène Léna Bréban

Molière de l’Auteur(trice) francophone vivant(e) : Pauline Bureau pour Féminines

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5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 14:45

François de Brauer présente son deuxième spectacle au Théâtre du Petit Saint-Martin.

Après le très réussi La loi des prodiges, ayant pour thème l'art, le comédien s'apprêtait à écrire sur la masculinité, sujet de société tendance. Quand une série d'événements touchant sa vie personnelle vient bouleverser son projet, la rencontre avec Stella, l'illuminee du titre, prit toute la place.

François de Brauer convoque son habilité à faire vivre sur scène une dizaine de personnages discutant, s'invectivant, se déplaçant ensemble et simultanément. Son impressionnant talent d'interprète et la sympathie qu'il dégage d'emblée emportent le spectateur dans son récit qui allie humour, fantaisie et émotions sincères. 

A voir du mardi au samedi au théâtre du Petit -Saint Martin.

 

 

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 22:30

Pierre-Alain Leleu adapte la comédie de William Shakespeare en l'allégeant de quelques personnages. Cette comédie écrite au 17e siècle nous surprend, comme beaucoup de ses contemporaines, par sa modernité, notamment par les fortes personnalités de ses personnages féminins.

L' écriture est enlevée, jouant sur plusieurs registres comiques sans occulter les belles phrases dont la célèbre Le Monde entier est un théâtre et tout le monde, hommes et femmes, y est acteur.

La mise en scène de Léna Brebant est astucieuse et rythmée occupant tout l'espace du théâtre, jouant sur la surprise, dans les mouvements de scène. La scénographie et les lumières installent une ambiance proche du film d'animation. L'intervention de moments chantées, des Eagles à George Moustaki en passant par Radiohead, apportent encore un peu plus de douce folie.

La direction d'acteur d'une grande efficacité mise sur le burlesque, avec en premier plan une gestuelle outrée et un usage immodéré d'onomatopées déclenchant encore un peu plus le rire.

Ces choix artistiques pourraient, s'ils n'étaient exécutés par des gens de talent, mené à la catastrophe. Mais, ici tout est mesuré et maîtrisé. Les 9 comédiens excellent, ne se ménageant pas, interprétent chacun plusieurs rôles, comme souvent aujourd'hui dans le théâtre privé. On remarque particulièrement et pour des raisons très différentes 3 acteurs. Lionel Erdogan est plus vrai que nature en Prince charmant, qu'on croirait tout droit sorti d'un film de Disney. Ariane Mourier très drôle est d'une extrême justesse dans le rôle de la bonne copine. Et enfin, Barbara Schulz, dont on connaissait déjà le talent, emporte tout dans une énergie sans limite et une palette de jeu comique d'une grande précision.

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 19:58

Écrite par Serge Tribus, la pièce conte l'histoire de la pianiste virtuose, de son incroyable talent, de ses doutes, des malheurs endurés et des sacrifices consentis de l'âge de 3 ans jusqu'à sa mort.

Dans une scénographie minimale, seuls deux pianos et un jeu de lumière austère habillent la scène, Laetitia Casta interpréte tous les personnages qui ont compté dans la vie de la pianiste. Elle est accompagnée par Isil Bengi qui donne vie aux pianos et à la musique.

Il est peu de dire que Laetitia Casta impressionne dans cette partition complexe, jouant sur les tonalités de sa voix, passant en un instant de la fillette à l'adulte, femme ou homme, affectueux, enthousiaste ou autoritaire, exprimant la joie simple de jouer puis les doutes et le manque de confiance de l'artiste pour son talent. Elle est remarquable.

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