Elsa, réalisatrice de pub depuis que ces 2 films ont été un échec, souffre de violentes migraines et de crises d'angoisse. Elle est soutenue par Beau son compagnon pompier et stripteaseur. Elsa est le personnage principal du nouveau scénario qu'écrit Raul en recherche d'inspiration soutenu par son compagnon Santi.
La mise en abîme agit ici à plusieurs niveaux. Si Raul est Elsa, Elsa et Raul sont certainement Pedro Almodovar. Quant aux personnages secondaires créés par Raul, ils lui sont inspirés par son entourage.
Le film est plaisant de par ses comédiennes parfaites (Barbara Lennie, Aitana Sanchez Gijon, Victoria Luengo, Milena Smit et dans une courte mais drôle apparition Rosie de Palma). Barbara Lennie incarné Elsa le seul personnage vraiment intriguant de l'histoire. Les comédiens (Leonardo Sbaraglia en tête, Patrick Criado, Quim Gutiérrez) ne sont pas mal non plus malgré leur partition faiblarde.
Le film tourne à vide. Le peu d'intrigue semble abandonner en cours de route. Le manque d'inspiration de Raul se fait cruellement ressentir. On ne retient qu'une seule scène vraiment réussie : la confrontation entre Raul et son assistante trahie. Dans cette scène tout est dit sur le sujet autour duquel le film ne fait que tourner.
Paris 1928, Suzanne tient le rôle de la Vénus Electrica dans un numéro forain. Antoine, peintre à succès et veuf éploré, la prend pour une médium en capacité de le mettre en relation avec Irène, sa compagne décédée. Armand le bienfaiteur d'Antoine y trouve un double intérêt.
Comme souvent dans les films de Salvadori, le mensonge tient ici le premier rôle et agit de façon multiple dans cette histoire où l'illusion est reine. Mensonge par avidité, mensonge pour protéger , mensonge pour soigner... le film qui se présente comme une comédie renferme aussi beaucoup de délicatesse et de thèmes graves tels que le chagrin inconsolable et la fidélité due à nos morts. Ainsi, le récit mêle burlesque et sensibilité et nous surprend plus d'une fois à être ému notamment par les personnages d'Antoine et Armand.
Cette fois encore Pio Marmai est magnifique dans le rôle de l'homme endeuillé, comme il l'était déjà dans L'attachement. Gilles Lellouche touche aussi beaucoup prouvant une fois encore la large palette de ses talents de comédien. Les comédiennes, Anaïs Demoustier et Vimala Pons, sont parfaites exprimant merveilleusement l'espièglerie, la candeur, l'énergie et la passion de leurs personnages.
Tous sont particulièrement bien servis par les dialogues ciselés de Pierre Salvadori. La reconstitution de la Belle époque est très réussie avec un petit quelque chose qui nous rappelle que tout cela n'est qu'illusion.
A Paris, Adam, jeune homme SDF, suite à une rencontre de hasard, aide Sylvie, écrivaine, à déménager de son appartement. Appartement depuis lequel, elle épie au télescope ses voisins pour en tirer son prochain roman.
Krzysztof Piesiewicz co-scénariste des Décalogue de Krzysztof Kieślowski, a proposé à Asghar Farhadi grand admirateur de Kieślowski, d'adapter les 10 films en série. Face au refus du réalisateur Iranien, peu intéressé par le format "série, il lui a proposé de partir d'un des Décalogue pour écrire le scénario de son prochain long métrage. Inspiré par le 6e Décalogue basé sur le voyeurisme, Farhadi a écrit et réalisé Histoires parallèles.
En 2013, Asghar Farhadi tournait Le Passé son premier film français qui n'est vraiment pas son meilleur film. Pour son deuxième film français, il s'en sort mieux, sans malheureusement jamais retrouver la grâce de ses films iraniens.
Son scénario entremêle la réalité et l'imaginaire, l'un influençant l'autre et inversement. La première partie fonctionne plutôt bien aidée par un casting extrêmement réjouissant : Isabelle Huppert, Virginie Efira, Pierre Niney, Vincent Cassel, India Hair, Catherine Deneuve très grande dans une courte scène et le jeune Adam Bessa. Ils sont tous excellents. Mais, l'histoire tire en longueur, s'essouffle avant même d'avoir vraiment prie son envol.
En 1985, Vincent, 13 ans, vit avec ses parents et son frère dans un quartier populaire des Yvelines. Alors que son père cache qu'il est au chômage, que sa mère veut évoluer dans son travail, que son frère aîné, Arnaud, monopolise leur chambre commune, Vincent prépare sa bar-mitsva et tombe amoureux.
Toledano et Nakache nous plongent dans les années de leur adolescence et reconstituent l'esthétique, la culture et l'atmosphère sociale et politique de l'époque. On s'amuse en retrouvant les objets du quotidien tels le téléphone fixe socotel, les vignettes sur le pare brise de la voiture, les vêtements et les canapés en cuir, les platines disques, les magnétoscopes et les VHS. On s'enthousiasme de réentendre les tubes de The Cure, Joy Division, Imagination, Simply Red, Toto, Earth, Alan Parson Project, Wind and Fire, Kelsey Lu, Christopher Cross... mais aussi François de Roubaix, le compositeur culte des musiques des films qui passaient à la télévision le dimanche soir. On est ému de revoir le générique de clôture d'Antenne 2 créé par Folon sur une musique d'une tristesse infinie de Michel Colombier.
Mais surtout, on s'attache à ce jeune Vincent, interprété par le craquant Simon Boublil, à son frère que joue Alexis Rosenstiehl, une révélation avec sa belle gueule et son jeu plus vrai que nature, ainsi qu' à ses parents Yves, Louis Garrel décidément très drôle en type un peu dépressif et lâche, et Sandrine, Camille Cottin emplie d'énergie positive et d'émotion. Pierre Lottin, coupe mulet et accent franchouillard est très bien en gardien d'immeuble (même si on pourra penser qu'il joue sans cesse le même rôle). Les jeunes copains de Vincent sont justes, tout particulièrement Jeanne Lamartine, l'amoureuse frondeuse.
Le récit enchaine les évènements simples d'une vie d'ado et de sa famille. C'est rythmé, précis, à la fois drôle et émouvant. Les bonnes idées sont nombreuses telles celle de l'exposé sur la photo de Mitterrand et Khôl en 1984.
En dessinant le portrait de cette famille juive séfarade, à une époque où l'on pouvait vivre ensemble avec des origines et des religions différentes, les réalisateurs nous rappellent aussi et cruellement que cette époque est révolue. Les images du concert organisé par SOS Racisme sur la place de la Concorde le 25 juin1985 et l'engouement que le mouvement créait dans la population, sert un peu le cœur.