SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

Rechercher

Rubriques

25 janvier 2023 3 25 /01 /janvier /2023 18:58

César du meilleur film

Les Amandiers, de Valeria Bruni Tedeschi

En corps, de Cédric Klapisch

L’Innocent, de Louis Garrel

La Nuit du 12, de Dominik Moll

Pacifiction - Tourment sur les îles, d’Albert Serra

 

César de la meilleure réalisation

Cédric Klapisch, pour En corps

Louis Garrel, pour L’Innocent

Cédric Jimenez, pour Novembre

Dominik Moll, pour La Nuit du 12

Albert Serra, pour Pacifiction 

 

César de la meilleure actrice

Fanny Ardant dans Les Jeunes Amants

Juliette Binoche dans Ouistreham

Laure Calamy dans À plein temps

Virginie Efira dans Revoir Paris

Adèle Exarchopoulos dans Rien à foutre

 

César du meilleur acteur

Jean Dujardin, dans Novembre

Louis Garrel, dans L’Innocent

Vincent Macaigne, dans Chronique d’une liaison passagère

Benoît Magimel, dans Pacifiction 

Denis Ménochet, dans Peter Von Kant

 

César de la meilleure actrice dans un second rôle

Judith Chemla dans Le Sixième Enfant

Anaïs Demoustier dans Novembre

Anouk Grinberg dans L’Innocent

Lyna Khoudri dans Novembre

Noémie Merlant dans L’Innocent

 

César du meilleur acteur dans un second rôle

François Civil dans En corps

Bouli Lanners dans La Nuit du 12

Micha Lescot dans Les Amandiers

Pio Marmaï dans En corps

Roschdy Zem dans L’Innocent

 

César du meilleur espoir féminin

Marion Barbeau dans En corps

Guslagie Malanda dans Saint Omer

Rebecca Marder dans Une jeune fille qui va bien

Nadia Tereszkiewicz, dans Les Amandiers

Mallory Wanecque, dans Les Pires

 

César du meilleur espoir masculin

Bastien Bouillon dans La Nuit du 12

Stephan Crepon dans Peter Von Kant

Dimitri Doré dans Bruno Reidal, confession d’un meurtrier

Paul Kircher dans Le Lycéen

Aliocha Reinert dans Petite Nature

 

César du meilleur film d’animation

Ernest et Célestine : Le Voyage en Charabie, réalisé par Jean-Christophe Roger et Julien Chheng

Ma famille afghane, réalisé par Michaela Pavlatova

Le Petit Nicolas - Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?, réalisé par Amandine Fredon et Banjamin Massoubre

 

César du meilleur film documentaire

Allons enfants, de Thierry Demaizière et Alban Teurlai

Les Années Super 8, d’Annie Ernaux et David Ernaux-Briot

Le Chêne, de Laurent Charbonnier

Jane par Charlotte, de Charlotte Gainsbourg

Retour à Reimes [Fragments], de Jean-Gabriel Périot

 

César du meilleur premier film

Bruno Reidal, confession d’un meurtrier, de Vincent Le Port

Falcon Lake, de Charlotte Le Bon

Les Pires, de Lise Akoka et Romane Gueret

Saint Omer, d’Alice Diop

Le Sixième Enfant, de Léopold Legrand

 

César du meilleur film étranger

As bestas, de Rodrigo Sorogoyen

Close, de Lukas Dhont

La Conspiration du Caire, de Tarik Saleh

EO, de Jerzy Skolimowski

Sans filtre, de Ruben Östlund

 

César du meilleur scénario original

Éric Gravel pour À plein temps

Valéria Bruni Tedeschi, Noémie Lvovsky, Agnès de Sacy pour Les Amandiers

Cédric Klapish, Santiago Amigorena pour En corps

Louis Garrel, Tanguy Viel, Naïla Guiguet pour L’Innocent

Alice Diop, Amrita David, Marie Ndiaye pour Saint Omer

 

César de la meilleure adaptation

Michel Hazanavicius pour Coupez !

Thierry de Peretti et Jeanne Aptekman, pour Enquête sur un scandale d’État

Dominik Moll et Gilles Marchand, pour La Nuit du 12

 

César des meilleurs effets visuels

Guillaume Marien, pour Les Cinq Diables

Sébastien Rame pour Fumer fait tousser

Laurens Ehrmann pour Notre-Dame brûle

Mikaël Tanguy pour Novembre

Marco del Bianco pour Pacifiction 

 

César des meilleurs décors

Emmanuelle Duplay pour Les Amandiers

Sébastien Birchler pour Couleurs de l’incendie

Michel Barthélémy pour La Nuit du 12

Sébastien Vogler pour Pacifiction - Tourment

Christian Marti pour Simone - le voyage du siècle

 

César du meilleur son

Cyril Moisson, Nicolas Moreau, Cyril Holtz pour En corps

Laurent Benaïm, Alexis Meynet, Olivier Guillaume, pour L’Innocent

Cédric Deloche, Alexis Place Gwennolé Le Borgne, Marc Doisne pour Novembre

François Maurel, Olivier Mortier, Luc Thomas, pour La Nuit du 12

Jordi Ribas, Benjamin Laurent, Bruno Tarrière, pour Pacifiction

 

César du meilleur montage

Mathilde Van de Moortel, pour À plein temps

Anne-Sophie Bion, pour En corps

Pierre Deschamps, pour L’Innocent

Laure Gardette, pour Novembre

Laurent Rouan, pour La Nuit du 12

 

César de la meilleure musique originale

Irène Drésel, pour À plein temps

Alexandre Desplat, pour Coupez !

Grégoire Hetzel, pour L’Innocent

Olivier Marguerit, pour La Nuit du 12

Marc Verdaguer, Joe Robinson, pour Pacifiction

Anton Sanko pour Les Passagers de la nuit

 

César de la meilleure photographie

Julien Poupard, pour Les Amandiers

Alexis Kavyrchine, pour En corps

Patrick Ghiringhelli, pour La Nuit du 12

Artur Tort, pour Pacifiction 

Claire Mathon, pour Saint Omer

 

César des meilleurs costumes

Caroline de Vivaise, pour Les Amandiers

Pierre-Jean Larroque, pour Couleurs de l’incendie

Emmanuelle Youchnovski, En attendant Bojangles

Corinne Bruand, pour L’Innocent

Praxedes de Vilallonga, pour Pacifiction

Gigi Lepage, pour Simone - le voyage du siècle

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 18:41

En 1920, Mannie Torres (Diego Calva, grande découverte), d'origines mexicaines, homme à tout faire chez un directeur de studio, rêve d'assister à un tournage de cinéma. Lors d'une soirée chez son patron, il rencontre Nellie LaRoy (Margot Robbie, impressionnante), jeune femme délurée issue d'un milieu défavorisé, qui veut être actrice, Jack Conrad (Brad Pitt, royal), immense star du cinéma muet et Sidney Palmer (Jovan Adepo, parfait) afro américain, trompettiste talentueux.

Damien Chazelle se replonge dans ses sujets de prédilection : les machines à rêve et leurs cruautés. Dans cette grande fresque de plus de 3 heures, on retrouve sa virtuosité formelle. La caméra virevolte dans de longs plans mettant en scène de nombreux comédiens, multipliant les déplacements dans d'immenses décors intérieurs ou naturels. Une énergie folle se dégage de l'ensemble avec quelques touches d'humour et des références artistiques dont celle, appuyée, à "Chantons sous la pluie"" qui traitait du même sujet sur une tonalité très différente.

La musique est encore très présente, composée par son complice Justin Hurwitz et portée par le personnage de Sidney. Sur le fond, on retrouve le rêve Hollywoodien, ses trahisons et une histoire d'amour contrariée. Mais ici, Chazelle trace le portrait d'Hollywood avant Hollywood. Les derniers pas du cinéma américain muet, avant l'arrivée du parlant. Les studios en plein air, les tournages fait de bric et de broc où les figurants pouvaient laisser leur peau, le snobisme des autres Arts, les fêtes dépravées, avec drogue et orgies dans les luxueuses propriétés des gens du métier, la rapidité avec laquelle se faisait une carrière, une star. Puis, l'arrivée du parlant et de l'industrialisation, la chute de celles et ceux qui ne sauront pas s'adapter, la réussite, ou pas, des autres.

Pour nous conter tout cela, Chazelle invente plusieurs histoires aux multiples rebondissements. Il enchaîne les séquences gargantuesques, qu'il entrecoupe de scènes d'intimité. Si tout est virtuose, et si on ne s'ennuie pas un seul instant, on se perd un peu dans tout ce que son récit veut porter.

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 13:38

Sur la scène de la Comédie Française, un comédien meurt empoisonné. Martin, comédien de la troupe, enquête, accompagné de Claire, une dessinatrice de bande-dessinée.

Nicolas Pariser fait appel aux excellents Vincent Lacoste et Sandrine Kiberlain pour incarner ses deux héros. De quoi mettre toutes les chances de son côté pour réussir sa comédie policière, entre aventures de Tintin, références Hitchcokiennes et univers de Gaston Leroux. Pourtant dès les premières minutes, le film sonne faux.

Ni la musique entrainante de la comédie, ni l'air du frisson ne sonnent juste. Rapidement, le suspens réside dans le potentiel du film à trouver enfin la bonne tonalité. Las, l'heure et les 41 minutes défilent sans qu'à aucun moment le film ne parvient à s'accorder.

Dommage.

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 14:32

Laurence Coly est jugée au tribunal de Saint-Omer. Un matin de novembre, elle a abandonné sur la plage sa petite fille de 15 mois en sachant qu'elle serait emportée par la marée.

Alice Diop s'inspire de l'affaire Fabienne Kabou, qui a effectué cet acte en 2013, et qui fut condamnée en 2017 à 15 ans de réclusion. 

La réalisatrice reproduit les moments forts du procès et dessine en parallèle l'impact de cette affaire sur Rama, jeune romancière enceinte de 4 mois, qui assiste au procès. Les deux femmes, l'accusée et l'auditrice, ont en commun des origines sénégalaises, une relation complexe à leur mère, un caractère taiseux et une intelligence supérieure à la moyenne.

On regrette que la réalisatrice n'est pas dédié son film au personnage de la mère infanticide, de cette femme sénégalaise, immigrée, intellectuellement ambitieuse, financièrement dépendante, niée par tous jusqu'à disparaître, mère par accident, psychologiquement complexe... La romancière fait pâle figure et suscite peu d'intérêt face aux questions que soulèvent l'accusée et son acte. Le scénario semble aborder des pistes qu'il abandonne aussitôt, les problèmes existentiels de Rama ne touchent pas, les séquences du procès en plans  fixes ne créent pas d'émotions. Tout est froid et  manque terriblement de chair.

Guslagie Malanda est remarquable dans le rôle de Laurence Coly. 

Partager cet article
Repost0
21 novembre 2022 1 21 /11 /novembre /2022 14:39

Après 3 ans de vie aux Etats-Unis, Gad Elmaleh rentre à Paris chez ses parents. Il a un grand projet qu'il n'ose pas leur annoncer : se convertir au catholicisme.

Gad Elmaleh, juif séfarade, fait son coming out. La vierge Marie le fascine depuis qu'enfant il a bravé l'interdit en entrant dans une église de Casablanca.

Si la sincérité du propos ne fait aucun doute et que l'on assiste avec curiosité et intérêt aux déchirements multiples que la perspective de cette conversion entraîne, le film, d'un point de vue purement cinématographique, déçoit un peu. Le filmage n'affiche aucun parti pris esthétique. La caméra semble posée au hasard des situations. Il y a un peu de tout sans qualité particulière.

Le récit est lui aussi un peu bancal. L'enchaînement des séquences manque de fluidité. Certaines situations sont étirées jusqu'à l'usure tandis que d'autres qui mériteraient d'être approfondies sont à peine esquissées. Gad Elmaleh semble avoir était tiraillé entre introspection, réflexion sur la foi et comédie familiale.

On n'est pas loin de penser que le réalisateur s'est vu confisquer son film par ses parents, tous les deux excellents comédiens. Reste un peu est ainsi et surtout une grande déclaration d'amour qui leur est adressée.

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2022 7 20 /11 /novembre /2022 14:28

En 1986, Patrice Chéreau et Pierre Romans sélectionnent les jeunes comédiens de la 2e promotion de l'école des Amandiers. 

Valeria Bruni-Tedeschi fait le récit, entre réalité et fiction, de cette période fondatrice pour elle et ses collègues comédiens dont Laurent Grévill, Vincent Perez, Laura Benson, Marianne Denicourt, Agnès Jaoui, Thierry Ravel, Bruno Todeschini, Thibault de Montalembert, Eva Ionesco, Isabelle Renault (qui joue l'assistante de Chéreau dans le film), Agnès Jaoui notamment.

Stage de sélection, cours à l'Actor Studio de New-York, répétitions de Platonnov, emprise d'un Patrice Chéreau vénéré et sans concession, charisme bienveillant de Pierre Romans, jalousie, rivalité, entraide, la réalisatrice dans un récit et une mise en scène rythmés aborde toutes les facettes de cet apprentissage hors normes au sein du prestigieux théâtre des Amandiers, qualifié de "centre de l'Europe" théâtrale par une des jeunes comédiennes. Les Amandiers fait aussi le portrait d'une jeunesse exaltée, au parcours divers et souvent cahotique, venue de tous les milieux, sexuellement libérée alors que le Sida fait son apparition, touchant parfois à la drogue, trop vite adultes. C'est aussi un hommage à son premier grand amour, Thierry Ravel.

Les jeunes comédiens, Nadia Tereszkiewicz et  Sofiane Bennacer en tête, mais aussi Clara Bretheau, Vassili Schneider, Noham Edje, Eva Danino, Baptiste Carrion-Weiss, Liv Henneguier, Lena Garrel, Sarah Henochsberg, Oscar Lesage, Alexia Chardard, Suzanne Lindon sont tous d'une grande vérité. Au côté des excellents Louis Garrel et Micha Lescot, l'intensité de leur jeu, particulièrement bien servi par une mise en scène au plus près des corps, nous emporte dans le tourbillon de cette jeunesse brûlante.

Les posts sur les films de Valeria Bruni-Tedeschi : ActricesUn château en ItalieLes Estivants

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2022 3 16 /11 /novembre /2022 22:54

 

 

New-York, 1980, Paul, ado rouquin rêveur, de la classe moyenne, va au collège public avec Johnny, son ami à la peau noire.

De nombreux films de James Gray questionnent le rêve américain et ses contradictions. C'est le cas ici, où il raconte une année charnière de sa jeune adolescence et, selon le réalisateur, de l´histoire américaine.

Cet enfant, juif new-yorkais, de 11 ans qui rêve de fusées et de peinture, apprend à travers l'histoire de son grand-père et de son copain Johnny, ce que sont l'antisémitisme, le racisme, les inégalités sociales mais aussi la détermination, le courage et la perte de l´innocence.

Ce film est à la fois très tendre dans les relations familiales et très cash dans sa description des injustices sociales (même si le réalisateur avoue avoir édulcoré la réalité des faits). Dans une mise en scène discrète, Gray laisse toute la place aux émotions simples que ce récit d'apprentissage déploie. La lumière toujours indirecte, la photographie assez sombre, donne au film son atmosphère mélancolique et désenchantée. Si le réalisateur a reproduit la maison de son enfance, il ne marque pas de façon appuyée la plongée dans les années 80. Le jeune Banksy Repeta est excellent. Autour de lui, Jaylin Webb, Anna Hathaway et Jérémy Strong sont parfaits et Anthony Hopkins,  tout simplement grand. 

Le film doit son titre, Armageddon Time, à Reagan qui allait être élu à la présidence et qui utilisa cette expression pour annoncer l'apocalypse. C'est aussi un chanson jamaïcaine reprise par les Clash, qui dénonce la misère et les injustices sociales.

 

Partager cet article
Repost0
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 23:47

Léo et Rémi, tout jeunes adolescents, sont d' inséparables amis. La rentrée au collège va bousculer leur relation.

Après Girl, Lucas Dhont se penche à nouveau sur l'adolescence et le poids du regard des autres, entre jugement et interprétation mal attentionnée.

Le réalisateur plonge ses deux héros dans un décor de campagne et de champs de fleurs où la délicatesse et la bienveillance familiale dominent. La fraîcheur des images, la beauté de la photographie tranchent avec la brutalité de ce récit de l'innocence assassinée, d'une culpabilité écrasante interdisant au chagrin de s'exprimer. L' émotion s'installe ici dans les silences et les non dits. Les symboles et elipses allègent ce qui auraient pu être trop démonstratif. On y apprécie une certaine finesse dans l'exposition du drame même si dans la durée ce sentiment s'amenuise un peu.

Les comédiens interprètent avec élégance ce mélodrame auquel il est difficile de résister. Eden Dambrine, Gustav de Waele, Emiliie Dequenne et Léa Drucker sont remarquables.

Le film a reçu le Grand Prix au Festival de Cannes 2022.

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 14:17

Adam, fils de pêcheur, reçoit une bourse pour intégrer l'université islamique sunnite Al-Azhar au Caire. Quand le Grand Imam meurt, Adam se trouve mêlé aux manœuvres mises en place pour faire élire son successeur.

Tarik Saleh, après avoir dénoncé la corruption généralisée dont celle policière dans Le Caire Confidentiel, traite ici  de l'emprise du pouvoir politique sur le pouvoir religieux en Egypte.

Ce thriller haletant est ainsi prétexte à souligner la terreur qui règne dans une Egypte contemporaine gangrénée au niveau de tous les pouvoirs et où l'homme de foi se perd dans une guerre secrète. 

Le film se regarde avec intérêts, sans ennui mais sans réels frissons. Cela est sans doute dû aux côté Pieds Nickeles de certains personnages et aux invraisemblances de scénario.

La Conspiration du Caire vaut ainsi plus pour ce qu´il dénonce que pour ses qualités formelles.

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 21:32

Sylvie qui anime des ateliers en prison épouse Michel l'un de ses "élèves". Son fils Abel soupçonne Michel de ne pas être tout à fait honnête.

Louis Garrel s'inspire de l'histoire de sa mère, Brigitte Sy, et la transforme en comédie matinée de thriller. Le théâtre est au coeur de son récit. Ici tous les personnages jouent à être un autre ou plusieurs autres, pour masquer leurs sentiments, pour se préserver ou protéger l'être aimé, pour braquer. Les comédiens sont parfaitement dirigés dans une partition exigeante qui, mêlant les genres, n'autorise pas l'à peu près. Roschdy Zem, Jean-Claude Pautot, Yanisse Kebab et Louis Garrel sont excellents. Et les filles, Anouck Grinberg, qui a tant manqué au cinéma ces dernières années, et Noémie Merlant, décidément toujours épatante, illuminent le film.

Dans une écriture rythmée et une réalisation offrant de belles idées de mises en images, Louis Garrel présente sans doute son meilleur film. L'innocent, à la fois drôle, haletant et sensible, offre en 1h40, une grande bouffée d'air frais.

Partager cet article
Repost0
9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 12:59

Tori, 10 ans, et Lokita, adolescente, se sont rencontrés sur le bateau de leur passeur. Tous les deux viennent d'Afrique et espèrent faire leur vie en Belgique. Pour ne pas être séparés, ils disent être frère et soeur.

Toujours dans une expression cinématographique naturaliste, les frères Dardenne poursuivent leur peinture des opprimés de ce monde. On reconnaît ici les recettes du duo qui donne l'impression que tous les personnages de leurs films font partis d'une seule et même famille. Tous laissés pour compte ne cessant jamais de se débattre pour survivre.

Cela pourrait lasser. Mais leurs héros et les  circonstances qui les plongent dans la misère ne sont jamais les mêmes, la liste des malheurs dans lesquels l'Humanité plonge ses enfants étant infinie. Dans tout ce sombre, les frères Dardenne ne manquent jamais de célébrer l'entraide. Face à l'oppression des uns, d'autres, moins forts peut-être, se soulèvent quand même.

Les deux jeunes comédiens amateurs, Pablo Schils et Joely Mbundu sont magnifiques.

 

Partager cet article
Repost0
24 septembre 2022 6 24 /09 /septembre /2022 15:53

Charlotte et Simon se rencontrent lors d'une soirée et entament une liaison.

Sandrine Kiberlain, en femme libérée, et Vincent Macaigne, en homme respectueux, sont irrésistibles.

Les dialogues sont savoureux, la réalisation élégante et précise. Alliant romantisme et détachement, humour et profondeur, le récit de cette rencontre et des chamboulements qu'elle provoque chez les deux protagonistes séduit sans ennui. La prestation de Macaigne marque particulièrement.

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 17:37

A Paris, alors qu'elle rentre chez elle en moto sous une pluie battante, Mia décide de prendre un verre dans une brasserie en attendant que la pluie cesse. Alors qu'elle observe les clients autour d'elle, des coups de feu éclatent. 

Alice Winocour se penche sur les survivants de l'attentat, les blessés et les proches des victimes. Et interroge : comment continuer à vivre, comment intégrer ses proches dans cette nouvelle perception de la vie, comment faire sans ceux qui ne sont plus là ? Elle expose la difficulté de réintégrer l'espace de sa vie d'avant et l'importance de faire corps avec les autres victimes. Tout cela sans tomber dans un voyeurisme ou une complaisance qui lui tendaient les bras. Sa mise en scène tout en suggestions, qui dit sans dialogues appuyés, accompagnée par une très belle bande originale de Anna Von Hausswolff, sert avec délicatesse le propos. Paris est aussi particulièrement bien filmée. A travers son énergie, ses toits, ses quartiers, ses grands boulevards, ses brasseries, de la Porte de la Chapelle à la Tour Eiffel... nous nous glissons dans les pas de Mia.

Virginie Efira nous impressionne dans son incarnation de Mia, jeune femme perdue sans être totalement paumée, tout à la fois souriante et au bord des larmes. Pleine de questions et d'une vie à reprendre.

Elle est entourée de comédiens tous excellents Grégoire Colin, Benoît Magimel, Maya Sansa et la révélation Nastya Golubeva Carax.

Partager cet article
Repost0
29 juillet 2022 5 29 /07 /juillet /2022 21:10

Antoine et Olga, sont installés depuis quelques années dans un village de Galice (Espagne). Dans leur ferme, ils cultivent bio et ont voter contre l'implantation d'éoliennes contre l'avis d'une partie du village.

Le réalisateur d'El Reino compose un thriller, à la fois haletant et lent. Petit à petit, la tension monte et les portraits des protagonistes se font de plus en plus précis. Chacun a ses raisons mais tous n''ont pas toute leur raison.

La campagne à la fois belle et hostile est un décor de choix, entre plénitude et effroi, pour cette confrontation de deux mondes. Marina Fois et Denis Menochet sont épatants et les comédiens espagnols le sont tout autant.

Partager cet article
Repost0
24 juillet 2022 7 24 /07 /juillet /2022 12:29

Dans la nuit du 12 octobre 2016, près de Grenoble, Clara, 19 ans, est brûlée vive par un inconnu. L' enquête est menée par la PJ.

Dès la première image, il est annoncé que le criminel, comme dans près de 20% des affaires judiciaires en France, ne sera pas trouvé. Cette absence de coupable est au coeur du film mais il n'en est pas le sujet. Dominik Moll nous plonge au sein d'une brigade de la police judiciaire, dans le quotidien de ses policiers qui font face aux obstacles logistiques dans la conduite de leur enquête et aux impacts psychologiques et émotionnels que l'horreur des crimes leur inflige.

Il ne faut pas s'y méprendre. Il ne s'agit pas d'un remake du L627 de Bertrand Tavernier, fiction quasi-documentaire sur les conditions de travail de la police. Dans La Nuit du 12, le réalisateur interroge fortement le rôle des hommes et leur regard sur ce féminicide et sa victime. Yohann, le chef d'équipe et son co-équipier Marceau, tout deux hantés par l'incompréhension d'une telle l'horreur, font face à la tentation de certains de leurs collègues de réduire Clara au statut de "fille facile". Et quand ils interrogent les hommes de la jeune vie de Clara, ils font le constat que tous auraient pu commettre ce crime. Les personnages féminins peu nombreux sont là pour recadrer et rappeler l'importance de ce crime et le statut de victime de Clara. Une de ces héroïnes, une policière ayant rejoint la brigade, s'interroge sur une police d'hommes qui enquête sur des hommes qui assassinent des femmes. Un monde d'hommes pour les hommes.

La réalisation, dans des paysages de montagne à la fois magnifiques et austères, souligne l'intranquiilite et la solitude. Solitude des proches de la victime face à la peine et l'incompréhension, solitude du policier face à l'horreur et l'incapacité de trouver le coupable. Dominik Moll réalise ici sans doute son meilleur film. En plus de ses qualités d'écriture, le scénario se déroule sans temps morts et distille avec finesse ses messages, et de la justesse de sa réalisation, le film affiche une distribution parfaite avec en tête Bastien Bouillon, Bouly Lanners, Pauline Seryers et Anouck Grinberg.

Le film est inspiré du livre ,18.3, une année à la PJ de Pauline Guena (Denoël)

Partager cet article
Repost0
1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 14:06

Le réalisateur au style très marqué (Roméo+Juliette, Moulin Rouge et Gatsby le magnifique...) propose un biopic d'Elvis Presley qui conte la vie du chanteur de sa naissance à son décès à 42 ans.

C'est par la voix du Colonel Parker, imprésario d'Elvis qui escroqua la star et dont le réalisateur laisse à penser qu'il a poussé Elvis dans la tombe, que Luhrmann fait le récit de ce destin exceptionnel. 

Elvis, porte drapeau du Rock'n Roll, artiste solo ayant vendu le plus de disques au monde, est interprété par Austin Butler impressionnant d'incarnation dans un rôle très physique. Tom Hanks, comédien dont le talent n'est plus à prouver, croule un peu sous le maquillage. La réalisation de Luhrmann qui change de plan toutes les 2 secondes ne laisse pas beaucoup d'espace à l'expression de son jeu.

Si on passe outre la réalisation épileptique, le film fait le job. On en sort rincé à l'image d'Elvis que les shows à répétition ont usé prématurément.

Partager cet article
Repost0
19 juin 2022 7 19 /06 /juin /2022 20:59

Amin, 36 ans, réfugié afghan à Copenhague, raconte son histoire. Dans les années 80, il a dû quitter son pays pour l'URSS avec sa mère, ses frères et soeurs. Et a vécu comme il a pu entre un statut de clandestin traqué par une police corrompue, les tentatives de traversées vers la Scandinavie avec des passeurs sans scrupules, la séparation et les mensonges.

Ce film d'animation qui conte une histoire vraie se positionne comme un documentaire avec une double narration, le témoignage d'Amin sur son passé et la présentation de sa vie actuelle. Aux témoignages politique et intime s'ajoutent la beauté des dessins, des extraits de reportages vidéos d'époque et la sensibilité du texte et de son interprétation (Damien Bonnard dans la version française)

Sa construction particulière a valu à Flee d'être nommé aux Oscars 2022 dans 3 catégories : meilleur film d'animation, meilleur film international et meilleur documentaire 

A voir sur Arte.tv

Partager cet article
Repost0
6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 18:07

Le tournage d'un court métrage de zombies tourne au carnage.

Michel Hazanavicius présente le remake du film japonais Ne coupez pas de Shin'ichirō Ueda. Il en conserve l'intrigue et la construction en 3 parties : le court métrage, la préparation du tournage et le tournage.

La première demi-heure consacrée à la diffusion du court métrage, on ne peut plus raté, pourra paraître pénible aux non avertis du pourquoi du comment mais elle intriguera et fera rire ceux qui sauront que son intérêt réside dans le développement des deux parties suivantes. Il faut donc savoir être patient et bon enfant pour apprécier cette première demi-heure.

Les deux parties suivantes sont drôles (particulièrement celle du tournage) et l'ensemble est un hommage décalé au cinéma, aux affres de la création et aux artisans qui forment l'équipe nécessaire à la réalisation d'un film.

Romain Duris est excellent de bout en bout, très bien accompagné par Bérénice Bejot, Finnegan Oldfield et l'hilarant Grégory Gadebois.

Si Coupez ! n'est pas le meilleur film d'Hazanavicius,  il nous offre un bon moment de folie.

Partager cet article
Repost0
28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 21:11

Palme d'or : Triangle of Sadness/ Sans filtre de Ruben Ostlund (Palme d'or en 2017 pour The Square et Prix du jury pour Snow Therapy en 2014)

Grand Prix ex-aequo : Close de Lukas Dhont (Caméra d'or pour Girl en 2018) et Des étoiles à midi de Claire Denis.

Prix du Jury ex-aequo : Les huit montagnes de Charlotte Vandermeersch et Félix Van Groeningen - Sortie en salle : le 21 décembre et Eo de Jerzy Skolimowski (Grand Prix du Jury pour le Cri du sorcier en 1978, Prix du scénario pour Travail au noir en 1982)

Prix Spécial 75e festival : Tori et Lokita de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Palme d'or en 1999 pour Rosetta,  Palme d'or en 2005 pour l' Enfant, Prix du scénario pour Le silence de Lorna en 2008, Grand Prix pour Le gamin au vélo en 2011, Prix de la mise en scène pour Le Jeune Ahmed en 2019) - Sortie en salle : le 28 septembre 

Prix de la mise en scène : Decision to leave de Park Chan-Wook (Grand Prix pour Old Boy en 2004, Prix du jury en 2009 pour Thirst) Sortie en salle : le 29 juin.

Prix du scénario : Boy from heaven - La Conspiration du Caire de Tarik Saleh - Sortie en salle : le 9 novembre 

Prix d'interprétation masculine : Song Kang-ho dans Les Bonnes Etoiles de Hirokazu Kore-Eda ( Prix du jury pour Tel père, tel fils en 2014, Palme d'or pour Une affaire de famille en 2018) - Sortie en salle : le 7 décembre 

Prix d'interprétation féminine : Zar Amir Ebrahimi dans Holy Spider / Les nuits de Mashhad d'Ali Abbasi (Prix Un certain Regard pour Border en 2018) - Sortie en salle : le 13 juillet 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 22:56

Alice, Louis et Fidèle sont frères et sœur. Mais Alice et Louis sont fâchés depuis plusieurs années.

Arnaud Desplechin ouvre son film avec une scène forte par l'émotion qu'elle provoque et par la limpidité de ce qu'elle exprime. En quelques minutes les personnages et la nature de leur relation sont mis en place. Une scène pleine de promesse pour la suite.

Mais, le récit se fait rapidement moins virtuose avec notamment une scène d'accident où les protagonistes semblent tous soudainement perdre le contrôle et une séquence de retrouvailles à cheval à la réalisation cahotique. D'ailleurs, globalement la réalisation n' éblouie pas. Le scénario semble en cours d'écriture, faisant apparaître des personnages mal dessinés ou soudainement délaissés. Les scènes matérialisant la haine qui oppose Alice et Louis et l'immense douleur que celle-ci provoque chez eux se succèdent, chacun cherchant à éviter l'autre alors que les évènements familiaux les invitent à se rapprocher. Le réalisateur mise tout sur le lacrymal et navigue autour de cette haine et de ses raisons dont ni Alice, ni Louis, ne semblent très bien identifier les origines.

Le film semble ainsi tourner en rond avec lourdeur. Sans les prestations de Marion Cotillard, impressionnante, et Melvil Poupaud, parfait, tous les deux méritants compte tenu de la lourdeur de leur partition, et celle des excellents Patrick Timsit, Benjamin Siksou et Golshifteh Farahani, le film n'aurait que peu d'intérêt.

Partager cet article
Repost0
17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 21:01

"[...] La culture n'est pas une aimable excroissance ou un futile ornement de la société. Elle n'est pas en marge. Elle en est le centre. Elle en sera le vestige.'"

Humanité, sensibilité, intelligence, Vincent Lindon place la barre très haut.

Certes, il ne s'agit "que" de la présidence du 75e festival de Cannes. Certes.

Et Pater d'Alain Cavalier nous revient en tête.

L'entièreté du discours, à écouter ci-dessous.

Partager cet article
Repost0
6 mai 2022 5 06 /05 /mai /2022 15:00

Dans les années 80, Elisabeth (Charlotte Gainsbourg, parfaite) vient d'être quittée par son mari. Avec ses deux enfants, Mathias et Judith, adolescent et jeune adulte, elle apprend une nouvelle vie.

Michael Hers poursuit, dans cette chronique d'une famille et d'une époque, son étude de la reconstruction après la perte d'un être aimé, entamée avec Ce sentiment de l'été et Amanda.

Le réalisateur place ses protagonistes dans les années 80 qu'il restitue à l'aide d'images, de musiques et de références de l'époque. Y glissant un hommage appuyé à Pascale Ogier, notamment via le personnage fragile interprété par Noée Abita dont les grands yeux noirs, la voix douce et l'air éthéré évoquent d'emblée l'actrice des Nuits de la pleine lune de Rohmer que Mathias et Judith vont voir au cinéma.

Le sujet de la perte rebondi ici de toute part, chacun des protagonistes en étant touché à un moment de cette histoire. Et on y perçoit également la mélancolie et un certain romantisme du réalisateur pour cette époque perdue. Il parvient cette fois encore, par petites touches, à emporter le spectateur au plus près des émotions de ses héros.

Partager cet article
Repost0
2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 14:51

En Iran, de nos jours, sur une route au milieu de nulle part, à l'arrière d'une voiture, un petit garçon débordant d'énergie pianote sur le plâtre de son père, tandis que son frère conduit au côté de leur mère. 

Panah Panahi, fils du réalisateur Jafar Panahi (Taxi Téhéran . Trois visages..), use du même subterfuge que son père pour pouvoir tourner son film : il place ses personnages dans une voiture.

Où vont-ils ? Pour quelle raison prennent-ils la route ? Si l'ambiance est à la plaisanterie avec l'enfant, une tension est palpable entre la mère et le fils aîné taiseux. Le réalisateur dévoile petit à petit l'enjeu de ce voyage, que l'on peut tenter de deviner à travers le titre du film tiré de la chanson de Ray Charles.

Panahi contourne avec dextérité les limites de l'habitacle. La réalisation du film marque ainsi par de belles idées de mise en scène intérieure et extérieure, laissant au second plan ou à distance s'exprimer l'émotion de ses héros. Il donne aussi à voir les beaux paysages Iraniens et à entendre la chanson populaire du pays.

Ses comédiens sont parfaits et Rayan Sarlak dans le rôle du petit garçon est exceptionnel.

Partager cet article
Repost0
18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 12:00

Cécile est danseuse à l'Opéra de Paris. Alors qu'elle vient d'apprendre que son compagnon la trompe, elle se blesse lors d'une représentation. 

Le scénario est sans surprise, les dialogues sur le bien être et le développement personnel ineptes, les personnages secondaires caricaturaux. On se raccroche aux scènes de danse, trop peu nombreuses, très bien filmées, avec un beau travail sur le son, et le plaisir de voir la troupe de Hofesh Shechter au travail.

Mais de ce film que nous oublierons vite, restera la découverte de Marion Barbeau, première danseuse à l'Opéra de Paris, qui se révèle être une comédienne sensible, au physique à la fois fragile et puissant. Une révélation.

Partager cet article
Repost0
27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 21:05

A 37 ans, Thomas Edison, joueur de tennis qui n'a jamais réussi à confirmer les espoirs que son début de carrière avait fait naître, se refuse à mettre fin à sa carrière.

Quentin Reynaud, ancien tennisman, nous donne à voir, les coulisses de la vie d'un joueur, l'influence bonne ou mauvaise de son entourage, les sacrifices à accepter, les couleuvres à avaler et le courage nécessaire pour se confronter sans cesse à la possible défaite.

Alex Lutz offre, une fois de plus, une interprétation remarquable. Il est entouré de Kristin Scott Thomas et Ana Girardot, toutes deux, parfaites.

Disponible en VOD.

 

Partager cet article
Repost0