SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 19:30

En 2021 en pleine crise sanitaire, après plusieurs semaines de répétition de "Le côté de Guermantes", l'administration de la Comédie Française décide de ne pas jouer la pièce. Le metteur en scène, Christophe Honoré et les comédiens de la troupe choisissent de poursuivre les répétitions dans un théâtre Marigny désert et dans une ambiance entre spleen et ivresse.

Claude Mathieu, Anne Kessler, Eric Genovese  Florence Viala, Elsa Lepoivre, Julie Sicard, Loic Corbery, Serge Bagdassarian, Gilles David, Stéphane Varupenne, Sébastien Pouderoux, Laurent Lafiitte, Dominique Blanc, Yoann Gasiorowski jouent leur propre rôle de comédiens se trouvant dans la situation inédite d'impossibilité de jouer et de comédiens interprétant Proust. Honoré joue son propre rôle et prend un malin plaisir à créer le trouble en mettant en scène le presque réel. Son film dessine un beau portrait de la vie d'une troupe de théâtre, ses complicités, ses disputes, ses doutes individuels et sa force collective. La Comédie Française, sous la direction d'Eric Ruff, s'acoquine régulièrement avec le cinéma, invitant des réalisateurs, adaptant des films, installant des écrans sur la scène de la salle Richelieu. Les admirateurs des talentueux comédiens de la Comédie Française ne seront donc pas surpris de les voir se prendre au jeu que leur propose Christophe Honoré.

A voir au cinéma à partir du 28 septembre.

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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 12:34

"Ca semble être l'histoire d'une femme qui s'en va." dit le dossier de presse. Évidemment, tout est dans le "semble". Il est vrai qu'il est difficile d'en dire plus sur le récit sans en dévoiler trop. 

Inspiré de la pièce Je reviens de loin de Claudine Galèa, Serre moi fort parle de l'absence et de ce qu'on en fait, de ce qu'en fait, Clarisse, son héroïne.

On retrouve dans Serre moi fort la virtuosité de Mathieu Amalric à raconter des histoires, et dessiner des portraits dans des montages complexes faits d'instantanés, de fragments qui éclairent petit à petit le récit. Serre moi fort se construit ainsi par petites touches, scènes de vie intemporelles, où l'émotion affleure. Seul regret dans ce montage : le choix du réalisateur de dévoiler sans l'assumer tout à fait le cœur du drame au 1/3 temps du film. Le cacher totalement ou le révéler dès le départ de façon claire aurait permis au spectateur de s'abandonner et d'accompagner au plus près Clarisse dans son voyage. Dans le rôle principal, Vicky Krieps (vue dans Phantom Thread) est exceptionnelle. Elle porte la puissance émotionnelle du film.

Lire les critiques de Tournée et Barbara  de Mathieu Amalric.

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 21:59

Yusuke Kafuku est un comédien de théâtre  classique. Il vit heureux et amoureux avec son épouse Oto, scénariste pour la télévision. Un jour, Yusuke surprend, sans que celle-ci s'en aperçoive, sa femme et son jeune amant. Yusuke choisit de taire cette découverte à Oto.

Ceci est le prologue de 45mn qui met en place tous les éléments matériels et symboliques d'une histoire très riche aux multiples interprétations. Entre huis clos et road movie, hymne à la créativité par l'abandon de soi, habité par des personnages marqués par la mort et passionnés par leur métier, Drive my car ne cesse d'intriguer pendant 3 heures. La beauté des images, le mystère des personnages, la poésie des rencontres, la mixité des langages, la force des silences, le poids de la culpabilité, le spleen de Tchekhov... tout dans ce film, adapté d'une nouvelle de Murakami, interpelle.

Ces personnages en souffrance trouveront dans l'écoute et la compréhension de l'autre une forme de repos.

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 17:57

En 1981, Hubert Bonisseur de la Bath a pour mission d´assurer la réélection du dictateur d'un pays d´Afrique cher à la France.

Il est peu de dire que ce 3e opus très (trop) attendu déçoit. Jean Dujardin, toujours parfait dans le rôle de l´abruti de service, est entouré de Pierre Niney, Natacha Lindinger, Fatou N'Diaye, Gilles Cohen  et le regretté Wladimir Yordanoff, tous très bons dans des seconds rôles non aboutis, sous exploités.

Le scénario semble ne pas savoir où donner de la tête et ne trouve jamais l´équilibre entre son récit d´aventure, le portrait d'Hubert le beauf et les messages politiques. 

Les dialogues tombent à plat et les gags peu originaux sont desservis par une réalisation qui manque de rythme et de précision. L´usage de la musique est aussi mal dosé.

Une comédie satirique politique comme OSS 117 nécessite une précision d´orfèvre absente ici.

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 17:55

Henry McHenry stand-upper provocateur de renom et Ann Desfranoux délicate cantatrice star sont amoureux. De l'union de l'infréquentable et de la princesse naîtront un ogre et une enfant.

Carax présente un conte fantastique qui fait la part belle au lyrisme et à une énergie électrique qui nous gagne dès la scène d'introduction et la chanson titre des Sparks. Se succéderont une série de tableaux aux couleurs et décors superbes, mêlant références classiques et art video, aux ambiances romantiques, érotiques et terrifiantes. Le récit frôle parfois le vide sans jamais vraiment y tomber, régulièrement rattraper par une scène magique.

Leos Carax et les Sparks semblent avoir puisé dans les histoires récentes à l'origine ou issues du mouvement #metoo. On pense ainsi reconnaître dans le personnage d'Henry, Louis CK entre autres, mais aussi tous ses maris jaloux de l'aura de leur conjointe, et en Annette, ces enfants pantins-stars exploités par leurs parents.

On l'aura compris l'homme ne ressort pas grandi de ce conte fantastique musical, à la fois un peu bancal et superbement mis en images et en musique. Adam Driver dont le corps n'a jamais semblé aussi imposant impressionne face à une Marion Cotillard qui offre dans une partition ténue une interprétation parfaite.

Une oeuvre qui ne peut laisser indiffèrent qui, à plusieurs degrés, est, tout à la fois, emballante et désespérante.

En compétition officielle au Festival de Cannes 2021.

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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 15:26

A New-York, Joe Gardner, professeur de musique dans un collège,  voit son rêve de jouer avec la saxophoniste Dorothea Williams exaucé. Mais un accident va le faire basculer dans une autre dimension.

Le nouveau film de Pete Docter auteur de Monstre et Cie et de Vice versa. Le propos, qui mêle peur de l'échec et recherche du sens de la vie, sans réelle originalité, n'échappe pas à une certaine naïveté. Son traitement est en revanche plus intéressant. La représentation des deux univers, la beauté du dessin, l'humour et l'énergie de l'ensemble emportent la partie.

 

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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 12:26

Mai 2021, Nicolas, ancien président, propose à François, ex-président, de s'associer pour les prochaines élections présidentielles.

Anne Fontaine met en scène Nicolas Sarkozy et François Hollande ou plus précisément l'image que nous en avons : le nerveux, sportif de droite et le mollasson, soucieux de normalité de gauche. Jean Dujardin et Grégory Gadebois les incarnent avec juste ce qu'il faut d'imitation, servis par des dialogues reprenant les expressions et formulations favorites de chacun. Le résultat est absolument réjouissant. Les deux comédiens sont accompagnés par Pascale Arbillot et Doria Tillier, tous les quatre excellents.

Le scénario sert avant tout l'incongruité de la rencontre jouant avec les faux semblants et atermoiements des deux grands retraités forcés de la politique. Pas de réel message si ce n'est un clin d'œil féministe dans l'esprit du final de "Potiche" de Pierre Barilllet. "Présidents" est particulièrement drôle et c'est déjà beaucoup.

 

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 20:31

A Tokyo, Mikio tient une imprimerie et vit avec sa jeune épouse, sa petite fille et sa sœur divorcée. Un jour, Kagawa, que Mikio à connu autrefois, entre dans l´imprimerie.

Koji Fukada propose un film de home invasion, genre que le cinéma traite régulièrement. Le récit se déroule sans réelle surprise jouant plus sur le décalage comique que sur l'angoisse, sans intriguer vraiment si ce n'est sur son intention. S'agit-il d"une critique d'une société japonaise corsetée, enfermée dans les apparences, effrayée par la pauvreté et les étrangers... Ou est-ce au contraire une démonstration que le danger vient de l'extérieur ? Le réalisateur semble sans cesse jouer sur les deux tableaux sans prendre une position claire.

Si le film n'avait pas été tourné en 2010, on serait tenté, à quelques semaines de l'ouverture des JO de Tokyo dont le maintien en période de pandémie est controversé, de pencher pour la seconde hypothèse. Plus sûrement, on pariera sur une critique un peu simpliste du Japon et des travers de sa culture insulaire.

Sympathique mais vite oubliable.

 

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 11:47

Avec sa maman, Marion, et son père, Nelly revient dans la maison de sa grand-mère qui vient de mourir. Il faut faire le tri dans ses affaires et vider les lieux. Mais Marion, bouleversée, part et laisse Nelly et son père seuls dans la maison. Quand Nelly arpente la forêt mitoyenne, elle rencontre une petite fille qui lui ressemble.

Céline Sciamma filme depuis toujours l'enfance et l'adolescence féminine, âges des questionnements et de la construction. Ici, elle fait de son héroïne une petite fille à l'écoute des grandes personnes, une petite fille curieuse de l'enfance de ses parents, de ce qui les a construit. Cette curiosité et cette ouverture à l'autre placent d'emblée Nelly, et par identification le spectateur, dans les meilleures dispositions pour accueillir la rencontre extraordinaire qui l'attend au coeur et de l'autre côté de la forêt.

La magie réside ici dans la capacité de Céline Sciamma à emporter le spectateur dans cette histoire fantastique sans que le fantastique soit au centre du film. L'important se situe dans la rencontre, les émotions qu'elle suscite, les réponses qu'elle apporte et la possibilité de renouveler un dernier au revoir qui laissait des regrets.

Le récit au cordeau associé â une réalisation millimétrée, un montage précis et à une interprétation de Nina Meurisse, de Stéphane Varupenne, de Margot Abascal et des jeunes Joséphine et Gabrielle Sanz tout en retenue, permet d'aller droit à l'émotion et aux questionnements sur la transmission, la sororité, la relation parent-enfant,  l'absence, l'amitié, ce qui reste de l'enfance...

Un grand film d'1h10 à voir au cinéma.

 

 

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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 22:40

De nos jours, Sophie, parisienne de 28 ans, voudrait être dessinatrice, rencontrer le vrai amour et changer de matelas.

C'est sans doute Nine Antico qui résume le mieux les réserves qu'on peut porter à son film, via Sophie qui, lors d'un casting, dit à peu près ceci "j'ai trouvé le scénario inabouti."

Playlist est construit en une succession de saynettes de quelques petites minutes censées dessiner le personnage et ses errements professionnels et amoureux. On sourit parfois. On attend beaucoup. Et on se raccroche à l'énergie déployée par Sara Forestier et le pouvoir comique de la décalée Laetitia Dosch que la réalisatrice malheureusement sous exploite.

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 17:17

Ceux qui ont eu la chance de voir Le Père au théâtre Hébertot se souviennent surtout de la prestation de Robert Hirsch emportant tout jusqu'au Molière du meilleur comédien.

En adaptant sa pièce au cinéma, Florian Zeller offre à Anthony Hopkins ce même incroyable rôle et un Oscar. Mais la magie du cinéma lui apporte surtout la possibilité de placer le spectateur dans la peau de son héros. Bien que construit de façon quasi similaire à la version théâtrale, son récit prend ici une tout autre ampleur. Les dialogues qui semblaient manquer de grâce au théâtre passent ici très bien, assistés par une belle et patiente mise en scène et une mise en son et en musique délicate.

Si Hopkins est épatant, Olivia Colman impressionne elle aussi, dans une composition tout en retenue.

Florian Zeller se révèle ainsi plus proche du bon cinéaste que du grand auteur de théâtre.

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 15:13

Jérémy, trentenaire, voit sa carrière de comédien stagner et sa vie amoureuse battre de l'aile. Il part dans le Limousin se ressourcer chez sa mère.

Nicolas Maury incarne cet adulescent de façon très maniérée classant d'emblée son personnage dans la catégorie des attachiants, touchant et agaçant successivement. Si les quelques moments d'humour allègent un peu l'effet irritant, son personnage, de tous les plans, aurait gagné à être scruter en scènes moins étirées. Les seconds rôles, Nathalie Baye, en premier lieu, mais aussi Arnaud Valois ou Laure Calamy, excellente en réalisatrice au bord de la crise de nerf, interviennent comme une respiration, nous libérant, un peu, de ce nombrilisme.

Le récit que Nicolas Maury, qui se filme sous tous les angles pendant 1h50, nous propose, est un peu trop limité pour passionner vraiment.

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 12:33

Suze, atteinte d'une maladie grave, cherche l'enfant qu'elle a abandonné à la naissance. 

Depuis 9 mois ferme, Albert Dupontel fait, avec bonheur, cohabiter burlesque, férocité, tendresse et un 1er degré qui n'avaient pas leur place dans ses premiers films plus caustiques.

Ici, Dupontel affiche plus encore ce 1er degré et une forme de naïveté qui chez un autre glisserait dans la niaiserie. Le mordant, le sens du burlesque, l'écriture serrée, la mise en scène précise et l'élégance des interprètes sauve cette fable de cet écueil.

Dans un récit drôle et émouvant d'un grand romanesque, Dupontel dénonce, la souffrance au travail - ses trois héros souffrent de maux nés de leur activité professionnelle, une modernité qui efface tout, le tout numérique qui isole et surveille, les violences policières...

Virginie Effira, dans un rôle casse-gueule à souhait, est parfaite de nuances, Dupontel excelle dans le rôle du monsieur tout le monde prit dans la tourmente et Nicolas Marié brille une fois encore dans le décalage.

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 19:32

Dans le Nevada, l'entreprise qui a fait vivre pendant des décennies la ville d'Empire n'a pas résisté à la crise de 2008. Fern, récemment veuve, seule dans une ville morte elle aussi, aménage sa camionnette et prend la route vers une vie hors d'un système qui ne veut plus d'elle.

Ils sont rares les films sociaux dans le cinéma d'Hollywood. A la façon d'un Ken Loach américain, Chloé Zhao fait le portrait de ces américains nomades qui habitent dans leur truck, vivant de petits boulots, choisissant leur destination en fonction des travaux saisonniers qu'ils pourront y glaner. Ce road movie fait la part belle aux paysages somptueux des grands espaces américains, à la force de l'entraide et de la communauté et laisse planer le doute sur les réelles raisons de ce nomadisme, choix de vie ou contrainte d'un système économique sans pitié. Sous le regard incrédule ou réprobateur de ceux qui croient encore au rêve américain, Fern choisie, semble t-il, une certaine forme de liberté.

Frances Mc Dormand est, cette fois encore, parfaite dans le rôle de cette femme déterminée. Elle est également la productrice de ce film inspiré du livre Nomadland – Surviving America in the Twenty-First Century de la journaliste Jessica Bruder.

Nomadland vient d'être récompensé de l'Oscar de la meilleure réalisatrice pour Chloé Zhao, du meilleur film et de la meilleure actrice pour Frances Mc Dormand.

 

 

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 21:32

Novembre 2003, les USA ont mis fin au règne de Saddam Hussein et ont envahie l'Irak. A Bagdad, Mushin Kadr al-Khafadji, policier, est recruté par la coalition.

A travers ce personnage au passé aussi trouble que douloureux, Stephen Butchard, scénariste et Elliot Colla, auteur du roman originel, dessinent un thriller-historico-politique haletant. Les spécialistes du moyen-orient y trouveront peut-être quelques raccourcis grossiers, les autres s'attacheront à ce père de famille qui compose comme il peut avec les régimes politiques auquels lui et son pays sont soumis. Waleed Zuaiter dans le rôle principal est parfait, soutenu par un casting excellent.

6 épisodes à voir par lot de 3 sur Arte les jeudi 8 et 15 avril ou à volonté sur arte.tv. 

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 19:59

Catherine Deneuve fait son retour là où on ne l'attendait pas : dans une pub pour Le Bon Coin. Le site de petites annonces fête ainsi ses 15 ans et Catherine Deneuve y expose sa passion pour les poules.

Une pub réalisée par Eric Lartigau, sur un script simple avec juste ce qu'il faut de décalage et d'autodérision pour que ce soit élégant et drôle, à l'image de la grande Catherine.

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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 19:41

Le passionné et passionnant Bertrand Tavernier est parti aujourd'hui. A 79 ans, il nous laisse une imposante filmographie, tant par le nombre de films réalisés que par leur qualité, une liste impressionnante que l'on serait tenté de publier simplement parce qu'elle suffit à dire le talent du cinéaste.

Ainsi, en 1974, il signe pour son premier film un classique, L'Horloger de Saint-Paul, avec l'immense Philippe Noiret et traite de la filiation, un de ses sujets fétiches que l'on retrouve notamment dans Daddy Nostalgie et dans le chef d'oeuvre, sommet de mélancolie, Un dimanche à la campagne, adaptation du magnifique livre de Pierre Bost "Monsieur Lamiral va bientôt mourir".

Observateur attentionné de notre société, célébrant la bonté des uns et dénonçant les travers des autres, il signe avec la fiction L627, un presque documentaire précis sur une brigade de police, avec L'Appât, une dénonciation de la banalisation de la violence, dans La mort en direct, celle de la société du spectacle (en 1980, bien avant l'arrivée de la télé réalité en France), dans Coup de torchon, celle du racisme et de sa bêtise, avec Holy Lola, les difficultés de l'adoption, dans Ca commence aujourd'hui, il salue l'abnégation des "maîtres" instituteurs face à la misère sociale. Il aimait filmer les gens au travail. Ses personnages, quelque soit l'histoire dans laquelle ils sont plongés, ont un métier, horloger, instituteur, policier, ouvrier, artisan..., qu'il met en scène avec précision. Dans Quai d'Orsay, il dessine de façon très drôle très documentée, la vie d'un ministère (celui de De Villepin) et l'effervescence du travail des conseillers et des secrétaires.

Tout terrain, il s'est aussi promené du côté des films historiques. En costumes d'époque, La princesse de Montpensier, Que la fête commence, La fille de d'Artagnan, La passion Béatrice, dans notre Histoire plus contemporaine, La vie et rien d'autre, Capitaine Conan, Laissez-passer.

Il a aussi célébré deux de ces passions, le jazz dans Autour de minuit et le cinéma américain mettant en scène Tommy Lee Jones himself dans Dans les brumes électriques.

Cet amoureux du cinéma, qui débuta comme attaché de presse et journaliste dans les revues spécialisées pour devenir des années plus tard le Président de l'Institut Lumière, était aussi un formidable conteur de l'histoire du 7e art. En 2016, son dernier long-métrage a pris la forme d'un documentaire. Avec Voyage à travers le cinéma français, Bertrand Tavernier nous invite dans une partie de son panthéon du cinéma français. Trois heures de ballade émouvante et drôle que les commentaires du cinéaste rendent hypnotique. Il poursuivra le voyage en 2018, sur Arte, avec 8 épisodes, lui permettant de présenter d'autres réalisateurs, comédiens et musiciens qui ont enchanté sa vie de spectateur.

Un partage de passion porté par sa générosité et son goût de la transmission.

 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 20:12

Meilleur espoir feminin : Fathia Youssouf dans Mignonnes

Meilleur espoir masculin : Jean-Pascal Zadi dans Tout simplement noir

Meilleur premier film : Deux de Filippo Meneghetti

Meilleur court-métrage : Qu'importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui

Meilleurs décors : Carlos Conti pour Adieu les cons

César des lycéens : Adieu les cons d'Albert Dupontel

Meilleur film d'animation de Court métrage L'heure de l'ours d'Agnès Patron / de Long métrage : Josef de Aurel

Meilleur film documentaire : Adolescentes de Sébastien Lifshitz

Meilleure photographie : Alexis Havyrchine pour  Adieu les cons

Meilleur son : Adolescentes

Meilleurs costumes : Madeline Fontaine pour La bonne épouse 

Meilleur scénario : Albert Dupontel pour Adieu les cons

Meilleur montage : Tina Baz pour Adolescentes

Meilleure adaptation : Stéphane Desmoustier pour La fille aux bracelet

Meilleure musique : Rone pour La nuit venue

Meilleur comédien dans un second rôle : Nicolas Marié dans Adieu les cons

Meilleure comédienne dans un second rôle : Emilie Dequenne dans Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait

Meilleur film étranger : Drunk de Thomas Vinterberg

César d'honneur posthume : Jean-Pierre Bacry

Meilleur comédien : Sami Bouajila pour Un fils

Meilleure comédienne : Laure Calamy dans Antoinette dans les Cévennes 

Meilleur  réalisateur : Albert Dupontel pour Adieu les cons

Meilleur film : Adieu les cons d'Albert Dupontel

 

 

 

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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 20:12
Soutenons nos artistes

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 21:56

La société MK2 ouvre, boulevard Diderot à Paris, au-dessus du cinéma, un hôtel d'un concept unique. Chaque chambre, véritable espace privé de projection, dispose d'un écran géant, les suites, d'une salle de projection et le toit terrasse d'un cinéma en plein air.

 

Plusieurs artistes dont Christian Boltanski et Woodkid ont participé au projet. JR a réalisé deux fresques visibles depuis l'hôtel. L'une, hommage à Charlie Chaplin, l'autre à Harold Loyd.

JR, deux fresques à l'hôtel MK2-Paradiso
JR, deux fresques à l'hôtel MK2-Paradiso
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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 16:20

Vladimir annule la semaine de vacances prévue avec Antoinette, sa maîtresse. Il part en randonnée dans les Cévennes avec femme et enfant. Antoinette décide d'aller le retrouver.

Ce sympathique road movie, dans les beaux paysages cevenols, propose un scénario qui se cale sur le rythme de Patrick, l'âne qui accompagne l'héroïne : lent. Les scènes fantasques qui parsèment le film valent surtout pour la prestation de Laure Calamy, confondante de naïveté et de drôlerie.

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 14:53

De nos jours, en Iran, Maryam est condamnée à mort pour le meurtre de Nasser, son mari. Elle participe à une émission de télé-réalité pour demander le pardon de Mona, la fille de Nasser, la seule à pouvoir annuler sa pendaison.

Yalda, la nuit du pardon est inspirée de l'émission de télé-réalité iranienne "Lune de miel". La loi du talion, le prix du sang, le mariage temporaire... sont au centre du film dont l'intérêt premier réside dans l'indignité qu'un tel show télévisé est pu exister (il a été supprimé depuis). 

Malgré ses bonnes intentions, Massoud Bakshi développe un scénario alambiqué dans une mise en scène brouillonne et frôle parfois le mauvais goût qu'il semble pourtant vouloir dénoncer. Le dessin de ses protagonistes est fait à gros traits, le poids des traditions et des inégalités sociales survolés.

Passé l'effet saisissant du contexte télévisuel, le film ne parvient pas à donner à sa dénonciation la dignité attendue. 

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 22:19
sanscrierart.com

BeTipul, série israélienne, mettant en scène un psychanaliste et ses patients a été adaptée dans de nombreux pays dont les USA avec Gabriel Byrne dans le rôle du thérapeute. 

C'est Arte qui propose la version française en la confiant à Olivier Nakache et Eric Toledano. Même mise en place. Un psy dans son cabinet reçoit ses patients pour 35 têtes à têtes de 26 minutes chacun. Ce huis clos captivant nous invite à suivre 5 patients, et deux thérapeutes, le héros et sa contrôleuse. Si la version française est proche de son modèle, son contexte lui est propre. Les rendez-vous se déroulent aux lendemains des attentats du 13 novembre 2015, l'un des plus récents traumatismes de la nation entière. Les 5 patients chacun avec leur vécu et leur pathologie propre, leur rapport à la psychanalyse, à leur place dans la société, dessinent les visages d'une humanité complexe. 

L'intérêt de la série repose sur trois qualités  : celle de l'écriture,  celle de l'interprétation et celle de la mise en scène. Ils sont sept à l'écriture du scénario soignant le dessin des protagonistes dans des dialogues précis. Ils sont 5 réalisateurs, à chacun son patient, qui dans ce huis clos qui ne se limite pas aux champs et contre-champs expriment, en plans soignés et ingénieux, les émotions qui ne sont pas dites. Ils sont huit comédiens tous très bons dans cet exercice difficile n'autorisant aucune approximation : Sophie Cattani, Carole Bouquet, Reda Kateb, Clémence Poésy, Pio Marmai, Elsa Lepoivre merveille de la Comédie Française, l'impressionnante Mélanie Thierry, la sidérante Céleste Brunnquell et le toujours impeccable Frédéric Pierrot.

A voir sur Arte tous les jeudis ou à volonté sur arte.tv

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 16:45

En 1992, Gabriel, 10 ans, vit au Burundi avec sa petite soeur Ana, sa mère rwandaise, son père français. Son enfance heureuse et favorisée va basculer dans le drame familiale et l'horreur de la guerre.

Eric Barbier adapte le roman de Gael Faye qui s'est inspiré de sa propre histoire pour raconter la guerre civile au Burundi et le génocide au Rwanda. Sans faire de son film un témoignage historique, le réalisateur parvient à décrire l'effroyable contexte de ce récit intime. Il saisie l'insouciance de l'enfance, ses joies simples, son paradis bientôt perdu et le basculement dans  le chaos et la perte violente de l'innocence. Le film est porté par le talent du jeune Djibril Vancoppenolle parfaitement entouré de Jean-Paul Rouve, Isabelle Kabano et la jeune Dayla De Medina.

La folie des hommes et l'immobilisme de l'Europe  vus à hauteur d'enfants, portent plus encore le visage de crime contre l'humanité.

Sortie en salle : 28 août 2020

Disponible en VOD

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 20:39

En février 1939, des miliers d'Espagnols fuyant la dictature franquiste sont parqués dans des camps par l'Etat français. Un gendarme français va venir en aide à l'un d'entre eux, le dessinateur républicain Josep Bartoli.

Pour témoigner de cette page sombre de l'histoire espagnole et de cette honte française, et pour conter l'histoire vraie du dessinateur de presse anti franquiste, Aurel choisit de favoriser le dessin en arrêt sur image plutôt que réellement animé. Cette réalisation syncopee, tout en soulignant l'hommage à l'art de Bartoli, associée à un soin des couleurs particulier, permet de hisser le film à la hauteur de son beau et grave sujet. 

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