SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 11:28

Ismaël, cinéaste, vit avec Sylvia jusqu'au jour où sa femme disparue depuis 20 ans réapparaît.

Le meilleur et le pire du cinéma de Desplechin semblent condensés ici. Comme dans un jeu de piste, il parsème de ses obsessions toute cette histoire qui navigue entre drame, burlesque et suspens. Dans ces trois tonalités, le cinéaste est dans un excès auquel il est difficile d'adhérer et qui éloigne des personnages.

Mathieu Amalric, dans un rôle hystérique, en fait des tonnes et le personnage interprété par Charlotte Gainsbourg peine à exister vraiment. Seule Marion Cotillard, en revenante, parvient dans un jeu nuancé à donner vie et caractère à son personnage ainsi qu'Hippolyte Girardot excellent dans un petit rôle.

Les habituels hommages à Truffaut et Hitchcock sont bien présents une fois de plus ou de trop. La réalisation est belle et la virtuosité du cinéaste est palpable. L'histoire est contée de façon brouillonne certainement volontairement et brillamment mais elle en est d'autant plus difficile d'accès, difficile à embrasser, un peu excluante. Desplechin est sans nul doute un grand cinéaste dont l'enfermement dans ses obsessions pourrait finir par  lasser le spectateur.

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 18:59

En 1880, Rodin reçoit sa première commande publique : La porte de l'enfer.

Cette commande est le point de départ du portrait dessiné par un Jacques Doillon très inspiré. Le réalisateur nous invite au plus près de Rodin et de ses oeuvres pendant une vingtaine d'années. Ainsi, Doillon ne propose pas un biopic au long cours du sculpteur mais une immersion dans sa vie d'artiste et d'homme, tous deux habités par une sensualité exacerbée que le réalisateur met merveilleusement en lumière au propre comme au figuré.

La mise en scène et la photographie magnifient chaque plan et nous emportent au coeur du travail de création. Cette beauté prend vite toute la place reléguant au second plan une austérité latente qui pourrait effrayée au départ mais se fait vite oubliée. Vincent Lindon convainc rapidement. Izia Higelin peine, et ce n'est pas de sa faute, à nous faire oublier Isabelle Adjani (la Camille Claudel de Bruno Nuytten en 1988) mais offre une prestation plus qu'honnête.

Chose plus étrange, sans que l'on sache s'il s'agit d'une mauvaise prise de son, d'un défaut d'articulation ou d'un parti-pris artistique, plusieurs échanges se perdent dans la barbe du grand homme et la colère de la sculptrice. Face à la grande qualité d'ensemble du film cela s'avère tout à fait incongru, mais ne suffit pas à gâcher notre plaisir.

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 15:46

Paul et Sali s'aiment et souhaitent adopter un enfant depuis plusieurs années. Quand les services d'adoption leur présente "leur" bébé leur surprise et à la hauteur de leur joie : immense.

Lucien-Jean Baptiste s'empare d'un sujet en or, à priori d'une grande simplicité qui s'avère d'une grande richesse. Il le traite sous la forme d'une comédie qui sans mauvais goût, ni manichéisme n'en aborde pas moins tous les travers de notre rapport à la différence et à l'acceptation de l'autre.

Les dialogues sont à la fois drôles et éloquents, les situations hilarantes et édifiantes, les personnages parodiques et confondant de réalisme. Le réalisateur maintient ce film au-delà de la mêlée des comédies françaises jusqu'à son dernier quart d'heure où il se perd dans une course poursuite ridicule. Nul n'est parfait.

Les premiéres 75 minutes offrent en tout cas de bons moments de rire, notamment grâce aux seconds rôles tenus par Vincent Elbaz, Zabou Breitman et Marie-Philomène Nga. Certains regretteront peut-être ce traitement angélique, mais un feel good movie bien tenu a sans doute plus d'impact qu'une satire politique.

Date de sortie en salle : 18 janvier 2017

Date de sortie en DVD : 23 mai 2017

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 19:35

Si le Festival de Cannes, à travers ses différentes sélections, met en avant la grande diversité du cinéma mondial, les membres du club des lauréats de la sélection officielle semble plus restreint. Le palmarès de cette année ne déroge pas à la règle. Le talent, il est vrai, est une denrée rare. 

 

La Palme d'Or a été remise à The Square du réalisateur suédois Ruben Ostlund, déjà lauréat du Prix du Jury en 2014 pour SnowTherapy. 

Le grand favori des critiques 120 battements par minute du français Robin Campillo a reçu le Grand Prix du Jury. Le réalisateur avait déjà été indirectement récompensé à Cannes lorsque Entre les murs de Laurent Canter avait reçu la Palme d'Or en 2008. Campillo en avait co-ecrit le scénario.

Le Prix du Jury a été décerné au russe Andréa Zviaguintsev pour Faute d'Amour. Le réalisateur avait déjà reçu le prix du scénario pour Léviathan en 2014.

La réalisatrice américaine Sofia Coppola a reçu le Prix de la Mise en Scène​ pour Les Proies. Présente en compétition officielle à Cannes pour la deuxième fois (Marie-Antoinette en 2006), elle reçoit cette année sa première récompense.

Le Prix du Meilleur Scénario a été remis ex-aequo à Mise à mort du cerf sacré du grec Yorgos Lanthimos, déjà récompensé par le Prix du jury pour The Lobster en 2015, et à la britannique Lynne Ramsay pour You were never really here, qui était déjà présente en compétition en 2007 pour We need to talk about Kevin.

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 16:34

Rose invite pour la première fois son petit ami Chris a passé le week-end chez ses parents. Chris appréhende la réaction de la famille de Rose lorsqu'elle découvrira qu'il est noir.

Cette version moderne et gore de "Devine qui vient diner ?" est aussi réjouissante que surprenante. Dans la première heure, le réalisateur sème les indices d'une anormalité latente installant l'angoisse peu à peu. Malgré l'accueil affable des parents, l'inquiétude ne quitte jamais Chris et le spectateur. Les expressions amicales se succèdent, de plus en plus étranges et malsaines, jusqu'à ce que la réelle raison de cet intérêt soit dévoilée. Si la révélation du pourquoi et du comment est un peu décevante, on conserve de l'ensemble une très bonne impression grâce à sa première heure et à la tonalité globale du film. Get out  doit aussi son efficacité à la tenue de son récit qui va à l'essentiel, ne se perdant pas dans d'inutiles complications. La réalisation est à l'avenant, sans fioriture mais précise.  Les avantages d'un film à petit budget sont qu'il force son concepteur à aller à l'essentiel et, loin des studios, lui permet de garder une certaine singularité. Si le réalisateur est talentueux cela donne une proposition réjouissante.

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 15:12

Lisa Azuelos nous conte la vie de la chanteuse Dalida à travers les hommes qu'elle a aimés. Le film présente un casting de comédiens efficaces, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Nicolas Duvauchelle, Patrick Timsit, Vincent Perez,  et révèle Sveva Alviti éclatante dans le rôle de Dalida. La reconstitution des époques est convaincante. La réalisation, même si elle cède parfois à un esthétisme un peu dérangeant, ne manque pas de panache et l'on perçoit sans cesse l'enthousiasme et le travail déployé par les équipes. Les ingrédients formels étaient donc réunis pour faire un beau film. Pour le fond, la vie, on ne peut plus romanesque, de la chanteuse était sans doute un cadeau empoisonné. Comment conter en deux heures, trente ans d'une vie aussi riche et tourmentée que celle-ci ? Comment percer le secret de cette personnalité complexe et de celles de son entourage, riches en personnages hauts en couleur ? Sans doute en faisant des choix et donc en renonçant à tout raconter. Ce n'est pas le parti-pris de la réalisatrice qui cherche une forme d'exhaustivité dans son récit jusqu'à vouloir y diffuser le maximum de chansons de la star. La musique occupe ainsi la majorité du film accompagnant les images de vie ou de shows jusqu'à l'overdose, réduisant comme peau de chagrin les moments clés. Ainsi, lorsque la réalisatrice arrête un instant la musique pour laisser les personnages s'exprimer cela est si rapide que rien n'y est vraiment dit. Tout devient anecdote, l'émotion ne perce pas. Dommage.

Date de sortie en salle : 17 janvier 2017

Date de sortie en DVD : 17 mai 2017

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 17:42

Dans une petite ville huppée de Californie, Madeline, Céleste et Jane, toutes trois mères de famille sont amies. Un incident à l'école primaire va être le point de départ de l'implosion de leurs vies.

Cette série bénéficie d'un beau casting. Produite par David E Kelley et réalisée par Jean-Marc Vallée, elle est interprétée par Nicole Kidman, Reese Wintherspoon, Shailene Woodley et Laura Dern. La qualité des productions du premier, l'audace du second et le talent des comédiennes n'étant plus à prouver, la proposition s'annoncait alléchante.

Pas de déception ! Aucune mauvaise surprise dans cette mini-série (7 épisodes et une vraie fin). La photographie est très belle, l'accompagnement musicale soigné, l'interprétation, dont celle des enfants, excellente. Le récit mèle intrigue et humour dans une construction astucieuse. Une série aussi élégante qu'efficace.

Une série HBO, à voir en France sur OCS City.

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