SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 18:28

Daniel Mantovani, écrivain argentin célèbre et Prix Nobel de littérature, vit aisément et surprotégé en Espagne. Il refuse la plupart des nombreuses sollicitations jusqu'au jour où son village natal, perdu au fin fond de l'Argentine, l'invite à recevoir la distinction de citoyen d'honneur de la ville.

L'écrivain ni très sympathique, ni tout à fait détestable, retourne sur les lieux où il a grandi, principale source d'inspiration de ses livres. Habitué à l'allégeance de son entourage, il fait, face à ses hôtes, preuve d'un amusement condescendant qui petit à petit laisse place à plus d'humanité et d'agacement puis à la peur. Simultanément et successivement, aux prises avec l'encombrante mais flatteuse admiration de ses concitoyens, avec leur mépris ou avec leur haine, Daniel Mantovani doit rendre des comptes sur son succès, le contenu de ses livres et sa supposé supériorité d'homme de lettres européanisé. Les deux réalisateurs content cette histoire, à la fois comédie grinçante et thriller, de façon rythmée. Leur sens du raccourci flatte les surprises et favorise le rire qui ne quitte jamais le film.  Le récit est bien mené gagnant petit à petit en intensité jusqu'à son étonnant épilogue.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 17:44

Khaled a fui Alep. Il arrive par cargo à Helsinki et demande immédiatement l'asile politique. Pendant ce temps là, Wikhstrom abandonne simultanément son travail de VRP et sa femme et décide d'ouvrir un restaurant après avoir joué ses économies au poker.

On retrouve l'univers étrange de Kaurismaki. Un peu trop peut-être, le réalisateur semblant ne pas chercher à renouveler son cinéma. Ses personnages sont toujours taiseux, peu expressifs et à tendance dépressive. Les situations sont poétiques et cocasses. C'est ce contraste entre la nature des personnages et leur environnement qui crée le burlesque, ici essentiellemnt chez Wikhstrom. Pour Khaled, le réalisateur essaie d'être au plus près de la réalité des réfugiés. Le récit de sa fuite de Syrie, la façon dont les autorités finlandaises le reçoivent, sa vie de clandestin se déroulent au premier degrés et sont complétées par des images réelles d'Alep bombardée. Cette différence de traitement perturbe un peu la lecture du film. Si chaque partie est parfaitement réussie, leur assemblage donne au récit une tonalité étrange dont on ne sait que penser. 

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 11:31

On imagine assez aisément le processus de création de Claude Lelouch pour Chacun sa vie :

* Extraire de son carnet de pensées, une dizaine de micro idées, forcément astucieuses, évidemment drôles et tellement bien trouvées,

* Écrire les saynètes qui n'auront pour seule ambition que celle de servir d'emballage à ces micro idées,

* Agrémenter le tout de plaisanteries dignes de l'Almanach Vermont et des phrases tellement profondes, qui vous expliquent si bien la vie,

*Trouver une idée fumeuse pour lier ces anecdotes en une fin chorale tellement surprenante et si émouvante,

* Feuilleter son album Panini des comédiens, amis ou has been, prêts à jouer n'importe quoi pour être présents, ne serait-ce que trois minutes, dans un film du maître et en convoquer une vingtaine au minimum,

* Ne pas écrire de scénario cohérent, l’essentiel s’improvisera au tournage,

* Abandonner toute maîtrise du récit,

* Ne pas se soucier de la moindre vraisemblance,

* Oublier d'écrire des dialogues dignes de ce nom,

* Bâcler le dessin des personnages, chose inutile puisque l'important est de voir Johnny jouer Johnny (plutôt bien d'ailleurs) et découvrir Dupont-Moretti se prendre pour un acteur,

* Négliger la mise en scène,

* Véhiculer des idées ringardes sur la société,

* Faire du cinéma comme on filme sa colonie de vacances et penser que ceux qui n'y étaient pas prendront plaisir à en regarder les images pendant deux heures.

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 17:24

De nos jours, en Belgique, Zahira, 18 ans, est enceinte de son petit ami. Une situation inacceptable pour sa famille pakistanaise qui s'avère pourtant suffisamment compréhensive pour accepter la solution de l'avortement.

 Le film traite de la condition d'une jeune fille vivant en Europe dans une famille attachée à des traditions ancestrales qu'elle ne veut aucunement assouplir. Ce sujet passionnant, déjà souvent traité ces dernières années par le cinéma mondial, mérite d'être abordé avec un minimum de créativité ou tout au moins la volonté de faire avancer le débat. Stephan Strecker s'appuie uniquement sur son histoire et nous propose un récit tristement linéaire sans surprise dont les redondances n'apportent rien dans la compréhension de l'histoire ou de celle de ces personnages. Une scène appuyée en milieu de film nous révélant le destin des protagonistes confirme le manque de finesse du scénariste. La mise en scène paresseuse n'aide pas à élever le niveau d'ambition du film. Ainsi, si le sujet intéresse, son traitement sur la longueur déçoit. Pourtant, pour être tout à fait honnête, on est séduit imparablement par la grande qualité de l'ensemble du casting. Lina El Arabi, dans le rôle principale, nous laisse sans voix. Babak Karimi, Sébastien Houbai, Olivier Gourmet, Alice de Lencquesaing, Zacharie Chasseriaud l'entourent avec grâce. Ils ne suffisent malheureusement pas à faire de Noces un film remarquable.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 22:55

Trois adolescentes sont enlevées sur le parking d'un supermarché. Leur ravisseur est d'autant plus effrayant qu'il prend de multiples visages.

Le sujet, le trouble dissociatif de l'identité, est original et intriguant. Shiamalan traite son histoire sous trois points de vue différents, celui du ravisseur, celui de sa psychologue et celui de Casey une des adolescente à la sensibilité particulière. C'est ce triple traitement qui rend le film intéressant et d'autant plus inquiétant que le profil du ravisseur semble presque crédible. Le film tient en haleine jusqu'à la dernière demi-heure, moment où il tombe dans le fantastique et le ridicule qu'il avait su jusqu'à là adroitement éviter.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 16:53

Simon, de retour d'une partie de surf avec ses amis, est victime d'un accident de la route. Son état de mort cérébrale et la parfaite condition de son corps sont propices à un don d'organes.

Katell Quillevere tente d'adapter une histoire dont l'intérêt essentiel résidait dans le traitement littéraire de son auteur (Maylis de Kerangal). La réalisatrice ne parvient pas à donner à son film les envolées dignes du destin des personnages du livre soudainement bien fades. Sa mise en images convenue manque de caractère (à l'exception de la scène d'introduction), d'émotion mesurée et positionne cette histoire au ras du sol. Ce qui n'est pas particulièrement intéressant.

Date de sortie en salle : le 2 novembre 2017

Date de sortie en DVD : le 7 mars 2017

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 12:26

Saroo, 5 ans, vit en Inde avec sa mère, son grand frère et sa petite soeur. Une nuit où il cherche son frère, il monte dans un train en stationnement et s'endort. Quand il se réveille, le train, désaffecté, roule sans s'arrêter.

Les quarante premières minutes qui se passent en Inde, vue à hauteur d'enfant, sont très belles. On s'attache très vite au petit Saroo (merveilleusement interprété par Sunny Pawar), à son frère Guddu (Abhishek Bharate) et à son pays magnifique et terrifiant. L'heure qui suit, consacrée à Saroo jeune homme (Dev Patel parfait), entre Tanzani et Australie, accuse une forte chute d'intensité et d'intérêt. Ses états d'âmes, ses recherches, ses rapports contrariés avec son demi-frère et ses parents adoptifs sont maladroitement contées et ne créent pas beaucoup d'empathie. La grâce du début du film réapparaît furtivement dans les dix dernières minutes du film, forcément bouleversantes.

Film est basé sur une histoire vraie.

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 16:59

S'il n'avait pas été noir et s'il n'était pas né en 1904, Troy aurait eu sa place dans une grande équipe de baseball. A 50 ans, il est éboueur et fait subir à sa femme et ses fils son intarissable aigreur.

Avant d'adapter cette pièce d'August Wilson au cinéma, Denzel Washington a interprété le rôle de Troy de nombreuses fois à Broadway. En voulant donner vie à cette histoire sur grand écran, le comédien ne parvient pas à se détacher de la scène. Son film, très bavard, en quasi huis-clos, ressemble terriblement à du théâtre filmé et porte un côté vieillot surprenant. L'ensemble n'est pas désagréable mais interroge sur l'intérêt de cette adaptation cinématographique. Ainsi, le film vaut surtout pour ses seconds rôles (Stephen Anderson, Jovan Adepo...) et surtout l'excellente Viola Davis (Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle).

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 17:19

En 1983, à Dublin, Connor doit intégrer une école mal fréquentée, tenue par des frêres peu sympathiques. Pour séduire une fille qui traine près du lycée, il lui propose de tourner dans le clip de son groupe de rock. Quand elle accepte, Connor se voit obliger de créer le groupe et de grandir un peu.

On est d'emblée séduit par la bouille de Ferdi Walsh-Peelo et ses faux airs de Paul Mc Cartney. Le portrait en filigranne de la dure vie en Irlande dressé par John Carney donne au film son caractère. Sing Street se présente alors comme un peu plus qu'un simple film musical pour ados. Au passage, on note que les morceaux des Duran Duran, Aha ou Spandau Ballet, les coupes de cheveux improbables et le maquillage à la truelle sont de bons témoins des errements esthétiques de l'époque. Puis, petit à petit, le film glisse vers un romantisme adolescent un peu niais ne faisant plus de ce film qu'un simple teen movie. Dommage.

Date de sortie en salle : le 10 octobre 2016

Date de sortie en DVD : le 28 février 2017

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 18:39

Luigi dirige un théâtre parisien. A la veille d'une avant-première, les techniciens, qui n'ont pas été payés depuis deux mois, se mettent en grève et le metteur en scène japonais réclame un acteur essentiel à la pièce, un singe. Luigi a une nuit pour trouver le primate et l'argent qui lui manquent. Il entraîne sa jeune stagiaire dans son périple.

Ouvert la nuit est, sans doute encore plus que d'habitude, à réserver aux inconditionnels d' Edouard Baer qui nous offre un numéro de son meilleur cru. Le film trace le portrait d'un charmeur-manipulateur que tout le monde aime et déteste à la fois. Son histoire est un hommage au monde du spectacle et à Paris qu' Edouard Baer nous donne à voir au plus près de sa diversité. Cette traversée de la capitale la nuit et sa succession de rencontres tendres, féroces ou loufoques séduit d'emblée et lasse un peu sur la durée. Mais le charme Baer agit toujours et d'autant plus qu'il invite à côté de son personnage fantasque, Sabrina Ouazani, parfaite en observatrice atterrée.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 20:19

Sans emploi depuis plus d'un an, Constance quitte Paris et revient dans sa ville natale vivre dans la maison de sa mère hospitalisée. Elle renoue avec un ancien amant et tente de réintégrer la place d'agent immobilier qu'elle occupait avant son départ à Paris.

Marina Fois joue les cinglées comme personne. On retrouve dans son interprétation de Constance ce qui nous avait déjà impressionnés dans Darling, cette capacité qu'a la comédienne d'enfermer son personnage dans un monde inaccessible. L'inquiétude qu'elle crée envahie tout le film. La réalisation habile soutient sans excès sa prestation et si le scénario traîne un peu en longueur par manque de rebondissement, on reste intrigué de savoir jusqu'où ira Constance.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 18:13

Léo, scénariste, est en recherche d'inspiration en Lozère. Il rencontre une bergère qui chasse le loup. Léo lui fait un enfant. La bergère s'en va, le bébé reste, l'inspiration ne vient pas et l'argent vient à manquer. Toute la Lozère veut se taper Léo dont un homme âgé en fin de vie. Ça tombe bien Léo aime rendre service.

Le film est aussi passionnant et raffiné que ce pitch. C'est dire.

Date de sortie en salle : le 24 août 2016

Date de sortie en DVD : le 3 janvier 2017

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:57

Icare, dit Courgette, tue par accident sa mère alcoolique. Il se retrouve dans une maison qui accueille d'autres enfants "comme lui".

Esthétiquement, ce film d'animation est très réussi. La simplicité des décors qu'il affiche et les beaux et gros visages de ses personnages aux yeux immenses séduisent d'emblée. L'interprétation est aussi particulièrement soignée. Michel Vuillermoz dans le rôle adulte principal mais surtout tous les enfants donnent aux paroles de leurs personnages justesse et sensibilité. Si le film peut décevoir, c'est auprès des lecteurs du livre de Gilles Paris "Autobiographie d'une courgette" dont est très librement inspiré le film. En transformant l'histoire pour la rendre visible par un plus large public et en la condensant pour la faire tenir en 1 heure, Céline Sciamma a perdu en route une bonne partie de ce qui faisait sa richesse. Le livre est conté avec les mots d'un enfant de 9 ans et ses mots donnent au récit une vision à la fois naïve, drôle et grave qu'on ne perçoit pas dans le film. C'est la cohabitation du drame et de la candeur qui donne à l'histoire encore plus de force. En simplifiant trop le récit, en abandonnant totalement le regard de l'enfant et en passant très rapidement sur l'histoire et la psychologie des différents personnages, enfants comme adultes, les auteurs du film ont perdu beaucoup de la puissance de cette histoire.

Date de sortie en salle : 16 octobre 2016

Date de sortie en DVD : 22 février 2017

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 18:50

Alors qu'une journaliste lui avoue qu'elle ne le trouve pas très rock'n'roll et que la jeune actrice avec laquelle il tourne lui apprend qu'il est très loin dans la liste des acteurs les plus désirables, Guillaume Canet se sent terriblement ringard et vieux. Il tente alors de changer son image.

"Autodérision" est le maître mot de ce film dans lequel Guillaume Canet et Marion Cotillard ne s'épargnent pas. Aussi, il est important de porter un minimum de sympathie à ce couple de comédiens pour apprécier à sa juste valeur ce film comme un parfait exercice d'humour et non comme un ego-trip. Ce parfait exercice d'humour, donc, dans ses deux premiers tiers temps, est hilarant. Guillaume Canet, au centre de toutes les attentions, dessine sans concession un autoportrait de type désespérément "normal" qui tente de s'encanailler et Marion Cotillard joue à fond la caricature de l'actrice à Oscars. Puis, le film change de rythme, s'essoufle. Lorsque Guillaume Canet atteint l'apothéose de son délire, l'idée est savoureuse mais le réalisateur l'exploite et l'étire à l'excès. Comme pour la plupart des films de plus de deux heures Rock'n'roll affiche vingt bonnes minutes de trop. Abstraction faite de cette faiblesse de fin de parcours, le culot du couple de comédiens suscite l'admiration. L'audace du propos, l'intelligence bonne enfant de l'écriture et le talent des interprètes emportent la mise. 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:51

Dans le sud de la France, à la fin des années 40, Gabrielle, élevée dans une famille de la bourgeoisie agricole, est mariée à un ouvrier amoureux et attentionné qu'elle n'aime pas. Alors qu'elle part en cure pour soigner ses calculs rénaux, elle tombe amoureuse d'André un jeune soldat.

Nicole Garcia choisit de mettre en scène cette histoire romanesque de façon très classique. L'image est magnifique et la reconstitution historique extrêmement soignée mais l'histoire marque quelques longueurs qu'une réalisation plus audacieuse aurait pu tempérer. L'épilogue capilotracté déçoit aussi un peu. En fait, Mal de pierres trouve sa force dans l'interprétation de Marion Cotillard qui porte le film. Son jeu nuancé dans la fièvre qu'elle donne à son personnage anime et marque le récit.

Date de sortie en salle : 16 octobre 2016

Date de sortie en DVD : 21 février 2017

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 18:25

Chiron vit, avec sa mère droguée, à LIberty City, un quartier pauvre et violent de Miami. A l'école, les enfants le maltraitent et le traitent de tapette.

Barry Jenkins trace, en trois volets, le portrait de Chiron de l'enfance à l'âge adulte. Dès les premiers plans, la réalisation part dans tous les sens, semblant ne pas être tout à fait maitrisée, prenant à certains instants des poses plus proches du gadget que d'un véritable parti-pris artistique réfléchi. Le récit ainsi mis en images semble terriblement artificiel. Jenkins s'empare d'un sujet fort et demeure à la surface préférant jouer avec sa caméra  et les clichés que soigner les portraits de ses personnages. Ils sont ainsi dessinés à gros traits, parfois au bord de la caricature. Dans le dernier volet, le réalisateur pose soudainement sa caméra, sa réalisation devenant terriblement plan-plan. En bout de course, le film ne permet jamais à son personnage d'exister pleinement.

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 10:26

Tom, 8 ans, et Benjamin, 13 ans, partent en vacances chez leur père en Suède. Avant le départ, Tom confie à sa psy que s'il ne ressent pas d'appréhension à l'idée de ce voyage, il est préoccupé par un fort pressentiment.

Gilles Marchand a co-écrit son scénario avec son complice de toujours le réalisateur Dominik Moll avec lequel il avait déjà écrit Harry un ami qui vous veut du bien et Lemming. Aussi, ce n'est pas tout à fait une surprise de se retrouver face à un récit plus qu'étrange. Entre thriller et conte fantastique, le film provoque de multiples questions sans jamais donner de réponse, laissant libre cours à l'imagination fertile des spectateurs qui se perdent avec délectation dans diverses interprétations. La forte originalité de cette histoire accroche et intrigue très vite. Face à cette créativité scénaristique, la réalisation fait un peu triste mine. Affichant quelques facilités, le film ne marque jamais vraiment esthétiquement. Gilles Marchand semble tout miser sur son intrigante histoire, la beauté de la nature suédoise et la qualité de ses comédiens. Ce qui est déjà pas mal il est vrai. Côté comédiens, le choix de Jérémie Elkaïm dans le rôle du père est excellent. L'image de type sympa que porte le comédien est rapidement mise à mal par ce personnage inquiétant, entre victime et bourreau. Les enfants sont eux aussi étonnants. Dans le rôle plus ingrat de l'adolescent cartésien, Théo Van de Voorde est très juste. Interprétant le héros de cette histoire, à la sensibilité exacerbée, Timothé Vom Dorp, au regard aussi enfantin que profond, offre une présence bluffante. Un film qui marque donc par l'originalité de son récit et la présence de ses comédiens.

A voir au cinéma dès le 15 février.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 14:03

Susan Morrow, galeriste d'art à Los Angeles, reçoit un manuscrit de son ex-mari, Edward. Le livre la met en scène ainsi que sa fille et son ex-mari dans des circonstances violentes.

Tom Ford construit son récit sur trois niveaux : le présent de Susan dans son monde argenté, cynique aux rapports artificiels, la fiction violente de Edward/Tony au fin fond du Texas emplis de dégénérés, et leur passé commun de jeunes amoureux et artistes en devenir. Le premier enchaine les clichés sur un ton excessivement maniéré, le deuxième semble un mauvais Tarantino sans l'art du décalage et le troisième est tarte à souhait. Dans les trois cas, les dialogues sont affligeants de bêtise. L'image est d'un esthétisme tellement clinquant qu'il en devient gênant. On est très loin de l'élégance et du charme de Single Man.

 

 

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:30

En Virginie, en 1958, Richard Loving épouse sa bien-aimée Mildred Jeter. Tout irait pour le mieux si Mildred n'avait la peau noire et si Richard n'était blond comme les blés. Pour éviter le harcèlement de la justice et la prison, ils sont contraints de quitter l'Etat et de s'installer dans le district de Columbia.

Cette histoire véridique a joué un rôle souvent oublié dans l'histoire de la lutte contre la ségrégation aux États-Unis. Jeff Nichols rend à Richard et Mildred Loving un juste hommage en leur consacrant son nouveau film. Fidèle à son style, il nous conte leur histoire sans jamais tomber dans l'excès, de la violence et de l'émotion. On reconnait son élégance, sa retenue, sa capacité à faire parler les silences. On retrouve à travers le portrait de Richard Loving, un personnage comme les aime Nichols, taiseux et humble issu de l'Amérique profonde. Le réalisateur dessine ce couple amoureux, simple et résigné avec délicatesse. Lui qui nous avait habitués à des mises en scène éclatantes présente ici une réalisation modeste à l'image de ses héros. Une attention qui peut parfois donner l'impression que le film est lent, trop linéaire et manquant un peu d'emphase. Mais, c'est cette sobriété qui permet au film de dresser le portrait de ce beau couple et d'incarner leur impuissance face au statut de hors la loi qu' on leur a fait porter pendant près de 10 ans, jusqu'à l'arrêt de la Cours Suprême des Etats-Unis : Loving v. Virginia.

A voir en salle dès le 15 février.

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 22:42

Thierry Fremaux a sélectionné 108 films parmi les 1422 tournés par les frères Lumière et leurs opérateurs entre 1895 et 1905. Chaque film est d'une durée de 50 secondes projeté dans un format presque carré aux coins arrondis. Classés par chapitre (les hommes au travail, comédie, l'enfance, Paris, Lyon, le monde....), ils sont commentés non sans humour par Thierry Fremaux et accompagnés par la musique de Camille Saint Saens.

L'excellente qualité des images (tous les films ont été restaurés) surprend, la beauté des plans éblouie, la richesse créative impressionne, l'incroyable modernité interpelle et l'enthousiasme des apprentis comédiens amuse. Tout ce qui fera l'histoire du cinéma semble déjà là. La sortie d'une usine, l'arrivée d'un train en gare de la Ciotat, la pêche sur une plage, l'arroseur arrosé, un défilé de landaux, des marins dans un baleinier, une bataille de boules de neige, une petite fille qui court en riant après la caméra..., les séquences se suivent drôles, surprenantes ou bouleversantes. Car ces films témoignent d'une époque, des prémices du 7e art mais plus prosaïquement de la naissance d'une révolution technologique majeure. Car si ces films nous renvoient aux chefs d'œuvre du cinéma, ils évoquent aussi nos films de famille et la puissance de maintenir dans un semblant de vie nos chers disparus.

Lumière est un inestimable témoignage, beau et émouvant.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 22:59

Lee Chandler, qui vit seul à Boston, revient à Manchester by the sea à la mort de son frère Joe pour s'occuper de l'enterrement, de la succession et de son neveu Patrick. Lorsqu'il apprend que son frère l'a désigné comme tuteur de son neveu, l'idée de devoir revivre à Manchester ravive chez Lee la plaie de l'irréparable.

Le scénario Manchester by the sea, lourd de pathos, est mené avec élégance. Les images et la réalisation de ce film sont aussi lumineuses que le destin de son héros est sombre. Le chagrin coule de façon exponentielle dans cette histoire où la douleur ne se clame pas mais transpire à chaque instant. Le récit est cousu avec intelligence dévoilant à l'aide de flashback délicatement amenés le passé des protagonistes. Casey Affleck, qui porte avec sobriété le film, est parfait. Il est entouré de seconds rôles (Michelle Williams, Lucas Hedges) qui savent se hisser à sa hauteur.

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 17:05

Yehia et ses fils, Refaat et Galal, sont reconnus pour la qualité de leur cuisine. Alors qu'ils organisent le banquet d'un mariage, les intrigues amoureuses se multiplient et un entrepreneur propose de racheter leur restaurant.

Le scénario assez peu passionnant présente des personnages dessinés à gros traits et un récit mal tenu et peu cohérent. La réalisation datée et caricaturale achève de rendre ce film sans intérêt.

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 23:09

Mia Dolan, serveuse dans une cafétéria au cœur des studios, cherche désespérément à décrocher un rôle à Hollywood. Un soir, elle est touchée par le talent d'un pianiste de bar. Quand elle le recroise par hasard, ils se reconnaissent.

Autant le dire d'emblée, ce film est un enchantement et un crève-cœur. Les amoureux des grandes comédies musicales de l'histoire du cinéma américain ou français, retrouveront tous les codes du genre :  héros en quête d'absolu, décors et costumes aux couleurs vives, humour délicatement parsemé, énergie communicative, romantisme exacerbé, comédiens en état de grâce, thèmes musicaux emballants joués sous de multiples arrangements plus séduisants les uns que les autres. À ceci près que David Chazelle a semé avec parcimonie les parties chantées faisant de ce film plus une comédie dramatique que purement musicale. Comédie dramatique car La La Land parle de la difficulté d'atteindre son rêve et des sacrifices que cette quête exige. La mélancolie, la nostalgie hantent le film à tous les niveaux, lui donnant une grâce et une profondeur inattendue. On est également impressionné par la qualité de la réalisation. Si la photographie est particulièrement belle, la mise en scène est elle aussi ciselée. Chaque séquence est réalisée avec une précision d'orfèvre, à commencer par les plans-séquences nombreux. Le jeune réalisateur se révèle ainsi un maître du genre dès la première scène du film, un (presque) plan-séquence de 4 minutes qui vous place d'emblée dans l'humeur que nécessite l'immersion dans ce monde de rêves et qui vous résume le propos du film en une chanson. La grande scène finale, vibrant hommage aux comédies musicales cultes, souligne, elle, la qualité de la construction de l'ensemble du récit en une démonstration poignante de la beauté et la fragilité des destins. Emma Stone dont la fraîcheur , la voix grave et les grands yeux bleus ont déjà séduit bien des réalisateurs, confirme encore un peu plus l'étendue de son talent. Ryan Gosling que l'on voyait beau, que l'on savait bon comédien et pas mauvais réalisateur, que l'on devinait avisé dans ses choix artistiques, achèvera, dans ce pari audacieux, de séduire les plus revêches. Et n'en déplaise aux grincheux : si Emma Stone et Ryan Gosling ne sont pas les plus grands danseurs et chanteurs qui soient, cette fragilité ne sert que mieux le propos du film.

À voir au cinéma dés le 25 janvier.

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 22:47

Le 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy est assassiné au Texas. Jackie conte les 3 jours qui suivirent le drame vécus par Jackie Kennedy.

Pablo Larrain réussit le coup de génie de faire le portrait d'une icône mondiale sans tomber dans les recettes éculées du biopic et tout à la fois le dessin des faux semblants politiques et médiatiques. 

Dès le premier plan, on pressent que dans sa forme le film aura du caractère. L'atmosphère d'angoisse et de cauchemar éveillé est plantée. Ce ton ne quittera jamais le film. Appuyé par la musique ensorcelante et mortifère de Mica Levi, servi par une image léchée un peu froide bien loin de celle du papier glacée que l'on pouvait craindre, mélangeant les images d'archives reconstituées et celles de pure fiction, fuyant la banale chronologie, la mise en forme du récit est d'une grande maîtrise. Tout en semblant parfois le brouiller, le découpage éclaire au final un peu plus les enjeux et le portrait qu'il dessinent. Portrait d'une Jackie Kennedy (interprétée par une Nathalie Portman bluffante) terriblement seule, tétanisée par le chagrin d'être veuve d'un homme qui l'a mal aimée, bouleversée d'être la mère de deux très jeunes orphelins, blessée dêtre si vite et si violemment reléguée au statut d'ex-première dame, mais résolument forte face à la brutalité du protocole de succession et du jeu politique, intransigeante dans sa volonté de rendre un hommage grandiloquent indispensable à une juste postérité et soucieuse de montrer au monde son immense chagrin et la somme de ses malheurs.

Le film est ainsi remarquable et on se laisse porter par ses partis pris artistiques et narratifs audacieux.

Voir la bande annonce

A voir en salle dès le 1er février

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 17:39

Victoria est avocate et tout à fait paumée dans sa vie personnelle. Alors qu'elle assiste à un mariage, la compagne d'un de ses amis est poignadée et accuse son propre compagnon. Victoria se retrouve à devoir défendre son ami.

Le film vaut essentiellement pour la prestation de Virgine Efira dont le talent et le charme opèrent une fois encore. Vincent Lacoste tout aussi sympathique ne convainc pas vraiment dans le rôle du tombeur-looser. Quant au scénario, aussi foutrac que la vie de son héroïne, il porte trop de vide et n'est pas drôle. A réserver aux admirateurs de Virginie Efira.

Date de sortie en salle : 14 septembre 2016

Date de sortie en DVD : 18 janvier 2017

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