cinema

Au Brésil, en 1970, alors que la dictature militaire dirige le pays depuis 1964, la famille Paiva vit dans une certaine opulence et un univers en apparence préservé. Mais, la menace se rapproche.

Le film est tiré de l'histoire vraie de Rubens Paiva, ingénieur, ex-député du Parti travailliste et  résistant pacifique, qui fut arrêté en 1971, avant de disparaitre. Sa femme, Eunice, se lance alors dans un combat pour le retrouver.

Dans la première demi-heure, Walter Salles met en scène le bonheur familial, les repas, les jeux sur la plage, les musiques, les amis. Le contraste avec la deuxième partie, contant les attestations, les interrogatoires, la torture, la violence et la folie du régime est d'autant plus violent. La troisième partie voit Eunice essayer de préserver une vie normale pour les enfants. La dernière partie. se déroule 25 ans plus tard, alors qu'Eunice est devenue avocate et en 2014.

Si l'histoire de la dictature militaire, de 1964 à 1985, est passionnante et son récit essentiel, on peut regretter la façon dont Salles a choisi de conter le cas de Rubens Pavais. Son récit en quasi huis clos ne transforme cette histoire familiale en temoignage universel ou du moins national. Ressenti qui se révélera sans doute moins évident pour ceux pour qui l'histoire de Rubens Paiva est déjà familière et mérite à elle seule un récit.

Voir les commentaires

Dans le Jura, Michel évite de justesse un ours qui traverse brusquement la route. Son pick-up dans une course folle percute une voiture arrêtée sur le bas côté. Résultat : deux morts et un magot.

Après sa très réussie comédie romantique Tout le monde debout et sa plutôt ratée comédie familiale Rumba la vie, Franck Dubosc se lance dans un thriller tragi-comique. Dans la veine de l'excellent Poupoupidou, son scénario plonge Monsieur et Madame Tout le monde dans une histoire de cadavres, gangster et gros sous.

Le film démarre sur les chapeaux de roue maniant, avec une certaine aisance, violence et comédie, mais s'essouffle un peu dans sa deuxième partie. On rit bien volontiers des réactions plus ou moins réfléchies des deux héros Cathy et Michel mais le sentimentalisme, cher à Dubosc, nuit à la férocité du scénario.

Le dessin des personnages est suffisamment cocasse pour maintenir l'intérêt du spectateur. La grande force du film réside dans ses excellents interprètes : Laure Calamy, Benoît Poelvoorde, Joséphine de Meaux, Kim Higelin et la participation d'Emmanuelle Devos et Anne Le Ny. Le maillon faible revient à Franck Dubosc, acteur, dont la palette de jeu est bien trop limitée pour le rôle et l'ambition du film. Il devrait se concentrer sur le travail de réalisation qui nous semble déjà suffisamment exigeant pour l'occuper pleinement. Ainsi, la réalisation honorable, qui donne à voir la beauté des paysages jurassiens, peine parfois à maintenir le rythme du film.

Bref, Un ours dans le Jura présente des défauts mais suffisamment de qualités pour qu'il mérite d'être vu en salle.

Voir les commentaires

2001, à Saint-Claude dans le Haut-Jura, Aymeric retrouve Florence, une ancienne collègue de job étudiant. Elle est enceinte d'un homme marié. Ils débutent une vie ensemble.

Les frères Larrieu adaptent le livre de Pierre Bailly. La tonalité des dialogues sonne un peu faux. Ce côté factice n'aide pas à plonger dans  l'histoire ou à ressentir pleinement les émotions des personnages. Tout comme la platitude avec laquelle est traitée cette histoire. Les réalisateurs semblent avoir eu peur de tomber dans le kitch émotionnel qui tendait les bras à ce mélodrame. Ils déroulent cette histoire factuellement, avec une certaine froideur. 

Si on s'accroche au film c'est par les décors du Haut Jura et la présence de Karim Leklou. Il est parfait dans son rôle et rend son personnage attachant. Le roman de Jim en devient celui d'Aymeric

Voir les commentaires

1878, dans le rôle de Marguerite Gautier, Sarah Bernhardt meurt dans les bras de Lucien Guitry. 1915, Sarah Bernhardt se fait amputer de la jambe droite qui l'a fait souffrir depuis des années. 9 décembre 1896, le Tout-Paris organise une journée Sarah Bernhardt pour célébrer cette comédienne considérée comme un trésor national par Clemenceau.

La personnalité et le destin exceptionnel de Sarah Bernhardt méritaient bien mieux que ce récit emberlificoté qui fait des sauts dans le temps, en avant, en arrière, en flashs back ; mais en est-ce vraiment car on ne sait plus de quelle année en serait le point de départ. Certes un récit chronologique aurait peut-être manqué d'originalité, mais le montage de ce récit reposant sur un parti pris obscur au point de devoir chapitrer le film, est vraiment inintéressant. De plus, l'histoire d'amour de la comédienne et Lucien Guitry (autre monstre sacré du théâtre et père de Sacha) occupe bien trop de place non seulement parce qu'elle n'est pas avérée et aussi parce que la comédienne ne peut en être ainsi réduite.

Malgré tout, le scénario, en peu de mots et en quelques scènes, fait voir de la comédienne l'importance de sa gloire, son fort caractère, son indépendance, la modernité de ses positions politiques et sociales, ses punchlines et la vivacité de son esprit. Et c'est à la magistrale interprétation de Sandrine Kiberlain que le film le doit. Son immense talent est la seule vraie bonne raison de voir le film. A ses côtés, Laurent Lafitte, Amira Casar, Laurent Stocker, Sébastien Pouderoux... sont très bien.

Voir les commentaires

Dans le Jura, Anthony, dit Totonne, 18 ans, vit oisivement avec sa petite soeur et son père paysan et faiseur de Comté. Quand celui-ci décède brutalement, Totonne doit gagner sa vie.

Vingt Dieux raconte ce qu'est de vivre jeune à la campagne une vie de paysan. La moto, les quads, les courses de stock-car, les fêtes de villages, les soirées alcoolisées, les levers à l'aube, le travail à la ferme et rend hommage aux savoirs faire locaux et ancestraux, ici la fabrication du Comté.

Le charme opère grâce aux comédiens, avec en tête Clément Faveau (aux faux airs de Benoît Maginel) et Maiwene Barthélémy, à une réalisation rythmée, qui sait dire beaucoup avec peu, une parcimonie dans les dialogues mais utilisant des expressions et l'accent local et une bande son soignée. Discrètement, le récit célèbre aussi l'entraide entre copains et l'importance du rôle des femmes, Marie-Lise, la petite sœur et la faiseuse de Comté viendront toutes trois sauver Totonne.

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog