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Nathalie Baye, convoque, en un éclair, trois images marquantes : 

celle du 1er souvenir, en 1973, dans La Nuit Américaine, elle séduit et marque les esprits dans le rôle de Joëlle, la scripte qui tente d'emmener la diligence à bon port auprès du réalisateur Ferrand interprété par Truffaut himself. François Truffaut la fera tourner encore dans L’Homme qui aimait les femmes et dans le très intime et intimidant La chambre verte.


2e souvenir, en 2005, dans Le petit Lieutenant, elle est à la fois lumineuse et sombre, la lieutenant en chef que la vie n'a pas épargnée et d'épargnera pas.

Et 3e image, en 2016, elle impressionne, interprétant la mère borderline de Gaspard Ulliel dans Juste la fin du monde de Xavier Nolan avec qui elle tournera aussi Laurence anyway. encore dans un rôle de mère.

Entre et autour de ces deux souvenirs inoubliables, une multitude d’autres. Nathalie Baye a tourné dans une centaine de films, variant les genres cinématographiques, du plus ardu au plus populaire, de Jean-Luc Godard à Philippe Lachaud, en passant par de jeunes auteurs.
Nombreux sont les réalisateurs qui ont fait appel à elle a plusieurs reprises : Tony Marshal, Xavier Beauvois, Thierry Kliffa, Bertrand Blier, Pierre Granier Deferre, Guillaume Canet, Bruno Chiche, Jean-Luc Godard…
C'est elle qu'a choisi Nicole Garcia pour incarner l'héroïne de son 1er film en tant que réalisatrice.

De nombreuses fois nommée aux César, elle fut récompensée à quatre reprises.

Nathalie Baye, fille de peintres, formée à la danse et diplômée du Conservatoire de Paris, a également joué au théâtre et prêtait sa voix devenue familière sur l'hymne des Resto du Coeur et sur Quelque chose de Tennessee de Johnny Hallyday dont elle partagea la vie. Elle forma également, pendant 10 ans, un couple culte avec le comédien Philippe Leotard.

Sa simplicité, la modernité de son jeu, son sourire et son rire francs ont fait d'elle une comédienne "star" accessible que l'on avait toujours plaisir à retrouver au cinéma comme en interview.

Nathalie Baye est morte ce 17 avril à l'âge de 77 ans.

A voir Conversation avec Nathalie Baye par Olivier Père en replay sur Arte.fr

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  • Un comédien (70 films) et un réalisateur (9 films) talentueux,
  • Le créateur du festival du cinéma indépendant de Sundance qui a révélé des réalisateurs majeurs (Tarantino, Jim Jarmusch, Les frères Cohen, Jeff Nichols, Christopher Nolan, Steven Soderbergh, Damien Chazelle..)
  • Un américain engagé, écologiste, vivant dans les montagnes plutôt qu'à Hollywood, soucieux des minorités, ouvert sur le monde et la culture européenne 
  • Le visage d'une Amérique rêvée
  • Une beauté renversante et la copie de Brad Pitt avant Brat Pitt
  • Une légende de l'histoire du cinéma 

Robert Redford en 8 films :

1969 - Butch Cassidy et le kid de Georges Roy Hill avec le grand Paul Newman. Un western aux héros plein d'humour mais au triste destin. Et la chanson culte de Burt Bacharach Raindrops keep falling on m'y head. Le premier succès populaire de Redford. Oscar du meilleur scénario et réalisateur en 1970.

1973 - Nos plus belles années de Sydney Pollack, avec Barbara Streisand,. Une des plus grandes et belles histoires d'amour du cinéma et film politique critique du Maccarthysme. Et la chanson culte The way we were interprétée par Barbara Streisand.

1973 : L'arnaque de Georges Roy Hill encore avec le grand Paul Newman. Un scénario génial et la musique culte de Scott Joplin. Oscar du meilleur film en 1974.

1976 - Les hommes du président d'Allan K Pakula avec le grand Dustin Hoffman. L'affaire du Watergate mettant en scène les journalistes du Washington Post qui révélèrent le scandale. Film documentaire virevoltant. Oscar du meilleur scénario en 1977.

1981 - Des gens comme les autres de Robert Redford. Sa première réalisation. Succès populaire et critique. Une famille bourgeoise qui perd pied après un drame. Bienveillance du regard du réalisateur, parfaite direction d'acteurs. Oscar du meilleur film en 1982.

1985 - Out of Africa de Sydney Pollack avec la très grande Meryl Streep. L'adaptation de la biographie de Karen Blixen. Un magnifique portrait de femme, une des plus grandes histoires d'amour du cinéma. Récit épique, poétique et sensuel, images magnifiques. Et la musique de John Barry Oscar du meilleur film en 1986.

1992 - Et au milieu coule une rivière de Robert Redford avec le talentueux Brad Pitt. Un des premiers beaux rôles de Brad Pitt. Film émouvant aux images magnifiques. Intelligence du récit. Oscar du meilleur scénario en 1993.

2001 - Spy game de Tony Scott. Un film d'espionnage bien troussé et divertissant qui vaut surtout parce qu'il réuni pour la première fois Robert Reford et Brad Pitt.

 

Robert Redford est décédé ce 16 septembre à l'âge de 89 ans.

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Pour beaucoup, Emilie Dequenne c'est Rosetta, celle qui se bat pour avoir un travail, pour ne plus vivre dans une caravane, pour avoir une vie normale. Emilie a 17 ans quand les frères Dardenne la choisissent. Elle n'en a pas encore 18 quand elle reçoit le prix d'interprétation à Cannes en 1999. Elle entre dans le monde du Cinéma avec une vérité telle, une évidence. C'est  une révélation.

2 ans plus tard, elle est une jeune marquise, qui n'a pas froid aux yeux, dans Le Pacte des loups aux côtés de Samuel Le Bihan.

En 2009, c'est André Téchiné qui la choisie pour être La fille du RER face à Catherine Deneuve. Inspirée d'un fait divers, son héroïne est une mythomane qui s'invente une agression à caractère antisémite.

En 2013, dans Pas son genre, sous la caméra de Lucas Belvaux, elle est Jennifer, coiffeuse à Arras, enjouée, naturelle, un peu naïve qui s'éprend d'un intellectuel parisien qui n'assume pas cette relation. Loïc Corbery, de la Comédie Française est son partenaire et elle reçoit un Magritte pour ce rôle.

En 2017, dans Les hommes du feu de Pierre Jolivet, elle est l'adjudant-chef Bénédicte qui peine à trouver sa place dans la caserne de pompiers où elle a été affectée dirigée par Roshdy Zem.

En 2020, pour Emmanuel Mouret, elle est Louise, la femme trompée qui s'efface pour laisser son homme aimer une autre. Dans Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait, elle apparaît peu, mais marque encore fortement dans une longue séquence finale qui nous cueille par la sensibilité de son incarnation. Elle reçoit pour ce film le César du meilleur second rôle féminin.

En 2022, elle est Sophie, bouleversante mère du jeune Rémi, dans le très beau Close de Lukas Dhondt.

Des femmes aussi diverses, elle en a incarnée plus de 50, beaucoup au cinéma et un peu à la télévision.

Elle leur a donné vie comme peu d'acteurs savent le faire, s'effaçant totalement derrière ses personnages. Son visage enjoué qu'habillait un immense sourire, ses yeux rieurs, sa voix douce et juvénile étaient des armes absolues pour communiquer toutes les émotions même les plus sombres. Comme dans A en perdre la raison de Joachim Lafosse, dans lequel Emilie incarnait Muriel, mère de famille, qui suffoque sous le poids du quotidien et qui commet l'inimaginable. Son incarnation donne à Muriel une humanité puissante que même son geste fou ne peut lui retirer. 

Emilie Dequenne est morte ce 16 mars, après avoir partagé publiquement pendant plusieurs mois son combat contre le cancer. Elle avait 43 ans.

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Les personnages d'hypocondriaques maigrichons en recherche constante du coup d'un soir, car sur un malentendu ça peut marcher, étaient à l'origine de sa notoriété. Parmi eux, Jean-Claude Dusse (Les Bronzés) et le Denis de Marche à l'ombre, sont devenus cultes, et peut-être aussi un peu encombrants. En prenant, un peu d'âge mais aussi de la masse, Michel Blanc s'est ouvert à des personnages plus sombres comme celui de Monsieur Hire. L'acteur là aussi génial y est inquiétant et au final touchant. Tenue de soirée (Prix d'interprétation à Cannes), Chambre à part, Uranus, Merci la vie, L'exercice de l'Etat (César du second rôle), Les témoins... il se voit confier des rôles dramatiques par des réalisateurs-auteurs.

C'est pour Marche à l'ombre qu'il est passé derrière la caméra la première fois, limitant les risques en se donnant le rôle du boulet. Les dialogues y sont des punchline. C'est drôle, tendre et moderne. Pour son deuxième film de réalisateur, Grosse fatigue, il joue son propre rôle ou plutôt celui de Michel Blanc, la vedette, et également celui d'un sosie usurpateur d'identité. C'est drôle également et un peu vertigineux. Puis, il réalise encore trois films (Mauvaises passes, Embrassez qui vous voudrez, Voyez comme on danse) aux sujets sombres, moins convaincants, dans lesquels il joue entouré d'une pléiade d'acteurs prestigieux à la hauteur de son talent. 

Il était aussi un des membres du Splendid, bande de potes de lycée, qui avant de chacun faire carrière,  nous ont fait mourir de rire ensemble.

Michel Blanc est décédé ce 3 octobre.

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A l'évocation de son nom c'est tout d'abord la personnalité clivante qui vient en tête, ses amitiés et ses positions politiques, une certaine prétention, un caractère trempé et, ces dernières années, le déballage public de ses enfants au sujet de la santé du père. Puis, vient le visage de Romy Schneider auquel il fut sans cesse associé, couple mythique et héros de La piscine, film culte. C'est aussi le souvenir de son physique exceptionnel, son nom devenant synonyme d' "extrême beauté".

C'est la rançon de la gloire, le lot des Stars - car Delon était une Star - de voir leur personnalité réelle ou fantasmée prendre le dessus sur leur travail d'artiste. 

Mais Alain Delon est avant tout un immense acteur. Il est peut-être l'acteur français qui a tourné dans le plus grand nombre de films ayant marqué l´age d´or du cinéma français et italien : Plein soleil de Clément, Rocco et ses frères de Visconti, Mélodie en sous-sol de Verneuil, Le guépard de Visconti, L'insoumis de Cavalier, Paris brûle-t-il de Clément, Les aventuriers d'Enrico, Le samouraï de Melville, La piscine de Deray, Le clan des siciliens de Verneuil, Borsalino de Deray, Le cercle rouge de Melville, La veuve Couderc de Granier Deferre, Un flic de Melville, Deux hommes dans la ville de Giovanni, Monsieur Klein de Losey...

Viendront dans les années 80 et 90, des films de flics et de gangsters, qu'il produit et parfois réalise, et des collaborations plus ou moins heureuses, dont des incursions dans des films plus "difficiles" réalisés par Godard (Nouvelle vague) et Blier (Notre histoire qui lui vaudra son seul César) jusqu'à l'Asterix aux jeux olympiques dans lequel il interprète César, non sans autodérision, clamant  "Ave moi".

Alain Delon est décédé ce 18 août.

Alain Delon
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