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Le 17 décembre 2012, Maureen Keaner, professeur d'anglais chez Areva et syndicaliste à la CFDT, est agressée à son domicile. Depuis plusieurs mois, elle enquête sur un projet de contrat entre Areva, EDF et la Chine qui mettrait en danger 50 000 salariés d'Areva et le savoir-faire nucléaire français (ce qui finit d'ailleurs par arriver).

Jean-Paul Salomé reconstitue tout le contexte précédent l'agression et l'enquête sur l'agression. Par soucis d'égalité envers Maureen Keaner, tous les noms des protagonistes de cette affaire politico-judiciaire ont été conservés. On imagine le temps passé par les avocats pour verrouiller le scénario et éviter de potentielles poursuites. Car l'affaire est édifiante. 

Mais ce qui interpelle dans cette histoire vraie, c'est qu'elle ait pu passer inaperçue dans les médias et auprès de l'opinion publique. Ce qui intrigue c'est la relation de proximité entretenue par Maureen Keaner avec Anne Lauvergeon, la facilité d'accès de la syndicaliste auprès des grands patrons d'Areva, sa notoriété auprès des politiques. Ce qui fascine, c'est cette personnalité particulière de Mauren Keaner, qui provoque à la fois admiration et inquiétude. Isabelle Huppert joue parfaitement cette ambiguïté, passant en une seconde de la victime à la manipulatrice, semant le doute sans que jamais il ne s'impose tout à fait. Elle est magistrale.

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César d'honneur : David Fincher

Meilleur espoir féminin : Nadia Tereszkiewicz, dans Les Amandiers

Meilleur espoir masculin : Bastien Bouillon dans La Nuit du 12

Meilleurs costumes : Gigi Lepage pour Simone - le voyage du siècle 

Meilleur décor : Christian Marti pour Simone - le voyage du siècle 

Meilleur premier film : Saint-Omer d'Alice Diop

Meilleur court-métrage d'animation : La vie sexuelle de Mamie de Urska Djukic, Emilie Pigeard

Meilleur film d'animation : Ma famille Afghane de Michaela Pavlatova

Meilleur son : François Maurel, Olivier Mortier et Luc Thomas pour La Nuit du 12

Meilleure actrice dans un second rôle : Noémie Merlant dans L'Innocent

Meilleure musique de film : Irène Dresel pour A  plein temps

Meilleurs effets spéciaux : Laurens Erhmann pour Notre Dame brûle 

Meilleur film étranger : As bestas de Rodrigo Sorogoyen 

Meilleure photographie : Artur Tort pour Pacifiction 

Meilleur Montage : Mathilde Van de Moortel pour A plein temps

Meilleure Réalisation : Dominik Moll pour La Nuit du 12

Meilleur scénario : Louis Garrel, Tanguy Viel et Naila Guiguet pour L'Innocent

Meilleure adaptation : Gilles Marchand et Dominik Moll pour La Nuit du 12

Meilleur acteur dans un second rôle : Bouli Lanners dans La Nuit du 12

Meilleure actrice : Virginie Efira dans Revoir Paris 

Meilleur acteur : Benoît Magimel dans Pacifiction 

Meilleur film : La Nuit du 12 de Dominik Moll

 

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Aissa, 23 ans, meurt lors d'un bizutage à la prestigieuse école militaire Saint-Cyr. Sa famille se confronte à l'armée pour que les honneurs lui soit rendus.

Tout en contant le réel combat qu'il a mené face à la grande muette, Rachid Hami raconte l'histoire de son petit frère Jallal et de sa famille : l'enfance algérienne pendant la guerre civile, le père absent, une mère forte et aimante, les deux frères que tout oppose, les derniers moments passés ensemble à Taipei.

Pour interpréter ces moments forts de sa vie, il a fait appel à Karim Leklou, Lubna Azabal, Samir Guesmi, Laurent Lafitte et Shain Boumedine tous parfaits, entre retenue et intensité.

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Ce film surprend là où on ne l'attendait pas : sa notation déplorable par les spectateurs sur le site AlloCiné. Les comédies françaises les plus pathétiques n'y sont pas aussi mal traitées.

Le film subit sans doute le contre coup d'une attente de 10 ans depuis la dernière adaptation ciné d'une aventure d'Astérix (Astérix au service de sa Majesté de Laurent Triard  en 2012) amplifiée par le matraquage publicitaire dont bénéficie (ou pas) le film de Canet. Il souffre également de la comparaison avec le très réussi, culte et jamais égalé Astérix et Obélix, mission Cléopâtre d'Alain Chabat. Enfin, l'attachement des français à ces deux héros qui font partie du patrimoine et de l'enfance de nombreux d'entre eux ne favorise pas l'indulgence. 

Car, L'empire du milieu qui affiche bien des défauts, est loin d'être la nullité que semble dénoncer la majorité des spectateurs (qui se sont prononcés). Si le scénario original (le film ne se base pas sur une des histoires d'Uderzo et Goscinny) semble inutilement complexe, le narrateur (Gérard Darmon qui succède au grand Pierre Tchernia) le dénonce avec ironie et autodérision à 2 ou 3 reprises. Si le casting XXL envahi par une pléiade de vedettes semble inutile (si ce n'est peut-être dans l'idée des producteurs de faire venir dans les salles les fans de chacune des "stars" présentes) et n'apporte rien artistiquement parlant, il n'enlève rien non plus au bon déroulement du film. Les vrais comédiens sont bons dont Vincent Cassel, Marion Cotillard, Ramzy Bedia, Pierre Richard,  Philippe Katerine, Jérôme Commandeur, José Garcia,  Audrey Lamy, Jonathan Cohen. Gilles Lelouch est surprenant dans le rôle d'Obelix, lui apportant la poésie et la part d'enfance qui caractérise le  personnage. Si on peine un peu à oublier Guillaume Canet, derrière Astérix, rôle qui a toujours été plus casse gueule, son interpretation est efficace.

Il est vrai que certains gags et jeux de mots faciles n'agissent pas. Tout comme il est vrai que l'on sourit souvent (quand on a l'âge du réalisateur...) à des références anciennes. La reprise d'une scène culte de La Chèvre avec Pierre Richard dans son propre rôle et Gilles Lelouch dans celui de Depardieu, lui-même Obélix de référence, risque de ne pas faire rire les moins de 40 ans. Tout comme le "Tchi Tcha" de Darmon après l'évocation de "Suez, comme le canal".

On est un peu déçu par la réalisation qui manque de précision, chose indispensable pour servir comme il faut le rire. Le montage ne favorise pas la lecture des séquences. La photographie déçoit aussi alternant entre esthétique du film d'aventure et celle de la bande dessinée, l'image semble parfois pâtir des effets spéciaux. On ne perçoit pas non plus une signature stylistique.

Malgré ces défauts, l'heure et 50 minutes de film se déroule sans ennui, rythmée par une ribambelle d'idées et détournements plus ou moins efficaces. Le film ne mérite pas d'être ainsi assassiné.

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Lydia Tar est une chef d'orchestre respectée et reconnue à la tête d'un orchestre symphonique Berlinois. Entourée de gens dévoués, sa femme (Nina Hoss, très juste), son assistante (Noémie Merlant, parfaite) et de personnes envieuse, des chefs qui lui piquent ses recettes ou s'accrochent à leur place, Lydia trace sa route avec l'autorité que lui confère et lui impose son statut.

Dans ce personnage de femme ambiguë, à la fois, artiste d'exception qui vise l'excellence en tout, manager exigeante quite à blesser jusqu'à détruire, prise dans le courant de la cancelled culture, Cate Blanchett est impériale. Dès la première scène, sa voix grave, son ton assuré, son regard tranchant posent le personnage. Pendant 2h38, elle ne quitte pas l'écran et nous emporte dans sa chute mais également dans la description de son art. Si les dialogues nous mènent parfois dans un jargon technique, ils ne nous perdent jamais et fascinent, au contraire, tant on perçoit ce qui guide un chef d'orchestre dans son interprétation des œuvres, dans sa perception des sons. En ça, le film est aussi passionnant. 

Pour ce qui est de la chute de l'icône, l'ambiguïté des relations de Lydia aux femmes, son parti pris qui sépare l'Homme de son œuvre, ses arbitrages dans la gestion de son orchestre, son sentiment d'invincibilité pourrait nous ramener à l'image de certains hommes pris dans le mouvement #metoo. Sauf que Lydia, même prise dans le tourbillon et l'aveuglement de sa réussite, semble posséder une conscience. Est-ce cette conscience qui se manifeste par des interférences sonores : un métronome qui s'anime seul dans la nuit alors qu'elle s'apprête à atteindre son Graal (l'enregistrement de toutes les symphonies de Malher) mais aussi la cinquantaine, un cri de femme dans la forêt alors qu'une autre est en train de se suicider, le bip d'une machine médicale tandis que la mort s'approche d'une vieille dame...

La mise en scène de Todd Field est aussi remarquable. Plaçant en avant les longues mains de Cate Blanchett qui disent autant que les dialogues, suggérant les drames plus qu'il ne les montre, informant sur l'évolution de la vie de l'artiste par les décors précis de ses habitations, hôtels et voitures, il donnent dans chaque image une multitudes d'informations qui participent à la richesse des interprétations que le spectateur peut se faire du film et de son héroïne.

 

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