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François, entraîne son fils Émile, dans la recherche de Lana, épouse et mère. Elle fait partie des humains en cours de mutation animale. 

Des hommes et des femmes voient leur corps muter, s'approchant de celui d'animaux, leur instinct animal prendre le dessus. Faut-il s'en inquiéter ? Faut-il les aider ou les exclure ? Est-ce un drame ou une nouvelle vie qui s'offre à eux ?

Thomas Cailley (Les Combattants) traite cette histoire surréaliste avec le soucis constant du réalisme. C'est ce traitement qui donne au film toute sa force. Il n'est pas question ici d'effets horrifiques, de spectacle. Et il n'est pas question de laisser chez le spectateur la place au doute. Tout cela est possible, pour preuves les réactions de la société, de Monsieur tout le monde jusqu'aux forces de l'ordre, sont semblables à celles qu'on peut ou qu'on a pu rencontrer dans certaines circonstances réelles. Ce soucis du réalisme crée l'émotion plus que l'effroi.

Si le film nous renvoit instantanément à l'idée d'une vengeance de la nature qui reprendrait le pouvoir sur l'invasion de l'Homme, très vite le récit nous évoque d'autres thèmes qui touchent notre époque, tels que l'acceptation de la différence, l'accueil de l'étranger, l'apprivoisement d'un corps différent d'une identité officielle...

La réalisation de Thomas Cailley offre de beaux moments oniriques et de poésie pure, laisse deviner plus qu'on ne les voit ses créatures étranges, présente la forêt, et sa rivière, entre ombre et lumière, dans tout son mystère et sa beauté. 

Romain Duris est magnifique en type ordinaire prêt à tout pour sauver sa famille. Son sourire lumineux et son regard noir lui confèrent une humanité désarmante. A ses côtés, Paul Kircher, grand adolescent déguingandé entre convictions fortes et dénuement, est remarquable.

Un film ovni magnifiquement réussi.

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Amiens, en avril 1976, suite à l'annulation pour vice de forme de son premier procès, Pierre Goldman est rejugé pour avoir effectué quatre braquages dont l'un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Goldman reconnaît les braquages sauf celui de la pharmacie. Lors du 1er procès, Pierre Goldman avait été condamné à la réclusion à perpétuité.

Plus que le procès lui même, c'est la personnalité de Pierre Goldman qui intéresse. Une impressionnante dialectique, une curieuse façon de se défendre qui renvoie à l'occasion la justice face à ses étrangetés, une forme d'instabilité psychologique que l'on perçoit chez ce fils de parents juifs polonais, engagés politiques, dont le père ayant fuit le nazisme pour trouver refuge en France, y sera résistant... Pierre Goldman, pétri d'admiration pour ses parents, militant d'extrême gauche, versant pourtant dans le banditisme, intrigue. 

Cédric Kahn présente sa vision des moments forts du procès, traçant le portrait complexe de Goldman, l'ambiance électrique dans le prétoire mais aussi entre Goldman et son avocat Georges Kiejman. Son traitement met aussi en lumière l'antisémitisme, le racisme, une police défaillante de l'époque, autant de thèmes toujours d'actualité.

Trois caméras ont tourné simultanément ce huis clos bouclé en trois semaines et monté par Yann Dedet. La réalisation s'approche au plus près des visages, se joue de la disposition des lieux pour donner à voir simultanément les orateurs et les auditeurs, laisse entendre la présence du public pro ou anti Goldman, adopte un format carré qui favorise l'immersion. Le grain de l'image, encore plus que les looks vestimentaires des personnages, nous transporte d'emblée dans les années 70. La qualité du film repose aussi sur l'excellence de ses comédiens (Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stéphane Guerin-Tillie, Nicolas Briançon, Jérémy Lewin...,), ingrédients essentiels dans la réussite d'un film de prétoire.

Difficile de mesurer la part du vrai, du subjectif et du fictif dans le film. On pourra toutefois avoir un autre éclairage en lisant l'interview donnée par Christiane Succab-Goldman l'épouse de Pierre Goldman, au Monde le 4 octobre 2023.

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A Helsinki, Ansa est employée sous payée dans un supermarché. Holappa est métallurgiste et porté sur l'alcool. Un soir, dans un karaoké, leurs regards se croisent.

Le monde et les Hommes désespèrent Aki Kaurismaki au point qu'il annonça, en 2017, à la sortie de L'autre côté de l'espoir, vouloir arrêter le cinéma. Il a visiblement changé d'avis mais pas de vision du monde. Sur fond d'informations radio sur la guerre en Ukraine et, un peu, sur la répression en Libye, il conte la difficulté de la classe populaire de survivre dans un monde froid et hostile. Ses héros (Alma Poysti et Jussi Vatanen très bien), deux êtres solitaires, qui se débattent dans un monde du travail sans pitié et face à l'inflation galopante, sont sans cesse séparés par leurs timidités, les hasards ou les accidents de la vie. Kaurismaki parsème cette histoire de rencontre contrariée de son humour pince sans rire, usant toujours de longs silences et de plans fixes sur des hommes à l'air ahuri ou perdu. La mise en scène et la photographie, où les couleurs explosent dans des décors pourtant austères, portent la patte du réalisateur reconnaissable entre mille. Les références à la culture française et aux classiques du cinéma (Brève rencontre, le Clan des siciliens, Godard, Besson, Chaplin...) sont nombreuses en arrière plan. En illustration sonore des chansons finlandaises, portant toutes un texte désespéré, semblent décrire une société finlandaise intrinsèquement dépressive.

Sans être désagréable, le film déçoit un peu par son manque d'audace et de surprise, le réalisateur jouant sur ce qu'il sait faire et a déjà fait.

Prix du jury au festival de Cannes 2023.

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Marc Becker présente les rushs de son dernier film à ses producteurs/distributeurs qui déçus décident de confier la reprise du film à quelqu'un d'autre. Marc fuit avec son film et son équipe.

Marc, clone de Michel Gondry, est fantasque, angoissé, hyperactif et bipolaire. Gondry dresse ici le portrait, d'un créateur et de sa solitude face à son oeuvre, de sa tyrannie à l'égard de son équipe. Et celui d'un bipolaire, en pleine phase maniaque, assailli par une multitude d'idées qu'il juge forcément géniales. 

Pierre Niney est parfait dans le rôle du réalisateur débordé par lui même et insupportable pour les autres. Il est entouré des excellents Blanche Gardin, Frankie Wallach, Camille Rutherford et la remarquable Françoise Lebrun. 

Le film, autoportrait du réalisateur sur le tournage de L´écume des jours, est aussi une représentation des affres de la création et un hommage à l'entourage, souffre douleurs, des artistes. C'est imaginatif, vif et très, très drôle. Une bouffée d'air frais.

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Sur l'île de la Réunion, François Sentinelle est flic et pseudo-chanteur. 

Pour incarner ce personnage de capitaine de police dilettante, Jonathan Cohen fait du Jonathan Cohen. Le film est donc à réserver aux fans du comédien. Même s'il reste excellent, Jonathan Cohen prend le risque de lasser d'autant que le film repose essentiellement sur lui. Les gags basés sur les bourdes du capitaine et de son équipe de décérébrés se succèdent et s'avèrent souvent drôles, lassant un peu sur la durée. Ils dominent dans un scénario qui semble pourtant vouloir installer une intrigue policière crédible. Les deux personnes réfléchies du film, interprétées par Raphaël Quenard et Emmanuelle Bercot, très bien tous les deux, interviennent comme une respiration dans le too much. Mais le scénario ne trouve jamais son équilibre. 

Sans être totalement raté, le film ne convainc  pas vraiment.

A voir sur Prime vidéo.

 

 

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