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Daniel, 11ans, malvoyant, vit dans un chalet à la montagne avec sa mère Sandra, son père Samuel et son chien Snoop. Un jour, de retour de promenade, il trouve son père mort étendu dans la neige au pied du chalet.

Homicide ou accident ? C'est sur cette interrogation que repose le film qui nous invite au coeur de l'intrigue. En prenant le parti pris de développer son récit au plus près de l'accusée, de ses avocats et de Daniel, Anatomie d'une chute présente un angle de vue qui impose au spectateur de s'interroger tout au long du film sur Sandra, intellectuelle, indépendante, dont on ne sait si l'ambiguïté nait de la barrière de la langue, du besoin de protéger son fils, du traumatisme de la mort de son mari ou d'une culpabilité, et de s'identifier au jeune Daniel, pris entre son père mort et sa mère suspectée. Cette Anatomie d'une chute est aussi l'autopsie d'un couple, tous deux écrivains, marqués par un accident et rongés par une inégalité dans la réussite professionnelle.

L'intelligence du scénario (écrit par la réalisatrice et Arthur Harari, réalisateur du génial Onoda) et la qualité de la réalisation, qui alterne les angles de vue et présente de belles idées de mise en scène, maintiennent totalement notre intérêt même dans les scènes de procès, genre cinématographique casse gueule et partie importante du film. La qualité des dialogues et le soin mis dans le portrait de chaque personnage, servis par des interprètes remarquables (Sandra Huller, Swann Arnaud, Antoine Reinartz, Samuel Theis et le jeune Milo Machado Granger), font d'Anatomie d'une chute un film intense, parfaitement réussi.

Le film a reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes 2023.

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La bataille de Solférino,  Victoria, Sybil

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Barbie (version Stéréotypée) vit heureuse à Barbyland entourée de toutes les Barbie et de Ken Stéréotypé et de tous les autres Ken. Toutes les journées parfaites se succèdent jusqu'au jour où Barbie évoque la mort.

La première partie du film, dont l'introduction façon 2001, l'odyssée de l'espace de Kubrick, est très efficace. La reproduction du monde de plastique de Barbie est particulièrement réussie et les détournements très drôles. Margot Robbie est parfaite et Ryan Gosling est un Ken magnifiquement fade. L'histoire se déroule à un rythme soutenu, efficace dans ses idées, son humour et ses détournements. Le portrait de la Direction de Mattel assez jouissif avec un excellent Will Ferrer en Big Boss

Puis, le scénario se concentre sur Ken et son besoin d'exister en toute indépendance dans Barbyland. Le récit devient poussif, laborieux et bégayant. Le peu d'humour qui reste s'alourdit. Le discours pseudo féministe ne fait même pas illusion. Certaines idées semblent abandonnées en cours de route et le virage final qui fait se rencontrer la créatrice (Ruth Handler) et sa créature perd de son potentiel émotionnel.

Dommage.

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Dans un théâtre parisien, lors de la représentation d'une pièce de boulevard, un spectateur se lève et interrompt le spectacle.

Comme souvent chez Dupieux, l'idée de départ est excellente, car intriguante et drôle. Il ne reste plus qu'à la développer en imaginant ce qu'elle va occasionner.

Les films de Quentin Dupieux sont souvent court (67 minutes ici), le réalisateur souhaitant aller à l'essentiel, à l'os.

On peut être d'accord avec lui. On peut aussi juger qu'il peine à donner à son idée de départ toute l'ampleur qu'elle promet. On peut aussi penser que ses films reposent surtout sur les prestations d'excellents comédiens.

C'est le cas de Yannick. Son idée excellente car fantasme de nombreux spectateurs, ne donne pas grand chose au final si ce n'est un très beau rôle pour Raphaël Quenard totalement captivant dans la peau d'un personnage étrange, à la fois inquiétant, drôle et émouvant. Il est entouré de Pio Marmai, Blanche Gardin et Sébastien Chassaigne, parfaits tous les trois.

Aucun ennui pendant ces 67 minutes mais aucun moment vraiment marquant non plus. Un film au fort potentiel qui crée plus de regret que de satisfaction. 

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En 1943, Robert Oppenheimer, physicien nucléaire juif américain, est nommé Directeur scientifique du programme militaire Manhattan qui a pour objectif d'équiper les États-Unis de la bombe atomique avant l'Allemagne Nazie

Théoricien génial malhabile en labo, sympathisant communiste et citoyen américain fidèle, créateur de la bombe A pour contrer le nazisme et militant pour la neutralisation de cette arme par diffusion des connaissances nucléaires à tous les pays, fier de la notoriété acquise par la bombe atomique mais poursuivi par la culpabilité, scientifique obnubilé par ses recherches et queutard invétéré, ami fidèle finalement trahi... Oppenheimer conte l'incroyable vie de cet étrange physicien nucléaire bourré de contradictions et dont les travaux changèrent la face du monde. Christopher Nolan dessine le portrait d'Oppenheimer dans un montage mêlant trois époques - formation aux États-Unis et en Europe, mise au point de la bombe atomique à Los Alamos, faux procès en destitution en 1954 - chaque scène ouvrant question ou donnant réponse à plusieurs années d'intervalles. Le récit d'une grande densité et les personnages clés multiples, nécessitent une attention soutenue pendant les trois heures que dure le film. Pourtant, grâce au montage et aux ellipses que proposent Nolan, les personnalités et les enjeux se découvrent et les questions existentielles s'imposent aux spectateurs.

Sur la forme, le film présente une mise en scène classique efficace rehaussée d'illustrations nous invitant dans les pensées et les visions d'Oppenheimer. La photographie, sans esbrouffe, éclaire au plus près les visages. Si les illustrations sonores s'avèrent parfois assourdissantes, elles touchent souvent justes. Cillian Murphy est impressionnant d'ambiguïté dans le rôle titre. A ses côtés, Emily Blunt, Matt Damon, Robert Downey Junior... sont excellents.

Le film est inspiré de la biographie American Prometheus: The Triumph and Tragedy of J. Robert Oppenheimer écrite par Kai Bird et Martin J. Sherwin.

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Inès Leraud enquête sur l'impact sanitaire des algues vertes qui envahissent certaines plages de Bretagne. Son enquête provoque l'hostilité d'une partie de la population, de la FNSEA, de l'industrie agroalimentaire et des politiques.

Le film est inspiré de la bande dessinée qu'Inès Leraud a tirée de son enquête. Si le sujet des algues vertes, scandale sanitaire sous omerta, est très intéressant, l'intérêt du format cinéma, tel que proposé par Pierre Jolivet, interroge. Le film très didactique manque de lyrisme, de tension, d'intensité, tant dans le récit que dans sa mise en scène assez pépère elle aussi. Avec si peu d'ambition créative, un documentaire aurait été plus intéressant. Céline Salette et Nina Meurisse, toutes deux parfaites, méritaient d'évoluer dans une oeuvre plus ambitieuse.

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