SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:15

bullet-park2.jpgLe Collectif Les Possédés nous présente au Théâtre Bastille son adaptation du roman de John Cheever  "Les Lumières de Bullet Park". Ecrit en 1969, le livre raconte le quotidien de deux familles Américaines vivant dans le confort moderne d'une banlieue protégée où rien ne dépasse ou rien ne doit dépasser. Ennui, alcool, soif de consommation, sexualité non assumée, régne du paraître et du qu'en dira-ton... le malaise se révèle en chaque geste.La folie peut ici s'épanouir, un simple accroc à la tranquilité du quotidien et l'engrenage se met en marche.

Les Possédés sont composés de comédiens exceptionnels. Leur jeu est parfait.

Leur mise en scène est ici encore excellente. Le décor pose en quelques accessoires l'époque. La scénographie occupe parfaitement la scène en y multipliant les lieux sans qu'à aucun moment on ne s'y perde.

La pièce est très drôle, caustique et folle. Dans les échanges et les monologues la qualité d'écriture, que l'on suppose être celle de John Cleever, interpelle.

Le récit, de 2h00, marque quelques langueurs et longueurs et la scène finale semble un peu expédiée. Cela est sans doute dûes à la difficulté d'adapter un roman au théâtre. Mais, le reste est tellement bien, que ces petits moments d'affaiblissements sont vite oubliés.


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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 20:56

la-verite.jpg

La Vérité est une pièce de Florian Zeller,  l'écrivain dont les livres tombent des mains et l'auteur de la pièce "Si tu mourrais" vu en 2006 et souvenir pénible que la délicieuse présence de Catherine Frot n'a pu sauver.

La Vérité est interprétée, au théatre Montparnasse par l'excellentissime Pierre Arditi.

 

Zeller a tissé une histoire de mensonges vaudevillesque à la mécanique astucieuse parfaitement pensée.  

Arditi, génial comme toujours, joue la partition de façon magistrale avec une énergie incroyable, ne lésinant pas sur le cabotinage pour notre plus grand plaisir.

 

Ensemble, ils créent une pièce intelligemment construite qui dans son genre frôle une certaine perfection et risque fort d'être jouée, rejouée et reprise pendant quelques années.

Une bonne surprise donc.

 

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 22:01

40x60-INTROSPECTION-copie.jpgGwenael Morin met en scène, au théâtre Bastille, Introspection de Peter Handke une pièce parlée dont toutes les phrases commencent par "je". Ce monologue à la première personne confesse les évolutions, régressions, mutations, déceptions, révolutions d'un Homme de sa naissance jusqu'à sa présence devant nous au théâtre. Ecrite à l'origine pour être dite par deux comédiens , un homme et une femme, Introspection est ici interprétée par 8 comédiens (4 filles, 4 garçons). Dispositif qui souligne sans doute l'universalité de ce "je".

Alignés debout, au plus près du public, quasi-immobiles pendant toute la pièce, les comédiens déclament leur texte en choeur, s'offrant à quelques rares moments le plaisir de le dire à deux ou seul ou de rompre les phrases ou les mots. Dans la première partie de la pièce, ce dispositif sert particulièrement bien la musicalité du texte, son écriture cadencée rendant l'ensemble hypnotique. Si dans la seconde partie, la magie opère moins bien, les comédiens criant un peu trop, on reste marqué par l'efficacité de la première partie.

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 21:04

LE-MEC-DE-LA-TOMBE-A-COTE.jpgUne femme et un homme se rencontrent dans un cimetière. Elle lit les philosophes, il élève des vaches.

 

L'auteur ne craint pas la caricature et ne fait pas dans la nuance. La finesse n'est pas de mise. Les personnages sont dessinés à très gros traits : l'intellectuelle est bibliothécaire et l'agriculteur est un gros beauf.

On croit rêver d'apprendre que cette pièce est tirée d'un livre écrit en 2006...

Le jeu des comédiens, Sophie Broustal et Marc Fayet, est à la hauteur de l'histoire : lourd, très lourd. Marc Fayet, qu'on a connu plus inspiré, se croit obligé de donner un accent à son personnage, un accent pseudo-campagnard qui se transforme à l'occasion en accent de banlieue parisienne ou en plus d'accent du tout.

A cela s'ajoute une mise en scène, dans laquelle les acteurs monologuent à n'en plus finir. Ils content leurs états d'âme mais aussi leurs faits et gestes au public. A tel point qu'ils n'échangent tous deux qu'une trentaine de phrases. Ce parti pris pourrait être intéressant si le texte bénéficiait d'une écriture plus littéraire, l'histoire d'un peu de finesse et les comédiens d'un peu plus d'inspiration. Sans ces trois éléments, la mise en scène n'est que ridicule.

Qualité de la pièce : sa durée. 1h15, on n'aurait pu tenir plus longtemps.

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 21:03

le-dernier-coup-de-ciseaux-affiche.jpgUn salon de coiffure très gay friendly, une clientèle hétéro...clite, un meurtre à l'étage et une enquête publique composent la trame de "Dernier coup de ciseaux". Cette pièce qui emporte depuis 30 ans tous les succés aux Etats-Unis est adaptée pour le public français par les auteurs de  Le tour du monde en 80 jours au Café de la Gare.

L'entrée en matière effraie un peu ; le salon de coiffure prenant vie telle une cage aux folles lors de l'entrée des premiers spectateurs dans le théâtre au rythme des Villages People. Heureusement, la caricature volontairement appuyée sur tous les profils (cadre supérieur prétentieux, bourgeoise Télérama, flic idiot...) est parfaitement assumée par des comédiens excellents. Le public digère grâce à eux et sans difficulté les outrances inhérantes au cadre de la pièce et rit de bon coeur.

Après une première heure dédiée à la mise en place des personnages et à l'évènement clé, le capitaine de police entre en scène et demande au public de l'aider dans son enquête. La pièce devient interactive jusqu'au bar du théâtre (l'entracte est prétexte à aller boire un verre avec le capitaine de police pour discuter du meurtre).

Si les comédiens sont excellents et qu'Olivier Solivères gère parfaitement le public, il est fort à parier que la qualité de la soirée que vous passerez dépendra aussi beaucoup de la qualité de la participation des spectateurs. Mon soir fut un excellent soir.


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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 16:17

Bois d'Enghein qui vient de  passer la nuit chez sa maîtresse Lucette cherche le courage de rompre car il se marie le jour même.

Jérôme Deschamps met en scène à 100 à  l'heure cette pièce où le génie de Feydeau agit comme jamais. La quinzaine de comédiens dont Florence Viala, Guillaume Gallienne, Thierry Hancisse, Dominique Constanza, Claude Mathieu, Serge Bagdassarian, Georgia Scalliet... sont excellents. Hervé Pierre, dans le rôle de Bois d'Enghein, est déchaîné en lâche, manipulateur tandis que Christian Hecq est un hilarant en pantin desarticule.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 14:08

jypey-se-revolte-affiche.jpgJypey. Ce nom de comique sonne comme un gadget et n'annonce rien qui vaille.

Et pourtant, très à l'aise avec le public et l'improvisation, le comédien s'avère très bon.

Son spectacle est fait de sketchs, pas toujours très bien balisés, sur le couple, la sécurité routière, la société de consommation. La forme et le fond n'apportent rien de vraiment nouveau.

On est même surpris par l'écriture un peu à l'ancienne. On est loin des stand-ups à la mode, ça ne sonne pas de notre époque et c'est ce qui donne finalement un petit goût d'air frais.

Jypey nous offre un bon moment de détente, de rire bon enfant, sans révolution, mais pas sans savoir faire. Sympathique donc.

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 16:31

james_thierree_london_large.jpgMoins de chorégraphies aériennes, moins d'emphase, plus d'acrobaties, de magie, de danse et de contorsions, si  "Au revoir parapluie" offre moins d'envolées lyriques que "La veillée des abysses", le spectacle n'en est pas moins un grand moment d'évasion.

Le rire, plus présent, alterne, ici aussi, sans cesse avec le drame et les moments d'émotion se terminent toujours par une pirouette qui laisse place à la farce.

 

Le décor principal, une centaine de cordes suspendue au plafond virevolte et coule sur la scène en une masse informe et inquiétante. Car, dans "Au revoir parapluie", il pleut des cordes, des cordes qui emprisonnent, vous lient et vous relient contre ou avec votre grés. Des cordes qui se font aussi vocales, car le  chant, la musique et les sons tiennent un rôle essentiel dans la pièce, à la fois complices et ennemis de nos héros qui grands voyageurs malmenés par les éléments, se débattent, trébuchent et se disloquent, souvent victimes, soudain spectateurs quand l'absurde est trop grand.

Le spectacle prend fin sous un chapiteau de cirque, un chapiteau accueillant et protecteur, où les choses sont plus douces, où la pluie est de volants et d'étoiles.

La lumière s'éteint et un déluge d'applaudissements retentit.

 

Article sur la Veillée des Abysseset LA Grenouille avait raison ici : La veillée des Abysses , la grenouille avait raison

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 13:03

Illumine.jpgMarc Hollogne propose depuis près de 30 ans des spectacles qu'il nomme cinéma-théâtre. Un écran de cinéma occupe la moitié de la scène sur lequel des acteurs filmés (Mathilda May, Michel Jonasz et Rufus) donnent la réplique aux comédiens physiquement sur scène qui peuvent à tout moment, eux aussi, entrer "dans" l'écran. La synchronisation entre l'écran et la scène est parfaite et de la salle on finit par perdre ses repères et on ne sait plus très bien distinguer le réel du virtuel. 

L'illuminé se situe aux débuts de la révolution industrielle et est prétexte à dénoncer les excès du tout technologique. Le récit déjà un peu compliqué par un texte très riche (très bien écrit mais pas simple) est construit d'une façon qui encombre le propos et lui fait perdre un peu de son intérêt. Cependant, les astuces et bons mots ne manquent pas et donnent souvent lieu à sourire.

Mais, le spectacle vaut surtout pour sa prouesse technique et la poésie que véhicule le cinéma-théâtre. Quant aux comédiens, à commencer par Marc Hollogne, ils sont d'une qualité irréprochable et poursuivent le spectacle jusqu'à la sortie du théâtre où ils attendent les spectateurs pour les saluer une dernière fois.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 21:25

mechant-moliere.jpgA Courson la Gamine, le directeur du supermarché a décidé de mettre en scène Tartuffe avec sa troupe de comédiens. Trouvant Molière un peu dépassé, il a quelque peu modernisé l’histoire et le texte en respectant toutefois l’écriture en alexandrins.

Ce qui frappe dès les premières minutes de Méchant Molière, c’est la qualité très inégale de la troupe ; certains comédiens sonneront particulièrement faux d’un bout à l’autre de la pièce. Le décor est triste à souhait et surtout sans aucune originalité. La mise en scène est du même acabit. Peu imaginative, elle est toutefois rattrapée par un sens de la gestuelle assez efficace. Très vite il est évident que les bons moments de la pièce résident dans la réécriture et la ré-interprétation de Tartuffe. Tout l’habillage autour et l’histoire de Courson la Gamine ne reste que prétexte et offre peu d’intérêt, à l'exception de l'écriture en alexandrins qui joue un rôle comique primordial. Il est vrai que l’auteur Xavier Jaillard excelle dans la réécriture et le sens du décalage. Et lorsqu’il est servi par des acteurs qui sonnent juste, son texte est très drôle. Ainsi, on goûte particulièrement la qualité de Tchavdar Pentchev, irrésistiblement juste de drôlerie dans le rôle de Valère (sa qualité jure presque dans cet ensemble).

Ce « Méchant Molière » du Théâtre du Petit Hébertot est donc bien étrange. Bien que l'on rit souvent et que la pièce se voit sans ennuie, trop d’éléments semblent avoir été montés à la va-vite, sans soin, comme bâclés. La pièce en est un peu gâchée.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 15:30

Hitch2.jpgFrançois Truffaut et Alfred Hitchcock reçoivent au Lucernaire dans un spectacle très particulier.

Ingrédient principal de la pièce : le Hitchbook. Le livre d'entretiens entre Truffaut et Hitchcock nourrit les dialogues. Le théme de Hitch est donc le cinéma, avant tout celui de Hitchcock, et aussi la relation particulière qu'entretenaient les deux réalisateurs.

Dés la première minute, les auteurs placent les deux cinéastes dans une situation incongrue qui rend un double hommage au goût du suspens d'Hitchcock et à l'admiration quasi passionnelle qu'entretenait Truffaut pour le maitre anglais. Cet événement sert alors de fil rouge pour dérouler l' entretien entre les deux hommes accompagnés d' Irma Hitchcock, épouse d'Alfred. Curieusement, et de façon tout à fait incompréhensible, au milieu de la pièce, les auteurs mettent fin au suspens abandonnant totalement l'intrigue, seule astuce du spectacle qui aurait permis de ne pas laisser sur le bord de la route les non cinéphiles. Toute la place est alors donnée aux échanges sur le cinéma. Evidemment, ayant abandonné toute intrigue, les auteurs ne proposent pas de chute. La pièce, définitivement mal ficelée, se termine sans qu'on sache pourquoi, car cela aurait pu durer ainsi des heures. 

Malgré ce tissage bancal, Hitch offre un bon moment, pour qui est passionné par Hitchcock et Truffaut. On rit souvent, le malicieux Hitchcock ayant particulièrement le sens de la formule et le personnage d' Irma étant particulièrement drôle aussi. Les comédiens (Joe Sheridan, Mathieu Bisson et Patty Hannock) sont excellents et la ressemblance avec Truffaut et Hitchcock est telle qu'il est facile, en se laissant aller à ses rêves les plus fous, d'oublier qu'il s'agit là de doublures.


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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 21:23

diplomatie-copie-1.jpgLes troupes du Général Leclerc sont aux portes de la capitale, lorsque le consul suédois Raoul Nordling s'introduit dans l'hôtel Meurice QG du général Von Choltitz. L'officier, gouverneur de Paris, s'apprête à faire sauter tous les monuments et ponts de la ville pour engloutir la capitale et stopper l'avancée de l'ennemi. Nordling et Choltitz se lancent alors dans une joute oratoire dont l'enjeu est Paris et par extension l'avenir de l'Allemagne déjà presque battue.

Diplomatie met en scène l'histoire dans l'Histoire sans que l'on sache très bien ce qui est vrai ou inventé. Mais peu importe, on sait que l'essentiel est bien réel : Choltitz a désobéi aux ordres et sauvé Paris.

L'auteur Cyril Gely offre aux deux comédiens des dialogues tendus, à l'écriture limpide et efficace. La dramaturgie est régulièrement allégée de bons mots qui bénéficient du jeu tout en ironie légère de Dussolier. La mise en scène et le décor sobres servent parfaitement l'histoire. Les petits détails semés avec parcimonie suffisent à nous immerger dans l'époque. Les indispensables, mais très, seconds rôles sont parfaits. André Dussolier excelle dans la peau du diplomate guindé, de l'humaniste sensible et de l'insolent trouble fête. Quant à Niels Arestrup, à lui seul il imprime toute la tension du moment et exprime avec un réalisme bluffant toute la violence et l'impuissance de cet homme prit entre deux choix impossibles. On perçoit chacun des basculements de cet officier qui voit son monde rêvé s'écrouler. Captivant.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:36

or.jpgLe théâtre Daniel-Sorano de Vincennes ouvre sa scène à Blaise Cendrars. Le comédien Xavier Simonin interpréte L'Or.

Sur lui, pas de costume particulier et de jolies lumières. A ses côtés, un décor minimaliste et un drôle de type. Assis sur une chaise, statique et muet, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau accompagne Xavier Simonin.

Le comédien est en tous points remarquable et vous emporte très vite dans les mots de Cendrars et l'incroyable histoire de Johann Auguste Suter. Le voyage est total. L'harmonica de Milteau est agréable et juste lorsqu'il joue entre "les chapitres", mais il devient gênant quand il accompagne la voix de Simonin.

Le comédien est si talentueux qu'on n'est pas très sûr, au final, de l'intérêt de l'harmonica. D'ailleurs, Milteau l'avoue lui même le boulot c'est Simonin qui le fait ! La présence de Milteau sert sans doute plus à remplir la salle qu'elle ne sert le spectacle. Cela reste tout à l'honneur de l'harmoniciste qui offre à Xavier Simonin, comédien de haut vol, l'audience qu'il mérite.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 22:41

chantal-ladesou-bobino_265809.jpgChantal Ladesou avale les mots, mâche les syllabes, n'articule pas. C'est sa marque de fabrique. Dés le début du spectacle, elle annonce la couleur à peu près ainsi :

Les gens qui viennent me voir dans les pièces de boulevard me disent "j'aime beaucoup ce que vous faites. Vous me faites beaucoup rire mais je ne comprends pas tout ce que vous dites. Alors, je reviens et plus je reviens moins je comprends et plus je ris". C'est comme ça qu'on remplit les théâtres !!

Dans "J'ai l'impression que je vous plais vraiment", Chantal Ladesou s'adresse à ce public, SON public, celui qui la suit fidèlement de pièce en pièce. Elle y parle donc de théâtre, de sa vie conjugale, des coulisses et à-côtés de son mêtier. Le tout à tort et à travers, dans un grand foutrac où Chantal Ladesou se raconte, avance dans son récit, s'interrompt pour apostropher un spectateur puis repart en arrière, change de direction, et revient dans son non-récit à un rythme effreiné. Allure déguigandée, "souplesse de l'échine", tonalité de voix unique, Chantal Ladesou déploie une énergie incroyable qui pourrait laisser croire qu'une troupe entière joue. En réalité, elle est bien seule en scène et sans doute plusieurs dans sa tête tant sa folie est grande et un rien étrange. L'interprète est irrésistible donc et si l'on rit beaucoup c'est avant tout grâce à elle. Le texte décousu, qui donne à l'occasion mais gentillement dans une certaine grossièreté, accuse quelques faiblesse qui sans le talent de Ladesou pourraient être fatal au spectacle.

Mais la vedette sur la scène de Bobino est avant tout Chantal Ladesou. Le texte n'est que prétexte à laisser cette orfèvre du rire ravire son public une nouvelle fois.


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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 15:25

olivier-de-benoist-affiche.jpgCe qui surprend d'abord c'est l'excitation de la salle. On se dit alors qu'on s'est trompé de spectacle et que seul un artiste confirmé peut susciter une telle attente. Très vite, on apprend qu'Olivier de Benoist est une des "vedettes" de l'émission de Ruquier "On ne demande qu'à en rire" et que le public du Point Virgule est à 50% composé de fans de l'émission.

Un public chaud donc, qui meurt d'envie de s'exprimer et d'échanger avec l'artiste qu'il connaît déjà par coeur. A tel point que lorsque de Benoist entre en scène, on lui souhaite bien du courage pour réussir à dérouler son spectacle. Dailleurs, très vite et avec un métier certain, il explique aux plus excités que le comédien c'est lui et qu'il a un spectacle à jouer.

Le thème choisit n'est pas des plus originaux : les rapports hommes-femmes. Les blagues ne sont pas toutes de premières fraîcheurs. Et, pourtant, Olivier de Benoist fait rire et ne laisse aucune place à l'ennui durant son heure quinze de spectacle. Il est rapide, très rapide (haut débit dit le titre) et prècis. Son énergie tendue fait son effet et nous embrouille à la première seconde. Ainsi, on rit à ce qui par un autre ne nous ferait que sourire. Le talent du bateleur compensant aisément celui de l'auteur. On remarquera tout de même une construction habile du spectacle qui avec un peu d'originalité sort légèrement du déjà vu. A suivre donc.

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 15:54

Affiche-small.jpgUn appartement à visiter « absolument » où se retrouvent quatre locataires potentiels : un jeune couple de provinciaux, un homme d’affaires crâneur et pressé et une jolie fille en trottinette. Le représentant de l’agence immobilière n’est pas là. Les échanges, entre rapports de force et confidences, vont mener les prétendants concurrents là où ils ne s’imaginaient pas.

 

Les monologues, attribués à Emma Colberti, Philippe Hérisson et Julia Maraval, sont plutôt bien balancés et assez drôles dans le registre de l’ironie ou des désillusions.  Ils suffiraient, s’ils étaient plus nombreux, à composer une pièce agréable sans prétention mais sans fausse note. Malheureusement, l’auteur cherche l’émotion et pour cela use d’un 1er degré où il atteint vite ses limites. Il verse dans le ridicule, parce que dans le vu et revu et surtout n’atteint pas le fond qu’il semble viser. Quand ces scènes sont interprétées par Emma Colberti, Philippe Hérisson et Julia Maraval, leur jeu impeccable limite la casse. Lorsque Frédéric Tokarz, l’auteur qui s’est s’attribué le rôle principal, joue ces scènes on s’ennuie ferme. C’est bien simple dés qu’il est au centre de la scène tout s’arrête il ne se passe plus rien sans qu’on sache très bien si cela est dû au seul fait qu’il soit mauvais comédien ou à l’association de ce peu de talent avec la piètre qualité de son texte.

Remercions donc  Emma Colberti, Philippe Hérisson et Julia Maraval  d’être capables, par leur « simple » jeu,  d’élever « A voir absolument » au delà de ses petits moyens.

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 16:17

berenice.jpgBérénice aime Titus qui aime Bérénice. Mais Titus empereur de Rome ne peut épouser une étrangère et Bérénice est reine de Palestine. Entre eux, le prince Antiochus qui n'en conservera pas moins son statut d'amoureux déçu.

 

Gwenaël Morin s'empare de la magnifique pièce de Racine. Il en conserve fidèlement le texte superbe et l'habille de sa systématiquement enthousiasmante mise en scène. C'est vif, rapide, le mouvement des corps est essentiel tant dans la course que dans l'immobilité soudaine. Les personnages se débattent, se résignent et se débattent encore. Les comédiens touchent une fois encore à la grâce : Julian Eggerickx (Antiochus), Barbara Jund (Bérénice), Grégoire Monsaingeon (Titus) et Ulysse Pujat (Arsace, Phénice, Paulin).

Le public vibre pendant 1h30 entre émotion et surprise sans que l'admiration pour tout ce talent ne nuise au voyage.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 20:15

geNew-York, un « vieux » chorégraphe reçoit chez lui un jeune couple venu l’interviewé. Tel est le point de départ de « grand écart » une pièce qui sans être totalement désagréable n’ apporte rien au répertoire. L’intrigue est cousue de fil blanc et si quelques répliques font mouche elles le doivent surtout à la qualité des comédiens. A commencer par Thierry Lhermitte qui dans le rôle casse gueule du chorégraphe efféminé déjoue tous les pièges inhérents au personnage. C’est un réel plaisir de le voir sur scène. Valérie Karsenti joue son rôle comme il faut mais sa partition ne lui laisse que peu d’occasion de donner place à son talent. François Feroleto hérite du rôle sans doute le plus difficile avec un personnage tout en excès. Il remplit sa mission et s'accorde avec ces deux partenaires.

Bref, voilà une gentille pièce qui doit tout à ses comédiens.

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 15:00

gp.jpg

 

Son credo : un air lugubre pour énoncer quelques bons mots qui se veulent choquant.

 On se prend très vite au jeu du personnage, plus cynique que réellement choquant, composé par Gaspard Proust jusqu'au moment où la lassitude s'installe. Le comédien se cogne aux limites du stand-up. A force d'enchainer les vannes les unes derrière les autres sans réel fil conducteur, son spectacle manque de sens et certaines facilités sautent aux oreilles. Car si Gaspard Proust évoque souvent (et sans rigueur mais ce n'est pas le propos)  la grande Histoire, il omet d'en donner une à son spectacle ; la "petite" histoire qui lui permettrait de sortir de la simple, et rapidement lassante, succession de blagues.

Dommage pour cette fois mais le potentiel est là et tous les espoirs sont permis.

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 22:26

visueltartuffe2

Le théâtre Bastille accueille jusqu'au 31 octobre, le Tartuffe de Gwénael Morin créé en 2009 dans le cadre du "théâtre permanent" aux Laboratoires d'Aubervilliers.

Comme souvent chez Morin, le décor est quasi inexistant et les comédiens jouent sans costume. Tout est dans le jeu, la mise en scène virile et minutieusement chorégraphiée et la subtile réinterprétation de l’œuvre classique qui sous la scénographie de Morin et le jeu des comédiens révéle une parfaite modernité.

Depuis l'école, on savait les pièces de Molière plutôt drôles mais cet humour grinçant nous semblait d'un autre temps.

Morin accentue quelques traits, coupe quelques scènes sans toutefois dénaturer le propos principal. Il transforme, par exemple, la romantique et soumise Marianne en gourde irrésistible de drôlerie, insiste sur le caractère incestueux d'Orgon, surjoue la scène de séduction piège d' Elmire, fait de Damis un ado révolté. Et puis, Morin ose supprimer le happy end tiré par les cheveux et un rien lénifiant écrit par Molière, et permet à la pièce d'assumer jusqu'au bout son propos. Ainsi, l’irrésistible drôlerie de la pièce et sa modernité éclatent.

Bien sûr Morin convoque sur scène ses merveilleux comédiens et on retrouve ici Julian Eggerickx, Barbara Jund, Renaud Béchet, Ulysse Pujat et Grégoire Monsaingeon, tous magnifiques. Morin a juste la mauvaise idée d'interprété lui-même le rôle de Cléante. Et c'est sans doute le seul reproche qu'on pourrait lui faire. Gwénael Morin n'est pas très bon comédien ou en tout cas n'est pas à la hauteur de sa formidable troupe. Si ses idées de mise en scène et de réécriture son admirables, il est dommage qu'il joue. Mais, face à tant de réussite ceci n'est qu'anecdote.

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 09:18

propaganda

Simon Yates et Jo-Ann Lancaster accompagnés de leur deux enfants forment la troupe Acrobat.

Tout droit venus d'Australie, ils proposent un spectacle aux décors et accessoires minimalistes où l'acrobatie sert de prétexte et de support à l'expression de leurs humbles revendications. Ainsi, chaque "numéro-sketch" dénonce, non sans humour et une certaine auto-dérision, l' hyper consommation, l'argent roi, la pollution, l'exploitation au travail... mais aussi le diktat des bonnes pratiques...

Certaines acrobaties bluffent sans toutefois que l'ensemble nous impressionne vraiment.

Le spectacle vaut surtout par son originalité : épuration à l'extrême de l'habillage scénique, humour et auto-dérision et bien entendu militantisme.

Une curiosité dans la foule des spectacles formatés.

 

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 15:58

cedric-chapuis.jpg

Au théatre de Dix Heures, Cédric Chapuis nous propose de rencontrer Adrien Lepage.

Adrien est un garçon à part qui ne vit que pour la batterie. Elle guide son parcours d'enfant et d'adolescent et bouleverse sa vie d'adulte.


Cédric Chapuis est un comédien magnifique, un conteur hors pair et un très bon joueur de batterie. Sous les traits d'Adrien, il nous emporte entre rires, musique et émotions pendant 1h30. Aucun problème de rythme dans l' histoire de ce curieux batteur. Et nul besoin d'être amateur de batterie pour goûter à cette histoire. Cerise sur le gâteau, l'intelligence de l'écriture nous mène à une conclusion surprenante et forte.


Une Vie Sur Mesure est originale inattendue, parfaitement écrite et merveilleusement interprétée. Un moment de grâce.

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 15:57

tour-du-monde112Il y a quelques temps Jules Verne écrivait les aventures de Phileas Fog lancé dans le défi de réaliser le tour du monde en 80 jours maximum.

Le Café de la Gare s'est lancé, il y a 4 ans déjà, un autre défi : celui de jouer ces aventures sur une scène grande comme un timbre poste. A l'arrivée 4 ans de succès et ça continue toujours.


Trépidante parodie respectant parfaitement le roman, la pièce provoque rires sur rires à un rythme particulièrement soutenu. Seule réserve toutefois, la sur-utilisation des anachronismes comme mécanique du rire finie par lasser un peu (un tout petit peu).

Les comédiens au nombre de 4 sont hilarants et d'une énergie époustouflante. Parfaitement rodés, ils jouent dans une absence quasi total de décor digne de ce nom. Leur force est de nous y faire croire d'un bout à l'autre.


Sans atteindre, le génie des "39 marches" d'Eric Metayer, ce Tour du Monde en 80 jours offre un très bon moment de théâtre comique.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 15:59

17fois.jpg 

 

Maximilien débute une thérapie chez un psychologue. Il paie 17 séances d'avance. Le public assiste à ces 17 séances (ou presque). Tout d'abord réticent, Maximilien accepte ,peu à peu, le jeu de la psychothérapie.

 

La pièce propose quelques bonnes idées d'écriture et de mise en scène. Quant au texte il m'a semblé d'autant plus faible que son interprête Nikola Parienty était affreusement mauvais. Sans grâce,  ni nuance. Peut-être était-ce un très mauvais soir ? 


Du coup, tout semble bien long et on compte les séances en ayant sans cesse en tête qu'à la 17ième aura lieu la délivrance de Maximilien et surtout la notre."

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 10:20

gpr_troissoeurs0910.jpgAlain Françon réunit une distribution de rêve à la Comédie Française pour sa nouvelle mise en scène : les Trois Soeurs de Tchekhov. Guillaume Gallienne, Michel Morin, Eric Ruf, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker entre autres se retrouvent dans une grande maison Russe un jour de fête. Une certaine ferveur régne dans la maison. On découvre les trois soeurs Irina la plus jeune toute en joie pleine de projets d'avenir, Macha entre tristesse et rage qui s'ennuie avec son mari et Olga, l'ainée raisonnable. Toutes trois rêvent de quitter cette maison et de repartir vivre à Moscou, là où est la Vie. Tout au long des quatre actes on verra le rêve s'éloigner irrémédiablement et les désillusions s'installer.

La mise en scène et les décors de Françon (très inspirés de ceux d'origine comme pour "La Cerisaie" de La Colline) nous emportent instantanément dans la Russie d'un 20ième siècle naissant. Les comédiens parfaits nous transportent par le rire au premier acte et de plus en plus dans la nostalgie, le chagrin et l'ironie du désespoir.

Dans la scène finale réunissant les trois soeurs les comédiennes Elsa Lepoivre (Macha), Florence Viala (Olga) et Georgia Scalliet (Irina) nous bouleversent une dernière fois, après trois heures d'un voyage poignant.

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