SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 12:50

Deux heures du matin, un couple de quinquagénaires, George, professeur d'histoire et Martha, fille du président de l'université, rentre d'une réception bien arrosée. Martha apprend à George qu'elle a invité un jeune professeur de biologie et sa femme à venir poursuivre la soirée chez eux. Quand le jeune couple arrive l'ambiance est déjà électrique.

Le texte méchant et cruel est férocement drôle. Dominique Valladié et Wladimir Yordanoff composent ce couple pervers et autodestructeur avec une truculence jubilatoire. Leurs joutes oratoires sont tout à la fois glaçantes et irrésistibles. Face à ces deux monstres, les jeunes comédiens Pierre-François Garel et Julia Faure, particulièrement drôle, sont parfaits. Alain Françon à la mise en scène présente un décor des plus épurés où la lumière crépusculaire plante d'emblée l'ambiance glauquissime qui habille la pièce d'un bout à l'autre. Une très bonne surprise.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 22:12
Amok au théâtre de Poche

Sur le pont d'un navire, un jeune homme exalté raconte. Alors qu'il est médecin sous la chaleur étouffante d'un bled malaisien depuis près de 5 ans, une femme blanche, belle, d'une aristocratie hautaine, vient lui demander une aide que sa fierté lui interdit de formuler. Tout à la fois séduit et piqué à vif par son arrogance, le médecin lui refuse son assistance.

Sur une scène minuscule, au plus près des spectateurs, où seules quelques caisses de bois et une lumière soignée servent de décor, Alexis Moncorgé nous conte cette étrange histoire. Il nous communique parfaitement la fièvre folle de son personnage mais nous convainc moins dans les rares moments où il donne vie au personnage féminin et à un confrère médecin, tout comme lorsqu'il fait appel à des accessoires pour mimer une scène. Ce n'est pas le comédien qui est en cause mais plutôt des partis pris de mise en scène trop démonstratifs qui gâchent la magie du conteur.

Les 75 minutes du spectacle n'en offrent pas moins un bon moment de découverte (ou redécouverte) du livre de Stefan Zweig.

PS : A noter que les représentations sont données dans la petite salle du sous-sol. A déconseiller aux claustrophobes et aux dos fragiles.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 20:48
Tartuffe aux Ateliers Berthier

Au sol un damier noir et blanc, une grande table centrale et quelques fauteuils en aparté, des murs blancs, de lourdes tentures de velours et une mezzanine. C'est dans ce beau décor, où l'espace domine, que la famille d'Orgon se délite petit à petit sous les manipulations de Tartuffe.

Tout d'abord, on remarque le damier qui nous trouble la vue, un peu comme Orgon aveuglé par le jeu de Tartuffe. Puis, très vite, c'est le talent de Chantal Neuwirth qui nous éblouie. Elle campe une Dorine magnifique, impertinente et drôle. A ses côtés, Samuel Labarthe (Orgon) et Micha Lescot (Tartuffe) ne surprennent pas : ils sont excellents comme chaque fois. Si surprise il y a, elle vient d'Audrey Fleurot que, bêtement peut-être, nous n'aurions pas spontanément imaginé dans une mise en scène de Luc Blondy et qui offre à une Elmire manipulatrice et courageuse, une interprétation moderne d'une grande précision. Du bien bel ouvrage même en l'absence du maître.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 21:01
Voyage au bout de la Nuit - Les Possédés

Seul sur la scène de la grande salle du théâtre de la Bastille, Rodolphe Dana se glisse dans la peau de Ferdinand Bardamu et nous emmène dans la campagne française pendant la guerre de 14, en Afrique Equatoriale, à New-York et Détroit, avant de terminer l'aventure par son retour à Paris.

Sur le plateau, entouré des hauts murs noirs du théâtre, six tables de métal, seules, qui, sur leurs pieds, couchées ou debout bien droites, accompagnées par la lumière diffuse ou clinquante des projecteurs, dessinent le décor de ces trois voyages. Le comédien joue pleinement les scènes, marchant au pas, rampant, se déshabillant sous la chaleur tropicale, découvrant tête levée la ville verticale, se démenant dans les ateliers de l'usine Ford, s'accoudant aux bars, louchant sur les filles. Adoptant la gouaille du héros de Céline, ses enthousiasmes de courte durée et sa misanthropie, Rodolphe Dana capte d'emblée notre attention et nous emporte dans ce voyage initiatique pendant 1h40 de théâtre de grande qualité.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 20:23
Le Mensonge de Florian Zeller au théâtre Edouard VII

Alors qu'ils s'apprêtent à recevoir leurs amis Michel et Jacqueline, Alice demande à son mari d'annuler le dîner. Elle a vu l'après-midi même Michel embrasser une femme dans la rue.

Tout comme dans "La vérité", Florian Zeller interroge sur les bienfaits du mensonge et de la sincérité. Le prétexte est sensiblement le même : deux couples d'amis, quatre personnes qui ne se disent pas tout à fait la vérité. L'ensemble est habilement écrit, sans génie et sans qu'il ne se passe grand chose, mais on reste suspendu aux jeux des comédiens pendant 1h40. Car bien sûr, dàns ce genre de pièce, la qualité de l'interprétation fait tout. Evelyne Bouix a de l'allure face à la tornade Arditi, une fois de plus hilarant dans le registre de la mauvaise foi. La précision de son jeu bluffe toujours autant.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 21:26
Fleurs de Cactus au théâtre Antoine

Julien, dentiste et coureur de jupons, fait croire à sa jeune maîtresse qu'il est marié et père de trois enfants, jusqu'au jour où, fou amoureux, il décide de lui demander de l'épouser.

La pièce de Barillet et Gredy, créée en 1964, tient la dragée haute aux créations actuelles du théâtre de boulevard. Les dialogues sont drôles, les situations typiques de ce genre théâtral intelligemment menées et les rebondissements nombreux moins soûlant qu'à l'accoutumé. Et si la lassitude vient c'est à moins d'1/2 heure de la fin ce qui pour une pièce de boulevard d'une durée de 2h10 est plus qu'honorable. Michel Fau, comédien et metteur en scène, a choisi de situer la pièce à l'époque de sa création s'offrant ainsi un terrain de jeu propice à tous les délires. Décors, coiffures, costumes, accompagnement musicaux et danses de l'époque sont exploités à fond et cela fonctionne et accentue la drôlerie de l'ensemble.

Tout serait donc au mieux s'il n'y avait cette direction d'acteurs. Les seconds rôles jouent, avec un certain talent, terriblement faux. Ils surjouent avec une énergie telle que cela ne peut qu'être voulu. A moins d'être amateurs de ce genre de décalage, cela est vite, si ce n'est immédiatement, insupportable. Michel Fau, dont le savoir-faire n'est plus à prouver, peine à convaincre dans un rôle viril. Seule Catherine Frot joue sa partition avec une justesse sans faille. D'une précision d'orfèvre, elle est la pièce maîtresse de ce spectacle. L'indispensable.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 20:39
On achève bien les chevaux de Bartabas

Aller voir un spectacle de Bartabas dans son théâtre équestre Zingaro est magique car le lieu est... magique. Du chapiteau restaurant aux décors et caravanes échoués tout autour, de l'entrée dans le théâtre sur un plancher de bois qui surplombe les écuries, loges où les artistes, issus de la plus noble conquête de l'homme, se concentrent, à la piste et les gradins de bois rouge qui l'entourent, jusqu'au feu de bois géant qui vous salue à la sortie du spectacle, tout participe à faire de ce moment quelque chose de merveilleux.
Quand le spectacle commence la beauté des chevaux vous saisit. Leur agilité, la précision du dressage bluffent. Dans "On achève bien les anges", la première scène les surprend libres seuls sur la piste, puis des anges descendent doucement du ciel pour les chevaucher. Ces acrobates impressionnent eux aussi par leur technique. Les tableaux se succèdent semblant tout d'abord nous conter une histoire puis nous perdant dans une série de saynètes dont on ne sait plus si elles s'associent pour nous raconter quelque chose ou au moins illustrer un propos. À l'exception de 3-4 scènes esthétiquement réussies et quelques bonnes idées mal exploitées, l'habillage et le propos artistique laissent sur sa faim.

Les chevauchées et l'incroyable talent de Bartabas pour obtenir ce qu'il veut des chevaux impressionnent. Son talent purement artistique, sa capacité à emmener plus loin cette maîtrise technique convainc moins. On rêve d'un Bartabas associé à un James Thiérrée, lui aussi homme de cirque, qui porte une poésie et une profondeur sans pareil. En associant leur savoir-faire, ils pourraient créer un spectacle totalement magique lui aussi.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 18:12
Le Misanthrope à la Comédie Française

Alceste, incapable de mentir, a une soif irrépressible de vérité. Il ne supporte pas les conventions qu'impose la vie en société. D'ailleurs, il ne supporte que très difficilement la présence des autres, à part celle de Célimène, sa maîtresse à laquelle il demande expressément d'officialiser leur relation.

Comme souvent à la Comédie Française, l'adaptation, les décors, la mise en scène et l'accompagnement sonore sont remarquables. Les comédiens sont excellents et nous tiennent en haleine pendant les 2h45 d'une pièce de Molière moins facile que le reste de son répertoire. Florence Viala, dans un rôle important mais trop court, marque une fois de plus la pièce de sa présence. Loïc Corbery et Adeline d'Hermy, dans l'énergie qu'ils donnent à leur interprétation, dans les scènes de rire ou de colère, ont tendance à perdre la bonne articulation qui permet de bien saisir les alexandrins de Molière. Ils n'en sont pas moins de très convaincants Alceste et Célimène.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 19:47
Patrick Timsit - On ne peut pas rire de tout

Patrick Timsit reprend à la Gaîté Montparnasse, le spectacle qu'il présentait au théâtre du Rond Point en janvier dernier (et dont l'affiche, cette fois, semble ne pas avoir été censurée). Le comédien, en mode stand-up, interroge le public "Peut-on rire de tout (et de tout le monde) ?" et propose d'égrainer la longue liste des sujets sensibles dont il est aussi plaisant, qu'inconvenant ou dangereux de rire, à commencer par les juifs, communauté dont Timsit, et surtout ses parents, font partie. Dès lors le ton du spectacle est donné. Tous les clichés sur toutes les communautés sont abordés. Marseillais, handicapés, Arabes, Français, Belges, Portugais, enfants, femmes, Noirs, Roms...

Le défi, incontournable, est d'être drôle à chaque fois. Et c'est le cas. L'écriture est précise, le texte entre les blagues est intelligent et surtout le comédien est excellent. Son interprétation est essentielle pour provoquer un rire le plus spontané qui soit, sans que le spectateur se sente gêné ou s'interroge sur le bon esprit de son voisin. Seuls deux sketchs un peu hors sujet, viennent riper légèrement cette mécanique du rire. Un rire qui ne nous lâche pas pendant plus d'1h30. Bel exploit.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 03:43
Sophia Aram - Le fond de l'air effraie

Dans la grande salle du Palais des Glaces, Sophia Aram présente un nouveau spectacle adoptant un format sensiblement différent de "Du plomb dans la tête" et "Crise de foi". Ici, les sketchs et personnages sont peu nombreux et laissent la plus grande place à une revue de l'actualité et des maux de la société qu'elle révèle, façon "Guy Bedos".

Avec ce format moins métaphorique, Sophia Aram affirme ses convictions de façon plus frontale et oublie à quelques occasions de faire rire. Le spectacle se scinde ainsi sur la forme en deux parties, deux tonalités, qui s'entrecroisent : celle de la parodie et celle du premier degré. La parodie est souvent très efficace et l'on rit de bon coeur. Sophia Aram, par exemple, commente successivement des extraits édifiants des livres de Trierwieler et Zemmour, se moque des bobos à travers le regard de sa tante Fathia, nous chante le triste destin de Marine Le Pen, nous explique que tout est un clivage droite-gauche, incarne un djiadiste Québequois et revient sur son Pearl Harbor (télévisé) de l'estime de soi... Dans la seconde partie, Sophia Aram semble ne plus pouvoir rire de tous ces intégrismes religieux et politiques, de cette violence à l'encontre de la liberté d'expression... au point de se perdre en justification et de se répéter dans sa volonté de convaincre à tout prix un public à priori déjà conquis par ces idées d'humanisme, de respect et de liberté.

Dans ce spectacle, bilan d'une époque violente où tout devient agression, Sophia Aram réalise sans doute un exercice encore plus courageux que celui de ses précédents spectacles ou de ses chroniques hebdomadaires sur France Inter. Ce n'est pas le format qu'on préfère mais il impose lui aussi le respect.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 21:12
Ce que le djazz fait à ma jambe ! de Jacques Gamblin

Jacques Gamblin, accompagné de Laurent de Wilde, célèbre le rythme et le jazz à travers l'histoire d'une rencontre amoureuse. Le compositeur entouré d'un batteur, d'un trompettiste, d'un saxophoniste et d'un DJ offre une musique entre jazz et jazz electro particulièrement efficace. De son côté, Jacques Gamblin parfait conteur présente un jeu particulièrement physique. Ses déplacements entre danse et acrobaties impressionnent, son enthousiasme emporte. Malheureusement, le texte qu'il porte est très inégal, l'histoire qu'il conte ne passionne pas au point d'en devenir lassante. Avec un autre texte cela eut été parfait.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 15:04
Ciel ! mon placard au théâtre du Rond Point

Dada se réjouit de passer sa plus belle robe pour assister à l'inauguration des Nouvelles Galeries avec son époux lorsque celui-ci reçoit un télégramme l'obligeant à se rendre immédiatement à Rome.

Dés cette introduction, la loufoquerie et le rire sont présents. Puis, aussitôt, l'histoire part en vrac, dans une série de saynetes où seule la folie à sa place dans une parodie de pièce de boulevard de très bas de gamme. On comprend alors que le principe de la pièce est de s'épanouir dans un délire total. Mais le délire ne pouvant prendre force et intérêt que sur une base bien structurée, il se transforme ici très vite en n'importe quoi. Et une heure trente de n'importe quoi, c'est long, très long et ce d'autant plus que la distribution est très inégale. Nicole Génovèse (l'auteur), excellente dans le rôle de Dada, ainsi que Marion Gomar en cantatrice finlandaise (une des belles idées de la pièce avec le placard central et quelques qualificatifs très inventifs) nous rendent le temps moins long.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 21:56

Un couple (Romain Duris et Marina Fois), aux tendances sadomasochistes, et à la veille d'enterrer la mère du mari dont les cendres attendent sur le buffet, convie pour l'apéritif, leurs voisins (Gaspard Ulliel et Anaïs Demoustier), un jeune couple rangé, parents de deux enfants.

Les comédiens sont parfaits et se dépensent sans compter dans un jeu très physique. Marina Fois et Romain Duris interprétant des personnages borderline, et donc plus spectaculaires, impressionnent particulièrement. Ils bénéficient aussi, ainsi que Gaspard Ulliel, très bien, d'un monologue décapant tandis qu'Anais Demoustier, dont l'on connaissait déjà les qualités de comédienne, pousse la chansonnette avec talent. La mise en scène de Martial Di Fonzo Bo est élégante et suffisamment imaginative pour nous faire digérer les 1h40 de cette pièce de Lars Noren, qui, si elle offre quelques belles réparties, porte sous une forme outrancière un propos éculé : les femmes (mère ou épouse infantilisante) sont castratrices et les hommes violents ; thèmes de prédilections de l'auteur que l'on retrouvait avec plus de plaisir dans "La Veillée". On gardera donc seulement le souvenir de ce beau quatuor évoluant dans une belle chorégraphie et un bel écrin, ce qui n'est déjà pas si mal.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 21:52

6 octobre 2002, théâtre des bouffes du Nord, Isabelle Huppert, pantalon noir et tee-shirt bleu roi, les bras le long du corps, les poings serrés et le corps tendu comme un arc, interprète "4.48 psychose" de Sarah Kane. Impressionnante, glaçante et irrésistiblement captivante.

29 Mai 2015, théâtre des Bouffes du Nord, Isabelle Huppert, toute de Dior vêtue, est la veuve, amoureuse étonnée, des Fausses confidences. Au théâtre de l'Odeon, Luc Bondy reprend la pièce de Marivaux qu'il a créé l'année dernière avec succès. La troupe est la même. Onze très bons comédiens dont Bulle Ogier, Jean-Pierre Malo, Yves Jacques, Bernard Verley et Louis Garrel. Bondy nous propose des confidences contemporaines mettant en avant l'humour de la pièce et son incroyable modernité. La mise en scène est vive, les déplacements des comédiens cocasses. Une fantaisie mesurée règne, une certaine insolence plane. Louis Garrel est excellent en amoureux transit. Huppert est une Amarante, d'une grande modernité, un peu rock, un peu baba, lymphatique, puis finalement plus manipulatrice que manipulée. Elle s'en donne à cœur joie sur toutes les partitions que les hésitations et manigances de son personnages lui offrent. La justesse de son jeu, la finesse de ses intonations et expressions dans un registre où la comédie domine fascinent. Impressionnante une fois de plus.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 17:23
Arnaud Tsamère : Confidences sur pas mal de trucs plus ou moins confidentiels

La société rit trop. Avec une moyenne mondiale de 15 heures de rire par jour, les gens en ont assez et Arnaud Tsamère avoue, lui qui est si hilarant, sa grande responsabilité dans ce carnage. Pour répondre à la demande du public qui veut qu'on lui propose autre chose, Arnaud s'engage à aller contre sa nature profonde et à être des plus plombants. Il parlera de lui toute la soirée pour être à coup sûr bien chiant.

Voici le concept, un chouïa compliqué et pas très convaincant de prime abord, du nouveau spectacle d'Arnaud Tsamère. Et il s'avère qu'à force de vouloir inverser la mécanique du rire et à vouloir pousser l'absurde encore plus loin, l'artiste se prend un peu les pieds dans le tapis et se retrouve plusieurs fois à, effectivement, ne pas être drôle. Alors, bien sûr, on retrouve ses qualités d'interprète, son débit ultra-rapide, sa capacité à jouer de multiples rôles en un temps record, son goût du non-sens et son incroyable énergie, bref tout ce qui nous avait impressionné sur son précédent spectacle. Mais ici, le déroulé du show, de part son parti-pris, est volontairement moins structuré et "Confidences" ressemble à ce que le personnage nous propose : un spectacle fourre-tout et pas travaillé, ce qui pour ce dernier point, il n'est évidemment pas.

Cela donne 1h30 très inégale. Et si les moments moins réussis n'effacent pas ceux excellents, on ressort du Splendid avec une impression de "pas aussi bien que la dernière fois".

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 19:37

The-servant---www.zabouille.over-blog.com.jpegDans l'Angleterre d'après-guerre, Tony, de retour des colonies, en perte de repères et gagné par une paresse toute aristocratique, engage Barret comme majordome. Celui-ci va très vite s'imposer au maître. Son emprise gagnera petit à petit du terrain.

La pièce est interprétée par cing jeunes et bons comédiens dont on remarque plus particulièrement la prestation de Maxime d'Aboville dans le rôle du domestique.

Au jeu agréable des acteurs s'ajoute une scénographie astucieuce. Pourtant, il manque quelque chose, une montée en puissance qui pourrait nous entrainer dans l'inquiètude qui gagne les amis de Tony. On ne ressent pas vraiment la progression de l'étau qui se ressert.

Du coup, l'ensemble bien que sympathique ne marque pas vraiment.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 17:51

Voyages-avec-ma-tante.jpgHenry Pulling, tout jeune retraité, rencontre à l'enterrement de sa mère, sa tante Augusta pour la deuxième fois de sa vie. Ces retrouvailles vont mener Henry et Augusta dans de fantasques aventures.

Sur la scène, quatre hommes en costume trois pièces, chapeau melon et bottes de cuir.Tous les quatre vont jouer et s'échanger les vingt rôles de la pièce sans qu'à aucun moment le spectateur ne perde le fil de l'histoire. Ici, l'essentiel réside dans la mise en scène inventive et loufoque et le plaisir évident que prennent les acteurs tous excellents. Les fantaisies du texte achèvent de nous emporter pour 1h15 de détente et de rire.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 23:18

Ivanov---www.zabouille.over-blog.com.jpgPropriétaire terrien endetté, Ivanov, autrefois jeune homme brillant, joyeux et aimant, promène un spleen insondable, Bien que souffrante, Anna, son épouse lumineuse et aimante, tente de redonner vie au jeune homme qu'elle a connu. Mais celui- ci la rejette et la nie, préférant se perdre au contact de la bourgeoisie dégénérée.

Evidemment, il y a la beauté et la noirceur du texte de Tchekhov qui conte comme personne l'effondrement de l'aristocratie russe, sa folie et sa médiocrité et la mélancolie slave. Mais l'écrin qu'offre Luc Bondy à cette première pièce de l'auteur magnifie sans doute un peu plus l'oeuvre. La mise en scène, la scénographie, les décors sont impressionnants. Rien que visuellement, le spectacle nous emporte. Dans cet emballage particulièrement soigné, les 20 comédiens sont tous remarquables, du figurant aux premiers rôles dont Marina Hands (Anna Petrovna) et Micha Lescot (Ivanov) tous deux captivants mais aussi Victoire du Bois (Sacha) et Ariel Garcia Valdes (le comte Chabelski). Ils interprètent merveilleusement leurs personnages désabusés en quête malgré tout de sentiments meilleurs, loin de cette province d'une malveillante médiocrité. On reste suspendu pendant plus de 3 heures devant la beauté de cette représentation. Du théâtre qui donne envie de retourner très vite au théâtre.

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 16:26

Les-lois-de-la-gravite---www.zabouille.over-blog.com.jpgQuelque part en Normandie, une femme entre dans un commissariat et s'accuse d'avoir assassiné son mari dix ans plus tôt. 

La pièce est fidèle au livre de Jean Teulé. Les parties décrites sont ici dialoguées dans la verve de l'auteur. Les trois comédiens sont très justes : Dominique Pinon, Pierre Forest et surtout Florence Loiret Caille aussi incandescente au théâtre qu'au cinéma.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 15:38

Vincent-Dedienne---Hebertot---www.zabouille.over-blog.com.jpgVincent Dedienne présente "S'il se passe quelque chose", un curieux spectacle entre stand-up et one man show. Comédien formé au conservatoire, Dedienne posséde une belle présence scènique et un capital sympathie tel qu'il captive l'auditoire dés les premières secondes. Le spectacle, marqué par l'absurde, alterne de grands moments de rire (et fous rires), d'autres de poésie-mélancolie (vidéos à l'appuie) et 1 ou 2 moments un peu ratés. Cette alternance donne un rythme étrange au spectacle auquel on s'abandonne, heureux de cette rencontre avec un artiste pas ordinaire.


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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 22:29

La-mere-www.zabouille.over-blog.com.jpgAnne, la soixantaine, enfants élevés et partis, mari occupé par son travail, se sent inutile et abandonnée. Elle use et abuse des médicaments et de l'alcool pour s'aider à vivre.

 

Florian Zeller met en scène les réflexions, les crises de rage et de désespoir de son héroïne sans que l'on comprenne très bien si ces séquences sont réelles ou fantasmées. Et sans que l'auteur ne place dans son récit d'indice permettant de les identifier. Du coup, les scènes semblent avoir été composées sans soucis d'une quelconque stratégie créative, à laquelle s'ajoute une écriture assez peu remarquable. L'ensemble en est très artificiel et sans grand intérêt. 

Malgré cela, on est tenu par la prestation magistral de Catherine Hiegel et la mise en scène de Marcial di Fonzo Bo qui donnent un peu de mystère et d'épaisseur à la proposition.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 23:47

Comment-vous-racontez-la-partie-www.zabouille.over-blog.com.jpgNathalie Oppenheim, écrivain récemment primée, est l'invitée des samedis littéraires de Vilan en Voléne. Elle est accueillie par Roland, animateur socioculturel, lettré et passionné. Dans la salle polyvalente, face au public, elle effectue des lectures et est interviewée par Rosanna Ertel-Keval, journaliste littéraire vedette et enfant du pays.


Ici, il est question de littérature, de création, de jeux de rôle, de rapports de force, de snobinisme, de frustration...

Les personnages, pourtant caricaturaux, sont si riches, les situations pourtant convenues si ouvertes, les rapports humains si ambigus, les échanges si tortueux et les silences si parlant qu'on peut percevoir dans cette pièce de multiples messages.


Dominique Reymond est, une fois de plus, excellente dans le rôle de la journaliste snobinarde, en perpétuelle représentation, persuadée d'avoir percé à jour l'artiste et qui veut absolument lui faire dire ce qu'elle veut entendre. Zabou Breitman est très juste dans le rôle de l'écrivain, fausse oie blanche, qui accepte l'idée de l'interview publique sans en jouer tout à fait le jeu.L'animateur magnifique est interprété par Romain Cottard tout en délicatesse comique. André Marcon campe un maire, vieux politicard, à tue et à toi, plus vrai que nature.

Les décors, la lumière et la mise en scène sont au diapason de la qualité des interprètes. Le travail sur le son, jusqu'a celui des costumes, est  particulièrement soigné.

Le récit est parfaitement mené. Le rythme travaillé ménage silences et temps morts entre les scènes d'affrontement, d'intimidation, de gêne polie et de pure burlesque.

Certains y voient du mépris pour la province. Pourtant, le trait qui peint la candeur provinciale n'est pas plus épais que celui qui dessine la suffisance parisienne. Et on rit (beaucoup) tout autant des simagrées de la journaliste que des enthousiasmes de l'animateur local.

A voir !

Jusqu'au 6 décembre au théâtre du Rond Point puis en tournée en Province.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 00:01

Kinship-www.zabouille.over-blog.com.jpgA la seconde où Isabelle Adjani apparaît me vient le souvenir du personnage d'Édith Scob dans "Les yeux sans visage". Il faut quelques minutes pour que cette pensée aussi inattendue que dérangeante s'efface et laisse place à une attention soutenue pour la pièce. Le texte confirme rapidement que les auteurs contemporains disposant d'une belle plume ne sont pas légion. L'intrigue sans aucune originalité se tisse à grosses ficelles, les sentiments se dessinent à gros traits et les situations sont dignes d'un mauvais roman de gare. Les voix off évoquant les pensées des personnages ou celle d'Adjani clamant Phèdre avec une emphase surannée ajoutent au ridicule. 

Les scènes courtes (22 en 1h45...) se succédent séparées par des "noirs" permettant les changements de décors que le metteur en scène a heureusement voulus très épurés n'ajoutant donc pas de lourdeur à la lourdeur. Il habille tout de même le vide global d'un immense écran vidéo positionné en fond de scène. Les jolies images noir et blanc projetées apportent une pointe d'esthétisme à l'ensemble. 

Isabelle Adjani adopte un jeu grandiloquent totalement décalé par rapport au  ton porté par le texte et celui adopté par ses partenaires, Niels Schneider et Vittoria Scognamiglio, qui s'en sortent avec honneur en jouant avec vivacité et une simplicité moderne plus approprié à ce style théâtrale.

Une pièce qu'on oubliera vite pour conserver d'Isabelle Adjani de bien meilleurs souvenirs.

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 13:54

Cyrano---Odeon---Torreton-www.zabouille.over-blog.com.jpgLe metteur en scène Dominique Pitoiset transpose le chef d’œuvre de Rostand, aux 1600 vers, dans un hôpital psychiatrique, de nos jours. Drôle et inquiétante d’idée ! 

Est-ce la beauté des alexandrins de Rostand qui suffit à elle seule à nous emporter ? Le talent des interprètes ? Toujours est-il qu’au théâtre de l’Odéon, sur cette scène éclairée de la lumière blafarde de néons, meublée de matériel médical et habitée par 11 comédiens habillés de jeans, jogging et tee-shirt trop larges, la magie opère encore.

Pitoiset présente une mise en scène très physique où le comique et le fantasque dominent. Les comédiens s’en donnent à cœur joie à commencer par Daniel Martin en Duc de Guise parfait de ridicule. Maud Wyler est une Roxane sautillante et gaie. Ses tâches de rousseurs siéent parfaitement à son personnage à l’exaltation folle. Costa, très bien aussi, conserve à Christian tout son 1er degré, comme s’il était seul, conscient, au milieu de ces fous. 

La transposition de la pièce dans cet étrange univers, et à notre époque, donne place à d’excellentes idées de mise en scène, telles que le duel à coups de poing, de tête et de pieds, bien plus violent au final, la scène du balcon sur skype et ces cordes à linge tendues à travers toute la scène et sur lesquelles reposent les lettres d’amour de Cyrano pour Christian à Roxane. 

Quant à Torreton crâne rasé, gueule cassée, maillot de corps, pantalon de jogging et baskets, il  est un magnifique Cyrano. Il fait entendre le texte comme rarement. La langue est belle et il la sert parfaitement. Captivant.

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 13:06

Savannah-bay---Riva---Consigny---www.zabouille.over-blog.co.jpgSavannah Bay n'est sans doute pas la pièce la plus évidente qui soit et cela d'autant plus que Duras avouait souhaiter laisser les comédiennes et les spectateurs entendre ce qu'ils veulent. Au final, on peut se demander si cette succession de mots et de phrases très courtes n'écrase pas plus cette histoire de suicide qu'elle ne la met en lumière. Derrière toute cette subtilité, Duras souhaite t-elle vraiment raconter quelque chose ? Cela dure 1h15 et si devant nous, dans une mise en scène simple et agréable, dans de belles lumières, ne figuraient pas Emmanuelle Riva et Anne Consigny, ce serait le grand vide. Emmanuelle Riva, 87 ans, silhouette de jeune fille, diction particulière, un peu étrange, sied toujours parfaitement à Duras. Pour bénéficier d'un peu de chaleur humaine, on se raccroche à Anne Consigny très bien aussi dans ce rien qu'on habille comme on peut de ce qu'on parvient tant bien que mal à imaginer.

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