SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 10:11

Antigone-www.zabouille.over-blog.com.png 

Le rideau de la Comédie Française se lève. Pour décor, trois portes semblables, comme le souhaitait l'auteur. Les acteurs, convoqués sur scène, attendent. Le chœur (Clothilde de Bayser, parfaite) entre ironie et renoncement annonce le destin de chacun. La tragédie est écrite et aura bien lieu sous nos yeux.

Marc Paquien propose une mise en scène physiquement exigeante au diapason de la fougue d'Antigone. Dans le rôle titre, Françoise Gillard pousse parfois jusqu'à la folie alors qu'on imagine Antigone plus proche de l'exaltation. C'est la seule réserve que l'on retient après la représentation. Car ici tout emporte à commencer par la beauté poétique du texte d Anouilh dont les thèmes abordés résonnent encore aujourd'hui. La mise en scène énergique, la beauté simple du décor, le travail sur le son, celui sur la lumière, l'interprétation de Nazim Boujenah qui en deux scènes vous saisit, le contraste entre la stature frêle et sèche de Françoise Gillard et l'imposante carrure et la voix de stentor de Bruno Raffaelli font de cette représentation un très beau moment.

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 18:02

Hamlet-Cie-Francaise-zabouille.over-blog.com.jpgBien que la polémique gronde dans la presse et sur Internet depuis plusieurs semaines, la salle Richelieu est pleine. Dan Jemmett transporte le héros de Shakespeare dans un club house d'escrime des années 70.

Très vite on comprend pourquoi les puristes se sont offusqués face à la proposition du metteur en scène anglais et de la Cie française qui bouscule effectivement le mythe. Mais la beauté du texte est là, les comédiens sont parfaits (Denis Podalydes, Eric Ruf, Alain Lenglet, Hervé Pierre, Clotilde De Bayser, Jennifer Decker...) et les 3 heures de la pièce s'écoulent sans déplaisir, bien au contraire. Alors, évidemment, on s'attend plus à voir ce genre de délire dans les théâtres des grands boulevards qu'à la Cie Française mais il n'est pas sûr qu'on y trouverait une telle qualité d'ensemble.

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 16:00

Le-Pere-www.zabouille.over-blog.com.jpgAndré, 80 ans et plus, est contrarié. Sa fille, Anne veut absolument lui trouver une nouvelle "dame de compagnie". Pourtant André est persuadé de pouvoir vivre seul en toute indépendance, même si sa perception du réel lui semble parfois bien étrange.

 

Florian Zeller, auteur très à la mode dans les théâtres parisiens ces dernières années, a toujours une excellente idée de départ et pêche trop souvent dans le développement de cette idée. C'était le cas par exemple de "Si tu mourais" interprétée par Catherine Frot en 2007 ou de "Une heure de tranquillité" toujours à l'affiche. .

 

Pour le "Père", il est plus difficile de juger la qualité du texte et celle de la mécanique tant la prestation de Robert Hirsch emporte tout. Le talent exceptionnel du comédien associé à ses 88 ans donne vie au personnage de façon bluffante. Son indéniable soif de jouer et le plaisir évident qu'il y prend participent à l'émotion. Entourée de comédiens plus ou moins inspirés, Isabelle Gélinas est parfaite face au monstre sacré. Le couple nous embarque dans l'émotion et nous laisse au bout de presque 2 heures heureux d'avoir pu applaudir à nouveau le génial Robert Hirsch.

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 19:18

Luchini-www.zabouille.over-blog.fr.jpgPeut-être était-ce un mauvais soir ?

Luchini sort de scène après 1h15 de représentation. La pièce de Florian Zeller a lorgné d'un bout à l'autre du mauvais côté du boulevard. Du même auteur et dans le même style théâtral, nous avions pourtant aimé "La Vérité" à la mécanique démoniaque et tellement drôle. Pour cette Heure, l'auteur ne pare ces personnages secondaires, l'ouvrier polono-portugais, le voisin homo, le fils punk hargneux,  d'aucune finesse. Peut-être, est-ce cette écriture (ou absence d'écriture) qui ne favorise pas le jeu juste chez les comédiens ?

L'intrigue d'une grande simplicité ne laisse aucune place à la surprise, tout est prévisible mais pourquoi pas. La montée en puissance malheureusement ne se résume qu'à une montée de la puissance sonore des comédiens qui jouent de moins en moins et crient de plus en plus. Autour de 4-5 bonnes saillies les dialogues affligent et la forte tendance à la répétition lasse un peu. Tous ces cris et cet écho, est-ce par crainte que le public ne comprenne pas ?

Quand les personnages commencent à se battre et le décor à s'écrouler, on se dit que cette pièce est une satire, celle du théâtre de boulevard dans ce qu'on peut en faire de pire : sans imagination et sans esprit. 25ième degré, tentative de caricaturer la caricature ou grosse paresse de Zeller ?

Quant à Fabrice Luchini, il joue avec une certaine lassitude, sans se donner vraiment. D'ailleurs, cette absence d'engagement nous renvoie sans cesse à Pierre Arditi qui, lui, en donne 100 fois plus dans le même genre d'exercice. Peut-être que Luchini, qui a déjà joué cette pièce au printemps dernier, est las de cette récréation, de ce joujou de piètre qualité et qu'il ne pense déjà plus qu'à Céline qu'il retrouvera bientôt ?

Peut-être était ce un mauvais soir ?

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 18:29

Ring-www.zabouille.over-blog.com.jpgLe couple sous toutes ses coutures dans la violence, la sensualité, la tendresse, l'euphorie de la rencontre, le drame, la banalité du quotidien. Un sujet vu et revu qui nous faisait craindre le pire. Mais, ici les échanges des personnages parcourant les 17 sketchs sont le plus souvent drôles et bien vus. La scénographie qui mélange vidéo, accompagnement sonore, effet de lumière, mobilier ultra minimaliste et une mise en scène très chorégraphiée participent sensiblement au charme singulier de la pièce. Ce bel habillage est un écrin de choix pour Audrey Dana et Sami Bouajila tous deux exceptionnels dans des rôles exigeants physiquement et d'une grande variété d'émotion.

Une bien belle surprise.

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 15:49

Anniversaire-Pinter.jpgMeg et Peter tiennent une pension de famille dont Stanley est l'unique client. Peter, plagiste, tout en flegme et indifférence laisse Meg gérer avec maladresse la maison. Elle entretient avec son unique client des relations ambigües, à la fois maternelles et séductrices qui engendrent chez Stanley agressivité et mépris. Quand deux nouveaux clients sortis de nulle part débarquent à la pension, Stanley panique.

Violence, harcèlement et domination règnent dans cette oeuvre de jeunesse de Pinter. Par manque d'explication et d'éclairage sur le pourquoi du comment et le qui est quoi, tout semble gratuit. Du coup, l'histoire perd un peu en intérêt et les acteurs mêmes semblent avoir toutes les peines du monde à tenir leur rôle sans faiblir ou tomber dans l'outrance. La scénographie très cinématographique aide beaucoup à conserver toute notre attention.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 14:55

Le-soir-des-lions-www.zabouille.over-blog.com.jpg

 

C'est avec "Le soir des lions" que François Morel vient de clore ses 6 mois de carte blanche au théâtre de la Pépinière.


Une fois de plus, François Morel nous offre une soirée d'humour et de poésie triste ou gaie sans laisser la moindre place à l'ennui. Le talent et l'inventivité de l'auteur, la belle voix grave du chanteur et les qualités exceptionnelles de l'interprète forment un trio sans fausse note. François Morel a aussi l'intelligence de s'entourer de gens de talent : Juliette pour la mise en scène, Antoine Sahler pour les compositions musicales, associé pour l'orchestre à deux musiciennes Lisa Cat-Berro et Muriel Gastebois, tous les trois épatants.

 

François Morel, je t'aime !

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 21:56

Caroline_Vigneaux_quitte_la_robe_-_La_Comedie_de_Paris.jpg

Caroline Vigneaux est une très bonne comédienne dont l'aisance sur scène est particulièrement emballante. Elle maîtrise parfaitement l'improvisation, véritable ou feinte, et ses mimiques mêmes bien chargées demeurent drôles. Le spectacle propose de nombreuses bonnes idées et une écriture efficace qui sortent de l'ordinaire

Mais lorsque Caroline Vigneaux s'abandonne dans le graveleux et les plaisanteries salaces, elle tombe dans une facilité digne de nos plus mauvaises blagues de fin de soirée, qui ne justifient donc pas la convocation d'un public. Non seulement ce n'est plus drôle mais cela dessert le reste du spectacle qui est pourtant bien au-dessus de la pléthorique offre "comique" actuelle.

Aussi, les sketchs sont parfois un peu trop longs comme celui des portables qui semble un peu interminable, ce qui, sur un  one man show d'1h20, nous laisse à penser qu'il s'agit d'un manque de créativité. 

Du coup, à la sortie du spectacle, notre impression est mitigée par ce mélange de qualités évidentes et une tendance à certaines facilités.

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 21:22

la-fin-du-monde-est-pour-dimanche-www.zabouille.over-blog.c.jpgDans le cadre de sa carte blanche au théâtre de la Pépinière, François Morel présente un spectacle fait de saynètes mettant en scène une série de personnages, femme, enfant, vieillard, hauts en couleurs. On y retrouve la poésie, la tendresse et l'humour qui font la marque de fabrique du génial auteur et comédien. Instants de grâce.

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 15:56

J-avais-un-beau-ballon-rouge---www.zabouille.over-blog.com.jpgAngela Dematté, jeune auteur italienne, nous conte l’histoire de Margherita Cagol, membre actif des brigades rouges. A travers la relation entretenue avec son père, on suit de 1965 à 1975, la lente mutation de cette jeune étudiante en sociologie en militante extrémiste.


Le parti pris de confronter Margherita Cagol à un père aimant, représentant du bon sens populaire, intensifie la dramaturgie. Le contraste entre la position raisonnable, résolue et tendre de l’aîné et la fougue ivre d’absolue de la jeune fille éclaire les raisons d’un combat terroriste sans jamais les justifier ou les condamner. Il est rare de trouver des pièces contemporaines au récit si bien mené. L’écriture est agréable et efficace. Le propos est clair sans être simpliste. Plus qu’une pièce sur les brigades rouges, il est question ici du cheminement d’une jeune fille, de la confrontation entre ses origines simples et raisonnables et le destin extrémiste qu’elle s’est choisi. La mise en scène sobre sert efficacement le texte et la scénographie dans laquelle interviennent des vidéos d’époque.


Romane Bohringer apporte au personnage toute sa fougue. Avec son regard noir et intense au service de l'exaltation du personnage, elle nous emporte dans l'engrenage de l'engagement extrême. Richard Bohringer tout en douceur et en émotion touche particulièrement. Il dose parfaitement confiance admirative et inquiétude. Ce couple père fille à la ville n’empiète jamais sur le duo de la pièce. Ils sont tous deux incandescents et vous emportent durant une heure trente qui passent en un éclair.

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 20:55

Le-Porteur-d-histoire-www.zabouille.over-blog.com.jpgMartin Martin débarque dans un village d'Algérie où il rencontre  Alia et sa fille Jeanne qui possèdent une bibliothèque riche en trésors. Martin Martin se lance alors dans le récit de ses aventures.

 

Le Porteur d'histoire part du principe que l'Histoire est faite de petites histoires plus ou moins véridiques, plus ou moins essentielles. La pièce enchaîne donc les récits qui se croisent et s'agrémentent tel un jeu de construction. On y rencontre Monsieur tout le monde, une héroïne de pure fiction, Alexandre Dumas, Eugène Delacroix, Marie-Antoinette...

L'ensemble, un peu compliqué par sa structure, est du plus grand romanesque. Sa construction serrée, enchaîne les scènes haletantes et les moments suspendus sans que le rythme n'ait à en souffrir. Les comédiens, qui multiplient les rôles, sont très bons.

Malgré ces qualités, la pièce marque deux faiblesses que sont la mise en scène qui dans un décor pourtant épuré, a tendance à être superfétatoire - elle brouille plus qu'elle n'éclaire le texte - et le manque de sens. La pièce est trop pauvre en fond pour séduire totalement.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 20:05

Oh-les-beaux-jours-www.zabouille.over-blog.com.png

Winnie, enterrée jusqu’à la taille, se réveille pour une nouvelle journée. Elle se réjouit du beau jour que voilà et remplit le temps par des occupations répétitives, dont sa préférée : la conversation. Elle abreuve Willie, son mari mutique et unique interlocuteur, d’un flot de paroles ininterrompu. Les jours se suivent, tous semblables et Winnie s’enfonce irrémédiablement.


Le texte de Beckett est drôle et étrange sans être opaque. Catherine Frot est parfaite dans le rôle de cette cinquantenaire engluée dans une vie monotone et dénuée de sens. Le corps contraint, tout passe dans la voix et l’expression du visage. Le peu de geste doit être précis. Elle donne à Winnie une fraîcheur et une joie de vivre qui par contraste accentue la part absurde et surréaliste de la pièce et l’irréversibilité du destin de l’héroïne.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 17:17

Lil-Buck---www.zabouille.over-blog.com.jpgQuand Lil Buck, danseur de Jookin de Memphis (le Jookin c'est ça), rencontre le classique, il danse sur du Camille Saint Saëns et cela donne ça.


 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 12:30

walter.jpg

Belge et méchant...

Pour ce qui est du côté "Belge", c'est pas mal. Accent présent mais discret, jeu de mots pourris et donc efficaces, autodérision et un (trop) petit échantillon du décalage et de la folie chers à nos amis Belges.

Pour le côté "méchant", on est pour le moins déçu. Point de méchanceté digne de ce nom dans ce spectacle. Les seuls propos qui grattent un peu ne pourraient offusquer que les téléspectateurs de Michel Drucker le dimanche après-midi...

Le pire, dans cette posture de pseudo-méchanceté est, sans doute, qu'après chaque propos que Walter juge apparemment méchant ou inconvenant, il prend un petit sourire complice qu'il accompagne d'un "je plaisante" ou d'excuses. C'est sympathique mais à la longue un peu ridicule d'autant plus que Walter, tout sympathique qu'il est, n'est pas un très grand comédien.

A cela s'ajoute des sujets vus et revus traités sans grande originalité, laissant place à pas mal de lieux communs, de facilités. On sourit tout de même, à plusieurs reprises, sur quelques bonnes plaisanteries ou astuces, glissées rapidement. Mais, il y a peu d'occasion de rire franchement.


Walter devrait changer le titre de son spectacle car il n'en tient pas vraiment les promesses et donne à penser que son spectacle est moins bien qu'il ne l'est, sans doute, vraiment.

 

 

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 14:45

folle-de-chaillot.jpgA la terrasse du café "Chez Francis", place de l’Alma, quatre hommes « d’affaires » montent un plan pour exploiter le sol « pétrolier » de Paris. La comtesse Aurélie, dite la Folle de Chaillot, amoureuse de la nature et des petits gens, décide de déjouer leur traffic.


Le premier acte se déroule sur une scène grande comme un mouchoir de poche habitée par un décor des plus moches et par 15 comédiens qui font ce qu’ils peuvent pour se mouvoir dans un espace si étroit. On ne comprend pas bien le parti pris de Didier Long, le metteur en scène. D’autant plus que le texte bavard, aux formulations vieillottes et alambiquées, pèse déjà bien lourd. A cette lourdeur des mots et de la mise en scène s’ajoute la perruque, les foufs et le maquillage outrés d’Annie Duperey alias la Folle de Chaillot. Le sentiment d’étouffement généralisé rend cette première partie longue et pénible.

Le second acte met en scène notre héroïne et ses copines frappadingues dans son antre souterrain. Le décor, entre sous-marin et égouts, est un peu plus impressionnant et la scène, curieusement, semble avoir, un peu, gagné en profondeur.  On retrouve comme dans la première partie des monologues trop longs mais quelques bons mots viennent égayés le texte. Les personnages des  Folles (Catherine Salviat, Catherine Hosmalin et Fabienne Chaudat) et du chiffonnier (parfait Dominique Pinon) offrent de bons moments mais Annie Duperey campe une folle de Chaillot trop sage pour séduire vraiment.


On sort du théâtre en se demandant quel est l'intérêt de monter, en 2013, cette pièce vieillissante de Jean Giraudoux, si ce n'est pour ne rien en faire de plus.

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 20:42

Dans les aCollaboration---zabouille.over-blog.com.jpgnnées 30, Richard Strauss cherche un nouveau librettiste. Il propose à  l'écrivain Stefan Zweig d'écrire le livret de son prochain opéra. L'admiration réciproque se transforme rapidement en amitié et ce malgré la montée du nazisme. Car si Strauss collabore, sous la contrainte, avec le régime nazi, Stefan Zweig, juif, prend pleine conscience du péril qui s'installe.

 

La pièce vaut surtout par l'interprétation de ces deux comédiens principaux tous deux très habités par leur rôle.

Michel Aumont campe un Strauss qui ne vit que pour son art quitte à en perdre un peu de vue la réalité politique. Didier Sandre est un Stefan Zweig hyper sensible et particulièrement affecté par la montée du nazisme. Ces deux grands comédiens donnent à cette pièce un peu trop bavarde et au texte sans réelle envolée, le romanesque qui lui manque.

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 22:10

fleurs-pour-algernon-www.zabouille.over-blog.fr.jpgDeux chercheurs mettent Charlie, simple d'esprit, à l'épreuve : il doit se déplacer dans un labyrinthe plus rapidement qu'Algernon, une souris blanche, au cerveau modifié par la science. La souris bat sans cesse Charlie jusqu'au jour où les chercheurs effectuent sur celui-ci la même intervention chirurgicale. L'intelligence de Charlie croît alors de façon vertigineuse. 

Gérald Sibleyras adapte pour le théâtre le livre de Daniel Keyes. Dans une mise en scène aussi impressionnante qu'efficace d'Anne Kessler, Grégory Gadebois, seul en scène, magnifie cette histoire de perte de soi et des autres, pertes répétées et diverses. La très progressive transformation du héros est interprétée par le comédien avec une précision et une finesse bluffante. Si le dernier quart de la pièce est un peu en deçà du reste, on demeure, jusqu'au bout, captivé par le destin de Charlie Gordon et l'interprétation de Grégory Gadebois.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 17:55

Hyancinthe-et-Rose-zabouille.over-blog.com.jpegFrançois Morel est un amoureux des mots, auteur précis et drôle.

François Morel est un récitant malicieux.

François Morel est un comédien génial.

Au théâtre la Pépinière, l'association de ces talents donne "Hyacinthe et Rose" qui conte les souvenirs d'un petit parisien. Souvenirs des moments passés chez ses grands parents Hyancinthe, communiste, et Rose, catholique, tous deux amoureux passionnés des fleurs.

Accompagné du multi-instrumentiste Antoine Sahler, dans une mise en scène simple et efficace, François Morel incarne les différents personnages qui habitent ces anecdotes hilarantes, souvent tendres et à l'occasion émouvantes. Une heure de pur bonheur.

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:06

Ita-L.-Nee-Goldberg-www.zabouille-overblog.com.jpg

  Le 12 décembre 1942, à Paris, Ita, seule dans son appartement, a une heure pour décider de fuir ou d'attendre le retour de la gestapo… 1 heure pour s'interroger et pour se souvenir. 

 

Hélène Vincent incarne une femme simple qui a souvent été confrontée à la violence et à la peur. Une femme à qui on a rappelé trop souvent qu’elle est juive. Il y a d'abord eu l'Ukraine qu'il a fallut fuir, la première guerre mondiale qui lui a pris son mari mort pour la France et maintenant la persécution sous l’occupation Allemande. Cette heure de doute, où tous les sentiments se mélangent, convoque les petits et grands souvenirs, ceux qui font revivre la vie heureuse à Odessa puis en France, ceux de la perte qui déchirent ou ceux de la mesquinerie et la lâcheté des voisins qui désolent.

 

Hélène Vincent joue comme personne la valse des émotions. Sur son visage et son corps, dans son regard et dans sa voix (quelle maîtrise de la tonalité !), se marquent et se succèdent avec une fluidité terrible le bonheur d’un souvenir, l’espoir, l’effroi, le renoncement. L’incarnation est telle qu’on en oublie les quelques faiblesses du texte. Elles seraient importantes si on était face à une lecture ou une démonstration. Ici, c’est Ita, en danger, qui nous conte son histoire avec sa simplicité et une certaine fraicheur qui ne demande qu’à renaître.  

Le théâtre du Petit Saint Martin comme son nom l’indique est une salle à taille humaine. Ecouter et regarder Hélène Vincent dans de telles conditions est une chance inestimable qu’il ne faut pas laisser passer.

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 17:15

maria-callas---zabouille.over-blog.com.jpgMaria Callas, la véritable histoire est une pièce curieuse.

Le projet est ambitieux : conter en 2h00 de théâtre la vie de Maria Callas.

Pour ce qui est du récit, si on n’est pas un fan absolu et pointilleux de la Callas, l’auteur relève le défi de la clarté. Il choisit une narration chronologique. C’est à travers les échanges entre les personnages (la mère, le premier impresario et mari, l’armateur Onassis et Jackie Kennedy) que les évènements clés de la vie de femme de la diva sont évoqués. L’histoire se tisse ainsi de façon fluide et équilibrée même si l’auteur, en fin de parcours, s’appesantit inutilement sur le cas Kennedy.

 

Très vite ce qui surprend dans l’écriture, c’est un étrange mélange des genres ; l’auteur n’ayant semble t-il pas voulu ou su choisir entre dramaturgie et pièce de boulevard. On est face à une sorte de soap opéra. C'est clinquant, outré. Certaines répliques  du genre « tu pues des pieds » tombent comme un cheveu dans la soupe et casse le mélodrame. Du coup, la pièce perd en magnétisme et les personnages en crédibilité. L’empathie ne s’installe pas vraiment. Bien sûr, l’auteur peut s’amuser à souffler le chaud et le froid mais cet exercice nécessite d’avoir un sens certain du rythme et une plume bien plus fine. Du coup, tout choc, les tentatives de faire rire comme celles d ‘émouvoir.

 

A cette écriture versatile, s’ajoutent des choix de mise en scène d’un autre âge. Ce n’est pas déplaisant de se retrouver « au théâtre ce soir » mais est-ce que cela a encore un intérêt artistique ?

Les incessants changements, ou plutôt mouvements de « décor » ; essentiellement une coiffeuse, deux chaises et un podium central qui apparaîtront, disparaîtront ou pivoteront sous les gestes pauvrement chorégraphiés d’une naïade grecque ; finissent pas être risibles. Les symboliques sont pauvres et les ficelles bien épaisses. Que le metteur en scène demande à ses comédiennes (Lola Dewaere, belle et juste et Sophie Carrier, parfaite en « monstre sacré ») de chanter en play-back, laisse à penser que le kitch ne lui fait vraiment pas peur.

 

Malgré ces fortes réserves, on ne peut douter de la sincérité de la proposition et de l’engagement de tous, auteur, comédiens et metteur en scène. Et si l’ensemble est maladroit, la pièce devrait plaire aux moins tatillons.

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 22:52

Lost-Replay3_c-_Alexandre-Pupkins-150x150.jpg"Trois anges, consternés de voir l'humanité sombrer dans le néant, se rebellent, se font expulser du paradis et se retrouvent dans le sous-sol d"un immeuble parisien. Pour prouver aux instances supérieures que l'humanité mérite encore son nom, ils provoquent une rencontre entre deux êtres esseulés. Lui surveille les conversations des employés d'un centre d'appel. Elle sans emploi, accumule des instruments de communication qui isolent."

 

A la lecture de cette présentation, le propos de la pièce est des plus clairs. Allez savoir pourquoi, l'auteur est infoutu de raconter avec simplicité, intelligence et un minimum d'élégance cette histoire et sa dénonciation de la disparition progressive de l'échange avec l'autre.

Ces mots ne sont pas beaux, ses phrases d'une platitude extrême ou tellement alambiquées qu'elles en deviennent inaudibles. La mise en scène, de l'auteur lui-même, est outrée, inutilement gesticulante. Les scènes présentant le langage stéréotypé et la dictature du tout technologie, c'est à dire le propos le plus simple de cette histoire, sont assez drôles. En revanche, la partie la plus délicate qui fait intervenir les anges et leur souhait de "sauver l'humanité" est totalement ratée par excès d'effets artificiels tant dans l'expression orale que physique. Toute cette gesticulation ne suffit pas à cacher le vide. On est bien loin de la délicatesse et la poésie des "Ailes du désir".

La pièce dure 1h45 et on ne sait qui des spectateurs ou des acteurs (Anne Alvaro, Nathalie Richard, Gaël Baron, Antoine Mathieu et Fabien Orcier) sont les plus méritants.

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 22:42

Sami_Frey_Premier_Amour.jpgSami Frey interprête cette nouvelle-monologue de Becket écrite en 1946, modifiée en 1969 et publiée en 1970. Une oeuvre de jeunesse adaptée à l'âge de la maturité.  

 

Un homme d'un certain âge, quelque peu misanthrope, nous conte son premier et unique amour, qu'il rattache à la mort du seul être qui l'a, sans doute, réellement aimé : son père.

Sami Frey joue ce personnage étrange et étriqué, accueillant avec septicisme cette femme qui bouscule sa confortable solitude et ce nouveau sentiment qu'est l'amour.

 

Le texte de Beckett est absurde, pathétique et très drôle.

La mise en scène de Sami Frey tout en simplicité laisse la place au texte et au jeu : deux bancs et un rideau de fer pour décor, un fond sonore d'une note, et une alarme qui se déclenche quand le héros dépasse une ligne, celle de son univers exigu ?

 

Voix douce et profonde, raide d'immobilisme, un brin inquiétant, le comédien, hypnotise la salle. Un grand moment comme on en rencontre rarement.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 00:46

pinterSur scène, un casting de rêve : Bruno Ganz, Pascal Greggory, Jérôme Kircher, Emmanuelle Seigner, Louis Garrel et Micha Lescot.
Une scène immense qui se prolonge jusqu'à éliminer les 1ers rangs et présente l'intérieur d'une maison, salon, cuisine et l'escalier qui mène à l'étage et, à l'extérieur, une caravane. C'est dans ce décor que les moches, bêtes et méchants personnages de Pinter prennent vie. Un léger accompagnement sonore vient parfois signaler aux spectateurs que l'angoisse monte. Il faut dire que depuis la salle, d'angoisse, on n'en perçoit pas vraiment. On regarde la violence des gestes, on entend la violence des paroles mais on ne la ressent pas. On reste aussi froid que l'éclairage de supermarché choisit par le metteur en scène. Un éclairage blafard qui donne aux comédiens des visages de cire.

La mise en scène de Luc Bondy ne laisse pas place à une montée en puissance. On ne sent pas l'étau qui se ressert, l'angoisse et le danger. On ne ressent pas ce froid et chaud soufflés en alternance. Lorsqu'on rit c'est de bon coeur mais sans scrupule et la dramaturgie de la scène qui suit nous laisse froid.

Du coup, on ne sait plus très bien quoi penser du jeu des acteurs. On se réjouira quand même d'avoir vu sur scène le grand Bruno Ganz et Micha Lescot seul comédien qui ne laisse aucun doute sur la qualité de sa prestation.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:29

alex-lutz.jpgCe qu'on retient avant tout, à la sortie du spectacle de Lutz, c'est la virtuosité du comédien. On reste épaté devant son talent d'incarnation. Ses personnages, une adolescente en crise, une vendeuse maniérée, un vieil homme branlant, un directeur de casting infect, un régisseur un peu trop détendu..., même déjà vu ailleurs sont magnifiés ici par la précision de l'interprétation. Son Karl Lagerfeld, en chevalier du moyen-age, est particulièrement saisissant.

Ensuite, on apprécie sa capacité à jouer des situations borderline avec une distinction qui semble pouvoir laisser tout passer. L'acteur porno qui gère son agenda comme un artisan lambda en est une parfaite illustration. Le décalage est hilarant.

Aussi, on apprécie une certaine profondeur dans des sketchs à priori inoffensifs tels le sketch sur la vulgarité, celle portée par des expressions toutes faites dont on a oublié le sens premier et l'enchaînement direct sur un sketch moquant un SDF.

On rit beaucoup et si tous les sketchs ne sont pas d'égale qualité, on y trouve toujours son compte ne serait ce qu'en admirant l'exceptionnelle dextérité du comédien. A voir sans attendre. 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 18:13

CSEP.jpgUn billet de 100€ qui apparaît soudainement sur la table du salon, et qui sera suivi par bien d'autres, vient semer le trouble dans un couple légèrement bourgeois et de gauche. D'où vient cet argent ? Et pourquoi eux ? Elle, effrayée par ce fric qui la menace et lui très enclin à faire avec, vont y perdre la raison.

 

Evelyne Buyle et Pierre Arditi sont excellents dans cette pièce où le mystère de l'origine de cet argent a moins d'importance que ce qu'il dévoile. L'absurde y règne dans les deux premiers tiers avant de tomber dans le n'importe quoi et l'outrance.

 

En ne choisissant pas son camp - l'étrangeté de l'absurde ou le délire de la grosse farce - Sébastien Thiéry déçoit les deux publics, frustrant les amoureux du décalage et lésant les amateurs de boulevard. Vraiment dommage.

 

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