SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 13:39

6-juin-1944-www.zabouille.over-blog.com.jpgA l'occasion, de la commémoration du 70ième anniversaire du débarquement, Ouistreham présentait un spectacle retraçant en 45 minutes la seconde guerre mondiale et la naissance de l'Europe. Organisé par les agences "Yvan Hinneman Conseils" et "Magic Garden Agency" et chorégraphié par Delphine Caron.

Efficace.

Vidéo ICI

 

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 11:26

Cafe-Oscar.jpgCela fait quelques années maintenant que le Café Oscar propose tous les mercredis soir un plateau d'artistes. Ainsi, ils sont généralement six sur scène à présenter un échantillon de leur talent comique. 

Mercredi dernier étaient présents Charly Nyobe, Pierre-Bruno Rivard, Artus, Sanaka, Bun Hay, Akim Omiri et, dans le rôle de Monsieur Loyal, Noman Hosni.

Evidemment, on n'est pas obligé de tout aimer mais un certain niveau de qualité est toujours préservé évitant aux Oscar du mercredi de se transformer en "Tocards du rire" (moi aussi je peux faire des blagues...).

Cette fois-ci, j'ai retenu les noms de Pierre-Bruno Rivard, artiste québecquois Pierre-Bruno-Rivard.jpg

(avec accent donc) qui propose des sketchs à l'écriture soignée et efficace et qui nous sort des sujets systématiques que sont le communautarisme, le quotidien du banlieusard, le racisme anti-roumain, le viol... 

Akim-Omiri.jpgAkim Omiri, de sa voix  curieusement douce, nous emporte dans ses histoires avec une sincérité qui nous laisserait à penser qu'elles sont du jour même et qu'il les conte pour la première fois. C'est drôle et rafraîchissant.

Dans le rôle du passeur de plat, Noman Hosni est particulièrement efficace. Il sait, à la seconde où il apparait sur le plateau, capter l'auditoire et provoquer le rire. 

* Café Oscar - 155, rue Montmartre - 75002 Paris

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 22:15

Golgota---www.zabouille.over-blog.com.jpgQuand on sort d'un spectacle de danse dont on n'a aimé ni le danseur, ni la chorégraphie, on ne peut pas dire qu'on a passé une bonne soirée.

Je n'ai donc pas pris de plaisir à regarder danser Andrés Marin. Je n'ai pas aimé sa façon de danser le flamenco en force, sans place pour toute forme de grâce ou de sensualité. Je n'ai pas aimé son port, son corps bossu. Je n'ai pas aimé ses chorégraphies agressives et répétitives dans les gestes et les sons.

Cette représentation de danse est aussi un spectacle équestre mais j'ai été déçue par la part donnée aux chevaux (magnifiques). Je n'ai pas saisie le rôle qui leur est accordé. Leurs interventions, toujours montés, sont téléguidées. Je ne les ai vu que comme faire-valoir ou mobilier. Je n'ai pas senti la noblesse de l'animal.

Je suis admirative de la performance vocale de Christophe Baska qui de sa voix magnifique interprète les chants liturgiques de Tomas Luis de Victoria, beaux mais répétitifs et assez soporifiques. J'ai aimé la scène épurée, la beauté des lumières faisant de chaque séquence un tableau. Je n'ai pas été touchée par l'ambiance moyenâgeuse et religieuse de la création de Bartabas. Les processions me glacent et me semblent bien loin de toute spiritualité et humanité.

Pourtant, tout est soigné et on ne peut aucunement nier l'engagement et le travail fournis par les hommes et les chevaux.

Bref, grosse erreur de casting pour cette soirée au théâtre du Rond Point : ce spectacle n'était pas pour moi.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 21:59

L-aide-memoire-www.zabouille.over-blog.com.jpgLui, célibataire collectionneur de conquêtes, vit dans son studio avec des manières de vieux garçon. Elle, emmerdeuse, sans gêne, comme tombée de nulle part, s'invite chez lui.

L'aide-mémoire de Jean-Claude Carrière est une drôle de pièce. On imagine, aux premiers instants, une histoire exigeante jouant sur l'absurde, l'intrigue. On cherche le message, on interprète les échanges, puis on se rend compte que cela n'ira pas plus loin qu'une comédie romantique pas très exigeante.

Côté mise en scène, Ladislas Chollat choisit de tomber le rideau à la fin de chaque (court) acte. Un rideau tout en transparence dans un premier temps puis d'un opaque beige fadasse. C'est esthétiquement pas tranché, sans intérêt et surtout cela casse le rythme et nuit à l'immersion du spectateur. Un choix d'autant plus discutable qu'aucun changement de décor n'intervient. Décor qui est particulièrement encombré et encombrant pour les comédiens. Pascal Gregory semble d'ailleurs n'avoir pas tout à fait apprivoisé la scénographie. Le comédien offre une belle prestation d'autant plus remarquable que Sandrine Bonnaire n'est pas tout à fait au point. En ce jeudi soir, 3ieme représentation, on est bien obligé de reconnaitre qu'il manque à la comédienne quelques jours de répétition. Elle bute trop souvent sur son texte, ne porte pas sa voix, semble hésiter dans ses déplacements. Au final, la proposition, dans son ensemble, manque de fluidité.

Le talent de Pascal Gregory et de Sandrine Bonnaire n'étant plus à démontrer, on peut parier sans risque que dans quelques jours tout cela sera calé. La qualité du texte de Carrière, elle, ne changera pas. Quant au metteur en scène, on peut espérer qu'il fera quelques ajustements, dans sa scénographie et dans sa direction d'acteurs.

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 22:27

La-porte-d-a-cote.jpegElle est psy et pas très marrante, il est chef de produit et de nature joyeuse. Ils sont voisins. Ils se détestent ou peut-être pas...

L'histoire n'est pas originale, d'ailleurs les personnages l'avouent eux-mêmes en préambule. On connaît la fin avant même que la pièce commence. Alors, immédiatement, on mise tout sur l'auteur, le metteur en scène et les comédiens pour qu'ils fassent de cette non-intrigue un bon moment quand même.

La mise en scène se veut épurée, moderne avec mouvement des décors face au public et utilisation de la vidéo. L'auteur (qu'on a connu mieux inspiré pour Cravate Club) tente l'originalité par le préambule inattendu, des personnages qui s'adressent directement au public, jusqu'à une petite mise en abîme. Malheureusement, cela ne suffit pas à combler le manque de surprise. Car lorsque les comédiens s'adressent au public c'est pour décrire ce qui se passe sur scène telles des discalies sans regard particulier, les portraits des personnages sont tirés à gros traits, la mise en abîme s'arrête sitôt commencée. L'auteur a tendance à étirer les scènes notamment celles présentant l'utilisation d'un site de rencontre. Les saynètes qui constituent la pièce sont du déjà vu. Tout à chacun aurait pu les proposer à l'exception de quelques, trop rares, répliques aussi cinglantes que drôles. Il est vrai qu'elles sont servies par un duo d'acteurs épatants. Edouard Baer est désopilant sans en faire des tonnes. Emmanuelle Devos, dans le rôle ingrat de l'emmerdeuse, tient sa partition de mains de maître. Ce sont eux deux qui sauvent notre soirée et nous poussent au final à une certaine indulgence.

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:38

DES-JOURNEES-ENTIERES-DANS-LES-ARBRES Paris, Jacques accueille sa mère qui vient des colonies pour lui rendre visite. Cette mère possessive et exaltée tente de convaincre un fils, mauvais garçon et tire au flanc, de venir vivre avec elle dans les colonies et de profiter de la fortune que leur rapporte leur usine du bout du monde. 

Fanny Ardant, incandescente, est parfaite dans le rôle de cette mère passionnée et versatile. La comédienne donne à son jeu toutes les nuances nécessaires à l'incarnation de ce personnage borderline.

Malheureusement, sur scène personne n'est vraiment à la hauteur pour lui donner la réplique. Nicolas Duvauchelle manque cruellement de finesse et de diversité dans son jeu. Ses déplacements semblent mêmes approximatifs. Agathe Bonitzer souffre des mêmes maux. Elle est d'une raideur qui empêche toute émotion de naître de son personnage. Ils semblent avoir été abandonnés sur scène sans intention et direction de jeu.

La mise en scène est d'ailleurs d'une grande lourdeur. Et d'une façon générale, la pièce manque de finesse et d'émotion. Thierry Kliffa semble avoir tout misé sur la présence de Fanny Ardant. Ce n'est aimable ni pour elle, ni pour les spectateurs.

On aurait tant voulu aimer l'association de ses trois comédiens. C'est dommage.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 12:48

Les-uns-sur-les-autres---www.-zabouille.overblog.com.jpgLe théâtre de la Madeleine nous invite à la rencontre d'une famille de Rueil Malmaison un peu étrange. Une famille qui se compose du grand-père, grande gueule en fauteuil roulant, d'un fils  geek fasciné par le sanglant, d'une ado anorexique et d'un père qui s'exprime en formules aussi alambiquées que convenues et fuit un peu plus chaque jour le domicile familial. Quant à la mère de famille, elle essaie, dans le déni, d'organiser un semblant de vie familiale. 

Cette pièce fourre-tout  renferme le meilleur comme le pire. Le meilleur : quelques scènes et répliques très drôles et la présence d'Agnès Jaoui excellente dans le rôle de la mère paumée. Le pire : un décor assez moche et inutilement biscornu, une mise en scène foutraque et des interventions vidéo gadget, la partition et l'interprétation aléatoire du grand-père, le portrait grossier de l'ado interprété par un  comédien qui fait ce qu'il peut avec ce qu'on lui donne à jouer, et pour finir une histoire mal tenue faite de quelques bonnes idées mal exploitées et de maladresses lourdingues. Le tout partant en tous sens.

On se souvient alors que "Ring", du même auteur et par le même metteur en scène, se composait de 17 sketchs de qualité inégale mais portant en majorité de bonnes idées et dont la mise en scène épurée touchait juste. Il est sans doute plus compliqué pour les deux artistes de proposer un récit dans sa continuité et de lui donner un certain niveau de qualité et de tenu.

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 10:11

Antigone-www.zabouille.over-blog.com.png 

Le rideau de la Comédie Française se lève. Pour décor, trois portes semblables, comme le souhaitait l'auteur. Les acteurs, convoqués sur scène, attendent. Le chœur (Clothilde de Bayser, parfaite) entre ironie et renoncement annonce le destin de chacun. La tragédie est écrite et aura bien lieu sous nos yeux.

Marc Paquien propose une mise en scène physiquement exigeante au diapason de la fougue d'Antigone. Dans le rôle titre, Françoise Gillard pousse parfois jusqu'à la folie alors qu'on imagine Antigone plus proche de l'exaltation. C'est la seule réserve que l'on retient après la représentation. Car ici tout emporte à commencer par la beauté poétique du texte d Anouilh dont les thèmes abordés résonnent encore aujourd'hui. La mise en scène énergique, la beauté simple du décor, le travail sur le son, celui sur la lumière, l'interprétation de Nazim Boujenah qui en deux scènes vous saisit, le contraste entre la stature frêle et sèche de Françoise Gillard et l'imposante carrure et la voix de stentor de Bruno Raffaelli font de cette représentation un très beau moment.

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 18:02

Hamlet-Cie-Francaise-zabouille.over-blog.com.jpgBien que la polémique gronde dans la presse et sur Internet depuis plusieurs semaines, la salle Richelieu est pleine. Dan Jemmett transporte le héros de Shakespeare dans un club house d'escrime des années 70.

Très vite on comprend pourquoi les puristes se sont offusqués face à la proposition du metteur en scène anglais et de la Cie française qui bouscule effectivement le mythe. Mais la beauté du texte est là, les comédiens sont parfaits (Denis Podalydes, Eric Ruf, Alain Lenglet, Hervé Pierre, Clotilde De Bayser, Jennifer Decker...) et les 3 heures de la pièce s'écoulent sans déplaisir, bien au contraire. Alors, évidemment, on s'attend plus à voir ce genre de délire dans les théâtres des grands boulevards qu'à la Cie Française mais il n'est pas sûr qu'on y trouverait une telle qualité d'ensemble.

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 16:00

Le-Pere-www.zabouille.over-blog.com.jpgAndré, 80 ans et plus, est contrarié. Sa fille, Anne veut absolument lui trouver une nouvelle "dame de compagnie". Pourtant André est persuadé de pouvoir vivre seul en toute indépendance, même si sa perception du réel lui semble parfois bien étrange.

 

Florian Zeller, auteur très à la mode dans les théâtres parisiens ces dernières années, a toujours une excellente idée de départ et pêche trop souvent dans le développement de cette idée. C'était le cas par exemple de "Si tu mourais" interprétée par Catherine Frot en 2007 ou de "Une heure de tranquillité" toujours à l'affiche. .

 

Pour le "Père", il est plus difficile de juger la qualité du texte et celle de la mécanique tant la prestation de Robert Hirsch emporte tout. Le talent exceptionnel du comédien associé à ses 88 ans donne vie au personnage de façon bluffante. Son indéniable soif de jouer et le plaisir évident qu'il y prend participent à l'émotion. Entourée de comédiens plus ou moins inspirés, Isabelle Gélinas est parfaite face au monstre sacré. Le couple nous embarque dans l'émotion et nous laisse au bout de presque 2 heures heureux d'avoir pu applaudir à nouveau le génial Robert Hirsch.

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 19:18

Luchini-www.zabouille.over-blog.fr.jpgPeut-être était-ce un mauvais soir ?

Luchini sort de scène après 1h15 de représentation. La pièce de Florian Zeller a lorgné d'un bout à l'autre du mauvais côté du boulevard. Du même auteur et dans le même style théâtral, nous avions pourtant aimé "La Vérité" à la mécanique démoniaque et tellement drôle. Pour cette Heure, l'auteur ne pare ces personnages secondaires, l'ouvrier polono-portugais, le voisin homo, le fils punk hargneux,  d'aucune finesse. Peut-être, est-ce cette écriture (ou absence d'écriture) qui ne favorise pas le jeu juste chez les comédiens ?

L'intrigue d'une grande simplicité ne laisse aucune place à la surprise, tout est prévisible mais pourquoi pas. La montée en puissance malheureusement ne se résume qu'à une montée de la puissance sonore des comédiens qui jouent de moins en moins et crient de plus en plus. Autour de 4-5 bonnes saillies les dialogues affligent et la forte tendance à la répétition lasse un peu. Tous ces cris et cet écho, est-ce par crainte que le public ne comprenne pas ?

Quand les personnages commencent à se battre et le décor à s'écrouler, on se dit que cette pièce est une satire, celle du théâtre de boulevard dans ce qu'on peut en faire de pire : sans imagination et sans esprit. 25ième degré, tentative de caricaturer la caricature ou grosse paresse de Zeller ?

Quant à Fabrice Luchini, il joue avec une certaine lassitude, sans se donner vraiment. D'ailleurs, cette absence d'engagement nous renvoie sans cesse à Pierre Arditi qui, lui, en donne 100 fois plus dans le même genre d'exercice. Peut-être que Luchini, qui a déjà joué cette pièce au printemps dernier, est las de cette récréation, de ce joujou de piètre qualité et qu'il ne pense déjà plus qu'à Céline qu'il retrouvera bientôt ?

Peut-être était ce un mauvais soir ?

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 18:29

Ring-www.zabouille.over-blog.com.jpgLe couple sous toutes ses coutures dans la violence, la sensualité, la tendresse, l'euphorie de la rencontre, le drame, la banalité du quotidien. Un sujet vu et revu qui nous faisait craindre le pire. Mais, ici les échanges des personnages parcourant les 17 sketchs sont le plus souvent drôles et bien vus. La scénographie qui mélange vidéo, accompagnement sonore, effet de lumière, mobilier ultra minimaliste et une mise en scène très chorégraphiée participent sensiblement au charme singulier de la pièce. Ce bel habillage est un écrin de choix pour Audrey Dana et Sami Bouajila tous deux exceptionnels dans des rôles exigeants physiquement et d'une grande variété d'émotion.

Une bien belle surprise.

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 15:49

Anniversaire-Pinter.jpgMeg et Peter tiennent une pension de famille dont Stanley est l'unique client. Peter, plagiste, tout en flegme et indifférence laisse Meg gérer avec maladresse la maison. Elle entretient avec son unique client des relations ambigües, à la fois maternelles et séductrices qui engendrent chez Stanley agressivité et mépris. Quand deux nouveaux clients sortis de nulle part débarquent à la pension, Stanley panique.

Violence, harcèlement et domination règnent dans cette oeuvre de jeunesse de Pinter. Par manque d'explication et d'éclairage sur le pourquoi du comment et le qui est quoi, tout semble gratuit. Du coup, l'histoire perd un peu en intérêt et les acteurs mêmes semblent avoir toutes les peines du monde à tenir leur rôle sans faiblir ou tomber dans l'outrance. La scénographie très cinématographique aide beaucoup à conserver toute notre attention.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 14:55

Le-soir-des-lions-www.zabouille.over-blog.com.jpg

 

C'est avec "Le soir des lions" que François Morel vient de clore ses 6 mois de carte blanche au théâtre de la Pépinière.


Une fois de plus, François Morel nous offre une soirée d'humour et de poésie triste ou gaie sans laisser la moindre place à l'ennui. Le talent et l'inventivité de l'auteur, la belle voix grave du chanteur et les qualités exceptionnelles de l'interprète forment un trio sans fausse note. François Morel a aussi l'intelligence de s'entourer de gens de talent : Juliette pour la mise en scène, Antoine Sahler pour les compositions musicales, associé pour l'orchestre à deux musiciennes Lisa Cat-Berro et Muriel Gastebois, tous les trois épatants.

 

François Morel, je t'aime !

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 21:56

Caroline_Vigneaux_quitte_la_robe_-_La_Comedie_de_Paris.jpg

Caroline Vigneaux est une très bonne comédienne dont l'aisance sur scène est particulièrement emballante. Elle maîtrise parfaitement l'improvisation, véritable ou feinte, et ses mimiques mêmes bien chargées demeurent drôles. Le spectacle propose de nombreuses bonnes idées et une écriture efficace qui sortent de l'ordinaire

Mais lorsque Caroline Vigneaux s'abandonne dans le graveleux et les plaisanteries salaces, elle tombe dans une facilité digne de nos plus mauvaises blagues de fin de soirée, qui ne justifient donc pas la convocation d'un public. Non seulement ce n'est plus drôle mais cela dessert le reste du spectacle qui est pourtant bien au-dessus de la pléthorique offre "comique" actuelle.

Aussi, les sketchs sont parfois un peu trop longs comme celui des portables qui semble un peu interminable, ce qui, sur un  one man show d'1h20, nous laisse à penser qu'il s'agit d'un manque de créativité. 

Du coup, à la sortie du spectacle, notre impression est mitigée par ce mélange de qualités évidentes et une tendance à certaines facilités.

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 21:22

la-fin-du-monde-est-pour-dimanche-www.zabouille.over-blog.c.jpgDans le cadre de sa carte blanche au théâtre de la Pépinière, François Morel présente un spectacle fait de saynètes mettant en scène une série de personnages, femme, enfant, vieillard, hauts en couleurs. On y retrouve la poésie, la tendresse et l'humour qui font la marque de fabrique du génial auteur et comédien. Instants de grâce.

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 15:56

J-avais-un-beau-ballon-rouge---www.zabouille.over-blog.com.jpgAngela Dematté, jeune auteur italienne, nous conte l’histoire de Margherita Cagol, membre actif des brigades rouges. A travers la relation entretenue avec son père, on suit de 1965 à 1975, la lente mutation de cette jeune étudiante en sociologie en militante extrémiste.


Le parti pris de confronter Margherita Cagol à un père aimant, représentant du bon sens populaire, intensifie la dramaturgie. Le contraste entre la position raisonnable, résolue et tendre de l’aîné et la fougue ivre d’absolue de la jeune fille éclaire les raisons d’un combat terroriste sans jamais les justifier ou les condamner. Il est rare de trouver des pièces contemporaines au récit si bien mené. L’écriture est agréable et efficace. Le propos est clair sans être simpliste. Plus qu’une pièce sur les brigades rouges, il est question ici du cheminement d’une jeune fille, de la confrontation entre ses origines simples et raisonnables et le destin extrémiste qu’elle s’est choisi. La mise en scène sobre sert efficacement le texte et la scénographie dans laquelle interviennent des vidéos d’époque.


Romane Bohringer apporte au personnage toute sa fougue. Avec son regard noir et intense au service de l'exaltation du personnage, elle nous emporte dans l'engrenage de l'engagement extrême. Richard Bohringer tout en douceur et en émotion touche particulièrement. Il dose parfaitement confiance admirative et inquiétude. Ce couple père fille à la ville n’empiète jamais sur le duo de la pièce. Ils sont tous deux incandescents et vous emportent durant une heure trente qui passent en un éclair.

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 20:55

Le-Porteur-d-histoire-www.zabouille.over-blog.com.jpgMartin Martin débarque dans un village d'Algérie où il rencontre  Alia et sa fille Jeanne qui possèdent une bibliothèque riche en trésors. Martin Martin se lance alors dans le récit de ses aventures.

 

Le Porteur d'histoire part du principe que l'Histoire est faite de petites histoires plus ou moins véridiques, plus ou moins essentielles. La pièce enchaîne donc les récits qui se croisent et s'agrémentent tel un jeu de construction. On y rencontre Monsieur tout le monde, une héroïne de pure fiction, Alexandre Dumas, Eugène Delacroix, Marie-Antoinette...

L'ensemble, un peu compliqué par sa structure, est du plus grand romanesque. Sa construction serrée, enchaîne les scènes haletantes et les moments suspendus sans que le rythme n'ait à en souffrir. Les comédiens, qui multiplient les rôles, sont très bons.

Malgré ces qualités, la pièce marque deux faiblesses que sont la mise en scène qui dans un décor pourtant épuré, a tendance à être superfétatoire - elle brouille plus qu'elle n'éclaire le texte - et le manque de sens. La pièce est trop pauvre en fond pour séduire totalement.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 20:05

Oh-les-beaux-jours-www.zabouille.over-blog.com.png

Winnie, enterrée jusqu’à la taille, se réveille pour une nouvelle journée. Elle se réjouit du beau jour que voilà et remplit le temps par des occupations répétitives, dont sa préférée : la conversation. Elle abreuve Willie, son mari mutique et unique interlocuteur, d’un flot de paroles ininterrompu. Les jours se suivent, tous semblables et Winnie s’enfonce irrémédiablement.


Le texte de Beckett est drôle et étrange sans être opaque. Catherine Frot est parfaite dans le rôle de cette cinquantenaire engluée dans une vie monotone et dénuée de sens. Le corps contraint, tout passe dans la voix et l’expression du visage. Le peu de geste doit être précis. Elle donne à Winnie une fraîcheur et une joie de vivre qui par contraste accentue la part absurde et surréaliste de la pièce et l’irréversibilité du destin de l’héroïne.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 17:17

Lil-Buck---www.zabouille.over-blog.com.jpgQuand Lil Buck, danseur de Jookin de Memphis (le Jookin c'est ça), rencontre le classique, il danse sur du Camille Saint Saëns et cela donne ça.


 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 12:30

walter.jpg

Belge et méchant...

Pour ce qui est du côté "Belge", c'est pas mal. Accent présent mais discret, jeu de mots pourris et donc efficaces, autodérision et un (trop) petit échantillon du décalage et de la folie chers à nos amis Belges.

Pour le côté "méchant", on est pour le moins déçu. Point de méchanceté digne de ce nom dans ce spectacle. Les seuls propos qui grattent un peu ne pourraient offusquer que les téléspectateurs de Michel Drucker le dimanche après-midi...

Le pire, dans cette posture de pseudo-méchanceté est, sans doute, qu'après chaque propos que Walter juge apparemment méchant ou inconvenant, il prend un petit sourire complice qu'il accompagne d'un "je plaisante" ou d'excuses. C'est sympathique mais à la longue un peu ridicule d'autant plus que Walter, tout sympathique qu'il est, n'est pas un très grand comédien.

A cela s'ajoute des sujets vus et revus traités sans grande originalité, laissant place à pas mal de lieux communs, de facilités. On sourit tout de même, à plusieurs reprises, sur quelques bonnes plaisanteries ou astuces, glissées rapidement. Mais, il y a peu d'occasion de rire franchement.


Walter devrait changer le titre de son spectacle car il n'en tient pas vraiment les promesses et donne à penser que son spectacle est moins bien qu'il ne l'est, sans doute, vraiment.

 

 

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 14:45

folle-de-chaillot.jpgA la terrasse du café "Chez Francis", place de l’Alma, quatre hommes « d’affaires » montent un plan pour exploiter le sol « pétrolier » de Paris. La comtesse Aurélie, dite la Folle de Chaillot, amoureuse de la nature et des petits gens, décide de déjouer leur traffic.


Le premier acte se déroule sur une scène grande comme un mouchoir de poche habitée par un décor des plus moches et par 15 comédiens qui font ce qu’ils peuvent pour se mouvoir dans un espace si étroit. On ne comprend pas bien le parti pris de Didier Long, le metteur en scène. D’autant plus que le texte bavard, aux formulations vieillottes et alambiquées, pèse déjà bien lourd. A cette lourdeur des mots et de la mise en scène s’ajoute la perruque, les foufs et le maquillage outrés d’Annie Duperey alias la Folle de Chaillot. Le sentiment d’étouffement généralisé rend cette première partie longue et pénible.

Le second acte met en scène notre héroïne et ses copines frappadingues dans son antre souterrain. Le décor, entre sous-marin et égouts, est un peu plus impressionnant et la scène, curieusement, semble avoir, un peu, gagné en profondeur.  On retrouve comme dans la première partie des monologues trop longs mais quelques bons mots viennent égayés le texte. Les personnages des  Folles (Catherine Salviat, Catherine Hosmalin et Fabienne Chaudat) et du chiffonnier (parfait Dominique Pinon) offrent de bons moments mais Annie Duperey campe une folle de Chaillot trop sage pour séduire vraiment.


On sort du théâtre en se demandant quel est l'intérêt de monter, en 2013, cette pièce vieillissante de Jean Giraudoux, si ce n'est pour ne rien en faire de plus.

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 20:42

Dans les aCollaboration---zabouille.over-blog.com.jpgnnées 30, Richard Strauss cherche un nouveau librettiste. Il propose à  l'écrivain Stefan Zweig d'écrire le livret de son prochain opéra. L'admiration réciproque se transforme rapidement en amitié et ce malgré la montée du nazisme. Car si Strauss collabore, sous la contrainte, avec le régime nazi, Stefan Zweig, juif, prend pleine conscience du péril qui s'installe.

 

La pièce vaut surtout par l'interprétation de ces deux comédiens principaux tous deux très habités par leur rôle.

Michel Aumont campe un Strauss qui ne vit que pour son art quitte à en perdre un peu de vue la réalité politique. Didier Sandre est un Stefan Zweig hyper sensible et particulièrement affecté par la montée du nazisme. Ces deux grands comédiens donnent à cette pièce un peu trop bavarde et au texte sans réelle envolée, le romanesque qui lui manque.

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 22:10

fleurs-pour-algernon-www.zabouille.over-blog.fr.jpgDeux chercheurs mettent Charlie, simple d'esprit, à l'épreuve : il doit se déplacer dans un labyrinthe plus rapidement qu'Algernon, une souris blanche, au cerveau modifié par la science. La souris bat sans cesse Charlie jusqu'au jour où les chercheurs effectuent sur celui-ci la même intervention chirurgicale. L'intelligence de Charlie croît alors de façon vertigineuse. 

Gérald Sibleyras adapte pour le théâtre le livre de Daniel Keyes. Dans une mise en scène aussi impressionnante qu'efficace d'Anne Kessler, Grégory Gadebois, seul en scène, magnifie cette histoire de perte de soi et des autres, pertes répétées et diverses. La très progressive transformation du héros est interprétée par le comédien avec une précision et une finesse bluffante. Si le dernier quart de la pièce est un peu en deçà du reste, on demeure, jusqu'au bout, captivé par le destin de Charlie Gordon et l'interprétation de Grégory Gadebois.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 17:55

Hyancinthe-et-Rose-zabouille.over-blog.com.jpegFrançois Morel est un amoureux des mots, auteur précis et drôle.

François Morel est un récitant malicieux.

François Morel est un comédien génial.

Au théâtre la Pépinière, l'association de ces talents donne "Hyacinthe et Rose" qui conte les souvenirs d'un petit parisien. Souvenirs des moments passés chez ses grands parents Hyancinthe, communiste, et Rose, catholique, tous deux amoureux passionnés des fleurs.

Accompagné du multi-instrumentiste Antoine Sahler, dans une mise en scène simple et efficace, François Morel incarne les différents personnages qui habitent ces anecdotes hilarantes, souvent tendres et à l'occasion émouvantes. Une heure de pur bonheur.

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