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theatre - danse

Jean-Luc Choplin, qui a pris la direction artistique du Lido depuis 2022, propose une très réussie adaptation en comédie musicale du film culte de Jacques Demy.

Son adaptation du récit est globalement fidèle au scénario original même si les puristes noteront des ajouts discutables : une vidéo sur Dutrouz qui dénote dans son propos et sa forme et qui n'apporte rien, un coup de genou mal placé et inutile porté sur le personnage de Guillaume L'ancien, une présence accentuée de Boubou un peu gadget, qui est de plus interprété par un comédien qui a un accent étranger, la représentation de Lola par un autre visage que celui d'Anouk Aimé. On remarque un final à la fois fidèle et différent. On regrette la suppression de la scène des adieux en alexandrins, certe peu spectaculaire pour une comédie musicale. On aurait aimé une version de la rencontre d'Andy et Solange plus fidèle à l'originale ; au Lido, le coup de foudre a moins de spontanéité. 

Mais tout le reste, c'est à dire la très grande majorité du spectacle, enchante au delà de ce qu'on pouvait espérer. La mise en scène de Gilles Rico, la scénographie de Bruno de Lavenere et les lumières de Tim Michelle relèvent le tour de force de faire entrer sur la "petite" scène du Lido un film qui se déroule dans une ville. Entre les projections sur les écrans XXL qui tapissent le fond de scène et les décors qui montent, descendent et tournoient, Rochefort se déploie avec ses marins, ses militaires, ses forains, sa galerie d'art, son magasin de musique, son café aquarium,... On se réjouit de la fidélité aux paroles des chansons bien sûr mais aussi à celle faite aux dialogues même si un mot est changé de ci de là..On adore les arrangements de Patrice Peyrieras et la qualité des musiciens à peine visibles mais bien présents sur chaque côté de la scène.

Les comédiens, chanteurs, danseurs dans des costumes d'Alexis Mabille et des chorégraphies de Joanna Goodwin séduisent tous, des premiers rôles jusqu'aux danseurs. Ils déploient au delà de leur talent d'artiste, une énergie et une joie communicative. Ce soir, c'est Marine Chagnon et Maïlys Arbaoui-Westphal, très bien toutes les deux notamment dans leur capacité à mettre du jeu dans l'interprétation de leurs chansons, qui interprètaient les soeurs Garnier. Elles étaient entourées entre autres par David Marino (un Maxence brun convaincant à la très belle voix), Paul Amrani (Andy, bel accent américain et excellent danseur), Arnaud Leonard (un Simon Dame, très convaincant et élégant), Valérie Gabail (dans le difficile rôle d'Yvonne Garnier que Danielle Darrieux a marqué durablement), Valentin Eyme (joue Etienne avec une remarquable maîtrise du chant, de la danse et de l'acting), Aaron Colston (Bill, très bien aussi). D'autres comédiens et une pléiade de danseurs-chanteurs les accompagnent.

En 2025, près de 60 ans plus tard, même avec d'autres comédiens et dans d'autres formats, la magie Demy-Legrand opère toujours.

Le spectacle est prolongé jusqu'au mois de mars 2026.

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Seymour, employé du fleuriste du ghetto, mal dans sa peau, découvre, après une éclipse totale du soleil, une étrange plante carnivore qui attire notoriété et clients pour la boutique. Mais Seymour et la plante ont un secret : pour grandir elle a besoin de sang et de chair humaine.

Valérie Lesort et Christian Hecq mettent en scène dans sa version française la comédie musicale montée à Broadway dans les années 80 par Alan Menken et Howard Ashman (qui ont par la suite redonné son lustre à Disney), comédie musicale qui est elle même tirée d'un film de série B de Robert Corman.

Pour profiter pleinement du spectacle, il faut oser s'abandonner à cette histoire outrancière où tout est surjoué et le kitsch totalement assumé.

On retrouve bien ici la folie du duo Lesort et Hecq qui place leur adaptation dans un esprit très cartoonesque. Les personnages sont haut en couleur, parfaitement kitchs et affublés de costumes inventifs. Les trois chanteuses qui commentent l'histoire en interludes sont excellentes à tout point de vue. La marionnette qui permet à la plante d'être incarnée est ingénieusement faite et articulée, lui donnant vie sans le moindre doute possible. Les dialogues et les textes des chansons sont très drôles. Ça chante bien, ça danse bien et ça joue Live les rythmes jazz, swing ou blues depuis les loges placées de chaque côté de la scène.

A voir jusqu'au 4 janvier 2025.

Lire les posts sur d'autres spectacles de Valérie Lesort et Christian Hecq :  Le voyage de GulliverLes soeurs Hilton20 000 mieux sous les mersLa mouche

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Juliette Drouet, femme légère et insouciante, fut la maîtresse, et sous l'emprise, de Victor Hugo pendant plus de 50 ans. De ses 27 ans à sa mort à elle, il l'a aimée, séquestrée, besognée. Elle était avec lui en villégiature quand il apprit par la presse la mort de Léopoldine, elle lui a inspiré le personnage de Cosette, elle lui a écrit des milliers de lettre, il a écrit son dernière poème pour elle.

La personnalité de Juliette Drouet et la richesse de la matière historique et romanesque de son couple avec Hugo à eux seuls rendent le spectacle intéressant. La présence de Julie Depardieu seule en scène est un autre point d'intérêt.

Pourtant, la pièce ne fonctionne pas vraiment. Aucune émotion ne circule. La faute à l'écriture qui fait jouer à Juliette ses dialogues avec Hugo. Elle dit ce qu'elle lui a dit et reformule ce qu'il lui répond tout en s'adressant à lui. Cela crée des formulations étranges, supprime tout espace pour que s'exprime l'émotion et les silences. A cela s'ajoute une mise en scène sans grâce, à l'habillage sonore bien étrange entre sons de fin du monde, qui interviennent comme des sentences, et du Beethoven.

Julie Depardieu ne démérite pas bien au contraire. Mais, on aimerait pouvoir réécrire son texte et confier la mise en scène à quelqu'un de plus inspiré.

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Figaro, valet, va épouser Suzanne la camériste. Mais, avant il doit déjouer les projets du comte qui veut exercer sur Suzanne le droit de cuissage, et ceux de Marceline qui veut forcer Figaro à l'épouser. A ses côtés, les jeunes et naïfs Fanchette et Chérubin vont multiplier les gaffes.

Lena Breban s'empare de la pièce de Beaumarchais écrite en 1778 et considérée comme injurieuse par Louis XVI qui la censura. Elle ne fut jouée qu'en 1884 à l'Odéon, comme un avant goût de la Révolution Française. Critique de la dictature aristocratique sur le peuple et la justice mais aussi dénonciation de l'emprise des hommes sur les femmes, la pièce reste furieusement d'actualité. Suzanne déjoue les manœuvres du comte et se moque allègrement des hommes. Figaro, homme du peuple, plus intelligent et manipulateur que son maître le ridiculise et le prend à son propre piège.

La pièce est une satire qui se déploie à 100 à l'heure. Pas de temps mort ici au point qu'on peut se perdre un peu dans les manoeuvres des uns et des autres. Dans un décor épuré, la mise en scène de Lena Breban mise tout sur le mouvement perpétuel des personnages dans des gesticulations d'un grand comique particulièrement par Chérubin grand échalas maladroit, excellemment interprété par Antoine Prud’homme de La Boussinière. Philippe Torreton (bien qu'un peu trop âgé pour le rôle) est excellent et déploie une énergie folle dans la peau de Figaro. Marie Vialle en Suzanne est elle aussi parfaite en amoureuse finaude. Annie Mercier, avec sa voix extraordinaire, est hilarante, tout comme Grégoire Œstermann en Comte manipulateur manipulé.

A voir jusqu'au 4 janvier 2026.

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Dans les années 50, d'un côté Sabine et Pierre, de l'autre leur fils Georges et sa femme Louise. Chaque couple se déchire dans son cabinet de toilette, séparés par une simple cloison. Ils vivent dans une propriété agricole qui se meurt comme Marie, leur tante et soeur, figure sacrificielle.

Alain Francon met en scène l'unique pièce de théâtre écrite par Claude Simon, Prix Nobel de Littérature. Et c'est vrai que sur scène la langue est belle. Elle dépeint avec précision et métaphores, sensoriellement et visuellement, le vécu et les ressentis des personnages. A travers eux, se raconte l'histoire et le courage de Marie.

Le fils, traumatisé par la guerre, déteste ses parents, particulièrement son père, homme lettré. La mère souffre de l'indifférence de son mari, soupçonne son fils de vol et sait l'infidélité de sa belle fille. Belle fille qui, à côté de cette hystérie familiale, demeure comme détachée, observatrice du chaos. Seule la mourante, celle qui s'est sacrifiée toute sa vie, semble l'atteindre vraiment.

Sur scène Léa Drucker impressionne dans sa capacité à décaler légèrement son jeu par rapport à celui de ses partenaires. Louise est la pièce rapportée qui observe et qui pourrait quitter ce naufrage. Catherine Hiegel est exceptionnelle dans le rôle de la femme vieillissante, bouffée par l'alcool et les ressentiments. A leurs côtés, Pierre François Garrel, Catherine Ferran et Alain Libolt ( qui semble encore un peu encombré par son costume) sont très bien.

A voir au théâtre des Bouffes Parisiens.

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