SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 16:01
Des territoires (d'une prison l'autre) - SansCrierArt.com

Lyn, Hafiz, Benjamin et Samuel viennent d'enterrer leurs parents dans des circonstances farfelues. De retour dans la maison familiale, ils trouvent Moussa et Lahcen qui leur apprennent que des émeutes ont lieu dans le quartier. Contraints de rester enfermés dans la maison, ils se retrouvent face à leur deuil et à leurs relations complexes alors qu'une militante anti-capitaliste s'invite chez eux.

Que la militante se nomme Louise Michel n'est pas un hasard. Baptiste Amman fait le choix de lier les difficultés des quartiers à la Commune. Un choix qui semble difficile à appréhender tant la pièce perd en efficacité lorsque cette part d'histoire intervient. Toute la partie contemporaine (la plus importante) est particulièrement séduisante. Les textes y sont forts et poétiques. Le propos y est clair et prenant. Les comédiens incarnent avec force leurs personnages et sont parfaits dans la gravité comme dans le burlesque. La scénographie est belle à la fois crue et éthérée, entre rêve et réalité. On est tout à fait séduit par cette curieuse histoire. Quand la Commune prend toute la place, on se perd un peu et on doute du réel intérêt du propos. Les états d'âme que Baptiste Amman attribue à Théophile Ferré ou Gustave Courbet sont biens moins intéressants que le malaise de ses héros contemporains et moins fort que le cri de Moussa. Au risque de décevoir l'auteur, on repart avec le souvenir vivace du destin de ce pavillon de quartier et on oublie bien vite la Commune.

A voir jusqu'au 25 novembre.

Des territoires (...d'une prison l'autre....) est le deuxième volet d'un triptyque débuté en 2013 avec Des territoires ( nous sifflerons la Marseillaise). La même fratrie est chaque fois mise en scène et leur histoire  confrontée à un évènement historique : la révolution française, la Commune et la guerre d'Algérie pour le troisième volet à venir.

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 16:40
la-revolte-les-dechargeurs-sanscrierart.com

Elisabeth travaille avec son mari banquier. Depuis 4 ans, elle gère scrupuleusement et avec succès la fortune de son époux. Mais ce soir, elle décide que cela suffit.

La pièce de Villiers de l'Isle Adam, écrite en 1869, est un grand texte féministe, cinglant, sans concession sur l'esprit bourgeois et le libéralisme. L'auteur y fait un constat amer sur la situation des femmes dans le couple et le tout argent. Son texte percutant et moderne a aussi la beauté de la littérature de l'époque. La mise en scène de Salomé Brousky est simple et discrète. Il est vrai que la qualité du texte ne nécessite pas d'effet particulier d'autant plus qu'il est servi par Dimitri Storoge et Maud Wyler, tous deux excellents.

A voir jusqu'au 9 décembre 2017

Les Déchargeurs - 3, rue des Déchargeurs - 75001 Paris

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 08:20
12hommes-en-colere-sanscrierart

Le directeur du théâtre Hébertot, Francis Lombrail, propose sa propre adaptation de la pièce de Réginald Rose. 

Dans un décor blanc d'une grande simplicité, s'alignent les 12 jurés qui vont devoir débattre, se battre et se convaincre. Les 12 comédiens, au diapason, sont parfaits, affichant sans excès, la personnalité  de leurs personnages aux histoires et motivations bien différentes. Bruno Wolkovitch est excellent de sobriété dans le rôle principal de l'empêcheur de tourner en rond. La mise en scène ténue, l'espace de jeu est réduit, joue sur la promiscuité dans laquelle sont maintenus les jurés qui s'affrontent dans des joutes verbales à deux doigts du corps à corps. 

On pourra regretter l'accompagnement sonore qui n'apporte rien et même dessert la qualité d'écoute, on peut aussi trouver le retournement du dernier juré un peu expéditif mais la pièce fonctionne toujours et bien que connaissant parfaitement les tenants et aboutissants de ce spectacle, on se laisse une fois encore prendre à cette très belle peinture des préjugés qui vacillent et de la raison qui triomphe.

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 21:50
Dussolier_Novecento_Sanscrierart.com

André Dussolier reprend au théâtre Montparnasse les représentations de Novecento qu'il avait dû abandonner il y a tout juste un an en raison d'une sale blessure au talon.

Le comédien met lui-même en scène le livre d'Alessandro Barrico dans une adaptation de son cru (aidé par Gérald Sybleyras et Stéphane de Groodt) qui apporte un peu plus d'humour à l'oeuvre originale. 

Seul comédien sur scène, accompagné de quatre musiciens, il nous conte le destin étrange et fabuleux de Danny Boorman T.D Lemon Novecento avec un enthousiasme et une énergie qui nous saisissent d'emblée. Une bande originale de choix accompagne son irrésistible voix de conteur. Dussolier, virevoltant et dansant, offre un jeu haletant. La mise en scène est inégale mais cela n'est rien. Le talent du comédien emporte tout.

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 10:31
The_pianist_SansCrierArt

Au fond de la scène toute en longueur, un grand rideau noir, au centre un piano et un lustre suspendu. Le décor de The Pianist est des plus épurés.

Le pianiste (Thomas Monckton) qui entre en scène de façon étrange est grand, dégingandé, quelque peu maladroit et distrait. 

Mimes, acrobaties et gags composent ce court spectacle sympathique mais sans grande originalité.

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 23:18

Zaneto et Tonino, jumeaux séparés à la naissance se trouvent  simultanément, et à leur insu, en visite à Vérone pour rencontrer  leurs promises. Leur incroyable ressemblance va entraîner de multiples quiproquos.

Cette pièce, œuvre de jeunesse de Goldoni (1745), a un peu vieilli. Ses rebondissements et effets comiques ont été trop souvent utilisés depuis pour conserver toute leur efficacité. Si l'ensemble est quelque peu éculé, la vivacité du récit fonctionne encore. Il suffirait d'une pointe de finesse dans le jeu des acteurs, de la modernité dans la mise en scène pour redonner à cette pièce tout son charme.

Curieusement, le parti pris du metteur en scène semble tout autre. Le jeu des comédiens est outré surlignant excessivement la satire dessinée par Goldoni. Certains comédiens jouent particulièrement en force éliminant d'emblée la part émotionnelle qui existe aussi dans la pièce. Ils sont de plus desservis par des costumes et un maquillage disgracieux.  La scénographie parait curieusement vieillotte. Le décor aux atours faussement modernes prend trop de place. Le plateau devient trop petit, les acteurs qui s'agitent beaucoup paraissent empêchés dans leurs mouvements.

Jean Louis Benoît qui a mis en scène et adapté la pièce a choisi de moderniser, par petites touches, le vocabulaire utilisé mais cela sonne souvent faux. En revanche, il n'a pas fais le choix de supprimer certaines apartés entre les personnages et le public et qui, si elles avaient leur utilité face au public moins averti de l'époque, sur-expliquent de nos jours inutilement l'action. 

L'ensemble ne jouant que sur les effets comiques et la part guignolesque de la pièce tait la finesse de Goldoni et le portrait fait de la société vénitienne du 18ème siècle. Pour compenser notre frustration, on se raccroche à Maxime d'Aboville qui, dirigé comme ces camarades de jeu, ne dose pas assez sa partition à la Ugolin de Zanetto, mais dont le talent et l'incroyable capacité à passer d'un personnage à l'autre impressionne et amuse.

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 22:14
Le_bruit_des_arbres_qui_tombent_sans_crier_art.com

Une immense bâche noire que l'on manipule tels un ciel, une mer ou une forêt battue par les vents à la fois protectrice et menaçante, une valise pour porter le poids de l'histoire du monde, six bûches et du sable tombés du ciel, des dizaines de chemises qui prennent leur envol et retombent inertes, des seaux de terre qu'on renverse et remplit. un arbre sous lequel se cacher ou se protéger... ces éléments habillent la dernière création de Nathalie Beasse.

Avec eux quatre comédiens-danseurs (tous impressionnants) dansent, gesticulent et interprètent des textes de Duras, Shakespeare, Brel, Saint-Matthieu... La pièce présente ainsi une série de saynètes cocasses ou poétiques, parfois accompagnées de musique (la 5e de Mahler, les compositions de Nicolas Chavet et Julien Parsy), souvent visuellement belles. On ne perçoit pas toujours quel sens leur donner, ni quel lien probant les unis. Et cette absence de récit clair, ne permet pas à l'oeuvre, malgré ses qualités évidentes, de marquer durablement. 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 18:19
RamsesII_SansCrierArt.com

Jean et Elisabeth attendent leur fille Bénédicte et leur beau-fils Matthieu pour déjeuner. Mais Matthieu arrive seul.

Dans une scénographie à la fois simple, précise et élégante, trois grands comédiens donnent vie à la nouvelle pièce de Sébastien Thiery. L'auteur connu pour l'originalité de ces œuvres propose une histoire moins loufoque qu'à l'accoutumée mais tout aussi intrigante. En refrénant ses bouffées délirantes, il gagne même en efficacité. S'il prend toujours un malin plaisir à manipuler ses personnages et les spectateurs, ces derniers ne se trouvent jamais exclus par la complexité du récit qui, sur certaines de ses pièces précédentes, pouvait sembler échapper à son auteur.

Ramsès II offre un humour à la fois potache et grinçant. La pièce est particulièrement bien servie par la gracieuse Evelyne Buyle et par Eric Elmosnino qui joue sa surprenante partition avec une virtuosité particulièrement réjouissante.

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 09:47
Welcome_to_woodstock_sanscrierart.com

Août 1969 à Paris, Paul, Tom, Florence, Francis et Martine décident de se rendre à Woodstock pour assister au concert qui s’avérera la plus grande représentation du mouvement hippie.

L'histoire n'est qu'un prétexte pour faire revivre l'esprit et la musique hippie. Très discrète, l'intrigue sert de transition entre les morceaux cultes de l'époque qu'interprétaient les Who, The Turtles, The Doors, Cat Stevens, Otis Redding, Jimi Hendrix, Joan Baez...  La scénographie très réussie, tout en vidéo et jeux de lumière, nous plonge dans l'ambiance de l'époque, trips au LSD inclus. Côté musique, tous les morceaux bénéficient d'arrangements élégants et efficaces.

Mais ceci ne serait rien sans les 11 artistes qui évoluent sur scène. Sept comédiens-chanteurs (Magali Goblet, Morgane Gabot, Margaux Maillet, Jules Grison, Pierre Huntzinger, Geoffroy Peverelli et Xavier V.Combs), avec chacun leur spécificité, sont tous impressionnants vocalement. Ils sont accompagnés par un excellent groupe de quatre musiciens dont un chanteur (Yann Destal, guitare et chant, Cléo Bigontina basse, Benoit Chanez, guitare, Hubert Motteau, Batterie).

Welcome to Woodstock offre ainsi deux heures de pur plaisir musical.

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 10:20

Agatha a donné rendez-vous à son frère dans leur maison d'enfance. Elle part faire sa vie avec un autre. Lui ne veut pas renoncer à leur amour absolu et interdit.

Hans Peter Cloos propose une mise en scène débordante, multipliant les supports et les accessoires. Des vidéos (dont des extraits de la Nuit du chasseur ?) sont projetées sur le grand mur de briques de la salle au-dessus de la scène, d'autres vidéos, cette fois prises en direct par la GOpro des comédiens, se posent sur le décor, en fond un accompagnement musical, sur scène de nombreuses chaises abandonnées et deux micros sur pied, pour les comédiens des accessoires en lien avec le monde de l'enfance (tutu, maillot de corps Petit Bateau, nez de clown, poupées dont on ne dira jamais assez le mal qu'elles font au théâtre contemporain qu'elles soient dénudées, poignardées ou démembrées), pour décor, les murs vieillissants du salon de la maison et un corridor où courir et se cacher.

Les deux comédiens jouent de façon très différente. Le  jeu de Florian Carove est à l'avenant du parti-pris de la mise en scène. Il surjoue chaque émotion, chaque geste, marquant chaque instant de gesticulations. Face à lui, Alexandra Larangot offre une interprétation très classique, posée. De tout cela ne ressort aucune sensualité. Mais ce qui gêne le plus, est que sous cette mise en scène, que l'on peut trouver superfétatoire, le texte de Duras peine à trouver sa place, jusqu'à être par moment totalement englouti par le désir du réalisateur de tout surligner, de surinterpréter. C'est dommage car les moyens et l'envie de délivrer un beau moment de théâtre sont indéniablement là.

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 13:03
Le_cercle_des_illusionistes_SansCrierArt

En 1805, né Jean-Eugene Robert-Houdin. En 1861, Georges Méliès voit le jour.  En 1984, Décembre, pick-pocket, rencontre une étrange jeune fille.

A travers le destin croisé de ces trois personnages, Alexis  Michalik nous convie au cœur d'une réflexion sur l'illusion. C'est du moins ce que l'élégant monologue d'introduction nous laisse présager. Mais, le récit qui suit, que l'on pourra juger inutilement alambiqué, ne dépasse jamais le stade du très simple divertissement. Bâti sur une succession d'anecdotes, pas vraiment passionnantes, le récit s'enlise et ne porte aucun questionnement.

Les dialogues ne sont pas particulièrement audacieux ou drôles. La mise en scène efficace, bien qu'alourdie par un récit confus, offre quelques moments propices au merveilleux. La valse des six très bons comédiens, qui passent sans cesse d'un rôle et d'une époque à l'autre avec une dextérité remarquable, impressionne. Mais, la profondeur qu'il manque au récit nous laisse bien déçus.

Lire la critique de la première pièce d'Alexis Michalik "Le porteur d'histoire"

 

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 11:03

La petite Sandra promet à sa mère mourante de la garder en vie en ne cessant jamais de penser à elle. Quand elle emménage avec son père chez la future épouse de celui-ci, Sandra, toujours obnubilée par sa promesse, accepte d'endosser les travaux les plus ingrats.

Le théâtre de la Porte Saint-Martin  accueille le public rideau ouvert, scène et murs nus, affichant une austérité surprenante. Pourtant, dès le début de la pièce et pendant 1 heure 40, le théâtre va prendre vie de la plus belle des façons. La vidéo, qui a envahi les théâtres avec plus ou moins de bonheur ces dernières années, offre ici un spectacle d'un esthétisme bluffant. L'un des décors principaux, la maison de verre, est particulièrement impressionnant et intrigue par sa beauté et son ingéniosité. La mise en scène fluide fait la part belle au mouvement, dans une chorégraphie très expressive. Les comédiens (Noémie Carcaud, Caroline Donnelly, Catherine Mestoussis, Deborah Rouach, Alfredo Cañavate) sont excellents. Leur léger accent belge est un bonheur supplémentaire qui sert particulièrement efficacement la tonalité féroce et drôle des dialogues et du propos général. Car Pommerat présente de Cendrillon une version à la fois cruelle et hilarante. On rit ainsi beaucoup à cette histoire au demeurant touchante. Le récit d'une extrême simplicité, servi par un texte ciselé, offre une réflexion étonnante sur le poids de la culpabilité et du malentendu. 

L'ensemble compose un spectacle de très beau et très grand théâtre.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 22:06

Le plus souvent lorsqu' une soirée au théâtre n'est pas très réussie c'est que l on a assisté à la représentation d'une mauvaise pièce, mal mise en scène, que le talent et l'enthousiasme des comédiens n'ont pas suffit à sauver. Ce jeudi 15 juin, la situation était inverse pour un résultat identique.

La pièce écrite par Amanda Sthers et Morgan Spillemaecker présente un sujet original, au traitement drôle et cru. Les dialogues sont percutants et entrainent des rires en cascade pour qui aime l'humour grinçant. Jouée avec finesse et astucieusement mise en scène, elle offrirait un bon moment de pur divertissement.

Malheureusement, ce jeudi 15 juin, les comédiens n'étaient pas très bons. L'un surjouait un personnage déjà en marge, l'autre ratait toutes ses bonnes répliques lancées à contretemps et à l'occasion inaudibles, une autre ne portait pas sa voix et, quand elle le faisait, perdait en justesse et le quatrième, celui qui s'en sortait le mieux, était totalement desservi par ses camarades. A ce jeu de massacre, peut-être dû à un mauvais soir, s'ajoute une mise en scène convenue dont l'absence totale de créativité lasse rapidement. La soirée ne fut donc pas très réussie.

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 18:35

Blanche Gardin présente son 2e spectacle en forme de bilan féroce et irrésistiblement drôle. Bilan personnel à l'étape fatidique des 40 ans, âge où tout dégringole, et constat désabusé sur une Humanité qui semble en bout de course.

Blanche Gardin, droite comme un i derrière son micro, aborde les sujets les plus déprimants, et graveleux, avec un sérieux, un sens de la dérision et de l'analyse désarmant. Son expression est soignée même dans les récits les plus dérangeants ou incongrus et on perçoit la sociologue dans son sens de la dialectique.

Dans la foule des artistes qui se proclament comiques en racontant leur vie sur scène avec trois jeux de mots et deux blagues de cours de récré, Blanche Gardin propose d'élever la qualité de nos rires quitte à ce que ça grince un peu.

 

 

 

 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 19:55

Martine et son mari Roland, Jean-François comédien sans carrière et Patrick Vaillant, ex-présentateur vedette de la télévision sont embauchés au parc d'attraction Magic Land pour incarner les personnages de Peter Pan.

Le pitch plus original que le tout venant du théâtre comique était plutôt alléchant. Mais, un début de bonne idée mal développée ne nous emmène pas très loin. Les blagues et jeux de mots éculés se succèdent et l'histoire s'essoufle très vite faute d'idées et d'un vrai travail d'écriture. La mise en scène est triste et sans imagination. Les trois running gag sont exploités à l'excès faute de mieux. L'ensemble est terriblement daté. Malgré toute l'énergie qu'ils déploient, les comédiens ne parviennent pas à sauver notre soirée.

 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 20:23

Hubert O'Taquet, professeur émérite, donne une conférence sur l'origine de l'homme : qui sommes-nous ? d'où venons-nous ? où allons-nous ?

Du plancton à l'homo sapiens en passant par la méduse et les dinosaures, Patrick de Valette, (membre des Chiche Capon) mime la grande évolution, puis les grandes et petites faiblesses de l'homo économicus. Ce spectacle participatif, totalement délirant et globalement indescriptible est drôle et plus futé qu'il pourrait en avoir l'air. 

Si vous étes du genre détendu, si vous êtes capable d'ouvrir bien grands vos chakras, vous passerez 1h15 désopilante. 

* Spectacle écrit et interprété par Patrick Valette et mis en scène par Isabelle Nanty.

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:33

Un couple d'un certain âge attend ses grands enfants pour fêter Noël. Cette année, c'est chez la grand-mère que tout se passe et l'ambiance sera, comme chaque fois, des plus tendues.

Pierre Notte nous convie aux fêtes de fin d'année d'une famille de cinglés. Personne, des parents aux fils en passant par la pièce rapportée, ne semble, ne serait-ce qu'un peu, équilibré. La rancoeur est au menu et les névroses coulent dans les flutes.

Dans cette fratrie où l'incommunicabilité règne, tout grince, tout est outré, tout est piège. Mais aussi tout est hilarant. Car l'auteur s'en donne à coeur joie dans les bassesses et vacheries servies par une écriture percutante. Les chansons (trois) sont également très efficaces.

Cette pièce bien barrée, qui frôle sans cesse la frontière du too much, doit aussi beaucoup à la qualité de ses comédiens, Bernard Alane, Romain Apelbaum, Brice Hillairet, Juliette Coulon et particulièrement Marie-Christine Orry. Ils maitrisent parfaitement la partition de ce jeu de massacre.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 21:57

A une époque où n'importe quel clampin se produit dans les cabarets, music-halls et autres cafés-théâtres, s'autoproclamant humoriste sous prétexte qu'il ou elle fait rire ses copains avec trois blagues et deux jeux de mots, Mère Indigne nous réconcilie avec le one (wo)man show.

Aisance de la comédienne, qualité de l'écriture, efficacité de la mise en scène, tout est là. Le rythme est soutenu, enchaînant les rires en jouant sur tous les registres comiques. Le texte précis et incisif est servi par un jeu à la fois mesuré et relevé jusque dans la gestuelle - la comédienne se donne aussi beaucoup physiquement. Les parties gentiment graveleuses sont habilement contrebalancées par la teneur du propos. Tout est parfaitement dosé dans ce spectacle parlant de la dure réalité de la vie de mère de famille.

Ses qualités le rendent aussi efficace sur les parents que sur les célibataires ou les couples sans enfants.

A voir les mercredis et jeudis à La Nouvelle Seine.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 16:51

Xavier, cadre dans la communication, donne une conférence visant à remonter le moral des français. La France est un beau pays que les puissants vont sauver.

Guillaume Meurice, spécialiste des micros-trottoirs politiques dans l'émission Si tu écoutes, j'annule tout de France Inter, s'en donne à coeur joie dans ce qu'il sait faire de mieux : l'interaction. Au Café de la Gare, le public est fortement invité à participer. A la fois, interpellé et interpellant, l'humoriste relève le tour de force de garder la maîtrise du jeu, coupant ou ignorant les importuns et relançant les timides-pertinents. Certes, le risque s'avère limité tant le public est acquis à sa cause. Dès l'entrée en salle, on sent l'excitation qui gagne la majorité des spectateurs à l'idée d'écouter leur humoriste de gauche abonder dans leur sens. Cela pourrait agacer, mais Guillaume Meurice se montre, ici aussi, très drôle. La petite déception, car il y a déception, vient de la structure un peu bancale du spectacle. Son personnage de Xavier ne prend jamais vraiment corps. Il disparait régulièrement sous la personnalité de Guillaume Meurice, victime de sa propre notoriété. 

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 11:07

Martin vient de recevoir le Grand Prix International d'Histoire. Cette nouvelle qui devrait le réjouir, le terrifie : tous les lauréats de ce prix sont décédés dans l'année qui a suivi. Alors qu'il confie son inquiètude à sa belle-soeur celle-ci lui avoue son besoin de révéler à son mari qu'elle l'a trompé avec Martin.

Il est toujours aussi étonnant de voir que de grands professionnels du théatre tels que Bernard Murat et Daniel Russo puissent encore monter des pièces d'un niveau aussi faible. Comme si sans prendre soin d'étudier sérieusement la pièce, ils ne se basaient que sur la réputation de l'auteur, Gérald Sibleyras, qui affiche quelques succès sur son CV. La Récompense manque cruellement de rythme, les effets comiques, déjà peu nombreux, tombent à côté une fois sur deux,  le récit oscille entre la peur de mourir de Martin et celle de voir sa tromperie révélée à son frêre sans qu'aucun des deux sujets ne soient vraiment traités et tout est terriblement prévisible. Quant à la mise en scène, elle est au diapason : sans créativité et sans surprise. Les deux - trois envolées qui réveillent la pièce ne durent qu'une minute et sont traitées de façon anecdotique. Tout le talent de Daniel Russo (soutenu très honorablement par Lionel Abelanski, Anne Jacquemin et Alysson Paradis) ne suffit pas à donner de l'intérêt à cette fade Récompense.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 18:05

Silvia et Dorante se voient promis l'un à l'autre par leurs pères respectifs. Alors qu'ils vont être présentés pour valider ce choix, ils ont chacun de leur côté l'idée d'échanger leur rôle avec leurs domestiques. Ainsi, ils pourront observer leur fiancé(e) à leur guise.

Salomé Villiers propose de déplacer cette intrigue amoureuse dans une époque récente. Dans un jardin avec transat, parasols, menthe à l'eau et lunettes de soleil, elle nous convie à une version burlesque pas totalement assumée. Dès le début de la pièce, la metteuse en scène semble avoir du mal à faire des choix, à doser et à renoncer à l'inutile. Les accessoires "comiques" sont grossiers, le décor est sans intérêt, la vidéo en plus de ne rien apporter d'intéressant, ni artistiquement, ni du point de vue du récit (la metteuse en scène y imagine ce qui se passe entre les actes), s'immisce lourdement dans l'espace. Salomé Villiers emporte certains personnages (Lisette, Arlequin, Mario) vers le burlesque et une certaine outrance (pas toujours très bien maitrisée) et maintient Dorante et Silvia dans le premier degrés. L'harmonieux mariage de la satire et du romantisme créé par Marivaux disparait ici totalement. Il reste tout de même la beauté du texte et l'intelligence du récit. On peut s'en réjouir ou s'interroger sur l'intérêt de déranger un tel auteur pour si peu.

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 13:00

Sidney Brown auteur de pièces policières à succès est en manque d'inspiration. Un jeune auteur lui envoie, pour avoir son avis, le texte de "Piège mortel" qu'il vient d'écrire. Sidney Brown, très séduit par l'oeuvre; imagine toutes sortes de stratagèmes pour se l'approprier.

Piège mortel est l'adaptation de Deathtrap de l'auteur Américain Ira Levin. La pièce se démarque du reste de la production par la qualité et l'inattendu de ses rebondissements et son ton décalé entre tension et humour. Les deux niveaux de jeu sont parfaitement dosés et maîtrisés par les comédiens particulièrement bien servis par la mise en scène précise et alerte d'Eric Metayer. Cyril Garnier, cette fois sans son binôme Sentou, est parfait en jeune auteur faussement candide et Nicolas Briançon est comme toujours excellent. Toutefois, celle qui impressionne le plus est Viviane Marcenaro. Dans un rôle totalement incongru et donc hyper périlleux, elle est parfaitement crédible et fait éclater le rire en cascade. Encore, une belle réussite d'Eric Métayer qui n'a pas son pareil pour trouver les pièces qu'il saura servir par son art du décalage et par ses excellents choix de comédiens.

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 21:06

Kee-Yoon, ancienne avocate au barreau, présente son premier spectacle "Jaune bonbon" au théâtre du Petit Gymnase. Elle y évoque son ancienne profession, ses origines coréennes, ses relations avec sa mère et son grand saut dans l'humour. L'enthousiasme et l'énergie qu'elle déploie pendant 1 heure sont très sympathiques. La partie sur ses origines asiatiques est assez efficace et on en rit de bon coeur. Le reste du show offre quelques blagues convenues, pas très bien amenées, aux références vieillottes ou au contraire très enfantines. qui semblent avoir été écrites un peu rapidement. Le spectacle semble à l'état débauche ou de test, demandant à être retravaillé, peaufiné tout comme le personnage campé par Kee Yoon, un peu fade, manquant d'un caractère plus marqué. On est alors d'autant plus surpris d'apprendre que ce spectacle tourne depuis plus de trois ans, démentant ce sentiment qui nous tient pendant une heure que cette grande brune fort sympathique et maladroite est en train de faire ses classes. A moins que, car il est question ici de spectacle vivant, que ce soir ne fut pas un très bon soir.

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 23:00

Slimane Kacioui met en scène, Le Horla, la nouvelle fantastique écrite par Guy de Maupassant en 1887. Le héros et narrateur conte son histoire sous la forme d'un journal. Date après date, ce récit étrange prend corps et laisse apparaître la possible folie d'un homme à travers ses perceptions surnaturelles. 

Avec pour seuls accessoires, une chaise, un tréteau et de grandes tentures noires, Florent Aumaître, seul en scène, donne un visage, une voix et les traits d'émotions multiples et contradictoires au héros de cette œuvre au texte riche et curieusement plus exigeant à l'écoute qu'à sa lecture. Le comédien dans une diction parfaite fait entendre tous les mots et toutes les intentions du texte. Son interprétation des doutes, peurs, luttes et résolutions du héros est particulièrement efficace. 

A voir au théâtre Michel jusqu'au 6 mai.

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 10:53

A Venise et Ferrare, au XVe siècle, Lucrèce Borgia, femme incestueuse, tyrannique et meurtrière, trouve un peu d'humanité dans l'amour qu'elle porte à Gennaro, son fils autrefois abandonné. Elle cherche à tout prix à le rencontrer et à le sauver alors qu'il ignore qu'elle est sa mère.

 

Denis Podalydes, metteur en scène, modifie la distribution de la pièce de Victor Hugo  interprétée l'année dernière par Guillaume Gallienne dans le rôle-titre. Il confie cette fois le rôle de Lucrèce Borgia à Elsa Lepoivre, très impressionnante dans ce rôle extrêmement complexe où le tyran voit sa soif de barbarie dépassée par l'amour maternelle qu'elle porte en elle. Aussi terrifiante que touchante, la comédienne présente une palette de jeu d'une grande richesse. La puissance de sa voix dans la colère et sa douceur dans la peur, ses traits lui donnant le masque de la laideur dans la violence et ceux de la beauté dans l'abandon, ses larmes de haine si différentes de ses larmes de chagrin la rende particulièrement troublante. Elle se jette à corps perdu dans ce rôle et nous emporte dans la folie malsaine des Borgia avec force.

 

Curieusement, malgré cette interprétation magistrale et irréprochable, la pièce ne touche pas tout à fait comme elle le devrait. Quelque chose d'imperceptible vient perturber la dramaturgie. Pourtant, la scénographie est très belle et sombre comme il se doit. Elle est réalisée par Eric Ruf, comédien fabuleux qu'on ne voit plus assez souvent depuis qu'il dirige la Maison et que l'on a plaisir à retrouver dans le rôle d'Alphonse d'Este. Les comédiens qui interprètent les frères d'arme de Gennaro sont parfaits (Clément Hervieu Leger, Benjamin Lavernhe, Julien Frisson...). En revanche, le jeu de Thierry Hancisse, Gubetta, tire excessivement vers le grotesque, qui existe bien dans la pièce mais qui semble ici prendre trop de place au point que ce personnage n'en est plus du tout effrayant. Il est pourtant le bras droit de Lucrèce et une menace pour son fils. Gaël Kamilindi interprète un Gennaro trop tendre. Il est difficile de voir en lui un capitaine meneur d'hommes à la guerre. Sa haine de Lucrèce Borgia n'éclate pas suffisamment violemment, qu'il soit avec ses amis ou face à elle. Quelques soient les circonstances on ne voit en lui qu'un petit garçon, alors que celui-ci ne devrait apparaître que lorsqu'il est confronté à la quête de sa mère.

 

A cela s'ajoute la mise en scène du dernier acte, celui de la fête au Palais Negroni, qui ne fonctionne pas bien. L'atmosphère qui y règne n'évoque pas suffisamment l'étau qui se resserre petit à petit sur les dignitaires vénitiens. Aussi, l'arrivée des prêtres annonciatrice de mort devrait être plus spectaculaire, plus effrayante. Même l'entrée de Lucréce Borgia à ce moment précis n'est pas assez puissante, alors que son apparition dans le premier acte est majestueusement mise en scène. Au moment final où vient la mort de la mère et du fils l'effet dramatique ne fonctionne pas vraiment. Si on ne voit plus que le côté un peu ridicule de l'issue c'est que la mise en condition du spectateur n'a pas été faite.

 

Il faut dire que la pièce, jouant sans cesse sur la frontière entre le drame absolu et le grotesque, n'autorise aucun faux pas. Alors peut-être que, ne serait-ce que pour cette dernière scène, il s'agissait d'un mauvais soir ?

 

Demeure tout de même toutes les qualités énoncées plus haut et le talent d'Elsa Lepoivre qui à lui seul justifie l'existence de cette proposition théâtrale.

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