SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 22:25

Sophie-Mounicot-Consensuelle_theatre_fiche_spectacle_une.jpg

Sophie Mounicot présente "Consensuelle" au théâtre du Petit Gymnase.

Sophie Mounicot c'est la Clara de la série H mais elle a dû faire pas mal d'autres choses car je n'ai jamais regardé le moindre épisode de H et pourtant je connais bien son visage et son jeu.

Ce qui éclate très vite en ce début de spectacle c'est le vide. Tellement présent et de façon si curieuse que ça vous saute à l'esprit. On est séduit par la présence de la comédienne, par un ou deux bons mots mais très vite l'absence de contenu nous foudroie.

A cela s'ajoute l'impression étrange que la comédienne en a conscience, n'assume pas et s'en excuse. Cela pourrait être une posture, une astuce scénaristique sauf que cela se poursuit pendant plus d'une demi-heure soit la moitié du spectacle. C'est bien trop long.

Parallèlement, on perçoit un certain savoir-faire dans l'écriture. Les sketchs se répondent, se complètent avec parcimonie, discrètement. Le spectacle se tricote maille par maille mais de façon bien trop lente et avec trop peu de bons gags ou même de bonnes idées.

Puis, vient un sketch sur la chanson Place des grands hommes de Bruel. On s'inquiète un peu - le sujet n'est pas une première main- mais ça fonctionne. Les rires se succèdent de façon rapprochée. C'est drôle. On passe trois vitesses d'un coup. La dernière demi-heure garde le cap. Enfin, on rit ou sourit à un rythme suffisamment soutenu.

Une demi-heure réussie sur un 1h10 de spectacle, ça ne fait pas beaucoup. C'est toutefois suffisant pour ne pas oser condamner totalement ce spectacle.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 19:33

27446-affiches-bourgeois-120_176.jpgCatherine Hiegel met en scène François Morel dans Le bourgeois Gentilhomme de Molière au théâtre de la Porte Saint-Martin.

Ce qui surprend d’abord c'est la simplicité des décors. La scène quasiment vide est délimitée par des toiles peintes disposées en arc de cercle. On comprend très vite à la vue de la mise en    scène virevoltante, au faste des costumes et au nombre imposant de comédiens-musiciens-chanteurs-danseurs (21 au total), ce choix de la sobriété "décorative". L'orchestre de clavecin et de cordes joue la musique écrite par Lulli, tandis que Monsieur Jourdain se laisse berner par tous avec la naïveté d'un imbécile heureux. François Morel, parfait en clown ahuri, prend le parti de camper un bourgeois gentilhomme plus enfantin que méchant. Il est irrésistible de drôlerie et parfaitement entouré par Alain Pralon, en maître de philosophie, Marie-Armelle Deguy en Madame Jourdain, Emmanuelle Noblet en Dorante et Héloise Wagner en "belle marquise vos beaux yeux me font mourir d'amour". Le reste de la troupe, sans atteindre une telle qualité de jeu, remplie parfaitebourgeois_gentilhomme-2.jpgment son rôle. Ils nous offrent à voir, à entendre et à rire, pendant 2h15, une histoire qui résonne encore aujourd'hui. Quant à la scène du sacre de grand Mamamouchi, elle offre une belle surprise et se termine en apothéose avec un Monsieur Jourdain en lévitation.

Un classique mené tambour battant qui demeure intelligent, drôle et intemporel.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 20:03

UbuCafGare2.jpgLe Café de la Gare met en scène l'Ubu Roi de Jarry.

 

Ce théâtre connu pour son goût pour le décalage ne pouvait être meilleur écrin pour cette pièce loufoque.

 

La troupe excellente rend parfaitement honneur à la folie de Jarry et joue à fond la carte du burlesque et de l'outrance.

 

Délirant, désopilant et à l'occasion déstabilisant, cet Ubu Roi est à la hauteur de sa réputation.

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 22:56

3-eventails1cjean-louis-fernandez.jpg

Le Cirque invisible est présenté, inventé et incarné par Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin. Un univers fantasmagorique, à la fois burlesque, enchanteur et poétique.


Le couple s'est réparti les rôles de façon évidente. Jean-Baptiste, cheveux blancs ébouriffés et costumes peints, est le clown, chanteur et magicien volontairement maladroit et facétieux. Un être lunaire qui sort de ses valises les objets du quotidien pour les détourner et en faire un jeu, un fou-rire.

Victoria incarne la grâce, le don de la transformation. Funambule, contorsionniste et reine du camouflage, cette jeune femme, de 60 ans en paraissant 30, se métamorphose en animaux étranges et merveilleux. Un bout d'étoffe, un rocking-chair, une table et une théière lui suffisent. Et dans cet ensemble étrange, tout semble facile et évident.


Le spectacle dure deux heures qui passent en un éclair. Il se compose d'une bonne cirque invi JBvingtaine de saynètes indépendantes et entrecoupées de noir. Chacune (ou presque) a son intérêt, par le rire qu'elle provoque, l'étonnement qu'elle suscite, le voyage qu'elle propose. Jean-Baptiste et Victoria créent une sympathie immédiate. On les connaît à peine que déjà on les aime. Et pourtant, il manque une chose à leur cirque invisible pour nous emporter totalement dans leur univers, pour que nous quittions totalement notre statut de spectateur. Ce petit quelque chose est un fil conducteur, une histoire qui supprimerait les noirs et la frustration de voir le rêve s'arrêter, qui créerait un lien entre chaque saynète, pour que ces merveilleux moments de grâce ne soient pas une "simple" succession de numéros de cirque mais un vrai, beau et long poème. Comme un spectacle de James Thiérrée par exemple, au hasard...

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 20:33

la-noce.jpg"La Noce" est une des premières pièces écrites par Bertolt Brecht. Elle met en scène un repas de noce qui tourne au massacre. Les illusions des jeunes mariés s'écroulent en même temps que le mobilier en bois fait maison.

Si les protagonistes sont hauts en couleurs, le propos n'est pas très puissant. Brecht reste en surface dans une dénonciation, qui s'avère aujourd'hui un peu désuette, des conventions, du qu'en dira t-on et de l'hypocrisie qui régne sur cette petite bourgeoisie.

La qualité des comédiens, l'intelligence des décors, le parti pris très burlesque de la metteuse en scène et la beauté du théätre du Vieux Colombier sauvent la soirée.

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 22:27

vendu.gif

Nous vivons une époque formidable ! Et idéale pour qui aime l'humour noir et de mauvais goût. Le monde est tragique, Délires d'initiés est comique.

Simon et Florence s'en donnent à coeur joie. Ca fuse et ça  grince. Tous les travers, surtout les gros, y passent. Règne de l'argent, de la violence, de la pornographie, le monde est sans pitié. Petites gens de France et du monde entier, jeune et vieux, vous en bavez ? On vous prévient ce n'est pas là de s'arrêter. Si vous suivez l'actualité sociale, sociétale, économique et politique (internationale) ce spectacle vous ravira.
Délires d'initiés est un spectacle très bavard et quand on évalue la quantité de bonnes vannes et bons mots, on admire la richesse et la qualité de l'écriture. L'humour noir est l'acteur principal de la pièce et il revêt bien des costumes : celui du jeu de mot à deux balles, du comique de situation, de la grosse farce, de la grossièreté, de la satire, de l'analyse décalée...

Si le spectacle prend fin sur un sketch en dessous du reste, on demeure sur le souvenir de l'excellent sketch des JO, mais c'est une question de Shoa...

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 21:26

comte-de-bouderbala.jpgLe Comte de Bouderbala a une bonne gueule, une belle présence sur scène, le sens du mime et se démarque des autres pro du stand-up par l’usage d’un vocabulaire bien plus étendu que la moyenne. Réjouissant donc.

Le Comte de Bouderbala semble avoir oublié que le tout médias quotidien des français réduit à peau de chagrin la durée de vie de tout sujet d’actualité et que les tendances le sont de plus en plus brièvement. Aussi, lorsque pour faire rire son public, sur la scène de l’Alhambra, le 8 décembre 2011, il évoque toujours les aventures de Ribéry et Zahia, l’adhésion de Doc Gynéco à l’UMP, le voile de Diams, les violences conjugales de Cheb Mami ou Khaled… on se dit qu’il se fout un peu de son public. Le Comte de Bouderbala, Saint-dionisien, nous présente aussi sa vision des rappeurs dont il n’hésite pas à dénoncer… le mauvaise usage de la langue française… Propos qu’il illustre assez longuement d’exemples édifiant tirés de morceaux musicaux... datant tous de plusieurs années... Vexant donc.

Quand le Comte de Bouderbala, pour rafraîchir un peu son spectacle, évoque l’affaire DSK et la mort de Kadhafi et qu’il le fait en deux pauvres phrases, trois grimaces et une demie-vanne, on se dit qu’il est déjà à sec. Inquiétant donc.

Le Comte de Bouderbala ne brille pas par son originalité. Une grande partie de son spectacle tourne autour du principe du « les américains sont comme ci, les français sont comme ça ». Il enfonce à son tour les portes ouvertes de ce sujet vu et revu. Sujet d’autant moins inédit que Rachid Badouri qui assure sa première partie a choisi lui de nous parler des québecois versus les français… Quand Le Comte de Bouderbala dit que Obama a la classe et que Sarkozy ressemble à De Funés, on se pend et on note deux-trois vannes plus loin que le Comte de Bouderbala est le seul comique avec Laurent Gerra a évoqué encore Jacques Martin, Léon Zitrone et Jean-Pierre Pernaud dans son spectacle. Affligeant donc.

Le Comte de Bouderbala présente, comme dans tout bon spectacle comique, la partie dite raciste et assumée comme telle. Il l’ouvre sur un sketch descriptif des Roumains ou Roms (il alterne les deux appellations) mendiants, agressifs, moches et mal fringués avec une férocité qui pourrait être très drôle s’il y apportait la petite note de nuance, même faux cul, qu’il sert lorsqu’il évoque les autres communautés et origines culturelles. Tels les juifs et les noirs (mais pas trop parce que « c’est tabou »), les chinois (largement mais c’est quand même eux les plus forts car ils vont tous nous niquer), les arabes qui doivent leur mauvaise réputation aux images diffusées à la télé… ce qui n’est sans doute pas le cas des Roumains brocardés il n’y a pas si longtemps par certains hommes politiques qui occupent les mêmes journaux télévisés…Enervant donc.

 

Le Comte de Bouderbala a sans aucun doute un vrai talent de stand-upeur. Le problème c’est qu’il semble revenir d’une longue hibernation. Flemmard, son spectacle a 3 ans de retard. Fainéant donc.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:15

bullet-park2.jpgLe Collectif Les Possédés nous présente au Théâtre Bastille son adaptation du roman de John Cheever  "Les Lumières de Bullet Park". Ecrit en 1969, le livre raconte le quotidien de deux familles Américaines vivant dans le confort moderne d'une banlieue protégée où rien ne dépasse ou rien ne doit dépasser. Ennui, alcool, soif de consommation, sexualité non assumée, régne du paraître et du qu'en dira-ton... le malaise se révèle en chaque geste.La folie peut ici s'épanouir, un simple accroc à la tranquilité du quotidien et l'engrenage se met en marche.

Les Possédés sont composés de comédiens exceptionnels. Leur jeu est parfait.

Leur mise en scène est ici encore excellente. Le décor pose en quelques accessoires l'époque. La scénographie occupe parfaitement la scène en y multipliant les lieux sans qu'à aucun moment on ne s'y perde.

La pièce est très drôle, caustique et folle. Dans les échanges et les monologues la qualité d'écriture, que l'on suppose être celle de John Cleever, interpelle.

Le récit, de 2h00, marque quelques langueurs et longueurs et la scène finale semble un peu expédiée. Cela est sans doute dûes à la difficulté d'adapter un roman au théâtre. Mais, le reste est tellement bien, que ces petits moments d'affaiblissements sont vite oubliés.


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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 20:56

la-verite.jpg

La Vérité est une pièce de Florian Zeller,  l'écrivain dont les livres tombent des mains et l'auteur de la pièce "Si tu mourrais" vu en 2006 et souvenir pénible que la délicieuse présence de Catherine Frot n'a pu sauver.

La Vérité est interprétée, au théatre Montparnasse par l'excellentissime Pierre Arditi.

 

Zeller a tissé une histoire de mensonges vaudevillesque à la mécanique astucieuse parfaitement pensée.  

Arditi, génial comme toujours, joue la partition de façon magistrale avec une énergie incroyable, ne lésinant pas sur le cabotinage pour notre plus grand plaisir.

 

Ensemble, ils créent une pièce intelligemment construite qui dans son genre frôle une certaine perfection et risque fort d'être jouée, rejouée et reprise pendant quelques années.

Une bonne surprise donc.

 

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 22:01

40x60-INTROSPECTION-copie.jpgGwenael Morin met en scène, au théâtre Bastille, Introspection de Peter Handke une pièce parlée dont toutes les phrases commencent par "je". Ce monologue à la première personne confesse les évolutions, régressions, mutations, déceptions, révolutions d'un Homme de sa naissance jusqu'à sa présence devant nous au théâtre. Ecrite à l'origine pour être dite par deux comédiens , un homme et une femme, Introspection est ici interprétée par 8 comédiens (4 filles, 4 garçons). Dispositif qui souligne sans doute l'universalité de ce "je".

Alignés debout, au plus près du public, quasi-immobiles pendant toute la pièce, les comédiens déclament leur texte en choeur, s'offrant à quelques rares moments le plaisir de le dire à deux ou seul ou de rompre les phrases ou les mots. Dans la première partie de la pièce, ce dispositif sert particulièrement bien la musicalité du texte, son écriture cadencée rendant l'ensemble hypnotique. Si dans la seconde partie, la magie opère moins bien, les comédiens criant un peu trop, on reste marqué par l'efficacité de la première partie.

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 21:04

LE-MEC-DE-LA-TOMBE-A-COTE.jpgUne femme et un homme se rencontrent dans un cimetière. Elle lit les philosophes, il élève des vaches.

 

L'auteur ne craint pas la caricature et ne fait pas dans la nuance. La finesse n'est pas de mise. Les personnages sont dessinés à très gros traits : l'intellectuelle est bibliothécaire et l'agriculteur est un gros beauf.

On croit rêver d'apprendre que cette pièce est tirée d'un livre écrit en 2006...

Le jeu des comédiens, Sophie Broustal et Marc Fayet, est à la hauteur de l'histoire : lourd, très lourd. Marc Fayet, qu'on a connu plus inspiré, se croit obligé de donner un accent à son personnage, un accent pseudo-campagnard qui se transforme à l'occasion en accent de banlieue parisienne ou en plus d'accent du tout.

A cela s'ajoute une mise en scène, dans laquelle les acteurs monologuent à n'en plus finir. Ils content leurs états d'âme mais aussi leurs faits et gestes au public. A tel point qu'ils n'échangent tous deux qu'une trentaine de phrases. Ce parti pris pourrait être intéressant si le texte bénéficiait d'une écriture plus littéraire, l'histoire d'un peu de finesse et les comédiens d'un peu plus d'inspiration. Sans ces trois éléments, la mise en scène n'est que ridicule.

Qualité de la pièce : sa durée. 1h15, on n'aurait pu tenir plus longtemps.

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 21:03

le-dernier-coup-de-ciseaux-affiche.jpgUn salon de coiffure très gay friendly, une clientèle hétéro...clite, un meurtre à l'étage et une enquête publique composent la trame de "Dernier coup de ciseaux". Cette pièce qui emporte depuis 30 ans tous les succés aux Etats-Unis est adaptée pour le public français par les auteurs de  Le tour du monde en 80 jours au Café de la Gare.

L'entrée en matière effraie un peu ; le salon de coiffure prenant vie telle une cage aux folles lors de l'entrée des premiers spectateurs dans le théâtre au rythme des Villages People. Heureusement, la caricature volontairement appuyée sur tous les profils (cadre supérieur prétentieux, bourgeoise Télérama, flic idiot...) est parfaitement assumée par des comédiens excellents. Le public digère grâce à eux et sans difficulté les outrances inhérantes au cadre de la pièce et rit de bon coeur.

Après une première heure dédiée à la mise en place des personnages et à l'évènement clé, le capitaine de police entre en scène et demande au public de l'aider dans son enquête. La pièce devient interactive jusqu'au bar du théâtre (l'entracte est prétexte à aller boire un verre avec le capitaine de police pour discuter du meurtre).

Si les comédiens sont excellents et qu'Olivier Solivères gère parfaitement le public, il est fort à parier que la qualité de la soirée que vous passerez dépendra aussi beaucoup de la qualité de la participation des spectateurs. Mon soir fut un excellent soir.


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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 16:17

Bois d'Enghein qui vient de  passer la nuit chez sa maîtresse Lucette cherche le courage de rompre car il se marie le jour même.

Jérôme Deschamps met en scène à 100 à  l'heure cette pièce où le génie de Feydeau agit comme jamais. La quinzaine de comédiens dont Florence Viala, Guillaume Gallienne, Thierry Hancisse, Dominique Constanza, Claude Mathieu, Serge Bagdassarian, Georgia Scalliet... sont excellents. Hervé Pierre, dans le rôle de Bois d'Enghein, est déchaîné en lâche, manipulateur tandis que Christian Hecq est un hilarant en pantin desarticule.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 14:08

jypey-se-revolte-affiche.jpgJypey. Ce nom de comique sonne comme un gadget et n'annonce rien qui vaille.

Et pourtant, très à l'aise avec le public et l'improvisation, le comédien s'avère très bon.

Son spectacle est fait de sketchs, pas toujours très bien balisés, sur le couple, la sécurité routière, la société de consommation. La forme et le fond n'apportent rien de vraiment nouveau.

On est même surpris par l'écriture un peu à l'ancienne. On est loin des stand-ups à la mode, ça ne sonne pas de notre époque et c'est ce qui donne finalement un petit goût d'air frais.

Jypey nous offre un bon moment de détente, de rire bon enfant, sans révolution, mais pas sans savoir faire. Sympathique donc.

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 16:31

james_thierree_london_large.jpgMoins de chorégraphies aériennes, moins d'emphase, plus d'acrobaties, de magie, de danse et de contorsions, si  "Au revoir parapluie" offre moins d'envolées lyriques que "La veillée des abysses", le spectacle n'en est pas moins un grand moment d'évasion.

Le rire, plus présent, alterne, ici aussi, sans cesse avec le drame et les moments d'émotion se terminent toujours par une pirouette qui laisse place à la farce.

 

Le décor principal, une centaine de cordes suspendue au plafond virevolte et coule sur la scène en une masse informe et inquiétante. Car, dans "Au revoir parapluie", il pleut des cordes, des cordes qui emprisonnent, vous lient et vous relient contre ou avec votre grés. Des cordes qui se font aussi vocales, car le  chant, la musique et les sons tiennent un rôle essentiel dans la pièce, à la fois complices et ennemis de nos héros qui grands voyageurs malmenés par les éléments, se débattent, trébuchent et se disloquent, souvent victimes, soudain spectateurs quand l'absurde est trop grand.

Le spectacle prend fin sous un chapiteau de cirque, un chapiteau accueillant et protecteur, où les choses sont plus douces, où la pluie est de volants et d'étoiles.

La lumière s'éteint et un déluge d'applaudissements retentit.

 

Article sur la Veillée des Abysseset LA Grenouille avait raison ici : La veillée des Abysses , la grenouille avait raison

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 13:03

Illumine.jpgMarc Hollogne propose depuis près de 30 ans des spectacles qu'il nomme cinéma-théâtre. Un écran de cinéma occupe la moitié de la scène sur lequel des acteurs filmés (Mathilda May, Michel Jonasz et Rufus) donnent la réplique aux comédiens physiquement sur scène qui peuvent à tout moment, eux aussi, entrer "dans" l'écran. La synchronisation entre l'écran et la scène est parfaite et de la salle on finit par perdre ses repères et on ne sait plus très bien distinguer le réel du virtuel. 

L'illuminé se situe aux débuts de la révolution industrielle et est prétexte à dénoncer les excès du tout technologique. Le récit déjà un peu compliqué par un texte très riche (très bien écrit mais pas simple) est construit d'une façon qui encombre le propos et lui fait perdre un peu de son intérêt. Cependant, les astuces et bons mots ne manquent pas et donnent souvent lieu à sourire.

Mais, le spectacle vaut surtout pour sa prouesse technique et la poésie que véhicule le cinéma-théâtre. Quant aux comédiens, à commencer par Marc Hollogne, ils sont d'une qualité irréprochable et poursuivent le spectacle jusqu'à la sortie du théâtre où ils attendent les spectateurs pour les saluer une dernière fois.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 21:25

mechant-moliere.jpgA Courson la Gamine, le directeur du supermarché a décidé de mettre en scène Tartuffe avec sa troupe de comédiens. Trouvant Molière un peu dépassé, il a quelque peu modernisé l’histoire et le texte en respectant toutefois l’écriture en alexandrins.

Ce qui frappe dès les premières minutes de Méchant Molière, c’est la qualité très inégale de la troupe ; certains comédiens sonneront particulièrement faux d’un bout à l’autre de la pièce. Le décor est triste à souhait et surtout sans aucune originalité. La mise en scène est du même acabit. Peu imaginative, elle est toutefois rattrapée par un sens de la gestuelle assez efficace. Très vite il est évident que les bons moments de la pièce résident dans la réécriture et la ré-interprétation de Tartuffe. Tout l’habillage autour et l’histoire de Courson la Gamine ne reste que prétexte et offre peu d’intérêt, à l'exception de l'écriture en alexandrins qui joue un rôle comique primordial. Il est vrai que l’auteur Xavier Jaillard excelle dans la réécriture et le sens du décalage. Et lorsqu’il est servi par des acteurs qui sonnent juste, son texte est très drôle. Ainsi, on goûte particulièrement la qualité de Tchavdar Pentchev, irrésistiblement juste de drôlerie dans le rôle de Valère (sa qualité jure presque dans cet ensemble).

Ce « Méchant Molière » du Théâtre du Petit Hébertot est donc bien étrange. Bien que l'on rit souvent et que la pièce se voit sans ennuie, trop d’éléments semblent avoir été montés à la va-vite, sans soin, comme bâclés. La pièce en est un peu gâchée.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 15:30

Hitch2.jpgFrançois Truffaut et Alfred Hitchcock reçoivent au Lucernaire dans un spectacle très particulier.

Ingrédient principal de la pièce : le Hitchbook. Le livre d'entretiens entre Truffaut et Hitchcock nourrit les dialogues. Le théme de Hitch est donc le cinéma, avant tout celui de Hitchcock, et aussi la relation particulière qu'entretenaient les deux réalisateurs.

Dés la première minute, les auteurs placent les deux cinéastes dans une situation incongrue qui rend un double hommage au goût du suspens d'Hitchcock et à l'admiration quasi passionnelle qu'entretenait Truffaut pour le maitre anglais. Cet événement sert alors de fil rouge pour dérouler l' entretien entre les deux hommes accompagnés d' Irma Hitchcock, épouse d'Alfred. Curieusement, et de façon tout à fait incompréhensible, au milieu de la pièce, les auteurs mettent fin au suspens abandonnant totalement l'intrigue, seule astuce du spectacle qui aurait permis de ne pas laisser sur le bord de la route les non cinéphiles. Toute la place est alors donnée aux échanges sur le cinéma. Evidemment, ayant abandonné toute intrigue, les auteurs ne proposent pas de chute. La pièce, définitivement mal ficelée, se termine sans qu'on sache pourquoi, car cela aurait pu durer ainsi des heures. 

Malgré ce tissage bancal, Hitch offre un bon moment, pour qui est passionné par Hitchcock et Truffaut. On rit souvent, le malicieux Hitchcock ayant particulièrement le sens de la formule et le personnage d' Irma étant particulièrement drôle aussi. Les comédiens (Joe Sheridan, Mathieu Bisson et Patty Hannock) sont excellents et la ressemblance avec Truffaut et Hitchcock est telle qu'il est facile, en se laissant aller à ses rêves les plus fous, d'oublier qu'il s'agit là de doublures.


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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 21:23

diplomatie-copie-1.jpgLes troupes du Général Leclerc sont aux portes de la capitale, lorsque le consul suédois Raoul Nordling s'introduit dans l'hôtel Meurice QG du général Von Choltitz. L'officier, gouverneur de Paris, s'apprête à faire sauter tous les monuments et ponts de la ville pour engloutir la capitale et stopper l'avancée de l'ennemi. Nordling et Choltitz se lancent alors dans une joute oratoire dont l'enjeu est Paris et par extension l'avenir de l'Allemagne déjà presque battue.

Diplomatie met en scène l'histoire dans l'Histoire sans que l'on sache très bien ce qui est vrai ou inventé. Mais peu importe, on sait que l'essentiel est bien réel : Choltitz a désobéi aux ordres et sauvé Paris.

L'auteur Cyril Gely offre aux deux comédiens des dialogues tendus, à l'écriture limpide et efficace. La dramaturgie est régulièrement allégée de bons mots qui bénéficient du jeu tout en ironie légère de Dussolier. La mise en scène et le décor sobres servent parfaitement l'histoire. Les petits détails semés avec parcimonie suffisent à nous immerger dans l'époque. Les indispensables, mais très, seconds rôles sont parfaits. André Dussolier excelle dans la peau du diplomate guindé, de l'humaniste sensible et de l'insolent trouble fête. Quant à Niels Arestrup, à lui seul il imprime toute la tension du moment et exprime avec un réalisme bluffant toute la violence et l'impuissance de cet homme prit entre deux choix impossibles. On perçoit chacun des basculements de cet officier qui voit son monde rêvé s'écrouler. Captivant.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:36

or.jpgLe théâtre Daniel-Sorano de Vincennes ouvre sa scène à Blaise Cendrars. Le comédien Xavier Simonin interpréte L'Or.

Sur lui, pas de costume particulier et de jolies lumières. A ses côtés, un décor minimaliste et un drôle de type. Assis sur une chaise, statique et muet, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau accompagne Xavier Simonin.

Le comédien est en tous points remarquable et vous emporte très vite dans les mots de Cendrars et l'incroyable histoire de Johann Auguste Suter. Le voyage est total. L'harmonica de Milteau est agréable et juste lorsqu'il joue entre "les chapitres", mais il devient gênant quand il accompagne la voix de Simonin.

Le comédien est si talentueux qu'on n'est pas très sûr, au final, de l'intérêt de l'harmonica. D'ailleurs, Milteau l'avoue lui même le boulot c'est Simonin qui le fait ! La présence de Milteau sert sans doute plus à remplir la salle qu'elle ne sert le spectacle. Cela reste tout à l'honneur de l'harmoniciste qui offre à Xavier Simonin, comédien de haut vol, l'audience qu'il mérite.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 22:41

chantal-ladesou-bobino_265809.jpgChantal Ladesou avale les mots, mâche les syllabes, n'articule pas. C'est sa marque de fabrique. Dés le début du spectacle, elle annonce la couleur à peu près ainsi :

Les gens qui viennent me voir dans les pièces de boulevard me disent "j'aime beaucoup ce que vous faites. Vous me faites beaucoup rire mais je ne comprends pas tout ce que vous dites. Alors, je reviens et plus je reviens moins je comprends et plus je ris". C'est comme ça qu'on remplit les théâtres !!

Dans "J'ai l'impression que je vous plais vraiment", Chantal Ladesou s'adresse à ce public, SON public, celui qui la suit fidèlement de pièce en pièce. Elle y parle donc de théâtre, de sa vie conjugale, des coulisses et à-côtés de son mêtier. Le tout à tort et à travers, dans un grand foutrac où Chantal Ladesou se raconte, avance dans son récit, s'interrompt pour apostropher un spectateur puis repart en arrière, change de direction, et revient dans son non-récit à un rythme effreiné. Allure déguigandée, "souplesse de l'échine", tonalité de voix unique, Chantal Ladesou déploie une énergie incroyable qui pourrait laisser croire qu'une troupe entière joue. En réalité, elle est bien seule en scène et sans doute plusieurs dans sa tête tant sa folie est grande et un rien étrange. L'interprète est irrésistible donc et si l'on rit beaucoup c'est avant tout grâce à elle. Le texte décousu, qui donne à l'occasion mais gentillement dans une certaine grossièreté, accuse quelques faiblesse qui sans le talent de Ladesou pourraient être fatal au spectacle.

Mais la vedette sur la scène de Bobino est avant tout Chantal Ladesou. Le texte n'est que prétexte à laisser cette orfèvre du rire ravire son public une nouvelle fois.


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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 15:25

olivier-de-benoist-affiche.jpgCe qui surprend d'abord c'est l'excitation de la salle. On se dit alors qu'on s'est trompé de spectacle et que seul un artiste confirmé peut susciter une telle attente. Très vite, on apprend qu'Olivier de Benoist est une des "vedettes" de l'émission de Ruquier "On ne demande qu'à en rire" et que le public du Point Virgule est à 50% composé de fans de l'émission.

Un public chaud donc, qui meurt d'envie de s'exprimer et d'échanger avec l'artiste qu'il connaît déjà par coeur. A tel point que lorsque de Benoist entre en scène, on lui souhaite bien du courage pour réussir à dérouler son spectacle. Dailleurs, très vite et avec un métier certain, il explique aux plus excités que le comédien c'est lui et qu'il a un spectacle à jouer.

Le thème choisit n'est pas des plus originaux : les rapports hommes-femmes. Les blagues ne sont pas toutes de premières fraîcheurs. Et, pourtant, Olivier de Benoist fait rire et ne laisse aucune place à l'ennui durant son heure quinze de spectacle. Il est rapide, très rapide (haut débit dit le titre) et prècis. Son énergie tendue fait son effet et nous embrouille à la première seconde. Ainsi, on rit à ce qui par un autre ne nous ferait que sourire. Le talent du bateleur compensant aisément celui de l'auteur. On remarquera tout de même une construction habile du spectacle qui avec un peu d'originalité sort légèrement du déjà vu. A suivre donc.

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 15:54

Affiche-small.jpgUn appartement à visiter « absolument » où se retrouvent quatre locataires potentiels : un jeune couple de provinciaux, un homme d’affaires crâneur et pressé et une jolie fille en trottinette. Le représentant de l’agence immobilière n’est pas là. Les échanges, entre rapports de force et confidences, vont mener les prétendants concurrents là où ils ne s’imaginaient pas.

 

Les monologues, attribués à Emma Colberti, Philippe Hérisson et Julia Maraval, sont plutôt bien balancés et assez drôles dans le registre de l’ironie ou des désillusions.  Ils suffiraient, s’ils étaient plus nombreux, à composer une pièce agréable sans prétention mais sans fausse note. Malheureusement, l’auteur cherche l’émotion et pour cela use d’un 1er degré où il atteint vite ses limites. Il verse dans le ridicule, parce que dans le vu et revu et surtout n’atteint pas le fond qu’il semble viser. Quand ces scènes sont interprétées par Emma Colberti, Philippe Hérisson et Julia Maraval, leur jeu impeccable limite la casse. Lorsque Frédéric Tokarz, l’auteur qui s’est s’attribué le rôle principal, joue ces scènes on s’ennuie ferme. C’est bien simple dés qu’il est au centre de la scène tout s’arrête il ne se passe plus rien sans qu’on sache très bien si cela est dû au seul fait qu’il soit mauvais comédien ou à l’association de ce peu de talent avec la piètre qualité de son texte.

Remercions donc  Emma Colberti, Philippe Hérisson et Julia Maraval  d’être capables, par leur « simple » jeu,  d’élever « A voir absolument » au delà de ses petits moyens.

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 16:17

berenice.jpgBérénice aime Titus qui aime Bérénice. Mais Titus empereur de Rome ne peut épouser une étrangère et Bérénice est reine de Palestine. Entre eux, le prince Antiochus qui n'en conservera pas moins son statut d'amoureux déçu.

 

Gwenaël Morin s'empare de la magnifique pièce de Racine. Il en conserve fidèlement le texte superbe et l'habille de sa systématiquement enthousiasmante mise en scène. C'est vif, rapide, le mouvement des corps est essentiel tant dans la course que dans l'immobilité soudaine. Les personnages se débattent, se résignent et se débattent encore. Les comédiens touchent une fois encore à la grâce : Julian Eggerickx (Antiochus), Barbara Jund (Bérénice), Grégoire Monsaingeon (Titus) et Ulysse Pujat (Arsace, Phénice, Paulin).

Le public vibre pendant 1h30 entre émotion et surprise sans que l'admiration pour tout ce talent ne nuise au voyage.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 20:15

geNew-York, un « vieux » chorégraphe reçoit chez lui un jeune couple venu l’interviewé. Tel est le point de départ de « grand écart » une pièce qui sans être totalement désagréable n’ apporte rien au répertoire. L’intrigue est cousue de fil blanc et si quelques répliques font mouche elles le doivent surtout à la qualité des comédiens. A commencer par Thierry Lhermitte qui dans le rôle casse gueule du chorégraphe efféminé déjoue tous les pièges inhérents au personnage. C’est un réel plaisir de le voir sur scène. Valérie Karsenti joue son rôle comme il faut mais sa partition ne lui laisse que peu d’occasion de donner place à son talent. François Feroleto hérite du rôle sans doute le plus difficile avec un personnage tout en excès. Il remplit sa mission et s'accorde avec ces deux partenaires.

Bref, voilà une gentille pièce qui doit tout à ses comédiens.

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