SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 18:12
Le Misanthrope à la Comédie Française

Alceste, incapable de mentir, a une soif irrépressible de vérité. Il ne supporte pas les conventions qu'impose la vie en société. D'ailleurs, il ne supporte que très difficilement la présence des autres, à part celle de Célimène, sa maîtresse à laquelle il demande expressément d'officialiser leur relation.

Comme souvent à la Comédie Française, l'adaptation, les décors, la mise en scène et l'accompagnement sonore sont remarquables. Les comédiens sont excellents et nous tiennent en haleine pendant les 2h45 d'une pièce de Molière moins facile que le reste de son répertoire. Florence Viala, dans un rôle important mais trop court, marque une fois de plus la pièce de sa présence. Loïc Corbery et Adeline d'Hermy, dans l'énergie qu'ils donnent à leur interprétation, dans les scènes de rire ou de colère, ont tendance à perdre la bonne articulation qui permet de bien saisir les alexandrins de Molière. Ils n'en sont pas moins de très convaincants Alceste et Célimène.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 19:47
Patrick Timsit - On ne peut pas rire de tout

Patrick Timsit reprend à la Gaîté Montparnasse, le spectacle qu'il présentait au théâtre du Rond Point en janvier dernier (et dont l'affiche, cette fois, semble ne pas avoir été censurée). Le comédien, en mode stand-up, interroge le public "Peut-on rire de tout (et de tout le monde) ?" et propose d'égrainer la longue liste des sujets sensibles dont il est aussi plaisant, qu'inconvenant ou dangereux de rire, à commencer par les juifs, communauté dont Timsit, et surtout ses parents, font partie. Dès lors le ton du spectacle est donné. Tous les clichés sur toutes les communautés sont abordés. Marseillais, handicapés, Arabes, Français, Belges, Portugais, enfants, femmes, Noirs, Roms...

Le défi, incontournable, est d'être drôle à chaque fois. Et c'est le cas. L'écriture est précise, le texte entre les blagues est intelligent et surtout le comédien est excellent. Son interprétation est essentielle pour provoquer un rire le plus spontané qui soit, sans que le spectateur se sente gêné ou s'interroge sur le bon esprit de son voisin. Seuls deux sketchs un peu hors sujet, viennent riper légèrement cette mécanique du rire. Un rire qui ne nous lâche pas pendant plus d'1h30. Bel exploit.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 03:43
Sophia Aram - Le fond de l'air effraie

Dans la grande salle du Palais des Glaces, Sophia Aram présente un nouveau spectacle adoptant un format sensiblement différent de "Du plomb dans la tête" et "Crise de foi". Ici, les sketchs et personnages sont peu nombreux et laissent la plus grande place à une revue de l'actualité et des maux de la société qu'elle révèle, façon "Guy Bedos".

Avec ce format moins métaphorique, Sophia Aram affirme ses convictions de façon plus frontale et oublie à quelques occasions de faire rire. Le spectacle se scinde ainsi sur la forme en deux parties, deux tonalités, qui s'entrecroisent : celle de la parodie et celle du premier degré. La parodie est souvent très efficace et l'on rit de bon coeur. Sophia Aram, par exemple, commente successivement des extraits édifiants des livres de Trierwieler et Zemmour, se moque des bobos à travers le regard de sa tante Fathia, nous chante le triste destin de Marine Le Pen, nous explique que tout est un clivage droite-gauche, incarne un djiadiste Québequois et revient sur son Pearl Harbor (télévisé) de l'estime de soi... Dans la seconde partie, Sophia Aram semble ne plus pouvoir rire de tous ces intégrismes religieux et politiques, de cette violence à l'encontre de la liberté d'expression... au point de se perdre en justification et de se répéter dans sa volonté de convaincre à tout prix un public à priori déjà conquis par ces idées d'humanisme, de respect et de liberté.

Dans ce spectacle, bilan d'une époque violente où tout devient agression, Sophia Aram réalise sans doute un exercice encore plus courageux que celui de ses précédents spectacles ou de ses chroniques hebdomadaires sur France Inter. Ce n'est pas le format qu'on préfère mais il impose lui aussi le respect.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 21:12
Ce que le djazz fait à ma jambe ! de Jacques Gamblin

Jacques Gamblin, accompagné de Laurent de Wilde, célèbre le rythme et le jazz à travers l'histoire d'une rencontre amoureuse. Le compositeur entouré d'un batteur, d'un trompettiste, d'un saxophoniste et d'un DJ offre une musique entre jazz et jazz electro particulièrement efficace. De son côté, Jacques Gamblin parfait conteur présente un jeu particulièrement physique. Ses déplacements entre danse et acrobaties impressionnent, son enthousiasme emporte. Malheureusement, le texte qu'il porte est très inégal, l'histoire qu'il conte ne passionne pas au point d'en devenir lassante. Avec un autre texte cela eut été parfait.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 15:04
Ciel ! mon placard au théâtre du Rond Point

Dada se réjouit de passer sa plus belle robe pour assister à l'inauguration des Nouvelles Galeries avec son époux lorsque celui-ci reçoit un télégramme l'obligeant à se rendre immédiatement à Rome.

Dés cette introduction, la loufoquerie et le rire sont présents. Puis, aussitôt, l'histoire part en vrac, dans une série de saynetes où seule la folie à sa place dans une parodie de pièce de boulevard de très bas de gamme. On comprend alors que le principe de la pièce est de s'épanouir dans un délire total. Mais le délire ne pouvant prendre force et intérêt que sur une base bien structurée, il se transforme ici très vite en n'importe quoi. Et une heure trente de n'importe quoi, c'est long, très long et ce d'autant plus que la distribution est très inégale. Nicole Génovèse (l'auteur), excellente dans le rôle de Dada, ainsi que Marion Gomar en cantatrice finlandaise (une des belles idées de la pièce avec le placard central et quelques qualificatifs très inventifs) nous rendent le temps moins long.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 21:56
Démons au théâtre du Rond Point

Un couple (Romain Duris et Marina Fois), aux tendances sadomasochistes, et à la veille d'enterrer la mère du mari dont les cendres attendent sur le buffet, convie pour l'apéritif, leurs voisins (Gaspard Ulliel et Anaïs Demoustier), un jeune couple rangé, parents de deux enfants.

Les comédiens sont parfaits et se dépensent sans compter dans un jeu très physique. Marina Fois et Romain Duris interprétant des personnages borderline, et donc plus spectaculaires, impressionnent particulièrement. Ils bénéficient aussi, ainsi que Gaspard Ulliel, d'un monologue décapant tandis qu'Anais Demoustier, dont l'on connaissait déjà les qualités de comédienne, pousse la chansonnette avec talent. La mise en scène de Martial Di Fonzo Bo est élégante et suffisamment imaginative pour nous faire digérer les 1h40 de cette pièce de Lars Noren, qui, si elle offre quelques belles réparties, porte sous une forme outrancière un propos éculé : les femmes (mère ou épouse infantilisante) sont castratrices et les hommes violents ; thèmes de prédilections de l'auteur que l'on retrouvait avec plus de plaisir dans "La Veillée". On gardera donc seulement le souvenir de ce beau quatuor évoluant dans une belle chorégraphie et un bel écrin, ce qui n'est déjà pas si mal.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 21:52

6 octobre 2002, théâtre des bouffes du Nord, Isabelle Huppert, pantalon noir et tee-shirt bleu roi, les bras le long du corps, les poings serrés et le corps tendu comme un arc, interprète "4.48 psychose" de Sarah Kane. Impressionnante, glaçante et irrésistiblement captivante.

29 Mai 2015, théâtre des Bouffes du Nord, Isabelle Huppert, toute de Dior vêtue, est la veuve, amoureuse étonnée, des Fausses confidences. Au théâtre de l'Odeon, Luc Bondy reprend la pièce de Marivaux qu'il a créé l'année dernière avec succès. La troupe est la même. Onze très bons comédiens dont Bulle Ogier, Jean-Pierre Malo, Yves Jacques, Bernard Verley et Louis Garrel. Bondy nous propose des confidences contemporaines mettant en avant l'humour de la pièce et son incroyable modernité. La mise en scène est vive, les déplacements des comédiens cocasses. Une fantaisie mesurée règne, une certaine insolence plane. Louis Garrel est excellent en amoureux transit. Huppert est une Amarante, d'une grande modernité, un peu rock, un peu baba, lymphatique, puis finalement plus manipulatrice que manipulée. Elle s'en donne à cœur joie sur toutes les partitions que les hésitations et manigances de son personnages lui offrent. La justesse de son jeu, la finesse de ses intonations et expressions dans un registre où la comédie domine fascinent. Impressionnante une fois de plus.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 17:23
Arnaud Tsamère : Confidences sur pas mal de trucs plus ou moins confidentiels

La société rit trop. Avec une moyenne mondiale de 15 heures de rire par jour, les gens en ont assez et Arnaud Tsamère avoue, lui qui est si hilarant, sa grande responsabilité dans ce carnage. Pour répondre à la demande du public qui veut qu'on lui propose autre chose, Arnaud s'engage à aller contre sa nature profonde et à être des plus plombants. Il parlera de lui toute la soirée pour être à coup sûr bien chiant.

Voici le concept, un chouïa compliqué et pas très convaincant de prime abord, du nouveau spectacle d'Arnaud Tsamère. Et il s'avère qu'à force de vouloir inverser la mécanique du rire et à vouloir pousser l'absurde encore plus loin, l'artiste se prend un peu les pieds dans le tapis et se retrouve plusieurs fois à, effectivement, ne pas être drôle. Alors, bien sûr, on retrouve ses qualités d'interprète, son débit ultra-rapide, sa capacité à jouer de multiples rôles en un temps record, son goût du non-sens et son incroyable énergie, bref tout ce qui nous avait impressionné sur son précédent spectacle. Mais ici, le déroulé du show, de part son parti-pris, est volontairement moins structuré et "Confidences" ressemble à ce que le personnage nous propose : un spectacle fourre-tout et pas travaillé, ce qui pour ce dernier point, il n'est évidemment pas.

Cela donne 1h30 très inégale. Et si les moments moins réussis n'effacent pas ceux excellents, on ressort du Splendid avec une impression de "pas aussi bien que la dernière fois".

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 19:37

The-servant---www.zabouille.over-blog.com.jpegDans l'Angleterre d'après-guerre, Tony, de retour des colonies, en perte de repères et gagné par une paresse toute aristocratique, engage Barret comme majordome. Celui-ci va très vite s'imposer au maître. Son emprise gagnera petit à petit du terrain.

La pièce est interprétée par cing jeunes et bons comédiens dont on remarque plus particulièrement la prestation de Maxime d'Aboville dans le rôle du domestique.

Au jeu agréable des acteurs s'ajoute une scénographie astucieuce. Pourtant, il manque quelque chose, une montée en puissance qui pourrait nous entrainer dans l'inquiètude qui gagne les amis de Tony. On ne ressent pas vraiment la progression de l'étau qui se ressert.

Du coup, l'ensemble bien que sympathique ne marque pas vraiment.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 17:51

Voyages-avec-ma-tante.jpgHenry Pulling, tout jeune retraité, rencontre à l'enterrement de sa mère, sa tante Augusta pour la deuxième fois de sa vie. Ces retrouvailles vont mener Henry et Augusta dans de fantasques aventures.

Sur la scène, quatre hommes en costume trois pièces, chapeau melon et bottes de cuir.Tous les quatre vont jouer et s'échanger les vingt rôles de la pièce sans qu'à aucun moment le spectateur ne perde le fil de l'histoire. Ici, l'essentiel réside dans la mise en scène inventive et loufoque et le plaisir évident que prennent les acteurs tous excellents. Les fantaisies du texte achèvent de nous emporter pour 1h15 de détente et de rire.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 23:18

Ivanov---www.zabouille.over-blog.com.jpgPropriétaire terrien endetté, Ivanov, autrefois jeune homme brillant, joyeux et aimant, promène un spleen insondable, Bien que souffrante, Anna, son épouse lumineuse et aimante, tente de redonner vie au jeune homme qu'elle a connu. Mais celui- ci la rejette et la nie, préférant se perdre au contact de la bourgeoisie dégénérée.

Evidemment, il y a la beauté et la noirceur du texte de Tchekhov qui conte comme personne l'effondrement de l'aristocratie russe, sa folie et sa médiocrité et la mélancolie slave. Mais l'écrin qu'offre Luc Bondy à cette première pièce de l'auteur magnifie sans doute un peu plus l'oeuvre. La mise en scène, la scénographie, les décors sont impressionnants. Rien que visuellement, le spectacle nous emporte. Dans cet emballage particulièrement soigné, les 20 comédiens sont tous remarquables, du figurant aux premiers rôles dont Marina Hands (Anna Petrovna) et Micha Lescot (Ivanov) tous deux captivants mais aussi Victoire du Bois (Sacha) et Ariel Garcia Valdes (le comte Chabelski). Ils interprètent merveilleusement leurs personnages désabusés en quête malgré tout de sentiments meilleurs, loin de cette province d'une malveillante médiocrité. On reste suspendu pendant plus de 3 heures devant la beauté de cette représentation. Du théâtre qui donne envie de retourner très vite au théâtre.

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 16:26

Les-lois-de-la-gravite---www.zabouille.over-blog.com.jpgQuelque part en Normandie, une femme entre dans un commissariat et s'accuse d'avoir assassiné son mari dix ans plus tôt. 

La pièce est fidèle au livre de Jean Teulé. Les parties décrites sont ici dialoguées dans la verve de l'auteur. Les trois comédiens sont très justes : Dominique Pinon, Pierre Forest et surtout Florence Loiret Caille aussi incandescente au théâtre qu'au cinéma.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 15:38

Vincent-Dedienne---Hebertot---www.zabouille.over-blog.com.jpgVincent Dedienne présente "S'il se passe quelque chose", un curieux spectacle entre stand-up et one man show. Comédien formé au conservatoire, Dedienne posséde une belle présence scènique et un capital sympathie tel qu'il captive l'auditoire dés les premières secondes. Le spectacle, marqué par l'absurde, alterne de grands moments de rire (et fous rires), d'autres de poésie-mélancolie (vidéos à l'appuie) et 1 ou 2 moments un peu ratés. Cette alternance donne un rythme étrange au spectacle auquel on s'abandonne, heureux de cette rencontre avec un artiste pas ordinaire.


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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 22:29

La-mere-www.zabouille.over-blog.com.jpgAnne, la soixantaine, enfants élevés et partis, mari occupé par son travail, se sent inutile et abandonnée. Elle use et abuse des médicaments et de l'alcool pour s'aider à vivre.

 

Florian Zeller met en scène les réflexions, les crises de rage et de désespoir de son héroïne sans que l'on comprenne très bien si ces séquences sont réelles ou fantasmées. Et sans que l'auteur ne place dans son récit d'indice permettant de les identifier. Du coup, les scènes semblent avoir été composées sans soucis d'une quelconque stratégie créative, à laquelle s'ajoute une écriture assez peu remarquable. L'ensemble en est très artificiel et sans grand intérêt. 

Malgré cela, on est tenu par la prestation magistral de Catherine Hiegel et la mise en scène de Marcial di Fonzo Bo qui donnent un peu de mystère et d'épaisseur à la proposition.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 23:47

Comment-vous-racontez-la-partie-www.zabouille.over-blog.com.jpgNathalie Oppenheim, écrivain récemment primée, est l'invitée des samedis littéraires de Vilan en Voléne. Elle est accueillie par Roland, animateur socioculturel, lettré et passionné. Dans la salle polyvalente, face au public, elle effectue des lectures et est interviewée par Rosanna Ertel-Keval, journaliste littéraire vedette et enfant du pays.


Ici, il est question de littérature, de création, de jeux de rôle, de rapports de force, de snobinisme, de frustration...

Les personnages, pourtant caricaturaux, sont si riches, les situations pourtant convenues si ouvertes, les rapports humains si ambigus, les échanges si tortueux et les silences si parlant qu'on peut percevoir dans cette pièce de multiples messages.


Dominique Reymond est, une fois de plus, excellente dans le rôle de la journaliste snobinarde, en perpétuelle représentation, persuadée d'avoir percé à jour l'artiste et qui veut absolument lui faire dire ce qu'elle veut entendre. Zabou Breitman est très juste dans le rôle de l'écrivain, fausse oie blanche, qui accepte l'idée de l'interview publique sans en jouer tout à fait le jeu.L'animateur magnifique est interprété par Romain Cottard tout en délicatesse comique. André Marcon campe un maire, vieux politicard, à tue et à toi, plus vrai que nature.

Les décors, la lumière et la mise en scène sont au diapason de la qualité des interprètes. Le travail sur le son, jusqu'a celui des costumes, est  particulièrement soigné.

Le récit est parfaitement mené. Le rythme travaillé ménage silences et temps morts entre les scènes d'affrontement, d'intimidation, de gêne polie et de pure burlesque.

Certains y voient du mépris pour la province. Pourtant, le trait qui peint la candeur provinciale n'est pas plus épais que celui qui dessine la suffisance parisienne. Et on rit (beaucoup) tout autant des simagrées de la journaliste que des enthousiasmes de l'animateur local.

A voir !

Jusqu'au 6 décembre au théâtre du Rond Point puis en tournée en Province.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 00:01

Kinship-www.zabouille.over-blog.com.jpgA la seconde où Isabelle Adjani apparaît me vient le souvenir du personnage d'Édith Scob dans "Les yeux sans visage". Il faut quelques minutes pour que cette pensée aussi inattendue que dérangeante s'efface et laisse place à une attention soutenue pour la pièce. Le texte confirme rapidement que les auteurs contemporains disposant d'une belle plume ne sont pas légion. L'intrigue sans aucune originalité se tisse à grosses ficelles, les sentiments se dessinent à gros traits et les situations sont dignes d'un mauvais roman de gare. Les voix off évoquant les pensées des personnages ou celle d'Adjani clamant Phèdre avec une emphase surannée ajoutent au ridicule. 

Les scènes courtes (22 en 1h45...) se succédent séparées par des "noirs" permettant les changements de décors que le metteur en scène a heureusement voulus très épurés n'ajoutant donc pas de lourdeur à la lourdeur. Il habille tout de même le vide global d'un immense écran vidéo positionné en fond de scène. Les jolies images noir et blanc projetées apportent une pointe d'esthétisme à l'ensemble. 

Isabelle Adjani adopte un jeu grandiloquent totalement décalé par rapport au  ton porté par le texte et celui adopté par ses partenaires, Niels Schneider et Vittoria Scognamiglio, qui s'en sortent avec honneur en jouant avec vivacité et une simplicité moderne plus approprié à ce style théâtrale.

Une pièce qu'on oubliera vite pour conserver d'Isabelle Adjani de bien meilleurs souvenirs.

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 13:54

Cyrano---Odeon---Torreton-www.zabouille.over-blog.com.jpgLe metteur en scène Dominique Pitoiset transpose le chef d’œuvre de Rostand, aux 1600 vers, dans un hôpital psychiatrique, de nos jours. Drôle et inquiétante d’idée ! 

Est-ce la beauté des alexandrins de Rostand qui suffit à elle seule à nous emporter ? Le talent des interprètes ? Toujours est-il qu’au théâtre de l’Odéon, sur cette scène éclairée de la lumière blafarde de néons, meublée de matériel médical et habitée par 11 comédiens habillés de jeans, jogging et tee-shirt trop larges, la magie opère encore.

Pitoiset présente une mise en scène très physique où le comique et le fantasque dominent. Les comédiens s’en donnent à cœur joie à commencer par Daniel Martin en Duc de Guise parfait de ridicule. Maud Wyler est une Roxane sautillante et gaie. Ses tâches de rousseurs siéent parfaitement à son personnage à l’exaltation folle. Costa, très bien aussi, conserve à Christian tout son 1er degré, comme s’il était seul, conscient, au milieu de ces fous. 

La transposition de la pièce dans cet étrange univers, et à notre époque, donne place à d’excellentes idées de mise en scène, telles que le duel à coups de poing, de tête et de pieds, bien plus violent au final, la scène du balcon sur skype et ces cordes à linge tendues à travers toute la scène et sur lesquelles reposent les lettres d’amour de Cyrano pour Christian à Roxane. 

Quant à Torreton crâne rasé, gueule cassée, maillot de corps, pantalon de jogging et baskets, il  est un magnifique Cyrano. Il fait entendre le texte comme rarement. La langue est belle et il la sert parfaitement. Captivant.

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 13:06

Savannah-bay---Riva---Consigny---www.zabouille.over-blog.co.jpgSavannah Bay n'est sans doute pas la pièce la plus évidente qui soit et cela d'autant plus que Duras avouait souhaiter laisser les comédiennes et les spectateurs entendre ce qu'ils veulent. Au final, on peut se demander si cette succession de mots et de phrases très courtes n'écrase pas plus cette histoire de suicide qu'elle ne la met en lumière. Derrière toute cette subtilité, Duras souhaite t-elle vraiment raconter quelque chose ? Cela dure 1h15 et si devant nous, dans une mise en scène simple et agréable, dans de belles lumières, ne figuraient pas Emmanuelle Riva et Anne Consigny, ce serait le grand vide. Emmanuelle Riva, 87 ans, silhouette de jeune fille, diction particulière, un peu étrange, sied toujours parfaitement à Duras. Pour bénéficier d'un peu de chaleur humaine, on se raccroche à Anne Consigny très bien aussi dans ce rien qu'on habille comme on peut de ce qu'on parvient tant bien que mal à imaginer.

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 13:39

6-juin-1944-www.zabouille.over-blog.com.jpgA l'occasion, de la commémoration du 70ième anniversaire du débarquement, Ouistreham présentait un spectacle retraçant en 45 minutes la seconde guerre mondiale et la naissance de l'Europe. Organisé par les agences "Yvan Hinneman Conseils" et "Magic Garden Agency" et chorégraphié par Delphine Caron.

Efficace.

Vidéo ICI

 

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 11:26

Cafe-Oscar.jpgCela fait quelques années maintenant que le Café Oscar propose tous les mercredis soir un plateau d'artistes. Ainsi, ils sont généralement six sur scène à présenter un échantillon de leur talent comique. 

Mercredi dernier étaient présents Charly Nyobe, Pierre-Bruno Rivard, Artus, Sanaka, Bun Hay, Akim Omiri et, dans le rôle de Monsieur Loyal, Noman Hosni.

Evidemment, on n'est pas obligé de tout aimer mais un certain niveau de qualité est toujours préservé évitant aux Oscar du mercredi de se transformer en "Tocards du rire" (moi aussi je peux faire des blagues...).

Cette fois-ci, j'ai retenu les noms de Pierre-Bruno Rivard, artiste québecquois Pierre-Bruno-Rivard.jpg

(avec accent donc) qui propose des sketchs à l'écriture soignée et efficace et qui nous sort des sujets systématiques que sont le communautarisme, le quotidien du banlieusard, le racisme anti-roumain, le viol... 

Akim-Omiri.jpgAkim Omiri, de sa voix  curieusement douce, nous emporte dans ses histoires avec une sincérité qui nous laisserait à penser qu'elles sont du jour même et qu'il les conte pour la première fois. C'est drôle et rafraîchissant.

Dans le rôle du passeur de plat, Noman Hosni est particulièrement efficace. Il sait, à la seconde où il apparait sur le plateau, capter l'auditoire et provoquer le rire. 

* Café Oscar - 155, rue Montmartre - 75002 Paris

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 22:15

Golgota---www.zabouille.over-blog.com.jpgQuand on sort d'un spectacle de danse dont on n'a aimé ni le danseur, ni la chorégraphie, on ne peut pas dire qu'on a passé une bonne soirée.

Je n'ai donc pas pris de plaisir à regarder danser Andrés Marin. Je n'ai pas aimé sa façon de danser le flamenco en force, sans place pour toute forme de grâce ou de sensualité. Je n'ai pas aimé son port, son corps bossu. Je n'ai pas aimé ses chorégraphies agressives et répétitives dans les gestes et les sons.

Cette représentation de danse est aussi un spectacle équestre mais j'ai été déçue par la part donnée aux chevaux (magnifiques). Je n'ai pas saisie le rôle qui leur est accordé. Leurs interventions, toujours montés, sont téléguidées. Je ne les ai vu que comme faire-valoir ou mobilier. Je n'ai pas senti la noblesse de l'animal.

Je suis admirative de la performance vocale de Christophe Baska qui de sa voix magnifique interprète les chants liturgiques de Tomas Luis de Victoria, beaux mais répétitifs et assez soporifiques. J'ai aimé la scène épurée, la beauté des lumières faisant de chaque séquence un tableau. Je n'ai pas été touchée par l'ambiance moyenâgeuse et religieuse de la création de Bartabas. Les processions me glacent et me semblent bien loin de toute spiritualité et humanité.

Pourtant, tout est soigné et on ne peut aucunement nier l'engagement et le travail fournis par les hommes et les chevaux.

Bref, grosse erreur de casting pour cette soirée au théâtre du Rond Point : ce spectacle n'était pas pour moi.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 21:59

L-aide-memoire-www.zabouille.over-blog.com.jpgLui, célibataire collectionneur de conquêtes, vit dans son studio avec des manières de vieux garçon. Elle, emmerdeuse, sans gêne, comme tombée de nulle part, s'invite chez lui.

L'aide-mémoire de Jean-Claude Carrière est une drôle de pièce. On imagine, aux premiers instants, une histoire exigeante jouant sur l'absurde, l'intrigue. On cherche le message, on interprète les échanges, puis on se rend compte que cela n'ira pas plus loin qu'une comédie romantique pas très exigeante.

Côté mise en scène, Ladislas Chollat choisit de tomber le rideau à la fin de chaque (court) acte. Un rideau tout en transparence dans un premier temps puis d'un opaque beige fadasse. C'est esthétiquement pas tranché, sans intérêt et surtout cela casse le rythme et nuit à l'immersion du spectateur. Un choix d'autant plus discutable qu'aucun changement de décor n'intervient. Décor qui est particulièrement encombré et encombrant pour les comédiens. Pascal Gregory semble d'ailleurs n'avoir pas tout à fait apprivoisé la scénographie. Le comédien offre une belle prestation d'autant plus remarquable que Sandrine Bonnaire n'est pas tout à fait au point. En ce jeudi soir, 3ieme représentation, on est bien obligé de reconnaitre qu'il manque à la comédienne quelques jours de répétition. Elle bute trop souvent sur son texte, ne porte pas sa voix, semble hésiter dans ses déplacements. Au final, la proposition, dans son ensemble, manque de fluidité.

Le talent de Pascal Gregory et de Sandrine Bonnaire n'étant plus à démontrer, on peut parier sans risque que dans quelques jours tout cela sera calé. La qualité du texte de Carrière, elle, ne changera pas. Quant au metteur en scène, on peut espérer qu'il fera quelques ajustements, dans sa scénographie et dans sa direction d'acteurs.

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 22:27

La-porte-d-a-cote.jpegElle est psy et pas très marrante, il est chef de produit et de nature joyeuse. Ils sont voisins. Ils se détestent ou peut-être pas...

L'histoire n'est pas originale, d'ailleurs les personnages l'avouent eux-mêmes en préambule. On connaît la fin avant même que la pièce commence. Alors, immédiatement, on mise tout sur l'auteur, le metteur en scène et les comédiens pour qu'ils fassent de cette non-intrigue un bon moment quand même.

La mise en scène se veut épurée, moderne avec mouvement des décors face au public et utilisation de la vidéo. L'auteur (qu'on a connu mieux inspiré pour Cravate Club) tente l'originalité par le préambule inattendu, des personnages qui s'adressent directement au public, jusqu'à une petite mise en abîme. Malheureusement, cela ne suffit pas à combler le manque de surprise. Car lorsque les comédiens s'adressent au public c'est pour décrire ce qui se passe sur scène telles des discalies sans regard particulier, les portraits des personnages sont tirés à gros traits, la mise en abîme s'arrête sitôt commencée. L'auteur a tendance à étirer les scènes notamment celles présentant l'utilisation d'un site de rencontre. Les saynètes qui constituent la pièce sont du déjà vu. Tout à chacun aurait pu les proposer à l'exception de quelques, trop rares, répliques aussi cinglantes que drôles. Il est vrai qu'elles sont servies par un duo d'acteurs épatants. Edouard Baer est désopilant sans en faire des tonnes. Emmanuelle Devos, dans le rôle ingrat de l'emmerdeuse, tient sa partition de mains de maître. Ce sont eux deux qui sauvent notre soirée et nous poussent au final à une certaine indulgence.

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:38

DES-JOURNEES-ENTIERES-DANS-LES-ARBRES Paris, Jacques accueille sa mère qui vient des colonies pour lui rendre visite. Cette mère possessive et exaltée tente de convaincre un fils, mauvais garçon et tire au flanc, de venir vivre avec elle dans les colonies et de profiter de la fortune que leur rapporte leur usine du bout du monde. 

Fanny Ardant, incandescente, est parfaite dans le rôle de cette mère passionnée et versatile. La comédienne donne à son jeu toutes les nuances nécessaires à l'incarnation de ce personnage borderline.

Malheureusement, sur scène personne n'est vraiment à la hauteur pour lui donner la réplique. Nicolas Duvauchelle manque cruellement de finesse et de diversité dans son jeu. Ses déplacements semblent mêmes approximatifs. Agathe Bonitzer souffre des mêmes maux. Elle est d'une raideur qui empêche toute émotion de naître de son personnage. Ils semblent avoir été abandonnés sur scène sans intention et direction de jeu.

La mise en scène est d'ailleurs d'une grande lourdeur. Et d'une façon générale, la pièce manque de finesse et d'émotion. Thierry Kliffa semble avoir tout misé sur la présence de Fanny Ardant. Ce n'est aimable ni pour elle, ni pour les spectateurs.

On aurait tant voulu aimer l'association de ses trois comédiens. C'est dommage.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 12:48

Les-uns-sur-les-autres---www.-zabouille.overblog.com.jpgLe théâtre de la Madeleine nous invite à la rencontre d'une famille de Rueil Malmaison un peu étrange. Une famille qui se compose du grand-père, grande gueule en fauteuil roulant, d'un fils  geek fasciné par le sanglant, d'une ado anorexique et d'un père qui s'exprime en formules aussi alambiquées que convenues et fuit un peu plus chaque jour le domicile familial. Quant à la mère de famille, elle essaie, dans le déni, d'organiser un semblant de vie familiale. 

Cette pièce fourre-tout  renferme le meilleur comme le pire. Le meilleur : quelques scènes et répliques très drôles et la présence d'Agnès Jaoui excellente dans le rôle de la mère paumée. Le pire : un décor assez moche et inutilement biscornu, une mise en scène foutraque et des interventions vidéo gadget, la partition et l'interprétation aléatoire du grand-père, le portrait grossier de l'ado interprété par un  comédien qui fait ce qu'il peut avec ce qu'on lui donne à jouer, et pour finir une histoire mal tenue faite de quelques bonnes idées mal exploitées et de maladresses lourdingues. Le tout partant en tous sens.

On se souvient alors que "Ring", du même auteur et par le même metteur en scène, se composait de 17 sketchs de qualité inégale mais portant en majorité de bonnes idées et dont la mise en scène épurée touchait juste. Il est sans doute plus compliqué pour les deux artistes de proposer un récit dans sa continuité et de lui donner un certain niveau de qualité et de tenu.

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