SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 21:09

Aux Etats-Unis, Mark, Chéryl, sa femme et Nadine, sa maîtresse, racontent l'impact que la guerre en Afghanistan a eu sur leur vie.

Les personnages s'expriment en trois monologues simultanés, s'interpellant rarement, chacun racontant sa version de l'histoire.

Mark pleure son dégoût d'avoir tué et plus encore d'avoir aimé ça, sa honte d'être devenu un alcoolique violent et l’ambiguïté d'être considéré comme un héros parce qu'il s'est comporté comme un salaud.

Chéryl, enceinte, mère d'un petit garçon, issue d'une certaine bourgeoisie coincée, battue par son mari, crie son désespoir et son dégoût d'avoir gâché sa vie en épousant cet homme violent, machiste et fier de sa guerre.

Nadine, femme affranchie, mal mariée, qui a un certain goût pour la violence clame son amour pour cet homme, sa compréhension pour ce qu'il a vécu et l'engagement qu'il y a mis et sa propre détresse face à la brutalité du monde.

Emily Mann, auteur de la pièce, dresse à travers ces trois personnages, un portrait désenchanté d'une génération américaine. Ecrite en 1981, la pièce parlait du Vietnam. En l'adaptant de nos jours, elle souligne qu'avec l'Afghanistan l'Histoire ne fait que se répéter. Les trois interprètes, Antoine Courtray, Manon Clavel et Ambre Piétri sont excellents avec une mention spéciale pour les filles, 

 

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 22:30

Alors que les Twin Towers viennent de tomber, un jeune homme marié a échappé à la mort car il a préféré retrouver sa maîtresse plutôt que d'aller travailler. Ce coup du destin, entrouvre pour le couple la possibilité de jouer les disparus et de fuir vivre une nouvelle vie.

La pièce installe dès le départ des rapports conflictuels et violents entre le couple. Elle, plus âgée, instaure une domination professionnelle, morale et intellectuelle et lui une domination physique. A aucun moment, on imagine que ce couple pourrait tout plaquer pour vivre ensemble. Le niveau de tension reste peu ou prou toujours le même niveau ne créant aucune surprise. Et il n'est jamais vraiment question du contexte politique et apocalyptique. L'intérêt pour le propos s'étiole rapidement.

Reste la performance des deux comédiens Marie-Christine Letort et Xavier Galais particulièrement impressionnant.

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22 avril 2018 7 22 /04 /avril /2018 02:38

Henri et Tobias se retrouvent dans l'appartement familial pour s'accorder sur une affaire de succession. Ils attendent Carl leur frère en retard une fois de plus. Très vite, le ton entre les deux hommes s'envenime entre provocations et non dits.

La pièce écrite par Charif Ghattas offre de belles réparties à ses comédiens sur laquelle elle repose beaucoup. Si elle intrigue dès le départ, elle déçoit un peu dans son switch final. Mais la qualité de jeu de ses interprètes, Thibault de Montalembert et Francis Lombrail, séduit totalement. Ils sont tous les deux parfaits d'intensité.

À voir du 19 au 29 avril.

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 01:58

À la fin du 19e siècle, en Russie, Natalia Petrovna trompe l'ennui avec Rakitine son ami, confident et amoureux platonique, tandis que son mari gère le domaine. L'arrivée récente du jeune précepteur de son fils vient troubler Natalia qui voit en sa jeune pupille, Vera, une rivale. Entre euphorie amoureuse, dépression, raison et déraison, Natalia va voir vaciller son petit monde.

Cette pièce, écrite par Tourgueniev en 1869, mélange l'esprit mélancolique et désabusé slave et une ambiance proche du vaudeville, à la fois drôle et désespérée. 

La mise en scène sobre d'Alain Françon présente un décor épuré et une très belle lumière qui fait de chaque scène un tableau. Sa direction d'acteurs surprend. Le docteur semble sorti  d'un Pagnol, Natalia à  des vapeurs à la Sara Bernhard, le prétendant de Véra semble un personnage de Molière. Le génie de Micha Lescot et la grâce d'Anouk Grinberg fonctionnent merveilleusement. India Hair, que l'on découvre ici pour la première fois au théâtre après nous avoir bluffé au cinema, est parfaite en jeune fille qui perd cruellement sa candeur. Dans un rôle malheureusement très secondaire, le plaisir de retrouver Laurence Côte agit aussi. Un très beau moment.

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17 avril 2018 2 17 /04 /avril /2018 15:15

Raphael Personnaz dit les mots écrits par Antoine Leiris à la mort de son épouse le 13 novembre 2015 dans l'attentat du Bataclan.

Dans une mise en scène, sobre et délicate, composée de chaises éparpillées, de quelques phrases projetées, d'interludes offerts en respiration par une pianiste discrète, Raphaël Personnaz impressionne par sa capacité à restituer le livre d'Antoine Leiris, son désespoir, sa colère et sa force, sans jamais sembler jouer. La sobriété de son interprétation et la beauté du texte d'Antoine Leiris saisissent puissamment.

Benjamin Guillard signe l'adaptation et la mise en scène, Antoine Salher la musique.

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 19:57

En Tchécoslovaquie, après la chute du mur, Véra dirige avec succès, d'une main de fer et sans état d'âme, une agence d'acteurs. Quand des anglais achètent son entreprise,  elle garde son poste de directrice jusqu'au jour où le nouveau propriétaire la licencie.

Petr Zelenka dessine, à travers le portrait de Vera, une critique du capitalisme et de son inhumanité qui semble bien naïve. Mais, il est difficile d'apprécier réellement le niveau de qualité du texte et du récit tant la mise en scène étouffe tout.

Élise Vigier et Martial di Fonzo Bo  semblent avoir voulu présenter un catalogue de tous les procédés de mise en scène à la mode : vidéo enregistrée ou live, cameramen sur scène, voile en 4e mur, vues sur les machines et les coulisses... On ne sait trop où poser le regard ou fixer son attention, tout se brouille. Ce trop- plein, qui tourne sur le cœur, ne dit rien. A cela s'ajoute un mélange de tonalités dont on ne perçoit pas la maîtrise et qui n'installe pas de vrai parti-pris. On oscille entre la satire, le burlesque, le boulevard, le drame, le pamphlet.

Sans la présence de Karine Viard qui joue sur tous les registres avec une vérité touchante, cette version de Véra nous aurait définitivement achevés.

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 22:57

Patrick Timsit adapte au théâtre le livre d'Albert Cohen. Seul en scène, il dit les mots de l'auteur et incarne son deuil.

Timsit est un grand acteur, tellement grand qu'on peut le regarder incarner un auteur et un texte que l'on trouve tous les deux déplaisants et le trouver toujours grand comédien. Car dans ce texte, Albert Cohen est de ces hommes, imbus d'eux mêmes, qui lorsqu'ils rendent hommage à leur mère, ne parlent que d'eux, rapportent tout à eux. Il décrit son chagrin, son sentiment d'abandon, la perte non pas d'un être cher mais de l'amour inconditionnel qu'on lui portait. Les mots qu'utilisent Cohen pour nommer sa mère semblent bien petits, étriqués et écrasés par le "je" de l'auteur. Et ce "moi, moi, moi" qui nie la personnalité même de cette femme réduite à la fonction exclusive de mère devient vite insupportable.

Pour la mise en scène, l'usage de la vidéo tellement présente au théâtre désormais qu'on en finit presque par s'étonner quand elle nous fait grâce de son absence, est ici inutile et hors propos. Les interludes musicaux sont aussi incongrus. Si les chansons sont belles et ont un propos plus ou moins proches avec le sujet elles n'apportent rien. On pourra même trouver d'assez mauvais goût l'utilisation du "petit train" des Rita Mitsouko en illustration du chagrin que Cohen, alors adulte et résident Suisse, avait à voir sa mère repartir pour Marseille.

Demeure le talent de Patrick Timsit que l'égocentrisme de l'auteur et le mauvais goût du metteur en scène ne peuvent atteindre.

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 22:23

De nos jours, Gabriel Orsini est un peintre reconnu en manque d'inspiration. A l'occasion de ses 60 ans, il reçoit son agent et son  fils dans le loft atelier dont il vient d'hériter.

Les déplacements nombreux et chorégraphiés des acteurs, l'imposant et assez beau décor sur deux étages, en mouvement permanent, semblent tendre vers un seul et même objectif : combler le vide laissé par la pièce, au texte faiblard et à l'intrigue digne d'une piètre série télé.

Didier Bourdon offre quelques bons moments mais il ne peut pas faire grand chose avec ce qu'on lui donne à jouer.

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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 17:42

Dans les spectacles de James Thierrée (la veillée des abysses, au revoir parapluie, la grenouille avait raison...), les personnages se débattent contre les éléments déchaînés, des animaux étranges, les objets du quotidien facétieux. Thierree nous emporte dans des univers oniriques, mêlant rêve et cauchemar, drame et comédie, habillés de décors grandioses où cohabitent les étoffes les plus souples et le métal le plus rigide. Le tout dans une richesse créative rare.

Raoul n'échappe pas à la règle avec pour particularité de ne mettre en scène qu'un seul personnage interprété par James Thierrée. Dans ce spectacle, créé en 2009, Raoul vit seul dans une cabane perdue sur une sorte de banquise, ou tout au moins un monde hostile. Dans sa solitude, il se bat contre un dédoublement de personnalité, un étrange bestiaire, sa maison et les objets qui s'y trouvent. Seule la musique lui apporte le repos jusqu'à ce qu'à son tour elle n'en fasse plus qu'à sa tête. Tout s'écroule autour de lui, le laissant prisonnier et totalement dépourvu sur cette terre hostile jusqu'à ce qu'il décide de quitter enfin l'apesanteur de ce monde.

James Thierrée fait ici la part belle à la danse. La beauté de ses chorégraphies se marient parfaitement avec son univers où cohabitent prestigiditation, acrobatie et mime Jamais, son travail  ne nous aura autant renvoyé à celui de son grand-père, Charlie Chaplin. L'immense richesse créative du spectacle impressionne également particulièrement. Combien d'idées géniales, drôles, émouvantes, surprenantes habitent ce spectacle ? Elles se succèdent  à un rythme soutenu. Et quand Raoul prend enfin son envol, le public se lève comme un seul homme pour célébrer le génie qui s'est déployé sous ses yeux pendant plus d'une heure trente.

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 22:40

À l’occasion du 10e anniversaire de la disparition de Maurice Béjart, le Béjart Ballet Lausanne (qui fête également son 30e anniversaire) présente la chorégraphie du maître sur La Flûte Enchantée de Mozart.

La compagnie s'installe au Palais des Congrès pour cinq représentations du 7 au 11 février.

 

Ce ballet, créé en mars 1981, met en scène 44 danseurs qui évoluent sur la version musicale du Philarmonie de Berlin, dirigé par Karl Bohm en 1964.

 

Maurice Béjart disait "La Flûte enchantée est une féerie qui nous emporte dans la poésie pure de l’enfance ou du génie, ensuite, et surtout, un rituel précis, rigoureux, inspiré".

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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 20:18

Dans un immeuble en cours de démolition, une jeune femme est vivement priée de quitter son appartement. Quand elle tente de faire ses cartons, les choses lui résistent.

 

Tout au long du spectacle, on suit l'héroïne (Aurélie Thierrée) en prise, de façon plus ou moins consentante, avec l'esprit et l'histoire des lieux, l'âme des objets et la puissance de  son imagination. Ici, tout est fantasmagorie. Acrobatie, jeux de marionnette, magie, danse... les disciplines se mélangent dans un ensemble qui sert parfaitement la poésie de Victoria Thierrée-Chaplin. Aurélie Thierrée et ses deux acolytes impressionnent par leur virtuosité.

 

Du duo que forment Jean-Baptiste et Victoria (le Cirque invisible), à Aurélie, en passant par James (peut-être le plus impressionnant des quatre), la famille Thierrée est définitivement Reine de l'enchantement.

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 22:16
Famille Flöz sanscrierart.com

Un hôtel 4 étoiles dirigé par une vieille dame et ses enfants voient défiler les clients et les turpitudes.

La pièce que nous propose cette famille Flöz, venue de Berlin, s'avère étonnante. L'histoire se joue sans la moindre parole, les acteurs portent des masques aux visages semblant issus d'une bande dessinée, les gags ne sont pas particulièrement originaux. Mais le plus surprenant est sans doute le plaisir que l'on prend à voir se jouer cette histoire à la fois burlesque et poétique. 

Car c'est un travail d'orfèvre qui se présente sur scène. La forte personnalité du décor - la porte tambour en parait même vivante - marque d'emblée, avant même l'entrée des comédiens, le ton du spectacle. La précision des déplacements et la gestuelle des comédiens s'avèrent plus éloquents que n'importe quel dialogue, dont d'ailleurs on oublie très vite l'absence. Même les visages figés des masques changent d'expression quand il le faut grâce au jeu de lumière. Le récit est parfaitement mené, avec fluidité, sans temps mort ni longueur, adoptant un rythme soutenu, sans précipitation. 

Cette audacieuse proposition artistique nous kidnappe pendant près d'1h15.

famille flöz2 sans crierart.com

A voir à Bobino jusqu'au 14 février

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 15:58
Emmanuelle Devos dans Bella Figura de Yasmina Reza

Boris et sa maîtresse Andréa se disputent sur le parking d'un restaurant. Boris a eu la mauvaise idée de dire à Andréa que le restaurant lui a été conseillé par sa femme.

Yasmina Reza confronte ses personnages à des situations dans lesquelles s'expriment leur mesquinerie, prétention, lâcheté, petites et grandes faiblesses. Emmanuelle Devos est parfaite dans son rôle de fille fragile, maladroitement sexy, Micha Lescot est comme toujours impressionnant et Josiane Stoleru, dans le rôle le plus fort, touche juste. Quelques bonnes répliques et situations marquent mais le propos semble moins percutant que dans d'autres œuvres de l'auteur. Il faut dire que la mise en scène trop démonstrative prend toute la place laissant peu d'espace à la délicatesse d'un théâtre de suggestion. Si la distribution (dont Camille Japy et Louis-Do de Lencquesaing) n'était pas de cette qualité, la lourdeur de la mise en scène dévasterait tout.

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 22:35

Maternité, religion, boboïtude, attentats, féminisme... les sujets abordés par Camille Chamoux ne sont pas d'une grande originalité. Cette comédienne parisienne qui a successivement vécu deux traumatismes : avoir un enfant et habiter dans le 11e arrondissement lors des attentats, commente sa vie.

Et c'est là que le talent et l'intelligence, qui vont souvent de pairs, font mouche. Qualité de l'écriture, originalité de l'angle, finesse de l'interprétation... on rit beaucoup et de bon cœur sur des sujets vus et revus et dont l’intemporalité nous condamne à recroiser pendant encore très longtemps.

On l'avait remarquer dans son deuxième spectacle,Née sous Giscard. Avec son Esprit de contradiction Camille Chamoux confirme et affine encore son écriture et son jeu.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 16:01
Des territoires (d'une prison l'autre) - SansCrierArt.com

Lyn, Hafiz, Benjamin et Samuel viennent d'enterrer leurs parents dans des circonstances farfelues. De retour dans la maison familiale, ils trouvent Moussa et Lahcen qui leur apprennent que des émeutes ont lieu dans le quartier. Contraints de rester enfermés dans la maison, ils se retrouvent face à leur deuil et à leurs relations complexes alors qu'une militante anti-capitaliste s'invite chez eux.

Que la militante se nomme Louise Michel n'est pas un hasard. Baptiste Amman fait le choix de lier les difficultés des quartiers à la Commune. Un choix qui semble difficile à appréhender tant la pièce perd en efficacité lorsque cette part d'histoire intervient. Toute la partie contemporaine (la plus importante) est particulièrement séduisante. Les textes y sont forts et poétiques. Le propos y est clair et prenant. Les comédiens incarnent avec force leurs personnages et sont parfaits dans la gravité comme dans le burlesque. La scénographie est belle à la fois crue et éthérée, entre rêve et réalité. On est tout à fait séduit par cette curieuse histoire. Quand la Commune prend toute la place, on se perd un peu et on doute du réel intérêt du propos. Les états d'âme que Baptiste Amman attribue à Théophile Ferré ou Gustave Courbet sont biens moins intéressants que le malaise de ses héros contemporains et moins fort que le cri de Moussa. Au risque de décevoir l'auteur, on repart avec le souvenir vivace du destin de ce pavillon de quartier et on oublie bien vite la Commune.

A voir jusqu'au 25 novembre.

Des territoires (...d'une prison l'autre....) est le deuxième volet d'un triptyque débuté en 2013 avec Des territoires ( nous sifflerons la Marseillaise). La même fratrie est chaque fois mise en scène et leur histoire  confrontée à un évènement historique : la révolution française, la Commune et la guerre d'Algérie pour le troisième volet à venir.

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 16:40
la-revolte-les-dechargeurs-sanscrierart.com

Elisabeth travaille avec son mari banquier. Depuis 4 ans, elle gère scrupuleusement et avec succès la fortune de son époux. Mais ce soir, elle décide que cela suffit.

La pièce de Villiers de l'Isle Adam, écrite en 1869, est un grand texte féministe, cinglant, sans concession sur l'esprit bourgeois et le libéralisme. L'auteur y fait un constat amer sur la situation des femmes dans le couple et le tout argent. Son texte percutant et moderne a aussi la beauté de la littérature de l'époque. La mise en scène de Salomé Brousky est simple et discrète. Il est vrai que la qualité du texte ne nécessite pas d'effet particulier d'autant plus qu'il est servi par Dimitri Storoge et Maud Wyler, tous deux excellents.

A voir jusqu'au 9 décembre 2017

Les Déchargeurs - 3, rue des Déchargeurs - 75001 Paris

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 08:20
12hommes-en-colere-sanscrierart

Le directeur du théâtre Hébertot, Francis Lombrail, propose sa propre adaptation de la pièce de Réginald Rose. 

Dans un décor blanc d'une grande simplicité, s'alignent les 12 jurés qui vont devoir débattre, se battre et se convaincre. Les 12 comédiens, au diapason, sont parfaits, affichant sans excès, la personnalité  de leurs personnages aux histoires et motivations bien différentes. Bruno Wolkovitch est excellent de sobriété dans le rôle principal de l'empêcheur de tourner en rond. La mise en scène ténue, l'espace de jeu est réduit, joue sur la promiscuité dans laquelle sont maintenus les jurés qui s'affrontent dans des joutes verbales à deux doigts du corps à corps. 

On pourra regretter l'accompagnement sonore qui n'apporte rien et même dessert la qualité d'écoute, on peut aussi trouver le retournement du dernier juré un peu expéditif mais la pièce fonctionne toujours et bien que connaissant parfaitement les tenants et aboutissants de ce spectacle, on se laisse une fois encore prendre à cette très belle peinture des préjugés qui vacillent et de la raison qui triomphe.

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 21:50
Dussolier_Novecento_Sanscrierart.com

André Dussolier reprend au théâtre Montparnasse les représentations de Novecento qu'il avait dû abandonner il y a tout juste un an en raison d'une sale blessure au talon.

Le comédien met lui-même en scène le livre d'Alessandro Barrico dans une adaptation de son cru (aidé par Gérald Sybleyras et Stéphane de Groodt) qui apporte un peu plus d'humour à l'oeuvre originale. 

Seul comédien sur scène, accompagné de quatre musiciens, il nous conte le destin étrange et fabuleux de Danny Boorman T.D Lemon Novecento avec un enthousiasme et une énergie qui nous saisissent d'emblée. Une bande originale de choix accompagne son irrésistible voix de conteur. Dussolier, virevoltant et dansant, offre un jeu haletant. La mise en scène est inégale mais cela n'est rien. Le talent du comédien emporte tout.

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 10:31
The_pianist_SansCrierArt

Au fond de la scène toute en longueur, un grand rideau noir, au centre un piano et un lustre suspendu. Le décor de The Pianist est des plus épurés.

Le pianiste (Thomas Monckton) qui entre en scène de façon étrange est grand, dégingandé, quelque peu maladroit et distrait. 

Mimes, acrobaties et gags composent ce court spectacle sympathique mais sans grande originalité.

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 23:18

Zaneto et Tonino, jumeaux séparés à la naissance se trouvent  simultanément, et à leur insu, en visite à Vérone pour rencontrer  leurs promises. Leur incroyable ressemblance va entraîner de multiples quiproquos.

Cette pièce, œuvre de jeunesse de Goldoni (1745), a un peu vieilli. Ses rebondissements et effets comiques ont été trop souvent utilisés depuis pour conserver toute leur efficacité. Si l'ensemble est quelque peu éculé, la vivacité du récit fonctionne encore. Il suffirait d'une pointe de finesse dans le jeu des acteurs, de la modernité dans la mise en scène pour redonner à cette pièce tout son charme.

Curieusement, le parti pris du metteur en scène semble tout autre. Le jeu des comédiens est outré surlignant excessivement la satire dessinée par Goldoni. Certains comédiens jouent particulièrement en force éliminant d'emblée la part émotionnelle qui existe aussi dans la pièce. Ils sont de plus desservis par des costumes et un maquillage disgracieux.  La scénographie parait curieusement vieillotte. Le décor aux atours faussement modernes prend trop de place. Le plateau devient trop petit, les acteurs qui s'agitent beaucoup paraissent empêchés dans leurs mouvements.

Jean Louis Benoît qui a mis en scène et adapté la pièce a choisi de moderniser, par petites touches, le vocabulaire utilisé mais cela sonne souvent faux. En revanche, il n'a pas fais le choix de supprimer certaines apartés entre les personnages et le public et qui, si elles avaient leur utilité face au public moins averti de l'époque, sur-expliquent de nos jours inutilement l'action. 

L'ensemble ne jouant que sur les effets comiques et la part guignolesque de la pièce tait la finesse de Goldoni et le portrait fait de la société vénitienne du 18ème siècle. Pour compenser notre frustration, on se raccroche à Maxime d'Aboville qui, dirigé comme ces camarades de jeu, ne dose pas assez sa partition à la Ugolin de Zanetto, mais dont le talent et l'incroyable capacité à passer d'un personnage à l'autre impressionne et amuse.

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 22:14
Le_bruit_des_arbres_qui_tombent_sans_crier_art.com

Une immense bâche noire que l'on manipule tels un ciel, une mer ou une forêt battue par les vents à la fois protectrice et menaçante, une valise pour porter le poids de l'histoire du monde, six bûches et du sable tombés du ciel, des dizaines de chemises qui prennent leur envol et retombent inertes, des seaux de terre qu'on renverse et remplit. un arbre sous lequel se cacher ou se protéger... ces éléments habillent la dernière création de Nathalie Beasse.

Avec eux quatre comédiens-danseurs (tous impressionnants) dansent, gesticulent et interprètent des textes de Duras, Shakespeare, Brel, Saint-Matthieu... La pièce présente ainsi une série de saynètes cocasses ou poétiques, parfois accompagnées de musique (la 5e de Mahler, les compositions de Nicolas Chavet et Julien Parsy), souvent visuellement belles. On ne perçoit pas toujours quel sens leur donner, ni quel lien probant les unis. Et cette absence de récit clair, ne permet pas à l'oeuvre, malgré ses qualités évidentes, de marquer durablement. 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 18:19
RamsesII_SansCrierArt.com

Jean et Elisabeth attendent leur fille Bénédicte et leur beau-fils Matthieu pour déjeuner. Mais Matthieu arrive seul.

Dans une scénographie à la fois simple, précise et élégante, trois grands comédiens donnent vie à la nouvelle pièce de Sébastien Thiery. L'auteur connu pour l'originalité de ces œuvres propose une histoire moins loufoque qu'à l'accoutumée mais tout aussi intrigante. En refrénant ses bouffées délirantes, il gagne même en efficacité. S'il prend toujours un malin plaisir à manipuler ses personnages et les spectateurs, ces derniers ne se trouvent jamais exclus par la complexité du récit qui, sur certaines de ses pièces précédentes, pouvait sembler échapper à son auteur.

Ramsès II offre un humour à la fois potache et grinçant. La pièce est particulièrement bien servie par la gracieuse Evelyne Buyle et par Eric Elmosnino qui joue sa surprenante partition avec une virtuosité particulièrement réjouissante.

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 09:47
Welcome_to_woodstock_sanscrierart.com

Août 1969 à Paris, Paul, Tom, Florence, Francis et Martine décident de se rendre à Woodstock pour assister au concert qui s’avérera la plus grande représentation du mouvement hippie.

L'histoire n'est qu'un prétexte pour faire revivre l'esprit et la musique hippie. Très discrète, l'intrigue sert de transition entre les morceaux cultes de l'époque qu'interprétaient les Who, The Turtles, The Doors, Cat Stevens, Otis Redding, Jimi Hendrix, Joan Baez...  La scénographie très réussie, tout en vidéo et jeux de lumière, nous plonge dans l'ambiance de l'époque, trips au LSD inclus. Côté musique, tous les morceaux bénéficient d'arrangements élégants et efficaces.

Mais ceci ne serait rien sans les 11 artistes qui évoluent sur scène. Sept comédiens-chanteurs (Magali Goblet, Morgane Gabot, Margaux Maillet, Jules Grison, Pierre Huntzinger, Geoffroy Peverelli et Xavier V.Combs), avec chacun leur spécificité, sont tous impressionnants vocalement. Ils sont accompagnés par un excellent groupe de quatre musiciens dont un chanteur (Yann Destal, guitare et chant, Cléo Bigontina basse, Benoit Chanez, guitare, Hubert Motteau, Batterie).

Welcome to Woodstock offre ainsi deux heures de pur plaisir musical.

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 10:20

Agatha a donné rendez-vous à son frère dans leur maison d'enfance. Elle part faire sa vie avec un autre. Lui ne veut pas renoncer à leur amour absolu et interdit.

Hans Peter Cloos propose une mise en scène débordante, multipliant les supports et les accessoires. Des vidéos (dont des extraits de la Nuit du chasseur ?) sont projetées sur le grand mur de briques de la salle au-dessus de la scène, d'autres vidéos, cette fois prises en direct par la GOpro des comédiens, se posent sur le décor, en fond un accompagnement musical, sur scène de nombreuses chaises abandonnées et deux micros sur pied, pour les comédiens des accessoires en lien avec le monde de l'enfance (tutu, maillot de corps Petit Bateau, nez de clown, poupées dont on ne dira jamais assez le mal qu'elles font au théâtre contemporain qu'elles soient dénudées, poignardées ou démembrées), pour décor, les murs vieillissants du salon de la maison et un corridor où courir et se cacher.

Les deux comédiens jouent de façon très différente. Le  jeu de Florian Carove est à l'avenant du parti-pris de la mise en scène. Il surjoue chaque émotion, chaque geste, marquant chaque instant de gesticulations. Face à lui, Alexandra Larangot offre une interprétation très classique, posée. De tout cela ne ressort aucune sensualité. Mais ce qui gêne le plus, est que sous cette mise en scène, que l'on peut trouver superfétatoire, le texte de Duras peine à trouver sa place, jusqu'à être par moment totalement englouti par le désir du réalisateur de tout surligner, de surinterpréter. C'est dommage car les moyens et l'envie de délivrer un beau moment de théâtre sont indéniablement là.

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 13:03
Le_cercle_des_illusionistes_SansCrierArt

En 1805, né Jean-Eugene Robert-Houdin. En 1861, Georges Méliès voit le jour.  En 1984, Décembre, pick-pocket, rencontre une étrange jeune fille.

A travers le destin croisé de ces trois personnages, Alexis  Michalik nous convie au cœur d'une réflexion sur l'illusion. C'est du moins ce que l'élégant monologue d'introduction nous laisse présager. Mais, le récit qui suit, que l'on pourra juger inutilement alambiqué, ne dépasse jamais le stade du très simple divertissement. Bâti sur une succession d'anecdotes, pas vraiment passionnantes, le récit s'enlise et ne porte aucun questionnement.

Les dialogues ne sont pas particulièrement audacieux ou drôles. La mise en scène efficace, bien qu'alourdie par un récit confus, offre quelques moments propices au merveilleux. La valse des six très bons comédiens, qui passent sans cesse d'un rôle et d'une époque à l'autre avec une dextérité remarquable, impressionne. Mais, la profondeur qu'il manque au récit nous laisse bien déçus.

Lire la critique de la première pièce d'Alexis Michalik "Le porteur d'histoire"

 

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