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theatre - danse

Seymour, employé du fleuriste du ghetto, mal dans sa peau, découvre, après une éclipse totale du soleil, une étrange plante carnivore qui attire notoriété et clients pour la boutique. Mais Seymour et la plante ont un secret : pour grandir elle a besoin de sang et de chair humaine.

Valérie Lesort et Christian Hecq mettent en scène dans sa version française la comédie musicale montée à Broadway dans les années 80 par Alan Menken et Howard Ashman (qui ont par la suite redonné son lustre à Disney), comédie musicale qui est elle même tirée d'un film de série B de Robert Corman.

Pour profiter pleinement du spectacle, il faut oser s'abandonner à cette histoire outrancière où tout est surjoué et le kitsch totalement assumé.

On retrouve bien ici la folie du duo Lesort et Hecq qui place leur adaptation dans un esprit très cartoonesque. Les personnages sont haut en couleur, parfaitement kitchs et affublés de costumes inventifs. Les trois chanteuses qui commentent l'histoire en interludes sont excellentes à tout point de vue. La marionnette qui permet à la plante d'être incarnée est ingénieusement faite et articulée, lui donnant vie sans le moindre doute possible. Les dialogues et les textes des chansons sont très drôles. Ça chante bien, ça danse bien et ça joue Live les rythmes jazz, swing ou blues depuis les loges placées de chaque côté de la scène.

A voir jusqu'au 4 janvier 2025.

Lire les posts sur d'autres spectacles de Valérie Lesort et Christian Hecq :  Le voyage de Gulliver, Les soeurs Hilton, 20 000 mieux sous les mers, La mouche, 

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Juliette Drouet, femme légère et insouciante, fut la maîtresse, et sous l'emprise, de Victor Hugo pendant plus de 50 ans. De ses 27 ans à sa mort à elle, il l'a aimée, séquestrée, besognée. Elle était avec lui en villégiature quand il apprit par la presse la mort de Léopoldine, elle lui a inspiré le personnage de Cosette, elle lui a écrit des milliers de lettre, il a écrit son dernière poème pour elle.

La personnalité de Juliette Drouet et la richesse de la matière historique et romanesque de son couple avec Hugo à eux seuls rendent le spectacle intéressant. La présence de Julie Depardieu seule en scène est un autre point d'intérêt.

Pourtant, la pièce ne fonctionne pas vraiment. Aucune émotion ne circule. La faute à l'écriture qui fait jouer à Juliette ses dialogues avec Hugo. Elle dit ce qu'elle lui a dit et reformule ce qu'il lui répond tout en s'adressant à lui. Cela crée des formulations étranges, supprime tout espace pour que s'exprime l'émotion et les silences. A cela s'ajoute une mise en scène sans grâce, à l'habillage sonore bien étrange entre sons de fin du monde, qui interviennent comme des sentences, et du Beethoven.

Julie Depardieu ne démérite pas bien au contraire. Mais, on aimerait pouvoir réécrire son texte et confier la mise en scène à quelqu'un de plus inspiré.

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Figaro, valet, va épouser Suzanne la camériste. Mais, avant il doit déjouer les projets du comte qui veut exercer sur Suzanne le droit de cuissage, et ceux de Marceline qui veut forcer Figaro à l'épouser. A ses côtés, les jeunes et naïfs Fanchette et Chérubin vont multiplier les gaffes.

Lena Breban s'empare de la pièce de Beaumarchais écrite en 1778 et considérée comme injurieuse par Louis XVI qui la censura. Elle ne fut jouée qu'en 1884 à l'Odéon, comme un avant goût de la Révolution Française. Critique de la dictature aristocratique sur le peuple et la justice mais aussi dénonciation de l'emprise des hommes sur les femmes, la pièce reste furieusement d'actualité. Suzanne déjoue les manœuvres du comte et se moque allègrement des hommes. Figaro, homme du peuple, plus intelligent et manipulateur que son maître le ridiculise et le prend à son propre piège.

La pièce est une satire qui se déploie à 100 à l'heure. Pas de temps mort ici au point qu'on peut se perdre un peu dans les manoeuvres des uns et des autres. Dans un décor épuré, la mise en scène de Lena Breban mise tout sur le mouvement perpétuel des personnages dans des gesticulations d'un grand comique particulièrement par Chérubin grand échalas maladroit, excellemment interprété par Antoine Prud’homme de La Boussinière. Philippe Torreton (bien qu'un peu trop âgé pour le rôle) est excellent et déploie une énergie folle dans la peau de Figaro. Marie Vialle en Suzanne est elle aussi parfaite en amoureuse finaude. Annie Mercier, avec sa voix extraordinaire, est hilarante, tout comme Grégoire Œstermann en Comte manipulateur manipulé.

A voir jusqu'au 4 janvier 2026.

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Dans les années 50, d'un côté Sabine et Pierre, de l'autre leur fils Georges et sa femme Louise. Chaque couple se déchire dans son cabinet de toilette, séparés par une simple cloison. Ils vivent dans une propriété agricole qui se meurt comme Marie, leur tante et soeur, figure sacrificielle.

Alain Francon met en scène l'unique pièce de théâtre écrite par Claude Simon, Prix Nobel de Littérature. Et c'est vrai que sur scène la langue est belle. Elle dépeint avec précision et métaphores, sensoriellement et visuellement, le vécu et les ressentis des personnages. A travers eux, se raconte l'histoire et le courage de Marie.

Le fils, traumatisé par la guerre, déteste ses parents, particulièrement son père, homme lettré. La mère souffre de l'indifférence de son mari, soupçonne son fils de vol et sait l'infidélité de sa belle fille. Belle fille qui, à côté de cette hystérie familiale, demeure comme détachée, observatrice du chaos. Seule la mourante, celle qui s'est sacrifiée toute sa vie, semble l'atteindre vraiment.

Sur scène Léa Drucker impressionne dans sa capacité à décaler légèrement son jeu par rapport à celui de ses partenaires. Louise est la pièce rapportée qui observe et qui pourrait quitter ce naufrage. Catherine Hiegel est exceptionnelle dans le rôle de la femme vieillissante, bouffée par l'alcool et les ressentiments. A leurs côtés, Pierre François Garrel, Catherine Ferran et Alain Libolt ( qui semble encore un peu encombré par son costume) sont très bien.

A voir au théâtre des Bouffes Parisiens.

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Joël Pommerat adapte la pièce de Pagnol qu'il a retravaillé avec des détenus de la prison centrale de Arles en 2016. Il leur avait promis de la monter à leur sorti. Et après avoir été en tournée de décembre 2024 à juin 2025, les voici au théâtre du Rond Point.

La pièce quitte l'époque d'entre deux guerres de sa version d'origine, pour se positionner dans une époque contemporaine. A Marseille, le café boulangerie de César vivote, Panisse toujours fier et riche possède plusieurs boutiques de scooter. Escartefigue tient une boutique d'oiseaux exotiques. Marius est toujours, sans vraiment le savoir, amoureux de Fanny et a toujours très envie de prendre le large. Fanny aime Marius.

La pièce reprend la même trame et les mêmes "rebondissements" que celle de Pagnol. Le texte a été réécrit. Mais, cette réécriture, sans charme particulier, n'apporte rien de plus ou de nouveau. Le repositionnement de nos jours déçoit aussi. La pièce ne dit rien de notre epoque. Il y aurait pourtant eu des choses à dire sur l'envie irrépressible de fuir de Marius ou sur l'amour sacrificiel de Fanny. D'ailleurs, les deux plus jeunes personnages sont bien fades à côté des César, Panisse et Escartefigue qui ont conservés le caractère bien trempé que leur avait accordé Pagnol. Ils sont respectivement et excellemment interprétés par Jean Ruimi, Bernard Traversa et Ange Melenyk.

La mise en scène minimaliste, quasi inexistante, n'aide pas le récit à se renouveler. On ne perçoit pas de geste fort d'auteur. Pourtant, sur la dernière minute du spectacle, un effet sonore est lancé, arrivant comme par égarement.

Si l'on met de côté la beauté de l'aventure de ces ex-détenus révélés au théâtre, la pièce qui se visionne sans déplaisir, ne marque pas.

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