SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 12:59

Bertrand Tavernier nous emmène dans une balade de trois heures à travers les films qui lui ont donné le goût du cinéma. Par le biais de portraits, ceux de réalisateurs Jacques Becker, René Clair, Jean Renoir, François Truffaut, Claude Sautet..., de compositeurs, Joseph Kosma et Maurice Jaubert, de comédiens, Jean Gabin (beaucoup), Erich Von Stroheim (un peu) et Eddy Constantine, le réalisateur nous explique pourquoi ces artistes avaient plus de talent que la moyenne. Il commente des scènes issues de chefs d'œuvre du cinéma français qui nous rappellent s'il en était besoin qu'à l'époque on avait le sens du dialogue et du travelling. Cette sorte de leçon de cinéma est passionnante et d'autant plus captivante que Tavernier est un merveilleux conteur parsemant son propos d'anecdotes plus croustillantes les unes que les autres. On prend beaucoup de plaisir dans ce voyage et si la frustration vient c'est uniquement de ne pas y retrouver d'autres artistes qu'on aimerait voir commentés par le passionné Bertrand Tavernier. Pour consolation, le réalisateur nous promet pour bientôt une série d'émissions à la télévision sur d'autres personnalités du cinéma français.

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 18:26

Il ne nous est pas souvent donné l'occasion de découvrir plusieurs peintres Américains en un seul et même lieu. L'Orangerie nous offre ainsi un cadeau unique en présentant une cinquantaine de tableaux réalisés dans les années 30-40, prêtés par l'Art Institut of Chicago (organisateur de l'exposition), le Whitney Museum et le MoMA. Alors que l'Amérique suffoque sous la récession, les peintres expriment à travers leur art la détresse du pays et les inégalités qui y régnent. On retrouve, pour les plus connus, deux oeuvres d'Edward Hopper (auquel le Grand Palais avait consacré une impressionnante rétrospective en 2012), une oeuvre de Pollock qui clôt l'exposition et au moins cinq tableaux de Grant Wood, dont le célèbre American Gothic exposé pour la première fois en Europe. Les autres artistes sont, entre autres, Charles Sheeler, Oswaldo Louis Guglielmi, Aaron Douglas, Georgia O'Keefe, Doris Lee, Charles Demuth, Joe Jones, Morris Kantor, Reginald Marsh, Thomas Hart Benton...

A voir jusqu'au 30 janvier 2017

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 21:13

Irène trompe Fritz son mari qui la néglige. Quand une jeune femme menace de tout révéler, Irène perd pieds. 

A la fin de la pièce le public est ravi, les applaudissements sont nourris et des bravos fusent. Pourtant, cette adaptation pourra en frustrer plus d'un. La metteuse en scène, Élodie Menant, monte la pièce  comme une bluette. On est donc loin de "La Peur" que souligne le titre. Sa mise en scène ne communique pas la montée d'angoisse, l'étau qui se ressert sur l'héroïne qui doit expier sa faute. Les comédiens (Hélène Degy, Aliocha Itovich et Ophélie Marsaud) se retrouvent seuls pour rendre à la nouvelle de Zweigh toute sa dramaturgie. Ils se dépensent sans compter et se jettent à corps perdus dans cette histoire. C'est sans doute beaucoup grâce à l'énergie qu'ils y mettent, qu'aux saluts, le public est ravi, les applaudissements sont nourris et des bravos fusent.

 

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 19:45

Cette belle rétrospectique présente une centaine de tableaux du fameux peintre belge. Le commissaire de l'exposition a choisi pour fil conducteur de son accrochage l'appétence de Magritte pour la philosophie. Mais pas de panique, l'exposition peut se visiter sans tenir compte de ce parti-pris d'autant plus que Magritte lui-même ne tenait pas à donner d'explication à ses oeuvres. On retrouve, accrochés sur les murs les tableaux les plus connus et familiers du grand public accompagnés par des oeuvres plus confidentielles, à qui n'est pas féru de l'oeuvre du peintre, telles L'Elipse ou La Moisson et la sculpture La Folie des grandeurs.

A voir jusqu'au 23 janvier 2017

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 16:01

Jenny, médecin généraliste à Liège, se sent responsable du décès d'une jeune femme trouvée morte sur les berges de la Meuse. Elle veut retrouver son identité pour lui donner une vraie sépulture.

Adèle Haenel est de tous les plans et démontre une fois encore ses grandes qualités d'actrice. Caméra embarquée les frères Dardenne la suivent au quotidien. Le film s'équilibre ainsi entre ses consultations et son enquête policière. On retrouve le style naturaliste des cinéastes belges et leur goût pour les portraits de femme au combat. Si le récit cède parfois à une émotion ou une psychologie facile, le film n'en est pas moins un très bel ouvrage. Du 100% Dardenne parfaitement maîtrisé.

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 15:19

Le capitaine et son épouse Laura s'opposent sur l'avenir de leur fille. Ce conflit les précipite dans la folie. 

On se demande pourquoi Arnaud Desplechin à fait le choix de cette pièce pour sa première mise en scène de théâtre. Cette histoire de couple qui se déchire jusqu'à la folie est tissée grossièrement et on peine à comprendre ce qui mène l'ensemble des personnages à réagir de façons aussi excessives. Sur la forme le cinéaste présente de beaux décors, une belle mise en lumière mais nous impose un accompagnement sonore constant plus gênant qu'autre chose. Sa direction d'acteurs donne l'impression étrange que les comédiens jouent faux. Le jeu trop larmoyant, voire hystérique, des comédiennes est agaçant et les comédiens sont à l'inverse extrêmement distants. Seul Michel Vuillermoz impressionne en donnant vie au capitaine et à sa descente dans la folie.

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 10:17

Le spectacle débute rideau fermé, salle dans le noir. En voix off, semblant s'adresser dans les coulisses au régisseur, Gaspard Proust dézingue à tout va. Le propos est sarcastique, amusant, le format pas très original et un peu long. Au bout de 10 minutes, le comédien apparaît sur scène et donne au public les instructions à suivre en cas d'invasion de la salle par des djiadistes armés. C'est intelligemment écrit, osé et très drôle. Ce sera le meilleur passage avec la lettre "Guy Moquet 2016" du rappel. Entre ces deux moments, Gaspard Proust fait ce qu'on attend de lui : dire des "horreurs" sur un ton morne. C'est bien écrit, amusant, parfois un peu facile. Si le sourire ne nous quitte jamais, le rire n'est curieusement pas si présent. La faute à un texte trop riche ? A un rythme trop linéaire ? Au personnage glaçant qu'interprète Proust ? Dans le même esprit, Patrick Timsit a un potentiel comique bien plus puissant qui au final confère à ses propos plus d'impact. Aussi, si Proust a un talent indéniable, la question de son statut de "comique" nous interroge encore.

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 21:32

François Ruffin, rédacteur en chef du journal militant Fakir, enquête sur les conséquences de la fermeture de l'usine textile Ecce de Poix-du-Nord qui fabriquait les costumes Kenzo. Il rencontre Serge et Jocelyne Klur tous deux chômeurs depuis que Bernard Arnault a fermé l'usine pour délocaliser la fabrication en Pologne, puis en Bulgarie. La situation financière des Klur est au plus mal. François Ruffin monte un coup pour que Bernard Arnault verse aux Klur l'argent qui les sauvera de la misère.

Comme l'indique l'affiche du film, Merci Patron raconte l'histoire d'une arnaque. Il ne s'agit aucunement d'une enquête sur les ravages causés par la stratégie financière du Groupe LVMH, données évoquées très rapidement. Façon reportage, fait avec les moyens du bord, dans un esprit "Strip tease", le réalisateur filme le déroulement de l'arnaque, les pièges posés, le coaching (un peu trop manipulateur) des Klur, les rendez-vous (en caméra cachée) avec les représentants du groupe LVMH, les interventions dans les AG.... Il est intéressant de voir le piège se monter si facilement, de voir les Klur renaître et se prendre au jeu de la magouille, de voir à quel point l'arnaque fait effet. On s'interroge sur l'intérêt, d'un point de vue collectif, du procédé. On s'agace de voir à quel point Ruffin se met en scène. On s'étonne (ou on se rassure?) de l'amateurisme avec laquelle une entreprise aussi puissante gère ce genre de risque. Mais surtout, on se demande très vite quelles seront les conséquences de la diffusion du film, de la révélation de l'arnaque pour Serge et Jocelyne Klur. Quelle réaction chez LVMH ? Serge a t-il conservé son CDI chez Carrefour et, surtout, dans quelles conditions ? Comment a réagi l'entourage du couple ? Quelle attitude ont à leur égard les inconnus qu'ils ont croisé depuis ? Le film vaut-il le risque prit par Serge et Jocelyne ?

Date de sortie en salle : 24 février 2016

Date de sortie en DVD : 4 octobre 2016

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 09:03
L'Odysée de Jérôme Salle

En 1943, Jacques-Yves Cousteau crée le scaphandrier autonome. Le succès de son invention lui apporte suffisamment d'argent pour qu'il installe sa famille dans une jolie maison au bord de la mer et pour assouvir son envie de quitter la marine pour se consacrer à sa passion des fonds marins quitte à vivre cette passion sans ses enfants.

Les images sont belles, sans toutefois que la réalisation impressionne. Les comédiens sont parfaits, Lambert Wilson en Cousteau plus vrai que nature, Pierre Niney, dans le rôle de Philippe le fils et Audrey Tautou, en épouse déterminée. Jérôme Salle peine à déterminer le sujet de son film. Biopic du Commandant Cousteau ? Biopic du fils Philippe ? Portrait d'une relation père-fils difficile ? Histoire de la Calypso ? Naissance d'une conscience écologique ? Tous ces sujets sont abordés sans qu'aucun ne soit traité à fond. Le film survole tout. Le récit est extrêmement parcellaire et les impasses trop nombreuses. On ne perçoit aucun parti-pris tant dans la gestion du récit que dans la réalisation. Jérôme Salle déclare avoir voulu réaliser un film grand public. Ceci explique peut-être cela. A vouloir plaire à tout le monde, l'oeuvre perd en pertinence et en puissance. Dommage.

A voir en salle dès le 12 octobre.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 18:34
Elle de Paul Verhoeven

Michèle, chef d'entreprise d'une cinquantaine d'années, est violée chez elle par un homme cagoulé. Semblant à peine perturbée par cette agression, elle poursuit sa vie presque normalement en cherchant tout de même qui pourrait être son agresseur.

Verhoeven, visiblement toujours fasciné par les perversions en tout genre, fait ici appel à l'actrice incontournable pour les rôles de femmes hors normes : Isabelle Huppert. Et effectivement, celle-ci ne ménage pas sa peine dans des scènes très physiques. Le problème est qu'à force de trop vouloir en faire, le réalisateur en fait trop. Et on finit par ne plus voir que les cascades que Verhoeven inflige à la comédienne imperturbable. Cela en devient presque risible, pour ne pas dire ridicule. De plus, Verhoeven empile les histoires et les personnages glauques quitte à perdre le spectateur dans la pléthore d'énigmes et d'outrances. En résulte que même les pistes intéressantes (le passé de Michèle par exemple) perdent tout intérêt sous la masse. S'ajoutent les incohérences multiples. Le grotesque finit par prendre toute la place et réduire à néant l'effet escompté.

Date de sortie en salle : 25 mai 2016

Date de sortie en DVD : 4 octobre 2016

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 17:04
L'avenir de Mia Hansen-Love

Nathalie, professeur de philosophie, proche de ses élèves et guidée par le plaisir de transmettre, vit bourgeoisement entre son mari et sa mère dépressive. Lorsque son mari la quitte pour une autre, elle doit apprivoiser une liberté nouvelle.

Le film vaut surtout pour Isabelle Huppert et la découverte de Roman Kolinka. Certaines scènes sonnent curieusement faux et pour le reste, il n'y a rien de bien passionnant pour nous tenir en éveil.

Date de sortie en salle : le 6 avril 2016

Date de sortie en DVD : le 20 septembre 2016

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 21:40

De nos jours, des jeunes d'origines et de milieux sociaux divers, semblent vouloir semer des poursuivants invisibles dans le métro et les rues de Paris. En fin de journée, plusieurs bombes explosent dans la ville.

Le film crée par l'ambiance étrange qu'il instaure dès les premiers plans une grande curiosité. Ces jeunes dont on ne sait rien, aux agissements dénués d'explications, intriguent. Dans sa deuxième partie située de nuit dans un grand magasin, règne du consumérisme, Bonello distille encore un autre esprit. La jeunesse de ses héros, que l'on pouvait tout d'abord imaginer d'une conscience politique forte, même aux méthodes contestables, s'avère bien puérile. Leur immaturité face aux conséquences de leurs actes, leur goût du luxe et de la propriété, leur gémellité avec les modèles dictés par la société de consommation, leurs rêves d'une triste banalité, surprennent et épaississent un peu plus le mystère de leur acte. Le film ne donne aucune réponse. habillé d'un esthétisme aussi séduisant que dérangeant, il nous convie simplement à suivre ces ados dans cette étrange journée.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:21
Vania (d'après Oncle Vania) à la Comédie Française

C'est un Oncle Vania quelque peu réécrit que propose l'excellente troupe de la Comédie Française. Julie Deliquet, metteuse en scène, a choisi d'effacer toutes indications faisant référence à l'époque (fin 19e) et à la culture (Russe) des personnages de Tchekhov. Cela ne nuit en rien à l'esprit de la pièce. Sur la scène centrale du théâtre du Vieux Colombier, dans la salle à manger de la maison familiale, on retrouve l'ennui, le désespoir, l'amour déçu, l'humour, l'ironie de Vania, Sonia et Astrov, les faiblesses d'Elèna et dans une autre mesure de Ilia, l'admiration sans limite de Maria et la suffisance de Sérébriakov. Dans une mise en scène alerte qui sait laisser parler les silences et la souffrance qui perce dans les échanges caustiques et les rires, les comédiens sont époustouflants. Florence Viala est, une fois de plus parfaite, tout comme Laurent Stocker, Hervé Pierre et Dominique Blanc, la nouvelle venue, méconnaissable sous de grosses lunettes. Noam Morgensztern et Stéphane Varupenne impressionnent eux aussi, tandis qu'il nous semble découvrir la puissance d'incarnation d'Anna Cervinka dans le rôle de Sonia.

Cet Oncle Vania, au plus haut point réjouissant, fait partie de ce Théâtre qui donne envie de retourner très très vite au théâtre.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 19:54

En Egypte, en juillet 2013, suite à la chute du president Morsi, les Frères musulmans et le reste de la population s'affrontent.

Mohamed Diab qui avait traité du sort des femmes egyptiennes dans Bus 678, utilise à nouveau le concept du huis clos en enfermant ses protagonistes dans un fourgon de police. Les prisons sont pleines et les manifestants pro et anti-Frères musulmans sont enfermés dans un même fourgon pendant d'interminables heures.

Tout d'abord violents et politiques les échanges glissent rapidement sur des sujets moins clivant et sur le soucis de l'entraide face à des conditions d'enfermement dangereuses. Diab trouve le moyen, sans tomber dans la facilité, de dessiner des situations et des personnalités bien plus complexes et contrastées que ce que le contexte nous laisserait de façon simpliste imaginer

Il réussi l'exploit de nous faire vivre pleinement l'oppression et l'enfermement mais aussi chaque événement, chaque échange et basculement des relations dans ce fourgon. Plus fort encore, on perçoit parfaitement les événements extérieurs qui se déroulent autour du fourgon, la confusion totale qui pourrait mener une foule à lyncher le premier venu.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 16:46
Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Louis, écrivain, après 12 ans d'absence rend visite à sa mère. Il souhaite profiter de ce moment en famille pour annoncer sa mort prochaine.

Xavier Dolan convoque un casting fabuleux pour cette adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce. Nathalie Baye, perruque et maquillage outrancier, est la mère nerveuse et excentrique, Léa Seydoux la petite sœur éprise d'admiration qui voudrait comprendre, Vincent Cassel, le frère à vif et brutal et Marion Cotillard, la pièce rapportée qui observe, temporise et comprend. Tous les quatre sont impressionnants. Gaspard Ulliel n'a peut-être jamais été aussi juste, dans le rôle du dramaturge, un emploi peu bavard où tout se lit dans les regards et les expressions du visage. Car Dolan nous amène au plus près des comédiens, privilégiant sans cesse les gros plans. Il utilise sa caméra comme un microscope, plongeant le spectateur à l'intérieur des choses et des êtres, veillant à ce qu'il ne soit pas perturbé par ce qui entoure l'action. Lui à qui on a pu reprocher une certaine tendance à l'hystérie, surprend ici dans sa capacité à doser la tension qui règne dans cette histoire de malaise familial. Avec "Juste la fin du monde", il semble avoir gagner en finesse. Il ne lui manque donc plus grand chose pour être LE très grand cinéaste qu'on nous annonce depuis déjà 6 films.

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 20:03
Retour chez ma mère d'Eric Lavaine

Stéphanie, 40 ans, suite à des déboires professionnels , est contrainte de revenir vivre chez sa mère.

Le scénario est bien faiblard, il contient toutefois quelques bonnes idées et de bons mots. Mais le réalisateur n'a aucun talent de mise en scène, de direction d'acteurs et aucun sens du rythme. Et tout bon comique sait que le rythme est essentiel dans l'art de faire rire. Totalement raté donc.

Date de sortie en salle : 1er juin 2016

Date de sortie en DVD : 1er octobre 2016

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:05
Frantz de François Ozon

En Allemagne, en 1919, Anna se recueille chaque jour sur la tombe de Frantz, son fiancé mort au front. Un jour, elle se rend compte qu'un étranger fleurit la tombe.

Le film laisse un sentiment étrange d'inachevé. Trop émouvante ou pas assez, on ne sait trop comment appréhender cette histoire un peu alambiquée. Si l'émotion vient, elle est portée par Paula Beer, jeune comédienne allemande, dont la prestation marque le film. Pierre Niney, très bien également, endosse un rôle peu aimable. Les raisons de son tourment sont expédiées un peu rapidement et l'empathie pour ce personnage vient difficilement. La réalisation est très belle, bien que le noir et blanc au noir surexposé, gêne un peu.

Tout dans ce film est séduisant mais il manque chaque fois un petit quelque chose qui en ferait une totale réussite.

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 22:05

La Comédie Française et le metteur en scène Ivan Von Hove adaptent le scénario de Visconti. Les Von Essenbeck, riches industriels allemands, se lient aux nazis pour faire fructifier l'entreprise familiale et s’entretuent dans leur soif de pouvoir.

 

Ivo Van Hove mêle théâtre et vidéo - en direct ou pré-enregistrée. Il scinde l'espace de jeu en trois parties : à gauche les loges où les comédiens se maquillent et se préparent (la naissance), au centre la scène et l'écran où les évènements se jouent (la vie) et à droite, les cercueils où les victimes de la famille et du nazisme viennent s'allonger (la mort). Chaque personnage suivra ce parcours. La vidéo souligne ce qu'il faut voir, zoom sur ce qui est suggéré, multiplie le nombre de personnages en scène, rappel les faits historiques au cas où ce qui se joue devant nous ne serait pas assez clair.

 

Von Hove propose une mise en scène qui surjoue la violence déjà portée par l'histoire. Cette violence sur la violence au lieu de porter le propos l'amoindrit en le caricaturant, au bord du grotesque et de l'indécence. Le tout trouvant son apothéose dans la scène finale qui semble condamner le public spectateur n'intervenant pas pour stopper le mal absolu.

Est-ce ces excès qui soulignent la faiblesse des dialogues de Visconti et l'incongruité de faire de Martin, en plus du reste, un pédophile ?

 

Dans ce déversement d'hystérie, Elsa Lepoivre, impressionnante toujours, Denis Podalydés, Guillaume Gallienne, Eric Genovese, Christophe Montenez, parfaitement effrayant et Eric Genovese demeurent remarquables.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:35
La Danseuse de Stéphanie Di Gusto

Loïe Fuller fait ses premiers pas de comédienne à Brooklyn. Un soir, sur scène, pour combler un moment de gène, elle fait virevolter sa robe autour d'elle. La réaction enthousiaste du public, lui donne l'idée de développer cette nouvelle danse.

La première partie du film conte les années américaines, les galères et les premiers succès à Paris. Les séquences se succèdent à un rythme soutenu allant à l'essentiel sans effet de précipitation, proposant des ellipses particulièrement belles et efficaces. La seconde partie adopte un tempo bien plus lent. Le film se concentre sur les douleurs physiques et morales de l'artiste et sur sa relation avec Isadora Duncan. Loïe Fuller ne se ménage pas dans des chorégraphies (exécutées par Soko non doublée) qui demandent un effort particulièrement soutenu. Ses relations sentimentales sont complexes, sa sexualité hésitante. Ce portrait adopte un parti pris un peu misérabiliste qui détonne avec les témoignages que l'on peut lire sur la vie de Loïe Fuller. La réalisatrice n'explore pas, par exemple, le travail de recherche qu'effectuait l'artiste pour améliorer sans cesse la mise en lumière de ses numéros, ses relations avec des scientifiques ou des artistes avant-gardistes. Cette part remarquable chez une femme de cette époque est laissée de côté. Abstraction faite de ces partis-pris historiques et de quelques lenteurs, le film offre de très beaux moments. La reconstitution de l'époque, les costumes, la qualité de la photo, la réalisation des scènes de danse sont remarquables. Soko, dans le rôle principal, habite le personnage. Mélanie Thierry offre une fois de plus une composition fine et précise en peu de mots et de gestes. Quant à Lily Rose Depp, dont cette première apparition au cinéma a excessivement occupée la presse lors de la présentation du film à Cannes, elle est tout à fait juste dans le rôle de l'évanescente et perverse Isadora Duncan.

A voir en salle dès le 28 septembre

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 14:10
Anne Germain

Elle a bercé des générations de cinéphiles amoureux de Jacques Demy et des chansons de Michel Legrand. C'est elle qui prêtait sa voix à Catherine Deneuve dans les parties chantées des Demoiselles de Rochefort et de Peau d'âne. Elle a égayé les fins d'après-midi de millions d'enfants qui reprenaient avec elle, en choeur, le générique de l'Ile aux Enfants.

Anne Germain était également choriste, chanteuse du groupe de jazz Swingle Singers et a prêté sa voix à d'autres génériques. Elle est partie hier à l'age de 81 ans.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 19:39
Divines de Houda Benyamina

Dounia vit en banlieue dans un bidonville. Elle rêve d'argent facile et de reconnaissance. Soutenue par son amie Maimounia, elle intègre la bande de dealers menée par Rebecca.

Houda Benyamina conte la montée dans la violence et la descente aux enfers de cette jeune fille avec un énergie débordante. Le film affiche immédiatement la couleur de la brutalité, d'une certaine haine et du désespoir. Quelques scènes et bons mots très drôles glissés au milieu de cet engrenage infernale participent rapidement à nous attacher à ces héroïnes naïves et paumées. Elles sont interprétées par deux comédiennes bluffantes : Oulayah Amamra qui porte le film et Deborah Lukumuena dont le potentiel comique et émotionnel impressionne. Ce sont elles qui nous permettent de plonger pleinement dans cette histoire, jusqu'à ce qu'une scène de violence et de danse légèrement gênante et celle finale à la morale très premier degré, un peu petit bourgeois, nous interpellent. Remontent alors à l'esprit toutes les ficelles, morales et symboles un peu trop évidents qui jalonnent le film. Ils font de Divines une oeuvre imparfaite, un peu naïve dans son récit et pas très clair dans son message.

DIvines n'en demeure pas moins un film intrigant qui a le mérite de mettre en lumière ces deux jeunes et belles comédiennes (auxquelles s'ajoute Jisca Kalvanda terrifiante dans le rôle de Rebecca) et une réalisatrice au regard singulier qu'il sera intéressant de suivre.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 16:00
Josef Sudek au Jeu de Paume

Le musée du Jeu de Paume présente 130 œuvres réalisées entre 1920 et 1976 par le photographe Tchèque. Le travail sur la lumière et la grande netteté des photos, même celles volontairement floues, impressionnent. La composition, si riche soit-elle, laisse la place à chaque élément qui se découpe parfaitement de l'ensemble. A voir jusqu'au 26 septembre.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 11:29
Cézanne et Moi de Danièle Thompson

L'amitié qui lia Emile Zola et Paul Cézanne débuta dans la cours d'une école d'Aix en Provence. Leur relation durera plus de 40 années jalonnées des succès du premier et des échecs du second, liés tous deux par le goût de l'art et d'un certain anticonformisme.

Les témoignages de cette étonnante amitié sont rares et Danièle Thompson ne cache pas qu'elle a dû imaginer la plupart des scènes de son film, en se basant sur leur correspondance et sur les écrits de ceux qui les côtoyèrent dont notamment le marchand d'art, Ambroise Vollard. La réalisatrice s'est attachée à dépeindre le milieu artistique de l'époque ; Emile Zola, critique d'art, est un grand défenseur des impressionnistes (Monet, Manet, Renoir, Pissarro sont ses amis). La reconstitution de l'époque est soignée tout comme la photographie plutôt remarquable. Si le film pêche c'est par le développement de l'histoire qui est mené de façon assez abrupte. La première partie du film est construite de multiples scènes très courtes ayant certainement pour but d'installer la psychologie des personnages mais qui semblent parfois un peu bâclées ou avoir été bien bousculées lors du montage. Certains évènements de la vie de Cézanne mériteraient un traitement plus fin et approfondi. Mais la réalisatrice préfère s'attarder sur le conflit qui mena à leur rupture. Ici tout est question de choix et on imagine bien ceux, cornéliens, qu'a du faire la réalisatrice. Nous n'aurions sans doute pas fait les mêmes. La musique, composée par Eric Neveux, vient alourdir un peu plus le propos mais la réalisatrice ne souhaitait pas faire appel au répertoire classique. Si l'ensemble est décevant il n'est toutefois pas désagréable. Danièle Thompson a du métier et ça se voit. Et Guillaume Canet est bluffant en Emile Zola. Encore un choix surprenant qui pour le coup est un coup de maître. Le comédien est épatant dans le rôle du grand homme, fidèle, faible, humain et attachant.

A voir en salles dès le mercredi 21 septembre.

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 15:52
Five de Igor Gotesman

Samuel, Timothée, Nestor, Julia et Vadim sont amis depuis l'école primaire. Grâce à Samuel qui a un accès illimité à la fortune de son père, les cinq amis s'installent dans un superbe appartement. Quand Samuel se fâche définitivement avec son père, il lui faut trouver un nouveau moyen de subvenir à leur besoin.

Le scénario est poussif et bien trop naïf pour plaire aux post pubères. La grossièreté, à l'occasion la vulgarité, n'effraient visiblement pas le réalisateur. Les fans du pipi-caca-bite-couille y trouveront leur compte. Pour les autres, il reste le charme et le talent de Pierre Niney et de François Civil, tous deux distribués dans des rôles qu'ils maîtrisent depuis longtemps.

Date de sortie en salle : 30 mars 2016

Date de sortie en DVD : 16 août 2016

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 15:24
Un homme à la hauteur de Laurent Tirard

Diane reçoit l'appel d'un certain Alexandre. Il vient de retrouver son portable et lui propose un rendez-vous que Diane déjà sous le charme accepte. Lorsque Diane rencontre Alexandre et son mètre 36, l'attirance s'amenuise.

Le dernier quart d'heure est parfaitement ridicule. Le reste du film aligne les poncifs les plus lourds de la comédie sentimentale. Virginie Effira et Jean Dujardin sont parfaits mais tout leur talent ne suffit pas à nous attacher à cette histoire. Le film n'est ni une bonne comédie romantique, ni un bon film sur les embarras de la différence. De plus, on se demande sans cesse pourquoi ne pas avoir choisi un comédien aux caractéristiques physiques adéquates plutôt que de rapetisser artificiellement Jean Dujardin qui semble d'une scène à l'autre ne jamais mesurer tout à fait la même taille. Râté.

Date de sortie en salle : le 4 mai 2016

Date de sortie en DVD : le 7 septembre 2016

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