Louis travaille dans un cabinet d'avocats où il est totalement ignoré par tous. Lorsqu'il annonce au travail qu'il a un cancer, il entre au centre des attentions. Mais le diagnostic s'inverse et Louis n'ose pas le dire.
Le scénario brasse de nombreux sujets, sur différentes tonalités. Ce trop plein perturbe la lecture et la clarté du propos. Ainsi, le film tient surtout par la qualité de ses interprètes. En tête, Vincent Dedienne est parfait en mec trop sympa, seul et un peu déconnecté. Son rythme particulier fonctionne très bien dans cet univers décalé. Il est à la fois drôle et émouvant. A ses côtés, Rudy Milstein, Clémence Poesy, Rabah Naït Oufella, Sam Karmann et Isabelle Nanty sont excellents également. Géraldine Nakache est aussi très bien mais son rôle outré séduit moins.
Chez Marion Mezadorian ce qui interpelle d'emblée c'est ce petit quelque chose de la grande Michèle Bernier que l'on perçoit dans son jeu et dans son écriture. C'est un compliment. Et cette proximité est une force qui nous attache immédiatement à la comédienne, qui donne envie de la découvrir.
Marion Mezadorian conte des tranches de vie, alternant récit et incarnation avec fluidité et une grande maitrise du jeu. Sa vie parisienne et sa famille arménienne sont au coeur du spectacle. Son père et sa grand-mère sont ainsi de sacrés personnages, tout comme Geoffrey l'avocat, l'agente artistique, Martin 4 ans, Leslie la copine parisienne, Josie la perdrix...
Marion Mezadorian les incarne tous. C'est tendre et très drôle.
En 1815, en France, Edmond Dantes, 22 ans, victime d'un complot, est arrêté le jour de son mariage avec Mercedes et emprisonné dans les cachots du château d'If.
Le roman-feuilleton d'Alexandre Dumas (écrit avec la collaboration d'Auguste Maquet) a déjà été de nombreuses fois adapté à la télévision et au cinéma avec plus ou moins de bonheur. Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patelliere s'attaquent à leur tour à ce pavé de 1500 pages, aventure aux multiples rebondissements et au héros iconique.
Et c'est contre toute attente une réussite. Tout d'abord dans l'écriture du scénario. Le récit, qui dure pourtant près de 3 heures, est d'une grande fluidité, d'une grande maîtrise, déroulant l'histoire en allant à l'essentiel des événements sans précipitation ou perte de sens, présentant les personnages sans en négliger, exposant malgré tout la diversité des sentiments. La première heure est en cela exemplaire. Du bonheur absolu à l'arrachement, de l'effondrement à la soif de vengeance, le spectateur est emporté dans la descente aux enfers de Dantès et est prêt pour la suite que le Comte de Monte-Cristo décrit ainsi "Ce n'est pas de la vengeance, c'est de la justice"
Décors en majesté, élégance des costumes, beauté des images, précision de la réalisation qui en amples mouvements de caméra comme au plus près des visages donne à voir les émotions, les tensions, les actes de bravoure et donne du rythme quand il le faut. Casting royal avec Pierre Niney très grand en Comte de Monte-Cristo, entouré de la toujours excellente Anaïs Demoustier, des non moins très bons Bastien Bouillon, Laurent Lafitte, Patrick Mille, Anamaria Vartolomei, Vassili Schneider et Julien de Saint-Jean. Dans des seconds rôles, plaisir de retrouver Stéphane Varupenne, Bruno Raffaelli, Pierfrancesco Favino et Julie Bona. Seul bémol à cette pièce de maître, la présence quasi incessante de la musique. Comme trop souvent dans ce genre de cinéma, les réalisateurs semblent manquer de confiance en leurs comédiens ou même en leurs images pour faire passer l'émotion voulue.
Cela ne parvient toutefois pas à gâcher ce grand spectacle de divertissement populaire, intelligent et de qualité comme Dumas semblait lui même les apprécier.
Mimi, vient de sortir de l'hôpital psychiatrique, lorsqu'elle postule dans le cabinet d'avocats tenu par Claire Bloch et Paul Rousseau. Mais Paul a jeté l'éponge.
Le récit se déroule au rythme des angoisses et enthousiasmes de Mimi qui habitée par une folie bien plus grande que celle de Paul bouscule celui-ci.
Marie Garel-Weiss réunie pour son histoire peu banale Daphné Patakia, Benoît Poelvoorde, Agnès Jaoui et Raphaël Quenard, quatre comédiens à l'identité forte. Ils sont excellents tous les quatre. Armée de ces interprètes de génie, la réalisatrice met excellemment en scène cette histoire peu commune à la fois intriguante, drôle et émouvante.
Dans des secondes rôles, en une courte scène, on se réjouit de la présence de Maud Wyler et Evelyne Buyle.
Jeanne et Arthur se rencontrent en discothèque, tombent amoureux, vivent heureux ensemble jusqu'au jour où Arthur ne sait plus ce qu'il est censé acheter chez l'épicier.
Adaptation par Marie-Julie Baup et Thierry Lopez (qui ont interprété la pièce à sa création) du livre In others words de Matthew Seager, Oublie-moi doit beaucoup à la qualité de ses interprètes. Mathilde Roehrich et Kevin Garnichat (ce soir, car il y a alternance) sont absolument charmants.
Oublie-moi doit aussi beaucoup à sa scénographie, son décor sucré, sa mise en musique et en scène qui dynamisent agréablement et de façon acidulée le récit.
Les auteurs ont, malheureusement, choisi un récit chronologique et descriptif. Le sujet étant rapidement exposé, son issue assez évidente, la répétition des scènes lasse vite. Il aurait fallu une écriture plus riche ou une composition du récit plus surprenante. Oublie-moi manque ainsi de puissance et de surprise dans sa dramaturgie et finit par ennuyer un peu.
Sur un sujet similaire, on se souvient de la pièce Le père de Florian Zeller qui etait bien plus percutante.
Oublie-moi a reçu les Molière 2023 du meilleur spectacle privé, de la mise en scène, du comédien (Thierry Lopez) et de la comédienne (Marie-Julie Baup).