SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 12:48
Remember d'Atom Egoyan

Max Zucker, ne se déplaçant qu'en fauteuil roulant, et Zev Guttman, souffrant de démence sénile, sont pensionnaires dans une maison de retraite. Un jour Max confie à Zev une lettre qui contient les instructions à suivre pour retrouver l'homme qui a exterminé leurs familles à Auschwitz. Zev prend la route pour retrouver cet assassin.

Remember est un thriller en déambulateurs. Cette originalité aux premiers instants surprend et séduit. Malheureusement, et malgré le talent des comédiens, le film est formellement sans réel intérêt. La réalisation à l'image du héros est un peu trop pépère, sans créativité ou beauté. De plus, les sujets abordés, l'holocauste et le travail de mémoire, qui nécessitent un minimum de finesse dans leur traitement, ne sont au final que des prétextes au déroulé d'un thriller plus ou moins astucieux. Le tout en devient un peu déplacé.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 12:50

Deux heures du matin, un couple de quinquagénaires, George, professeur d'histoire et Martha, fille du président de l'université, rentre d'une réception bien arrosée. Martha apprend à George qu'elle a invité un jeune professeur de biologie et sa femme à venir poursuivre la soirée chez eux. Quand le jeune couple arrive l'ambiance est déjà électrique.

Le texte méchant et cruel est férocement drôle. Dominique Valladié et Wladimir Yordanoff composent ce couple pervers et autodestructeur avec une truculence jubilatoire. Leurs joutes oratoires sont tout à la fois glaçantes et irrésistibles. Face à ces deux monstres, les jeunes comédiens Pierre-François Garel et Julia Faure, particulièrement drôle, sont parfaits. Alain Françon à la mise en scène présente un décor des plus épurés où la lumière crépusculaire plante d'emblée l'ambiance glauquissime qui habille la pièce d'un bout à l'autre. Une très bonne surprise.

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 22:20

Ossama Mohammed, cinéaste syrien, est invité à Cannes en mai 2011 où il commente une vidéo montrant un adolescent torturé par l'armée syrienne pour avoir taggué sur un mur un message anti-régime. Après le festival Ossama ne retourne pas en Syrie et trouve refuge à Paris. Chaque jour, il collecte sur internet les vidéos postées de son pays par le peuple opprimé et par les militaires oppresseurs. Manifestations pacifistes anti-régime, syriens torturés, tanks et soldats tirant sur des foules sans arme, corps ensanglantés, morts, parents qui pleurent leurs disparus, peuple qui chante la liberté et qui implore Allah, le film montre tout dans des images saccadées, volées aux smartphones. En décembre 2011, Simav, jeune femme kurde de Homs, contacte Ossama et lui demande "Si tu avais ta camera à Homs, que filmerais-tu ?". A son tour avec sa caméra, elle montre le siège de Holms, les bombes qui tombent sur la ville, les blessés, les morts, la peur tout le temps, les femmes et les hommes qu'on bat, les corps de ses morts que l'on tente de récupérer sans se faire à son tour canarder, les animaux eux aussi affamés et estropiés, les maisons détruites, l'exode sur les routes, les enfants qui veulent continuer à aller à l'école et à cueillir des fleurs.

Eau argentée n'est pas une fiction. Il s'agit d'un documentaire fait des vidéos qu'Ossama a trouvé sur Internet et des films réalisés par Simav à Homs jusqu'en 2014. En voix off, leurs échanges sur internet où ils tentent de comprendre, de se rassurer, d'expliquer et les mots du peuple syrien. Aux premières semaines du soulèvement, sur une vidéo au smartphone, un manifestant dit "N'aie pas peur. Dieu voit tout.". Aux dernières minutes du film, dans les rues de Homs dévastée et abandonnée, alors que la camera de Simav le suit, Omar, 5 ans à peine, dit "C'est comme si c'était la nuit mais il y a de la lumière".

En 5 ans, de répression par Bachar el Assad, 400 000 syriens, hommes, femmes, enfants, ont été tués et des millions se sont exilés. La guerre continue.

Date de sortie en salle : 17 décembre 2014

Date de sortie en DVD : 2 juin 2015

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 13:21
Truth de James Vanderbilt

Le 8 septembre 2004, à quelques mois des élections présidentielles, l'émission de CBS "60 minutes" déclare que George W. Bush s'est fait engagé, pour son service militaire, dans la garde nationale afin d'échapper à la guerre du Vietnam. Très vite, les témoignages et documents officiels mis en avant par les journalistes sont controversés.

Truth raconte comment l'enquête a été menée, comment elle a été démontée et la bataille livrée par la productrice et journaliste d'investigation Mary Mapes pour prouver sa bonne foi et sauver son honneur. Le cinéma américain est plus habitué à glorifier le travail d'investigation des journalistes qu'à en montrer les échecs. En ça le film interpelle mais frustre un peu en ne disant pas clairement les choses sur le rôle des politiques pro-Bush dans ce lynchage des journalistes. Aussi, il vaut sans doute mieux être Américain et attaché à la mythique "60 minutes" et à la personnalité de Dan Rather pour apprécier ce film à sa juste valeur. Reste Cate Blanchett parfaite interpréte comme toujours.

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 16:23

Dans une grande maison au pied de la forêt, un repas de famille se prépare. Les enfants et leurs conjoints sont attendus. Seul, Cédric, la trentaine, vit encore chez ses parents.

Dans cette réunion de famille où le plus fou semble très vite ne pas être celui qu'on nous désigne, chaque personnage est susceptible d'être la victime comme le bourreau. La réalisation soignée d'Antoine Cuypers instille d'une façon imparable le malaise et le mystère. L'interprétation des comédiens dont Nathalie Baye particulièrement effrayante et Thomas Blanchard parfait d'ambiguïté, achève de nous plonger dans cette intrigante histoire.

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 20:58
Quand on a 17 ans de André Téchiné

A Luchon, Thomas exprime une animosité violente envers Damien, un camarade de classe. Lorsque des circonstances familiales amènent la mère de Damien à accueillir Thomas sous leur toit les relations entre les deux garçons évoluent.

Céline Sciamma est une réalisatrice de talent, parfaite conteuse des tourments de l'adolescence. C'est donc en toute logique qu'André Téchiné a fait appel à elle pour l'assister dans l'écriture de son nouveau film. Au casting, deux jeunes comédiens au jeu efficace, Corentin Fila et Kacey Mottet Klein (déjà remarqué dans "Une mère"), accompagnés de la brillante Sandrine Kiberlain. Pour décors, la beauté des paysages de montagne sous la neige et le soleil d'été. Tout participait donc à la création d'un bon film. Aussi, on est bien en peine devant cet ouvrage en roue libre. Que s'est-il donc passé à l'écriture du scénario et au montage du film pour que le récit semble ainsi sans tenu ? Comme s'il avait été écrit à tour de rôle par moult personnalités ayant chacune envie de raconter son histoire et le monteur en racontant une autre. Certaines scènes et certains dialogues simplistes, pour ne pas dire simplets, interpellent. La multitude des sujets abordés sans être réellement traités nous égarent. Et au final, l'histoire de ces deux jeunes hommes nous laisse seul sur le bord du chemin.

A voir en salle à partir du mercredi 30 mars

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 20:25
Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson

En 2005, Michael Stone, auteur célèbre de "Comment puis-je vous aider à les aider ?", doit tenir une conférence dans un rassemblement de spécialistes de la relation clients. Souffrant d'un mal être grandissant, seul dans sa chambre, il cherche comment tromper sa solitude.

Dans ce monde où tout est aseptisé, où plus rien n'a de sens, où on se lasse de tout si rapidement et où tout le monde se ressemble tant qu'on ne (re)connait plus personne, le héros de Anomalisa cherche un peu de chaleur, de surprise et de différence pour bousculer son quotidien. Cette quête le fera retrouver une ancienne petite amie dont il s'est lassé du jour au lendemain, découvrir une antique poupée gonflable mécanique japonaise puis rencontrer Lisa, une jeune femme singulière. Si le sujet n'est pas nouveau, le choix de l'animation sert particulièrement bien le sujet. Les décors, les visages de pantins des personnages et leurs voix similaires plantent d'emblée une ambiance oppressante. Etonnant.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 22:12
Amok au théâtre de Poche

Sur le pont d'un navire, un jeune homme exalté raconte. Alors qu'il est médecin sous la chaleur étouffante d'un bled malaisien depuis près de 5 ans, une femme blanche, belle, d'une aristocratie hautaine, vient lui demander une aide que sa fierté lui interdit de formuler. Tout à la fois séduit et piqué à vif par son arrogance, le médecin lui refuse son assistance.

Sur une scène minuscule, au plus près des spectateurs, où seules quelques caisses de bois et une lumière soignée servent de décor, Alexis Moncorgé nous conte cette étrange histoire. Il nous communique parfaitement la fièvre folle de son personnage mais nous convainc moins dans les rares moments où il donne vie au personnage féminin et à un confrère médecin, tout comme lorsqu'il fait appel à des accessoires pour mimer une scène. Ce n'est pas le comédien qui est en cause mais plutôt des partis pris de mise en scène trop démonstratifs qui gâchent la magie du conteur.

Les 75 minutes du spectacle n'en offrent pas moins un bon moment de découverte (ou redécouverte) du livre de Stefan Zweig.

PS : A noter que les représentations sont données dans la petite salle du sous-sol. A déconseiller aux claustrophobes et aux dos fragiles.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 19:06
Midnight Special de Jeff Nichols

Aux Texas, de nos jours, Roy fuit avec son fils, épaulé par son ami Lucas.

L'enfant est, comme souvent chez Nichols, le socle de cette histoire de croyance, d'appartenance et de séparation. Michael Shannon acteur fétiche du réalisateur est parfait en père résolu et déchiré, accompagné du jeune Jaeden Lieberher, Kirsten Dunst et Joel Edgerton. Jeff Nichols donne à son Midnight Special la grâce et l'humanité des films de science-fiction des années 80. La candeur et l'efficacité du Spielberg de l'époque sont bien présents. Mais Nichols a sa personnalité propre et nous prouve une fois de plus, après Shotgun stories, Take Shelter et Mud qu'il est un très grand cinéaste. Cette fois encore il va à l'essentiel sans se perdre dans des scènes inutiles ou trop chargées. Tout est dans le ressenti des émotions et des dilemmes de ses héros qui se découvrent au fur et à mesure du déroulement du film. Terriblement efficace.

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 19:44
L'Hermine de Christian Vincent

Michel Racine est Président de cours d'assises au tribunal de Saint-Omer. Lors d'un procès pour infanticide, il reconnait l'une des jurées : Dite Lorensen Coteret, un médecin dont il était tombé amoureux alors qu'elle le soignait il y a quelques années.

L'Hermine est un film un peu curieux. Il décrit assez précisément le déroulé d'un procès d'assise et le rôle des jurés sans toutefois traiter à fond l'affaire en cours. Ce qui intéresse Christian Vincent c'est la transformation de Michel Racine, Président sans cœur et sans merci, en homme touché par la grâce. Les comédiens, seconds rôles compris sont parfaits. Les échanges entre Fabrice Lucchini et Sidse Babett Knudsen sont charmants mais l'ensemble donne un film un peu bancal. Aussi vite vu, aussi vite oublié.

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 23:06
Chocolat de Roschdy Zem

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la vie du clown Chocolat, premier artiste noir a connaître le succès en France. Avec son partenaire Footit, ils sont à l'origine du duo composé par le clown blanc et l'Auguste.

Omar Sy et James Thierrée sont particulièrement justes dans leur interprétation. Les seconds rôles (Frédéric Pierrot, Clothilde Hesme, Olivier Gourmet, Alice de Lencquesaing...) sont parfaits. La reconstitution de l'époque est très réussie. L'histoire de Raphaël Padilla alias Chocolat est passionnante, tant comme exemple du racisme et de l'ignorance qui régnait à l'époque que comme témoignage sur le métier d'artiste. Le film se regarde sans ennui mais quelque chose manque pour créer une réelle émotion.

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 18:38

Violette, directrice artistique dans le milieu de la mode, rencontre lors d'une Thalasso à Biarritz, Jean-René, informaticien.

On retrouve dans Lolo ce qui fait le style si particulier des films de Julie Delpy : l'autodérision, les blagues en dessous de la ceinture, les dialogues percutants, le rythme, la parfaite direction d'acteurs, les à priori liés aux différences (ici Paris-Province) et un sacré grain de folie. La réalisatrice a eu l'excellente idée de faire appel à un acteur à mille lieux de son univers : Dany Boon qui intègre parfaitement ce cinéma. Vincent Lacoste, Karine Viard et Julie Delpy sont également excellents. L'histoire démarre sur les chapeaux de roue mais perd en intérêt au troisième tiers en laissant place à des événements excessifs et pas vraiment drôles.

Lolo n'atteint pas la qualité des deux Grands films de la réalisatrice Two Days in Paris et La Comtesse.

Date de sortie en salle : 28 octobre 2015

Date de sortie en DVD : 2 mars 2016

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 17:21
The Big Short d'Adam Mc Kay

En 2005, plusieurs gestionnaires de fond spéculatif découvrent que les obligations immobilières reposent sur un montage extrêmement instable et risquent de s'effondrer. Ils investissent dans des assurances (swap) qui leur rapporteront des sommes faramineuses quand les obligations chuteront. En 2007, la crise des subprimes leur donnera raison.

En racontant comment ceux qui avaient anticipé la crise ont découvert le pot aux roses, The Big Short nous éclaire-sur les magouilles qui ont menées les banques à la ruine. C'est tout simplement effarant.

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 19:17
The Revenant d'Alejandro Inaratu

1820, Hugh Glass, trappeur, est attaqué par un grizzli. L'équipier chargé de le veiller en attendant le retour des secours, l'abandonne à moitié mort, après avoir pris soin de tuer son fils. Glass se doit de survivre pour venger son enfant.

Les paysages sont magnifiques, la réalisation impressionnante, Leonardo di Caprio méconnaissable mais ces 2h36 de violence sur fond de mysticisme sont interminables et peu passionnantes. Les événements les plus spectaculaires se succèdent tant et tant sur le parcours christique de ce héros qu'on se fiche bien de savoir s'il s'en sortira vivant. L'énigme qui court le film est plutôt de savoir quel sera le prochain élément naturel ou mammifère, homme ou animal, qui s'attaquera à Glass et qui finira égorgé ou étripé. Ainsi, toute cette virtuosité n'est plus que clinquante et d'une emphase un peu ridicule.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 13:10
Les Ogres de Léa Fehner

François dirige "Le Davaï Théâtre", théâtre itinérant qui sillonne la France depuis plus de 20 ans. Sa troupe d'acteurs, chanteurs, acrobates, régisseurs forme une famille grouillante où femmes, hommes, enfants s'aiment et se détestent successivement et tout à la fois. Et où chacun composent comme il peut avec le poids des épreuves.

Dès la première scène, Léa Fehner nous plonge dans le tourbillon et la folie de ces ogres. La caméra sans cesse en mouvement filme en gros plans la troupe hurlante au travail. C'est Tchekhov qui se joue et se chante devant un public éberlué. Quand le spectacle est fini rien ne s'arrête. Ca bouge, ca tchatche, ça picole, ça rigole, ça hurle et ça s'engueule. La réalisatrice met en scène avec une précision d'orfèvre cette troupe ivre de vie, saoule et possiblement saoulante. Chaque scène se joue sur plusieurs plans tant au niveau de l'image qu'au niveau des dialogues. Les scènes de groupe où l'énergie déboule de toute part sont parfaitement lisibles et audibles. Les couleurs, le mouvement, les dialogues explosent en feu d'artifice. Parfois, le temps soudainement suspendu, le silence s'installe, les artistes épuisés s'épanchent et se penchent sur leurs peines. Après quoi et pourquoi courent-ils ?

Les personnages multiples sont dessinés en peu de trait avec une précision et un sens parfait de l'effeuillage. Les comédiens, tous sans exception, enfants compris, sont impressionnants de naturel : Adèle Haenel, Marc Barbé, Marion Bouvarel, François Fehner, Lola Duenas... il faudrait pourvoir les citer tous tant le film puise sa force dans ce travail de troupe.

Le film dure 2h24 et l'on relève 2 fois 45 secondes d'ennui.

Tout est dit.

A voir en salle dès le mercredi 16 mars.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 17:58
Room de Lenny Abrahamson

Joy, enlevée il y a 7 ans, vit depuis enfermée dans une cabane de jardin avec son fils Jack, 5 ans, naît des viols répétés de son bourreau. Lorsqu'ils sont libérés, le retour à la vie est une autre épreuve.

La première heure du film se concentre sur la vie en captivité et la seconde heure sur le retour au monde. Dans les deux cas, tout est décrit à gros traits, sans nuances, à coup de psychanalyse de seconde zone. La réalisation sans pilote n'apporte pas le moindre point de vue ou originalité dans le traitement d'un sujet des plus délicats. La lourdeur règne de toute part. On se raccroche à l'interprétation de Brie Larson qui ne s'en sort pas si mal et qui vient tout juste d'être oscarisée (ce qui semble quand même un peu surévalué...).

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 18:11
Brooklyn de John Crowley

Dans les années 50, Ellis Lacey quitte son Irlande natale pour s'installer à New-York où un travail l'attend.

Broolyn fait partie de ces films qui nécessitent que l'on s'abandonne totalement au plaisir simple et naïf du romanesque. D'un grand classicisme, le film est mené par l'interprétation de Saoirse Ronan, nommée pour ce rôle comme meilleure actrice aux Oscars, aux Golden Globes et au Baftas. Elle est Ellis qui nous emporte pendant près de deux heures dans ses tourments, son mal du pays, son nouveau bonheur et ses déchirures. Et on ressort de ce film tout heureux de l'avoir accompagnée dans ces si grands sentiments.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 20:48
Tartuffe aux Ateliers Berthier

Au sol un damier noir et blanc, une grande table centrale et quelques fauteuils en aparté, des murs blancs, de lourdes tentures de velours et une mezzanine. C'est dans ce beau décor, où l'espace domine, que la famille d'Orgon se délite petit à petit sous les manipulations de Tartuffe.

Tout d'abord, on remarque le damier qui nous trouble la vue, un peu comme Orgon aveuglé par le jeu de Tartuffe. Puis, très vite, c'est le talent de Chantal Neuwirth qui nous éblouie. Elle campe une Dorine magnifique, impertinente et drôle. A ses côtés, Samuel Labarthe (Orgon) et Micha Lescot (Tartuffe) ne surprennent pas : ils sont excellents comme chaque fois. Si surprise il y a, elle vient d'Audrey Fleurot que, bêtement peut-être, nous n'aurions pas spontanément imaginé dans une mise en scène de Luc Blondy et qui offre à une Elmire manipulatrice et courageuse, une interprétation moderne d'une grande précision. Du bien bel ouvrage même en l'absence du maître.

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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 19:53
L'odeur de la mandarine de Gilles Legrand

Pendant la première guerre mondiale, Angèle, veuve de guerre, s'installe, avec sa petite fille, au domaine du Capitaine Charles de Rocheline. Elle est engagée comme infirmière pour soigner le Capitaine qui a perdu une jambe à la guerre.

Cette histoire d'amour entre arrangements et passion vaut surtout pour le portrait de femme qu'elle porte. L'héroïne d'une modernité insolente est interprétée par Georgia Scalliet dont nous connaissions déjà le talent sur les planches de la comédie Française mais qui éclate au cinéma pour la première fois. Olivier Gourmet et Hélène Vincent, comme toujours excellents, lui donne la réplique. Les images où la nature est reine sont très belles. Quant au scénario, à l'image de son héros, il boite un peu trop.

Date de sortie en salle : 30 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 8 février 2016

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 15:53
Mon Roi de Maïwenn

Suite à une chute de ski, Tony intègre un centre de rééducation. La psychologue du centre l'encourage à chercher les réelles raisons de sa chute. Tony se remémore alors son histoire d'amour avec Georgio.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, les personnages sont précisément dessinés et on ne doute à aucun moment de leur possible existence.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, ces personnages sont incarnés par des comédiens au meilleur de leur interprétation ici en tête Emmanuelle Bercot (Prix d'interprétation à Cannes) mais aussi Vincent Cassel et Louis Garrel.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, les dialogues sont percutants et habillent l'histoire d'une saveur particulière.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, la mise en scène vive capte d'emblée.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, on trouve des scènes un peu too much et une tendance à étirer un peu le film en longueur.

Pour une fois dans le cinéma de Maïwenn, la réalisatrice n'apparaît pas dans le film et ça n'est pas plus mal car les rôles qu'elle s'attribue sont généralement de trop.

Comme souvent dans le cinéma de Maïwenn, on ressort du film étonné de s'être autant laissé emporté, et impressionné par le savoir-faire de cette cinéaste si particulière.

Date de sortie en salle : 21 octobre 2015

Date de sortie en DVD : 26 février 2016

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 22:42
Spotlight de Tom Mc Carthy

En 2001, les journalistes du service "Spotlight" du Boston Globe se lancent dans l'enquête journalistique qui révélera un des premiers scandales de pédophilie au sein de l'église catholique.

Réalisé à l'ancienne, Spotlight évoque les films politiques des années 70. Dans un rythme tout à la fois haletant et posé, le film très factuel conte chronologiquement les découvertes faites par les journalistes. Leur effarement est le notre face à l'ampleur que prend le crime. Qualité de l'interprétation, maîtrise du récit et histoire glaçante nous maintiennent captifs pendant 2h10.

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 19:01
Legend de Brian Helgeland

Dans les années 60, les frères Kray prennent le contrôle du Londres mafieux.

Les histoires de gangsters font généralement de bons films et les scénarios inspirés d'histoires vraies suscitent plus facilement l'intérêt du spectateur. Ce portrait de frères jumeaux gangsters, dont l'un est schizophrène, avait tout pour passionner. Pourtant, passé l'étonnement créé par l'impressionnante prestation de Tom Hardy qui interprète les deux rôles, rien n'intéresse. Le scénario est assez pauvre. Du point de vue de l'action, il ne se passe pas grand chose. Quant à l'analyse psychologique des personnages cela ne semble pas être l'objectif du réalisateur. Ennuyeux.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 22:37
Fondation Louis Vuitton - exposition Bentu

La Fondation Louis Vuitton présente 12 artistes chinois contemporains. Peintures, sculptures, installations et vidéos se côtoient dans une grande diversité de styles et une thématique commune que sont les dualités nées de l'évolution du monde (modernité/traditions, villes/campagnes, écologie/économie...). Pour l'occasion, les œuvres chinoises de la collection permanente, dont les très impressionnants et beaux tableaux de cendres de Zhan Huang, occupent le reste des galeries de la Fondation.

DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente
DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente

DIAPORAMA : oeuvres des artistes des expositions Bentu et permanente

DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry
DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry

DIAPORAMA : le bâtiment de Franck Gehry

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 22:14
Zhang Huan à la Fondation Louis Vuitton

A l'occasion de l'exposition Bentu présentant 12 artistes contemporains chinois, les visiteurs peuvent admirer dans la collection permanente deux tableaux de Zhang Huan. Cet artiste chinois, né en 1965, est tout d'abord connu pour ses performances provocantes qu'il réalise, à New-York notamment, jusqu'en 2005. De retour en Chine, il se convertit au bouddhisme qui lui inspire la création d'œuvres, sculptures et peintures, réalisées à base de cendres issues des temples. La Fondation Louis Vuitton expose deux de ces tableaux.

Great Leap Forward, le plus impressionnant des deux, met en scène des ouvriers construisant le Grand Canal, symbole des réformes agricoles et industrielles qui précipitèrent le peuple dans la famine.

National Day représente la place Tien Anmen lors de la cérémonie célébrant les dix ans de la déclaration de la République Populaire de Chine par Mao Zedong.

Ces œuvres de grande taille (286 x 5400 cm) impressionnent par la technique avec laquelle elles ont été réalisées, offrant deux visions, celle panoramique tout d'abord et celle microscopique ensuite. On est en premier lieu happé par la beauté du paysage global qui interpelle par ses perspectives et sa forme entre dessin et photo ancienne. Puis, s'approchant et comprenant qu'il s'agit de cendres, on se demande comment avec ce matériau instable l'artiste peut atteindre une telle précision des détails. La variété des gris, la maîtrise de la lumière, les différents visages du paysage qui évolue selon l'angle depuis lequel on le regarde, tout impressionne et nous aspire dans l'exploration de chaque centimètre de l'oeuvre.

DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward

DIAPORAMA : Great Leap Forward

DIAPORAMA : National Day
DIAPORAMA : National Day
DIAPORAMA : National Day
DIAPORAMA : National Day
DIAPORAMA : National Day

DIAPORAMA : National Day

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 14:25
Steve Jobs de Danny Boyle

En 1984, Steve Jobs présente, au nom d'Apple, le Macintosh. En 1988, il sort, en son nom, le Next. En 1998, de nouveau à la tête d'Apple, il lance l'iMac.

Danny Boyle tente de dessiner le portrait du "génie" de l'informatique (et du marketing) à travers les coulisses de ces trois shows. Dés la 1ière démo, on découvre son cynisme, son ingratitude à l'égard de ses collaborateurs, ses colères et l'existence de sa fille non désirée. Les deux shows suivants déroulent et démontrent les mêmes choses. Les seules différences résident dans la position tenue par Jobs vis-à-vis d'Apple. Le scénario, qui n'a rien à dire, finit par se concentrer sur la relation compliquée de Jobs et sa fille.

Pour nous tenir éveiller, des dialogues percutants, une Kate Winslet épatante et Michael Fassbender que l'on adore détester.

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