Dans les années 70, Peter von Kant, réalisateur à succès, s'entiche d'Amir et lui propose d'être acteur. Carl, son secrétaire particulier, les observe.
François Ozon adapte en version masculine le film et la pièce Les Larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder. La tonalité des interprétations surprend. Ça joue un peu faux, en tout cas pas juste. Même Isabelle Adjani surjoue. C'est sans doute volontaire mais c'est assez peu séduisant. D'autant plus que le scénario ne passionne pas. Les dialogues sont également d'une grande pauvreté. Seul Denis Menochet parvient à maintenir sa qualité de jeu, il est même excellent en drama queen.
Lydia alors qu'elle vient de quitter son compagnon qui l'a trompée, apprend que Salomé, sa meilleure amie est enceinte. Lydia pense qu'elle est reliée à son amie, que lorsque l'une vit un grand bonheur, l'autre est malheureuse.
Hafsia Herzi est remarquable dans le rôle de Lydia, sage femme, sans famille, éprise de Milos une rencontre d'un soir. Elle est accompagnée par Nina Meurisse et Alexis Manenti, tous deux parfaits
La mécanique du mensonge dans lequel s'enferre Lydia est dessinée avec précision et une sensibilité soulignée par le récit et les interrogations en voix off de Milos. Les circonstances maléfiques, l'entourage inconsciemment complice, la psyché des deux amies composent les fondations de ce geste fou.
Fabrice Luchini consacre ce nouveau spectacle à Victor Hugo, grand homme s'il en est, immense écrivain, poète, homme politique et militant du XIXe siècle.
Le spectacle se concentre sur ses 20 années d'exil à Bruxelles, Jersey et Guernesey et sur le drame de sa vie qu'est la mort de sa fille Léopoldine.
L'acteur lit des textes et poèmes de ces deux périodes, racontant précisément grâce aux écrits de Juliette Drouet la découverte par Hugo de la mort de Léopoldine, apportant un peu de légèreté par la lecture d'un extrait du livre des tables qui décrit une des séances de spiritisme réalisée par Hugo, appuyant son admiration pour l'écrivain par l'éloge écrit par Charles Baudelaire et clôturant son spectacle par le texte qui semble à lui seul avoir justifié cette création, Booz endormi, considéré comme écrit par un Hugo touché par la grâce par Charles Péguy, l'auteur fétiche de Fabrice Luchini.
Tout cela en 1h20 pendant laquelle le comédien n'a de cesse de se réfréner tant les tentations d'ouvrir d'autres chapitres ou d'apporter plus de précisions sont nombreuses. Fabrice Luchini promet à plusieurs reprises d'en parler dans un autre spectacle. Rendez-vous est pris.
PS : ce soir du 1er novembre, le public (200 personnes) accueillit le comédien entrant en scène par un "Joyeux anniversaire" repris en choeur. L'acteur, pourtant facétieux, se trouva bien embarrassé car devant enchaîner par le récit de la mort de Léopoldine. Légèrement déconcentré, il refit son entrée, constata, sans doute soulagé, la grande qualité d'écoute du public et lui promit de conserver cet événement incongru comme anecdote pour un prochain spectacle.
Dans le parc naturel des Cévennes, territoire classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, 2 400 espèces animales cohabitent. Il y a 40 ans, Marie-Pierre Puech, jeune vétérinaire s'y installe. En 2008, à Ganges, elle créé L'hôpital pour la faune sauvage qui accueille et soigne des animaux sauvages retrouvés blessés jusqu'à 300km alentours. 3 000 animaux y sont soignés chaque année dont 80% d'oiseaux.
Le documentaire de Sandra Malfait, sans intérêt formel particulier, offre à voir l'organisation de cette association qui fonctionne grâce au bénévolat et aux dons essentiellement privés - sur les 300 000€ annuels nécessaires, à peine 15 000€ viennent de fonds publics.
Une chaîne humaine d'une centaine de personnes se déploie pour sauver une faune sauvage essentielle à l'équilibre d'un écosystème attaqué par l'homme. La fragilité et la beauté des animaux filmés, dont des espèces protégées, et les images de leur retour à la nature sont particulièrement troublantes.
La Cinémathèque de Paris rend hommage à Agnès Varda et aux 70 ans de carrière d'une artiste multiple qui ne se résume pas à une simple cinéaste.
L'exposition retrace le parcours de la militante, cinéaste, documentariste, photographe et visual artiste en près de 250 documents, dont beaucoup issus de la collection de Ciné-Tamaris. Photos prises par Agnès, photos de tournage, photos intimes, extraits de courts et longs métrages, lettres, notes, affiches, interviews... sont présentés dans une scénographie où la couleur domine et l'image règne.
On y retrouve la rue Daguerre, (son fief dès 1951), Séte, ses débuts et La Pointe courte, ses courts métrages et ses projets avortés, ses 4 plus grands succès cinématographiques (Cléo de 5 à 7, Sans toit ni loi, les glaneurs et la glaneuse, Visages Villages), ses amitiés artistiques (Resnais, Chris Marker, Jean-Luc Godard, Jean Vilar, Alexander Calder... ), ses amours de jeunesse (Valentine Schlegel, Antoine Bourselier), son couple mythique avec Jacques Demy, ses enfants (Rosalie et Mathieu), le théâtre et son travail de photographe au Festival d'Avignon et au TNP, ses voyages (Chine, Cuba, L.A.), ses engagements (Black Panthers, le féminisme, la défense des plus faibles, des marginaux...), sa passion des chats, la reconnaissance tardive, ses travaux de plasticienne... Tous ses éléments tricotent le beau portrait d'une artiste d'une grande modernité, indépendante, aux centres d'intérêts et à l'oeuvre protéiformes.
L''exposition donne aussi à entendre la voix d'Agnès si importante et si juste dans l'accompagnement de ses œuvres ou dans la description de celles des autres.
Une très belle exposition à voir jusqu'au 28 janvier 2024.