En 2021, Alexis Michalik mettait en scène pour la première fois une adaptation française de la comédie musicale de Mel Brooks. Le spectacle fut joué devant 300 000 spectateurs jusqu'en 2023 et remporta 2 Molières dont celui du meilleur spectacle musical. 

Le théâtre de Paris accueille à nouveau le spectacle avec une distribution renouvelée de première qualité. Florent Peyre est excellent dans son interprétation du producteur magouilleur Max Bialystock et il impressionne par la qualité de son chant, talent qu'on ne lui connaissait pas jusqu'à présent. Alexandre Faitrouni est aussi prodigieux en Leopold Bloom, comptable froussard déniaisè par Broadway. A leur côté, 14 comédiens-chanteurs-danseurs tous excellents. Difficile de tous les citer mais nous devons nos plus grands éclats de rire à Andy Coq, Julien Mior et Roxane Le Texier, tous trois hilarants dans des rôles extrêmement bien servis mais aussi très casse gueule dans un risque d'excès de caricature. 7 réjouissants musiciens, qui accueillent également le public en attendant le début du spectacle, jouent en live placés dans les loges..

Côté mise en scène on reconnaît de suite la signature Michalik : rythme soutenu et décors simples et ingénieux qui laissent voir la mécanique du théâtre et que les comédiens escamotent eux-mêmes. Une recette qui fonctionne d'autant plus ici que Michalik n'est ni l'auteur de la pièce écrite par Mel Brooks, ni celui de son adaptation assurée par Nicolas Engel. Adaptation excellente très drôle et astucieuse qui francise et actualise les références (dont une très belle "indignité" d'un Nicolas Sarkozy en prison).

Contre toute attente cette adaptation française de cette satire de deux producteurs véreux présentant un musical à Broadway à la gloire d'Hitler est une totale réussite.

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Jean-Luc Choplin, qui a pris la direction artistique du Lido depuis 2022, propose une très réussie adaptation en comédie musicale du film culte de Jacques Demy.

Son adaptation du récit est globalement fidèle au scénario original même si les puristes noteront des ajouts discutables : une vidéo sur Dutrouz qui dénote dans son propos et sa forme et qui n'apporte rien, un coup de genou mal placé et inutile porté sur le personnage de Guillaume L'ancien, une présence accentuée de Boubou un peu gadget, qui est de plus interprété par un comédien qui a un accent étranger, la représentation de Lola par un autre visage que celui d'Anouk Aimé. On remarque un final à la fois fidèle et différent. On regrette la suppression de la scène des adieux en alexandrins, certe peu spectaculaire pour une comédie musicale. On aurait aimé une version de la rencontre d'Andy et Solange plus fidèle à l'originale ; au Lido, le coup de foudre a moins de spontanéité. 

Mais tout le reste, c'est à dire la très grande majorité du spectacle, enchante au delà de ce qu'on pouvait espérer. La mise en scène de Gilles Rico, la scénographie de Bruno de Lavenere et les lumières de Tim Michelle relèvent le tour de force de faire entrer sur la "petite" scène du Lido un film qui se déroule dans une ville. Entre les projections sur les écrans XXL qui tapissent le fond de scène et les décors qui montent, descendent et tournoient, Rochefort se déploie avec ses marins, ses militaires, ses forains, sa galerie d'art, son magasin de musique, son café aquarium,... On se réjouit de la fidélité aux paroles des chansons bien sûr mais aussi à celle faite aux dialogues même si un mot est changé de ci de là..On adore les arrangements de Patrice Peyrieras et la qualité des musiciens à peine visibles mais bien présents sur chaque côté de la scène.

Les comédiens, chanteurs, danseurs dans des costumes d'Alexis Mabille et des chorégraphies de Joanna Goodwin séduisent tous, des premiers rôles jusqu'aux danseurs. Ils déploient au delà de leur talent d'artiste, une énergie et une joie communicative. Ce soir, c'est Marine Chagnon et Maïlys Arbaoui-Westphal, très bien toutes les deux notamment dans leur capacité à mettre du jeu dans l'interprétation de leurs chansons, qui interprètaient les soeurs Garnier. Elles étaient entourées entre autres par David Marino (un Maxence brun convaincant à la très belle voix), Paul Amrani (Andy, bel accent américain et excellent danseur), Arnaud Leonard (un Simon Dame, très convaincant et élégant), Valérie Gabail (dans le difficile rôle d'Yvonne Garnier que Danielle Darrieux a marqué durablement), Valentin Eyme (joue Etienne avec une remarquable maîtrise du chant, de la danse et de l'acting), Aaron Colston (Bill, très bien aussi). D'autres comédiens et une pléiade de danseurs-chanteurs les accompagnent.

En 2025, près de 60 ans plus tard, même avec d'autres comédiens et dans d'autres formats, la magie Demy-Legrand opère toujours.

Le spectacle est prolongé jusqu'au mois de mars 2026.

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Ce documentaire au sous-titre explicite Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des lycéens, donne la parole à des adolescents lecteurs des livres du Prix Nobel de littérature.

Ils soulignent la force de "l'écriture plate" d'Annie Ernaux, de sa façon brute de raconter ce qu'elle a vécu, du réalisme factuel de son récit. Son statut de transfuge de classe les marque aussi beaucoup.

Il est intéressant de voir comme, malgré les années qui séparent les époques des récits d'Annie Ernaux et ces lecteurs du XXIe siècle, entre identification et incompréhension, la modernité, l'authenticité et la radicalité des récits et de l'écriture interpellent ces jeunes gens. 

Leurs commentaires et leurs échanges impressionnent par leur sagacité et leur sensibilité. 

A voir en replay sur France.tv

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Il y a près de 40 ans, Gaetan Chataignier rencontrait Philippe Katerine dans leur région Vendéenne. Ils ne se sont jamais quittés depuis, on fait de la musique et des clips ensemble.

A base d'archives publiques et personnelles, de séquences avec le chanteur tournées spécialement, des témoignages de sa mère et de sa soeur, Gaëtan Chataignier dessine un beau et étonnant portrait du chanteur, comédien et plasticien. Du grand timide au chanteur qui choqua le monde entier aux JO de Paris, en passant par le tube Louxor j'adore, on redécouvre le parcours étonnant, d'un artiste incompris pendant longtemps devenu un phénomène.

Entre son goût de l'absurde et de la provocation, sa bienveillance et une forme d'innocence, Philippe Katerine touche et fait rire. Et Gaetan Chataignier compose une bien belle déclaration d'amour à son étonnant ami.

A voir en replay sur France.tv

A voir également la captation du concert Zouzou au Zénith en replay sur france

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1973, Claude Lanzmann débute 12 ans de recherches et de tournages, pour la réalisation de Shoah.

Ce documentaire créé à partir des 220 heures de rushs non utilisées par Claude Lanzmann raconte les coulisses des 12 ans de tournage, non sans difficultés tant sur le financement de son travail que sur la récolte des témoignages. Il fut souvent le premier à interroger toutes les personnes rencontrées, entrant parfois par effraction dans les mémoires de ceux qui ont voulu oublier. Le réalisateur a notamment dû ruser, faux passeports, faux titre de Docteur en Histoire, pour obtenir le témoignage des complices de l'extermination.

Le documentaire se concentre sur les témoignages difficiles ou défendus de récolter. Particulièrement concernant Treblinka avec la quête des témoignages de Gustav Laabs, chauffeur de camion à gaz, celui du conducteur des trains, ceux des paysans du village, Franz Suhommel, chef du commando en charge de vider les poches des personnes gazées, un chef des Einsatzgruppen responsable du massacre de Crimée. Mais aussi les témoignages de Simon Srebnik, déporté dans le camps de Chelmno où il devait vider les camions à gaz et jeter les cadavres dans les fosses, celui d'Abraham Bomba, déporté à Treblinka où il fut l'un des coiffeurs, d'Antek, commandant en second de l'insurrection du ghetto de Varsovie...

Les textes de la voix off ont été écrits à partir des mémoires de Lanzmann qui y expose ses doutes et ses tourments. 

"J'ai toujours été hanté par tous ces gens, morts seuls, abandonnés de tous. J'ai voulu faire ce film pour les ressusciter et les tuer une deuxième fois pour que nous mourrions avec eux, pour qu'ils ne meurent pas seuls."

A voir au cinéma ou en replay sur Arte.tv

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