SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 22:16
Famille Flöz sanscrierart.com

Un hôtel 4 étoiles dirigé par une vieille dame et ses enfants voient défiler les clients et les turpitudes.

La pièce que nous propose cette famille Flöz, venue de Berlin, s'avère étonnante. L'histoire se joue sans la moindre parole, les acteurs portent des masques aux visages semblant issus d'une bande dessinée, les gags ne sont pas particulièrement originaux. Mais le plus surprenant est sans doute le plaisir que l'on prend à voir se jouer cette histoire à la fois burlesque et poétique. 

Car c'est un travail d'orfèvre qui se présente sur scène. La forte personnalité du décor - la porte tambour en parait même vivante - marque d'emblée, avant même l'entrée des comédiens, le ton du spectacle. La précision des déplacements et la gestuelle des comédiens s'avèrent plus éloquents que n'importe quel dialogue, dont d'ailleurs on oublie très vite l'absence. Même les visages figés des masques changent d'expression quand il le faut grâce au jeu de lumière. Le récit est parfaitement mené, avec fluidité, sans temps mort ni longueur, adoptant un rythme soutenu, sans précipitation. 

Cette audacieuse proposition artistique nous kidnappe pendant près d'1h15.

famille flöz2 sans crierart.com

A voir à Bobino jusqu'au 14 février

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 18:37

Bruno Dumont adapte la première partie du triptyque de Charles Peguy.

Le réalisateur fait chanter le texte de Peguy par ses jeunes comédiens. Si les premières minutes intriguent par la jeunesse des comédiens et l'imperfection de leur chant, tous les deux créent un sentiment de sympathie.

Malheureusement, rapidement ce premier ressenti est vite effacé par l'agacement créé par l'accompagnement sonore composé par Igorrr. Plus proche du bruit que de la mélodie, cette BO prend toute la place et efface tout désir de fournir l'effort nécessaire pour accéder au cœur de cette oeuvre.

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 18:56

Eric Barbier adapte le livre autobiographique de Romain Gary.

Sa distribution dans un premier temps surprend en la personne de Charlotte Gainsbourg dans le rôle de la mère. L'actrice y est impeccable au point, qu'à plusieurs reprises, au cours du film, on s'étonne de la qualité de sa performance... ce qui nous sort un peu du personnage. Pierre Niney est lui aussi très bien dans le rôle de Romain Gary même si on garde du romancier, cinéaste et diplomate le souvenir d'une stature plus imposante.

Le film est agréable et l'émotion agit à plusieurs reprises. Pourtant, sur la longueur, il affiche également une certaine fadeur. Il lui manque un petit quelque chose pour emporter pleinement.

Bref, on retrouve le problème récurrent lors de l'adaptation d'un livre, associé ici à la difficulté de l'incarnation d'une personnalité connue : on n'imaginait pas les choses lues ainsi et on ne retrouve pas tout à fait l'image que l'on a de Romain Gary. Abstraction faite de ces deux points, on peut passer un bon moment très romanesque.

 

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2 janvier 2018 2 02 /01 /janvier /2018 21:48

L'Ina expose 16 photos sur les grilles du Palais Brongniart. Ces photos ont été choisies par Mathieu Amalric (réalisateur du magnifique Barbara avec Jeanne Balibar). Elles ont toutes été prises par des photographes de l'ORTF sur les plateaux de télévision ou lors de concerts entre 1955 et 1975.

Une application permet d'écouter les commentaires de chaque photographie par Amalric tandis qu'un mapping vidéo anime l'exposition â la nuit tombée. 

A voir jusqu'au 31 janvier.

Barbara du bout des lèvres par l'Ina
Barbara du bout des lèvres par l'Ina
Barbara du bout des lèvres par l'Ina
Barbara du bout des lèvres par l'Ina
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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 19:12
echange_des_princesses_sanscrierart

En 1721, Louis XV, onze ans est déjà orphelin. A 13 ans, il sera majeur et roi. En attendant, c'est le régent, Philippe d'Orléans qui gère le royaume et organise "l'échange des princesses" pour préserver la paix entre la France et l'Espagne.

Il est ici question du destin de quatre enfants sacrifiés sur l'autel de la royauté, de la religion et des manœuvres politiques. Plus que l'Histoire et ses complots qui ne semblent pas l'intéresser vraiment, Dugain peint le portrait de ces enfants traités comme de la marchandise par des adultes dégénérés qui manigancent pour garder le pouvoir et préserver les dynasties au sein de Cours gangrenées par la maladie et le vice.

Le film se regarde avec intérêt et sans ennui, mais il lui manque un petit quelque chose pour marquer vraiment. Pourtant, la photographie, les costumes et les décors sont particulièrement soignés. Les jeunes comédiens sont parfaits et entourés d'adultes de premier choix, Olivier Gourmet, Andréa Ferreol, Lambert Wilson et surtout Catherine Mouchet dont on retrouve la grâce avec toujours autant d'émotion.

 

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27 décembre 2017 3 27 /12 /décembre /2017 21:29

Un jeune couple amoureux vit dans une maison auquel Il tient et qu'Elle voudrait quitter. Lorsqu'il meurt, victime d'un accident de voiture, il est condamné à rester dans cette maison, sans elle, en l'état de fantôme. 

Lowery donne à son histoire de fantôme une esthétique faussement épurée qui s'avère très marquée. Elle sert ou dessert le film selon qu'on trouvera cette dernière bienvenue ou lourde et ridicule. A ghost story, pauvre en dialogue (à l'exception d'un monologue indigeste), sans événement et d'une grande lenteur narrative, repose essentiellement sur elle. Avec ce dépouillement plus prétentieux que puissant, le réalisateur semble miser beaucoup sur l'imaginaire du spectateur pour donner un peu d'épaisseur à son film. 

C'est un peu court pour ce film qui semble aussi long qu'une vie passée à hanter le passé.

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 15:58
Emmanuelle Devos dans Bella Figura de Yasmina Reza

Boris et sa maîtresse Andréa se disputent sur le parking d'un restaurant. Boris a eu la mauvaise idée de dire à Andréa que le restaurant lui a été conseillé par sa femme.

Yasmina Reza confronte ses personnages à des situations dans lesquelles s'expriment leur mesquinerie, prétention, lâcheté, petites et grandes faiblesses. Emmanuelle Devos est parfaite dans son rôle de fille fragile, maladroitement sexy, Micha Lescot est comme toujours impressionnant et Josiane Stoleru, dans le rôle le plus fort, touche juste. Quelques bonnes répliques et situations marquent mais le propos semble moins percutant que dans d'autres œuvres de l'auteur. Il faut dire que la mise en scène trop démonstrative prend toute la place laissant peu d'espace à la délicatesse d'un théâtre de suggestion. Si la distribution (dont Camille Japy et Louis-Do de Lencquesaing) n'était pas de cette qualité, la lourdeur de la mise en scène dévasterait tout.

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 21:51

A Marseille, dans les calanques, Armand, Joseph et Angèle sont réunis au chevet de leur père mourant. Les bonheurs et les utopies du passé se confrontent au temps qui passe et à la dureté du présent.

L'écriture de Guediguian est toujours aussi forte, émouvante et engagée. Mais ici le désespoir fait place à la mélancolie et au romantisme. L'humanité l'emporte contre l'infamie. Et c'est très beau.

Au côté de ses comédiens fétiches, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Daroussin et Gérard Meylan, Anaïs Demoustier, Robinson Stevenin et Yann Tregouet sont parfaits.

 

 

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 22:35

Maternité, religion, boboïtude, attentats, féminisme... les sujets abordés par Camille Chamoux ne sont pas d'une grande originalité. Cette comédienne parisienne qui a successivement vécu deux traumatismes : avoir un enfant et habiter dans le 11e arrondissement lors des attentats, commente sa vie.

Et c'est là que le talent et l'intelligence, qui vont souvent de pairs, font mouche. Qualité de l'écriture, originalité de l'angle, finesse de l'interprétation... on rit beaucoup et de bon cœur sur des sujets vus et revus et dont l’intemporalité nous condamne à recroiser pendant encore très longtemps.

On l'avait remarquer dans son deuxième spectacle,Née sous Giscard. Avec son Esprit de contradiction Camille Chamoux confirme et affine encore son écriture et son jeu.

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 17:37
logan8Lucky_affiche

En Virginie, les frères Logan n'ont jamais eu de chance, l'un a perdu un bras en Irak, l'autre s'est abîmé le genou alors qu'une carrière de joueur de football lui tendait les bras. Pour sortir de la galère, ils organisent un braquage.

Soderberg abandonne le bling bling des Ocean's Eleven et nous emmène dans l'Amérique profonde, auprès d'un milieu social où la vie est moins facile, où certains ont donné beaucoup pour le drapeau Américain, où le travail à la mine est rude et précaire, où les petites filles rêvent d'être mini Miss. Le réalisateur n'abandonne pas son goût pour les braquages astucieux, les films de divertissement au second degrés assumé, au rythme marqué par une bande son soignée.

Mais, ici,  le braquage semble presque un prétexte pour dessiner le portrait d'une certaine Amérique à l'abandon. Soderberg ajoute du fond au divertissement et un casting étonnant (Channing Tatum, Adam Driver, Daniel Craig, Katie Holmes, RileyKeough) qui élèvent subtilement le film à un autre niveau.

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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 17:50
Anders-Zorn-sanscrierart.com

Peintre suédois du 19e siècle, Anders Zorn (1860 - 1920) a connu un grand succès à Paris. Une rétrospective lui fut dédiée de son vivant en 1906. Depuis, la France l'a un peu oublié, alors que les pays scandinaves le célèbrent. 

Le Petit Palais répare cet oubli et présente 150 de ses œuvres, aquarelles, peintures et gravures.

La précision et la beauté de ses aquarelles interpellent d'emblée. Tout comme l'originalité de ses cadrages, qui semblent être influencés par l’œil d'un photographe. Ses portraits posés peints impressionnent moins mais offrent quelques surprises à qui prend le temps de bien les regarder.

Une très belle exposition à voir jusqu'au 17 décembre 2017.

Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise au Petit Palais
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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 18:23

Dans les années 60, à Suburbicon, ville pavillonnaire paisible, deux cambrioleurs pénètrent dans la maison de Gardner et Margaret Lodge. 

La réalisation de George Clooney, dés les premières minutes, ne préserve aucun suspens. On s'attend donc à ce que le film affiche une proposition artistique, un ton fort. Aussi, la déception est grande face à une mise en scène plate et maladroite. La réalisation de Clooney manque terriblement de caractère et de maîtrise  Tout tombe à plat. Scène d'humour ou de burlesque, scène de frisson ou d'angoisse... rien ne fonctionne. Clooney ne parvient pas à donner à la mise en scène de cette histoire de pieds nickelés, typiquement Cohenienne, l'esprit qu'elle nécessite. Dommage.

 

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 18:01
affiche-prendre-le-large-gael-morel-sanscrierart.com

L'usine textile dans laquelle travaille Edith délocalise sa production. Contre toute attente, Edith décide de suivre son employeur. Elle quitte Lyon pour  reprendre son travail d'ouvrière à Tanger.

Les clichés et les invraisemblances règnent dans ce film, où Gaël Morel dessine ses personnages à gros traits sans nuance, des homosexuels parisiens aux ouvrières jusqu'aux marocains qui n'ont jamais été aussi peu sympathiques. Edith, elle aussi, créé peu l'empathie. Ses actions ou absence de réaction, assez peu compréhensibles, ne nous aident pas à cerner les motivations du personnage. Sandrine Bonnaire, en femme résolue, à moins qu'elle ne soit dépressive, on ne comprend pas trop, peine à convaincre dans un jeu mono-expressif. Elle est entourée de comédiens au talent très inégaux desservis par des dialogues ineptes. Même Tanger, ville pourtant o combien séduisante, fait pâle figure. Ici tout et tous sont décrits grossièrement, du récit, aux personnages qui l'habitent, aux lieux qui l'accueillent, aux contextes sociaux et culturels dans lequel il baigne. Au final, on ne distingue pas ce que Gaël Morel veut nous conter. Son portrait de femme est lacunaire, celui de la mondialisation qui broie les petits survolé, celui du rapport mère-fils convenu. Si ce sont les trois sujets qui l'intéressent, son film n'en traite vraiment aucun.

 

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 17:42
AgnesVarda_Oscar_Sanscrierart.com

L'Academie des Oscars a remis hier soir à l'exquise Agnès Varda un Oscar d'honneur récompensant l'ensemble de sa carrière. La réalisatrice  est la première femme à recevoir ce prix.

Visages, villages le dernier film qu'Agnès Varda a réalisé avec JR remporte un beau succès dans le monde entier depuis sa sortie en salle en juillet dernier. 

Tout cela donne très envie de revoir Cléo de 5 à 7, l'une chante l'autre pas, Jane B., Jacquot de Nantes, les glaneurs et la glaneuse, les plages d'Agnès...

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 15:21
Aurevoirlahaut_sanscrierart.com

9 novembre 1914, alors que l'armistice s'annonce, un lieutenant, fou de guerre, envoie ses soldats au combat. Édouard est gravement blessé pendant l'assaut et devient pour toujours une gueule cassée. De retour à Paris, avec son ami de tranchées, Albert, il va, par désespoir et vengeance, mettre au point une arnaque aux monuments aux morts.

Albert Dupontel adapte le livre de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013. Dans les précédents films de Dupontel, de pure création, c'est avant tout son inventivité dans les sujets abordés, le dessin des personnages, l'audace du propos et son militantisme affiché qui séduisaient. Ici il s'approprie l'oeuvre d'un autre pour la mettre en images. Tout en jouant à fond la carte du romanesque, il conserve sa part de poésie lunaire et son point de vue militant dénonçant les salauds, les injustices faites aux "petits", les manquements de l'Etat.

Les plans se succèdent, à la fois imaginatifs et beaux, dans une grande fluidité. Les décors et  les costumes reconstituent l'époque avec élégance et sans encombrement. La belle musique de Christophe Julien sert le romanesque avec retenu. Les comédiens (Niels Arestrup, Laurent Lafitte, Émilie Dequenne, la lumineuse Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz, André Marcon, Philippe Uchan, Nahuel Perez Biscayar, la jeune Eloise Balster  et Albert Dupontel lui même) jouent leur partition avec sobriété. Tous les aspects du film semblent tendre vers un même objectif : ne pas tomber dans la lourdeur, le pathos et éviter tout excès. Ainsi, les moments où un tel risque apparaît sont parfaitement dosés sans pour autant anesthésier toute émotion. Du beau cinéma.

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 16:00
Edmond_Michalik_SansCrierArt

En 1897, Edmond Rostand écrit et met en scène, au théâtre de la Porte Saint-Martin, Cyrano de Bergerac. Alexis Michalik invente ce qu'auraient pu être les sources d'inspiration de l'auteur et les conditions rocambolesques de la création de cet immense succès théâtral.

Cinq Molières dont ceux de la mise en scène et du meilleur spectacle du théâtre privé, et un très grand succès au théâtre du Palais-Royal  sont venus récompensés Edmond. Tout comme pour ses deux pièces précédentes, Le cercle des illusionnistes et Le porteur d'histoire, Michalik cumule succès public et reconnaissance de la profession. Et tout comme pour ses deux pièces précédentes, les raisons de cet engouement demeurent bien mystérieuses.

Edmond reprend la recette Michalik : une histoire à tiroirs menée à un rythme haletant et habitée par une ribambelle de protagonistes haut en couleurs. Cette fois encore l'impression de rythme est basée sur une mécanique artificielle faite de trois éléments principaux : une succession de micro-scènes sans réel intérêt, les déplacements survoltés des comédiens qui assument chacun plusieurs rôles et jouent aussi les déménageurs pour assurer les incessants changements de décor. Cette agitation masque une histoire bien plate puisqu' Edmond n'est qu'une simple transposition de la géniale histoire de Cyrano de Bergerac sur Rostand lui-même ou plus exactement la représentation que Michalik s'en fait. Les quelques apports réellement personnels de Michalik sont creux, enchaînant  les clichés, les gags téléphonés et les pseudo rebondissements sans finesse.

Une question nous vient : pourquoi s'emparer d'une oeuvre aussi élégante pour l'enrober d'un met aussi grossier ?

 

 

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 19:08

Emmanuelle Blanchey, ingénieure brillante dans une importante entreprise française, est la seule femme du comité exécutif. Un groupe d'influence, promouvant la place des femmes dans les postes importants, lui propose de soutenir sa candidature à la direction d'une entreprise du CAC 40.

Tonie Marshall envisageait à l'origine de présenter cette histoire sous forme de série. Et, il s'avère qu'à plusieurs reprises au visionnage du film, on se laisse à penser qu'un format au long cours aurait était plus intéressant. Certains rebondissements incongrus et des raccourcis un peu caricaturaux, sans doute dûs à la modification du format, desservent le propos.

On suit tout de même le film sans déplaisir portés par la qualité générale de l'interprétation. Emmanuelle Devos est parfaite comme toujours.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 16:01
Des territoires (d'une prison l'autre) - SansCrierArt.com

Lyn, Hafiz, Benjamin et Samuel viennent d'enterrer leurs parents dans des circonstances farfelues. De retour dans la maison familiale, ils trouvent Moussa et Lahcen qui leur apprennent que des émeutes ont lieu dans le quartier. Contraints de rester enfermés dans la maison, ils se retrouvent face à leur deuil et à leurs relations complexes alors qu'une militante anti-capitaliste s'invite chez eux.

Que la militante se nomme Louise Michel n'est pas un hasard. Baptiste Amman fait le choix de lier les difficultés des quartiers à la Commune. Un choix qui semble difficile à appréhender tant la pièce perd en efficacité lorsque cette part d'histoire intervient. Toute la partie contemporaine (la plus importante) est particulièrement séduisante. Les textes y sont forts et poétiques. Le propos y est clair et prenant. Les comédiens incarnent avec force leurs personnages et sont parfaits dans la gravité comme dans le burlesque. La scénographie est belle à la fois crue et éthérée, entre rêve et réalité. On est tout à fait séduit par cette curieuse histoire. Quand la Commune prend toute la place, on se perd un peu et on doute du réel intérêt du propos. Les états d'âme que Baptiste Amman attribue à Théophile Ferré ou Gustave Courbet sont biens moins intéressants que le malaise de ses héros contemporains et moins fort que le cri de Moussa. Au risque de décevoir l'auteur, on repart avec le souvenir vivace du destin de ce pavillon de quartier et on oublie bien vite la Commune.

A voir jusqu'au 25 novembre.

Des territoires (...d'une prison l'autre....) est le deuxième volet d'un triptyque débuté en 2013 avec Des territoires ( nous sifflerons la Marseillaise). La même fratrie est chaque fois mise en scène et leur histoire  confrontée à un évènement historique : la révolution française, la Commune et la guerre d'Algérie pour le troisième volet à venir.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 13:49
Le_Moma_chez_vuitton_SansCrierart.com

La Fondation Louis Vuitton ouvre l'ensemble de ses salles au MoMA de New-York proposant un voyage au cœur de l'art du XXe et du XXIe siècle au fil de l'évolution du plus célèbre musée d'art moderne au monde.

Dans une scénographie fade et triste, peintures, sculptures, photos, vidéos... sont exposées chronologiquement de la création du musée en 1929 jusqu'à nos jours. On peut y retrouver ou découvrir des œuvres plus ou moins majeures réalisées par des artistes incontournables tels Dali, Magritte, Lichtenstein, Cézanne, Disney, Hopper, Duchamps, Picasso, Arbus, Bauman,  Sherman, Warhol, Richter, De Chirico, Klimt, Mondrian, Picabia, Pollock, Signac... et des artistes contemporains tels Janet Cardiff. Cette dernière clôture de belle manière le parcours de l'exposition avec son oeuvre The Forty-parts motet. 40 haut-parleurs installés en cercle dans la dernière salle jouent une composition du XVIe siècle de Thomas Tallis dans une interprétation d'une grande pureté. Chaque haut-parleur porte la voix de l'un des chanteurs, qui formaient le chœur enregistré, autorisant le visiteur à les découvrir au plus près une par une.

A voir jusqu'au 5 mars 2018.

Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
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Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
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Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 16:40
la-revolte-les-dechargeurs-sanscrierart.com

Elisabeth travaille avec son mari banquier. Depuis 4 ans, elle gère scrupuleusement et avec succès la fortune de son époux. Mais ce soir, elle décide que cela suffit.

La pièce de Villiers de l'Isle Adam, écrite en 1869, est un grand texte féministe, cinglant, sans concession sur l'esprit bourgeois et le libéralisme. L'auteur y fait un constat amer sur la situation des femmes dans le couple et le tout argent. Son texte percutant et moderne a aussi la beauté de la littérature de l'époque. La mise en scène de Salomé Brousky est simple et discrète. Il est vrai que la qualité du texte ne nécessite pas d'effet particulier d'autant plus qu'il est servi par Dimitri Storoge et Maud Wyler, tous deux excellents.

A voir jusqu'au 9 décembre 2017

Les Déchargeurs - 3, rue des Déchargeurs - 75001 Paris

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 14:56
Barbara-Philharmonie-SansCrierArt.com

Alors que Barbara nous a quittés il y a 20 ans tout juste, la Philharmonie de Paris lui consacre une exposition particulièrement réussie.

Des photos d'enfance de Monique Serf dans les années 30 jusqu'à la couverture de Libération annonçant la mort de Barbara en 1997, l'exposition trace un portrait sensible de l'artiste. Photos, interviews vidéos, enregistrements sonores, affiches, pochettes de disques, correspondances personnelles et documents de travail, pianos, costumes... les supports qui racontent la vie de Barbara sont nombreux et d'une grande diversité. La scénographie, où le rideau de velours rouge domine, traçant le parcours d'une vie, est sobre et élégante. Chaque espace est accompagné d'une chanson ou d'une interview, ainsi la voix de Barbara, ses mélodies et ses textes délicats  nous accompagnent sans cesse.

Cette installation et le choix des documents exposés nous emportent rapidement et profondément au cœur de l'univers et de la personnalité de la Grande Dame Brune, non sans une certaine émotion qui trouve son apogée dans le dernier espace. Nous menant dans la solitude de sa maison de Précy sur Marne et au cœur de la ferveur d'un concert, cette salle, la plus belle sans doute, évoque les deux faces d'une personnalité qui mêlait gravité et fantaisie.

A voir jusqu'au 28 janvier 2018.

 

 

Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
Barbara, exposition à la Philharmonie de Paris
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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 08:20
12hommes-en-colere-sanscrierart

Le directeur du théâtre Hébertot, Francis Lombrail, propose sa propre adaptation de la pièce de Réginald Rose. 

Dans un décor blanc d'une grande simplicité, s'alignent les 12 jurés qui vont devoir débattre, se battre et se convaincre. Les 12 comédiens, au diapason, sont parfaits, affichant sans excès, la personnalité  de leurs personnages aux histoires et motivations bien différentes. Bruno Wolkovitch est excellent de sobriété dans le rôle principal de l'empêcheur de tourner en rond. La mise en scène ténue, l'espace de jeu est réduit, joue sur la promiscuité dans laquelle sont maintenus les jurés qui s'affrontent dans des joutes verbales à deux doigts du corps à corps. 

On pourra regretter l'accompagnement sonore qui n'apporte rien et même dessert la qualité d'écoute, on peut aussi trouver le retournement du dernier juré un peu expéditif mais la pièce fonctionne toujours et bien que connaissant parfaitement les tenants et aboutissants de ce spectacle, on se laisse une fois encore prendre à cette très belle peinture des préjugés qui vacillent et de la raison qui triomphe.

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 18:56

Christian, conservateur d'un musée d'art contemporain à Stockholm, se fait fort d'être à l'écoute de la misère social. Alors qu'il vient d'acquérir pour son musée une nouvel oeuvre d'art en phase avec ses convictions, il se fait voler son portefeuille et son téléphone. Pour les récupérer, il met au point un stratagème qui prend une tournure inattendue.

Rubens Ostlünd traite, une fois encore, de la lâcheté. Lâcheté physique, lâcheté intellectuelle... le personnage central semble porter la lâcheté sous toutes ses formes, tout comme l'environnement qu'il fréquente. Ostlünd place son histoire dans le milieu de l'art et de l'art contemporain en particulier et en profite pour dénoncer tous ses excès et sa part de ridicule. 

Esthétiquement le film est parfaitement maîtrisé, les comédiens sont excellents et le scénario plutôt bien foutu. Le film aurait gagné a être un peu plus court (2h30!). Mais il faut avouer qu'on ne s'ennuie jamais vraiment.

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 15:22
Le_sens_de_la_fete_sanscrierart.com

Max dirige une petite société d'organisation de mariage. Aujourd'hui, toute son équipe est mobilisée pour le mariage de Pierre et Hélène.

Jean-Pierre Bacri interprète Max qui se débat avec les revendications et humeurs de ses employés, déclarés ou non, et les exigences de ses clients. L'acteur est excellent d'un bout à l'autre du film et bien qu'il soit entouré de comédiens de grand talent (Vincent Macaigne, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla, Gilles Lellouch, Jean-Paul Rouve, Eye Haidara, Helene Vincent, Antoine Chapey, Kevin Azais...), c'est sa présence qui nous réjouit le plus. Le scénario à la fois simple et riche offre de nombreux moments drôles et quelques baisses de rythme dues à une tendance à étirer certaines scènes contemplatives et donc la durée du film (près de 2 heures). Les réalisateurs frôlent souvent le mièvre mais n'y tombent jamais vraiment. Sans atteindre l'efficacité d'Intouchables, Toledano et Nakache, après un Samba affligeant, retrouvent ici un peu de leur verve qui, associée à la qualité du casting, suffit à faire de Le Sens de la fête un sympathique moment de pur divertissement.

 

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 22:11
Détroit_affiche_sanscrierart.com

En 1967, à Détroit, alors que la population afro-américaine subit sans cesse la ségrégation raciale, la ville vit sous les émeutes violentes. Un soir, la fête bat son plein au Motel Algiers. Quand des coups de feu semblant venir du Motel éclatent, la police prend d'assaut l'Algiers et violente ses jeunes clients.

Le film débute par un rappel à grande vitesse et en dessins de l'histoire des afro-américains et des persécutions subies. Ce démarrage qui interpelle par son côté expéditif, laisse place à vingt minutes de scènes, caméra à l'épaule, décrivant l'ampleur des émeutes. Esthétiquement ce moment est très efficace. L'heure suivante est dédiée à l'interrogatoire meurtrier qu'effectue la police dans le Motel Algiers, le cœur du sujet du film. Kathryn Bigelow laisse ici parler ce qui apparaît comme une appétence pour la violence. Sa façon de filmer affiche une certaine complaisance. La dernière partie est consacrée, de façon expéditive au procès.

Globalement, le film, qui présente des faits réels qui devraient nous révolter, laisse froid. Cela est sans doute dû au fait que la réalisatrice met un point d'honneur à rester la plus neutre et sans doute la plus juste possible avec chacun des protagonistes. Elle ne prend pas position. Son film n'a pas de regard, de point de vue. Kathryn Bigelow semble mettre tout son talent de réalisatrice à conter un simple fait divers sans proposer de réelle réflexion sur ce que ces événements racontent de la vie des noirs et des blancs aux Etats-Unis. De plus, les portraits des protagonistes sont à peine esquissés. On ne comprend pas toujours très bien le rôle réel qu'ils ont joué et l'empathie s'installe à minima. 

Globalement, le film manque de l'ambition qu'un vrai regard d'auteur lui aurait apporté.

 

 

 

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