SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 15:25

A Santa Barbara, en 1979, Dorothea élève seule son fils, Jamie, âgé de 15 ans. Alors qu'elle a le sentiment de mal le comprendre, elle demande à sa jeune locataire, une artiste punk, et à l'amie d'enfance de Jamie de l'aider à élever son fils. Au contact de ces femmes toutes trois fragilisées dans leur statut de femmes, Jamie deviendra peut-être un mec bien.

Le film s'appuie sur les voix off de chacun des personnages dressant les portraits et le vécu des autres. Ces séquences alternent avec les scènes au présent, scènes très bavardes de questionnement existentiel assez ennuyeuses, des images d'archives et des moments trop cools sur standard rock de l'époque. Cette alternance donne au film une forme un peu bâtarde qui n'aide pas le spectateur à entrer en empathie avec les personnages. Ainsi, malgré la qualité des comédiens, l'ennuie prend très vite le dessus.

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 20:53

En 1961, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson travaillent à la NASA. Elles sont reléguées à des tâches qui ne leur permettent pas de faire usage de leur intelligence hors du commun. En plus d'être femmes, ce qui n'était déjà pas une qualité à l'époque, elles ont le défaut d'être noires. Elles devront se battre pour pouvoir intégrer des postes de haut niveau dans la conquête de l'espace.

Les figures de l'ombre trace le portrait de ces trois héroïnes exceptionnelles, femmes noires au milieu d'hommes blancs dans un état toujours ségrégationniste. Il est question ici de conquêtes, en premier lieu, celle du droit de travailler librement pour ces femmes de couleurs et celle de l'espace par les Etats-Unis. Le récit est mené suffisamment intelligemment pour que l'on s'intéresse à ces deux défis. Si le réalisateur présente un film à l'Américaine, il prend soin d'en estomper quelque peu les excès du genre et sans avoir le temps d’aborder la ségrégation de façon approfondie, il en montre suffisamment, et sans manichéisme, pour planter le contexte hallucinant de crétinisme raciste. Il est servi par trois comédiennes (Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe) épatantes et un Kevin Costner au meilleur de sa forme. La mise en scène classique est plutôt élègante. Le montage est alerte et si les parties contant la vie privée de ses héroïnes sont moins réussies, au point de casser un peu le rythme, on ne s'ennuie jamais. On se trouve sidéré de ne découvrir que cinquante ans plus tard cette extraordinaire histoire et fasciné jusqu'au bout par le destin de ces héroïnes. Efficace.

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 18:54

Difficile de ne pas être informé de l'existence de cet évènement tant les médias en ont parlé. Il est vrai qu'il n'est pas courant que 12 oeuvres de Johannes Vermeer soient réunies en une même exposition. Seuls 37 tableaux dispersés dans les musées et collections privées dans le monde sont aujourd'hui identifiés comme ayant été exécutés par le maître Hollandais. Alors pour les amoureux de la peinture, l'occasion d'en voir 12 d'un coup ne se rate pas. 

Le musée du Louvre, s'est associé à la National Gallery de Dublin et la National Gallery of Art de Washington, pour organiser cette réunion de près de 70 toiles de maîtres hollandais de la peinture de genre. On retrouve ainsi autour des oeuvres de Vermeer, celles de Gérard Dou, Gérard ter Borch, Jan Steen, Pieter de Hooch, Gabriel Metsu, Caspar Netscher, Frans van Mieris... Leurs peintures affichent le témoignage flatteur d'une époque de grande prospérité aux Pays-Bas. La scénographie, organisée par thèmes, met en évidence les similitudes, tant dans les inspirations que dans les compositions, qui existent entre les différents travaux de ces peintres. Tous, à la fois concurrents et confrères, s'inspiraient du travail des autres. Sans être fan de Vermeer et de sa lumière un peu floue, un peu laiteuse, on est impressionné par la précision de son pinceau, la beauté de ses compositions et l'intensité qui ressort de chaque oeuvre. Ici, Le Géographe, La Lettre et La Laitière, les oeuvres les moins marquées par ce blanc de chaux, impressionnent particulièrement. A côté, les tableaux des autres peintres font belle figure, telles Femme à sa toilette de Jan Steen, Conversation galante de Gérard ter Borch, Jeune femme lisant une lettre de Gabriel Metsu, Le verre levé de Peter de Hooch et bien d'autres...

A voir jusqu'au 22 mai 2017. Réservation obligatoire.

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 18:48

Le duo d'artistes Américains Faile expose pour la première fois à la gallery Magda Danisz. Sur deux étages, prés de trentes oeuvres de grands formats sont présentées. Au rez de chaussée, on retrouve leur style particulier largement inspiré de l'iconographie américaine des années 50. Leurs oeuvres créées telles des patchworks sont faites d'une multitudes d'images piochées notamment dans la culture des comics, du pop art, de la publicité de l'époque. Les techniques utilisées sont multiples : peinture acrylique, bombe aérosol, sérigraphie, collages, découpages, utilisation du bois, du papier, du tissu, du cuivre... Un régal à scruter tant les détails surprenants sont nombreux. Au premier étage, les deux artistes affichent un style nouveau, plus épuré, tout à la fois différent et fidèle à leur travail. A voir jusqu'au 29 avril 2017.

Pour voir toutes les photos de l'exposition : cliquez ICI

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 23:00

Slimane Kacioui met en scène, Le Horla, la nouvelle fantastique écrite par Guy de Maupassant en 1887. Le héros et narrateur conte son histoire sous la forme d'un journal. Date après date, ce récit étrange prend corps et laisse apparaître la possible folie d'un homme à travers ses perceptions surnaturelles. 

Avec pour seuls accessoires, une chaise, un tréteau et de grandes tentures noires, Florent Aumaître, seul en scène, donne un visage, une voix et les traits d'émotions multiples et contradictoires au héros de cette œuvre au texte riche et curieusement plus exigeant à l'écoute qu'à sa lecture. Le comédien dans une diction parfaite fait entendre tous les mots et toutes les intentions du texte. Son interprétation des doutes, peurs, luttes et résolutions du héros est particulièrement efficace. 

A voir au théâtre Michel jusqu'au 6 mai.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 18:28

Daniel Mantovani, écrivain argentin célèbre et Prix Nobel de littérature, vit aisément et surprotégé en Espagne. Il refuse la plupart des nombreuses sollicitations jusqu'au jour où son village natal, perdu au fin fond de l'Argentine, l'invite à recevoir la distinction de citoyen d'honneur de la ville.

L'écrivain ni très sympathique, ni tout à fait détestable, retourne sur les lieux où il a grandi, principale source d'inspiration de ses livres. Habitué à l'allégeance de son entourage, il fait, face à ses hôtes, preuve d'un amusement condescendant qui petit à petit laisse place à plus d'humanité et d'agacement puis à la peur. Simultanément et successivement, aux prises avec l'encombrante mais flatteuse admiration de ses concitoyens, avec leur mépris ou avec leur haine, Daniel Mantovani doit rendre des comptes sur son succès, le contenu de ses livres et sa supposé supériorité d'homme de lettres européanisé. Les deux réalisateurs content cette histoire, à la fois comédie grinçante et thriller, de façon rythmée. Leur sens du raccourci flatte les surprises et favorise le rire qui ne quitte jamais le film.  Le récit est bien mené gagnant petit à petit en intensité jusqu'à son étonnant épilogue.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 17:44

Khaled a fui Alep. Il arrive par cargo à Helsinki et demande immédiatement l'asile politique. Pendant ce temps là, Wikhstrom abandonne simultanément son travail de VRP et sa femme et décide d'ouvrir un restaurant après avoir joué ses économies au poker.

On retrouve l'univers étrange de Kaurismaki. Un peu trop peut-être, le réalisateur semblant ne pas chercher à renouveler son cinéma. Ses personnages sont toujours taiseux, peu expressifs et à tendance dépressive. Les situations sont poétiques et cocasses. C'est ce contraste entre la nature des personnages et leur environnement qui crée le burlesque, ici essentiellemnt chez Wikhstrom. Pour Khaled, le réalisateur essaie d'être au plus près de la réalité des réfugiés. Le récit de sa fuite de Syrie, la façon dont les autorités finlandaises le reçoivent, sa vie de clandestin se déroulent au premier degrés et sont complétées par des images réelles d'Alep bombardée. Cette différence de traitement perturbe un peu la lecture du film. Si chaque partie est parfaitement réussie, leur assemblage donne au récit une tonalité étrange dont on ne sait que penser. 

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 10:53

A Venise et Ferrare, au XVe siècle, Lucrèce Borgia, femme incestueuse, tyrannique et meurtrière, trouve un peu d'humanité dans l'amour qu'elle porte à Gennaro, son fils autrefois abandonné. Elle cherche à tout prix à le rencontrer et à le sauver alors qu'il ignore qu'elle est sa mère.

 

Denis Podalydes, metteur en scène, modifie la distribution de la pièce de Victor Hugo  interprétée l'année dernière par Guillaume Gallienne dans le rôle-titre. Il confie cette fois le rôle de Lucrèce Borgia à Elsa Lepoivre, très impressionnante dans ce rôle extrêmement complexe où le tyran voit sa soif de barbarie dépassée par l'amour maternelle qu'elle porte en elle. Aussi terrifiante que touchante, la comédienne présente une palette de jeu d'une grande richesse. La puissance de sa voix dans la colère et sa douceur dans la peur, ses traits lui donnant le masque de la laideur dans la violence et ceux de la beauté dans l'abandon, ses larmes de haine si différentes de ses larmes de chagrin la rende particulièrement troublante. Elle se jette à corps perdu dans ce rôle et nous emporte dans la folie malsaine des Borgia avec force.

 

Curieusement, malgré cette interprétation magistrale et irréprochable, la pièce ne touche pas tout à fait comme elle le devrait. Quelque chose d'imperceptible vient perturber la dramaturgie. Pourtant, la scénographie est très belle et sombre comme il se doit. Elle est réalisée par Eric Ruf, comédien fabuleux qu'on ne voit plus assez souvent depuis qu'il dirige la Maison et que l'on a plaisir à retrouver dans le rôle d'Alphonse d'Este. Les comédiens qui interprètent les frères d'arme de Gennaro sont parfaits (Clément Hervieu Leger, Benjamin Lavernhe, Julien Frisson...). En revanche, le jeu de Thierry Hancisse, Gubetta, tire excessivement vers le grotesque, qui existe bien dans la pièce mais qui semble ici prendre trop de place au point que ce personnage n'en est plus du tout effrayant. Il est pourtant le bras droit de Lucrèce et une menace pour son fils. Gaël Kamilindi interprète un Gennaro trop tendre. Il est difficile de voir en lui un capitaine meneur d'hommes à la guerre. Sa haine de Lucrèce Borgia n'éclate pas suffisamment violemment, qu'il soit avec ses amis ou face à elle. Quelques soient les circonstances on ne voit en lui qu'un petit garçon, alors que celui-ci ne devrait apparaître que lorsqu'il est confronté à la quête de sa mère.

 

A cela s'ajoute la mise en scène du dernier acte, celui de la fête au Palais Negroni, qui ne fonctionne pas bien. L'atmosphère qui y règne n'évoque pas suffisamment l'étau qui se resserre petit à petit sur les dignitaires vénitiens. Aussi, l'arrivée des prêtres annonciatrice de mort devrait être plus spectaculaire, plus effrayante. Même l'entrée de Lucréce Borgia à ce moment précis n'est pas assez puissante, alors que son apparition dans le premier acte est majestueusement mise en scène. Au moment final où vient la mort de la mère et du fils l'effet dramatique ne fonctionne pas vraiment. Si on ne voit plus que le côté un peu ridicule de l'issue c'est que la mise en condition du spectateur n'a pas été faite.

 

Il faut dire que la pièce, jouant sans cesse sur la frontière entre le drame absolu et le grotesque, n'autorise aucun faux pas. Alors peut-être que, ne serait-ce que pour cette dernière scène, il s'agissait d'un mauvais soir ?

 

Demeure tout de même toutes les qualités énoncées plus haut et le talent d'Elsa Lepoivre qui à lui seul justifie l'existence de cette proposition théâtrale.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 11:31

On imagine assez aisément le processus de création de Claude Lelouch pour Chacun sa vie :

* Extraire de son carnet de pensées, une dizaine de micro idées, forcément astucieuses, évidemment drôles et tellement bien trouvées,

* Écrire les saynètes qui n'auront pour seule ambition que celle de servir d'emballage à ces micro idées,

* Agrémenter le tout de plaisanteries dignes de l'Almanach Vermont et des phrases tellement profondes, qui vous expliquent si bien la vie,

*Trouver une idée fumeuse pour lier ces anecdotes en une fin chorale tellement surprenante et si émouvante,

* Feuilleter son album Panini des comédiens, amis ou has been, prêts à jouer n'importe quoi pour être présents, ne serait-ce que trois minutes, dans un film du maître et en convoquer une vingtaine au minimum,

* Ne pas écrire de scénario cohérent, l’essentiel s’improvisera au tournage,

* Abandonner toute maîtrise du récit,

* Ne pas se soucier de la moindre vraisemblance,

* Oublier d'écrire des dialogues dignes de ce nom,

* Bâcler le dessin des personnages, chose inutile puisque l'important est de voir Johnny jouer Johnny (plutôt bien d'ailleurs) et découvrir Dupont-Moretti se prendre pour un acteur,

* Négliger la mise en scène,

* Véhiculer des idées ringardes sur la société,

* Faire du cinéma comme on filme sa colonie de vacances et penser que ceux qui n'y étaient pas prendront plaisir à en regarder les images pendant deux heures.

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 17:24

De nos jours, en Belgique, Zahira, 18 ans, est enceinte de son petit ami. Une situation inacceptable pour sa famille pakistanaise qui s'avère pourtant suffisamment compréhensive pour accepter la solution de l'avortement.

 Le film traite de la condition d'une jeune fille vivant en Europe dans une famille attachée à des traditions ancestrales qu'elle ne veut aucunement assouplir. Ce sujet passionnant, déjà souvent traité ces dernières années par le cinéma mondial, mérite d'être abordé avec un minimum de créativité ou tout au moins la volonté de faire avancer le débat. Stephan Strecker s'appuie uniquement sur son histoire et nous propose un récit tristement linéaire sans surprise dont les redondances n'apportent rien dans la compréhension de l'histoire ou de celle de ces personnages. Une scène appuyée en milieu de film nous révélant le destin des protagonistes confirme le manque de finesse du scénariste. La mise en scène paresseuse n'aide pas à élever le niveau d'ambition du film. Ainsi, si le sujet intéresse, son traitement sur la longueur déçoit. Pourtant, pour être tout à fait honnête, on est séduit imparablement par la grande qualité de l'ensemble du casting. Lina El Arabi, dans le rôle principale, nous laisse sans voix. Babak Karimi, Sébastien Houbai, Olivier Gourmet, Alice de Lencquesaing, Zacharie Chasseriaud l'entourent avec grâce. Ils ne suffisent malheureusement pas à faire de Noces un film remarquable.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:26

En 1983, Hervé écrit pour la première fois à François Mitterrand. Il veut le féliciter, avec un peu de retard, pour son élection à la Présidence de la République. Ce sera le début d'une longue correspondance avec l'Elysée.

Le personnage créé par Hervé Le Tellier et interprété par Olivier Broche affiche une naïveté et une conviction particulièrement touchante et drôle. L'humour de la pièce est essentiellement basée sur ces traits de caractère du personnage et un comique de répétition très efficace. Cette histoire cocasse nous donne le sourire pendant toute sa durée, environ une heure.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 22:55

Trois adolescentes sont enlevées sur le parking d'un supermarché. Leur ravisseur est d'autant plus effrayant qu'il prend de multiples visages.

Le sujet, le trouble dissociatif de l'identité, est original et intriguant. Shiamalan traite son histoire sous trois points de vue différents, celui du ravisseur, celui de sa psychologue et celui de Casey une des adolescente à la sensibilité particulière. C'est ce triple traitement qui rend le film intéressant et d'autant plus inquiétant que le profil du ravisseur semble presque crédible. Le film tient en haleine jusqu'à la dernière demi-heure, moment où il tombe dans le fantastique et le ridicule qu'il avait su jusqu'à là adroitement éviter.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 16:53

Simon, de retour d'une partie de surf avec ses amis, est victime d'un accident de la route. Son état de mort cérébrale et la parfaite condition de son corps sont propices à un don d'organes.

Katell Quillevere tente d'adapter une histoire dont l'intérêt essentiel résidait dans le traitement littéraire de son auteur (Maylis de Kerangal). La réalisatrice ne parvient pas à donner à son film les envolées dignes du destin des personnages du livre soudainement bien fades. Sa mise en images convenue manque de caractère (à l'exception de la scène d'introduction), d'émotion mesurée et positionne cette histoire au ras du sol. Ce qui n'est pas particulièrement intéressant.

Date de sortie en salle : le 2 novembre 2017

Date de sortie en DVD : le 7 mars 2017

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 12:26

Saroo, 5 ans, vit en Inde avec sa mère, son grand frère et sa petite soeur. Une nuit où il cherche son frère, il monte dans un train en stationnement et s'endort. Quand il se réveille, le train, désaffecté, roule sans s'arrêter.

Les quarante premières minutes qui se passent en Inde, vue à hauteur d'enfant, sont très belles. On s'attache très vite au petit Saroo (merveilleusement interprété par Sunny Pawar), à son frère Guddu (Abhishek Bharate) et à son pays magnifique et terrifiant. L'heure qui suit, consacrée à Saroo jeune homme (Dev Patel parfait), entre Tanzani et Australie, accuse une forte chute d'intensité et d'intérêt. Ses états d'âmes, ses recherches, ses rapports contrariés avec son demi-frère et ses parents adoptifs sont maladroitement contées et ne créent pas beaucoup d'empathie. La grâce du début du film réapparaît furtivement dans les dix dernières minutes du film, forcément bouleversantes.

Film est basé sur une histoire vraie.

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 16:59

S'il n'avait pas été noir et s'il n'était pas né en 1904, Troy aurait eu sa place dans une grande équipe de baseball. A 50 ans, il est éboueur et fait subir à sa femme et ses fils son intarissable aigreur.

Avant d'adapter cette pièce d'August Wilson au cinéma, Denzel Washington a interprété le rôle de Troy de nombreuses fois à Broadway. En voulant donner vie à cette histoire sur grand écran, le comédien ne parvient pas à se détacher de la scène. Son film, très bavard, en quasi huis-clos, ressemble terriblement à du théâtre filmé et porte un côté vieillot surprenant. L'ensemble n'est pas désagréable mais interroge sur l'intérêt de cette adaptation cinématographique. Ainsi, le film vaut surtout pour ses seconds rôles (Stephen Anderson, Jovan Adepo...) et surtout l'excellente Viola Davis (Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle).

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 22:36

Richard, député, est à Paris pour présider une commission à l'Assemblée Nationale. Il prévoit d'expédier rapidement sa femme, qui l'a accompagnée, au théâtre afin de pouvoir recevoir sa maîtresse dans leur chambre d'hôtel. Son assistant parlementaire est prié de l'aider.

C'est encore mieux l'après-midi de l'auteur anglais Ray Cooney fut adaptée pour la première fois en France, en 1987, par Jean Poiret. N'ayant pu voir cette version, c'est avec un regard neuf que l'on découvre ce vaudeville. Le théâtre Hébertot a confié la pièce à José Paul qui propose une mise en scène rythmée où les comédiens se croisent dans un ballet endiablé. Il s'agit bien de théâtre de boulevard et on y retrouve les codes du genre dont ses excès mais l'histoire et ses rebondissements s'enchainent avec fluidité dans une scénographie aussi simple qu'efficace. L'ensemble est bon enfant et c'est ainsi qu'il faut se laisser prendre à ce délire qui a plutôt bien vieilli. La troupe des comédiens, aux qualités malheureusement assez inégales, est menée tambour battant par Sébastien Castro au meilleur de sa forme. Il porte la pièce et son talent comique et décalé est irrésistible. 

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 17:19

En 1983, à Dublin, Connor doit intégrer une école mal fréquentée, tenue par des frêres peu sympathiques. Pour séduire une fille qui traine près du lycée, il lui propose de tourner dans le clip de son groupe de rock. Quand elle accepte, Connor se voit obliger de créer le groupe et de grandir un peu.

On est d'emblée séduit par la bouille de Ferdi Walsh-Peelo et ses faux airs de Paul Mc Cartney. Le portrait en filigranne de la dure vie en Irlande dressé par John Carney donne au film son caractère. Sing Street se présente alors comme un peu plus qu'un simple film musical pour ados. Au passage, on note que les morceaux des Duran Duran, Aha ou Spandau Ballet, les coupes de cheveux improbables et le maquillage à la truelle sont de bons témoins des errements esthétiques de l'époque. Puis, petit à petit, le film glisse vers un romantisme adolescent un peu niais ne faisant plus de ce film qu'un simple teen movie. Dommage.

Date de sortie en salle : le 10 octobre 2016

Date de sortie en DVD : le 28 février 2017

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 18:39

Luigi dirige un théâtre parisien. A la veille d'une avant-première, les techniciens, qui n'ont pas été payés depuis deux mois, se mettent en grève et le metteur en scène japonais réclame un acteur essentiel à la pièce, un singe. Luigi a une nuit pour trouver le primate et l'argent qui lui manquent. Il entraîne sa jeune stagiaire dans son périple.

Ouvert la nuit est, sans doute encore plus que d'habitude, à réserver aux inconditionnels d' Edouard Baer qui nous offre un numéro de son meilleur cru. Le film trace le portrait d'un charmeur-manipulateur que tout le monde aime et déteste à la fois. Son histoire est un hommage au monde du spectacle et à Paris qu' Edouard Baer nous donne à voir au plus près de sa diversité. Cette traversée de la capitale la nuit et sa succession de rencontres tendres, féroces ou loufoques séduit d'emblée et lasse un peu sur la durée. Mais le charme Baer agit toujours et d'autant plus qu'il invite à côté de son personnage fantasque, Sabrina Ouazani, parfaite en observatrice atterrée.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 20:19

Sans emploi depuis plus d'un an, Constance quitte Paris et revient dans sa ville natale vivre dans la maison de sa mère hospitalisée. Elle renoue avec un ancien amant et tente de réintégrer la place d'agent immobilier qu'elle occupait avant son départ à Paris.

Marina Fois joue les cinglées comme personne. On retrouve dans son interprétation de Constance ce qui nous avait déjà impressionnés dans Darling, cette capacité qu'a la comédienne d'enfermer son personnage dans un monde inaccessible. L'inquiétude qu'elle crée envahie tout le film. La réalisation habile soutient sans excès sa prestation et si le scénario traîne un peu en longueur par manque de rebondissement, on reste intrigué de savoir jusqu'où ira Constance.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 18:13

Léo, scénariste, est en recherche d'inspiration en Lozère. Il rencontre une bergère qui chasse le loup. Léo lui fait un enfant. La bergère s'en va, le bébé reste, l'inspiration ne vient pas et l'argent vient à manquer. Toute la Lozère veut se taper Léo dont un homme âgé en fin de vie. Ça tombe bien Léo aime rendre service.

Le film est aussi passionnant et raffiné que ce pitch. C'est dire.

Date de sortie en salle : le 24 août 2016

Date de sortie en DVD : le 3 janvier 2017

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:57

Icare, dit Courgette, tue par accident sa mère alcoolique. Il se retrouve dans une maison qui accueille d'autres enfants "comme lui".

Esthétiquement, ce film d'animation est très réussi. La simplicité des décors qu'il affiche et les beaux et gros visages de ses personnages aux yeux immenses séduisent d'emblée. L'interprétation est aussi particulièrement soignée. Michel Vuillermoz dans le rôle adulte principal mais surtout tous les enfants donnent aux paroles de leurs personnages justesse et sensibilité. Si le film peut décevoir, c'est auprès des lecteurs du livre de Gilles Paris "Autobiographie d'une courgette" dont est très librement inspiré le film. En transformant l'histoire pour la rendre visible par un plus large public et en la condensant pour la faire tenir en 1 heure, Céline Sciamma a perdu en route une bonne partie de ce qui faisait sa richesse. Le livre est conté avec les mots d'un enfant de 9 ans et ses mots donnent au récit une vision à la fois naïve, drôle et grave qu'on ne perçoit pas dans le film. C'est la cohabitation du drame et de la candeur qui donne à l'histoire encore plus de force. En simplifiant trop le récit, en abandonnant totalement le regard de l'enfant et en passant très rapidement sur l'histoire et la psychologie des différents personnages, enfants comme adultes, les auteurs du film ont perdu beaucoup de la puissance de cette histoire.

Date de sortie en salle : 16 octobre 2016

Date de sortie en DVD : 22 février 2017

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 18:50

Alors qu'une journaliste lui avoue qu'elle ne le trouve pas très rock'n'roll et que la jeune actrice avec laquelle il tourne lui apprend qu'il est très loin dans la liste des acteurs les plus désirables, Guillaume Canet se sent terriblement ringard et vieux. Il tente alors de changer son image.

"Autodérision" est le maître mot de ce film dans lequel Guillaume Canet et Marion Cotillard ne s'épargnent pas. Aussi, il est important de porter un minimum de sympathie à ce couple de comédiens pour apprécier à sa juste valeur ce film comme un parfait exercice d'humour et non comme un ego-trip. Ce parfait exercice d'humour, donc, dans ses deux premiers tiers temps, est hilarant. Guillaume Canet, au centre de toutes les attentions, dessine sans concession un autoportrait de type désespérément "normal" qui tente de s'encanailler et Marion Cotillard joue à fond la caricature de l'actrice à Oscars. Puis, le film change de rythme, s'essoufle. Lorsque Guillaume Canet atteint l'apothéose de son délire, l'idée est savoureuse mais le réalisateur l'exploite et l'étire à l'excès. Comme pour la plupart des films de plus de deux heures Rock'n'roll affiche vingt bonnes minutes de trop. Abstraction faite de cette faiblesse de fin de parcours, le culot du couple de comédiens suscite l'admiration. L'audace du propos, l'intelligence bonne enfant de l'écriture et le talent des interprètes emportent la mise. 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 23:12

Robert organise dans sa vaste demeure une soirée costumée en l'honneur d'André Jurieux qui vient de réaliser une traversée héroïque. Pendant que la fête bat son plein les couples officiels et officieux s'affichent. 

La Comédie Française adapte le film de Jean Renoir. Sur l'écran qui masque la scène, l'histoire prend place. Pendant près d'une demi-heure, le cinéma introduit les personnages de la pièce. Ici l'action se passe de nos jours à la Comédie Française, sur la place Colette, dans le hall, les couloirs, les loges tout d'abord, puis sur la scène et dans la salle auprès et avec le public. Pendant 1h40, cinéma et vidéo sont présents, en direct ou en différé, au premier ou au second plan. L'hôte de la fête filme et prête la camera à ses convives. La proposition cinématographique d'introduction est soignée et agréable. L'histoire pourrait se poursuivre uniquement sur l'écran, mais nous sommes au théâtre et quand la scène s'anime la magie du spectacle vivant emporte tout. Si les confidences des amoureux contrariés perdent de leur force lorsqu'elles sont montrées en vidéo, l'ensemble fonctionne parfaitement. La metteure en scène, Christiane Jatahy croise cinéma et théâtre, fiction et réalité, comédiens et spectateurs. Dans ce mélange des genres, les comédiens jouent une partition d'une extrême précision. Si à l'image ils sont excellents, sur le plateau, où la mise en scène complexe superpose les niveaux d'actions, d'expressions et de tons, ils impressionnent plus encore. Elsa Lepoivre, comédienne géniale, semble prendre un plaisir démultiplié dans cette ambiance de folie désespérée. Jérémy Lopez, en maître de cérémonie, est parfait d'ambiguïté. Serge Bagdassarian est hilarant en invité fantasque. A leurs côtés, Suliane Brahim, Laurent Laffite, Jérôme Pouly, Eric Génovése, Julie Sicard, Pauline Clément, Bakary Sangaré, Marcus Borja et moult autres comédiens, dans la partie vidéo, sont parfaits. On ne dira jamais assez à quel point la troupe du français est fabuleuse. Leur impressionnante qualité de jeu, leur intérêt pour les metteurs en scène audacieux, leur ouverture d'esprit forment une richesse inestimable. 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:51

Dans le sud de la France, à la fin des années 40, Gabrielle, élevée dans une famille de la bourgeoisie agricole, est mariée à un ouvrier amoureux et attentionné qu'elle n'aime pas. Alors qu'elle part en cure pour soigner ses calculs rénaux, elle tombe amoureuse d'André un jeune soldat.

Nicole Garcia choisit de mettre en scène cette histoire romanesque de façon très classique. L'image est magnifique et la reconstitution historique extrêmement soignée mais l'histoire marque quelques longueurs qu'une réalisation plus audacieuse aurait pu tempérer. L'épilogue capilotracté déçoit aussi un peu. En fait, Mal de pierres trouve sa force dans l'interprétation de Marion Cotillard qui porte le film. Son jeu nuancé dans la fièvre qu'elle donne à son personnage anime et marque le récit.

Date de sortie en salle : 16 octobre 2016

Date de sortie en DVD : 21 février 2017

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 18:25

Chiron vit, avec sa mère droguée, à LIberty City, un quartier pauvre et violent de Miami. A l'école, les enfants le maltraitent et le traitent de tapette.

Barry Jenkins trace, en trois volets, le portrait de Chiron de l'enfance à l'âge adulte. Dès les premiers plans, la réalisation part dans tous les sens, semblant ne pas être tout à fait maitrisée, prenant à certains instants des poses plus proches du gadget que d'un véritable parti-pris artistique réfléchi. Le récit ainsi mis en images semble terriblement artificiel. Jenkins s'empare d'un sujet fort et demeure à la surface préférant jouer avec sa caméra  et les clichés que soigner les portraits de ses personnages. Ils sont ainsi dessinés à gros traits, parfois au bord de la caricature. Dans le dernier volet, le réalisateur pose soudainement sa caméra, sa réalisation devenant terriblement plan-plan. En bout de course, le film ne permet jamais à son personnage d'exister pleinement.

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