2001, deux producteurs proposent à M6 de lancer l'adaptation de Big Brother un concept hollandais qui cartonne en Espagne et en Italie.

Ce qui fonctionne d'emblée c'est l'incarnation d'Alexia Laroche-Joubert par Anaïde Rozam qui finit par lui ressembler vocalement et physiquement. Elle est excellente. Marie Colomb qui interprète Loana Petrucciani interpréte parfaitement toute la complexité du personnage, jeune femme aguichante, naïve et en.manque d'assurance.

Ce qui surprend, pour ne pas dire choque, c'est que tous les protagonistes, boîte de production, journalistes..., sont incarnés sous d'autres identités (Alexia Laroche-Joubert se nomme Isabelle de Rochechouard par exemple) laissant supposer que la réalité a été librement interprété, alors que les candidats, et tout particulièrement Loana Petrucciani, gardent leur identité suggérant que pour eux tout est vrai. Quand on sait le calvaire subi par Loana depuis le Loft, entre insultes et calomnies, il aurait été plus délicat de lui laisser aussi le bénéfice du doute.

Le récit est concentré sur les coulisses de l'émission, des négociations avec les chaînes jusqu'à la course à l'audience en passant par la production et les nombreux scandales dont la fameuse "scène de la piscine". Le récit montre bien la monstruosité générale qui mène ce programme télé, celle menée ou subie par les producteurs et leurs salariés, les patrons de chaînes télé et les candidats.

Très bien interprété, très bien produit, cette série en 6 épisodes fonctionne parfaitement.

A voir sur Prime Video.

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Pierre, fleuriste bankable, voit débarquer sa mère, Judith, après 2 ans d'absence. Judith est bipolaire et s'est échappée de la clinique.

Le scénario, sans être documentaire, présente certains des symptômes de la bipolarité (alcoolisme, hyper sexualité, absence de sommeil, spontanéité...), leur poids sur la malade et sur son entourage entre attachement, rejet et culpabilité. Lui, cartésien et saoulé, semble s'être construit en opposition à sa mère. Elle, malade, très agitée, toute en émotions, cherche à Le reconquérir. Le récit oscille entre sourire et drame, perdant par moment un peu en finesse mais offrant aussi de très beaux moments.

Le film doit beaucoup au couple William Lebghil - Agnès Jaoui qui fonctionne à merveille mais aussi aux seconds rôles tous très bien écrits et interprétés par d'excellents comédiens Salif Cissé, Rosita Dadoun Fernandez, Alison Wheeler.

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Michel Houellebecq arrive en Guadeloupe pour un concours de sosie présidé par Blanche Gardin.

Réalisé comme un mauvais documentaire, ou comme un mauvais polar, composé de séquences plus loufoques les unes que les autres, entre dialogues improbables sur le rien et vérités sur le colonialisme, le racisme, le féminisme, le film déconcerte et amuse simultanément. Les agissements de ces métropolitains blancs sont également commentés sans concession par des Guadeloupéens.

Les meilleurs moments résident dans les tête à tête entre Gardin et Houellebecq qui échangent sur leur vision du couple, de la société et des limites de leurs prises de parole. Le film revient à plusieurs reprises, sans les détailler, sur les propos islamophobes tenus par Houellebecq et Onfray comme pour tenter de raisonner l'écrivain pour lequel Niclouxl, qui tourne avec lui son 3e film, semble avoir beaucoup d'amitié.

Blanche Gardin est hilarante. 

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Dans les rues de Paris, Souleymane pédale le plus vite possible pour effectuer les livraisons de repas qui lui rapporteront quelques euros. Il se démène aussi pour être prêt pour son entretien de demande d'asile et obtenir enfin les papiers qui lui permettront de travailler en toute légalité.

Malgré toute l'énergie qu'il déploie, Souleymane trébuche sans cesse, acculé par ceux qui, sous couvert de l'aider, l'exploite. Boris Lojkine filme Souleymane au plus près. Sa caméra embarquée nous emporte dans un cinéma naturaliste, cousin de celui des frères Dardenne.

Ce dispositif bénéficie de la grâce de son comédien. Abou Sangare est impressionnant  de vérité. Certes, cette histoire est très proche de la sienne mais cela ne suffit pas à expliquer cette remarquable incarnation. A ses côtés, pour une scène finale clé, on retrouve l'excellente Nina Meurisse qui fut la Camille du film éponyme de Boris Lojkine.

Le scénario s'il ne ménage pas Souleymane n'est jamais misérabiliste, ne donne jamais dans l'émotion facile. Si celle-ci se présente, c'est de constater, encore et toujours, la façon dont sont traités les réfugiés, migrants politiques, sanitaires ou économiques, et notre incapacité à leur venir en aide.

Le film a reçu au Festival de Cannes 2024, le prix du jury et du meilleur comédien dans la sélection Un Certain Regard.

Mise à jour 3 mars 2025 : Abou Sangare a reçu le César du meilleur comédien.

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Entre 2019 et 2030, la vie des Lyons, famille de Manchester, confrontée à des drames intimes et aux catastrophes du monde.

Montée des populismes, invasion de l'Ukraine par la Russie, réélection de Trump, attaque nucléaire,  maltraitance des réfugiés, pandémie, incursion des nouvelles technologies dans la vie quotidienne, limitation des libertés, crises économiques, emplois précaires, trouble de l'identité, dérèglement climatique... les sujets familiers traités avec juste ce qu'il faut de décalage donnent à cette série futuriste (créée en 2019) une effrayante crédibilité.

A voir en replay sur France.tv

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