SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 21:49
Comment c'est loin d'Orelsan

Orel et Gringe, repérés et adoubés par un producteur de rap il y a quelques années, sont incapables de composer une chanson complète. Ils traînent sans grande ambition musicale jusqu'au jour où leur producteur menace de les laisser tomber s'ils ne créent pas un titre dans les prochaines 24 heures.

On retrouve ici le verbe et le sens de la formule d'Orelsan et Gringe. Leurs personnages de gentils loosers sont parfaitement dessinés. C'est intelligent, original, drôle et tendre. Une belle surprise.

Date de sortie en salle : 9 décembre 2015

Date de sortie en DVD : 19 avril 2016

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 17:46
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou

Il ne reste plus que 10 jours pour visiter la rétrospective que le Centre Pompidou consacre à Gérard Fromanger et c'est peut-être le meilleur moment pour y aller car les 3/4 des visiteurs sont concentrés sur l'exposition Paul Klee.

50 œuvres de grandes dimensions réalisées par Gérard Fromanger entre 1964 et 2015 sont exposées. La puissance des coloris séduit d'emblée. L'humain, souvent en foule, est central dans l'oeuvre du peintre. Connu ou anonyme, il est plongé dans une société en constante évolution : industrialisation, croissance des villes, tout média, conflits mondiaux... Le mouvement et la vie débordent de chaque tableau même des paysages. Seul défaut de cette exposition : le peu d’œuvres présentées. On aurait aimé en voir plus encore.

Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
Gérard Fromanger, rétrospective au Centre Pompidou
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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 15:03
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou

Jusqu'au 1er août, le Centre Pompidou consacre une rétrospective de l'oeuvre de Paul Klee présentée sous l'axe de l'usage de l'ironie et de la satire qu'aimait manier le peintre Allemand. Près de 230 œuvres classées en 7 thèmes sont réunies. Les formats des dessins et aquarelles sont petits, voire très petits. Les grands formats sont minoritaires et plutôt réservés à la peinture. La diversité du style qui change et évolue sans cesse interpelle. Une exposition impressionnante par sa taille et sans doute passionnante pour les amateurs du peintre mais dont la scénographie austère peinera à convaincre les sceptiques ou les novices.

Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
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Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
Paul Klee, rétrospective au Centre Pompidou
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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 21:06

Le musicien et dessinateur de bande dessinée Hubert Mounier est décédé ce lundi.

Il avait égayé nos platines et postes de radio dans les années 80 - 90 avec son groupe l'Affaire Louis Trio et ensuite, avec un peu moins de succès mais toujours autant de talent, en solo.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 16:44

Philippe Geluck rend hommage à l'Art, de l'antiquité à nos jours, en détournant et se moquant gentiment des œuvres de Koons, Millet, Vinci, Pollock, Soulages, Boudin, Warhol....

L'exposition n'est pas immense mais l'ensemble de la trentaine d’œuvres exposées est irrésistiblement drôle.

A voir jusqu'au 31 août. Prolongée jusqu'au 2 janvier 2017.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 13:15

Alors qu'elle roule loin de son petit ami, Michelle est victime d'une sortie de route. Elle se réveille emprisonnée dans une cave.

Produit par l'équipe Cloverfield, ce thriller, malgré quelques longueurs, tient en haleine jusqu'à la fin qui ne déçoit pas. En termes de cinéma pur, ce n'est pas l'extase. Le film vaut surtout pour son scénario astucieux.

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 09:20
La Saison des Femmes de Leena Yadav

De nos jours, en Inde, dans un village de l'état de Gujarat, quatre femmes sont confrontées à une domination patriarcale ultra violente. Rani élève, seule, son fils adolescent alcoolique et porte le deuil depuis que son mari est mort il y a 15 ans. Elle s'endette pour payer une dote et "acheter" une femme à son fils tel que le veut la tradition. Lajjo subit les violences physiques de son mari qui lui reproche de ne pouvoir lui donner un enfant. Bijli joue la femme émancipée, libérée de la tyrannie des hommes. Elle est danseuse et prostituée dans un cabaret itinérant. Janaki, la plus jeune est mariée contre son gré au fils de Rani. Ces quatre femmes découvriront ensemble un autre possible.

Leena Yadav, à travers les portraits de ces quatre femmes aux parcours différents mais au destin semblable, nous entraine au coeur d'un univers archaïque et déshumanisé. Dés les premières images, la beauté des paysages, des tenues vestimentaires, des visages magnifiés par une mise en lumière ultra soignée nous emporte. La violence qui se fait de plus en plus oppressante n'en est que plus choquante. La réalisatrice, à travers quelques personnages masculins positifs parvient à éviter la caricature. Elle parsème son film de codes du cinéma Boolywoodien qui tranchent avec la crudité de son sujet. Ainsi, sans cesse l'effroi succède au rire et à l'émotion positive. Les quatre comédiennes d'une grande beauté sont impressionnantes dans l'incarnation de ces femmes tout à la fois victimes de leur propre éducation et des hommes, et pleines de vie et de fantaisie. Entre résignation et espoir.

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 22:22

Sa beauté froide de tragédienne antique impressionne. Elle sert ses personnages de femmes fortes qui se dressent face à la trahison, à la folie des hommes et à l'injustice. C'est dans ses rôles militants que son élégance et son port de tête au menton fier ont marqué nos esprits. La force qu'elle porte dans ses interprétations impressionne durablement. Dans Prendre femme, Mariage tardif et Le Procès de Viviane Amsalem, trilogie qu'elle a co-réalisée avec son frère, son étouffement, son désespoir et sa rage sont les nôtres. Pascal Elbé l'a choisit pour jouer, dans Tête de turc, la mère prête à tout pour défendre son fils. Fanny Ardant, grande sœur au physique et à l'intensité si proches, lui a donné le rôle central de son premier film de réalisatrice, De Cendres et de sang, tragique et étrange. Mais Ronit Elkabetz sait aussi être drôle et gentiment provocante comme dans la Visite de la Fanfare.

On aurait aimé pouvoir admirer la justesse de son interprétation, sa puissance d'incarnation, sa force de conviction et sa beauté si particulière, encore longtemps sur nos écrans. Ronit Elkabetz est décédée ce mardi 19 avril.

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 11:13
La Ménagerie de Verre au théâtre de La Colline

Tom et Laura, tout deux jeunes adultes, vivent avec leur mère Amanda. Abandonnée par son mari il y a de nombreuses années, Amanda a élevé seule ses enfants. Elle vit dans le regret de la jeunesse qu'elle n'a pas eu, et à laquelle elle ne veut pas renoncer, et dans le soucis obsessionnel que Laura se trouve un mari à défaut d'un travail.

Prologue. Seul à l'avant-scène, Tom, le conteur de cette étrange histoire, nous explique qu'il n'invente rien mais que sa mémoire peut donner à ses souvenirs la couleur des songes. Il traverse alors le rideau de voile qui sépare le public de l'appartement où tout va se jouer.

Ce rideau de voile que le metteur en scène Daniel Jeanneteau a installé est le seul élément sur lequel on reste dubitatif. Bien sûr, il permet de donner à toutes ces scènes l'étrange couleur des rêves, de positionner les spectateurs en épieurs, d'évoquer l'écran de cinéma si cher à Tom (et à Tennesse Williams), d'accentuer l'impression d'emprisonnement ressenti par les deux enfants. Mais, il a aussi le défaut de masquer un peu trop les visages et expressions des comédiens. Du coup, on oscille sans cesse entre l'envie que ce rideau se lève et le plaisir de la beauté des plans qu'il procure. L'appartement, pièce unique entourée de lourds rideaux semble une boite. Peu ou pas de meubles (une chaise le temps d'une scène, un miroir et une lampe suspendue), au sol une moquette épaisse blanche comme du coton sur laquelle les comédiens jouent pieds nus. Des comédiens qui nous offrent des interprétations d'une rare qualité. Olivier Werner est parfait dans le rôle du conteur-protagoniste qui oscille entre détachement et émotion. Pierric Platier est le galant tout en finesse sur lequel tout les espoirs se portent. Solène Arbel, d'une discrète efficacité, campe avec beaucoup de grâce, le rôle délicat de la jeune fille tétanisée par ses complexes et la tyrannie d'une mère qu'interprète la géniale Dominique Reymond. Tout simplement magistrale, elle semble danser, virevolter sur ce tapis cotonneux, jouant cette mère délirante, qui à la moindre occasion redevient une jeune fille en fleurs gaie et séductrice, qui appelle sa fille "petite soeur". Passant du ton doucereux et chantant à celui cassant de la mère sans cesse déçue par sa fille mal dégourdie et son fils égoïste, la comédienne nous saisis sans cesse par sa virtuosité. Du très grand art.

La Ménagerie de Verre au théâtre de La Colline
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 16:26
Le Goût des Merveilles d'Éric Besnard

Alors qu'elle rentre du marché où elle vend le fruit de ses récoltes, Louise percute avec sa voiture un homme qui s'avère étrange.

Le Goût des Merveilles est une comédie romantique sympathique. Le film pose sur le syndrome d'Asperger un regard bienveillant qui donne à cette histoire un angle de vue poétique rafraîchissant. Le charme de Virginie Efira agit toujours autant. Et ses deux partenaires pensionnaires de la Comédie Française, Hervé Pierre et Benjamin Laverhne, sont parfaits.

Date de sortie en salle : 16. décembre 2015

Date de sortie en DVD : 19 avril 2016

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 18:27
Festival Circulation(s) au 104

Pour la 6e année consécutive, le 104 accueille le festival de la jeune photographie Européenne. Près de 50 photographes sont exposés dans le dispositif habituel, sur des panneaux dans la halle Aubervilliers et et sur les murs de trois ateliers. La sélection fait la part belle au conceptuel, laissant un peu sur leur faim les simples amoureux du beau. Ci-dessous, cinq artistes qui ont retenu notre attention.

Aglae Bory - Série Mers intérieures. Ses photos d'hommes et de femmes faces à la mer, regardant l'horizon, à la lumière de la fin du jour, comme un espoir qui s'éteint, résonnent particulièrement en ces temps où les réfugiés se comptent en centaines de milliers.

David Hornillos - Médiodia. Un mur de briques oranges capturent les passants hommes ou animaux, et le spectateur de ces photos. Hypnotique.

Yoann Cimier - Nomad's Land. L'été, sur les plages de Tunisie, les tunisiens se posent sur le sable avec d'étranges installations faites d'objets et de matériaux de récupération. Cocasse.

Esther Hovers - False Positive. S'inspirant des caméras de surveillance censées identifier les personnes aux comportements suspects, Esther Bory composent des scènes de rue mettant en situation des personnages adoptant huit de ces comportements. Sensations étranges.

Vilma Pimenoff - 21st Century Still Life". A la manière des grands peintres de la renaissance, Vilma Pimenoff présente des natures mortes à la durée de vie infinie car réalisées avec de la toile cirée. Photos belles et bluffantes.

Laurent Kronental - Souvenir d'un futur. Ses photos des grands ensembles d'Ile de France, considérés comme avant gardistes à l'époque de leur construction, et de leurs habitants les plus âgés donnent à réfléchir sur le temps qui passe et sur la notion de futurisme et de modernité.

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 17:24

Dans les années 50, dans une petite ville perdue d'Australie, une jeune femme belle et moderne revient de Paris pour officiellement rendre visite à sa mère souffrante.

Inspiré du roman de Rosalie Ham, le film navigue entre drame romanesque et comédie fantasque. La première heure qui adopte en majorité le ton de la fantaisie fonctionne très bien. La réalisation et les idées de mise en scène sont efficaces, les portraits des protagonistes cocasses. Kate Winslett est évidemment parfaite et Liam Hemsworth particulièrement agréable à regarder. Dans les 45 dernières minutes, la réalisatrice semble perdre le contrôle de son film en basculant dans le drame sans abandonner tout à fait le burlesque. Le récit et les intentions s'eparpillent. Dommage.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 22:17
Old Times au théâtre de l'Atelier

Dans leur maison de la campagne anglaise, Deeley et Kate s'apprêtent à recevoir Anna, une amie d'enfance que Kate n'a pas revue depuis 20 ans.

La pièce d'Harold Pinter n'est pas simple à comprendre. Les situations et dialogues à double sens se succèdent donnant place à toutes les interprétations possibles. On peut aimer ou totalement détester se laisser conter une histoire à laquelle on ne comprend rien, mais, si en plus, le récitant n'y met pas le bon ton, on tombe vite dans le néant absolu. Benoit Girod, metteur en scène, est le conteur qui à l'Atelier n'a pas su laissé s'installer de climat dans cette curieuse histoire. Aucune montée en puissance, peu d'étrangeté, aucune angoisse. A force de trop vouloir en faire, il a totalement supprimé tout intérêt à l'intrigue. Les vidéos projetées sur le rideau, les personnages qui entonnent la chansonnette, le paysage de mer en fond de plateau... le kitsch est partout jusque dans les déplacements des comédiens sur scène. Ils semblent empruntés dans leurs mouvements, surjouant. On est désolés pour ces trois grands interprètes qui méritaient mieux.

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 18:27
Un + Une de Claude Lelouch

Antoine, célèbre compositeur, se rend en Inde pour enregistrer la musique du film "Juliette et Roméo".

Les films de Claude Lelouch ressemblent trop souvent à une vaste blague. Une sorte de grand n'importe quoi, qui n'a pas peur du ridicule, qui aligne les clichés et mise tout sur le charme de ses comédiens. Souvent laissés en roue libre, ils sont les acteurs de numéros mal dialogués et mal dirigés. Un + Une en est un très bel exemple. Ici aussi, les échanges semblent interminables faits de dialogues sans intérêt tant dans le fond que dans la forme. Le montage intègre des images de la population indienne au milieu de ces scènes de dialogues insignifiants. Sans doute pour donner un semblant de sens et de spiritualité à tout ce rien. Mais c'est une Inde de guides touristiques, d'occidentaux en mal d'exotisme. On écoute les diplomates et touristes commenter la culture et les coutumes locales mais à aucun moment on entend la voix des indiens. Au point que cela en devient dérangeant. Une histoire niaise, mal dialoguée, pas très bien filmée d'occidentaux ayant des problèmes de riches dans un des pays les plus pauvres mais culturellement les plus riches de la planète. Affligeant.

Alors, pourquoi continuer à regarder les films de Lelouch ? Peut-être dans l'espoir d'y retrouver la grâce qui règne dans " La Bonne Année ".

Date de sortie en salle : 9 décembre 2015

Date de sortie en DVD : 9 avril 2016

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 16:55
A Perfect Day de Fernando León de Aranoa

Dans les années 90, en Yougoslavie, pendant la guerre, un groupe d'humanitaires tente d'évacuer d'un puit le corps d'un homme mort. Si le corps n'est pas retiré rapidement, il contaminera définitivement le seul point d'eau encore accessible aux populations de la région.

Cette mission est le prétexte pour témoigner des difficultés que rencontrent les humanitaires pour travailler en temps de guerre. Face aux menaces des acteurs du conflit, à l'inertie des casques bleus ou à l'absurdité des règles militaires qu'impose l'ONU, ils se retrouvent souvent seuls pour aider les populations civiles. Ce qui fait toute la qualité du film c'est le traitement choisi par Fernando Leon Aranoa : entre témoignage réaliste et comédie. Il plonge ses héros dans les situations les plus dramatiques mais aussi les plus incongrues, ce qui donne des dialogues et des scènes assez cocasses. Tourner ainsi en dérision des situations d'une aberration à pleurer donne encore plus de force au film. Tim Robbins est particulièrement drôle dans le rôle de l'humanitaire déjanté. Beniccio del Toro en baroudeur qui en a vu d'autres, et Mélanie Thierry, en jeune oie blanche, sont parfaits. A voir.

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 19:19
Alex Vizorek est une oeuvre d'art à La Pépinière théâtre

Joseph Beuys et son lièvre mort, le cymbaliste de l'orchestre symphonique, "Mort à Venise" de Visconti et Thomas Mann, les tableaux au cuter de Lucio Fontana, les achromes de Piero Manzoni... Alex Vizorek fait mine de s'interroger : doit-on mourir d'ennui, de rire, ou d'admiration devant ces artistes et ces œuvres d'art ?

L'humoriste belge a bien entendu choisi d'en rire. Excellent comédien, il tient son potentiel comique dans son sens de la formule et de la petite phrase de commentaire qui rend tout et n'importe quoi irrésistiblement drôle. Son spectacle plaît d'emblée car il sort des sentiers battus des stands-up nombrilistes. Evidemment, il nous sert, les bons mots sur les belges versus les français et chambre son public bobo-gaucho-culturo tendance Télérama, mais sans s'y appesantir. Sur la partie "art moderne", les fidèles de sa rubrique hebdomadaire de "Ca balance à Paris" resteront un peu sur leur faim, les autres auront envie d'en voir plus en visionnant ses prestations télévisées. En fin de spectacle, il présente une revue de presse issue des rubriques "chiens écrasés" de journaux français et belges. C'est un peu facile, totalement hors sujet, mais on lui pardonne car c'est particulièrement drôle. Le spectacle qui se place largement au-dessus de la moyenne de ce qui tourne à Paris est quand même un peu court (1h10 environ) et mériterait d'être peaufiné.

Alors Alex, si tu écoutes :

- raccourcis le sketch sur le cymbaliste,

- remplace Lara Fabian par une artiste en activité,

- améliore la qualité des photos projetées,

- complète le sketch sur l'art contemporain avec des séquences créer pour "ça balance"

- écris deux sketchs supplémentaires sur le thème de l'art pour que la partie "revue de presse" soit vraiment un rappel et non pas une astuce pour rallonger la durée du spectacle

et j'annule toutes mes réserves.

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 12:48
Remember d'Atom Egoyan

Max Zucker, ne se déplaçant qu'en fauteuil roulant, et Zev Guttman, souffrant de démence sénile, sont pensionnaires dans une maison de retraite. Un jour Max confie à Zev une lettre qui contient les instructions à suivre pour retrouver l'homme qui a exterminé leurs familles à Auschwitz. Zev prend la route pour retrouver cet assassin.

Remember est un thriller en déambulateurs. Cette originalité aux premiers instants surprend et séduit. Malheureusement, et malgré le talent des comédiens, le film est formellement sans réel intérêt. La réalisation à l'image du héros est un peu trop pépère, sans créativité ou beauté. De plus, les sujets abordés, l'holocauste et le travail de mémoire, qui nécessitent un minimum de finesse dans leur traitement, ne sont au final que des prétextes au déroulé d'un thriller plus ou moins astucieux. Le tout en devient un peu déplacé.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 12:50

Deux heures du matin, un couple de quinquagénaires, George, professeur d'histoire et Martha, fille du président de l'université, rentre d'une réception bien arrosée. Martha apprend à George qu'elle a invité un jeune professeur de biologie et sa femme à venir poursuivre la soirée chez eux. Quand le jeune couple arrive l'ambiance est déjà électrique.

Le texte méchant et cruel est férocement drôle. Dominique Valladié et Wladimir Yordanoff composent ce couple pervers et autodestructeur avec une truculence jubilatoire. Leurs joutes oratoires sont tout à la fois glaçantes et irrésistibles. Face à ces deux monstres, les jeunes comédiens Pierre-François Garel et Julia Faure, particulièrement drôle, sont parfaits. Alain Françon à la mise en scène présente un décor des plus épurés où la lumière crépusculaire plante d'emblée l'ambiance glauquissime qui habille la pièce d'un bout à l'autre. Une très bonne surprise.

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 22:20

Ossama Mohammed, cinéaste syrien, est invité à Cannes en mai 2011 où il commente une vidéo montrant un adolescent torturé par l'armée syrienne pour avoir taggué sur un mur un message anti-régime. Après le festival Ossama ne retourne pas en Syrie et trouve refuge à Paris. Chaque jour, il collecte sur internet les vidéos postées de son pays par le peuple opprimé et par les militaires oppresseurs. Manifestations pacifistes anti-régime, syriens torturés, tanks et soldats tirant sur des foules sans arme, corps ensanglantés, morts, parents qui pleurent leurs disparus, peuple qui chante la liberté et qui implore Allah, le film montre tout dans des images saccadées, volées aux smartphones. En décembre 2011, Simav, jeune femme kurde de Homs, contacte Ossama et lui demande "Si tu avais ta camera à Homs, que filmerais-tu ?". A son tour avec sa caméra, elle montre le siège de Holms, les bombes qui tombent sur la ville, les blessés, les morts, la peur tout le temps, les femmes et les hommes qu'on bat, les corps de ses morts que l'on tente de récupérer sans se faire à son tour canarder, les animaux eux aussi affamés et estropiés, les maisons détruites, l'exode sur les routes, les enfants qui veulent continuer à aller à l'école et à cueillir des fleurs.

Eau argentée n'est pas une fiction. Il s'agit d'un documentaire fait des vidéos qu'Ossama a trouvé sur Internet et des films réalisés par Simav à Homs jusqu'en 2014. En voix off, leurs échanges sur internet où ils tentent de comprendre, de se rassurer, d'expliquer et les mots du peuple syrien. Aux premières semaines du soulèvement, sur une vidéo au smartphone, un manifestant dit "N'aie pas peur. Dieu voit tout.". Aux dernières minutes du film, dans les rues de Homs dévastée et abandonnée, alors que la camera de Simav le suit, Omar, 5 ans à peine, dit "C'est comme si c'était la nuit mais il y a de la lumière".

En 5 ans, de répression par Bachar el Assad, 400 000 syriens, hommes, femmes, enfants, ont été tués et des millions se sont exilés. La guerre continue.

Date de sortie en salle : 17 décembre 2014

Date de sortie en DVD : 2 juin 2015

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 13:21
Truth de James Vanderbilt

Le 8 septembre 2004, à quelques mois des élections présidentielles, l'émission de CBS "60 minutes" déclare que George W. Bush s'est fait engagé, pour son service militaire, dans la garde nationale afin d'échapper à la guerre du Vietnam. Très vite, les témoignages et documents officiels mis en avant par les journalistes sont controversés.

Truth raconte comment l'enquête a été menée, comment elle a été démontée et la bataille livrée par la productrice et journaliste d'investigation Mary Mapes pour prouver sa bonne foi et sauver son honneur. Le cinéma américain est plus habitué à glorifier le travail d'investigation des journalistes qu'à en montrer les échecs. En ça le film interpelle mais frustre un peu en ne disant pas clairement les choses sur le rôle des politiques pro-Bush dans ce lynchage des journalistes. Aussi, il vaut sans doute mieux être Américain et attaché à la mythique "60 minutes" et à la personnalité de Dan Rather pour apprécier ce film à sa juste valeur. Reste Cate Blanchett parfaite interpréte comme toujours.

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 16:23

Dans une grande maison au pied de la forêt, un repas de famille se prépare. Les enfants et leurs conjoints sont attendus. Seul, Cédric, la trentaine, vit encore chez ses parents.

Dans cette réunion de famille où le plus fou semble très vite ne pas être celui qu'on nous désigne, chaque personnage est susceptible d'être la victime comme le bourreau. La réalisation soignée d'Antoine Cuypers instille d'une façon imparable le malaise et le mystère. L'interprétation des comédiens dont Nathalie Baye particulièrement effrayante et Thomas Blanchard parfait d'ambiguïté, achève de nous plonger dans cette intrigante histoire.

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 20:58
Quand on a 17 ans de André Téchiné

A Luchon, Thomas exprime une animosité violente envers Damien, un camarade de classe. Lorsque des circonstances familiales amènent la mère de Damien à accueillir Thomas sous leur toit les relations entre les deux garçons évoluent.

Céline Sciamma est une réalisatrice de talent, parfaite conteuse des tourments de l'adolescence. C'est donc en toute logique qu'André Téchiné a fait appel à elle pour l'assister dans l'écriture de son nouveau film. Au casting, deux jeunes comédiens au jeu efficace, Corentin Fila et Kacey Mottet Klein (déjà remarqué dans "Une mère"), accompagnés de la brillante Sandrine Kiberlain. Pour décors, la beauté des paysages de montagne sous la neige et le soleil d'été. Tout participait donc à la création d'un bon film. Aussi, on est bien en peine devant cet ouvrage en roue libre. Que s'est-il donc passé à l'écriture du scénario et au montage du film pour que le récit semble ainsi sans tenu ? Comme s'il avait été écrit à tour de rôle par moult personnalités ayant chacune envie de raconter son histoire et le monteur en racontant une autre. Certaines scènes et certains dialogues simplistes, pour ne pas dire simplets, interpellent. La multitude des sujets abordés sans être réellement traités nous égarent. Et au final, l'histoire de ces deux jeunes hommes nous laisse seul sur le bord du chemin.

A voir en salle à partir du mercredi 30 mars

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 20:25
Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson

En 2005, Michael Stone, auteur célèbre de "Comment puis-je vous aider à les aider ?", doit tenir une conférence dans un rassemblement de spécialistes de la relation clients. Souffrant d'un mal être grandissant, seul dans sa chambre, il cherche comment tromper sa solitude.

Dans ce monde où tout est aseptisé, où plus rien n'a de sens, où on se lasse de tout si rapidement et où tout le monde se ressemble tant qu'on ne (re)connait plus personne, le héros de Anomalisa cherche un peu de chaleur, de surprise et de différence pour bousculer son quotidien. Cette quête le fera retrouver une ancienne petite amie dont il s'est lassé du jour au lendemain, découvrir une antique poupée gonflable mécanique japonaise puis rencontrer Lisa, une jeune femme singulière. Si le sujet n'est pas nouveau, le choix de l'animation sert particulièrement bien le sujet. Les décors, les visages de pantins des personnages et leurs voix similaires plantent d'emblée une ambiance oppressante. Etonnant.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 22:12
Amok au théâtre de Poche

Sur le pont d'un navire, un jeune homme exalté raconte. Alors qu'il est médecin sous la chaleur étouffante d'un bled malaisien depuis près de 5 ans, une femme blanche, belle, d'une aristocratie hautaine, vient lui demander une aide que sa fierté lui interdit de formuler. Tout à la fois séduit et piqué à vif par son arrogance, le médecin lui refuse son assistance.

Sur une scène minuscule, au plus près des spectateurs, où seules quelques caisses de bois et une lumière soignée servent de décor, Alexis Moncorgé nous conte cette étrange histoire. Il nous communique parfaitement la fièvre folle de son personnage mais nous convainc moins dans les rares moments où il donne vie au personnage féminin et à un confrère médecin, tout comme lorsqu'il fait appel à des accessoires pour mimer une scène. Ce n'est pas le comédien qui est en cause mais plutôt des partis pris de mise en scène trop démonstratifs qui gâchent la magie du conteur.

Les 75 minutes du spectacle n'en offrent pas moins un bon moment de découverte (ou redécouverte) du livre de Stefan Zweig.

PS : A noter que les représentations sont données dans la petite salle du sous-sol. A déconseiller aux claustrophobes et aux dos fragiles.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 19:06
Midnight Special de Jeff Nichols

Aux Texas, de nos jours, Roy fuit avec son fils, épaulé par son ami Lucas.

L'enfant est, comme souvent chez Nichols, le socle de cette histoire de croyance, d'appartenance et de séparation. Michael Shannon acteur fétiche du réalisateur est parfait en père résolu et déchiré, accompagné du jeune Jaeden Lieberher, Kirsten Dunst et Joel Edgerton. Jeff Nichols donne à son Midnight Special la grâce et l'humanité des films de science-fiction des années 80. La candeur et l'efficacité du Spielberg de l'époque sont bien présents. Mais Nichols a sa personnalité propre et nous prouve une fois de plus, après Shotgun stories, Take Shelter et Mud qu'il est un très grand cinéaste. Cette fois encore il va à l'essentiel sans se perdre dans des scènes inutiles ou trop chargées. Tout est dans le ressenti des émotions et des dilemmes de ses héros qui se découvrent au fur et à mesure du déroulement du film. Terriblement efficace.

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