SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 15:25

Nona, soixante-dix ans, responsable du planning familial, mère de triplées quadragénaires, est enceinte. 

La réalisatrice et comédienne Valérie Donzelli propose pour la première fois une série diffusée sur Arte. Elle nous plonge dans son univers fantasque et poétique, matiné de fantastique dans un format de 9 épisodes de 30 minutes.

Cette fantaisie sur le féminisme, la sororité, la famille, la solidarité et le mystère de la vie alterne les moments burlesques, dramatiques, romantiques et de pure militantantisme. Le tout sur la tonalité  Donzeliniennne qui en agace certain mais qui fait tout son charme pour les autres. 

La réalisation enlevée et précise, la photographie lumineuse, vitalité des rouges et poésie nostalgique des couleurs délavées, l'influence de Truffaut dans le montage, l'usage de la voix off et de la musique, font de cette série un petit bijou aux imperfections négligeables.

L'ensemble est servi par des comédiens très inspirés. Miou Miou, Clotilde Hesme, Virginie Ledoyen, Michel Vuillermos, Barnaby Metschurat, Christopher Thomson, Antoine Reinartz et cinq enfants parfaitement dirigés, semblent s'être plongés avec bonheur dans l'univers de la réalisatrice-comédienne.

A voir sur Arte tous les jeudis à 20h50 ou sur arte.tv

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3 décembre 2021 5 03 /12 /décembre /2021 21:00

Fabrice ne peut pas présenter la carte du magasin où il fait ses courses, il l'a laissée dans son autre pantalon. Le service de sécurité intervient. Fabrice s'enfuit et devient l'ennemi public numéro 1.

Paul Moulin adapte la bande dessinée de Fab'Caro qui tout en décalages dénonce les travers de notre société.

Société de consommation où il faut avoir, où il faut entrer dans le moule, où il faut pouvoir montrer patte blanche. Société médiatique qui se nourrit de sensationnalisme jusqu'à en inventer les sources. Société de politiciens qui se gargarisent et alimentent le système. Société du tout sécuritaire où la peur et la suspicion règnent.

C'est corrosive, très bien construit et suffisament, mais sans trop, décalé pour être drôle et resté compréhensible. L'ensemble fonctionne en grande partie sur le son, des bruitages à l'accompagnement sonore jusqu'aux voix multiples des 8 comédiens. 

Cette offre originale n'a, sans doute, qu'un seul défaut : sa durée. Une toute petite heure qui nous laisse un peu sur notre faim.

A voir du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 17h.

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1 décembre 2021 3 01 /12 /décembre /2021 20:11

Rami Farah à réuni Yadan Draji, Rani Al Masalma et Odai Al Talab, tous les trois activistes Syriens, qui de 2011 à 2013, ont filmé la révolution à Deraa.

Farah leur projette une partie des vidéos qu'ils ont eux-mêmes réalisées dès les premiers jours de la révolution et les invite à les resituer et à les commenter.

Les trois hommes expliquent leur soucis constant de documenter la révolution et le massacre perpétré par Bachar Al Assad sur son peuple.

L' Histoire s'écrit, entre chagrin, douleur, colère mais aussi rire, au fil des visionnages et de leurs récits. Récit de leur quotidien de journalistes citoyens mais surtout récit du vent de liberté qui s'est levé aux premiers jours des manifestations, de la répression de plus en plus violente jusqu'à devenir massacre, des missions vaines de l'ONU, des tirs sur les manifestants pacifistes, des bombardements des maisons, de la peur d´être arrêté, des techniques des forces de sécurité et des snipers pour tuer, de la mort de leurs amis...

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29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 21:13

Isabelle et James se disputent les jours de garde de leur fille Zoé. Soudainement, Zoé tombe malade.

Julie Delpy, réalisatrice aux propositions riches et originales, nous emmène ici encore dans un univers particulier. Mêlant scènes de vie ordinaire et projection fantastique, elle imagine le remède au chagrin le plus insurmontable.

L'ancrage de ses héros dans une quotidiennete rend cette solution moralement discutable étrangement tentante. 

 

Date de sortie en salle : 30 juin 2021

Date de sortie en DVD : 3 novembre 2021

 

Lire les critiques des films de Julie Delpy : 

La Comtesse

2 days in Paris

2 days in New-York

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 23:14

Après avoir disserté  sur l´art dans son précédent spectacle qu´il a joué pendant 10 ans, de quoi en avoir des envies d´en finir,  Alex Vizorek propose de rire de la mort.

Sans quitter l'art tout à fait avec en pré-spectacle des citations de Zola ou Montaigne, en intro un poème de Baudelaire, en développement les plasticiennes Marina Abramovic et Sophie Calle, les peintres Brueghel, Miro ou Picasso mais aussi en faisant appel aux philosophes Avicenne, Heidegger et Epicure, en interrogeant les religions, en déployant un SWOT sur "l'enfant", en s'étonnant de la reproduction chez les animaux, en abordant la sexualité décalée, en exposant des choix cornéliens de vie ou de mort.... avec une érudition abordable, des jeux de mots pourris comme il faut et des saillies bien senties, Alex Vizorek offre 1h30 d'un humour qui allie l'élégance à un peu de grivoiserie, le rire (beaucoup) à la réflexion (un peu) sans se prendre au sérieux. Et dévoile en guise de conclusion-synthèse une oraison funèbre parfaitement troussée.

Drôle, intelligent, efficace.

A voir au théâtre de l'Oeuvre jusqu'au 8 janvier 2022.

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 13:37

Au Québec, Aline Dieu, la petite dernière d'une famille de 14 enfants, a une voix exceptionnelle. Elle rêve d'être une star internationale et le deviendra.

Aline est naît de la vie de Céline Dion, star planétaire, dont les succès et la vie privée, dans ses moindres détails, ses joies et ses drames, sont connus de tous même des moins passionnés par la chanteuse. Valérie Lemercier s'empare donc de l'histoire de Céline Dion et en habille son héroïne, merveilleusement nommée Aline Dieu. Ce changement de patronyme donne à la réalisatrice une certaine liberté lui permettant, à côté du récit fidèle, d' "inventer juste".

Dans Aline, il est donc question de l'ascension mondiale d'une jeune chanteuse mais aussi de sa relation à sa famille nombreuse et à sa mère issue d'une milieu simple, de sa grande histoire d'amour, aussi curieuse que puissante, avec son manager, de la folle machine qu'est le show business qui, tout à la fois, libère les talents et abîme les stars.

Dans une réalisation très maîtrisée, aux plans précis dans ce qu'ils veulent dire, au montage au cordeau, au rythme mesuré jouant sur la rapidité à l'image de l'ascension de la jeune chanteuse et de la vie de la star et ayant une capacité à s'arrêter sur les moments de doutes et de lassitude, le film vise juste dans les émotions variées qu'il porte. Plusieurs scènes très drôles ou décalées s'immiscent ainsi dans un premier degré assumé.

Les comédiens sont excellents (les québecquois Sylvain Marcel, Danielle Fichaud, Roc LaFortune, Antoine Vézina, le frenchie Jean-Noël Brouté notamment et Victoria Sio pour le chant). Quant à Valérie Lemercier, elle s'offre son meilleur rôle en étant de tous les plans, interprétant le personnage principal à tous les âges et dans tous ses états.

La bande originale joue un rôle important dans la réussite du film en faisant la part belle à d'autres musiques que celles écrites pour Céline Dion. Aline s'ouvre ainsi, sur une très belle séquence qui positionne immédiatement le film à un certain niveau, sur la chanson Ordinaire de Richard Charlebois qui clôturera également le film. En fil rouge musical, on trouve le Nature Boy de Nat King Cole, auquel se joignent Rufus Wainwright, Elvis Presley, Andy Williams... et des reprises par Céline Dion de Janis Ian, Nicoletta, Louis Amstrong et bien sûr Eric Carmen. 

Au visionnage d'Aline une question se pose : ce film atypique, qui n'est pas un biopic mais n'en est pas moins un bel hommage, plaira t-il aux fans de la chanteuse ? Sa réussite en tout cas est déjà celle de plaire à ceux que la star ne passionne pas.

 

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13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 21:43

Sur scène, deux appartements et deux couples James et Stella, Bill et Harry. James débarque chez les seconds pour se confronté à Bill persuadé que celui-ci a une relation avec Stella.

Enregistrée au théâtre du Chatelet en 2020, cette version de la pièce de Pinter, mise en scène par Ludovic Lagarde, vaut surtout pour ses grands comédiens, Micha Lescot, Mathieu Amalric, Laurent Poitrenaud et Valérie Dashwood, qui font naître dans cette pièce étrange, au propos obscure, une perversité et une folie intrigante, un mystère captivant. 

A voir sur francetv.fr jusqu'au 20 novembre : La Collection replay

 

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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 18:30

Au XIXe siècle, à Angoulême, Lucien travaille dans l'imprimerie familiale et écrit des poèmes qu'il rêve d'éditer. Il tombe amoureux de Louise de Bargeton, une bourgeoise mal mariée. Tous deux partent pour Paris.

Giannoli adapte le roman de Gustave Flaubert racontant la transformation d'un provincial rêveur en arriviste, piégé et broyé par le système. L'histoire de Lucien de Rubempre dessine le portrait d'une société où tout s'achète, des sentiments aux particules, des réputations aux succès. Flaubert écrit une critique féroce de la presse qui monneyait ses articles ayant pouvoir de vie ou de mort sur toute oeuvre artistique.

Giannoli déploie des moyens colossaux, décors, costumes, figurants en nombre et une mise en scène ample pour conter ce Paris bouillonnant. Le mouvement est au coeur de chaque scène au rythme de cette ascension vertigineuse. Le casting est parfait (Cécile de France, Jeanne Balibar, Salomé Dewaels, Vincent Lacoste, Gérard Depardieu, Xavier Dolan, André Marcon, Jean-François Stevenin dans son dernier rôle) et Benjamin Voisin, déjà brillant dans Ete 85 de François Ozon, présent dans tous les plans, impressionne dans le rôle de Lucien de Rubempre.

 

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 22:45

Eric Ruff a invité dans la grande maison Camille Bernon et Simon Bourgade qui adaptent le livre de John Maxwell Coetzee "Waiting for the barbarians".

Dans une petite ville à la frontière du territoire désertique des "Barbares", arrive un colonel de la police politique pour tuer dans l'œuf une supposée invasion prochaine. Le magistrat en charge de la ville, humaniste mou, compose entre son devoir envers l'Empire et son inclination pour une Barbare. 

Ce texte dénonce les colonisations, les pouvoirs totalitaires, la torture, la peur et la haine de l'autre, la bienveillance paternaliste... Sujets multiples et récit trouble que Camille Bernon et Simon Bourgade embrouillent avec une mise en scène superfétatoire.

A l'entrée en scène de Didier Sandre et Stéphane Varupenne, première déconvenue : les comédiens sont équipés d'un micro casque qui immédiatement  les propulsent hors du théâtre vivant. Sensation accentuée par les dimensions à taille humaine de la salle du Vieux Colombier ; les acteurs si près et leur voix amplifiées désincarnées.

Très vite l'apparition d'une illustration sonore qui s'avèrera quasi constante, justifiera le besoin de sonoriser les voix. Des effets visuels de mise en scène, au premier abord étonnants, s'avéreront plus envahissants qu'efficaces, intervenant comme des attractions qui affadissent le propos, frôlant l'incongruité quand ils transforment une expédition vers le peuple Barbare en une page de Tintin au Tibet ou en Rencontre du 3e type.

Les rares scènes où la scénographie s'efface pour repositionner les comédiens au cœur du dispositif sont comme des moments de grâce où l'on entend l´excellence de l´interpretation. Car les comédiens du Français, sont, malgré tout, tous excellents avec en tête Didier Sandre qui impressionne dans son engagement, Stéphane Varupenne, Suliane Brahim, Christophe Montenez, Elissa Alloula, Clément Bresson et Etienne Galharague. Ces scènes de calme confirment l'inefficacité de la surenchère scénographique.

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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 14:20

 

 

En France, à Ennui-sur-blasé, le fondateur et rédacteur en chef du magazine The French Dispatch vient de mourir. Toute la rédaction se réunie pour lui rendre hommage.

Wes Anderson fait une ode au journalisme, façon The New Yorker, et à l'art de raconter des histoires. Et relève le défi de présenter un film tout à la fois époustouflant et décevant.

Le réalisateur choisit le film à sketchs qui endossent tous les styles de cinéma dont celui de l'animation et plusieurs références au cinéma français, Jacques Tati et la nouvelle vague notamment.

Le film est esthétiquement exaltant d'inventivité, de beauté formelle, d'une richesse étourdissante jusque dans les détails. Les dialogues sont à  l'avenant, mélangeant langue anglaise et française, humour, astuces et références multiples. Cette profusion réjouissante est aussi frustrante car elle donne le sentiment aux spectateurs de ne pouvoir tout percevoir.

Le casting quatre étoiles (Bill Murray, Owen Wilson, Tilda Swinton, Benicio del Toro, Adrian Brody,  Lea Seydoux, Timothee Chalamet, Frances Mc Dorman, Mathieu Amalric,...) dont certains acteurs dans des rôles très secondaires (Christopher Waltz, William Dafoe, Edouard Norton, Denis Menochet, Hyppolite Girardot, Félix Moati, Guillaume Galienne, Elisaberh Moss,...) ajoute à cette sensation de profusion.

Quant au scénario, il se cogne aux limites du film à sketchs : un film composé de plusieurs histoires successives d'un intérêt inégal et souvent inabouties.

L'ensemble laisse des sentiments contradictoires mêlant un enthousiasme réel pour la dextérité du réalisateur-créateur et la déception face aux faiblesses du scénario quelque peu étouffé par la richesse formelle.

 

 

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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 21:36

Suzanne, 16 ans, s'ennuie. Elle vit harmonieusement avec sa soeur et ses parents mais le lycée et les gens de son âge ne l'intéressent pas. Sur le chemin des cours, elle rencontre un beau jeune homme qui semble lui aussi se sentir seul.

Suzanne Lindon réalise et joue son premier film, fait de beaucoup de silences, de timidité, de moments de grâce et de délicatesse. Elle s'entourent de comédiens au jeu élégant (Arnaud Valois, Frédéric Pierrot, Florence Viala, Rebecca Marder) et joue, avec ses faux airs de Charlotte Gainsbourg, époque "Petite voleuse", parfaitement l'adolescente tout en gaieté et langueur. Christophe, Vivaldi et une chanson originale de Vincent Delerm accompagnent musicalement ce premier amour troublant et empêché.

Il se dégage de ce film, certainement pas parfait, une émotion qui emporte sans qu'on ne sache très bien pourquoi. Un effet diabolo...  grenadine.

 

 

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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 21:23

Christophe Daci met en scène la pièce de Bertold Brecht qui en 1938 et en 24 scènes dessina le portrait d'une société Allemande transformée par la montée du nazisme.

Le dramaturge y décrivit la peur, la suspicion et la résignation qui toucha toutes les classes de la société.

Christophe Daci a choisi 10 de ces scènes dessinant les rapports humains au quotidien bousculés par la terreur, interprétées par 7 comédiens.

Ce texte résonne encore avec force aujourd'hui alors que partout dans le monde les extrémismes gagnent du terrain.

A voir tous les lundis à 21h au théâtre du Gouvernail - Paris

https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Grand-peur-et-misere-du-IIIe-Reich-31782

 

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 08:27

H24, comme 24 heures d'une journée et 24 moments d'abus faits à une femme. 

H24 conte ainsi 24 histoires réelles de violences physiques, verbales et psychologiques, 1 court-métrage par heure de la journée (plus un 25e épisodes).

Chaque épisode de 4 minutes est écrit à la première personne. Une écriture percutante et ramassée transcrivant parfaitement la violence de l'acte, et des mises en scène adoptant des parti-pris esthétiques forts, placent la série sur le double plan de l'oeuvre littéraire et de l'oeuvre cinématographique.

 

Les comédiennes (Diane Kruger, Souheila Yacoub, Elina Löwensohn, Céleste Brunnquell, Marilyne Canto, Déborah Lukumuena, Charlotte de Bruyne, Anaïs Demoustier, Tallulah Burns, Annabelle Lengronne, Noémie Merlant, Valeria Bruni Tedeschi, Kayije Kagame, Garance Marillier, Sveva Alviti, Florence Loiret Caille, Camille Cottin, Grace Seri, Galatea Bellugi, Marco, Romane Bohringer, Susana Abaitua, Luana Bajrami, Aloïse Sauvage, Agnieszka Zulewska, Nadège Beausson-Diagne),

les écrivaines (Angela Lehner, Alice Zeniter, Sofi Oksanen, Siri Hustvedt, Lydie Salvayre, Jo Güstin, Lize Spit, Lola Lafon, Kerry Hudson, Fabienne Kanor, Myriam Leroy, Ersi Sotiropoulos, Agnès Desarthe, Anne Pauly, Nadia Busato, Blandine Rinkel, Kaouther Adimi, Christiane Taubira, Niviaq Korneliussen, Monica Sabolo, Rosa Montero, Chloé Delaume, Aloïse Sauvage, Grazyna Plebanek),

et les réalisatrices (Nathalie Masduraud & Valérie Urrea, Nora Fingscheidt, Clémence Poésy, Charlotte Abramow, Marie-Castille Mention-Schaar, Ariane Labed, Elsa Amiel, Émilie Brisavoine, Sandrine Bonnaire)

signent une oeuvre artistique d'utilité publique forte.

 

A voir sur Arte Replay ou tous les soirs à 20h50.

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21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 22:50

Après le très bon biopic « Rocket Man » réalisé par Dexter Fletcher, voici le concert de "presque Elton John" à la Salle Pleyel.

Les tubes, les tenues extravagantes et l´énergie de l´artiste sont convoqués par Jimmy Love qui en 2 heures de concert retrace le parcours artistique du chanteur british. Avec sa belle voix et un mimétisme soigné, cette doublure de qualité donne l´impression aux spectateurs d´assister à un concert de la rock star au meilleure de sa forme et dans une salle à taille humaine. Hyper efficace.

Une grande tournée est programmée en 2022 avec en point d'orgue un concert au Palais des Congrès de Paris le 2 mai puis de nombreuses dates dans toute la France : Amiens  – Jeu 28/04/22 – 20h00 / Chalons En Champagne – Ven 29/04/22 – 20h30 / Amnéville – Sam 30/04/22 – 20h30 / Strasbourg  – Mar 3/05/22 – 20h00 / Montbéliard – Mer 4/05/22 – 20h00 / Dijon  – Jeu 5/05/22 – 20h00 / Clermont Ferrand 6/05/22 – 20h30 / Lyon – Sam 7/05/22 – 20h30 / Orleans  – Mar 10/05/22 – 20h00 / Rennes – Mer 11/05/22 – 20h00 / Nantes – Jeu 12/05/22 – 20h00 / Chateauroux – Ven 13/05/22 – 18h00 / Bordeaux – Sam 14/05/22 – 20h30 / Narbonne – Dim 15/05/22 – 18h00 / Nice – Mar 17/05/22 – 20h00 / Montpellier – Mer 18/05/22 – 20h00 / Toulouse – Jeu 19/05/22 – 20h00 / Marseille – Vem 20/05/22 – 20h00

The Rocket Man - salle Pleyel et en tournée
The Rocket Man - salle Pleyel et en tournée
The Rocket Man - salle Pleyel et en tournée
The Rocket Man - salle Pleyel et en tournée
The Rocket Man - salle Pleyel et en tournée
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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 19:30

En 2021 en pleine crise sanitaire, après plusieurs semaines de répétition de "Le côté de Guermantes", l'administration de la Comédie Française décide de ne pas jouer la pièce. Le metteur en scène, Christophe Honoré et les comédiens de la troupe choisissent de poursuivre les répétitions dans un théâtre Marigny désert et dans une ambiance entre spleen et ivresse.

Claude Mathieu, Anne Kessler, Eric Genovese  Florence Viala, Elsa Lepoivre, Julie Sicard, Loic Corbery, Serge Bagdassarian, Gilles David, Stéphane Varupenne, Sébastien Pouderoux, Laurent Lafiitte, Dominique Blanc, Yoann Gasiorowski jouent leur propre rôle de comédiens se trouvant dans la situation inédite d'impossibilité de jouer et de comédiens interprétant Proust. Honoré joue son propre rôle et prend un malin plaisir à créer le trouble en mettant en scène le presque réel. Son film dessine un beau portrait de la vie d'une troupe de théâtre, ses complicités, ses disputes, ses doutes individuels et sa force collective. La Comédie Française, sous la direction d'Eric Ruff, s'acoquine régulièrement avec le cinéma, invitant des réalisateurs, adaptant des films, installant des écrans sur la scène de la salle Richelieu. Les admirateurs des talentueux comédiens de la Comédie Française ne seront donc pas surpris de les voir se prendre au jeu que leur propose Christophe Honoré.

A voir au cinéma à partir du 28 septembre.

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 11:14

Ils en rêvaient depuis longtemps.

Au début des années 60, alors qu'ils vivent à Paris, Christo et Jeanne-Claude imaginent d'emballer l'Arc de Triomphe. Les années passent. Christo et Jeanne-Claude, installés à New-York, se lancent dans des installations spectaculaires, dans le monde entier, déployant des centaines de mètres de tissus et de toiles dénonçant les murs et les frontières qui séparent, batissant des ponts pour réunir. En 1985, ils se font connaître du grand public en emballant le Pont Neuf et, 10 ans plus tard, le Reichstag.

En 2017, alors que Jeanne-Claude n'est plus là, le Centre Pompidou souhaite organiser une rétrospective de leur travail proposant à Christo pour l'occasion d'emballer le musée. Refus de l'artiste qui y voit plutôt l'occasion de réaliser leur vieux rêve. Programmée au printemps 2020,  l'exposition est repoussée en raison de la crise sanitaire. Christo, décédé le 31 mai 2020, aura eu le temps de concevoir l'ensemble du projet. Il saura que le rêve partagé avec Jeanne-Claude se réalisera tel qu'il le souhaitait mais il ne le verra pas. 

Ce beau rêve a été inauguré ce 18 septembre. Entièrement autoproduit (par la vente d'oeuvres de l'artiste), l'empaquetage de l'Arc de Triomphe aura nécessité 3 000 mètres de cordes et 25 000 m2 de tissus.

Le résultat intriguant est d'une grande beauté. La nature du tissu, sa couleur argent-bleuté créent des reflets changeant au grès de la luminosité du ciel parisien. Paradoxalement, cet empaquetage semble redonner vie à un monument vieillissant qui, hormis l'Histoire qu'il abrite, tend à disparaître dans le décor parisien. 

A voir jusqu'au 3 octobre.

Pour découvrir ou redécouvrir le travail de Christo et Jeanne-Claude, voir sur Arte les excellents documentaires "Christo et Jeanne-Claude, l'art de cacher, l'art de dévoiler" et "Christo, walking on water" tourné en 2016 au lac d'Iseo en Italie.

 

Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
Le triomphe de Christo
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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 18:26

Christian Hecq et Valérie Lesort reprennent La Mouche, trois fois Moliérisée en 2020 (meilleure comédien, meilleure comédienne. création visuelle) toujours aux Bouffes du Nord.

Le sociétaire de la Comédie Française et la comédienne-plasticienne adaptent librement la nouvelle de George Langelaan, (déjà adaptée au cinéma par David Cronenberg) en une version mêlant comédie et science-fiction. Dans les années 60, dans un village de France, Odette vit avec son fils Robert qui passe ses journées dans son laboratoire. Il y fait des recherches sur la téléportation et obtient des résultats plus ou moins encourageants...

Très drôle, entre Strip-Tease, l´émission de télévision, et Les Deschiens, cette adaptation n´en présente pas moins un registre émotionnel large, le rire côtoyant régulièrement l'effroi et la compassion dans un dosage précis. Cette maitrise est une des forces de la pièce à laquelle s'ajoute une scénographie audacieuse et de grands interprètes menés par un Christian Hecq en très grande forme.

A voir jusqu'au 25 septembre.

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14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 20:30

Enfin ! Après plusieurs reports pour cause de Covid, Ibrahim Maalouf investi le théâtre de l'Oeuvre. Le musicien a choisi cet écrin cosy pour fêter ses 40 ans et ses 30 ans de musique.

Le spectacle débute par un court métrage mis en musique par le trompettiste. Le cinéma, une de ses grandes passions avec l'enseignement, reviendra à trois reprises durant le concert (Meddley de ses bandes originales de film, vidéo personnelle et d´enfance réalisée en 1993 à Beyrouth, extrait de l´ambiance d´un concert à Bercy format légèrement différent de celui du petit théâtre de l'Oeuvre...).

Accompagné du guitariste virtuose François Laporte, tout simplement magistral, Ibrahim Maalouf se raconte en mots (beaucoup, l´homme est bavard et chaleureux) et, à la trompette et au piano, en mélodies (trop peu, bien sûr) dont Sorry, Bagdad, Harlem, all I can´t say, Lily will soon be a woman.... Deux invitées surprises la harpiste Rosita Milewska et Thais Lona, jeune chanteuse qu´il a décidé de produire, l'accompagneront sur deux titres, à moins que ça ne soit l'inverse car Ibrahim aime particulièrement mettre en valeur ceux qu'il a choisi. Aussi généreux dans la création et l'interprétation de sa musique, que dans le partage de son succès.

Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
Ibrahim Maalouf au théâtre de l´oeuvre
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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 12:34

"Ca semble être l'histoire d'une femme qui s'en va." dit le dossier de presse. Évidemment, tout est dans le "semble". Il est vrai qu'il est difficile d'en dire plus sur le récit sans en dévoiler trop. 

Inspiré de la pièce Je reviens de loin de Claudine Galèa, Serre moi fort parle de l'absence et de ce qu'on en fait, de ce qu'en fait, Clarisse, son héroïne.

On retrouve dans Serre moi fort la virtuosité de Mathieu Amalric à raconter des histoires, et dessiner des portraits dans des montages complexes faits d'instantanés, de fragments qui éclairent petit à petit le récit. Serre moi fort se construit ainsi par petites touches, scènes de vie intemporelles, où l'émotion affleure. Seul regret dans ce montage : le choix du réalisateur de dévoiler sans l'assumer tout à fait le cœur du drame au 1/3 temps du film. Le cacher totalement ou le révéler dès le départ de façon claire aurait permis au spectateur de s'abandonner et d'accompagner au plus près Clarisse dans son voyage. Dans le rôle principal, Vicky Krieps (vue dans Phantom Thread) est exceptionnelle. Elle porte la puissance émotionnelle du film.

Lire les critiques de Tournée et Barbara  de Mathieu Amalric.

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 20:03

A l'annonce de sa mort, les images et les superlatifs se bousculent, extrêmement variés parfois contradictoires.

C'est que la richesse et la diversité de sa filmographie et de sa carrière sont exceptionnelles. Si c'est un cinéma populaire qui lui a apporté sa célébrité, c'est le cinéma d'auteur et ses incursions au théâtre qui lui ont offert le statut de monstre sacré. 

Godard, Melville, Chabrol, Sautet, Verneuil, de Sicca, de Broca, Ophuls, Becker, Molinaro, Deray, Clément, Malle, Enrico, Oury, Truffaut, Lelouch, Rappeneau, Labro, Resnais, Zidi, Brook et Duras, Lautner, Leconte, Klapisch, Blier... la simple liste des réalisateurs qui l'ont fait tourner dit à elle seule l'importance de sa participation à l'histoire du cinéma français. Confirmée par la diversité de ses rôles et de ses partenaires. Prêtre à l'écoute d'Emmanuelle Riva, compagnon de beuverie de Jean Gabin, bellâtre auprès de Jacqueline Bisset, incorrigible avec Geneviève Bujold, héritier soutenu par Charles Denner, mafieux comparse de Delon, à la tête du coup du siècle avec Bourvil et concurrent de David Niven, amoureux de Jean Seberg, fou magnifique pour Anna Karina, cabot avec Marie-France Pisier, convoyeur pour Ventura, amant fuyant d'Annie Girardot, amoureux transit de Catherine Deneuve, aventurier pour Françoise Dorleac, et souvent flic...ou voyou... Son retour au théâtre dans Kean et Cyrano avaient été salués par la critique, rappelant à tous quel grand comédien il était. 

Belmondo était également cascadeur. Refusant de se faire doubler dans les scènes à risques et spectaculaires, il apportait dans le récit de ces tournages du romanesque aux fictions. Il était aussi le fils du sculpteur Paul Belmondo dont il s'efforcera de faire connaître le travail. Il fut l'ami indéfectible de comédiens géniaux à la notoriété moindre mais qu'il fera briller dans de grands seconds rôles, Charles Gérard, Michel Beaune, Pierre Vernier, Julien Guiomar..., celui fidèle de "la bande du conservatoire", Rochefort, Marielle, Rich, Cremer, Fabian, Girardot, Bedos, Mocky... Belmondo était aussi cet artiste toujours un peu embarrassé des compliments qu'on lui servait, ce bon vivant aimant rire, boxer et voir boxer, un propriétaire de yorkshire, un type sympa avec une belle gueule un peu trop bronzée.

Un gars à la fois intouchable par son talent et son succès et proche et familier par l'extrême sympathie qu'il dégageait.

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 21:59

Yusuke Kafuku est un comédien de théâtre  classique. Il vit heureux et amoureux avec son épouse Oto, scénariste pour la télévision. Un jour, Yusuke surprend, sans que celle-ci s'en aperçoive, sa femme et son jeune amant. Yusuke choisit de taire cette découverte à Oto.

Ceci est le prologue de 45mn qui met en place tous les éléments matériels et symboliques d'une histoire très riche aux multiples interprétations. Entre huis clos et road movie, hymne à la créativité par l'abandon de soi, habité par des personnages marqués par la mort et passionnés par leur métier, Drive my car ne cesse d'intriguer pendant 3 heures. La beauté des images, le mystère des personnages, la poésie des rencontres, la mixité des langages, la force des silences, le poids de la culpabilité, le spleen de Tchekhov... tout dans ce film, adapté d'une nouvelle de Murakami, interpelle.

Ces personnages en souffrance trouveront dans l'écoute et la compréhension de l'autre une forme de repos.

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28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 19:58

Tourné en 2020, ce documentaire dresse un état des lieux de la situation politique, économique et humanitaire de l'Afghanistan à la veille du retrait des troupe américaines et occidentales et du retour des talibans au pouvoir. Face aux négociations entre les forces en présence, aux enjeux politiques internationaux, au fallacieux argument de "paix", le peuple afghan n'est que partie négligeable.

53 minutes limpides.

A voir sur arte.tv jusqu'au 5 novembre

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 00:05

2h15, c'est une durée peu banale pour un one man show. Laurent Sciamma déchaîné, heureux de retrouver une salle pleine après un été calme, passionné par son sujet, a du mal à quitter la scène. Celle du Café de la Gare, en l’occurrence, sur laquelle il clame son amour et admiration des femmes et son incrédulité face aux mécanismes de construction du mâle.

Si le début de son spectacle, inquiète un peu avec des déclarations telles que "j'ai honte d'être un homme (face à ce qu'endurent les femmes)" le propos prend vite une tonalité moins culpabilisante. Dans un format éloigné du simple enchaînement de punchlines, Laurent Sciamma déroule son propos de féministe militant. Militant pour les femmes et pour le droit d'être un homme blanc-jeune-hétéro exprimant sans honte ses émotions.

2h15, sur le papier cela peut sembler long, dans la salle ça ne l'est pas du tout. La proximité qu'installe le comédien, son énergie physique, son enthousiasme, la limpidité et l'humour avec lesquels il déroule son propos maintiennent l'attention de son auditoire. Certains pourraient lui reprocher de rester très soft sur les exemples de difficultés au féminin, mais si le but est d'éveiller le mâle blanc lambda, le job est fait.

A voir au Café de la Gare jusqu'au 28 août, en tournée et de retour à Paris à la Comédie des Trois bornes. 

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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 16:19

Arrêté en Mauritanie, en novembre 2001, par les américains, Mohamedou Ould Slahi restera emprisonné pendant 14 ans à Guantanamo. 
Le film raconte son calvaire et son combat avec ses avocates américaines qui se battront contre le gouvernement, le FBI et l'armée qui l'emprisonnent sans preuve et en violation de tous les droits.
L'intérêt tient surtout dans cette histoire aussi incroyable que scandaleuse. On n'ose imaginer combien de Mohamedou Ould Slahi sont enfermés ainsi à Guantanamo. Cinématographiquement, Macdonald fait le job particulièrement servi par Jodie Foster et surtout Tahar  Rahim dans un rôle au registre multiple.

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6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 21:18

Paul Goutard est un scénariste sans succès, psychologiquement fragile que son épouse et son petit garçon ne peuvent aider. 

Tel est le point de départ de la riche histoire que nous conte François de Brauer qui, seul en scène, interprète une vingtaine de personnages.

Alors que l'art a été considéré pendant plusieurs mois comme non essentiel, La loi des Prodiges interroge, sur le ton du drame, de l'humour et de la poésie, sur ce qu'est l"art, son utilité, sa place dans une société où tout se consomme ou la productivité domine, Il dézingue, au passage, le tout spectacle, en politique, à la télévision et au niveau économique, mais aussi le marché de l'art et un certain élitisme.

François de Bauer offre un spectacle beau et puissant qu'il interprète avec force et maestria.

A ne pas rater sur francetv.fr jusqu'au 22 décembre 2021.

 

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