Ce documentaire au sous-titre explicite Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des lycéens, donne la parole à des adolescents lecteurs des livres du Prix Nobel de littérature.
Ils soulignent la force de "l'écriture plate" d'Annie Ernaux, de sa façon brute de raconter ce qu'elle a vécu, du réalisme factuel de son récit. Son statut de transfuge de classe les marque aussi beaucoup.
Il est intéressant de voir comme, malgré les années qui séparent les époques des récits d'Annie Ernaux et ces lecteurs du XXIe siècle, entre identification et incompréhension, la modernité, l'authenticité et la radicalité des récits et de l'écriture interpellent ces jeunes gens.
Leurs commentaires et leurs échanges impressionnent par leur sagacité et leur sensibilité.
Il y a près de 40 ans, Gaetan Chataignier rencontrait Philippe Katerine dans leur région Vendéenne. Ils ne se sont jamais quittés depuis, on fait de la musique et des clips ensemble.
A base d'archives publiques et personnelles, de séquences avec le chanteur tournées spécialement, des témoignages de sa mère et de sa soeur, Gaëtan Chataignier dessine un beau et étonnant portrait du chanteur, comédien et plasticien. Du grand timide au chanteur qui choqua le monde entier aux JO de Paris, en passant par le tube Louxor j'adore, on redécouvre le parcours étonnant, d'un artiste incompris pendant longtemps devenu un phénomène.
Entre son goût de l'absurde et de la provocation, sa bienveillance et une forme d'innocence, Philippe Katerine touche et fait rire. Et Gaetan Chataignier compose une bien belle déclaration d'amour à son étonnant ami.
1973, Claude Lanzmann débute 12 ans de recherches et de tournages, pour la réalisation de Shoah.
Ce documentaire créé à partir des 220 heures de rushs non utilisées par Claude Lanzmann raconte les coulisses des 12 ans de tournage, non sans difficultés tant sur le financement de son travail que sur la récolte des témoignages. Il fut souvent le premier à interroger toutes les personnes rencontrées, entrant parfois par effraction dans les mémoires de ceux qui ont voulu oublier. Le réalisateur a notamment dû ruser, faux passeports, faux titre de Docteur en Histoire, pour obtenir le témoignage des complices de l'extermination.
Le documentaire se concentre sur les témoignages difficiles ou défendus de récolter. Particulièrement concernant Treblinka avec la quête des témoignages de Gustav Laabs, chauffeur de camion à gaz, celui du conducteur des trains, ceux des paysans du village, Franz Suhommel, chef du commando en charge de vider les poches des personnes gazées, un chef des Einsatzgruppen responsable du massacre de Crimée. Mais aussi les témoignages de Simon Srebnik, déporté dans le camps de Chelmno où il devait vider les camions à gaz et jeter les cadavres dans les fosses, celui d'Abraham Bomba, déporté à Treblinka où il fut l'un des coiffeurs, d'Antek, commandant en second de l'insurrection du ghetto de Varsovie...
Les textes de la voix off ont été écrits à partir des mémoires de Lanzmann qui y expose ses doutes et ses tourments.
"J'ai toujours été hanté par tous ces gens, morts seuls, abandonnés de tous. J'ai voulu faire ce film pour les ressusciter et les tuer une deuxième fois pour que nous mourrions avec eux, pour qu'ils ne meurent pas seuls."
Le 8 décembre 2018, les Gilets Jaunes manifestent dans le quartier des Champs- Elysées. Un jeune homme, venu de Saint-Dizier en famille, est touché à la tête par un tir de LBD. L'Inspection Générale de la Police Nationale enquête.
Après l'excellent La nuit du 12, sur les féminicides et leur traitement par la société et les forces de l'ordre, Dominik Moll plonge au coeur des déficiences du maintien de l'ordre et celles rencontrées par la Police des Polices.
Le réalisateur et son scénariste, Gilles Marchand, choisissent de placer leur récit lors des manifestations des Gilets Jaunes, mouvement populaire qui a vu Monsieur et Madame Tout le monde descendre dans la rue en masse, parfois pour la première fois de leur vie, face aux forces de l'ordre. Des événements qui ont mis en exergue les limites d'une Police protectrice du citoyen.
Sans pouvoir développer les origines du mouvement des Gilets Jaunes, il parvient à travers cette famille à dresser rapidement le portrait représentatif d'une partie des manifestants. Travailleurs sociaux venus autant pour défendre le service public que pour faire un peu de tourisme, et inexpérimentés dans le fonctionnement d'une manifestation. Face à ces novices, et à l'ampleur du phénomène envenimé par des manifestants violents, des forces de l'ordre dépassées, désorganisées, laissées sans consignes et complétées par des brigades n'ont entraîné au maintien de l'ordre.Le cocktail parfait pour que tout dérape.
Si le scénario est original, il est très documenté, s'inspire de faits réels et évite tout manichéisme. C'est au coeur de l'IGPN et de l'enquête que va mener le Commandant Stéphanie Bertrand, que le scénario peut déployer toute la complexité de la situation en y ajoutant celle du statut de Police des polices considérée comme traîtresse par le reste de la Police, comme partisane de ceux-ci par les citoyens et bridée par les pouvoirs publics. Le récit est parfaitement mené, avec fluidité, sans complexité inutile et sans temps mort.
Léa Drucker est, une fois encore, impressionnante d'incarnation, entre rigidité due à la fonction et humanité. Les comédiens qui l'accompagnent sont tous parfaits.
Seymour, employé du fleuriste du ghetto, mal dans sa peau, découvre, après une éclipse totale du soleil, une étrange plante carnivore qui attire notoriété et clients pour la boutique. Mais Seymour et la plante ont un secret : pour grandir elle a besoin de sang et de chair humaine.
Valérie Lesort et Christian Hecq mettent en scène dans sa version française la comédie musicale montée à Broadway dans les années 80 par Alan Menken et Howard Ashman (qui ont par la suite redonné son lustre à Disney), comédie musicale qui est elle même tirée d'un film de série B de Robert Corman.
Pour profiter pleinement du spectacle, il faut oser s'abandonner à cette histoire outrancière où tout est surjoué et le kitsch totalement assumé.
On retrouve bien ici la folie du duo Lesort et Hecq qui place leur adaptation dans un esprit très cartoonesque. Les personnages sont haut en couleur, parfaitement kitchs et affublés de costumes inventifs. Les trois chanteuses qui commentent l'histoire en interludes sont excellentes à tout point de vue. La marionnette qui permet à la plante d'être incarnée est ingénieusement faite et articulée, lui donnant vie sans le moindre doute possible. Les dialogues et les textes des chansons sont très drôles. Ça chante bien, ça danse bien et ça joue Live les rythmes jazz, swing ou blues depuis les loges placées de chaque côté de la scène.