Tokyo, dans la nuit du 3 au 4 avril 2015, Shiori Ito est violée par Noriyuki Yamaguchi, directeur du bureau américain de la chaîne Tokyo Broadcasting System, homme puissant proche du Premier ministte japonais. Le 29 mai 2017, Shiori Ito donne une conférence de presse pour rendre son affaire publique.

Figure majeure du #metoo japonais, Shiori Ito, journaliste transgresse la culture du patriarcat nippon en mettant en images les conséquences du crime et l'enquête qu'elle poursuit, mêlant le regard de la victime et de la journaliste qu'elle est également. Cela donne un documentaire hybride, témoignage sur le traumatisme et le combat d'une victime, dénonciation documentée d'une omerta politique et travail d'enquête journalistique.

Shiori Ito débute son documentaire par les images des caméras de surveillance et le témoignage du chauffeur de taxi, juste ce qu'il faut pour bousculer les sceptiques éventuels et plonger directement le spectateur dans le glauque. La suite déploie une  démonstration édifiante.

La journaliste qui a osé défier la honte infligée aux victimes, s'attaquer à un tabou sociétal et à un homme puissant, victime depuis de menaces, vit désormais en Angletterre.

A voir en replay sur Arte.fr sous le titre Journal intime d'un viol

Voir les commentaires

En 2200, les hommes ont colonisé Mars. Les élites y cohabitent avec des robots dotés de conscience de personnes décédées dont certains cherchent, avec l'aide d'humains, à reprendre leur liberté. Aline Ruby, détective privée, et Carlos Rivera, son partenaire androïde, enquêtent sur la disparition d'une étudiante.

Film d'animation policier et de science-fiction très sombre, Mars Express présente une critique de nos sociétés colonisatrices, où l'argent règne et les inégalités prolifèrent, et qui reproduisent sans cesse les mêmes erreurs. Si on se perd un peu dans les tenants et aboutissants, le film séduit par sa créativité tant sur le fond que sur la forme.

Léa Drucker, Mathieu Amalric, Sébastien Chassagne ou Marthe Keller... on s'amuse à reconnaître les voix de ses grands comédiens derrière ces personnages futuristes.

A voir en streaming sur France.tv 

Voir les commentaires

Fin XIXe, Abel, aubergiste et empailleur endetté, épouse pour sa dote Rosalie qu'il ne connait pas. La jeune femme cache un lourd secret : elle soufre d'hirsutisme.

Inspirée de l'histoire de Clémentine Delay, le scénario fait le choix de dessiner le portrait d'une femme qui une fois mariée trouve le courage d'appréhender sa singularitéde de façon à en faire une force. Jeune femme douce, attentionnée, solaire et intelligente, la réalisatrice souligne ses qualités d'âme, la rend aimable au delà des apparences. Face à elle, Abel, homme dont la bonté est dépassée pat l'ampleur de ce qu'il considère comme une humiliation. C'est aussi de cet homme et du chemin qu'il devra parcourir dont parle le film. Un film délicat sur l'acceptation de la différence et l'amour comme rempart au mal.

Nadia Tereszkiewicz est parfaite de nuances, lumineuse et irrésistible. Benoit Maginel est une fois de plus excellent.

Lire le post sur La Danseuse de Stéphanie Di Gusto.

Voir les commentaires

Jérémy et Bouna rêvent de NBA, pas en tant que joueurs mais comme agents. Ils savent repérer les joueurs prometteurs, reste plus qu'à les vendre aux States.

Le film raconte l'histoire vraie de Jérémy Medjana et de Bouna Ndiaye. L'un originaire de Saint-Amand les Eaux, ex-joueur en N4.est employé dans un vidéo club, l'autre issu de banlieue parisienne, ex-joueur en N1, nettoie les avions. Leur success story qui doit aussi beaucoup à leur audace et leur abnégation est impressionnante.

Le récit, lui, n'impressionne pas par sa maîtrise. Il accuse quelques longueurs et manque curieusement de peps. Le scénario conte la multitude des obstacles, des déconvenues et échecs qu'ils ont dû surmonter par l'angle de l'amitié indéfectible qui les lie et ce malgré l'adversité. C'est sympathique mais un.peu redondant. Le choix d'une musique sirupeuse en illustration n'est pas très heureux. 

Ainsi, le film vaut surtout pour le duo Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi, qui servent tous deux très bien leurs personnages.

Voir les commentaires

Argan hypocondriaque et berné par les médecins se croit très malade. Il décide de marier sa fille Angélique à Thomas Diafoirus, sinistre et idiot, mais potentiel futur médecin. Mais, Angélique en aime un autre. Toinette la servante a plus d'un tour dans son sac pour sauver son maître et sa fille.

La Comédie Française présente la dernière pièce écrite par Molière dans la mise en scène créé par Claude Strate en 2001, jouée depuis plus de 600 fois.

Dans un décor minimaliste qu''habille une belle mise en lumière tout en clair obscure, l'accent est mis sur le grotesque des personnages. Arcan est assis sur une chaise percée d'hôpital, en blouse laissant voir ses bas de contention et son slip xxl. Les médecins sont maquillés et costumés de façon extravagante, le teint vert ou gris, le visage défiguré. Seules les femmes et le jeune amoureux semblent conserver visage humain. L'ensemble est ainsi très drôle, d'abord par le talent de caricaturiste de Molière, puis par le parti pris du metteur en scène et enfin par l'excellence de l'interprétation.

Julie Sicard est redoutable dans le rôle de Toinette, gouailleuse et d'une énergie sans limite. Clément Bresson est hilarant en Thomas Diafoirus, imbécile qui s'ignore, bourré de tics. Denis Podalydes, méconnaissable, terrifie dans les rôles des médecins. Guillaume Gallienne excelle en Argan, à la fois grotesque et touchant, partagé entre une bonté sincère, le besoin de faire preuve d'une autorité de façade et sa dépendance aux différents maux dont il pense souffrir. A leurs côtés Léa Lopes, Coralie Zahonero, Alain Lenglet, Charlie Fabert et la toute jeune Suzanne Podalydes sont également très bons.

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog