EO est enlevé, par une association de défense des animaux, du cirque où il était exploité mais aussi où il aimait et été aimé de son équilibriste. 

Cette séparation hantera l'âne tout au long de son périple qui le verra tirer des charrettes de foin dans un haras empli de chevaux effrayants, dans un centre pour enfants dont il fugue pour partir à la recherche de son équilibriste, traversant une forêt où il assiste à la mort d'un loup tué par les hommes, à celle d'un oiseau happé par une éolienne, pleure devant des poisson enfermés dans un aquarium, se fait battre par des hooligans, se retrouve soigné dans une clinique vétérinaire...

La réalisation est d'une grande richesse, belle, inventive, jouant avec les couleurs, alternant grands espaces et plans au plus près des corps, de l'oeil de l'animal, laissant la caméra s'emballer comme incontrôlable. Onirique ou naturaliste selon les séquences, le film donne à percevoir les émotions de l'animal et le pire de l'homme. Sans un dialogue ou presque, avec un travail remarquable sur le son, jouant sur la musique et la rythmique, Skolimowski réalise un plaidoyer pour le monde animal et la nature.

Un film expérimental, étrange et beau, hors normes.

Prix du Jury Cannes 2022

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Oracio et Catherine, agents immobiliers à Bourgival, aux méthodes de travail bien distinctes ; lui misant sur le ressenti, elle sur une précision d'orfèvre ; tentent de vendre un appartement neuf en centre ville et une vaste demeure.

Bruno Podalydes, conteur des incongruités de notre société et de nos vies modernes, se penche sur notre rapport à l'habitat. Bien sûr, on retrouve son sens du burlesque et son goût pour l'absurde, particulièrement, dans son utilisation du jargon de la profession. Mais, le plus important se trouve dans les portraits qu'il fait de ses personnages, potentiels acheteurs, vendeurs et conseillers immobiliers. L'achat ou la vente d'un toit révélant toujours une tranche de vie heureuse ou douloureuse, les scènes drôles ou émouvantes se succèdent portées par une distribution parfaite : Karine Viard, Isabelle Chandelier, Agnès Jaoui, Patrick Ligardes, Manu Payet, Claude Perron, Sabine Azéma, Eddy Mitchell, Victor Lefèbvre, Denis Podalydes, Félix Moati, Roshdy Zem... et Bruno Podalydes himself. Un film charmant sans plus de prétention.

 

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Pendant 576 jours, interrompus par la fermeture des théâtres à l'automne 2020, Gabriel Laurent a suivi le travail de création du spectacle Room.

Un spectacle que James Thierrée a conçu à l'inverse de son habitude, composant cette fois son histoire à partir d'un travail de recherche avec les artistes qu'il a choisi, sans sujet pré-établi. Le documentaire montre la complexité du travail de création et l'engagement qu'il exige des artistes. Il est aussi l'occasion de tracer le portrait de James Thierrée créateur de génie.

A voir sur France.tv jusqu'au 23 juin 2023.

Lire les posts sur les spectacles des James Thierree : Room / Raoul / La grenouille avait raison / La veillée des abysses / Au revoir parapluie

 

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Jeanne, ouvrière dans une usine de poisson, prend contact avec son père, Serge, qu'elle n'avait jamais rencontré. Il l'invite dans sa somptueuse propriété où vivent sa femme, sa fille, sa petite fille et la bonne.

Le casting 5 étoiles, Dominique Blanc, Jacques Weber, Laura Calamy, Céleste Brunnquell, Doria Tillier, Suzanne Clément et Naidra Ayadi était prometteur mais l'absence de ligne directrice en tout point - réalisation, montage, scénario, dessin des personnages - n'aide pas le spectateur à se passionner pour cette histoire. Même la bande son ne fonctionne pas. La tournure que prend le récit en dernière partie touche au ridicule.

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Sur scène deux couples James et Stella, Bill et Harry. James débarque chez les seconds pour se confronter à Bill, persuadé que celui-ci a une relation avec Stella.
Ludovic Lagarde propose une mise en scène précise et d'une grande richesse. La scénographie partage la scène en deux espaces, l´appartement de Stella et James et la maison de Bill et Harry avec son escalier qui semble mener vers une  soumission consentie. La musique (entre jazz et Boulez) qui souligne sans excès le moment, les costumes et les perruques qui éclairent la psyché des personnages, les masques mystérieux et inquiétants... chaque élément accompagne parfaitement la part étrange de la pièce, son interrogation sur la vérité et le mensonge, sur la réalité et l'imaginaire, sur la prise de pouvoir dans le couple. Le texte de Pinter joue sur toutes les tonalités, du polar au drame domestique, en passant par l´etude sociologique non dépourvue d´humour. L' écriture au phrasé saccadé, qui laisse place à des silences confondants, est merveilleusement servie par Micha Lescot, Mathieu Amalric, Laurent Poitrenaud et Valérie Dashwood, tous les quatre remarquables.

Quelle liberté Ludovic Lagarde laisse t-il à ses comédiens ?

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