SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 22:03
"Matérialité de l'Invisible" au 104

« Matérialité de l’Invisible » présente des œuvres réalisées par Agapanthe (Konné & Mulliez), Hicham Berrada, Ali Cherri, Miranda Creswell, Johann Le Guillerm, Nathalie Joffre, Anish Kapoor, Julie Ramage, Ronny Trocker. Cette exposition parle d’origine, d’évolution, d’histoire et de mémoire.

A la sortie de l'exposition, c'est le film "Estate" de Ronny Trocker qui marque notre mémoire. Il s'inspire d'une photo de Juan Medina prise en Espagne en 2006.

Sur une plage de méditerranée, alors que les vacanciers sont sur le sable, un homme noir épuisé traverse péniblement la plage. Tout semble figé, le temps suspendu à ces mannequins de cire immobiles et voyeurs. Troublant.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 20:20
Asphalte de Samuel Benchetrit

Dans une banlieue HLM, trois êtres perdus rencontrent trois solitudes pour quelques jours ou pour la vie.

Asphalte parle de chutes, de solitudes, de solidarité et du vivre ensemble au-delà des à-priori Il nous conte les rencontres d'une actrice déchue et d'un ado abandonné, d'une infirmière de nuit et d'un égoïste soudainement paraplégique, d'une maman Kabyle et d'un astronaute Américain tombé par erreur du ciel. Samuel Benchetrit fait la part belle au silence et au plan séquence. Sa distribution est impeccable. Son film improbable est drôle, tendre et mélancolique.

Une jolie surprise.

Date de sortie en salle : 7 octobre 2015

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 17:10
Mia Madre de Nanni Moretti

Margherita tourne, avec un célèbre acteur américain, un film mettant en scène des ouvriers luttant pour la survie de leur usine et de leurs emplois. Quand elle apprend, accompagnée de son frère, que sa mère, hospitalisée pour un cœur très fatigué, va bientôt mourir, elle refuse de comprendre.

A la sortie du film ce sont les visages des comédiens qui marquent nos esprits. Ils sont tous excellents, dans des partitions très différentes : Margherita Buy parfaite en réalisatrice et femme paumée, Giulia Lazzarini magnifque dans le rôle de Ada la madre qui se perd et part tout doucement, Nanni Moretti tout en sobriété en frère parfait en toutes occasions et John Turturro, drôle et presque inquiétant en acteur Américain borderline. Mia Madre questionne la création, sa force, son ridicule et l'égoïsme de l'artiste, le vivre ensemble et la perte d'un être cher. Margherita (l'alter ego de Nanni Moretti, autobiographe revendiqué) navigue comme une nauvragée entre son tournage au comédien ingérable, et l'hôpital où sa mère s'affaiblit de plus en plus, et ouvre peu à peu les yeux sur ses faiblesses. Le film se déroule avec une telle évidence, une telle fluidité qu'il donne l'impression que son sujet, multiple et complexe, est d'une grande simplicité. En des plans simples, Moretti crée l'émotion et dit beaucoup comme dans ce plan fixe sur Livia où, alors que le téléphone vient de sonner, elle entend les paroles de son père et comprend, comme le spectateur, que sa grand-mère vient de mourir.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 17:27
Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore

En Afghanistan, une section française en mission de surveillance voit deux de ses hommes disparaître mystérieusement.

Clément Cogitore nous propose un film de guerre original car navigant entre ésotérique et fantastique. On est happé par les scènes de nuit filmées en infrarouge et par l'interprétation intense de Jérémie Reignier. Le scénario intrigue mais peine à se développer réellement et finit par décevoir un peu. On garde quand même le souvenir d'un film qui nous sort des sentiers battus. Ce qui, pour une première oeuvre, est courageux.

Date de sortie en salle : 30 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 3 février 2016

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 21:01
Voyage au bout de la Nuit - Les Possédés

Seul sur la scène de la grande salle du théâtre de la Bastille, Rodolphe Dana se glisse dans la peau de Ferdinand Bardamu et nous emmène dans la campagne française pendant la guerre de 14, en Afrique Equatoriale, à New-York et Détroit, avant de terminer l'aventure par son retour à Paris.

Sur le plateau, entouré des hauts murs noirs du théâtre, six tables de métal, seules, qui, sur leurs pieds, couchées ou debout bien droites, accompagnées par la lumière diffuse ou clinquante des projecteurs, dessinent le décor de ces trois voyages. Le comédien joue pleinement les scènes, marchant au pas, rampant, se déshabillant sous la chaleur tropicale, découvrant tête levée la ville verticale, se démenant dans les ateliers de l'usine Ford, s'accoudant aux bars, louchant sur les filles. Adoptant la gouaille du héros de Céline, ses enthousiasmes de courte durée et sa misanthropie, Rodolphe Dana capte d'emblée notre attention et nous emporte dans ce voyage initiatique pendant 1h40 de théâtre de grande qualité.

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 19:53
Ce Sentiment de l'Eté de Mikhaël Hers

A Berlin, au cœur de l'été, Sasha meurt brutalement. Lawrence, son petit ami, et Zoé, la sœur de Sasha, vivent ce deuil chacun comme ils peuvent.

Le film suit Lawrence et Zoé lors de trois étés : à Berlin alors que Sasha vient de mourir, l'année suivante à Paris et à Annecy et 1 an plus tard à New-York. Chaque retrouvaille donne à voir l'évolution de ces deux personnages face à l'absence : leur besoin de percevoir Sasha dans la présence de l'autre, qui les lie de plus en plus dans une relation fraternelle, les chamboulements dans leur vie privée, leur capacité ou non à vivre leur chagrin, leur aptitude à la résilience.

Sur le papier, le scénario fait craindre l'ennui et le glauque. Et c'est vrai que "Ce sentiment de l'été" ne fait aucune place à l'action et aux rebondissements spectaculaires. Tout réside dans les sentiments et les sensations générées par une solitude contemplative au cœur même de l'agitation de la ville. Le film n'en est pas moins prenant et particulièrement lumineux tant dans son récit que dans sa forme. La photo est magnifique, les plans des villes particulièrement soignés entre étendues urbaines et espaces verts. Le format 16mm confère aux images une agréable sensation de douce mélancolie. La musique particulièrement bien choisie contribue à nous bercer au rythme de cette histoire où règne en maître la bienveillance qui lie les personnages. Les comédiens premiers et seconds rôles suivent cette belle partition avec précision. On retrouve toujours avec autant de plaisir Judith Chemla. Mais c'est surtout, Anders Danielsen Lie (déjà remarquable dans "Oslo 31 août") qui capte notre attention en conférant à son personnage un capital sympathie qui nous emporte d'emblée. Il nous guide avec délicatesse tout au long du film. Et nous voit bien surpris de nous y être senti aussi bien.

A voir en salle dès le mercredi 17 février.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 19:14
45 ans d'Andrew Haigh

De nos jours, Kate et Geoff s'apprêtent à fêter leur 45e anniversaire de mariage. Quand Geoff reçoit une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour disparue en 1962 a été retrouvé, l'harmonie du couple bascule.

Ici pas d'intrigue. Le film repose uniquement sur la fragilisation de ce couple, dont l'un est bouleversé par la réapparition de ce premier amour, l'autre blessée par la découverte de cette liaison secrète qui aurait pu être plus importante et plus forte que ces 45 ans qu'ils vont fêter. Tout repose sur le jeu de Tom Courtenay et Charlotte Rampling, parfaite dans la montée progressive de la jalousie et du désamour.

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 17:28
Testament of Youth de James Kent

Au printemps 1914, Véra, jeune femme moderne veut faire des études au même titre que son frère Edward et leurs amis Victor et Roland. Soutenue par les trois garçons, elle obtient de son père le droit de passer l'examen d'entrée à Oxford. Alors qu'elle s'apprête à entrer à l'université avec les garçons, la guerre éclate et les emporte au front.

"Testament of Youth" (idiotement renommé "Mémoires de jeunesse" pour la version française...) est l'adaptation de l'autobiographie du même nom de l'écrivaine pacifiste Véra Brittain. Elle y conte à travers son histoire et celle des hommes qu'elle a aimé à quel point les pays en guerre ont sacrifié leur jeunesse. James Kent, dans une réalisation tout en finesse, qui suggère plus qu'elle ne montre, parvient à communiquer tout à la fois les horreurs de la guerre, l'innocence d'une jeunesse exaltée, la poésie et la soif d'absolu de Véra Brittain. Tout en jouant sans honte la carte du romanesque à travers la beauté des paysages et celle des grandes déclarations, il ne tombe jamais dans le mélo sirupeux. L'ensemble est d'une grande sincérité tout en effleurements. Alicia Vikander porte le film dans une interprétation fiévreuse et raffinée. Elle nous emporte dans ce tourbillon pendant 2h10.

Date de sortie en salle : 23 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 27 janvier 2016

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 20:26
Coluche en anamorphose

ZAG et SIA, deux street artists spécialisés dans les anamorphoses, ont réalisé une oeuvre hommage à Coluche. Ils ont dessiné le portrait du comédien sur les marches de l'escalier de la rue Lemaignan (Paris 14), à deux pas de la rue Gazan où vivait Coluche.

Cette anamorphose a été réalisée avec la bénédiction des maires des 13e et 14e arrondissements.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 20:23
Le Mensonge de Florian Zeller au théâtre Edouard VII

Alors qu'ils s'apprêtent à recevoir leurs amis Michel et Jacqueline, Alice demande à son mari d'annuler le dîner. Elle a vu l'après-midi même Michel embrasser une femme dans la rue.

Tout comme dans "La vérité", Florian Zeller interroge sur les bienfaits du mensonge et de la sincérité. Le prétexte est sensiblement le même : deux couples d'amis, quatre personnes qui ne se disent pas tout à fait la vérité. L'ensemble est habilement écrit, sans génie et sans qu'il ne se passe grand chose, mais on reste suspendu aux jeux des comédiens pendant 1h40. Car bien sûr, dàns ce genre de pièce, la qualité de l'interprétation fait tout. Evelyne Bouix a de l'allure face à la tornade Arditi, une fois de plus hilarant dans le registre de la mauvaise foi. La précision de son jeu bluffe toujours autant.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 21:26
Fleurs de Cactus au théâtre Antoine

Julien, dentiste et coureur de jupons, fait croire à sa jeune maîtresse qu'il est marié et père de trois enfants, jusqu'au jour où, fou amoureux, il décide de lui demander de l'épouser.

La pièce de Barillet et Gredy, créée en 1964, tient la dragée haute aux créations actuelles du théâtre de boulevard. Les dialogues sont drôles, les situations typiques de ce genre théâtral intelligemment menées et les rebondissements nombreux moins soûlant qu'à l'accoutumé. Et si la lassitude vient c'est à moins d'1/2 heure de la fin ce qui pour une pièce de boulevard d'une durée de 2h10 est plus qu'honorable. Michel Fau, comédien et metteur en scène, a choisi de situer la pièce à l'époque de sa création s'offrant ainsi un terrain de jeu propice à tous les délires. Décors, coiffures, costumes, accompagnement musicaux et danses de l'époque sont exploités à fond et cela fonctionne et accentue la drôlerie de l'ensemble.

Tout serait donc au mieux s'il n'y avait cette direction d'acteurs. Les seconds rôles jouent, avec un certain talent, terriblement faux. Ils surjouent avec une énergie telle que cela ne peut qu'être voulu. A moins d'être amateurs de ce genre de décalage, cela est vite, si ce n'est immédiatement, insupportable. Michel Fau, dont le savoir-faire n'est plus à prouver, peine à convaincre dans un rôle viril. Seule Catherine Frot joue sa partition avec une justesse sans faille. D'une précision d'orfèvre, elle est la pièce maîtresse de ce spectacle. L'indispensable.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 16:46
Much Loved de Nabil Ayouch

De nos jours, à Marrakech, Noha, Randa, Soukaina et Hilma se prostituent dans les soirées organisées par les saoudiens et les boites fréquentées par les européens et les marocains.

Nabil Ayouch dénonce l'hypocrisie et le traitement réservé à ces femmes par des hommes et une société menés par les tabous et la religion. Si on ne doute pas de la sincérité du réalisateur et de ses comédiens, la succession de scènes de sexe proches de la complaisance, les dialogues au ras des pâquerettes, la faiblesse du scénario et l'absence d'un réel travail de réflexion sur la société marocaine, nous plongent rapidement dans un certain ennui. On finit par se demander si le succès critique du film ne doit pas plus au courage du réalisateur qu'à son talent de cinéaste.

Date de sortie en salle : le 16 septembre 2015

Date de sortie en DVD : le 2 février 2016

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 23:10
La vie très privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc

François Sim n'a pas le moral. Sa femme l'a quitté, il vient de démissionner et l'homme assis à côté de lui dans l'avion meurt alors qu'il lui faisait la conversation. La chance semble lui sourire à nouveau quand on lui propose un poste de commercial en brosses à dents.

Tiré d'un roman de Jonathan Coe, ce film, annoncé comme une comédie dramatique, est bien plus sinistre que drôle. L'incapacité du héros à créer des liens profonds avec les gens qui l'entourent et le jeu dépressif de J-P Bacry (excellent au demeurant) plombent l'histoire. Les dialogues ne sont pas particulièrement brillants, le récit pas suffisamment poétique ou surprenant pour retenir vraiment notre attention. La présence furtive de Valéria Golino nous mène un court instant vers une certaine grâce qui retombe dès que son personnage disparaît de l'histoire. Un film pas totalement désagréable mais pas marquant non plus.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 18:36
Marguerite de Xavier Giannoli

Dans les années folles, la Baronne Marguerite Dumont, passionnée d'opéra, est persuadée d'être douée pour le chant lyrique. Personne dans son entourage n'ose lui dire qu'elle chante terriblement faux.

Xavier Giannoli s'est librement inspiré de l'histoire de la chanteuse Américaine Florence Foster Jenkins pour dresser le portrait de sa chanteuse à la voix horripilante. Le film repose donc sur ce personnage complexe, qui se perd dans ses illusions, et le dilemme de son entourage. C'est un peu mince et on n'ose imaginer ce que le film aurait donné sans le talent de Catherine Frot. Car du talent il en faut sacrément pour exprimer toute la naïveté, la tristesse et la douce folie de ce personnage loufoque. Pendant 2h07 (c'est beaucoup...), la comédienne incarne tout en nuances cette Castafiore plus victime que bourreau. C'est surtout pour elle qu'on s'attache au film jusqu'au bout.

Date de sortie en salle : 16 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 20 janvier 2016

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 16:28
L'homme irrationnel de Woody Allen

Abe Lucas, professeur de philosophie talentueux et à la réputation sulfureuse, vient d'être nommé à l'université de Newport. Totalement désabusé par la vie, il se traîne entre alcool et dépression. Un jour, il s'attribue une mission qui lui redonne l'envie de vivre.

Sur la forme, "l'homme irrationnel" laisse un très fort goût de déjà vu et les dialogues le sentiment d'avoir été rédigés sous écriture automatique. Il faut dire que Woody nous pond un film tous les ans, il en a forcément acquis quelques automatismes. Ainsi, l'ensemble laisse à penser que le réalisateur s'est fait son petit film de façon un peu pépère. "L'homme irrationnel" se regarde sans déplaisir mais, s'il n'y avait pas la chute finale, on l'oublierait sans doute assez vite. Un petit Woody donc (mais un petit Woody est toujours un film de qualité supérieure à la moyenne de la production).

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 19:53
Carol de Todd Haynes

Dans les années 50, Thérèse, jeune vendeuse dans un grand magasin de New-York, tombe amoureuse de Carol, une riche cliente en plein divorce.

Todd Haynes propose un beau portrait de femmes prisonnières des conventions, dans l'esprit de "Loin du Paradis". On y retrouve là aussi des héros déchirés entre raison et passion dans une langueur et un romantisme maudit. La mise en scène et en images, tout comme la recomposition de l'époque, sont particulièrement soignées. Si, parfois, le rythme s'essouffle, les interprètes, parfaites, nous captivent. Cate Blanchett marque particulièrement par la justesse de son jeu dans l'interprétation d'un personnage complexe, que sa beauté particulière et son élégance d'une autre époque servent parfaitement. Un beau film d'un classicisme raffiné.

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 17:39
Les huit salopards de Quentin Tarantino

John Ruth emmène sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre à Red Rock. Alors que le blizzard les poursuit, il accueille dans sa diligence le Major Marquis Warren, lui aussi chasseur de prime et Chris Mannix qui se présente comme le nouveau shérif de Red Rock.

Un format 70mm (tout en longueur), de beaux paysages de neige, un blizzard assourdissant, des personnages loufoques et violents, un récit qui évolue en huis clos ; l'un dans une diligence, l'autre dans une auberge ; dans ses 95 premières minutes le film nous emmène doucement dans sa curieuse histoire qui intrigue sans qu'il ne s'y passe vraiment grand chose. Puis arrive la dernière heure qui, comme d'habitude, et encore plus outrageusement et interminablement que d'habitude, laisse place au massacre.

"Les Huit Salopards" ressemble à une caricature d'un film de Quentin Tarantino. Tout semble un peu bâclé. Le cinéaste se laisse aller au plus facile, l'hémoglobine, et abandonne toute verve dans les dialogues, dessine ses personnages à gros traits, oublie toute finesse dans la mise en scène et fluidité dans son récit. 2h45 qui n'offrent pas grand chose finalement.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 18:46
Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael

Ea, la fille de Dieu, se révolte contre l'ignominie de son père. Elle fuit le domicile familial après avoir saboté l'ordinateur du Créateur et communiqué à chaque terrien sa date de décès.

L'idée de départ était bonne et pleine de promesses. Mais le film n'est ni drôle, ni poétique, ni satirique. Il échoue dans les trois registres. Les dialogues sont plats, les messages convenus, les gags peu efficaces. Le scénario manque d'envergure et le récit confus, part en tous sens et ne nous mène nulle part. Les pistes intéressantes à peine abordées sont aussi vite abandonnées. Esthétiquement l'ensemble est assez moche. Jaco Van Dormael s'empare d'un sujet immense mais le voit tout petit. Raté.

PS : souvenons-nous, en ce jour de déception extrême, que notre frère Jaco Van Dormael est le réalisateur du magnifique "Toto le héros". Comme quoi l'homme est capable du pire comme du meilleur.

Date de sortie en salle : 2 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 13 janvier 2016

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 13:02
Le pont des espions de Steven Spielberg

A Brooklyn, dans les années 50, l'avocat James Donovan est désigné pour défendre, Rudolf Abel, un espion soviétique exerçant sur le sol américain. Puis, la CIA charge Donovan de négocier avec les autorités russes l'échange de Rudolf Abel contre un pilote d’avion américain capturé lors d'un survol du territoire russe.

Tom Hanks est parfait pour jouer les messieurs presque "tout le monde" emporté dans des situations extrêmes. Le film est conté de façon très classique dans un récit très fluide. La reconstitution de l'époque nous emporte très vite dans l'ambiance angoissante de la guerre froide. Les images sont belles, les acteurs épatants, le récit bien mené, sans ennui. Il ne s'agit sans doute pas du film le plus marquant de Spielberg mais il n'en est pas moins agréable.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 11:31
"Tu dois changer ta vie " - Tripostal Lille

Le tripostal accueille jusqu'au 17 janvier les oeuvres d'artistes et scientifiques autour du thème de la vie et la renaissance.

On y croise une trentaine d'artistes dont Pierre Soulages, Leandro Erlich, Philippe Ramette, Simon Monk, JR, Sacha Goldberger, Anna Citelli et Raoul Bretzel, Giovanni Ozzola... Un mélange de propositions hétéroclites, parfois belles et toujours intrigantes. Réjouissant.

"Tu dois changer ta vie " - Tripostal Lille
"Tu dois changer ta vie " - Tripostal Lille
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"Tu dois changer ta vie " - Tripostal Lille
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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 21:00
JR, Ellis, Unframed

A l'occasion des festivités de Lille 3000, JR investit la façade du bâtiment du quotidien La Voix du Nord. L'artiste a choisi parmi les archives du journal cette photo d'un jeune homme adossé à un immeuble du quartier des Biscottes. Seul un quart du document original, réalisé en 1982, a été conservé. Le cliché, en noir et blanc, a été volontairement assombri pour en accentuer les contrastes.

Dans le cadre de l'exposition "Tu dois changer ta vie" au Tripostal, JR présente son film "Ellis". Tourné dans l'hôpital d'Ellis Island, il raconte l'histoire des immigrés qui tentait d'entrer aux Etats-Unis. Tout au long du film, on suit Robert de Niro errant dans ces locaux déserts où seules des silhouettes collées sur les murs représentent encore les immigrés dans l'attente. La scénographie, installation en sous-sol et effet miroir sous l'écran, ajoute à la fascination exerçaient par les plans très graphiques du film et le récit porté par la voix de De Niro sur une musique de Woodkid.

JR, Ellis, Unframed
JR, Ellis, Unframed
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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 18:58

Marie élève seule son fils Guillaume. Agé de 16 ans, agressif et violent, il refuse toute relation avec sa mère.

Christine Carrière nous propose un portrait de couple, mère - enfant, vivant dans l'amour imposé et la haine qu'il finit par engendrer. Le scénario ne passionne pas, que se soit dans les relations ou les actions qu'il décrit. S'il n'y avait la présence de Mathilde Seigner, toujours très juste, on aurait quitter l'affaire avant la fin. A retenir aussi, la prestation de Kacey Motte Klein qui dans un rôle outrancier parvient à faire exister son personnage.

Date de sortie en salle : 24 juin 2015

Date de sortie en DVD : 19 novembre 2015

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 22:54
The Walk de Robert Zemeckis

Le 6 août 1974, le funambule Philippe Petit tendait un câble entre les deux tours du World Trade Center (alors en construction). Il effectuera huit fois la traversée à plus de 110 étages de hauteur.

The Walk retrace la vie de Philippe Petit jusqu'à cet exploit qui le rendit célèbre dans le monde entier. Le film qui dure deux heures semble interminable tant le scénario se perd dans les détails et multiplie les répétitions. Mais l'exploit, entre cambriolage et oeuvre d'art, est tellement impressionnant et beau que l'on reste scotché jusqu'au bout. Au vu de la beauté des plans en 2D, il semble évident qu'un visionnage en 3D doit être particulièrement impressionnant.

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 16:47

Fatima élève seule ses deux filles, Souad lycéenne révoltée et Nesrine l'ainée raisonnable. Quand Nesrine décide de suivre des études de médecine, Fatima multiplie les heures de ménage pour l'aider financièrement.

Le film porte avec simplicité une histoire précise qui dit beaucoup sans s'attarder dans les démonstrations. Soria Zeroual marque dans le rôle de Fatima soutenue par la grâce de la jeune Zita Hanrot.

"Fatima" est un magnifique portrait de femme et un bel hommage aux mères d'origines étrangères qui rêvent d'intégration et luttent quotidiennement pour offrir à leurs enfants un avenir meilleur.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 20:39
On achève bien les chevaux de Bartabas

Aller voir un spectacle de Bartabas dans son théâtre équestre Zingaro est magique car le lieu est... magique. Du chapiteau restaurant aux décors et caravanes échoués tout autour, de l'entrée dans le théâtre sur un plancher de bois qui surplombe les écuries, loges où les artistes, issus de la plus noble conquête de l'homme, se concentrent, à la piste et les gradins de bois rouge qui l'entourent, jusqu'au feu de bois géant qui vous salue à la sortie du spectacle, tout participe à faire de ce moment quelque chose de merveilleux.
Quand le spectacle commence la beauté des chevaux vous saisit. Leur agilité, la précision du dressage bluffent. Dans "On achève bien les anges", la première scène les surprend libres seuls sur la piste, puis des anges descendent doucement du ciel pour les chevaucher. Ces acrobates impressionnent eux aussi par leur technique. Les tableaux se succèdent semblant tout d'abord nous conter une histoire puis nous perdant dans une série de saynètes dont on ne sait plus si elles s'associent pour nous raconter quelque chose ou au moins illustrer un propos. À l'exception de 3-4 scènes esthétiquement réussies et quelques bonnes idées mal exploitées, l'habillage et le propos artistique laissent sur sa faim.

Les chevauchées et l'incroyable talent de Bartabas pour obtenir ce qu'il veut des chevaux impressionnent. Son talent purement artistique, sa capacité à emmener plus loin cette maîtrise technique convainc moins. On rêve d'un Bartabas associé à un James Thiérrée, lui aussi homme de cirque, qui porte une poésie et une profondeur sans pareil. En associant leur savoir-faire, ils pourraient créer un spectacle totalement magique lui aussi.

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