SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 22:05

une-separation.jpgCela fait bien longtemps que le cinéma ne nous avait pas offert d’accompagner des personnages aussi parfaitement dépeints au coeur d'une histoire si bien écrite, dans son extrême simplicité et la complexité qui en découle. Par petites touches, peu nombreuses mais marquantes, dés son début, le scénario installe, avec une efficacité rare, la personnalité de chacun des héros. Puis, tout au long de l’histoire, chaque action et réaction des personnages, combat ou renoncement, dans la violence, la douceur ou la réflexion, chaque battement de cils nous parlent d’eux et aussi de la société Iranienne, du poids de la religion, de l’émancipation ou non des femmes, de la place des hommes, d'une certaine lutte des classes mais avant tout de ces héros-là dans cette culture-là.

La mise en scène ne fait pas d’esbrouffe. Vive et au plus près des comédiens - tous exceptionnels, enfants, adultes ou vieillards - elle accompagne les personnages, laissant toute la place à leur droit d’expression.

Quel bonheur, alors qu’il est si facile au visionnage de tous ces films fait au kilomètre de prendre à défaut les scénaristes qui donnent dans la facilité quite à défigurer leurs personnages, quel bonheur de voir Une Séparation rester à tout instant fidèle à ses héros, les respectant dans ce qu’ils sont jusqu’au dénouement.

C’est sans doute la plus grande qualité d'Une Séparation : ses héros ne sont jamais trahis par leur créateur.

C’est leur force et celle du film, un chef d’œuvre du genre.

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 09:51

 

 

 

Quoi de plus triste que de voir partir les artistes qui ont accompagné nos vies depuis l'enfance, intemporels parce que là depuis toujours ?

La réponse bouleversante vient de nous éclater au coeur. La mort d'une artiste de 27 ans, talent rare, sensibilité à fleur de peau, personnalité unique, génie de la musique, auteur, compositeur, interprète d'exception, dont les deux premiers albums nous annonçaient tant de bonheur musicaux encore à venir.

Harcelée par les paparazzis, l'alcool, la drogue et un succès effrayant, Amy  Winehouse est décédée hier à l'age de 27 ans.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 21:02

 

Pater.jpgAlain Cavalier invite Vincent Lindon devant et derrière sa caméra pour jouer à "on dirait que...".

Si Alain Cavalier était Président de la République, il nommerait Vincent Lindon premier ministre.

Si Vincent Lindon était premier ministre, toutes colères dehors, il tenterait de réduire l'écart entre les bas et les hauts salaires.

 

Le spectateur, regarde Cavalier et Lindon se raconter l'histoire qu'ils nous racontent, fabriquer le film dans le film et créer les personnages qu'ils se sont attribués. Ca se prépare, ça se lance, ça s'interrompt, ça hésite et repart. Quand Alain Cavalier fait du cinéma avec Vincent Lindon, c'est du cinéma militant et du beau cinéma. Un film entre reportage et fiction et réciproquement, du cinéma dans le cinéma avec en prime une réflexion et un positionnement politiques.

 

Vous l'aurez compris mieux vaut aimer Alain Cavalier et Vincent Lindon, omniprésents à l'image, pour apprécier ce film ovni qui offrent de grands beaux moments.

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 21:04

LE-MEC-DE-LA-TOMBE-A-COTE.jpgUne femme et un homme se rencontrent dans un cimetière. Elle lit les philosophes, il élève des vaches.

 

L'auteur ne craint pas la caricature et ne fait pas dans la nuance. La finesse n'est pas de mise. Les personnages sont dessinés à très gros traits : l'intellectuelle est bibliothécaire et l'agriculteur est un gros beauf.

On croit rêver d'apprendre que cette pièce est tirée d'un livre écrit en 2006...

Le jeu des comédiens, Sophie Broustal et Marc Fayet, est à la hauteur de l'histoire : lourd, très lourd. Marc Fayet, qu'on a connu plus inspiré, se croit obligé de donner un accent à son personnage, un accent pseudo-campagnard qui se transforme à l'occasion en accent de banlieue parisienne ou en plus d'accent du tout.

A cela s'ajoute une mise en scène, dans laquelle les acteurs monologuent à n'en plus finir. Ils content leurs états d'âme mais aussi leurs faits et gestes au public. A tel point qu'ils n'échangent tous deux qu'une trentaine de phrases. Ce parti pris pourrait être intéressant si le texte bénéficiait d'une écriture plus littéraire, l'histoire d'un peu de finesse et les comédiens d'un peu plus d'inspiration. Sans ces trois éléments, la mise en scène n'est que ridicule.

Qualité de la pièce : sa durée. 1h15, on n'aurait pu tenir plus longtemps.

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 21:03

le-dernier-coup-de-ciseaux-affiche.jpgUn salon de coiffure très gay friendly, une clientèle hétéro...clite, un meurtre à l'étage et une enquête publique composent la trame de "Dernier coup de ciseaux". Cette pièce qui emporte depuis 30 ans tous les succés aux Etats-Unis est adaptée pour le public français par les auteurs de  Le tour du monde en 80 jours au Café de la Gare.

L'entrée en matière effraie un peu ; le salon de coiffure prenant vie telle une cage aux folles lors de l'entrée des premiers spectateurs dans le théâtre au rythme des Villages People. Heureusement, la caricature volontairement appuyée sur tous les profils (cadre supérieur prétentieux, bourgeoise Télérama, flic idiot...) est parfaitement assumée par des comédiens excellents. Le public digère grâce à eux et sans difficulté les outrances inhérantes au cadre de la pièce et rit de bon coeur.

Après une première heure dédiée à la mise en place des personnages et à l'évènement clé, le capitaine de police entre en scène et demande au public de l'aider dans son enquête. La pièce devient interactive jusqu'au bar du théâtre (l'entracte est prétexte à aller boire un verre avec le capitaine de police pour discuter du meurtre).

Si les comédiens sont excellents et qu'Olivier Solivères gère parfaitement le public, il est fort à parier que la qualité de la soirée que vous passerez dépendra aussi beaucoup de la qualité de la participation des spectateurs. Mon soir fut un excellent soir.


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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 16:17

Bois d'Enghein qui vient de  passer la nuit chez sa maîtresse Lucette cherche le courage de rompre car il se marie le jour même.

Jérôme Deschamps met en scène à 100 à  l'heure cette pièce où le génie de Feydeau agit comme jamais. La quinzaine de comédiens dont Florence Viala, Guillaume Gallienne, Thierry Hancisse, Dominique Constanza, Claude Mathieu, Serge Bagdassarian, Georgia Scalliet... sont excellents. Hervé Pierre, dans le rôle de Bois d'Enghein, est déchaîné en lâche, manipulateur tandis que Christian Hecq est un hilarant en pantin desarticule.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 15:45

P1000937Monumenta, pour la quatrième année consécutive, met un artiste au défi de créer une oeuvre capable d'occuper la nef du Grand Palais, espace grandiose par son gigantisme et sa beauté. 

Cette année c'est Anish Kapoor qui prend possession des lieux avec Léviathan.  

L'accés à la nef se fait par un sas qui vous propulse au coeur de l'oeuvre. Ce qui saisie d'abord c'est la chaleur, l'obscurité puis la couleur rouge-orangée et enfin la grandeur de l'espace. La matière est étrange, comme la peau d'un ventre ou le nylon d'une mongolfière. La sensation est curieuse. C'est surprenant, inédit, mais finalement plus étonnant P1000963que touchant. La curiosité nous emmène assez vite vers l'extérieur pour comprendre à qui appartient ce ventre immense. Là on découvre une sorte d'animal étrange fait de 3 sphéres énormes qui occupent toute la nef. Comme échouée, l'oeuvre de couleur prune semble oppressée dans cet espace trop petit pour elle. Si le monstre voulait seulement se retourner la verrière serait balayée. Le gigantisme de l'oeuvre est impressionnant. On se rend compte qu'une seule des sphères est accessible de l'intérieur, on s'interroge sur le sens de l'oeuvre puis très vite c'est la prouesse technique qui occupe les esprits. 35m de haut, 10701kg, l'oeuvre de 72000m3 est en textile, mélange de polyester et de PVC. C'est l'air pulsé qui lui a donné sa forme définitive. La moindre fuite et l'oeuvre disparait. Alors nous vient l'envie de revoir le monstre de l'intérieur.

Jusqu'au 23 juin 2011 - entrée 5€.

P1000953.JPG P1000934.JPG

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 14:08

jypey-se-revolte-affiche.jpgJypey. Ce nom de comique sonne comme un gadget et n'annonce rien qui vaille.

Et pourtant, très à l'aise avec le public et l'improvisation, le comédien s'avère très bon.

Son spectacle est fait de sketchs, pas toujours très bien balisés, sur le couple, la sécurité routière, la société de consommation. La forme et le fond n'apportent rien de vraiment nouveau.

On est même surpris par l'écriture un peu à l'ancienne. On est loin des stand-ups à la mode, ça ne sonne pas de notre époque et c'est ce qui donne finalement un petit goût d'air frais.

Jypey nous offre un bon moment de détente, de rire bon enfant, sans révolution, mais pas sans savoir faire. Sympathique donc.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 18:54

tree-of-life.jpgLa palme d'or 2011 est bien singulière. Mieux vaut être patient et disposer d'un sens de la curiosité particulièrement aiguisé pour se lancer dans les 2h18 du dernier crû de Terence Malik.

Si la mise en scène est remarquable, le propos mystico-existentialiste est à la limite du ridicule. Et lorsque le réalisateur nous propose en entrée la création du monde pour les nuls - big bang et dinosaures compris - en 20 minutes chrono, on salue la beauté des images mais on se demande où Malik veut nous mener et s'il faut prendre cela au 1er degré. S'en suit le portrait toujours remarquablement mis en scène et parfaitement interprété d'une famille Américaine des années 50. La vie d'Américains moyens qui expliquerait la Vie avec un grand V, sa dureté, ses difficultés, son innocence perdue. Toute cette partie offre de nombreuses scènes de toute beauté et même si l'on perçoit quelques longueurs, elle suffirait à composer un film presque réussit. Malheureusement, Malik repart dans ses délires avec une scène finale qui nous emmène dans l'au-delà, une sorte de Paradis blanc à la Michel Berger, et replonche dans le ridicule.

Il faut aussi parler de la voix off qui accompagne toute l'histoire en interrogeant le tout puissant. Elle clame l'étonnante limite du film. Ses questions du genre "où vais-je, d'où viens-je, dans quel état gère, pourquoi t'es méchant alors qu'on est gentil ?" sont incroyablement désuettes.

 

Bref, prix de la mise en scène peut-être, palme non.

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 16:31

james_thierree_london_large.jpgMoins de chorégraphies aériennes, moins d'emphase, plus d'acrobaties, de magie, de danse et de contorsions, si  "Au revoir parapluie" offre moins d'envolées lyriques que "La veillée des abysses", le spectacle n'en est pas moins un grand moment d'évasion.

Le rire, plus présent, alterne, ici aussi, sans cesse avec le drame et les moments d'émotion se terminent toujours par une pirouette qui laisse place à la farce.

 

Le décor principal, une centaine de cordes suspendue au plafond virevolte et coule sur la scène en une masse informe et inquiétante. Car, dans "Au revoir parapluie", il pleut des cordes, des cordes qui emprisonnent, vous lient et vous relient contre ou avec votre grés. Des cordes qui se font aussi vocales, car le  chant, la musique et les sons tiennent un rôle essentiel dans la pièce, à la fois complices et ennemis de nos héros qui grands voyageurs malmenés par les éléments, se débattent, trébuchent et se disloquent, souvent victimes, soudain spectateurs quand l'absurde est trop grand.

Le spectacle prend fin sous un chapiteau de cirque, un chapiteau accueillant et protecteur, où les choses sont plus douces, où la pluie est de volants et d'étoiles.

La lumière s'éteint et un déluge d'applaudissements retentit.

 

Article sur la Veillée des Abysseset LA Grenouille avait raison ici : La veillée des Abysses , la grenouille avait raison

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 19:02

midnight in parisWoody Allen nous invite dans son Paris vénéré, pour une déclaration d'amour a une ville magnifiée par une histoire culturelle et artistique d'une richesse sans pareil. Les artistes qu'elles a bercé sont prestigieux et si la nostalgie vous guide, vous pourrez les rencontrer au virage d'une rue, au douzième coup de minuit. 


"Minuit à Paris" est un film charmant et drôle.

On y retrouve quelque chose du romantisme et de la magie de "La Rose Pourpre du Caire" avec la drôlerie en plus.

On est emporté dans cette histoire de conte de fée.

Le charme fonctionne à plein.

Un pur et très bon Woody Allen.


 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 18:22

Hier, Antoine Doinel a perdu sa Colette et le cinéma français, le populaire comme le plus exigeant, une grande et belle comédienne.

Marie-France Pisier a interprété des seconds rôles de premiers plans avec des  réalisateurs importants tels Techine, avec lequel elle a eu deux César du meilleur second rôle ("Souvenirs d'en France" et "Barroco") mais aussi Tacchella , encore un Cesar (Cousin, cousine), Bunuel, Rivette, Verneuil, Truffaut, Girod, Granier-Deferre, Zulawski, Ruiz, Maiwenn... Elle est la troisième des "Soeur Bronte" aux côté des monstres Huppert et Adjani, l'amie de Romy Schneider dans "La Banquière", la convoitée de Belmondo dans "Le corps de mon ennemie". Marie-France Pisier était aussi Christine, féministe attachiante et larguée dans le déglingué, hilarant et sous estimé "Les nanas" d'Annick Lanoe.

Son sourire, son rire et sa voix reconnaissables entre mille habitent pour toujours le cinéma français.

Marie-France Pisier est morte hier à 66 ans.

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 13:03

Illumine.jpgMarc Hollogne propose depuis près de 30 ans des spectacles qu'il nomme cinéma-théâtre. Un écran de cinéma occupe la moitié de la scène sur lequel des acteurs filmés (Mathilda May, Michel Jonasz et Rufus) donnent la réplique aux comédiens physiquement sur scène qui peuvent à tout moment, eux aussi, entrer "dans" l'écran. La synchronisation entre l'écran et la scène est parfaite et de la salle on finit par perdre ses repères et on ne sait plus très bien distinguer le réel du virtuel. 

L'illuminé se situe aux débuts de la révolution industrielle et est prétexte à dénoncer les excès du tout technologique. Le récit déjà un peu compliqué par un texte très riche (très bien écrit mais pas simple) est construit d'une façon qui encombre le propos et lui fait perdre un peu de son intérêt. Cependant, les astuces et bons mots ne manquent pas et donnent souvent lieu à sourire.

Mais, le spectacle vaut surtout pour sa prouesse technique et la poésie que véhicule le cinéma-théâtre. Quant aux comédiens, à commencer par Marc Hollogne, ils sont d'une qualité irréprochable et poursuivent le spectacle jusqu'à la sortie du théâtre où ils attendent les spectateurs pour les saluer une dernière fois.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 21:25

mechant-moliere.jpgA Courson la Gamine, le directeur du supermarché a décidé de mettre en scène Tartuffe avec sa troupe de comédiens. Trouvant Molière un peu dépassé, il a quelque peu modernisé l’histoire et le texte en respectant toutefois l’écriture en alexandrins.

Ce qui frappe dès les premières minutes de Méchant Molière, c’est la qualité très inégale de la troupe ; certains comédiens sonneront particulièrement faux d’un bout à l’autre de la pièce. Le décor est triste à souhait et surtout sans aucune originalité. La mise en scène est du même acabit. Peu imaginative, elle est toutefois rattrapée par un sens de la gestuelle assez efficace. Très vite il est évident que les bons moments de la pièce résident dans la réécriture et la ré-interprétation de Tartuffe. Tout l’habillage autour et l’histoire de Courson la Gamine ne reste que prétexte et offre peu d’intérêt, à l'exception de l'écriture en alexandrins qui joue un rôle comique primordial. Il est vrai que l’auteur Xavier Jaillard excelle dans la réécriture et le sens du décalage. Et lorsqu’il est servi par des acteurs qui sonnent juste, son texte est très drôle. Ainsi, on goûte particulièrement la qualité de Tchavdar Pentchev, irrésistiblement juste de drôlerie dans le rôle de Valère (sa qualité jure presque dans cet ensemble).

Ce « Méchant Molière » du Théâtre du Petit Hébertot est donc bien étrange. Bien que l'on rit souvent et que la pièce se voit sans ennuie, trop d’éléments semblent avoir été montés à la va-vite, sans soin, comme bâclés. La pièce en est un peu gâchée.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 14:42

pina-2.jpgDés la première séquence, un extrait du Sacre du Printemps, on est impressionné. La caméra est sur la scène au plus près des danseurs, à côté d’eux, au-dessus d’eux. Wenders place sa caméra là où celles des reportages sur la danse osent rarement s’avancer. On est au plus près des corps et des visages. Cette réalisation idéale offre un magnifique écrin aux créations de Pina Bausch.

De la chorégraphe allemande, je ne connaissais que le nom, une apparition dans le film d’Almodovar « Parle avec elle » et certaines expressions enthousiastes des copines qui aiment la danse. Pour apprécier "Pina", pas besoin d’aimer particulièrement cet art. Pas besoin d’être féru de danse pour goûter la beauté des mouvements, l’étirement des corps, l’inquiétant jeu des acteurs que Pina choisissait sans doute autant pour leur qualité de danseurs que pour leur gueule. Que ces chorégraphies soient dérangeantes, émouvantes ou drôles, elles ne laissent jamais indifférent. Il est vrai qu’on se réjouit une ou deux fois qu’il ne s’agisse que d’extraits des ballets et non des ballets complets mais pour le reste, le plus souvent, on aurait aimé poursuivre. La plupart de ces moments de danse sont filmés sur scène avec les décors créés pour la pièce. On peut ainsi voir plusieurs passages de Café Muller et de son décor de chaises ou de Volmond dans laquelle l’eau envahit la scène et danse avec la troupe. Mais les plus beaux passages du film sont sans doute ceux où Wenders sort les danseurs de scène et les plonge dans des décors naturels. Le contraste entre les danseurs et la ville ou la nature qui les entourent sert plus encore la beauté des chorégraphies. On oublie totalement la performance pour ne plus voir que la poésie.

Seule réserve au film, l’utilisation de la 3D. Sur la première scène, le sacre du printemps, elle saute aux yeux de façon plutôt positive. Elle participe à notre entrée en scène, à une plus grande perception des corps et des mouvements. Puis, toujours sur les passages filmés en scène, elle agit de façon inégale, donne parfois une image qui au lieu de nous rapprocher au plus près du réel nous en éloigne, une image qui sonne un peu faux. Elle ne gène pas vraiment mais pour le coup n’apporte plus grand chose. Enfin, sur les scènes tournées en extérieur, Wenders, libre de mettre en scène les danseurs, sait trouver les lieux et les cadrages qui serviront pleinement la 3D. Et effectivement l’effet de relief et de profondeur est assez saisissant jusqu’à prendre toute la place et à détourner l’attention du spectateur des danseurs et des chorégraphies… Tout ça pour dire, que je ne suis toujours pas convaincue de l’intérêt artistique de la 3D. Mais ce n'est qu'un détail. "Pina" n'en est pas moins un très bel hommage au travail de Pina Bausch et de ses danseurs. Un film intéressant, beau et émouvant.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 15:30

Hitch2.jpgFrançois Truffaut et Alfred Hitchcock reçoivent au Lucernaire dans un spectacle très particulier.

Ingrédient principal de la pièce : le Hitchbook. Le livre d'entretiens entre Truffaut et Hitchcock nourrit les dialogues. Le théme de Hitch est donc le cinéma, avant tout celui de Hitchcock, et aussi la relation particulière qu'entretenaient les deux réalisateurs.

Dés la première minute, les auteurs placent les deux cinéastes dans une situation incongrue qui rend un double hommage au goût du suspens d'Hitchcock et à l'admiration quasi passionnelle qu'entretenait Truffaut pour le maitre anglais. Cet événement sert alors de fil rouge pour dérouler l' entretien entre les deux hommes accompagnés d' Irma Hitchcock, épouse d'Alfred. Curieusement, et de façon tout à fait incompréhensible, au milieu de la pièce, les auteurs mettent fin au suspens abandonnant totalement l'intrigue, seule astuce du spectacle qui aurait permis de ne pas laisser sur le bord de la route les non cinéphiles. Toute la place est alors donnée aux échanges sur le cinéma. Evidemment, ayant abandonné toute intrigue, les auteurs ne proposent pas de chute. La pièce, définitivement mal ficelée, se termine sans qu'on sache pourquoi, car cela aurait pu durer ainsi des heures. 

Malgré ce tissage bancal, Hitch offre un bon moment, pour qui est passionné par Hitchcock et Truffaut. On rit souvent, le malicieux Hitchcock ayant particulièrement le sens de la formule et le personnage d' Irma étant particulièrement drôle aussi. Les comédiens (Joe Sheridan, Mathieu Bisson et Patty Hannock) sont excellents et la ressemblance avec Truffaut et Hitchcock est telle qu'il est facile, en se laissant aller à ses rêves les plus fous, d'oublier qu'il s'agit là de doublures.


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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 13:28

Annie-Girardot-www.zabouille.over-blog.com.jpgSouvenir du 15 décembre 2001 : une rencontre furtive, le temps d'une signature sur une affiche dans un café en face du théâtre de la Gaité Montparnasse après une représentation de "Madame Marguerite". Annie Girardot devant une bière sans alcool, voix grave, ton abrupt et bienveillant à la fois. La comédienne, fidèle à l'icône de notre enfance, nous bouscule un peu.

Les médias ont tendance à l'oublier, mais Annie Girardot, avant de devenir la représentante de tous les malades d'Alzheimer, a été une immense comédienne. Dans les années 70, elle était LA star du cinéma français. Toute notre enfance-adolescence sera bercée par ses films. Drôle ou touchante, elle a tourné avec les plus grands réalisateurs. Une liste aussi variée qu'impressionnante : Carné, Grangier, Allegret, Visconti, Oury, Rossi, Ferreri, de La Patelière, de Brocca, Audiard, les frères Taviani, Lelouch, Giovanni, Pinoteau, Boisset, Comencini, Molinaro, Blier, Haneke...

Les images bouleversantes de ses dernières années, celles troublantes de la remise des Césars de 1996, ne prendront jamais le pas sur celles de "Mourir d'aimer", "La zizanie", "Un homme qui me plait", "Rocco et ses frêres", "Tendre poulet", "Vivre pour vivre", "Docteur Françoise Gaillland"... ni sur celles du souvenir de la représentation de "Madame Marguerite".


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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 21:23

diplomatie-copie-1.jpgLes troupes du Général Leclerc sont aux portes de la capitale, lorsque le consul suédois Raoul Nordling s'introduit dans l'hôtel Meurice QG du général Von Choltitz. L'officier, gouverneur de Paris, s'apprête à faire sauter tous les monuments et ponts de la ville pour engloutir la capitale et stopper l'avancée de l'ennemi. Nordling et Choltitz se lancent alors dans une joute oratoire dont l'enjeu est Paris et par extension l'avenir de l'Allemagne déjà presque battue.

Diplomatie met en scène l'histoire dans l'Histoire sans que l'on sache très bien ce qui est vrai ou inventé. Mais peu importe, on sait que l'essentiel est bien réel : Choltitz a désobéi aux ordres et sauvé Paris.

L'auteur Cyril Gely offre aux deux comédiens des dialogues tendus, à l'écriture limpide et efficace. La dramaturgie est régulièrement allégée de bons mots qui bénéficient du jeu tout en ironie légère de Dussolier. La mise en scène et le décor sobres servent parfaitement l'histoire. Les petits détails semés avec parcimonie suffisent à nous immerger dans l'époque. Les indispensables, mais très, seconds rôles sont parfaits. André Dussolier excelle dans la peau du diplomate guindé, de l'humaniste sensible et de l'insolent trouble fête. Quant à Niels Arestrup, à lui seul il imprime toute la tension du moment et exprime avec un réalisme bluffant toute la violence et l'impuissance de cet homme prit entre deux choix impossibles. On perçoit chacun des basculements de cet officier qui voit son monde rêvé s'écrouler. Captivant.

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 16:37

affiche_orient_des_femmes.jpgLe musée du quai Branly présente, jusqu'au 15 mai, l'exposition l'orient des femmes. Christian Lacroix  est le directeur artistique de cette présentation de 150 costumes et parures du Proche Orient. Tenues traditionnelles anciennes (depuis la fin du 19ième) et d'aujourd'hui se cotoient dans une curieuse scénographie. Elle consiste à nous présenter toutes ces tenues de la même façon : les costumes sont suspendus grâce à une barre noire passée dans les manches. Seuls 3-4 mannequins "cassent" cette monotonie. A cette présentation désincarnée et lugubre, les femmes de l'orient manquent cruellement. Seule une ancienne vidéo de 2 minutes, étonnante et sympathique, met en scène une femme souriante nous montrant l'art d'enrouler les manches et de plier l'étoffe d'une robe pour la porter comme il faut.

Au plaisir de cette vidéo, s'ajoutent la qualité des broderies et des couleurs.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:36

or.jpgLe théâtre Daniel-Sorano de Vincennes ouvre sa scène à Blaise Cendrars. Le comédien Xavier Simonin interpréte L'Or.

Sur lui, pas de costume particulier et de jolies lumières. A ses côtés, un décor minimaliste et un drôle de type. Assis sur une chaise, statique et muet, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau accompagne Xavier Simonin.

Le comédien est en tous points remarquable et vous emporte très vite dans les mots de Cendrars et l'incroyable histoire de Johann Auguste Suter. Le voyage est total. L'harmonica de Milteau est agréable et juste lorsqu'il joue entre "les chapitres", mais il devient gênant quand il accompagne la voix de Simonin.

Le comédien est si talentueux qu'on n'est pas très sûr, au final, de l'intérêt de l'harmonica. D'ailleurs, Milteau l'avoue lui même le boulot c'est Simonin qui le fait ! La présence de Milteau sert sans doute plus à remplir la salle qu'elle ne sert le spectacle. Cela reste tout à l'honneur de l'harmoniciste qui offre à Xavier Simonin, comédien de haut vol, l'audience qu'il mérite.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 21:11

art-brut-copie-1.jpg

La halle Saint-Pierre expose, jusqu'au 26 août, une petite partie de l'énorme collection de Charlotte Zander. Sur les 4000 oeuvres et 400 artistes que compte cette collection privée, la halle nous présente 49 artistes et une centaine d'oeuvres réunis sous le nom d'Art brut. Parmi des tatouages, des sculptures de bric et de broc, des oeuvres tendance ethniques et d'art naïf, on remarque particulièrement une dizaine de tableaux de Bauchand, deux petites toiles du Douanier Rousseau dont une particulièrement belle et la présence de Séraphine de Senlis. Quatre de ses tableaux sont exposés dont "le cerisier" particulièrement hypnotiques. L'ensemble moins à mon goût offre tout de même le plaisir de la découverte et de l'étonnement.

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 20:29

discours.jpg« Le discours d’un roi » doit beaucoup à ses comédiens. Colin Firth en George VI bégaye sans jamais rendre son personnage ridicule, Geoffrey Rush en orthophoniste impertinent est très drôle et Helena Broham Carter en épouse aimante, tout à la fois coincée et pince sans rire, est parfaite. Deuxième attrait du film, les dialogues à l’humour so british qui offrent de bons moments sans doutes les meilleurs. La réalisation assez académique propose tout de même 3-4 plans efficaces.

Malheureusement, le cœur du film manque d’ambition. Le scénario est plat et si les échanges entre le roi et son orthophoniste n’étaient pas aussi drôles on s’ennuierait fort. Les scénaristes se contentent d’un récit chronologique, linéaire, un peu confus et répétitif. L’intensité du film reste la même d’un bout à l’autre, avec quelques coups de mous en cours de route. Le réalisateur reste au premier degré, sur son sujet, le bégayement du roi sans jamais réellement faire de place au plus gros handicap d’ Albert-George VI : son absence d’ambition pour la fonction de roi. Une fonction qui, d’autant plus, lui tombe du ciel alors qu’il s’en croyait à l’abri. Si Tom Hooper aborde le sujet c’est du bout de la caméra. Ainsi la scène finale est ratée car écrite et réalisée, à l’image du reste du film, sans montée en puissance. On ne sent la libération du roi bégayeur qu’après son discours lorsqu’il est félicité par son entourage. Alors que cette libération s’opère au fil du discours. Sa voix se libère peu à peu et sans doute entre t-il vraiment dans la fonction à ce moment clé de son Histoire. Mais le réalisateur ne semble pas y porter attention. L’essentiel est que ce discours se termine sans fausse note. Il faut dire que le sujet de son film est le bégayement du roi et surtout rien d’autre.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 18:41

michal-Batory.jpgLe musée des Arts Décoratifs expose Michal Batory, affichiste toujours en activité.

L'exposition s'ouvre sur une première salle-atelier. Dans une installation au départ un peu déroutante et qui s'avère très vite ludique et intelligente, on découvre le travail de création et la démarche artistique de l'affichiste à l'imagination débordante.

Batory ne donne pas dans le figuratif. Il préfère le surréalisme qui interpelle et laisse place à la réflexion.

Une démarche prédominante de son travail consiste à associer deux objets qui à priori n'ont rien en commun, pour en créer un troisième qui parlera aux "lecteurs-spectateurs" de l'affiche. Car les oeuvres de Batory sont avant tout des objets à but publicitaire pour des événements essentiellement culturels.

Ainsi, l'exposition présente une centaines d'affiches commandées par le théâtre de Chaillot, celui de la Coline, l'IRCAM, le Centre Pompidou... mais aussi des couvertures de livres (ceux de Coehlo) et de CD. L'ensemble est esthétiquement agréable, souvent surprenant, drôle et poétique.

 

Pour découvrir le travail de Michal Batory cliquez ici link

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 18:32

chez_mondrian_-paris_1926-.jpgLe musée du Jeu de Paume consacre une impressionnante rétrospective à André Kertesz, photographe hongrois ayant exercé dans son pays natal, à Paris ainsi qu'à New-York.

C'est pas moins de 300 de ses clichés, réalisés entre 1912 et 1985, qui sont présentés de façon chronologique. L'exposition débute par de minuscules photographies privées et se termine par des polaroïdes couleurs magnifiques. Entre deux, des clichés d'un noir et blanc d'une grande beauté, tant par ce qu'ils montrent dans un cadrage au millimètre que par une qualité de dégradé de gris exceptionnelle. Le noir et blanc est ici si riche qu'il en devient couleur. Kertesz joue sans cesse avec les ombres et les reflets et a le génie de figer son quotidien en des images d'une grande poésie.

Rarement, la rétrospective de l'oeuvre d'un photographe n'a présenté autant de chefs d'oeuvre. Chaque cliché interpelle par sa beauté plastique, l' originalité de son regard et l'émotion qui s'en dégage. 

On sort de l'exposition ému par ce beau voyage.

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 20:06

Arthur Martin porLe-Nom-des-Gens-film-Jacques-Gamblin-Sara-Forestier-affiche.jpgte le nom d'un lave-vaisselle et celui d'un bon français de souche. Il n'en faut pas plus à la jolie Baya Benmahmoud pour en faire une de ses prochaines "victimes".

 

"Le nom des gens" propose un scénario original, drôle, intelligent et sensible.

Les comédiens excellents, la mise en scène efficace en font un film sans prétention et riche à la fois.

Une excellente surprise qui vaut bien mieux que ce que présente la bande annonce.


 


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