SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 17:25

zabouille---camille-redouble.jpgCamille, la quarantaine, comédienne sans réussite, alcoolique et fraîchement séparée du grand amour de sa vie, perd connaissance au 12ième coup de minuit de la St Sylvestre. Elle se réveille en 1985, année de ses 16 ans.

A la lecture du pitch et au souvenir des films déjà vus sur le sujet (Peggy Sue par exemple) on rentre dans le ciné avec une idée assez précise de ce qu'on va voir. Mais c'est sans compter sur l'inventivité et la sensibilité de Noémie Lvovky qui s'approprie ce sujet propice aux grosses blagues pour en faire un film drôle certes mais aussi et surtout délicat et émouvant.

Noémie Lvovsky joue le rôle de Camille à 40 et à 16 ans sans excés de maquillage. La maturité que Camille posséde dans ce voyage dans le temps, Noémie Lvovsky l'affiche volontairement  physiquement. Le spectateur perçoit d'autant mieux le décalage et les émotions qui se présentent à elle : un retour vers le passé plus nostalgique que fantastique.Le casting est épatant. Les confirmés bien sûr Yolande Moreau, Samir Guesmi, Anne Alvaro, Mathieu Amalric, Jean-Pierre Léaud, Denis Podalydes et Michel Vuillermoz mais aussi les "jeunes" Vincent Lacoste, Julia Faure, India Hair et Judith Chemla dont la parenté artistique et physique avec Marie Trintignant est particulièrement troublante.Un très joli film donc.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 16:29

Zabouille---affiche-Volpone-ou-le-Renard-au-Theatre-de-la-M.jpg

Le théâtre de la Madeleine accueille la nouvelle création du prolifique Nicolas Briançon. Le metteur en scène monte "Volpone" de l'anglais Ben Johnson, pièce du répertoire classique écrite en vers au début du 17ième siècle.

Au lever de rideau, on découvre Volpone dans sa chambre... forte, entouré de ses richesses et de son serviteur Mosca. Volpone, richissime mais pas rassasié, trompe son ennui et complète son trésor en dupant, un par un, les vautours qui convoitent son héritage.

 

Pour qui ne connait pas la pièce (j'en suis ou plutôtj'en étais), il est difficile d'évaluer jusqu'à quel point le texte dans sa traduction a été modifié, modernisé. Peu  de vers ici et une parole très diverse : classique par moments et très actuelle par d'autres, mais toujours de belle tournure. Aussi, les bons mots sont légion et on rit souvent. Les thèmes abordés par la pièce demeurent d'une pertinente actualité.  

 

La distribution est de grande qualité, à commencer par le maître de la troupe, Roland Bertin, particulièrement réjouissant. Nicolas Briançon, himself, est parfait en Mosca. On retrouve avec plaisir Philippe Laudenbach et Pascal Elso. Les autres comédiens, qui m'étaient inconnus, sont largement au niveau et on remarque particulièrement Matthias Van Khache dans un rôle de fou furieux. 

Côté mise en scène, Briançon parsème un peu de danse, d'acrobaties et de musique. Ainsi ce sont les bouffons de Volpone entre look gothique et Commedia Del Arte qui assurent les transitions. Quelques pas de danse, 2-3 pirouettes, quelques accords de musique à la Nino Rota, et l'impressionnant décor de coffres forts se transforme en rues de Venise, en boudoir ou en tribunal.

 

Tout cela nous donne 1h45 de plaisir théâtral, théâtre classique et baroque dans un écrin de modernité.

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 20:10

   Zabouille---Tallin.JPG © Isabelle Dujardin

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 15:29

   Riga--268--copie-1.JPG © Isabelle Dujardin

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 14:27

vent-mollet.jpgRachel a 9 ans, un père revenu des camps de concentration, une mère juive tunisienne, une grand-mère quasi-mutique et un tas de névroses qu'elle soigne avec une étrange psy. La rencontre de Valérie, copine d'école survitaminée, et de sa mère célibataire, va embellir sa vie et bousculer la léthargie familiale.

"Du vent dans mes mollets" est à la fois drôle et grave et au final poignant. Les dialogues au diapason alternent humour et sensibilité. Le casting est en tous points parfait - Denis Podalydes, Agnés Jaoui (exceptionnelle !), Isabelle Carré, Isabella Rosselini, Judith Magre, deux petites filles extrêmement douées, Anne Lemarchand et Juliette Gombert et les transfuges de la Comédie Française , Elsa Lepoivre, Hervé Pierre et Christian Heck. La psychologie de chaque personnage, délicatement dessiné, compose cette belle comedie-dramatique.

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 13:50

hu.jpgLe 5 avril 2004 a lieu le plus gros braquage de Norvége. Des malfaiteurs militairement armés attaquent la banque Nokas et dérobent 8 millions d'euros.

 

Le film, à la forme assez aride et filmé en quasi temps réel, montrant plus qu'il ne démontre, aurait aussi bien pu s'appeller "Les Pieds Nicklés braquent le pays de Oui-Oui". D'un côté (la police) comme de l'autre (les truands), l'incompêtence est manifeste, comme ci les deux camps découvraient ce jour là leur "mêtier". Les passants-témoins, eux-mêmes, sont sans réaction, pensant à un exercice plutôt qu'à une violence réelle.

 

Ainsi, le film vaut surtout par ce qu'il raconte de la Norvége, concidérée comme un des pays les plus paisibles au monde, et du rapport de celle-ci à la violence. Intrigant.

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 14:07

Venedig_b.jpgA l'occasion des 80 ans de Gerhard Richter, le Centre Pompidou propose une rétrospective, présentant pas moins de 150 de ses oeuvres. 

Une belle opportunité de découvrir ou redécouvrir cet artiste, figure majeur de l'Art contemporain.

Le travail de Richter exposé ici, s'étale des années 60 à nos jours. Les oeuvres sont présentées de façon chronologique dans une scénographie aérée, aux cartels particulièrement explicites.

Ce qui marque dans ce "Panorama" c'est la diversité. Diversité des supports, des techniques, des styles et des sujets.

Du figuratif à l'abstraction, de monochromes plombant aux explosions de couleurs, de la peinture-photos aux hommages aux grands maîtres, des structures de verre aux compositions numériques,  Richter multiplie son savoir faire. Et si, bien sûr, toutes les oeuvres ne touchent pas de la même façon, à aucun moment on ne peut honnêtement contester le talent de l'artiste.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 15:07

les-enfants-de-belle-ville.jpgSuite au succès remporté par "La Séparation", le distributeur d'Asghar Farhadi ressort en salle "Les enfants de Belle ville", réalisé en 2004.

    Akbar, 18 ans, est condamné à mort. Seul salut possible : conquérir le pardon du père de la victime. La soeur d'Akbar et son meilleur ami  vont tout tenter pour l'obtenir.

 

Ici la tragédie se joue en trois drames intimement liés : la mort programmée d'un adolescent exalté, un amour impossible et le chagrin d'un père inconsolable et perdu.   

On retrouve dans "Les Enfants de Belle ville" ce qui nous avait séduit dans "A propos d'Elly" et "La Séparation" : la peinture de la société iranienne à travers un récit parfaitement tissé. Ici encore, tous les protagonistes sont confrontés aux règles d'une société iranienne où la religion et l'argent font loi.     

 

Farhadi dessine minutieusement ses personnages confrontés à des situations cornéliennes et dont les raisons d'agir, bien que contradictoires, se justifient. Les combats de chacun dans la peine ou la colère ont tous leur humaine raison.

 

   

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:04

share.jpgEn Ecosse, Robbie, jeune papa et délinquant en cours de repentance est condamné à 300 heures de travaux d'intérêts généraux. Il y rencontre d'autres paumés dans son genre et un "éducateur" Henry qui l'initiera à l'art du whisky. Robbie y découvrira la part des anges, celle qui s'évapore des grands crus et celle que l'on vole aux plus riches pour s'offrir une nouvelle vie.

 

Ken Loach, fidèle portraitiste de la classe ouvrière, utilise ici le registre de la comédie pour dire les difficultés de la vie au Royaume-Uni. Avec cette nouvelle histoire de pieds nickelés, il dose parfaitement entre comédie et film social. Ses comédiens, à l'accent écossais à couper au couteau, sont une fois encore excellents.

 

Un Ken Loach plus léger que d'habitude mais pas moins efficace.

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 18:07

holly-motors.jpgMonsieur Oscar (Denis Lavant, toujours aussi impressionnant) entre dans sa voiture et demande "combien de rendez-vous aujourd'hui, Céline ?" Dans cette limousine qui lui sert de loge, Monsieur Oscar enfile les costumes des personnages qu'il aura à interpréter tout au long de la journée dans un monde cinématographique sans caméra, sans frontière et au coeur de la ville.

Léos Carax rend hommage à tous les styles de cinéma et présente un constat amer de ce qu'il est en train de devenir : un cinéma à la carte, sans salle, sans caméra et peut-être bientôt sans comédien.

Un film sombre et nostalgique. Esthétiquement très beau. Déconcertant et prenant. 

 

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 16:22

Antibes - Musée Picasso (23)

© Isabelle Dujardin 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 14:05

julien1.jpgJulien Clerc, après trois soirs au Palais des Congrès, une soirée à l'Opéra Garnier en avril et plusieurs dates en province, clôturait ce samedi une série de 10 concerts au Palais des Sports de Paris.

 

En première partie, Alex Beaupain, auteur-compositeur-interpréte français, révélé par le cinéaste Christophe Honoré dont il écrit toutes les BO. Il interprète 5 de ces titres, chansons bien écrites, un peu tristes, jolie voix et belle interprétation. La configuration minimale, Beaupain au piano/synthé accompagné d'une violoncelliste-chanteuse, ne facilite pas l'appropriation des mélodies mais le moment est agréable. Beaupain, en plus de disposer d'un talent certain, ne manque pas d'humour et sait mettre le public dans sa poche.

 

Julien Clerc lui succède seul au piano avec "Jaloux". Un couplet, un refrain, déjà repris par un public conquis d'avance, et le rideau se retire faisant apparaître 40 musiciens. 

S'enchaînent alors une vingtaine de titres issus des albums du chanteur de ses débuts jusqu'au dernier LP. La sélection fait la part belle aux amoureux des années Roda-Gil, aux admirateurs de Jean-Loup Dabadie. On se rappelle alors - pourquoi l'avait-on un peu oublié ? - que Julien Clerc est un très grand mélodiste et qu'il dispose d'un talent aussi grand pour dénicher les textes à la hauteur de ses compositions. Les arrangements réécrits pour l'orchestre symphonique amplifient le plaisir procuré. L'ensemble emporte un peu plus que ce à quoi on pouvait s'attendre.

On est impressionné par les qualités vocales du chanteur. Sa voix est puissante, parfaitement et immédiatement en place. Il est présent, énergique et visiblement très heureux d'être là.

Le travail sur les éclairages est soigné. L'orchestre est particulièrement mis en valeur soit en cadrage direct, soit en transparence derrière le rideau ou en ombres chinoises. Les musiciens et leurs instruments sont ici glorifiés.

Ainsi, tout à la fois, nos oreilles et nos yeux se réjouissent d'un si bon moment : deux heures avec Julien Clerc au meilleur de sa forme.

 

PS : on remarquait dans la salle Jean-Loup Dabadie et Maxime Leforestier visiblement ravis d'être là.

PS 2 : merci à Nathalie pour l'invit'.

 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 22:45

antigone.jpgDans l'Alouette, Jean Anouilh s'empare de l'icône Jeanne d'Arc, petite bergère exaltée qui, pour contenter Dieu, suit les voix qui l'habitent et manient les hommes influents, avec pour seule arme la flatterie et la tournure d'esprit.

Jean Anouilh se moque des hommes orgueilleux, lâches et assoiffés de pouvoir, de l'Eglise intransigeante et corrompue. Il honore l'intelligence, la passion et la force de caractère d'une Jeanne qui à l'image d'une Antigone, seule contre la folie des hommes, va droit où ses passions et ses croyances la mènent. 

Le décor sobre est habillé d'éclairages ingénieux qui s'épanouissent dans une rosace XXL. Exceptionnellement, Christophe Lidon nous gratifie d'une mise en scène sans trop d'esbroufe et offre un bel écrin à la pièce.

La plume d'Anouilh est ici particulièrement affutée et drôle. Car, contre toutes attentes, on rit beaucoup ici et les bons mots et le décalage sont rois.

A la qualité du texte s'ajoute, l'autre richesse de la pièce : la grâce de Sarah Giraudeau qui manie avec virtuosité le burlesque et le drâme, la candeur et la force. C'est une joie sans pareil de voir à l'oeuvre un tel savoir faire.

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 19:22

109483 sugar-town-copie-1Quelques bons mots un peu lourds, bien misogynes et plutôt drôles, entourés d'une pseudo histoire dramatico-mystérieuse mal ficelée et sans intérêt, écrite en phrases alambiquées pour faire intelligent.

Une mise en scène maladroite, des intermèdes musicaux en arrêt sur image interminables qui semblent plus proches du remplissage que du parti pris artistique. Les deux sympathiques comédiens se démènent comme ils peuvent, quitte à sur jouer.

 

Quand le fou rire nous gagne aux moments censés être dramatiques, la conclusion est définitive : Sugar Town n'est pas un réussite.

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 16:05

une-puce.jpgDeux murs gris, une porte, une fenêtre, deux chaises. Guillaume Gallienne et Catherine Sauval engoncés dans leur collerette.

Nous sommes en Angleterre, au 17ième siècle. La peste régne à Londres. Le couple Snelgrave est enfermé chez lui, condamné à la quarantaine depuis que tous les domestiques sont morts touchés par l'épidémie. Quand deux inconnus, un marin et une fillette d'aristocrate, se réfugient dans la maison, la quarantaine est prolongée de 28 jours.

 

Dans "Une puce, épargnez-la", tout est austère ou presque. Le décor, les costumes d'époque, la scénographie qui coupe chaque scène de noirs habillés d'un clavecin glaçant, le sujet et son contexte.

Seulement, les comédiens sont formidables. L'écriture est agréable, assez belle. Quelques bons mots font sourire, l'incongruité des échanges intrigue et cette austèrité au final interpelle. Si le propos ne passionne pas tout à fait, il ne crée pas non plus l'ennui.

Pas inoubliable, mais pas si mal.

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 20:54

rouille-et-d-os.jpgJacques Audiard est un grand metteur en scène. Sens du cadre, de la mise en scène, de l'habillage sonore, intelligence du casting, parfaite direction d'acteurs. Goût pour les personnages insolites, borderline. Originalité des idées de scénario.

De rouille et d'os n'échappe pas à la règle.

Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Corinne Masiero, Bouli Lanners sont impeccables. Chaque scène fonctionne et capte l'attention sans ennui. Doucement, avec délicatesse, Jacques Audiard dessine ses personnages. Il multiplie les scénes, prend son temps, peut-être un peu trop car si aucune scène ne s'étire en longueur, on sent quand même le temps passer. C'est sans doute, le prix de la précision et d'une certaine prévenance. On est d'autant plus déçu par le dénouement, quart d'heure final quelque peu lourdingue et maladroit. Dommage mais pas bien grave.

 

 

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:13

 P1030791.JPG Monumenta pour sa cinquième édition convie Daniel Buren à se confronter à la nef du Grand Palais. 

Buren a installé sur toute la longueur de la nef une forêt de poteaux rayés (environ 2,20m de haut) noirs et blancs coiffés de cercles transparents colorés (bleu, vert, orange et jaune). La lumière richement distribuée par la verrière reflête les cercles de couleurs au sol de façon assez remarquable. Les couleurs y sont particulièrement vives.

    Si l'oeuvre colorée ("Excentrique(s) Travail In Situ") de Buren occupe bien le sol et l'habille de façon "sympathique", elle peine à trouver une réelle existence dans l'espace immense de la nef. Il est vrai que la hauteur du monument est impressionnante. Anish Kapour avait opté pour une oeuvre gigantesque qui venait flirter au plus prés de la P1030760.JPGstructure de métal. Boltanski qui proposait une installation au sol dans une ambiance glaçante avait parfaitement intégré l'immensité effrayante du lieu et habilement occuper l'espace avec du son.

Buren laisse curieusement l'espace au monument comme s'il s'inclinait devant la majesté du lieu.  

Du coup, l'installation, malgré ses sympathiques couleurs, fait bien pâle figure et légèrement ridicule. Notre regard quitte sans cesse l'oeuvre pour s'accrocher à la beauté du lieu.

Le monstre dévore l'oeuvre bien chétive. Défi raté.

 

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 21:23

Barbara_-_film_de_Christian_Petzold.jpg 

1980, Barbara, médecin à Berlin Est, débarque, après une mutation punitive, dans un hôpital de province.

 

Le film dresse un beau portrait de femme (parfaite Nina Hoss) face à laquelle il place un personnage masculin éthéré d'une fadeur un peu trop appuyée. Elle, tout en profondeur incandescente et retenue, lui, tout en démonstration sans fond. Elle représentant le refus et la soif de liberté, lui la résignation sans discussion.

Le film est à l'image de ces deux personnages, sans réel nuance, parfois trop démonstratif et lourdingue, d'autres fois tellement suggestif qu'il en devient opaque. Du coup, on ne sait pas très bien où il nous méne, si tant est qu'il nous emmène.

Est-ce un film sur la vie en Allemagne de l'Est dont il affiche le flicage permanent de la part des autorités comme des voisins, dont il montre la violence et les conditions de vie spartiates, et l'insolence de l'Ouest si proche ?

Est-ce une histoire d'amour, celle d'un amour si peu partagé qui repose sur une impossible communication et se poursuit sur un malentendu qui semble sans fin ?

Est-ce le portrait d'une femme, combattante, sur fond de dictature communiste ?

A vous de juger.

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 22:40

the-suit.jpg

C'est un drame qui se joue ici, celui d'un amour trahi sur fond d'apartheid. Peter Brook adapte pour la seconde fois "The Suit" de Can Themba. Fort du décor naturel et majestueux du théâtre des Bouffes du Nord, il disperse sur scène 8 chaises colorées, une table et 4 portants qui par la justesse d'un geste, une astuce de mise en scène se transforment en lit, armoire, porte ou fenêtre. Des musiques et des chansons idéalement choisies accompagnent parfaitement le propos de la pièce. La mise en scène, d'une redoutable efficacité, souligne la force de la solidarité et la place de la musique dans la communauté, les moments de joie, de partage, de tension et le drame. Quatre comédiens-chanteurs et trois musiciens-acteurs, tous excellents, portent cette histoire dans tous ces moments. Parfaits tant dans l'humour, que l'ironie et la tragédie, ils vous emportent dans le rire et vous basculent dans l'émotion en un battement de cil.

Une histoire simple, dans une mise en scène d'apparence modeste et des comédiens habités, le tout en version originale sous-titrée. Une réussite.

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 10:20

Gondoles (4)

© Isabelle Dujardin

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 16:58

les-laisons-dangereuses-atelier-affiche.jpg

John Malkovitch met en scène au théâtre de l'Atelier le livre de Pierre Choderlos de Laclos, les liaisons dangereuses. L'adaptation signée Christopher Hampton, à l'image du film, abandonne totalement la forme du livre, composé de correspondances, et propose un récit des plus classiques d'échanges directs entre les protagonistes.

La mise en place se fait dès l'entrée des spectateurs. Les comédiens sont en scène, s'échauffent, se concentrent, saluent les quelques connaissances présentes dans la salle. Puis, Azolan prend la parole et  emande au public d'éteindre les portables et de ne pas prendre de photo. Le spectacle peut commencer. Les pleines lumières sont lancées sur la scène tandis que dans la salle la lumière est à peine tamisée.

Malkovitch créé ainsi d'entrer une complicité entre les comédiens et les spectateurs, les premiers, protagonistes et conteurs, prennent à témoin le spectateur, sans quatrième mur. Ils demeureront tous en scène tout au long de la première partie, successivement partie et juge de la machination qui se trame.

Malkovitch joue d'entrée sur l'anachronisme. Même si les mœurs décrites sont bien celles du XVIIIe siècle, les costumes mélangent jeans, tee-shirts et Habits, le mobilier sans âge n'est surtout pas d'époque, les mails remplacent les lettres écrites à la plume, les messagers sont des ipad et des téléphones portables. Malkovitch s'amuse et amuse, même si on le surprend parfois à étirer un peu trop ces scènes de décalage et astuces comiques. Il use aussi d'un accompagnement musical qui vient souligner les moments clés et d'émotion de l'histoire. Facilité assez déconcertante et curieuse comme si Malkovitch ne faisait pas suffisamment confiance en ses comédiens, assez inégaux il est vrai. Julie Moulier campe une Madame de Merteuil d'un seul tenant : cynique et autoritaire. Elle prive ce personnage, au caractère complexe, de toute réelle émotion. Elle gagnerait aussi à articuler un peu plus. Yannick Landrein, Valmont, rôle écrasant, est, abstraction faite de son jeune âge, très bon. Lazare Herson Macarel, dans le rôle d'Azelon, sorte de Zébulon fantasque, a sans conteste du métier. Il est parfait. Pauline Moulène, Madame de Volanges, Rosa Bursztejn, Cécile de Volanges très drôle, Lola Naymark dans le rôle d'une Emilie très dénudée, sont parfaites. Sophie Barjac, doyenne de la troupe, assure le job dans le rôle assez ingrat et quasi-muet de Rosemonde. Jina Djemba, la présidente de Tourvel, m'a semblé assez inégale. Parfois très juste, d'autres comme "à côté". Quant à Mabo Kouyaté, il force un peu trop le trait sur la naïveté de Danceny et perd en justesse. Mais si le talent est génétiquement transmissible, et au souvenir de Sotigui Kouyaté dans « London River », on ne doute pas de son potentiel de progression.

Malgré ces réserves, la première partie de 2h00 s'écoule sans déplaisir et surtout sans ennuie. Entracte.

A la reprise, la salle est plongée dans le noir. Procédé qui pour le coup, en réponse à l'éclairage du départ, semble affreusement artificiel. Mais pourquoi pas, on a bien compris : on n'est plus là pour rigoler.  Le problème c'est que Malkovitch se lâche. Tous les partis pris de mise en scène qui était un peu limite en première partie sont ici exacerbés. Malkovitch se fait plaisir et rate totalement sa seconde partie ; 45 minutes bouffonnes, étirées en longueur où tout est surligné, souligné, montré du doigt avec une absence totale de finesse. Le combat à l'épée entre Valmont et Danceny, interminable et outré, ainsi que la scène finale n'échappent pas au ridicule qui parait -il ne tue pas. Valmont, pourtant, ne se relève pas.

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 17:57

barbara-carlotti-l-amour-l-argent-le-vent.jpg

Barbara Carlotti publie son troisième album "L'Amour, l'Argent, le Vent".12 titres qui font la part belle au synthé et offrent des arrangements plus instrumentalisés. Un son moins épuré, moins pop chic, plus proche, sur certains titres, d'une certaine variété. Un album sans doute plus accessible qui pourrait agrandir l'auditoire.

Les textes sont majoritairement graves, laissant peu de place à l'ironie que Carlotti parsemait sur ses albums précédents. On y reconnait ses mots, sa plume et ses thèmes : l'amour, la séparation, l'ennui et l'argent. Donnez-moi de l'argent...

  "L'Amour, l'Argent, le Vent" est une œuvre très Carlottienne et à la fois toute différente. Barbara Carlotti évolue, propose autre chose en conservant ce qui fait sa marque : sa voix si particulière, un sens certain de la mélodie et une légère folie.

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 21:22

Dans 15 jours, Anders aura terminé sa cure de désintoxication. Il quitte son centre une journée pour se rendre à un entretien d'embauche à Oslo. Il en profite pour revoir des amis et d'anciennes connaissances.

Joachim Trier nous présente 24 heures dans la vie d'un toxicoman tout juste sevré des drogues mais toujours en prise avec son mal de vivre. Les rencontres de cette journée forment le portrait d'une jeunesse qui peine à passer de l'adolescence au statut de jeune adulte. Les responsabilités qui en résultent, les rêves auxquels il faut renoncer, la nostalgie de l'enfance, la liste des échecs qui s'allonge sont autant de raisons de flancher. Le film repose sur le regard de son héros et sans la mise en scène aérienne de Triers et plus encore le charisme de Danielsen Lié Oslo 31 août aurait pu nous perdre en chemin. Mais, il n'en est rien. On reste accroché aux basques d'Anders, espérant jusqu'au bout pour lui le meilleur.

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 13:45

2-days-in-NY-copie-1.jpg

Julie Delpy plonge à nouveau Marion et sa famille française au contact des Américains. Cette fois c'est la famille de Marion qui vient lui rendre visite. 5 ans après Two days in Paris, on la retrouve chez elle à New York. Elle vit avec son fils Lulu et son nouveau boy friend, Mingus, animateur radio. 

Jeannot son père, sa sœur Rose et le boy friend de celle-ci vont envahir et bousculer le couple franco-américain.

 Le choc des cultures est dessiné ici à gros traits, tant la famille de Marion est barrée. Les Français sont toujours obsédés de bouffe et de sexe et les Américains puritains et sages. Julie Delpy enchaîne clichés sur clichés dans un joyeux bordel absolument réjouissant. C'est bavard, rapide et désopilant. On retrouve Alexia Landeau dans le rôle de Rose et dans le rôle du père, Albert Delpy, veuf à la vie comme à l'écran. Julie Delpy rend ainsi hommage à sa mère, Marie Pillet, excellente dans Two days in Paris et dont la présence-absente plane sur le film. Seul bémol, léger, la naïveté du monologue finale en voix off sur l'importance de profiter des gens qu'on aime tant qu'ils sont là. Les deux scènes finales, drôles et poétiques ne nécessitaient pas cette explication de texte. Cette réserve, tout à fait dispensable mise de côté, on conserve un film loufoque, très drôle et excellemment interprété.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 18:35

Max Eiseninconnu.jpgstein et Martin Schulse sont propriétaires, associés et amis, d'une galerie d'Art à San Francisco.

Martin, Allemand, a choisit de rentrer vivre au pays avec femme et enfants. Max, de confession juive, demeure à San Francisco. On suit leur correspondance échangée entre novembre 1932 et mars 1934, alors qu'Adolf Hitler au pouvoir instaure les lois anti-juifs.

Tirée du livre de Kathrine Kressmann Taylor, la très courte pièce (50 minutes) est à l'affiche du théatre Antoine depuis février. Tout d'abord interprétée par Gérard Darmon et Dominique Pinon, c'est Patrick Timsit et Thierry Lhermitte qui assurent le mois de mars.En avril, ils seront remplacés par Thierry Frémont et Nicolas Vaude.

Thierry Lhermitte est excellent. Il ne tombe pas dans le piège de l'exercice, celui d'une lecture qui s'avèrerait vite monotone, manquant de vie. Il ne lit pas ses lettres, il les joue et donne corps à ce qu'elles racontent. Patrick Timsit s'en sort un peu moins bien. Il est plus dans la lecture, moins dans le jeu, moins vivant. Malgré tout, son interprétation demeure agréable.

La pièce captive de bout en bout et reste à l'esprit longtemps après la représentation.

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