SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 19:22

La salle du théâtre Antoine est pleine. Un homme entre par l'orchestre en courant et monte sur scène. Il jouait dans le théâtre d'à côté et il s'est enfuie poussé par une angoisse soudaine.

Dans cette mise en abyme, Edouard Baer interroge le métier de comédien et la création, ce qu'ils provoquent, ce qu'ils portent. Tout à la fois,  le génie, le ridicule, les excès et la schizophrénie de l'acteur, la grandeur, l'ineptie, la magie, l'incongruité des récits, la beauté ou la pauvreté de la langue, la fascination et le jugement du spectateur.

Alternant rire et émotion, s'appuyant sur le charme indéniable de sa folie douce, Edouard Baer se lance dans une divagation où il rend hommage à ses monstres sacrés, surtout des hommes, en extraits sonores et longues citations. Pierre Brasseur, Jean Rochefort, Jean-Louis Trintignant, Romain Gary, Albert Camus, Thomas Bernhardt, Charles Bukowski, André Malraux, Georges Brassens, Delphine Seyrig, trop vite, Jacqueline Maillan et le théâtre de boulevard...

On imagine que chaque soir offre ses surprises et que ce spectacle permet à ce comédien de génie de laisser carte blanche à son goût pour l'improvisation.

A voir au théâtre Antoine jusqu'au 15 février.

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 16:54

Romain Froquet, artiste urbain a qui l'on doit notamment l'aire de jeu du jardin Nelson Mandela aux Halles, est l'invité du Pavillon Carré de Baudouin dont il investit le mur de la rue Menilmontant et les salles d'exposition.

"Lignées" est composées d'oeuvres créées in situ. De grandes installations qui explorent la ligne, courbe ou droite, qui unit ou qui se rompt.

L'exposition s'ouvre sur "Highway" mettant en scène les enchevêtrements des routes que l'artiste reproduit, après zoom et recadrage, en bas relief de plexiglas et métal. Chaque oeuvre porte pour nom ses coordonnées GPS. A l'étage, une vidéo "aérienne" met en scène des personnes jouant comme avec un tetrix à assembler chaque pièce.

La salle suivante plonge le visiteur dans un sous-bois avec odeur et bruit des feuilles que l'on écrase et branches de peupliers.  "Le mus de Loup" met en scène les arabesques dessinées par les branches des arbres, la nature symbole de vie, racines des hommes.

A l'étage, on trouve des sculptures en gaines électriques, autres lignes créatrices de lien.

Dans la grande salle dont les murs et le sol sont peints de vastes lignes, l'artiste invite les visiteurs à transformer l'oeuvre à l'aide de carrés de toile de lin peintes qu'ils peuvent disposer comme ils le souhaitent. De spectateur extérieur, le visiteur devient acteur en entrant dans l'oeuvre et en la transformant.

Entrée gratuit. A voir jusqu'au 25 avril 2020.

 

Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
Romain Froquet "Lignées" au Pavillon Carré de Baudouin
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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 14:35

En 1968, Judy Garland, ruinée, épuisée, accroc aux médicaments et à l'alcool, séparée de ses enfants, accepte un contrat de plusieurs concerts à Londres.

Ce biopic, qui se concentre sur la dernière année de vie de Judy Garland, nous propose, sans réelle créativité, un récit qui aurait gagner à afficher plus de finesse. Tout l'intérêt du film réside dans la prestation de Renee Zellwegger. La comédienne, qui en plus interprète parfaitement elle-même toutes les chansons, s'efface derrière la star mythique. C'est elle qui captive et maintient notre attention pendant 2 heures.

A voir au cinéma dès le 26 février.

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 16:30

La maison s'agite. La soeur, le frère, la belle-mère se préparent à une visite attendue depuis 20 ans. Il faut dire que le père se meurt et qu'une réconciliation serait bienvenue.

David Clavel, dans une scénographie simple, efficace et agréable, aux mouvements de décors astucieux, revisite le thème de la famille déchirée, recomposée, aux multiples non-dits. Sur scène trois hommes, frères, fils, père et trois femmes soeur, épouses, belle-mère.

Les personnages féminins (Emmanuelle Devos, Anne Suarez et Valérie de Dietrich, toutes les trois parfaite) sont particulièrement savoureux, dans leur retenu, leur autorité, leur disponibilité ou leur folie. Leur partition sonne juste entre sarcasme, ironie, franchise jusqu'à la provocation.

A l'exception du mourant aux saillies mordantes, les rôles masculins (David Clavel, Mael Besnard, David Martin) héritent d'une écriture moins inventive et rythmée qui finit par prendre racine dans un premier degré un peu déroutant au regard du reste de la partition. Certaines répliques qui voudraient dire la profondeur d'un mal être sont maladroites ou un peu ridicules. Doit-on en déduire que les hommes sont des nombrilistes qui pleurent sur leur triste sort sans le moindre recul ou autodérision ? Ou que David Clavel, à la fois interprète et auteur de la pièce n'a pas su s'écrire un rôle à sa mesure (on se souvient notamment de ses interprétations avec la troupe Les Possédés Oncle Vania, Bullet Park...) ?

Ce déséquilibre dans l'écriture si elle interpelle ne nuit pas à l'intérêt porté à la pièce durant ses 90 premières minutes. La dernière demi-heure, elle, marque le pas nous laissant dans un entre deux mêlé de desappointements et d'impressions fortes.

 

 

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 15:46

En Allemagne, lors de la seconde guerre mondiale, Jojo Betzler, 10 ans, est fier de faire partie des Jeunesse Hitlériennes. Il se rend, non sans appréhension, dans un camp d'entraînement.  Heureusement, son ami imaginaire, Adolf Hitler, s'emploie à lui donner du courage.

N'est pas Charlie Chaplin qui veut. Traiter du nazisme sur le ton de l'humour nécessite bien du talent, de la profondeur et une rigueur à toutes épreuves. Taika Waititi semble dépourvu de ces qualités. Il présente ici une histoire d'enfants perdus dans la folie et la guerre sur le ton de la fantaisie ou presque. La farce n'est pas suffisamment mordante, ni suffisamment fine pour être efficace et acceptable.

Le réalisateur alterne les tonalités sans ne jamais toucher juste. Son scénario et sa mise en scène n'offrent que peu d'intérêt. On ne peut que s'interroger sur la pertinence de s'attaquer avec autant de légèreté et d'inconsequence à cette période de notre Histoire. Embarrassant.

 

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 17:06

En 2016, Roger Ailes, patron de la chaine TV Fox News, est accusé de harcèlement par une de ces présentatrices. Cette première accusation sera suivie par beaucoup d'autres.

Nicole Kidman, Charlize Theron et Margot Robbie interprètent les trois rôles principaux : Gretchen Carlson, l'animatrice qui porte plainte la première, seule contre tous, Megyn Kelly, la présentatrice vedette qui en parlant déclenchera tous les autres témoignages et une jeune journaliste proie facile et nouvelle victime.

Le récit de ces faits réels est mené avec simplicité et rythme, exposant clairement la suprématie des hommes au pouvoir, le machisme et la perversion régnant et les dilemmes et les traumatismes générés chez les victimes. Avec en message final, l'annonce d'une nouvelle ère mettant fin à ces comportements.

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 13:56

Le 6 avril 1917, en France, deux jeunes soldats anglais ont pour mission de passer derrière les lignes ennemis pour sauver 1600 soldats prêts à tomber dans un piège.

Sam Mendes met magistralement en scène ce qui pourrait nous sembler être une histoire déjà de nombreuses fois traitées. Mais le point de vue du réalisateur fait toute la différence. Sur la forme surtout qui est particulièrement impressionnante. Mendes suit ces deux soldats dans un (quasi) plan séquence, positionnant sa caméra à hauteur d'hommes. Dans les tranchées, dans les villages en ruines, dans la boue collante et glissante et dans la campagne abandonnée, le spectateur est au plus près de la dureté des conditions de vie, de la violence et de l'humain dans ses réflexes les plus lâches et primaires comme dans ses actes les plus courageux et généreux. La virtuosité de cette mise en scène s'accompagne d'une musique un peu trop présente, seule faiblesse formelle du film, et d'une très belle photographie qui dit l'horreur de la guerre mais aussi son incongruité au coeur de la force et de la beauté de la nature.

Sur le fond, à travers l'histoire dans la grande Histoire de ces deux soldats aux motivations différentes, Mendes ne fait "que" souligner la folie de la guerre qui ne sème que la mort, celle de ceux qui ne reviendront jamais et celle de ceux qui ne seront jamais plus les mêmes. Mais ici les scènes les plus prenantes ne sont pas forcément les plus violentes mais les plus poétiques où la vie finira par reprendre ses droits.

Les comédiens, Georges Mc Kay et Dean Charles Chapman, sont parfaits et créent instantanément l'empathie, nous emportant jusqu'à la dernière image.

1917 est a voir absolument en salle pour apprecier pleinement la qualité de sa mise en scène et de sa photographie.

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