La 37e cérémonie des Molières était présentée par Alex Vizorek sous le signe de l'humour et de l'irrévérence. Un Molière d'honneur a été remis à Muriel Robin, en zèbre et en petite forme, par Vincent Dedienne en très grande forme. Anne Bouvier, présidente de l'ADAMI a clôturé la cérémonie par un un très beau discours à la fois factuel sur ce que rapporte économiquement la culture et militant sur l'essentialité des artistes.

Les lauréats sont : 

Comédienne du théâtre privé : Josiane Balasko dans Ca c'est l'amour

Comédienne du théâtre public : Elsa Lepoivre dans Hecube, pas hecube

Spectacle pour enfants : Casse noisette ou le Royaume de la Nuit par la Comédie-Française 

Comédien du théâtre public : Laurent Lafitte dans La Cage aux Folles

Spectacle d'humour : Sexe, Grog et Rocking chair, Grog et Rocking chair d'Alex Lutz

Comédienne dans un second rôle : Jeanne Arenes dans Le Procès d'une Vie

Comédien dans un second rôle : Laurent Stocker dans Les Femmes Savantes

Révélation féminine : Marina Pangos.dans Le Chant des lions

Comédien du théâtre privé : Jérôme Kircher dans Amadeus

Révélation masculine : Lancelot Cheter dans Fin, fin et fin

Comédie : Fin, fin et fin de Lancelot Cherer

Mise en scène théâtre public : Joel Pommerat pour les Petites filles modèles 

Mise en scène théâtre privé : Samuel Valensi et Paul-Eloi Forget dans Made in France

Seul en scène : Katia Ghanty dans Les Frottements du Cœur 

Auteur contemporain : Barbara Lamballais et Karina Testa pour Le Procès d'une Vie

Spectacle musical : La Cage aux folles mise en scène par Olivier Py

Création artistique : La Petite Boutique des horreurs  de Valérie Lesort et Christian Hecq

Spectacle du théâtre privé : Le Procès d'une Vie de Barbara Lamballais et Karina Testa

Spectacle du théâtre public : I will survive des Chiens de Navarre

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L'Hyper Weekend Festival en janvier 2026 ouvrait pour la première fois la scène du Studio 104 à Marguerite.

Armée de son seul EP de 6 titres, la jeune chanteuse ouvre ce spectacle de 55 minutes par un joli texte aux mots très bien posés, avec, au piano, Chloé Antoniotti. Pour la suite du concert, créé sous le signe des fées, Marguerite est accompagnée par un batteur, une guitariste et une claviériste et par des guests pour des duos efficaces : Moon, Lujipeka, Voyou, The Doug, Camille Yembé et Alex Montembault pour une reprise de "Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux" et François Henri qui a arrangé son EP pour un inédit.

Un concert intéressant pour faire connaissance avec une artiste à la plume aiguisée, musicalement très bien accompagnée et à la personnalité bien dessinée.

A voir en replay sur France.tv

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En 1985, Vincent, 13 ans, vit avec ses parents et son frère dans un quartier populaire des Yvelines. Alors que son père cache qu'il est au chômage, que sa mère veut évoluer dans son travail, que son frère aîné, Arnaud, monopolise leur chambre commune, Vincent prépare sa bar-mitsva  et tombe amoureux.

Toledano et Nakache nous plongent dans les années de leur adolescence et reconstituent l'esthétique, la culture et l'atmosphère sociale et politique de l'époque. On s'amuse en retrouvant les objets du quotidien tels le téléphone fixe socotel, les vignettes sur le pare brise de la voiture, les vêtements et les canapés en cuir, les platines disques, les magnétoscopes et les VHS. On s'enthousiasme de réentendre les tubes de The Cure, Joy Division, Imagination, Simply Red, Toto, Earth, Alan Parson Project, Wind and Fire, Kelsey Lu, Christopher Cross...  mais aussi François de Roubaix, le compositeur culte des musiques des films qui passaient à la télévision le dimanche soir. On est ému de revoir le générique de clôture d'Antenne 2 créé par Folon sur une musique d'une tristesse infinie de Michel Colombier.

Mais surtout, on s'attache à ce jeune Vincent, interprété par le craquant Simon Boublil, à son frère que joue Alexis Rosenstiehl, une révélation avec sa belle gueule et son jeu plus vrai que nature, ainsi qu' à ses parents Yves, Louis Garrel décidément très drôle en type un peu dépressif et lâche, et Sandrine, Camille Cottin emplie d'énergie positive et d'émotion. Pierre Lottin, coupe mulet et accent franchouillard est très bien en gardien d'immeuble (même si on pourra penser qu'il joue sans cesse le même rôle). Les jeunes copains de Vincent sont justes, tout particulièrement Jeanne Lamartine, l'amoureuse frondeuse. 

Le récit enchaine les évènements simples d'une vie d'ado et de sa famille. C'est rythmé, précis, à la fois drôle et émouvant. Les bonnes idées sont nombreuses telles celle de l'exposé sur la photo de Mitterrand et Khôl en 1984.

En dessinant le portrait de cette famille juive séfarade, à une époque où l'on pouvait vivre ensemble avec des origines et des religions différentes, les réalisateurs nous rappellent aussi et cruellement que cette époque est révolue. Les images du concert organisé par SOS Racisme sur la place de la Concorde le 25 juin1985 et l'engouement que le mouvement créait dans la population, sert un peu le cœur.

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De 1968 à 2009, de l'enfant star à la mort du roi de la pop, ce documentaire en trois épisodes, co-produit par la BBC et France.tv, retrace la vie de Michaël Jackson. A base d'archives personnelles, d'extraits d'émissions US, d'interview du chanteur,  de témoignages d'amis d'enfance, de la Toya, de son manager, de son directeur photo, de collaborateurs d'Epic et Sony, de son conseiller spirituel, de policiers et du procureur... le documentaire présente une personnalité complexe façonnée depuis l'enfance par la recherche du succès, harcelée en raison de ce succès et adulte aux relations dérangeantes, si ce n'est criminelles, avec les enfants.

Le documentaire n'offre quasiment pas de musique à entendre mais se concentre sur une tentative de description ou de compréhension du personnage.

Violences physiques et psychologiques du père, ségrégation, succès planétaire, religion, argent à foison, accident sur la pub Pepsi, repli sur soi, reconstruction faciale, blanchiment de la peau, ITW live avec Ophra Winfrey, mariage avec Lisa Marie Presley, ses trois enfants, le désastreux documentaire Living with Michael Jackson de Martin Bashir, hystérie des fans, hystérie des tabloïds, Jordan Chandler et Gavin Arvizo les enfants victimes, emprise médicamenteuse, dettes vertigineuses, retraite en Irlande et à Las Vegas... Sophie Fuller retrace les nombreux faits et événements qui ont façonnés l'artiste, fait de lui une légende et détruit l'homme, certes talentueux mais aux comportements dérangeants.

Le 1er épisode décrit ses débuts et ses succès jusqu'aux années 90, le 2e épisode aborde la première accusation de Jordan Chandler en 1993 et ses conséquences. Le 3e épisode est entièrement dédié au procès de Santa Maria en 2005 suite au documentaire Living with Michael Jackson et le témoignage de Gavin Arvizo.

A voir en replay sur France.tv

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Chimène et Rodrigue s'aiment. Mais quand le père de Chimène offense le père de Rodrigue, celui-ci se voit contraint de sauver l'honneur de son père.

Nombreux sont les alexandrins du Cid qui nous sont familiers  "O rage, o désespoirs, o vieillesse ennemie...", "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire", "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années" issus de cette histoire que l'on connait (presque) par cœur. Denis Podalydes en s'emparant du best seller de Corneille lui redonne tout son attrait. Dans une scénographie d'Eric Ruf où dominent de vastes et majestueux moucharabiehs, sous les superbes lumières de Bertrand Couderc, dans un habillage sonora à la fois discret et efficace conçu par Bernard Vallery (avec l'aide de Jordy Saval) et dans les magnifiques costumes de Christian Lacroix, les comédiens du Français nous font redécouvrir la puissance de la plume de Corneille et de cette histoire d'amour irrépressible et pourtant impossible.

Benjamin Lavernhe dans le rôle titre est à la fois puissant, notamment dans l'impressionnante mise en scène du récit de ses combats contre les Maures, et touchant tant il est blème et dépourvu face aux dilemmes insurmontables. Suliane Brahim en impose dans la rage de vengeance et celle d'aimer. A leurs côtés Jennifer Decker est une magnifique infante sacrificielle. Marie Oppert donne au rôle d'Elvire une forte présence inattendue. Christian Gonon et Didier Sandre ont le charisme indispensable à l'incarnation de ces pères qui imposent à leurs enfants les ravages d'une guerre d'égo. Danièle Lebrun impressionne toujours dans le rôle pourtant discret de Léonor. Bakary Sangaré, superbe en roi de Castille, porte la part ironiquement drôle du récit. Clément Bresson, Adrien Simion et Hippolyte Orillard endossent les rôles des gentilshommes. La qualité de jeu des comédiens de la Comédie Française, leur capacité à jouer ensemble et à faire troupe, est une fois encore un régal à contempler.

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