SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

Rechercher

Rubriques

5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 12:55

L'Atelier des Lumières présente une nouvelle exposition immersive consacrée à Cézanne et à Kandinsky.

Cézanne, Lumières de Provence, création artistique de Gianfranco Iannuzzi, mise en scène et animations vidéo de Cutback, nous immerge, durant 35 minutes, au cœur de la nature source première d'inspiration du peintre. Ses œuvres majeures, autoportraits, baigneuses, nature morte,  et paysages de Bibémus, l'Estague et la Sainte-Victoire (dont Nature morte aux pommes, Les joueurs de cartes, Les grandes baigneuses) sont ainsi projetées sur les murs et sols, semblant naître petit à petit devant nos yeux, faisant apparaître la texture de la peinture. Ce beau voyage est composé de plusieurs séquences chacune dédiées à une période artistique et parfaitement accompagnées par Django Reinhardt, Eddy Davis, Stephane Grappelli, Woody Jackson, Henry Purcell, Franz Schubert, Felix Mendelssohn, Mozart, Antonio Vivaldi, Frédéric Chopin, Sibelius....

Un programme "court" de 10 minutes, réalisé Cutback sous la direction artistique de Virginie Martin, est consacré au travail de Kandinsky, fondateur de l'art abstrait. La première partie présente la période figurative entre impressionnisme et fauvisme (dont La Montagne Bleue). Là aussi les projections sont accompagnées de musique classique (Wagner, Dvorak, Vivaldi... ). La seconde partie nous plonge dans ses œuvres abstraites (dont Carrés et cercles concentriques, Composition VIII et Jaune, rouge, bleu) et sa période cosmique (sur Space Oddity de David Bowie)

A voir jusqu'au 2 janvier 2023.

Lire le Post sur l'exposition sur Gustav Klimt

Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Partager cet article
Repost0
3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 23:51

Bertrand seul dans son appartement décide de se suicider. Mais quelqu'un frappe à la porte.

La nouvelle pièce de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière (auteurs du Prénom) joue sur l'absurde : un suicidaire voit ses plans bouleversés par l'intervention d'un tueur qui veut sa peau. Leurs échanges sont au diapason de la situation. Le décalage est total et l'auteur s'en donne à coeur joie.

Côté mise en scène et scénographie, c'est le service minimum : quelques maladresses, pas d'inventivité et une utilisation de la vidéo sans intérêt.

Le texte, souvent drôle, est parfaitement servi par Éric Elmosnino, une fois de plus excellent, et Kyan Khojandi, très bon en type mal dans sa peau

La première heure fonctionne très bien entre saillies percutantes de drôlerie et silences, l'ensemble jouant sur un rythme lent servant l'étrangeté de la situation. Au quart d'heure final le ton change, comme si l'auteur avait cédé sa plume à un autre, tombant dans un 1er degré lénifiant. Cette fin gâche un peu le plaisir pris jusqu'à là.

A voir à La Scala jusqu'au 31 mars.

Partager cet article
Repost0
3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 15:01
@Reza

Août 2021, les talibans envahissent Kaboul. Tous les médias du monde relaient l’événement. L'émotion s'installe en occident puis passe...

Pour nous rappeler que l'Afghanistan se meurt sous le joug des oppresseurs, le Pavillon Carré de Baudouin apporte son soutien au peuple afghan et à ses artistes à travers un hommage au poète Sayd Bahodine Majrouh, à qui l'exposition doit une partie de son titre "Le rire des amants", et en exposant six photographes.

Les photographies, prises entre 1983 et 2021, célèbrent la beauté de ce pays empêché et de ce peuple marqué par un destin d'une grande complexité.

L'exposition débute par Le Ciel des yeux, présentant une vingtaine d’œuvres du photojournaliste français d'origine iranienne, Reza. La beauté que porte ses photographies dénonce encore plus la violence portée à ce peuple.

 

@Massoud Hossaini

La deuxième salle est consacré au photojournaliste afghan Massoud Hossaini, prix Pulitzer en 2012 (ci-dessus), qui présente son projet Wrong Place? Pour oublier les horreurs qu'il prend en photos, il poste sur son compte Instagram les "petits bonheur quotidiens".

 

@Naseer Turkmani

A l'étage, Nasser Turmani, photographe afghan, en exil en France depuis août 2021, présente Terres sombres, une dizaine de belles et nostalgiques photos en noir et blanc.

 

La grande salle accueille trois artistes femmes.

@Roshanak

Roshanak, photographe et peintre d'origine iranienne vivant en France. Elle s'installe en 2021 dans un Afghanistan libéré des talibans. Elle présente La couleur pour survivre, une série de photographies en noir et blanc, scènes de vie familiale, de tradition où les femmes dominent, sur lesquelles elle a peint quelques éléments de couleur symbole de liberté.

 

@Roya Heydari

Roya Heydari, photographe et vidéaste afghane, exfiltrée en 2021, témoigne de la beauté de son pays.

 

@Fatimah Hossaini

Fatimah Hossaini, artiste afghane, née à Téhéran, présente L'audace de la beauté, un hymne à la beauté des femmes comme arme contre la terreur.

 

A l'heure où l'Ukraine se bat pour sa liberté contre l'envahisseur Russe, et alors que les Ukrainiens fuient sur les routes d'Europe, le texte qui accompagne les photos de Reza se fait universel :

Mémoire d'exil - Afghanistan, Badakshan, 1990
"Au bout du chemin parfois difficile du départ, souvent au péril de sa vie, l'exil, vers ces terres d'asile accueillantes, reste le refuge dans lequel chacun s'efforce de survivre, de reconstruire. En soi, le souvenir du pays perdu et la déception de la terre promise. Au-delà de la joie d'être libre, en soi, la fracture physique et intellectuelle du deuil de sa terre. Une odeur, un goût, un paysage, un visage, la mélodie de sa langue, le rythme de son pays : les joies du présent de l'exilé sont pleines de mémoires de son passé. Dans l'ailleurs à bâtir, l'exilé avance sur la frontière intime entre sa guerre et sa paix intérieure."

Cette très belle exposition est à voir au Pavillon Carré de Beaudouin jusqu'au 2 avril (entrée gratuite).

Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Partager cet article
Repost0
27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 16:48

Neuf personnes se rendent dans un centre luxueux de remise en forme. Leur séjour va prendre une tournure inattendue.

Le récit se déploie en 8 épisodes et cela semble long, très, très long. Les enjeux qui se mettent en place se révèlent rapidement sans réel intérêt et frôle le ridicule. Le casting 4 étoiles (Nicole Kidman, Michaël Shannon, Mélissa Mc Carthy, Bobby Cannavale, Luke Evans, Tiffany Boone....) ne suffit pas à maintenir notre attention.

Partager cet article
Repost0
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 00:47

César du Meilleur film : Illusions Perdues, réalisé par Xavier Giannoli

César de la Meilleure actrice : Valérie Lemercier dans Aline

César du Meilleur acteur : Benoît Magimel dans De Son Vivant

César de la Meilleure actrice dans un second rôle : Aissatou Diallo Sagna dans La Fracture

César du Meilleur acteur dans un second rôle : Vincent Lacoste dans Illusions Perdue

César du Meilleur espoir féminin : Anamaria Vartolomei dans L’événement

César du Meilleur espoir masculin : Benjamin Voisin dans Illusions Perdues

César de la Meilleure réalisation : Leos Carax pour Annette

César du Meilleur film de court métrage d’animation : Folie Douce, Folie Dure réalisé par Marine Laclotte

César du Meilleur film de court métrage documentaire : Maalbeek réalisé par Ismaël Joffroy Chandoutis

César du Meilleur film de court métrage de fiction : Les Mauvais Garçons réalisé par Elie Girard

César du Meilleur film d’animation : Le sommet des dieux

César du Meilleur film Documentaire : La Panthère Des Neiges réalisé par Marie Amiguet, Vincent Munier

César du Meilleur premier film : Les Magnétiques réalisé par Vincent Maël Cardona

César du Meilleur film étranger : The Father réalisé par Florian Zeller

César du Meilleur scénario original : Arthur Horaire, Vincent Poymiro pour Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle

César de la Meilleure adaptation : Xavier Giannoli, Jacques Fieschi pour Illusions Perdues

César de la Meilleure musique originale : Ron Mael, Russell Mael pour Annette

César du Meilleur son : Erwan Kerzanet, Katia Boutin, Maxence Dussère, Paul Heymans, Thomas Gauder pour Annette

César de la Meilleure photo : Christophe Beaucarne pour Illusions Perdues

César du Meilleur montage : Nelly Quettier pour Annette

César des Meilleurs costumes : Pierre-Jean Larroque pour Illusions Perdues

César des Meilleurs décors : Riton Dupire-Clément pour Illusions Perdues

César des Meilleurs effets visuels : Guillaume Pondard pour Annette

César d'honneur : Cate Blanchett

Partager cet article
Repost0
25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 19:03

En 1960, à Chicago, Jack Mancini, pizzaiolo turbulent, entre à l'université puis à la Nasa grâce à son intelligence exceptionnelle.

Mélody Mourey nous présente un héros à l'Américaine qui pourrait sortir tout droit du cinéma populaire hollywoodien des années 90, un cinéma qu'elle a sans nul doute beaucoup regardé. Elle en convoque ici les recettes les plus efficaces dans une sorte de best-of entre film d'apprentissage et film catastrophe (Appolo 13Will Hunting par exemples). Ainsi, la pièce enchaîne des scènes et événements, plus ou moins importants, qui nous semblent familiers, déjà vus à maintes reprises, sans surprise. Cela pourrait être gênant mais c'est une forme d'admiration pour ce savoir-faire, cette capacité à reproduire en compilation les codes et les scènes les plus efficaces, qui l'emporte. Le texte est du même acabit que les dialogues de ces films mais l'auteur n'oublie pas d'être drôle avec de bons mots et un comique de situation efficaces.

Côté scénographie, là aussi c'est le cinéma qui est convoqué. Pour décor des projections vidéos qui nous transportent de lieux en espaces. C'est là aussi très bien fait et favorise l'immersion. Le peu de mobilier présent est déplacé et escamoté par les comédiens qui ne chôment pas dans une mise en scène vive où tout doit s’enchaîner à la vitesse de la lumière, et ce, sans que le spectateur ne se perde. La troupe de comédiens avec en tête Jordi Le Bolloc'h dans le premier rôle, Nicolas Lumbreras (drôlement Splendid), Anne-Sophie Picard, Alexandre Texier, Valentine Revel-Mourosz et Eric Chantelauze, est excellente.

Bref, dans son genre, que certains rapprocheront d'un théâtre à la Michalik mais en plus efficace et plus frais, La Course des Géants fait très bien le job. C'est du divertissement pur, familial, sans plus de prétention.

Partager cet article
Repost0
17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 12:24

Philippe dirige une des cinq usines françaises du groupe mondial Elson. Ordre est donné à toutes les usines européennes de baisser de 10% les effectifs.

Brizé présente le 3ième volet de sa série sur le monde du travail. Après avoir incarné l'employé modèle (La loi du marché) puis le syndicaliste (En guerre) Vincent Lindon endosse ici le costume du dirigeant. Un directeur d´usine auquel on demande d´appliquer des directives que sa conscience sociale et son bon sens ne parviennent plus à assumer.

Un dirigeant dévoué qui a sacrifié sa vie de famille à son travail sera t-il prêt à piétiner tous ses principes sous les ordres des actionnaires ?

En positionnant sa caméra du côté du dirigeant, Brizé pointe le doigt sur un système capitaliste qui dans sa quête absolue de profit, au détriment de toute considération pour l´humain et pour les limites de la production, broie de l'ouvrier jusqu´aux cadres dirigeants. Le réalisateur met en images, comme il sait si bien le faire, au plus près du réel dans les joutes verbales, séquences longues qui laissent la complexité ou l'incongruité des débats apparaître, au plus près des visages, s´accordant de longs plans pour laisser l'émotion prendre sa juste place.

Sandrine Kiberlain, ici en épouse éplorée, est comme toujours bluffante. Le jeu sensible et précis d'Anthony Bajon, dans le rôle du fils étudiant qui, poussé par la pression de la réussite à tous prix, a déjà basculé dans un autre monde, émeut. Vincent Lindon, qui a participé à l'écriture du scénario, est, comme il est chaque fois, tout  simplement magistral. Un immense comédien qui, rôle après rôle, n´a de cesse de nous cueillir.

 

Lire les posts sur les autres films de Stéphane Brizé : La loi du marché / En guerre / Une vie / Quelques heures de printemps

Partager cet article
Repost0
11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 17:42

François-Xavier Demaison joue à domicile dans son beau théâtre de l'Oeuvre.

Oenophile éclairé, le comédien construit son spectacle à partir de dix dates associées à dix vins.  Dix histoires et anecdotes occasions pour le comédien de se tirer le portrait ainsi que celui de sa famille, de ses amis, de ses rencontres et d'égratigner un peu notre époque.  

Inutile d'être amateur du breuvage pour apprécier ce spectacle où le comédien, aux grimaces impressionnantes, aux imitations bluffantes et aux chutes inattendues, déclenche aisément les rires.

Sa présence au Théâtre de l'Oeuvre, lui donne aussi l'occasion de jouer de son statut de directeur de théâtre avec une pointe d'émotion communicative.

A voir jusqu'au 2 avril.

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 14:35

A Marseille, Grégory, Cédric et Yassine sont flics à la BAC Nord. 

Librement inspiré de l'affaire des policiers de la BAC Nord inculpés pour corruption en 2012, le film met en scène le travail laborieux des policiers dans des quartiers transformés en zone de non-droits. 

Gilles Lellouche, François Civil, Karim Lecklou et Adèle Exarchopoulos sont parfaits. La photographie est belle. La mise en scène est particulièrement efficace dans les séquences d'affrontement mais on y perçoit une certaine complaisance qui dérange un peu. Les scènes de camaraderie, musique à l'appuie, confirme cette impression.

Rapidement, il est clair que Jimenez place son film dans la catégorie du divertissement plutôt que dans celle du film dossier. Dommage. Les sujets sociétaux sur lesquels il s'appuie pour réaliser son cinéma d'action méritent mieux.

Partager cet article
Repost0
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 00:05

Elda Older rencontre Alexandre - Maurice. Celui-ci a été condamné il y a 20 ans pour avoir tué sa propre mère, mais il ne se souvient pas avoir commis ce crime. Elsa, elle, perd la mémoire et doit subir une intervention chirurgicale au cerveau. Lui est modèle pour le frère d'Elda un sculpteur sans succès, elle chante et a faillie être actrice. Le voisin voit son ambition d'être édité par une grande maison bientôt atteinte.

Joël Pommerat plonge des personnages ordinaires dans une situation où le trouble règne entre rêve et réalité. Il dessine petit à petit son curieux récit et l'éclaire en alternant présent et flash back. L' étrangeté des personnages et des situations fait naître rire et effroi. Si les deux protagonistes principaux ont pour similitudes des problèmes de mémoire et de perception du réel, ils ont en commun avec les autres personnages qui les entourent de vivre à travers l'art, la création et l'écriture. De quoi surmonter peut-être leurs vies bancales.

Christophe Hatey qui a joué dans la pièce à sa création en 1994 et Florence Marschal mettent en scène cette pièce des débuts de Pommerat qui n'avait plus été montée depuis 2001. Ils s'entourent d'une troupe de comédiens excellents Cédric Camus, Roger Davau, Loïc Fieffé, Aurore Medjeber, Samantha Samson et en alternance Karim Kadjar, Emilien Audiberti et Tristan Godat.

A voir au Studio Hebertot jusqu'au 25 janvier.

Partager cet article
Repost0
2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 18:49

En avril dernier, Public Sénat diffusait la pièce A rendre â  M.Morgenstern en cas de demande interprétée par Frédéric Moulin. 

Cette pièce prenante et émouvante, servie par une mise en scène efficace, retrouve la scène le 15 février prochain au Studio Raspail.

Représentation unique, courez-y !

Réservations sur billetreduc

Lire la critique ICI

 

Partager cet article
Repost0
1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 12:14

CÉSAR DU MEILLEUR FILM

  1. « Aline », réalisé par Valérie Lemercier
  2. « Annette », réalisé par Leos Carax
  3. « Bac Nord », réalisé par Cédric Jimenez
  4. « L’Événement », réalisé par Audrey Diwan
  5. « La Fracture », réalisé par Catherine Corsini
  6. « Illusions Perdues », réalisé par Xavier Giannoli
  7. « Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle », réalisé par Arthur Harari
  8.  

CÉSAR DE LA MEILLEURE ACTRICE
Leïla Bekhti dans « Les Intranquilles »
Valeria Bruni Tedeschi dans « La Fracture »
Laure Calamy dans « Une Femme Du Monde »
Virginie Efira dans « Benedetta »
Vicky Krieps dans « Serre Moi Fort »
Valérie Lemercier dans « Aline »
Léa Seydoux dans « France »

 

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR
Damien Bonnard dans « Les Intranquilles »
Adam Driver dans « Annette »
Gilles Lellouche dans « Bac Nord »
Vincent Macaigne dans « Médecin De Nuit »
Benoît Magimel dans « De Son Vivant »
Pio Marmài dans « La Fracture »
Pierre Niney dans « Boîte Noire »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE
Jeanne Balibar dans « Illusions Perdues »
Cécile De France dans « Illusions Perdues »
Aissatou Diallo Sagna dans « La Fracture »
Adèle Exarchopoulos dans « Mandibules »
Danielle Fichaud dans « Aline »

 

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE
François Civil dans « Bac Nord »
Xavier Dolan dans « Illusions Perdues »
Vincent Lacoste dans « Illusions Perdues »
Karim Leklou dans « Bac Nord »
Sylvain Marcel dans « Aline » 

 

CÉSAR DU MEILLEUR ESPOIR FÉMININ
Noée Abita dans « Slalom »
Salomé Dewaels dans « Illusions Perdues »
Agathe Rousselle dans « Titane »
Anamaria Vartolomei dans « L’événement »
Lucie Zhang dans « Les Olympiades »

 

CÉSAR DU MEILLEUR ESPOIR MASCULIN
Sandor Funtek dans « Suprêmes »
Sami Outalbali dans « Une Histoire D’amour Et De Désir »
Thimotée Robart dans « Les Magnétiques »
Makita Samba dans « Les Olympiades »
Benjamin Voisin dans « Illusions Perdues »

 

CÉSAR DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL
Valérie Lemercier, Brigitte Buc Pour « Aline »
Leos Carax, Ron Mael, Russell Mael Pour « Annette »
Yann Gozlan, Simon Moutàirou, Nicolas Bouvet-Levrard Pour « Boîte Noire »
Catherine Corsini, Laurette Polmanss, Agnès Feuvre Pour « La Fracture »
Arthur Harari, Vincent Poymiro Pour « Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE ADAPTATION
Yaël Langmann, Yvan Attal Pour « Les Choses Humaines »
Audrey Diwan, Marcia Romano Pour « L’événement »
Xavier Giannoli, Jacques Fieschi Pour « Illusions Perdues »
Céline Sciamma, Léa Mysius, Jacques Audiard Pour « Les Olympiades »
Mathieu Amalric Pour « Serre Moi Fort »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

Ron Mael, Russell Mael Pour « Annette »
Guillaume Roussel Pour « Bac Nord »
Philippe Rombi Pour « Boîte Noire »
Rone Pour « Les Olympiades »
Warren Ellis, Nick Cave Pour « La Panthère Des Neiges »

 

CÉSAR DU MEILLEUR SON
Olivier Mauvezin, Arnaud Rolland, Edouard Morin, Daniel Sobrino Pour « Aline »
Erwan Kerzanet, Katia Boutin, Maxence Dussère, Paul Heymans, Thomas Gauder Pour « Annette »
Nicolas Provost, Nicolas Bouvet-Levrard, Marc Doisne Pour « Boîte Noire »
François Musy, Renaud Musy, Didier Lozahic Pour « Illusions Perdues »
Mathieu Descamps, Pierre Bariaud, Samuel Aichoun Pour « Les Magnétiques »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE PHOTO
Caroline Champetier Pour « Annette »
Christophe Beaucarne Pour « Illusions Perdues »
Paul Guilhaume Pour « Les Olympiades »
Tom Harari Pour « Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle »
Ruben Impens Pour « Titane »

 

CÉSAR DU MEILLEUR MONTAGE
Nelly Quettier Pour « Annette »
Simon Jacquet Pour « Bac Nord »
Valentin Féron Pour « Boîte Notre »
Frédéric Baillehaiche Pour « La Fracture »
Cyril Nakache Pour « Illusions Perdues »

 

CÉSAR DES MEILLEURS COSTUMES
Catherine Leterrier Pour « Aline »
Pascaline Chavanne Pour « Annette »
Madeline Fontaine Pour « Délicieux »
Thierry Delettre Pour « Eiffel »
Pierre-Jean Larroque Pour « Illusions Perdues »

 

CÉSAR DES MEILLEURS DÉCORS
Emmanuelle Duplay Pour « Aline »
Florian Sanson Pour « Annette »
Bertrand Seitz Pour « Délicieux »
Stéphane Taillasson Pour « Eiffel »
Riton Dupire-Clément Pour « Illusions Perdues »

 

CÉSAR DES MEILLEURS EFFETS VISUELS
Sébastien Rame Pour « Aline »
Guillaume Pondard Pour « Annette »
Olivier Cauwet Pour « Eiffel »
Arnaud Fouquet, Julien Meesters Pour « Illusions Perdues »
Martial Vallanchon Pour « Titane »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE RÉALISATION
Valérie Lemercier Pour « Aline »
Leos Carax Pour « Annette »
Cédric Jimenez Pour « Bac Nord »
Audrey Diwan Pour « L’événement »
Xavier Giannoli Pour « Illusions Perdues »
Arthur Harari Pour « Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle »
Julia Ducournau Pour « Titane »

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE D’ANIMATION
« Empty Places » réalisé par Geoffroy De Crécy,
« Folie Douce, Folie Dure » réalisé par Marine Laclotte
« Le Monde En Soi » réalisé par Sandrine Stoïanov, Jean-Charles Finck
« Précieux » réalisé par Paul Ma

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE DOCUMENTAIRE
« America » réalisé par Giacomo Abbruzzese
« Les Antilopes » réalisé par Maxime Martinot
« La Fin Des Rois » réalisé par Rémi Brachet
« Maalbeek » réalisé par Ismaël Joffroy Chandoutis

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE DE FICTION 
« L’âge Tendre » réalisé par Julien Gaspar-Oliveri
« Le Départ » réalisé par Saïd Hamich Benlarbi
« Des Gens Bien » réalisé par Maxime Roy
« Les Mauvais Garçons » réalisé par Elie Girard
« Soldat Noir » réalisé par Jimmy Laporal-Trésor

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM D’ANIMATION
« Même Les Souris Vont Au Paradis » réalisé par Denisa Grimmovà, Jan Bubenicek
« Le Sommet Des Dieux » réalisé par Patrick Imbert
« La Traversée » réalisé par Florence Miailhe

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE
« Animal » réalisé par Cyril Dion
« Bigger Than Us » réalisé par Flore Vasseur
« Debout Les Femmes ! » réalisé par Gilles Perret, François Ruffin
« Indes Galantes » réalisé par Philippe Béziat
« La Panthère Des Neiges » réalisé par Marie Amiguet, Vincent Munier

 

CÉSAR DU MEILLEUR PREMIER FILM
« Gagarine » réalisé par Fanny Liatard, Jérémy Trouilh
« Les Magnétiques » réalisé par Vincent Maël Cardona
« La Nuée » réalisé par Just Philippot
« La Panthère Des Neiges » réalisé par Marie Amiguet, Vincent Munier
« Slalom » réalisé par Charlène Favier

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER
« Compartiment N°6 » réalisé par Juno Kuosmanen
« Drive My Car » réalisé par Ryûsuke Hamaguchi
« First Cow » réalisé par Kelly Reichardt
« Julie (En 12 Chapitres) » réalisé par Joachim Trier
« La Loi De Téhéran » réalisé par Saeed Roustayi
« Madres Paralelas » réalisé par Pedro Almodôvar
« The Father » réalisé par Florian Zeller

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 19:05

Clémence  finit son deuxième et dernier mandat de maire d'une ville de Seine Saint-Denis. Secondée par Yazid, son directeur de cabinet, il lui reste quelques semaines pour gagner un combat mener depuis longtemps : obtenir les 63 millions nécessaires à la réhabilitation de la cité des Bernardins.

Les Promesses est un film sur l'engagement local, le poids du pouvoir national et le renoncement en politique. Kruithof tricote son récit en une succession de promesses tenues ou pas : promesses d´argent, d´alliance, de poste. Les dialogues très bien écrits et les scenes d´échanges politiques sonnent réalistes.

Isabelle Huppert et Reda Kateb sont excellents entre idéalisme et cynisme. Ils sont entourés de très bons comédiens dont le très grand Hervé Pierre, Naidra Ayadi, Laurent Poitrenaux, Soufiane Kerrab...

 

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 23:07

Ce spectacle de Gaspard Proust ne décevra pas les amateurs de son humour méchant, cynique, corrosif...etc... mais il les intriguera certainement. Car à la vue de l'introduction, depuis les coulisses, la même que dans le spectacle "Nouveau spectacle" de 2016, puis le passage du "comment se comporter en cas d'intrusion de djiadistes dans la salle", semblable à celui du spectacle de... 2016, ils pourront se demander si ce "Dernier spectacle" n'est pas un peu le "Precedent spectacle".

Comme à son habitude, le comédien dézingue tout et tout le monde avec la technique affûtée qu'on lui connaît, cela en costume traditionnel bavarois, avec un rythme de mitraillette et une gesticulation plutôt inhabituelle chez lui et qu'on pourra trouver excessive voire fatigante.

Ce spectacle a aussi pour particularité d'être très auto-centré. Proust raccroche à chacune de ses vannes son statut d'humouriste misanthrope, misogyne, transophobe, jugé très méchant, qui en plus est un artiste politiquement rare car pas de gauche... etc...  C'est drôle en introduction, sympatique le quart d'heure suivant puis intrigant et finalement lassant.

Le format vidéo expose sans doute un peu trop les excès dans le jeu et révèle particulièrement les recettes répét!itives dans l'écriture. 

Diffusion sur Amazon Prime.

Lire les posts sur ses précédents spectacles  à l'Européen en 2010  

à la Comédie des Champs-Elysées en 2016

 

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 13:28

Lise est assistante médicale chez un gynécologue. Un jour, elle voit au cinéma Rocky 3. Une révélation. Le courage de ce héros va lui donner la force de reprendre ses études de médecine et de changer sa vie. L'oeil du Tigre et Stallone ne la quitteront plus.

Il est parfois des bijoux dans de charmantes bonbonnières qu'il ne faut surtout pas rater. Stallone est le bijou que propose la toujours accueillante salle du Petit Saint-Martin.

Clotilde Hesme, Pascal Sangla et Fabien Gorgeart adaptent pour la scène la nouvelle d'Emmanuelle Bernheim. Accompagnée de Pascal Sangla, à la fois comédien et musicien, Clotilde Hesme interprète, tout à la fois, la narratrice et Lise.

Et la magie du spectacle vivant opère. Clotilde Hesme nous emporte dans la vie de Lise, jouant d'une intonation, d'un sourire, d'un geste, toutes les émotions, la vie et les rencontres de la jeune femme. Pascal Sangla interprète les personnes qui croisent sa route et assure l'illustration musicale au piano, entre autres variations sur l'oeil du tigre.

La mise en scène discrète est d'une grande efficacité. Les deux comédiens sont excellents, Clotilde Hesme impressionnant un peu plus encore.

C'est drôle, émouvant et à ne pas rater.

A voir au théâtre du Petit Saint-Martin jusqu'au 26 février

 

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 23:55

Clément Hervieu-Léger met en scène la dernière pièce, considérée comme testamentaire, de Tchekhov. L'auteur russe y conte l'évolution d'une société, la fin d'une époque, la fin de l'aristocratie, l'ascension du peuple. Décrivant plus le drame de la perte que l'éveil d'un nouveau monde.

En Russie, au début du XXe siècle, Lioubov revient, après 5 années de fuite à Paris, dans son immense propriété. La faillite oblige à la vente de sa cerisaie mais Lioubov dans une futilité immense et une nostalgie qui la hante refuse l'évidence. Lopakhine, fils et petit-fils de Moujik, propose de lui venir en aide.

Il est rarissime de ne pas succomber à la grâce et au génie de la troupe du Français. Ce soir sur la scène Richelieu, tous les ingrédients semblent réunis pour que la magnifique pièce de Tcheckhov nous fasse chavirer encore. Mais la magie n'opère pas, l'émotion ne passe pas.

Assez rapidement, la chorégraphie des comédiens interpelle. Ils ne semblent pas synchronisés. Leurs placements et déplacements sur scène qui ont sans doute pour but d'exprimer une certaine effervescence et la folie du désespoir semblent brouillons et nuisent à la lecture de la pièce. Dans l'acte trois, où l'action se situe entre un salon et la salle de bal, la mise en scène ne parvient pas a faire exister les deux espaces ensemble. La salle de bal en arrière plan joue trop fort et les comédiens au devant de la scène sont peu audibles. Dans les moments où le spleen s'exprime, la mise en scène surligne excessivement l'émotion. Les comédiens se retrouvent en situation de surjouer sur une musique totalement incongrue.

Nos si grands comédiens, Eric Génovèse, Florence Viala, Julie Sicard, Sébastien Pouderoux, Anna Celvinka, Rebecca Marder, Michel Favory, pour ne citer qu'eux, semblent dépourvus de leur génie et de celui de la troupe. Adeline d'Hermy tire son épingle du jeu, parvenant à nous toucher. Très vite on se raccroche à elle et encore un peu plus à Loïc Corbery qui nous rappelle que nous sommes bien dans la grande maison. Dans le rôle de Lopakhine, il est excellent, portant toute l'émotion.

 

 

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 21:41

De nos jours, à New-York, Grace, psychiatre, marié à un oncologue et mère d'un jeune adolescent, a une vie épanouie. Un jour, une belle et jeune femme modeste intègre l'association des parents d'élèves du prestigieux collège du fils de Grace.

Cette série affiche un beau pedigree : un créateur de talent, David E.Kelley, à qui l'on doit déjà les excellentes Ally Mc Beal et Big Little Lies, entre autres, et un casting prestigieux Nicole Kidman, Hugh Grant et Donald Sutterland. Et c'est la qualité de ces interprètes qui permet à ce récit qui repose sur les psychologies complexes de ses protagonistes de fonctionner. Autre qualité : The Undoing est une mini série. A la fin de ses 6 épisodes le coupable est bel et bien révélé.

A voir en replay sur TF1.

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 18:53

Quatre souvenirs de Gaspard Ulliel.

A la télévision et dans les magazines, en figure de mode, dans des publicités à l'image léchée et aux slogans pas toujours compréhensibles, il était une des égéries de la marque Chanel. Beau et mystérieux. Une aubaine disait-il de cette entrée d'argent qui lui permettait de choisir les rôles qui l'intéressaient vraiment.

Au cinéma, dans le Saint-Laurent de Bertrand Bonello. Il incarne parfaitement toute la complexité du grand couturier, génie admirable et révolutionnaire, diva capricieuse, homme à la fois fragile et bourreau de son entourage. Les César préféreront récompenser Pierre Niney qui, la même année, incarnait, très bien, un Saint-Laurent aseptisé. Des deux comédiens c'est pourtant Ulliel qui avait pris le plus de risques et relevé le défi artistique le plus osé.

Au cinéma encore, dans Juste la fin du monde de Xavier Dolan, adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce, il interprète le dramaturge. Le rôle d'un homme en sursis qui se sait condamné et qui vient se confronter une dernière fois à la violence de sa famille déjantée. Ses silences, ses expressions, la délicatesse de son jeu impressionnent et touchent durablement. Il recevra pour ce rôle le César du meilleur comédien, son 2e après celui du meilleur espoir reçu en 2005 pour un Long Dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.

Au théâtre dans Démons de Lars Noren mis en scène par Luc Bondy, il incarne Tomas dont le couple est pollué par un duo de voisins toxiques. Face à Romain Duris et Marina Foïs et aux côté d'Anaïs Demoustier, il révèle une belle présence et une justesse de jeu que le trac de la scène n’altère pas.

Gaspard Ulliel est mort, ce mercredi 19 janvier, à l'âge de 37 ans emportant avec lui toutes les promesses que son talent portées.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 19:27

Après Chtchoukine en 2016, la Fondation Vuitton rend hommage aux Morozov. Egalement russes, ils ont aussi pour point commun avec Chtchoukine d'être de grands collectionneurs qui ont révélé et soutenu de nombreux peintres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Ces industriels, formés à l'art, ont particulierement fréquenté et collectionné les peintres russes et français.

Lorsque leur collection est nationalisée en 1918, en même temps que celle de Chtchoukine, elle comporte plus de 650 oeuuvres. 

200 d'entre elles, prêtées par les musées de l'Ermitage et Pouchkine, la galerie Tretiakov et des collections privées, sont présentées à la Fondation Vuitton. Les grands noms se succèdent : Manet, Monet, Renoir, Degas, Derain, Vlaminck, Marquet, Pissaro, Lautrec, Sisley, Rodin, Claudel, Mvnch, Picasso... Bonnard, Denis, Gauguin, Cezanne et Matisse sont particulièrement présents.

Deux Van Gogh sont exposés dont le très beau et surprenant La ronde des Prisonniers auquel une salle est dédiée.

Les peintres russes sont bien présents dont Konstantine Korovine, qui conseilla les Morozov sur leurs acquisitions et dont les toiles ici exposées accrochent particulièrement l'oeil.

A voir jusqu'au 22 février 2022.

La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
Partager cet article
Repost0
8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 22:49

La Comédie Française accueille Glyslein Lefever qui met en scène Music-Hall de Jean-Luc Lagarce. 

Une fille et ses deux boys présentent un spectacle de music-hall. Ils racontent la chorégraphie de leur spectacle et les aléas auxquels ils font face lors de représentations dans des villes et des salles de moins en moins accueillantes et remplies.

Entre sarcasmes, humour et nostalgie, Lagarce placent ses trois personnages dans la situation d'artistes désabusés qui voient leur art se déliter, le public disparaître. Une mort inéluctable que la volonté coûte que coûte de continuer à jouer ne permet pas d'enrayer. Entre hommage aux artistes et testament personnel de l'auteur.

La mise en scène de Glyslein Lefever et la scénographie de Chloé  Bellemère exploitent astucieusement la toute petite scène du Studio-Théâtre, la transformant en cocoon rassurant, à moins qu'il ne s'agisse d'une impasse, du bout du quai. Françoise Gillard, Gaël Kamilindi et Yoann Gasiorowski sont tous trois épatants dans l'interprétation du texte acéré de Lagarce et de la chorégraphie de Glyslein Lefever.

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 16:05

En 1987, Philippe, écrivain américain célèbre, puise son inspiration des femmes de sa vie, et plus précisément ici de sa relation avec sa maîtresse anglaise.

En onze chapitres, Arnaud Desplechin s'approprie le livre Deception de Philip Roth et trace un portrait de l'écrivain, aux multiples obsessions dont l'antisémitisme (ou l'antisionisme), qui oscille entre féminisme et misogynie ; un chapitre est d'ailleurs consacré à un procès de l'écrivain face à un jury de femmes. Le réalisateur dessine aussi le portrait de la maîtresse, mariée et mère, malheureuse en famille, qui trouve une oreille attentive dans la garçonniére de cet écrivain qu'elle sait aussi pousser dans ses retranchements.

Les comédiens sont excellents. Léa Seydoux n'a sans doute jamais été aussi juste et Denis Podalydès prouve une fois encore qu'il peut tout jouer. A côté d'eux Emmanuelle Devos, fidèle au réalisateur, est magnifique, tout comme Anouck Grinberg qu'on retrouve avec plaisir au cinéma et Rebecca Marder, parfaite également.

Sur la forme, le film est superbe. La mise en scène de Desplechin est très belle, d'une grande précision, inventive, plaçant à  quelques reprises ses protagonistes dans des scènes de théâtre, utilisant toujours les marques de fabrique de son maître François Truffaut, passant du faux aux vrais avec fluidité. La photographie est également magnifique. Comme tous les films de Desplechin, celui-ci est bavard mais la qualité des dialogues et la musicalité des voix en font un plaisir de presque chaque instant. Cette belle démonstration de l'importance du réel dans la création, la façon avec laquelle l'écrivain vampirise ses proies, ceci non sans une certaine sincérité dans les sentiments, nous renvoie au travail du réalisateur dont on se souviendra, notamment, du procès que Marianne Denicourt lui fit à la sortie de Rois et Reine.

 

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 19:51

Le Grand Palais Éphémère accueille dans l'ensemble de son espace de 10 000m2 les oeuvres d'Anselm Kiefer inspirées par les poèmes de Paul Celan, auteur de langue allemande rescapé des camps. Les deux artistes ont notamment pour point commun la langue allemande, des attaches françaises, une forme de désespoir et le soucis de faire oeuvre de mémoire.

19 magnifiques toiles immenses, de plusieurs mètres de haut et 4 installations composent cet hommage au poète. Ces compositions, où la matière domine, accueillent des extraits de poèmes de Celan écris à la craie sur la toile. Les noirs, gris, marrons, blancs, faits de peintures, de métaux et d'objets menaçants, mimant l'aluminium, la rouille, la neige, une pluie de cendres, dominent ces paysages de désolation. Mais un éclat de couleur, des champignons, des fougères, des pavots laissent entrevoir le retour à la vie. 

Les toiles sont disposées de façon à ce que, où que soit le visiteur, il puisse voir plusieurs oeuvres. L'artiste n'a pas souhaité imposer un parcours de visite laissant aux visiteurs une totale liberté dans la découverte de l'exposition.

A voir jusqu'au 11 janvier 2022.

Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Partager cet article
Repost0
29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 23:34

Pour sa réouverture le 13e Art Théâtre accueille Pixel le spectacle du chorégraphe Mourad Merzouki créé en 2014 et qui a triomphé dans le monde entier.

Sur scène 10 danseurs-circassiens et une danseuse-contorsionniste s'affontent et se débattent dans une avalanche de pixels. Une chorégraphie entre danseurs et vidéos, entre réel et virtuel, impressionnante et belle.

La chorégraphie où le hip-hop domine est explosive. Outre la dextérité des danseurs, le spectacle est parfaitement servi par de très beaux jeux de lumières. Les tenues colorées des danseurs éclatent entre les lignes et points blancs qui se dessinent au sol et dans l'espace. L'ensemble hypnotique gagnerait à servir un récit ici absent. On peut aussi se contenter de l'émerveillement créé par la magie de l'oeuvre.

Partager cet article
Repost0
24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 19:14

Rahim est en prison depuis 3 ans car il doit de l'argent à son beau-père. Par hasard, il se retrouve en possession d'une somme qui pourrait inciter son créancier à retirer sa plainte.

Farhadi tisse, une nouvelle fois, sa toile autour d´un événement presque banal qui entraine ses héros dans une spirale infernale. Son récit aux multiples rebondissements est d'une mécanique implacable. Il emprisonne ses héros dans des décisions cornéliennes où se jouent l'honneur et la réputation si importants dans la société iranienne. Il dessine l'affrontement de personnages, ambiguës, mais dont les prises de positions sont entendables. Tous prisonniers d'une société où l'argent fait et défait des vies, efface les décisions de justice. Farhadi donne un fils à son héros, un jeune garçon bègue. Comme souvent dans ses films, l'enfant s'interroge, observe la folie des adultes et essaye de leur faire retrouver la raison.

La réalisation élégante offre de beaux plans sans jamais voler la vedette au récit. Ses acteurs sont tous parfaits d'Amir Jadidi, dans le premier rôle, jusqu'au jeune comédien qui interprète le fils de Rahim.

De retour en Iran, après un décevant film tourné en Espagne, Asghar Farhadi retrouve la grâce et l'humanisme qui marquent son œuvre.

Lire tous les posts sur les films d'Asghar Farhadi :

A propos d'Elly

Les enfants de Belleville

Une séparation 

Le passé 

Le client

Everybody Knows

 

 

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2021 5 17 /12 /décembre /2021 19:13

 

Patrick Timsit prétend faire ses adieux au one man show sur la scène du théâtre du Rond Point. Et pour justifier sa décision, réelle ou prétexte (il croise ostensiblement les doigts dans le dos lorsqu'il quitte la scène), il expose les 10 raisons qui le poussent à arrêter. 

Ce spectacle a quelque chose d'étrange, complexe dans sa réception et compliqué à commenter. Comme il le fait depuis 35 ans, Timsit, dans le rôle du salaud, traite de ses sujets de prédilection que sont les maux, petits et abyssaux, de notre humanité : racisme, xénophobie, shoah, homophobie, misogynie, égoïsme des riches, exploitation des pauvres et des enfants, vieillesse, mesquineries de notre société...

Mais sa façon de jouer le sale type est plus frontale qu'à l'accoutumée. Il joue moins, voir pas du tout, de sa bonhommie habituelle qui ne laissait aucun doute sur le niveau de lecture de ses saillies et autorisait le rire ; l'ignominie de son propos étant contrebalancée par le personnage.

Ici rien d'arrondie. Tout est brut. Les dénonciations passent toujours mais le rire hésite. Comme pour contrebalancer cette gravité, sont parsemées des blagues assez grossières dont une curieuse obsession pour "la bite" et "le trou du cul" (sa position dans le corps, sa dimension, son utilisation). Timsit s'amuse également à taquiner ou tacler plus méchamment certains de ses collègues humoristes ou pseudo humoristes, ainsi que Mimie Maty et Cyril Hanouna. Le tout donne un ensemble assez bancal.

On espère que ce spectacle, en demi teinte, ne sera pas le dernier. Ça ne serait pas rendre un juste hommage à son talent.

Lire la critique de son précédent one man show : on-ne-peut-pas-rire-de-tout

 

Partager cet article
Repost0