SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 22:30

Pierre-Alain Leleu adapte la comédie de William Shakespeare en l'allégeant de quelques personnages. Cette comédie écrite au 17e siècle nous surprend, comme beaucoup de ses contemporaines, par sa modernité, notamment par les fortes personnalités de ses personnages féminins.

L' écriture est enlevée, jouant sur plusieurs registres comiques sans occulter les belles phrases dont la célèbre Le Monde entier est un théâtre et tout le monde, hommes et femmes, y est acteur.

La mise en scène de Léna Brebant est astucieuse et rythmée occupant tout l'espace du théâtre, jouant sur la surprise, dans les mouvements de scène. La scénographie et les lumières installent une ambiance proche du film d'animation. L'intervention de moments chantées, des Eagles à George Moustaki en passant par Radiohead, apportent encore un peu plus de douce folie.

La direction d'acteur d'une grande efficacité mise sur le burlesque, avec en premier plan une gestuelle outrée et un usage immodéré d'onomatopées déclenchant encore un peu plus le rire.

Ces choix artistiques pourraient, s'ils n'étaient exécutés par des gens de talent, mené à la catastrophe. Mais, ici tout est mesuré et maîtrisé. Les 9 comédiens excellent, ne se ménageant pas, interprétent chacun plusieurs rôles, comme souvent aujourd'hui dans le théâtre privé. On remarque particulièrement et pour des raisons très différentes 3 acteurs. Lionel Erdogan est plus vrai que nature en Prince charmant, qu'on croirait tout droit sorti d'un film de Disney. Ariane Mourier très drôle est d'une extrême justesse dans le rôle de la bonne copine. Et enfin, Barbara Schulz, dont on connaissait déjà le talent, emporte tout dans une énergie sans limite et une palette de jeu comique d'une grande précision.

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21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 20:09

Il est tout d'abord un héros de l'enfance, portant le sourire et la blondeur de Maxence, marin, peintre et poète des Demoiselles de Rochefort et la langueur Pop du Prince rouge de Peau d'Ane du génial autre Jacques, Demy.

Il est ensuite le comédien, souvent de seconds rôles, mais toujours incontournable, de films exigeants, tournés en France ou en Italie (La 317e section, le Crabe Tambour, L'Honneur d'un capitaine de Pierre Schoendoerffer, Compartiment tueur, Z de Costa-Gavras, La légion saute sur Kolwezi de Raoul Coutard, Le désert des Tartares de Valerio Zurlini... ) dont il fut pour certains et, par conviction, le producteur.

Producteur, encore, et réalisateur de magnifiques documentaires célèbrant la nature ( Le peuple migrateur, Océans, les Saisons...)

Il est enfin, dans Cinéma Paradisio de Giuseppe Tornatore, Toto, qui devenu grand réalisateur, découvre, bouleversé et bouleversant, l'ultime cadeau d'Alfredo.

 L' interpréte d'une des plus belles scènes d'hommage à la puissance émotionnelle du 7e art.

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 12:00

Cécile est danseuse à l'Opéra de Paris. Alors qu'elle vient d'apprendre que son compagnon la trompe, elle se blesse lors d'une représentation. 

Le scénario est sans surprise, les dialogues sur le bien être et le développement personnel ineptes, les personnages secondaires caricaturaux. On se raccroche aux scènes de danse, trop peu nombreuses, très bien filmées, avec un beau travail sur le son, et le plaisir de voir la troupe de Hofesh Shechter au travail.

Mais de ce film que nous oublierons vite, restera la découverte de Marion Barbeau, première danseuse à l'Opéra de Paris, qui se révèle être une comédienne sensible, au physique à la fois fragile et puissant. Une révélation.

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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 18:50

Les superlatifs manquent à l'annonce de sa disparition.

A notre esprit se bousculent les films vus à la télévision ou au cinéma où, avec gourmandise, nous l'avons regardé, écouté, en flic intransigeant, patron abusif, monstre froid, mauvais père, président de la République, vieux monsieur vengeur, notable bon teint, avocat véreux, mari cocu, magnat de la presse paralysé, immense peintre, ... ou encore au théâtre, dans A tort ou à raison, récemment, et dans Le Roi se meurt qu'il a joué près de 800 fois, notamment avec son épouse, la géniale Juliette Carré.

70 ans de carrière qui l'ont aussi amené à enseigner l'art dramatique à de nombreux comédiens devenus grands, de Denis Podalydes, Anne Brochet, Jérôme Kircher à Muriel Robin.

Son allure à la fois inquiétante et familière, sa voix grave et métallique, son phrasé posé, dans une élégance distante, resteront inoubliables. 

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 19:58

Écrite par Serge Tribus, la pièce conte l'histoire de la pianiste virtuose, de son incroyable talent, de ses doutes, des malheurs endurés et des sacrifices consentis de l'âge de 3 ans jusqu'à sa mort.

Dans une scénographie minimale, seuls deux pianos et un jeu de lumière austère habillent la scène, Laetitia Casta interpréte tous les personnages qui ont compté dans la vie de la pianiste. Elle est accompagnée par Isil Bengi qui donne vie aux pianos et à la musique.

Il est peu de dire que Laetitia Casta impressionne dans cette partition complexe, jouant sur les tonalités de sa voix, passant en un instant de la fillette à l'adulte, femme ou homme, affectueux, enthousiaste ou autoritaire, exprimant la joie simple de jouer puis les doutes et le manque de confiance de l'artiste pour son talent. Elle est remarquable.

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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 22:58

Quand le monde s'effondre que dire, que faire ? Se rassembler pour se sentir plus fort, se souvenir de ce qu'il a été, convoquer les belles figures pour lui redonner son lustre, réinventer des rituels, boire pour oublier.

L'effondrement du monde c'est surtout celui de l' Humanité. Une humanité en perdition, dépravée et dictatoriale où le libéralisme broie, où tout doit aller vite, où plus rien n'a de sens et contre laquelle les Raoul, à l'aide de revendications,  poésies, musiques et de longs silences suspendus, luttent. Cette cérémonie du désespoir convoque un ptérodactyle qui surplombe la scène et qu'il suffirait de chevaucher pour retrouver sa liberté, les tribus primitives reines réduites à l'esclavage ou exterminées, la première révolutionnaire en la personne d'Antigone, le bel utopiste Don Quichote, Athéna, la déesse de la sagesse, Homère, Sophocle, Shakespeare...

Les 9 comédiens, 7 Franci et 2 Francine, à l'énergie communicative, offrent un spectacle fort, drôle, frapaddingue, percutant, militant et poétique.

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 14:49

En mai 2020, au lendemain du premier confinement, le docteur Dayan s'est installé en banlieue parisienne où il reçoit ses patients, un petit garçon, une toute jeune femme, une avocate et un chef d'entreprise.

Déstabilisé par les conséquences du décès d'un de ses patients, le docteur Dayan est au centre du récit de cette nouvelle saison. Il a une nouvelle superviseuse, Claire (Charlotte Gainsbourg parfaite), qui l'aide à faire face à ses tourments. Comme dans la saison 1, on suit les séances de quatre patients. Une avocate, quarantenaire, ex patiente de Dayan (interprétée par Eye Haidara, très bien), Robin, le petit garçon du couple dysfonctionnel de la saison 1 (Aliocha Delmotte, très juste), Lydia, une jeune femme qui fait face à la maladie (Suzanne Lindon qui confirme la très bonne impression laissée par 16 printemps), Alain, un chef d'entreprise en proie à des crises d'angoisse (Jacques Weber, un peu plus sobre qu'à l'habitude).

Dans le rôle du docteur Dayan, on retrouve, comme on retrouve un bon ami, Frédéric Pierrot, dont la voix posée et grave, le regard doux et les questions délicates brisent les digues de ses patients.

A voir sur arte.tv

Lire le post sur la saison 1

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3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 21:22

Ce soir, il n'a pas trouvé de chambre d'hôtel. Sous la pluie, il a rencontré un camarade, réel ou inventé, à qui raconter sa solitude, ses rencontres, ses combats.

Roger Davau met en scène la pièce de Bernard-Marie Koltes, écrite en 1977. Dense, le texte est sans ponctuation, d'une seule phrase où le héros dit sa haine d'un système qui broie et expulse, dénonce la trahison des femmes, se méfie du désir qui affaiblie l'homme fort, confie l'importance de rester digne, se félicite d'avoir su se libérer de tout, s'interroge sur le prix de cette liberté, presse ce camarade aux allures d'enfant de ne pas le laisser, seul, sous cette pluie qui ne finit pas. Ce monologue bouscule par sa noirceur, enchaînant récit limpide et propos confus, il nous interroge sans cesse. Sur la petite scène de la salle Belleville, dans un décor minimal, Christophe Hatey s'en empare avec vigueur et sensibilité, laissant éclater la vérité de cet être abîmé.

A voir au théâtre de La Croisée des chemins, le jeudi à 21h et le dimanche à 19h jusqu'au 8 mai.

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 21:05

A 37 ans, Thomas Edison, joueur de tennis qui n'a jamais réussi à confirmer les espoirs que son début de carrière avait fait naître, se refuse à mettre fin à sa carrière.

Quentin Reynaud, ancien tennisman, nous donne à voir, les coulisses de la vie d'un joueur, l'influence bonne ou mauvaise de son entourage, les sacrifices à accepter, les couleuvres à avaler et le courage nécessaire pour se confronter sans cesse à la possible défaite.

Alex Lutz offre, une fois de plus, une interprétation remarquable. Il est entouré de Kristin Scott Thomas et Ana Girardot, toutes deux, parfaites.

Disponible en VOD.

 

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24 mars 2022 4 24 /03 /mars /2022 21:49

Julie, première femme de chambre dans un palace parisien, vit en grande banlieue au bout du RER. Divorcée, elle élève seule ses deux jeunes enfants. Quand une importante grève des transports éclate, son équilibre précaire vacille.

Eric Gravel enserre Julie en filmant en plans rapprochés, la ville, le périphérique, tout comme son héroïne.  Si, dans un premier temps, il décrit avec précision la journée - trajet, travail, nounou - de Julie, il enchaîne ensuite de façon plus rapide ces moments, nous entraînant dans la course quotidienne de son héroïne. Pour Julie, les journées commencent et finissent de nuit et sont constituées de missions un peu plus difficiles à relever chaque jour. 

Ce film social est ainsi un film d'action dans lequel l'héroïne joue sans cesse contre la montre et contre les multiples obstacles d'une vie moderne de mère célibataire. Dans sa vie à l'équilibre précaire, Julie voit les emmerdements arrivés en série, de façon exponentielle. Entre charge mentale et fatigue physique, elle est au bord de la noyade. Le spectateur étouffe rapidement avec elle. La musique électronique d'Irène Dresel intensifie cette sensation d'oppression.

Laure Calamy sur laquelle le réalisateur fait reposer tout le film est, une fois encore, d'une très grande justesse. Elle nous emporte d'emblée, dès son premier réveil, dans sa vie sans répit.

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23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 19:11

Le chorégraphe israélien Hofesh Shechter voit deux de ses créations entrer au répertoire du Ballet de l'Opéra national de Paris.

Uprising met en scène 7 danseurs déboulant du fond de scène, s'arrêtant net suspendu sur une jambe. Pendant 25 minutes, ils s'affronteront dans une chorégraphie vive et épileptique qui semble les renvoyer sans cesse à un nouveau combat. En fond sonore le martèlement d'une machine envahissant et angoissant. L'énergie dépensée dans une forme de violence et de recherche d'équilibre impressionne.

In your rooms engagent 19 danseurs, hommes et femmes, accompagnés par la voix du chorégraphe et un ensemble de percussions et de cordes qu'interprétent 10 musiciens paraissant suspendus en fond de scène. Ici, le déploiement d'énergie, les démonstrations de force laissent un peu de place à des mouvements de danse traditionnelle. Les danseurs virevoltent alors dans des moments de pause laissant imaginer qu'une harmonie est possible.

Les deux pièces sont magnifiquement mises en lumière par Lee Curran.

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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 16:04

Vassili Goloborodko, professeur d'histoire, est élu président d'Ukraine. Sa prise de fonction au sein d'un pouvoir gangrené par la corruption est parsemée d'embûches.

Tournée entre 2015 et 2018, cette série, en 3 saisons, a pour particularité d'être produite, écrite et interprétée par un comédien élu depuis président d'Ukraine. 

Au visionnage de la série, sans connaître la politique intérieure du pays, on se demande jusqu'à quel point la corruption ici dénoncée était fidèle à la réalité et comment le pouvoir en place a réagit à la violence de cette dénonciation. Car si la série joue sur l'humour pour décrire l'arrivée au pouvoir des amateurs, elle n'en manque pas moins de dessiner la multitude des profils de ceux qui piquent dans les caisses de l'Etat.

Volodymyr Zelenskiki s'est présenté à la présidence avec le parti portant le nom de la série, et un programme proche de celui de son héros, populiste, anti-corruption et partisan de la démocratie directe. En 2019, il a été élu avec 73% des voix. 

Il fait aujourd'hui l'admiration de beaucoup pour son courage et sa maîtrise face à la guerre que Poutine a déclarée à son pays. Dans ces circonstances, visionner cette série a quelque chose de vertigineux quant au destin de cet homme et à la folie de cette guerre.

A voir sur Arte.fr

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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 12:31

Lisa, 50 ans, vient de perdre sa mère, Marie Laforêt, et décide de s'installer à Los Angeles pour écrire un film et refaire sa vie.

Les films de Lisa Azuelos ne brillent jamais par leur finesse. I love America ne fait pas exception à la règle. On retrouve ici le nombrilisme de la pauvre petite fille/femme riche de Comme tu es belle, LOL, Mon bébé... Le scénario mêlant flash back sur l'enfance et quête de l'âme soeur sur musique disco donne un récit bancal. Le portrait au vitriol de Marie Laforêt en devient gênant. L'affligeant texte en voix off offre plusieurs éclats de rire sans nul doute non désirés par la réalisatrice. L'interprétation de Sophie Marceau parfaite ne suffit pas à nous tirer de l'ennui. Et la bêtise et la grossièreté qui habillent l'ensemble nous achèvent.

A voir sur Amazon Prime... ou pas.

 

 

 

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 23:30

Le 15 avril 2019, un incendie se déclenche dans Notre Dame de Paris. Pendant plusieurs heures, alors que la survie de l'édifice est en jeu, les pompiers vont tenter d'éteindre le feu et de limiter les dégâts.

Le réalisateur reconstitue cet événement qui a sidéré les parisiens, les français et une partie du monde, dans une réalisation au réalisme spectaculaire, 

A l'aide de moyens colossaux, et en deux milles plans, il nous plonge au coeur du brasier au plus près des pompiers plongés dans l'enfer. Tourné dans la cathédrale de Bourges et celle de Sens, et en studio où furent reconstituées les coursives, la nef et la charpente "forêt", le film conte aussi, l'incroyable succession de loupés et de circonstances surprenantes qui ont complexifié la résolution de l'événement.

Bien que visuellement spectaculaire, la reconstitution du feu à l'intérieur de l'édifice, dont la chute de la flèche, est très impressionnante, le film n´est pas sans défaut. Ainsi, au côté de ces scènes d'une grande maîtrise technique et artistique, le traitement des séquences d'échanges entre les protagonistes semblent parfois sur jouées. Un côté un peu ringard, un peu too much,  qu'accentue l´accompagnement musical quasi permanent et des choix d'enchaînement de plans surprenant dans le souci, sans doute, de montrer de façon quasi exhaustive les différents événements..

Malgré ses imperfections, le film d'1h45 se regarde sans ennui et avec un réel intérêt.

A voir à partir du 16 mars sur grand écran au cinéma.

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13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 16:10

La 4e saison de la plus drôle série de ces 5 dernières années est enfin intégralement disponible sur Amazon Prime.

 

Les scénaristes parviennent à maintenir sans mal notre intérêt pour les aventures de la stand-uppeuse des années 50, en la plaçant dans un lieu aussi fantasque qu'elle. Le récit est toujours aussi bien mené, les dialogues ciselés et le dessin des personnages et de l'époque précis.

 

Le tout est toujours excellemment servi par Alex Borstein, Michael Zegen, Marin Hinkle, Tony Shalhoub, Jane Lynch, Caroline Aaron, Bailey de Young, Luke Kirby et bien sûr Rachel Brosnahan dans le rôle de la merveilleuse Miriam Maisel. 

A ne pas manquer.

Lire le post sur les saisons 1 et 2

 

 

 

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10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 23:42

 

Christophe Alévêque fonde et prend la tête du club des Vieux Cons Modernes cultivant, "à la fois, l'amour de la liberté, l'art du débat et les carottes, parce que ça rend aimable."

 

Car il en a marre. De quoi ? De tout et aussi un peu de son contraire. Mais surtout de ce qu'il considère comme une tendance forte à la bien-pensance et à l'extrême obéissance. Bref, nous sommes des moutons décérébrés. Et pour ne pas se laisser piégé dans cette embrigadement "systémique", il en appelle à son esprit de contradiction et à ce qui était autorisé de faire il n'y a encore pas si longtemps.

 

Sans être passéiste, l'humoriste décrit notre époque et ses travers, s'interrogeant sur la manière avec laquelle il va bien pouvoir expliquer à son fils de 2 ans comment penser et se comporter en toutes occasions.

C'est souvent drôle, avec un passage particulièrement efficace sur la période des confinements/déconfinements, et donne aussi à réfléchir sur ce qu'est la liberté, celle-ci s'arrêtant là où commence celle des autres, et sur le devenir de nos démocraties.

 

Au théâtre du Rond-Point à 18h30, tous les jours, sauf le lundi.

 

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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 15:00

De nos jours, à New York, une jeune femme cherche des informations sur son grand-père Eugène. Elle interroge Stanislaw, qui a connu Eugène pendant la seconde guerre mondiale. 

Sur scène 9 comédiens, menés par Charlie Fargialla et Gaël Cottat excellents tous les deux, interprètent une quinzaine de rôles. Ils redonnent vie à cette histoire réelle de deux médecins polonais qui ont sauvé leur village en faisant croire aux allemands que ses habitants étaient contaminés par le typhus.

La scénographie, astucieuse, fait cohabiter deux temporalité simultanément sans qu'à aucun moment cela semble incongrue. Le récit qui pourrait s’essouffler rapidement est dynamisé par l'humour, parfois osé mais dosé, et une mise en scène vive. Les changements de décors effectués par les comédiens, qui ne se ménagent pas, sont d'une grande fluidité. Enfin, la durée de la pièce 1h20 environ est parfaite.

A voir au théâtre du Splendid.

Lire le post sur la nouvelle pièce de Mélody Mouret "La course des géants"

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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 12:55

L'Atelier des Lumières présente une nouvelle exposition immersive consacrée à Cézanne et à Kandinsky.

Cézanne, Lumières de Provence, création artistique de Gianfranco Iannuzzi, mise en scène et animations vidéo de Cutback, nous immerge, durant 35 minutes, au cœur de la nature source première d'inspiration du peintre. Ses œuvres majeures, autoportraits, baigneuses, nature morte,  et paysages de Bibémus, l'Estague et la Sainte-Victoire (dont Nature morte aux pommes, Les joueurs de cartes, Les grandes baigneuses) sont ainsi projetées sur les murs et sols, semblant naître petit à petit devant nos yeux, faisant apparaître la texture de la peinture. Ce beau voyage est composé de plusieurs séquences chacune dédiées à une période artistique et parfaitement accompagnées par Django Reinhardt, Eddy Davis, Stephane Grappelli, Woody Jackson, Henry Purcell, Franz Schubert, Felix Mendelssohn, Mozart, Antonio Vivaldi, Frédéric Chopin, Sibelius....

Un programme "court" de 10 minutes, réalisé Cutback sous la direction artistique de Virginie Martin, est consacré au travail de Kandinsky, fondateur de l'art abstrait. La première partie présente la période figurative entre impressionnisme et fauvisme (dont La Montagne Bleue). Là aussi les projections sont accompagnées de musique classique (Wagner, Dvorak, Vivaldi... ). La seconde partie nous plonge dans ses œuvres abstraites (dont Carrés et cercles concentriques, Composition VIII et Jaune, rouge, bleu) et sa période cosmique (sur Space Oddity de David Bowie)

A voir jusqu'au 2 janvier 2023.

Lire le Post sur l'exposition sur Gustav Klimt

Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
Cézanne et Kandinsky à l'Atelier des Lumières
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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 23:51

Bertrand seul dans son appartement décide de se suicider. Mais quelqu'un frappe à la porte.

La nouvelle pièce de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière (auteurs du Prénom) joue sur l'absurde : un suicidaire voit ses plans bouleversés par l'intervention d'un tueur qui veut sa peau. Leurs échanges sont au diapason de la situation. Le décalage est total et l'auteur s'en donne à coeur joie.

Côté mise en scène et scénographie, c'est le service minimum : quelques maladresses, pas d'inventivité et une utilisation de la vidéo sans intérêt.

Le texte, souvent drôle, est parfaitement servi par Éric Elmosnino, une fois de plus excellent, et Kyan Khojandi, très bon en type mal dans sa peau

La première heure fonctionne très bien entre saillies percutantes de drôlerie et silences, l'ensemble jouant sur un rythme lent servant l'étrangeté de la situation. Au quart d'heure final le ton change, comme si l'auteur avait cédé sa plume à un autre, tombant dans un 1er degré lénifiant. Cette fin gâche un peu le plaisir pris jusqu'à là.

A voir à La Scala jusqu'au 31 mars.

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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 15:01
@Reza

Août 2021, les talibans envahissent Kaboul. Tous les médias du monde relaient l’événement. L'émotion s'installe en occident puis passe...

Pour nous rappeler que l'Afghanistan se meurt sous le joug des oppresseurs, le Pavillon Carré de Baudouin apporte son soutien au peuple afghan et à ses artistes à travers un hommage au poète Sayd Bahodine Majrouh, à qui l'exposition doit une partie de son titre "Le rire des amants", et en exposant six photographes.

Les photographies, prises entre 1983 et 2021, célèbrent la beauté de ce pays empêché et de ce peuple marqué par un destin d'une grande complexité.

L'exposition débute par Le Ciel des yeux, présentant une vingtaine d’œuvres du photojournaliste français d'origine iranienne, Reza. La beauté que porte ses photographies dénonce encore plus la violence portée à ce peuple.

 

@Massoud Hossaini

La deuxième salle est consacré au photojournaliste afghan Massoud Hossaini, prix Pulitzer en 2012 (ci-dessus), qui présente son projet Wrong Place? Pour oublier les horreurs qu'il prend en photos, il poste sur son compte Instagram les "petits bonheur quotidiens".

 

@Naseer Turkmani

A l'étage, Nasser Turmani, photographe afghan, en exil en France depuis août 2021, présente Terres sombres, une dizaine de belles et nostalgiques photos en noir et blanc.

 

La grande salle accueille trois artistes femmes.

@Roshanak

Roshanak, photographe et peintre d'origine iranienne vivant en France. Elle s'installe en 2021 dans un Afghanistan libéré des talibans. Elle présente La couleur pour survivre, une série de photographies en noir et blanc, scènes de vie familiale, de tradition où les femmes dominent, sur lesquelles elle a peint quelques éléments de couleur symbole de liberté.

 

@Roya Heydari

Roya Heydari, photographe et vidéaste afghane, exfiltrée en 2021, témoigne de la beauté de son pays.

 

@Fatimah Hossaini

Fatimah Hossaini, artiste afghane, née à Téhéran, présente L'audace de la beauté, un hymne à la beauté des femmes comme arme contre la terreur.

 

A l'heure où l'Ukraine se bat pour sa liberté contre l'envahisseur Russe, et alors que les Ukrainiens fuient sur les routes d'Europe, le texte qui accompagne les photos de Reza se fait universel :

Mémoire d'exil - Afghanistan, Badakshan, 1990
"Au bout du chemin parfois difficile du départ, souvent au péril de sa vie, l'exil, vers ces terres d'asile accueillantes, reste le refuge dans lequel chacun s'efforce de survivre, de reconstruire. En soi, le souvenir du pays perdu et la déception de la terre promise. Au-delà de la joie d'être libre, en soi, la fracture physique et intellectuelle du deuil de sa terre. Une odeur, un goût, un paysage, un visage, la mélodie de sa langue, le rythme de son pays : les joies du présent de l'exilé sont pleines de mémoires de son passé. Dans l'ailleurs à bâtir, l'exilé avance sur la frontière intime entre sa guerre et sa paix intérieure."

Cette très belle exposition est à voir au Pavillon Carré de Beaudouin jusqu'au 2 avril (entrée gratuite).

Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
Le rire des amants, une épopée afghane au Pavillon Carré de Baudouin
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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 16:48

Neuf personnes se rendent dans un centre luxueux de remise en forme. Leur séjour va prendre une tournure inattendue.

Le récit se déploie en 8 épisodes et cela semble long, très, très long. Les enjeux qui se mettent en place se révèlent rapidement sans réel intérêt et frôle le ridicule. Le casting 4 étoiles (Nicole Kidman, Michaël Shannon, Mélissa Mc Carthy, Bobby Cannavale, Luke Evans, Tiffany Boone....) ne suffit pas à maintenir notre attention.

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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 00:47

César du Meilleur film : Illusions Perdues, réalisé par Xavier Giannoli

César de la Meilleure actrice : Valérie Lemercier dans Aline

César du Meilleur acteur : Benoît Magimel dans De Son Vivant

César de la Meilleure actrice dans un second rôle : Aissatou Diallo Sagna dans La Fracture

César du Meilleur acteur dans un second rôle : Vincent Lacoste dans Illusions Perdue

César du Meilleur espoir féminin : Anamaria Vartolomei dans L’événement

César du Meilleur espoir masculin : Benjamin Voisin dans Illusions Perdues

César de la Meilleure réalisation : Leos Carax pour Annette

César du Meilleur film de court métrage d’animation : Folie Douce, Folie Dure réalisé par Marine Laclotte

César du Meilleur film de court métrage documentaire : Maalbeek réalisé par Ismaël Joffroy Chandoutis

César du Meilleur film de court métrage de fiction : Les Mauvais Garçons réalisé par Elie Girard

César du Meilleur film d’animation : Le sommet des dieux

César du Meilleur film Documentaire : La Panthère Des Neiges réalisé par Marie Amiguet, Vincent Munier

César du Meilleur premier film : Les Magnétiques réalisé par Vincent Maël Cardona

César du Meilleur film étranger : The Father réalisé par Florian Zeller

César du Meilleur scénario original : Arthur Horaire, Vincent Poymiro pour Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle

César de la Meilleure adaptation : Xavier Giannoli, Jacques Fieschi pour Illusions Perdues

César de la Meilleure musique originale : Ron Mael, Russell Mael pour Annette

César du Meilleur son : Erwan Kerzanet, Katia Boutin, Maxence Dussère, Paul Heymans, Thomas Gauder pour Annette

César de la Meilleure photo : Christophe Beaucarne pour Illusions Perdues

César du Meilleur montage : Nelly Quettier pour Annette

César des Meilleurs costumes : Pierre-Jean Larroque pour Illusions Perdues

César des Meilleurs décors : Riton Dupire-Clément pour Illusions Perdues

César des Meilleurs effets visuels : Guillaume Pondard pour Annette

César d'honneur : Cate Blanchett

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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 19:03

En 1960, à Chicago, Jack Mancini, pizzaiolo turbulent, entre à l'université puis à la Nasa grâce à son intelligence exceptionnelle.

Mélody Mourey nous présente un héros à l'Américaine qui pourrait sortir tout droit du cinéma populaire hollywoodien des années 90, un cinéma qu'elle a sans nul doute beaucoup regardé. Elle en convoque ici les recettes les plus efficaces dans une sorte de best-of entre film d'apprentissage et film catastrophe (Appolo 13Will Hunting par exemples). Ainsi, la pièce enchaîne des scènes et événements, plus ou moins importants, qui nous semblent familiers, déjà vus à maintes reprises, sans surprise. Cela pourrait être gênant mais c'est une forme d'admiration pour ce savoir-faire, cette capacité à reproduire en compilation les codes et les scènes les plus efficaces, qui l'emporte. Le texte est du même acabit que les dialogues de ces films mais l'auteur n'oublie pas d'être drôle avec de bons mots et un comique de situation efficaces.

Côté scénographie, là aussi c'est le cinéma qui est convoqué. Pour décor des projections vidéos qui nous transportent de lieux en espaces. C'est là aussi très bien fait et favorise l'immersion. Le peu de mobilier présent est déplacé et escamoté par les comédiens qui ne chôment pas dans une mise en scène vive où tout doit s’enchaîner à la vitesse de la lumière, et ce, sans que le spectateur ne se perde. La troupe de comédiens avec en tête Jordi Le Bolloc'h dans le premier rôle, Nicolas Lumbreras (drôlement Splendid), Anne-Sophie Picard, Alexandre Texier, Valentine Revel-Mourosz et Eric Chantelauze, est excellente.

Bref, dans son genre, que certains rapprocheront d'un théâtre à la Michalik mais en plus efficace et plus frais, La Course des Géants fait très bien le job. C'est du divertissement pur, familial, sans plus de prétention.

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 12:24

Philippe dirige une des cinq usines françaises du groupe mondial Elson. Ordre est donné à toutes les usines européennes de baisser de 10% les effectifs.

Brizé présente le 3ième volet de sa série sur le monde du travail. Après avoir incarné l'employé modèle (La loi du marché) puis le syndicaliste (En guerre) Vincent Lindon endosse ici le costume du dirigeant. Un directeur d´usine auquel on demande d´appliquer des directives que sa conscience sociale et son bon sens ne parviennent plus à assumer.

Un dirigeant dévoué qui a sacrifié sa vie de famille à son travail sera t-il prêt à piétiner tous ses principes sous les ordres des actionnaires ?

En positionnant sa caméra du côté du dirigeant, Brizé pointe le doigt sur un système capitaliste qui dans sa quête absolue de profit, au détriment de toute considération pour l´humain et pour les limites de la production, broie de l'ouvrier jusqu´aux cadres dirigeants. Le réalisateur met en images, comme il sait si bien le faire, au plus près du réel dans les joutes verbales, séquences longues qui laissent la complexité ou l'incongruité des débats apparaître, au plus près des visages, s´accordant de longs plans pour laisser l'émotion prendre sa juste place.

Sandrine Kiberlain, ici en épouse éplorée, est comme toujours bluffante. Le jeu sensible et précis d'Anthony Bajon, dans le rôle du fils étudiant qui, poussé par la pression de la réussite à tous prix, a déjà basculé dans un autre monde, émeut. Vincent Lindon, qui a participé à l'écriture du scénario, est, comme il est chaque fois, tout  simplement magistral. Un immense comédien qui, rôle après rôle, n´a de cesse de nous cueillir.

 

Lire les posts sur les autres films de Stéphane Brizé : La loi du marché / En guerre / Une vie / Quelques heures de printemps

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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 18:50

En 2015, Jacques Billard, big boss de l´Office de répression des trafics de stupéfiants, explique à ses confrères qu´il veut s´attaquer à l'infrastructure des trafics pour destabiliser tout le système. Au même moment, 7 tonnes de résine de cannabis sont découvertes en plein cœur de Paris au pied de l´immeuble d´un trafiquant notoire. Billard doit rendre des comptes à la procureur de la République. Cet événement réveille Hubert Antoine, un indic utilisé par Billard. Hubert contacte Stéphane Vilner, journaliste à Libération. Il a des des révélations à faire.

De Peretti prend soin, en avant générique, de préciser que son film est une fiction bien que de toute évidence il se soit fortement inspiré de l´affaire François Thierry, ancien patron de l´anti drogue soupçonné d´avoir trempé dans un trafic.

Ici il est question des pratiques de la police et des pouvoirs publics en matière de répression des trafics, des libertés prises avec la loi par des flics qui pactisent avec les voyous mais aussi et surtout du travail du journaliste d´investigation, des relations qu´il entretien avec ses sources et de sa capacité ou de ses possibilités de vérifier la véracité des informations récoltées. Une responsable du journal explique au tribunal que leurs articles n´accusent pas mais interrogent. Le scénario de De Peretti en laissant constamment planer le doute sur la crédibilité d´Hubert se positionne de la même façon.

Les comédiens, Pio Marmai, Roshdy Zem, Vincent Lindon, Julie Moulier..., servent parfaitement ce thriller-psycho-politique palpitant, au final glaçant.

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