SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 15:22

Roy Courtnay, escroc octogénaire, séduit Betty Mc Leish, riche veuve.

Le rythme du récit est au diapason de celui de ses héros, lent, très lent. Il n'est rien de dire que l'ennui s'installe très vite. On est loin du film d'anarque brillant. Ici le film s'enlise dans un scénario alambiqué et idiot. Le récit frôle régulièrement le ridicule pour y tomber totalement lors du dénouement. Le charme de Iam Mc Kelley et d' Helen Mirren n'y peut rien.

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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 22:34

Descendant des cintres dans une quasi verticalité, un plateau en bois massif porte 3 hommes et 3 femmes qui tentent de ne pas céder à l'attractivité terrestre. Quand le plateau se positionne à l'horizontale et se met à tourner sur lui-même, telle la terre en rotation, les six personnages poursuivent leur quête d'équilibre, alternant comportement individualiste et collaboratif, terreur vive, bonheur fugace et jeux dangereux. Ils sont les jouets de cet espace versatile auquel ils semblent coûte que coûte vouloir rester attachés.

Les 6 danseurs-circassiens (Julien Cramillet, Kerem Gelebek, Jean-Yves Phuong, Sarah Silverblatt-Buser, Marie Vaudin, Francesca Ziviani) déjouent pendant 1 heure les lois de l'apesanteur et donnent à cette allégorie de la vie, et de sa double gravité, toutes leurs forces et leurs talents d’acrobates et de comédiens. L'engagement physique est impressionnant tout comme la maîtrise technique.

Entre poésie et performance physique Celui qui tombe impressionne.

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3 janvier 2020 5 03 /01 /janvier /2020 15:34

Paul et Myriam engagent Louise comme nounou pour leurs deux jeunes enfants.

Lucie Bordeleau prend le difficile pari de mettre en images le livre de Leila Slimani. La réalisatrice décide de déconstruire le récit  précis de l'écrivain et réduit cette histoire complexe en un scénario sans nuances avec un suspens qui n'existe pas dans le livre car il n'en ai pas le sujet. Cette réécriture donne un récit appauvri sans émotion ou réelle tension, que quelques artifices grossiers échouent à créer. La scène finale confirme l'incapacité du film à atteindre l'esprit du livre. La qualité d'interprétation des comédiens n'y peut rien. Adultes, Karin Viard en tête, et enfants sont parfaits.

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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 16:25

En 1999, dans les Ardennes belges, Antoine, 12 ans, vit seul avec sa mère. Un jour, dans un geste de colère, il tue le petit Rémi.

Boukrief adapte le livre de Pierre Lemaitre plus ou moins fidèlement. Son récit reste en surface en laissant de côté toute psychologie des personnages. Tout est conté à grandes enjambées sans la moindre finesse, reduisant les motivations et enjeux des protagonistes à peau de chagrin.

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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 15:16

Fabienne, comédienne star du cinéma français,  vient de publier ses mémoires. Sa fille Lumir arrive de New-York, avec mari et enfant, pour fêter cet événement. A moins que ce ne soit pour régler quelques comptes.

Kore-Eda tourne pour la première fois en France et relève haut la main le défi de composer un film dans un cadre, un jeu et un esprit très français. Il installe deux  histoires, celle du film et celle du film dans le film, pour traiter son sujet fétiche la filiation et la famille en général. Il joue, sans la ménager avec l'image d'icône du cinéma français qu'est Catherine Deneuve. L'actrice est parfaite en star peau de vache abusant de son aura. Et Kore-Eda lui offre des répliques cinglantes très drôles. Juliette Binoche est confondante de naturelle en fille, mi-amusée, mi-agacée, à qui on ne la fait plus, mais qui est toujours en quête d'une mère et d'une vérité. Le duo de comédiennes onctionne parfaitement et apporte au film un rythme enlevé et ton sarcastique réjouissants.

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 21:46

Entre 1987 et 1989, Marguerite Duras accorde une serie d'entretiens à la journaliste italienne Leopoldina Pallota della Torre. L'écrivain raconte son enfance et son adolescence, son amant chinois, sa mère et ses frères, ses rapports aux hommes, au féminisme qu'elle méprise, au communisme et à l'alcoolisme, à la littérature, la sienne et celle de ses contemporains, à ses propres adaptations cinématographiques qui ne peuvent pas être pires que celles des autres. Piquante, brillante, agaçante, excessive et parfois drôle, Marguerite Duras raconte les rencontres et les moments clés de sa vie.

Au théâtre de l'oeuvre, pour 10 représentations, Bertrand Marcos, met en scène ces entretiens. Il interprète, tout en sobriété, le journaliste.

Fanny Ardant, grande interprète de Duras donne à l'écrivain son beau regard noir, tout à la fois lumineux et sombre, son corps longiligne à la démarche élégante et ondulante, sa voix unique, grave et intense. Elle apporte aux mots de Duras une vitalité, une fantaisie et une intensité unique. 

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24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 21:18

Maud Crayon, architecte exploitée par son patron, mère débordée plus par le père de ses enfants que par les enfants eux-mêmes, enceinte sans l'avoir voulu, remporte le prestigieux concours de la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre Dame.

"Notre dame" offre du grand Donzelli. Cette cinéaste du bonheur envers et contre tout, nous emporte dans son univers poétique et fantasque. Les comédiens qui l'accompagnent sont tous excellents. A commencer par Valérie Donzelli, elle-même et Christophe Deladonchamps au premier plan puis dans les seconds rôles, Virginie Ledoyen, Bouli Lanners, Thomas Scimecca, Isabelle Candelier, Philippe Katerine, Samir Guesmi parmi lesquels on remarque particulièrement Claude Perron, hilarante.

Un film joyeux et désabusé, décalé et cynique, romanesque et drôle.

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 21:12

A New-York, dans les années 50, Lionel Esrogg, détective privé atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur la mort de son patron et ami Frank Mina.

Edward Norton propose, devant et derrière la caméra, un film policier à l'ancienne et en profite pour passer quelques messages sur le racisme anti afro-americains, sur l'acceptation de la différence, sur la corruption et la folie immobilière qui piétine les plus faibles. L'intrigue fonctionne particulièrement par le traitement qu'en fait Norton. L'ambiance 50's, le grain de l'image, le montage qui ménage rythme, suspens et humour donnent tout son charme au film. L'impeccable composition d'Edward Norton est la cerise sur ce gâteau que l'on aurait tout de même aimé un peu moins long.

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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 17:46

Sarah, astronaute, est sélectionnée pour un voyage d'un an vers Mars. Entre son entrainement physique et technique et sa préparation à la séparation d'avec sa fille de 6 ans, les préparatifs sont éprouvants.

Alice Winocour propose un space movie sans espace qui replace sans cesse son héroïne face à la dichotomie entre son attachement à la terre et son rêve d'aventure extra-terrestre. Entre documentaire, l'entrainement de l'astronaute est précis, et mélodrame, sans pathos appuyé, Proxima est un beau film sur le sacrifice, le renoncement. 

Eva Green est parfaite en femme, tout à la fois, déterminée et concentrée sur son objectif et rattrapée par son instinct maternelle. 

Un film original par son propos et sa forme parfaitement maîtrisés.

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 13:58

Franz Jaggerstatter, paysan autrichien, fervent catholique, affiche ouvertement son anti-nazisme. En février 1943, alors qu'il est appelé sur le front, il refuse de jurer fidélité au fuhrer.

A travers ce magnifique portrait de Franz Jaggerstatter, Terrrence Malik interroge, notamment, sur la place dans l'Histoire de l'homme de rien porté par ses convictions,  la force donnée par la foi et les doutes que l'horreur fait naître sur Dieu. Mais plus qu'un film sur la foi en Dieu, "La vie cachée" proclame la foi en l'homme. Le réalisateur alterne les scènes désespérées et mortifères avec celles de bonheur et de vie incarnés par la nature, l'amour et l'enfance.

Formellement très beau, le film impressionne autant par ses plans panoramiques que par ses gros plans ou cadrages dècentrés sur les visages, les mains qui s'etreignent, les pieds d'un enfant... La beauté se cogne sans cesse aux conséquences de l'horreur de la guerre et du nazisme dans ce petit village tranquille. August Diehl et Valerie Pachner, sont tous deux magnifiques. Seul bémol, la seconde partie du film dédiée au martyr de Franz perd de sa force de par sa longueur.

On demeure touché par la beauté et la cruauté de ce sacrifice, et la grandeur de cette petite histoire dans la grande Histoire du monde.

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 19:43

Elia Suleiman vit à Nazarreth, en Palestine. Il part observer la vie à Paris et à New-York.

Le récit enchaine de grands moments de vide, beaucoup de clichés et des plaisanteries faciles.

Quitte à enfoncer les portes ouvertes mieux aurait value y aller carrément et remplir ces 1h38mn du burlesque que semble apprécier le réalisateur du film, qui s'avère de plus être un piètre comédien.

Ici, les silences et les 3 phrases de dialogues pseudo poétiques semblent brandis pour parer le film d'une posture intellectuelle qui ne fait guère illusion. On ne retient que la vacuité de l'ensemble.

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 16:34

De nos jours à Marseille, Richard, chauffeur de bus, Sylvie, femme de ménage et leurs filles et beaux fils s'arrangent comme ils peuvent avec la dureté du monde moderne.

Après "Sorry we miss you" de Ken Loach sur l'uberisation de notre société, Guediguian présente à son tour sa vision de la paupérisation du monde du travail et de la société dans son ensemble. Une misère qui pousse à la bêtise, la cruauté, l'indifférence et au sacrifice. Guediguian fait avec gravité et poésie, et avec plus de finesse que Loach, une démonstration aussi plombante qu'efficace sur cette société impitoyable.

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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 16:50

Au début des années 60, la compagnie Ford, qui voit ses ventes chuter, décide de se donner une nouvelle image en défiant Ferrari au 24 heures du Mans.

Réalisation enlevée, rythme endiablé, dialogues musclés et interprétation testostéronee, Le Mans 66 répond aux exigences du genre. Les amateurs, grands enfants, apprécieront.

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:27

Un célèbre auteur de roman policier est retrouvé mort dans son manoir. Les soupçons se portent sur tous les membres de la famille et du personnel.

Cette sorte d'énigme à l'Agatha Christie, est portée par un casting intrigant, Daniel Craig, Michael Shannon, Jamie Lee Curtis, Don Johnson, Toni Colette... C'est sa seule originalité. Ce film au scénario vu et revu, s'il s'oubliera vite, se laisse regarder sans déplaisir.

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 19:18

De la fin des années 50, jusqu'au début des années 90, Martin Scorsese dresse le portrait de Franch Sheeran, petit gangster, au coeur du crime organisé et proche du président du syndicat des transports, Jimmy Hoffa, mort assassiné.

Il faut bien 3h30, pour raconter avec clarté et créativité cette histoire vraie aux multiples protagonistes et aux incessants rebondissements. Les comédiens sont tous excellents, même si le rajeunissement numérique de De Niro dérange un peu au démarrage.

Le récit, très dense, nous tient en haleine jusqu'au bout.

A voir sur Netflix.

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 16:50

Samia prend un poste de CPE dans un collège dit "difficile" de Seine Saint-Denis. La vie scolaire prend place.

Ce portrait de la vie d'un collège de banlieue compliquée est parfaitement porté par ses comédiens, jeunes et adultes, tels Zita Hanrot et Liam Pierron. C'est essentiellement leur talent et leur énergie qui donnent son intérêt au film qui bien que sympathique n'offre qu'un scénario sans originalité si ce n'est sa conclusion un peu plombante.

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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 16:12

Camille, 12 ans, voit ses parents séduits par l'accueil d'une communauté religieuse. Peu à peu l'emprise se fait plus forte, les interdits se multiplient.

Sarah Suco s'inspire de son histoire pour délivrer une dénonciation puissante et efficace des dérives sectaires. C'est par le regard de l'adolescente, la seule à garder un œil critique sur les événements, que la réalisatrice conte cette histoire. Elle démontre parfaitement, par touches de plus en plus appuyées, les rouages de cette mécanique d'emprisonnement des esprits, sa violence psychologique et physique.

Le film doit aussi beaucoup à la qualité de ses interprètes. Céleste Brunnquell est parfaite en adolescente pleine de vie et rebelle. Face à elle Camille Cottin en mère paumée et Eric Caravacca en père trop bon, trop faible, sont parfaits. Quant à Jean-Pierre Darroussin, il est particulièrement glaçant dans le rôle du gourou.

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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 13:36

A Paris, une main s’évade du laboratoire dans lequel elle est conservée. Elle part à la recherche de son corps.

 

Parallèlement, à ce périple, on découvre le parcours de Naoufel qui se confond avec les souvenirs de la main.

 

Ce film d’animation, au-delà de cette histoire aussi originale qu’étrange, porte beaucoup de poésie évoquant notamment la force du souvenir et le poids de la solitude.

 

« J’ai perdu mon corps », grand prix au festival d’Annecy, est nommé aux Oscars.

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 13:14

A Montfermeil, en banlieue parisienne, Stéphane vient d'intégrer la BAC. Il fera équipe avec 2 flics qui connaissent par cœur la ville et ses habitants.


Ladj Ly a grandi à Montfermeil qui est, entre autre, la ville où Victor Hugo a écrit "Les Misérables". Ladj Ly dessine le portrait des différentes forces qui s'opposent dans les banlieues : les gamins, les trafiquants qui en échange de leur tranquillité font régner le calme, les porteurs de la parole de l'Islam, les mères et la police.

Ce qui perturbe la lecture de ce film est la mission que lui confère la presse qui en fait un film drapeau de la banlieue.

Mais le film de Ladj Ly ne raconte qu'une histoire romancée, certes sur fond de réalité mais conforme à ce que nécessite le récit. La police ici n'est confrontée qu'à des enfants. Cette vision de la jeunesse de la banlieue qui ne semble jamais dépasser l'âge de 15 ans, sans grande délinquance réelle, est particulière. L'attitude des trois flics après leur bavure, en dehors d'être illégale, est surtout totalement idiote. On est bien dans une histoire romancée, un peu de guingois, aux portraits artificiels ou caricaturaux. Cela reste efficace et plusieurs séquences sont marquantes parce que mettant en scène des jeux d'enfants dans un décor de tension. Mais le film ne se positionne pas dans du grand cinéma. 


On peut légitimement penser que le Prix du Jury reçu à Cannes a, cette fois encore, été remis au sujet traité plutôt qu'à l'œuvre cinématographique.
 

 

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 16:05

En Sicile, dans les année 80, les différentes familles mafieuses se font la guerre. Tommaso Buscetta  membre de la Cosa Nostra qui a fuit au Brésil, est arrêté et extradé en Italie. Il décide de dire toute la vérité au juge Falcone.

Marco Bellocchio retrace cette histoire incroyable qui a vu l'arrestation de plus de 450 malfaiteurs, le triomphe du juge Falcone et son assassinat. A travers le portrait de Tommaso Buscetta, à la fois traitre et homme d'honneur (Pierfrancesco Favino magistral), Bellochio offre une vision nouvelle de la mafia en nous plongeant au coeur de l'intimité des mafieux et des trahisons multiples, portraits d'hommes sans foi ni loi ni éducation. Ici, les scènes de procès semblent surréalistes tant la bouffonnerie règne. On est bien loin des visions romanesques proposées par d'autres cinéastes et sans doute plus proches de la réalité.

 

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 19:50

Italie, début du XVIIe siècle, Galileo Galilée, mathématicien et astronome, confirme et clame la thèse de Copernic : la terre tourne autour du soleil qui est le centre de l’univers. 
Les instances religieuses, tout d’abord conciliantes avec l’homme de génie, en viennent à lui intimer de se dédire. L’astre au centre de l’univers ne peut être que la terre qui abrite les créatures  Dieu.

 

La pièce de Brecht demeure d’actualité. Le dogmatisme religieux peut s’imposer même aux plus savants. Il nous présente ainsi la vie de Galilée à diverses étapes de ses découvertes et de son état d’esprit, de la liberté sans limite à l’emprisonnement, de l’enthousiasme le plus grand à la renonciation, presque, totale (il poursuivra certains de ses travaux en cachette).

 

Sous un éclairage minimaliste qui ingénieusement ne montre que ce qu’il est important de voir, Eric Ruff met en scène 25 comédiens, qui forment, une magnifique troupe. Hervé Pierre est un grandiose Galilée, entouré de Florence Viala, Thierry Hancisse, Jean Chevalier et Élise Lhomeau. Les costumes de Christian Lacroix sont très beaux et servent parfaitement les chorégraphies de Glyslein Lefever. 


Le décor, constitué de 10 immenses toiles reproduisant des détails d’œuvres de peintres de la Renaissance Italienne, déconcerte tout d’abord avant de devenir évident. Ces icônes religieuses semblent juger et écraser notre scientifique, finalement si petit face à la puissance de l’église et à l’espoir qu’elle porte et exploite. 


Si on peut trouver le texte un peu redondant, les 2h10 de ce récit conservent toute notre attention. La qualité de la troupe de la Comédie Française et les parti-pris de la scénographie y sont pour beaucoup.

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 19:59

Lorsque Serge présente à Marc le tableau qu'il vient d'acquérir, celui-ci réagit violement. L'oeuvre est totalement blanche et coûte 30 000 euros. Marc s'empresse d'informer Yvan de la bêtise de leur ami  Serge.

"Art" de Yasmina Reza, créée en 1994 par Fabrice Luchini, Pierre Arditi et Pierre Vanek, serait l'oeuvre théâtrale contemporaine la plus jouée dans le monde.

Il est vrai que son sujet principal, l'amitié, est universel.

Yasmina Reza interroge ce qu'est l'amitié. Sur quels liens de dominance,  d'admiration ou de faux-semblants tient-elle, quel est son prix si elle en a un, jusqu'où peut-elle mener ? Elle en profite au passage pour égratigner l'art contemporain et le snobisme qui l'accompagne, pour questionner sur la gentillesse ou la tolérance que certains interprètent comme de la faiblesse, sur le poids des convictions.

Le théâtre Antoine accueille une nouvelle mise en scène de Patrice Kerbrat, interprétés par les excellents Charles Berling, Alain Fromager et Jean-Pierre Darroussin. Ce dernier, qui, il est vrai, récolte la meilleure partition, est particulièrement réjouissant dans son interprétation. Il a reçu en 2018, le Molière du meilleur comédien pour ce rôle.

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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 15:36

Bruno et Malik dirigent deux associations qui travaillent main dans la main : le Relais Ile de France et le Silence des justes. L'une travaille à la réinsertion sociale et professionnelle de jeunes et l'autre assure la prise en charge de jour ou de nuit d'enfants et adultes atteint d'autisme sévère.

Nakache et Toledano trace le portrait de ces hommes qui ont dédié leur vie à aider les autres. Cet exemple concret est le prétexte pour pointer du doigt les manquements de l'Etat français dans la prise en charge des personnes souffrant d'handicaps lourds.

Ainsi, le sujet du film n'est pas l'autisme mais les difficultés de sa prise en charge par les familles et les organismes de santé et le rôle essentiel joué par les associations.

Volontairement didactique, alternant gravité et rires, Hors normes est une sorte de feel good moovie qui appuie là où ça fait mal.

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 15:50

Les Crawley reçoivent le roi et la reine en villégiature dans le Yorkshire. Cette visite va mettre le château en ébullition.

Il faut vraiment être très fan de la série pour apprécier cette version cinéma à la mise en place poussive et aux nombreuses scènes  lourdement démonstratives et aux dialogues ringards. Le plaisir prit à retrouver les personnages, maîtres et valets, s'essoufle vite face à cette intrigue de faible catégorie.

Une question demeure : pourquoi présenter cela au cinéma ?

 

 

 

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 13:11

Victor, sexagénaire, dépassé par son époque, vient de se faire virer par sa femme du domicile conjugale. Un ami de son fils lui propose de tester un nouveau concept qui le plongera dans l'époque de son choix.

Après M. et Mme Adelmann, Nicolas Bedos reprend le thème de l'usure du couple, du temps qui en passant abîme les choses et les gens aimés et de l'emprise du créateur sur sa muse. Lorsque Bedos parle de l’égocentrisme de l'artiste, et donc certainement un peu de lui, les scènes frôlent le ridicule et cassent l'intérêt du récit. C'est le point faible du film qui comporte pourtant de nombreuses qualités dont les prestations de Doria Tillier et Guillaume Canet qui n'y peuvent rien si la partition qui les lie fait pâle figure face à celle de leurs aînés.

Fanny Ardant et Daniel Auteuil sont tous deux excellents dans leur façon de se débattre face à l'usure du temps ou au contraire de s'y abandonner. Ils sont particulièrement bien servis par des dialogues vachards à la fois drôles et touchants. Nicolas Bedos les place dans des situations qui leur donnent la possibilité d'utiliser une vaste palette de jeu qu'ils maîtrisent tous deux parfaitement. 

Les séquences de reconstitution des années 70 sont très belles et ce d'autant plus que le fameux concept de retour dans le passé n'utilise pas de technologies modernes mais les artifices du cinéma, comédiens et décors. Le film est ainsi et aussi un bel hommage au 7ieme art. Nicolas Bedos prouve encore qu'il est un bon metteur en scène. Sa réalisation est soignée et le parti pris du montage donne particulièrement du rythme à chaque scène.

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