SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 20:12
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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 21:56

La société MK2 ouvre, boulevard Diderot à Paris, au-dessus du cinéma, un hôtel d'un concept unique. Chaque chambre, véritable espace privé de projection, dispose d'un écran géant, les suites, d'une salle de projection et le toit terrasse d'un cinéma en plein air.

 

Plusieurs artistes dont Christian Boltanski et Woodkid ont participé au projet. JR a réalisé deux fresques visibles depuis l'hôtel. L'une, hommage à Charlie Chaplin, l'autre à Harold Loyd.

JR, deux fresques à l'hôtel MK2-Paradiso
JR, deux fresques à l'hôtel MK2-Paradiso
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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 21:06

En 2019, les comédiens Stéphane Varuprenne et Sébastien Pouderoux ont composé un spectacle sur Serge Gainsbourg où entre chansons et extraits de déclarations se dessine la complexité de ce musicien, poète, artiste à la fois maudit et vénéré, icône du XXe siècle.

Avec eux, Benjamin Laverhne, Noam Morgensztern, Yoann Gasiorowski et Rebecca Marder jouent la comédie, de la musique et chantent.

Alors que l'on célèbre les 30 ans de la mort de Gainsbourg, France 3 en présente, ce 26 février, une version filmique épatante. 

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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 21:32

L'école de Boersch qui forme de parfaites épouses depuis des années se voit, à la veille de  Mai 68, dépasser par l'évolution de la société.

L'intention est belle, les messages féministes proches de l'exhaustivité, mais le récit qui les sert semble fait de bric et de broc. Si l'on s'amuse au début du film de certaines scènes et personnages caricaturaux (Noémie Lvovsky en bonne soeur en fait délicieusement des tonnes), le sourire nous quitte assez vite. Le scénario qui tient sur une feuille de papier à cigarette est, de plus, assez mal mené. La qualité de jeu de Juliette Binoche, Yolande Moreau, Noémi Lvovsky et Édouard Baer ne suffit pas à maintenir notre intérêt.

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 20:06

Sa Marianne avait été vandalisée ou modifiée (chacun jugera selon ses opinions et sa vision du street-art) le 14 décembre par un groupuscule qui manifestait ainsi contre la violence policière, la loi sécurité globale et la brutalité des évacuations des camps de migrants.

Obey (Shepard Fairey) a fait restaurer son oeuvre créée à l'origine en hommage aux victimes des attentats de Paris en 2015. Il a remis à neuf sa Marianne en lui ajoutant tout de même une larme, comme un écho aux messages du groupuscule dont les revendications sont proches de ses principes d'humanité.

650 tirages de l'oeuvre modifiée seront mis en vente sur son site et sur celui de la galerie Itinerrance au profit d'associations caritatives parmi lesquelles figurent les restaurants du coeur.

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 16:20

Vladimir annule la semaine de vacances prévue avec Antoinette, sa maîtresse. Il part en randonnée dans les Cévennes avec femme et enfant. Antoinette décide d'aller le retrouver.

Ce sympathique road movie, dans les beaux paysages cevenols, propose un scénario qui se cale sur le rythme de Patrick, l'âne qui accompagne l'héroïne : lent. Les scènes fantasques qui parsèment le film valent surtout pour la prestation de Laure Calamy, confondante de naïveté et de drôlerie.

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 14:53

De nos jours, en Iran, Maryam est condamnée à mort pour le meurtre de Nasser, son mari. Elle participe à une émission de télé-réalité pour demander le pardon de Mona, la fille de Nasser, la seule à pouvoir annuler sa pendaison.

Yalda, la nuit du pardon est inspirée de l'émission de télé-réalité iranienne "Lune de miel". La loi du talion, le prix du sang, le mariage temporaire... sont au centre du film dont l'intérêt premier réside dans l'indignité qu'un tel show télévisé est pu exister (il a été supprimé depuis). 

Malgré ses bonnes intentions, Massoud Bakshi développe un scénario alambiqué dans une mise en scène brouillonne et frôle parfois le mauvais goût qu'il semble pourtant vouloir dénoncer. Le dessin de ses protagonistes est fait à gros traits, le poids des traditions et des inégalités sociales survolés.

Passé l'effet saisissant du contexte télévisuel, le film ne parvient pas à donner à sa dénonciation la dignité attendue. 

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 22:19
sanscrierart.com

BeTipul, série israélienne, mettant en scène un psychanaliste et ses patients a été adaptée dans de nombreux pays dont les USA avec Gabriel Byrne dans le rôle du thérapeute. 

C'est Arte qui propose la version française en la confiant à Olivier Nakache et Eric Toledano. Même mise en place. Un psy dans son cabinet reçoit ses patients pour 35 têtes à têtes de 26 minutes chacun. Ce huis clos captivant nous invite à suivre 5 patients, et deux thérapeutes, le héros et sa contrôleuse. Si la version française est proche de son modèle, son contexte lui est propre. Les rendez-vous se déroulent aux lendemains des attentats du 13 novembre 2015, l'un des plus récents traumatismes de la nation entière. Les 5 patients chacun avec leur vécu et leur pathologie propre, leur rapport à la psychanalyse, à leur place dans la société, dessinent les visages d'une humanité complexe. 

L'intérêt de la série repose sur trois qualités  : celle de l'écriture,  celle de l'interprétation et celle de la mise en scène. Ils sont sept à l'écriture du scénario soignant le dessin des protagonistes dans des dialogues précis. Ils sont 5 réalisateurs, à chacun son patient, qui dans ce huis clos qui ne se limite pas aux champs et contre-champs expriment, en plans soignés et ingénieux, les émotions qui ne sont pas dites. Ils sont huit comédiens dans cet exercice difficile n'autorisant aucune approximation : Sophie Cattani, Carole Bouquet (en petite forme), Reda Kateb, Clémence Poésy, Pio Marmai, Elsa Lepoivre merveille de la Comédie Française, l'impressionnante Mélanie Thierry, la sidérante Céleste Brunnquell et le toujours impeccable Frédéric Pierrot.

A voir sur Arte tous les jeudis ou à volonté sur arte.tv

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 16:45

En 1992, Gabriel, 10 ans, vit au Burundi avec sa petite soeur Ana, sa mère rwandaise, son père français. Son enfance heureuse et favorisée va basculer dans le drame familiale et l'horreur de la guerre.

Eric Barbier adapte le roman de Gael Faye qui s'est inspiré de sa propre histoire pour raconter la guerre civile au Burundi et le génocide au Rwanda. Sans faire de son film un témoignage historique, le réalisateur parvient à décrire l'effroyable contexte de ce récit intime. Il saisie l'insouciance de l'enfance, ses joies simples, son paradis bientôt perdu et le basculement dans  le chaos et la perte violente de l'innocence. Le film est porté par le talent du jeune Djibril Vancoppenolle parfaitement entouré de Jean-Paul Rouve, Isabelle Kabano et la jeune Dayla De Medina.

La folie des hommes et l'immobilisme de l'Europe  vus à hauteur d'enfants, portent plus encore le visage de crime contre l'humanité.

Sortie en salle : 28 août 2020

Disponible en VOD

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 19:13

Il formait avec Agnès Jaoui un fabuleux duo d'auteurs. Leurs pièces de théâtre adaptées au cinéma (Cuisine et dépendance, Un air de famille) les ont faits connaître du grand public, les faisant entrer directement dans le panthéon du cinéma français.

Leurs scénarios, leurs dialogues, leurs portraits grinçant d'une certaine société, à laquelle ils pouvaient parfois appartenir, sont précis, vachards, sensibles et drôles.

Ils écrivaient pour lui, acteur, et pour elle, actrice et réalisatrice (Le goût des autres, Comme une image, Parlez-moi de la pluie, Au bout du conte, Place publique) et, à deux reprises, pour le maître Alain Resnais (Smoking, no smoking et On connait la chanson).

Il se donnait souvent le rôle du type bougon, mal luné, revenu de tout, même s'il n'aimait pas qu'on le réduise à ces rôles là. Car Jean-Pierre Bacri était un grand comédien qui a su incarner des personnages bien différents pour Nicole Garcia, Claude Pinoteau, Luc Besson, Joël Santoni, Jean-Pierre Mocky, Jean-Marie Poiré, Alain Chabat, Gérard Krawczyk, Alain Resnais, Cédric Klapisch, Noémie Lvovsky, Pascal Bonitzer, Michel Leclerc, les bankables Olivier Nakache et Eric Toledano...

La profession a, à de nombreuses reprises, saluer son talent de comédien au théâtre (Molière en 2017) comme au cinéma (César en 1998 auquel s'ajoute près d'une dizaine de nominations) ainsi que ses qualités d'auteur (entre autres 1 Molière en 1992 et 4 César du meilleur scénario avec Agnès Jaoui).

En ce lundi 18 janvier, le cinéma perd un grand comédien et avec lui l'univers grinçant, moqueur et singulier du duo Jaoui-Bacri.

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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 21:14

Claude Brasseur a incarné plus d'une centaine de personnages à la télévision, au cinéma et au théâtre. Mais c'est d'abord Eugène-Francois Vidocq, Serge d'une Histoire Simple, le père de Vic et Daniel, l'ami indéfectible d'Etienne, Simon et Bouly qui nous sautent au coeur au moment de sa disparition.

Nous irons sans doute tous au paradis, mais il est  vraiment temps que ce confinement des lieux de culture cesse. Afin que nous passions à nouveau plus de temps à  célèbrer le spectacle vivant qu'à pleurer ses morts.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 17:12

Spin-off de la série The Good Wife, The Good Fight met en scène l'avocate Diane Lockaert qui, éclaboussée par un scandale financier, est empêchée de prendre une retraite bien méritée. Elle intègre, avec sa nièce Maia Rindell, le cabinet Reddick et Boseman qui a pour particularité d'être dirigé par des afro-américains.

The Good Fight pourrait être une série de plus sur des avocats si elle n'était si politiquement engagée. Le cabinet s'est spécialisé dans le traitement des violences policières à l'encontre des afro-américains et ses protagonistes sont ouvertement anti-Trump. Au fil des saisons la série colle à l'actualité et faits divers impactant le président et les Républicains, mais aussi la société tels le mouvement #metoo.

La saison 3 se perd un peu dans les excès mais reste regardable.

 

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 20:31

En Pologne, en  1949, Wiktor, musicien, dirige une troupe de chants et de danses folkloriques et tombe amoureux de Zula une des chanteuses. Quand l'Etat impose au groupe de porter la bonne parole du parti lors d'une tournée européenne, Wiktor tente de convaincre Zula de fuir à l'ouest.

Cold war,  guerre froide entre l'Est et l'Ouest, entre Wiktor et Zula. Dans un format 4/3, en noir et blanc, la réalisation soigne particulièrement l'esthétique au point de prendre le dessus sur un scénario un peu faible qui offre toutefois quelques beaux moments.

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 19:46

 

Michel Robin. Il a toujours été là.

A la télévision, au cinéma et au théâtre.

Il fait partie de ces comédiens magnifiques et discrets auxquels on s'attache rapidement.

Ils sont là souvent, traversent le temps.

Pas au premier plan mais indispensables.

Et l'apparition de leur visage est un rendez-vous inattendu qui toujours nous ravie.

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 13:31

Blanche Gardin a demandé à FabCaro de mettre en images la captation sonore de son premier spectacle Il faut que je vous parle.

Le trait simple, en noir et blanc, représentant Blanche Gardin derrière son micro, accompagne la voix de la comédienne. Une épure qui met en avant l'extrême expressivité de son jeu et de ses propos. Déjà très drôle, très crue et vacharde, Blanche Gardin marquait dès ce premier spectacle sa lecture de la vie et son ton si particuliers.

Les nombreux spectateurs de Je parle toute seule et Bonne nuit Blanche retrouveront avec plaisir son humour déprimé.

 

 

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 14:23

Le musée de l'Orangerie retrace, de 1906 à 1918, le développement de l'art Métaphysique dans l'oeuvre de Chirico. L'exposition présente ainsi, en 90 documents dont 50 peintures, le parcours et les influences artistiques et philosophiques qui ont nourri le peintre, de Munich où il a débuté, à Paris où il a rencontré André Breton, Paul Eluard et Guillaume Appolinaire et à Ferrare où il fréquenta Carlo Carra et Giorgio Morandi, dont des oeuvres sont également présentées ici.

L' exposition est l'occasion unique (une des dernières peut-être) de réunir des oeuvres prêtées par de prestigieux musées internationaux, tels le MoMA de New-York, la Tate de Londres, le Moderna Museet de Stockolm, le Philadelphia Museum of Art.

Cette belle exposition, qu'on aurait aimé plus longue, offre la possibilité de rendre visite aux toujours impressionnants Nympheas de Monet.

Lire l'article sur l'exposition De Chirico au Musée d'Art Moderne en 2019

 

Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
Giorgio De Chirico, la peinture métaphysique au musée de l'Orangerie
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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 20:37

On l'a vu très souvent dans des seconds rôles essentiels. Sa présence dans un film de cinéma ou de télévision c'êtait "au moins ça de gagner", un gage que du talent serait au moins là,  porté par ce grand comédien. Inoubliable dans Un air de famille, il apporte aussi son élégance à L' auberge espagnol, Polisse, J'accuse...

C'est le théâtre qui l'a sans doute le mieux accueilli comme en 2016 au théâtre de l'Oeuvre dans Qui a peur de Virginia Wolf avec Dominique Valladier. On pourra le revoir sur grand écran en février prochain dans le nouvel OSS 117.

Wladimir Yordanoff est décédé ce 6 octobre à l'age de 66 ans.

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 20:39

En février 1939, des miliers d'Espagnols fuyant la dictature franquiste sont parqués dans des camps par l'Etat français. Un gendarme français va venir en aide à l'un d'entre eux, le dessinateur républicain Josep Bartoli.

Pour témoigner de cette page sombre de l'histoire espagnole et de cette honte française, et pour conter l'histoire vraie du dessinateur de presse anti franquiste, Aurel choisit de favoriser le dessin en arrêt sur image plutôt que réellement animé. Cette réalisation syncopee, tout en soulignant l'hommage à l'art de Bartoli, associée à un soin des couleurs particulier, permet de hisser le film à la hauteur de son beau et grave sujet. 

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 20:53

Claire Girard est une grande pianiste. Fred son mari gère tout. Il est son agent, son garde du corps, son homme d'intérieur, il parle même à la place de sa femme.

La première partie est très drôle et joliment subversive dans son dessin d'un couple où les rôles homme-femme sont inversés.

La deuxième partie dédiée à la grossesse, souvent proche du documentaire, perd fortement en efficacités, moins drôle, moins rythmé.

Pourtant, les parties pris dans la réalisation et le montage qui laisse du temps aux moments de sidération et à la contemplation font d'Enorme une proposition artistique qui, sans séduire totalement, ne laisse pas indifférent.

Jonathan Cohen et Marina Fois sont tous les deux excellents.

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 19:35

Dernier souvenir personnel de Michaël Lonsdale sur grand écran : en 2014, Maestro de Lea Fazer. Il y porte le rôle titre celui du maître que fut Eric Rohmer pour Jocelyn Quivrin le temps d'un tournage, impressionnant et bienveillant.

Premier souvenir personnel de Michaël Lonsdale dans un film de cinéma : Baisers Volés de François Truffaut, il y joue le mari un peu inquiétant, un peu dérangeant de Fabienne Tabard interprétée par Delphine Seyrig irrésistible pour Antoine Doinel-Jean Pierre Leaud.

Avec sa voix et sa diction si particulière qui pose d'emblée la singularité du personnage,  Michaël Lonsdale a beaucoup joué au théâtre et a toujours tourné plusieurs films par an. Dans des rôles plus ou moins importants, il a appliqué son empreinte dans des styles cinématographiques d'une grande variété : de Monsieur Klein de Joseph Losey à un James Bond (Moonraker), d'Indian Song de Duras à Hybernatus d'Edouard Molinaro, mais aussi dans Le Procès d'Orson Welles, Au Nom de la Rose de J.J.Annaud, Les Vestiges du jour de James Ivory, Les Acteurs de Bertand Blier, Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet, Chut! de J.P Mocky, Bancs publics de Bruno Podalydès, Munich de Steven Spielberg, Stavinsky d'Alain Resnais...

Dans près de 200 rôles dont celui que lui offrit Xavier Beauvois. Dans Des hommes et des Dieux, Michaël Lonsdale, qu'habitait une foi profonde, y incarnait Frère Luc Dochier. Inoubliable.

 

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 16:47

Etsy a 19 ans et vit à Brooklyn dans une famille juive ultra orthodoxe. Pour échapper aux diktats que son entourage lui impose, mariage et enfantement forcés entre autres, elle fuit retrouver sa mère réfugiée à Berlin.

Adaptée du livre autobiographique de Deborah Feldman, Unorthodox nous fait découvrir les étonnants, que l'on pourra trouver terrifiants, préceptes des juifs hassidiques américains. 

Alternant les scènes d'emprise dans sa communauté passée et celles d'espoir romantique à Berlin, cette mini série de 4 épisodes joue sur la peur qu'Etsy soit retrouvée par son mari et l'espoir d'une reconstruction possible en totale liberté. La série est aussi portée par l'impressionnante Shira Haas.

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 13:03

Maxime, qui aime Sandra qui, elle, aime Gaspard, rencontre Daphné qui aime François, le mari de Louise.

Emmanuel Mouret abandonne, cette fois encore, comme pour Mademoiselle de Joncquieres, le burlesque de ses premiers films pour laisser toute la place à la gravité des sentiments. Il délaisse aussi dans la réalisation son style "théâtre filmé" pour une mise en image plus aérée, sans perdre en qualité dans l'écriture de ses dialogues et dans le dessin de ses personnages. Il confie ces derniers à d'excellents comédiens (Niels Schneider, Vincent Mc Cain, Camilia Jordana, Emilie Dequenne, Guillaume Gouix, Jena Thiam) qui servent parfaitement ce scénario qui expose de multiples états d'âme, humeurs, valses-hésitations. Seul (tout petit) bémol au film l'usage de tubes du répertoire classique, qui, s'il séduit un premier temps, lasse sur la fin au moment même où Emmanuel Mouret semble peiner à abandonner ses personnages. Le film n'en reste pas moins très séduisant.

 

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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 22:30

Pour son 4ieme spectacle et en 70 minutes chrono, Camille Chamoux s'attaque à la course après le temps, course accentuée par une société où tout va de plus en plus vite.

S'appuyant sur des penseurs tendance (Proust, Epicure, Boris Vian, Ferré, Michel Ange... ) et sur les angoisses de son fils de 5 ans, Camille Chamoux dissèque les manies, agacements, phobies... créés par notre monde moderne, Ubérisé, Wazisé, minuté.

L'ensemble est, comme chaque fois chez Camille Chamoux, intelligement écrit, parcouru de messages féministes, de citations percutantes et de puchline personnelle. La mise en scène de Vincent Dedienne sert parfaitement le texte que la comédienne interprète avec la juste folie propice au rire.

A voir au théâtre du Petit-Saint Martin du mercredi au samedi à 20h30.

Lire l'article sur le spectacle "Esprit de contradiction" de Camille Chamoux.

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 22:23

La nouvelle création de Joël Pommerat traite de la construction à l'âge de l'adolescence dans un monde où la violence domine, où la question du genre revient sans cesse, où les parents démissionnent, où les machines se substituent aux éducateurs, où les enfants le sont de moins en moins longtemps... A travers une dizaine de scènes déroutantes, Pommerat nous laisse entrevoir de multiples lectures. Tout en nous interrogeant sans cesse sur la teneur de ses messages, "Contes et légendes" nous emporte à chaque tableau dans un nouvel intrigant récit.

Sur la forme, l'extrême sobriété de la scénographie accompagne parfaitement l'excellence des jeunes comédiennes. La qualité de l'interprétation sert au plus juste l'angoisse, la violence, l'émotion sans que le rire ne quitte jamais vraiment la scène.

Pommerat nous offre une fois encore une expérience théâtrale remarquable.  En jouant à la fois sur le rire et le drame, il nous invite à nous questionner sur l'avenir annoncé à nos enfants par cette étrange société.

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 16:07

Marie, Bertrand et Christine vivent dans le même lotissement et sont devenus amis en manifestant en Gilets Jaunes sur un rond-point. Tous les trois se retrouvent en délicate situation, prisonniers des pièges de notre société menée par l'intelligence artificielle et la sur-consommation.

Le film débute par une liste à la Prévert de tous les travers et les conséquences de la consommation et la digitalisation à outrance : intrusion dans nos vies privées, notation de tout et de tous, déshumanisation des contacts, abandon par les services publics des territoires, faillite par crédit à la (sur)consommation, uberisation, destruction de l'environnement.... Les situations et les dialogues percutants sont souvent très drôles même s'ils mettent en lumière une réalité terrifiante. Les deux réalisateurs pointent le doigt sur les multiples travers de notre société de façon appuyée ou rapide. Il faut rester attentif pour tout percevoir. Même si le film perd en efficacité dans le développement des histoires des trois protagonistes, l'ensemble reste bien vu. Et si certains jugeront cela facile, l'exercice reste utile pour nous rappeler, s'il le fallait, la folie qui mène notre petit monde.

 

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