SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 14:43

Roman et Camille forment un couple uni parents de deux petites filles. Quand la cadette est hospitalisée, suite à des convulsions, ses examens montrent des traces de cocaïne.

Un film sur le pouvoir de la culpabilité, la force de l'amour et le poids du soupçon porté par un récit sensible, une mise en scène efficace et discrète, et l'interprétation tout en délicatesse de Céline Sallette et Pio Marmaï.

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11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 18:03

La 9e édition du Festival Circulation(s) se déroule jusqu'au 30 juin au 104.

Le festival met en avant une trentaine de photographes européens sélectionnés par  un jury de professionnels. Cette année, encore, l'accent est mis sur des artistes plus plasticiens que "simples" photographes. Pour nombre d'entre eux leurs œuvres photographiques ont peu d'attrait esthétique et ne prennent de valeur qu'une fois leur concept expliqué. 

Les amateurs de photographies plus classiques, offrant un intérêt esthétique ou documentaire, trouveront leur compte chez quelques photographes exposés dont ceux ci-dessous.

 

 

Emile Ducke - Diagnosis

Ce photographe Allemand est sans contexte le coup de cœur de ce festival. Il y présente une série de photos réalisées dans le Saint Lukas, l'un des cinq trains médicaux qui se rendent dans les villes reculées de Russie, là où les médecins et les hôpitaux manquent. www.emileducke.de

 

 

 

 

Nelson Miranda Fundação Lar do Emigrante Português no Mundo

Cet architecte et photographe Portugais présente ses photographies réalisées dans les ruines de la Fondation « Foyer de l’Émigré Portugais dans le monde », une ville partiellement construite dans les années 1980 pour accueillir des migrants arrivant au Portugal. Abandonné, le lieu est vandalisé est occupé par des groupes d’extrême-droite.

www.nelsonmiranda.pt

 

 

 

Ruben Martin de Lucas Minimal Republics

Ce photographe-vidéaste espagnol, expose une série de photos réalisées sur 100 m² de terrain transformés en " micro-états éphémères" de 24 heures, de forme géométrique. Une réflexion sur la nature artificielle et éphémère de toute frontière. www.martindelucas.com

 

 

 

Jaakko Kahilaniemi - 100 Hectares of Understanding 

Les forêts en Finlande occupent 71,6% de la surface du pays. Jaakko Kahilaniemi, photographe Finlandais, en possède 100 hectares et cherche à créer de nouvelles manières de penser et de ressentir la forêt. www.jaakkokahilaniemi.com

 

 

 

Felicia Simion - Ethnographies
Cette photographe et plasticienne roumaine, témoigne des coutumes et des manifestations folkloriques de la Roumanie rurale contemporaine, dans un contexte de dépeuplement et de migration. 

www.feliciasimionphotography.com

 

 

 

 

Birgit Püve - Estonian Documents 

Photographe Estonienne, Brigit Püve expose plusieurs portraits de ses concitoyens. Elle considère que l'histoire d'un pays peut se lire sur les visages connus ou anonymes.

www.birgitpuve.com

 

 

Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
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Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
Festival Circulation(s) au 104
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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 15:46

Alex vient passer quelques jours chez sa grand-mère, Muriel, avant de s'installer au Canada. Muriel est intriguée par le comportement d'Alex qui s'est converti à l'Islam.

Téchiné offre à Catherine Deneuve un très beau rôle de femme épanouie et aimante confrontée à l'incompréhensible.

Le récit prend place dans la campagne, prés des cerisiers, dans un centre équestre où de jeunes enfants apprennent à faire du poney. Tout respire la vie  et la joie de vivre. Téchiné prend soin, petit à petit, de confronter ce lieu d’échange et de joie à l'austérité et la violence des rapports qu'Alex entretient avec ses comparses djihadistes.

Son scénario repose essentiellement là-dessus, ne cherchant jamais à expliquer, affirmant même, par la voix d'un djihadiste repenti, qu'il n'y a rien à faire.

Sans atteindre la puissance de Mon cher enfant de Mohamef Ben Attia, le film se regarde sans désintérêt grâce surtout au beau rôle offert à Catherine Deneuve et à la prestation de Kacey Mottet Klein.

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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 20:01

Samuel Courtauld était un industriel et mécène anglais qui dans les années 20 se constitua une collection d'art impressionniste, soutenant plus particulièrement Seurat et Cézanne.

110 œuvres impressionnistes et post-impressionnistes, dont une soixantaine de peintures, sont exposées. Ces œuvres sont prêtées par la galerie Courtauld actuellement en travaux.

L’ensemble est présenté dans une scénographie classique et sage, sans doute pour laisser toute la place aux seules œuvres pour la plupart remarquables.

On compte parmi les peintres exposés Modigliani, Boudin  Daumier, Degas, Seurat, Matisse, Turner, Pissaro, Le Douanier Rousseau, Toulouse Lautrec, Sisley.... dont des œuvres phare telles "Un  bar aux Folies bergère" de Manet, "La loge" de Renoir, "La gare Saint-Lazare" de Monet, "Nevermore" de Gauguin, "Autoportrait à  l'oreille bandée", de Van Gogh, " Les joueurs de carte" de Cézanne"...

A voir jusqu'au 17 juin 2019.

 

 

 

La Collection Courtauld à la Fondation Vuitton
La Collection Courtauld à la Fondation Vuitton
La Collection Courtauld à la Fondation Vuitton
La Collection Courtauld à la Fondation Vuitton
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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 16:59

Manuel López-Vidal est un homme politique influent au niveau régional. Quand l'un de ces collègues est accusé de malversation, il est très vite éclaboussé et désigné comme bouc émissaire pour sauver l'image du parti tout entier.

El Reino s'inspire de l'affaire Gürtel, scandale de détournements de fonds publics et de corruption destinés à enrichir les cadres du Parti Populaire, révélée en 2009.

Le réalisateur avoue avoir délibérément omis certains faits trop énormes pour être crédibles. Mais, ici ce ne sont pas tant les faits qui sont au centre du récit mais ceux qui en sont les commanditaires. Ainsi, El Reino dessine le portrait de ces hommes politiques corrompus, sans morale, totalement déconnectés de la réalité et surpris que leurs collègues aussi pourris qu'eux puissent ainsi les trahir. Le film est porté par son impressionnant comédien principale Antonio de la Torre.

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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 09:33

Ingmar Bergman fait son entrée au répertoire avec « Fanny et Alexandre » qui fut sa dernière réalisation au cinéma. En partie autobiographique, cette histoire raconte la famille Ekdhal, propriétaire d’un théâtre dirigé par Oscar et son épouse Emilie. La famille, oncles, tantes, Héléna, la grand-mère, mémoire vivante du théâtre, vit heureuse dans une ambiance joviale et fantasque. Un enchantement pour les enfants, Fanny et Alexandre. Ce bonheur prend fin avec la mort d’Oscar et le remariage d’Emilie avec Edvard un évêque rigoriste.

 

Mise en scène par Julie Deliquet, qui a déjà présenté un magnifique Oncle Vania en 2016, la pièce convoque pas moins de 19 comédiens de la troupe. Elsa Lepoivre, Denis Podalydès, Dominique Blanc, Didier Hancisse, Hervé Pierre, Laurent Stocker, Véronique Vella, Anne Kessler, Florence Viala, Cécile Brune, Julie Sicard, Gilles David, Noem Morgensztern, Anna Cervinka, Rebecca Marder, Gaël Kaminlindi, Jean Chevalier, Noémie Pasteger et Léa Schweitzer. Tous parfaits.

 

La metteuse en scène adapte ici à la fois les versions télévisée, cinématographique et littéraire de l'oeuvre de Bergman. Elle a pioché dans chacune de ces versions les textes, dialogues et scènes pour confectionner son adaptation théâtrale. 

 

Avec ce magnifique hommage au théâtre du maître suédois, Julie Deliquet joue avec délectation avec la fiction et la réalité. Le spectateur, à plusieurs reprises, ne sait plus très bien si ce sont les comédiens de la Comédie Française qui parlent ou leur personnage. Ainsi, Denis Podalydes en ouverture de la première partie, Elsa Lepoivre, en ouverture de la seconde partie et Hervé Pierre pour la conclusion, viennent à l'avant scène s'adresser au public, qui pourrait être celui de la Comédie Française mais plus certainement celui du théâtre Ekdhal. La mise en abîme est parfaite.

 

La première partie est très drôle. La gaieté est de mise dés la scène d'entrée où la famille et la troupe fêtent Noël. Les comédiens virevoltent, ça joue vite et bien, les déplacements sont fluides, tout est millimétré jusqu'à la moindre petite expression du comédien en fond de scène et tout est d'une grande évidence, naturel. Autre moment magnifique à la fois hilarant et poignant celui où Denis Podalydes répète Hamlet. Mais, aussi, lorsque Dominique Blanc joue un extrait de "La Maison de poupées" de Ibsen. 

La seconde partie plus sombre ne manque néanmoins pas d'humour mais il prend, ici, le visage de l'insolence d'Alexandre face au terrifiant Edvard. Les comédiens sont moins nombreux, la mise en scène change radicalement. Tout se resserre, l'oppression règne. Le contraste fonctionne parfaitement avec une scénographie qui touche juste.

 

Dans la mise en scène, on admire aussi les transitions dont celle inattendue et simple qui clôt la première partie et lance l'entracte, par le simple tomber d'un rideau noir et les cris de douleur d'Emilie. Ou encore dans la seconde partie, lorsque nous passons du presbytère effrayant à la douce maison familiale des Ekdhal par un léger changement de décor.

 

Ce "Fanny et Alexandre" est une démonstration supplémentaire de l’exceptionnelle qualité de la troupe de la Comédie Française et de ses choix artistiques. 

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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 12:30

Dans une robe digne de Blanche Neige, elle entre en scène et se plante derrière le micro. Tout comme dans son précédent spectacle, Blanche Gardin conservera cette position, car Blanche est là pour parler, pas pour chanter, pas pour danser, mais pour parler, en vrac, sans détour et presque sans pirouette de sa vision de l'écologie qui dans son cas est surtout de l' "egologie", du féminisme, du mouvement me too et de la difficulté d'être un homme (ou pas) de nos jours, des sourds-muets et des aveugles, des hôpitaux,  des referendums populaires et de la bêtise qui prend la  parole, comme sur les réseaux sociaux et de sa proposition de fermer Twitter après minuit comme on ferme les bistrots, s'insurgeant aussi que tout le monde puisse donner son avis sur tout, nous signifiant "Je vous interdis formellement de me mettre une note."

Blanche poursuit ainsi, après "Blanche parle toute seule", son monologue de quadragénaire cruelle avec elle-même et un peu avec les autres, obnubilée par le sexe, au corps qui grince un peu, agacée et dépassée par son époque et ses concitoyens. Le tout avec une autodérision vacharde, multipliant les provocations et une verdeur qui, chez tout autre humoriste, briserait instantanément le rire et qui ici l'intensifie.

 

 

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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 10:53

Foster et Taupin se rencontrent dans la rue. Ils doivent suivre le scénario qui leur a été imposé.

Aux premières minutes, le film captive. Blier nous plonge dans l'absurde et le désenchantement, nous intrigue et amuse. Christian Clavier surprend en se glissant parfaitement dans l'univers de Blier. Depardieu fait du Depardieu.

Mais le récit s'enlise. De plus, Blier applique scrupuleusement les mêmes recettes que dans ses précédents films nous donnant l'impression étrange d'avoir déjà vu ces scènes. Le plaisir de retrouver son univers est gâché par l'absence de renouvellement. Sensation étrange de ne pas adhérer au film d'un réalisateur qu'on apprécie parce qu'il présente une oeuvre qui ressemble trop aux films qu'on a déjà aimé.

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 12:46

A Los Angeles, dans les années 90, Stevie, 13 ans, s'ennuie, entre son frère qui le bat et sa mère absente. Il décide d'intégrer un groupe de skaters.

Jonah Hill conte son passage de l'enfance à l'adolescence. Ses comédiens sont très justes, notamment son héros (Sunny Suljic). On s'attache facilement à ce jeune garçon, à ses amis ainsi qu'à leurs espoirs, leurs joies, leurs désillusions et leurs peines. Chaque personnage est bien dessiné. Les scènes s’enchaînent avec une certaine précipitation qui donne au film son rythme soutenu. 

D'un point de vue purement cinématographique, il n'y a pas tout à fait le compte. Si le film évoque d'emblée "Paranoid Park" de Gus Van Sant, on n'y retrouve pas la qualité de réalisation, ni celle de la gestion du son ou de l'accompagnement sonore qui semblent, ici, un peu approximatives. 

L'ensemble demeure toutefois très sympathique.

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 12:36

Le Palais de Tokyo lance sa nouvelle campagne publicitaire "Idées Libres" avec l'agence BETC.

Après une campagne d'affichage dans le métro, c'est au tour des cinémas d'accueillir cette nouvelle communication avec deux films réalisés par Chloé Bailly, dont celui-ci, simple, efficace et drôle. 

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 13:16

Depuis que Karen, sa femme, est partie, Mario élève seul ses filles. Il s'inscrit à un projet théâtral amateur dans le théâtre où travaille Karen.

Claire Burger trace le portrait d'un père qui doit gérer son chagrin et l'éducation de ses filles. Elle dessine les différentes formes prise par l"amour dans un récit fluide et précis dans la description de ses personnages et de leurs atermoiments.

Bouli Lanners porte le film. Il excelle dans l'incarnation de Mario, homme amoureux de sa femme et de ses filles prêt à tout pardonner. Dans le rôle des filles, Sarah Henochsberg et Justine Lacroix, sont parfaites elles aussi. La justesse de leur interprétation sert parfaitement la délicatesse du film qui évite tout pathos et toute caricature.

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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 21:42

Pauline Bayle adapte et met en scène à la Comédie Française le livre de Leila Slimani. Cette histoire d'infanticide est surtout le portrait d'une femme simple, toute en souffrances tues, plongée dans un mode de vie plus enviable que le sien tant matériel qu’émotionnel. Une confrontation qui souligne férocement la médiocrité de sa condition, les humiliations quotidiennes, la déception que lui procure sa fille et l'envie, mêlée à un certain dégoût, que cette nouvelle vie parallèle jamais ne cesse ou disparaisse avec elle.

Pauline Bayle fait le pari de condenser en 1h20 l'histoire complexe de Louise. Sur la petite scène du Studio-Théâtre de la Comédie Française, le décor est des plus minimalistes. Il s'agit de l'appartement des parents, un canapé, deux tables, trois chaises. On retrouvera parfois Louise dans son studio matérialisé dans un coin de l'avant scène. Anna Cervinka et Sébastien Pouderoux, interprètent tout à la fois le rôle des parents et celui des enfants. Cette convention, astucieusement mise en place dès la première scène, fonctionne parfaitement. 

Le récit, fidèle au livre, présente sur la dernière partie quelques raccourcis un peu trop rapides pour construire réellement le cheminement des personnages. Cette faiblesse de l'adaptation est remarquablement compensée par Florence Viala tout simplement magistrale. Son interprétation de Louise porte la puissance des descriptions et des mots du livre de Leila Slimani qui expliquent à petits pas et tout en suggestions les origines du drame.

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 23:48

Passionnante, immersive, haletante, la pièce de Pommerat nous plonge dans les événements qui ont menés à la mise en place de la démocratie en France et, notamment, à la création de l'Assemblée Nationale. Des débats entre le Tiers-Etat, la noblesse et le roi, des trahisons dans chaque camps, des hésitations intimes de chacun, la pièce met en exergue toutes les difficultés et contradictions qui jalonnent sans cesse la recherche d'équité, et prend en ces temps où les gilets jaunes revendiquent tout et son contraire, un écho plus particulier encore.

Sur scène, dans un décor de murs noir béton qui montent jusque dans les cintres, habillé de mobiliers noirs et parcouru par des comédiens en costume cravate sombres, aucune couleur ne vient troubler l'austérité de la création dans le chaos. 

La troupe, d'une qualité exceptionnelle, de près de trente comédiens dont quatorze portent le texte et les autres animent l'Assemblée, jouent sur scène et dans la salle. L’événement envahie le théâtre tout entier. Le mouvement perpétuel est la clé scénographique majeure. L'immersion du spectateur est immédiate.

Ainsi, les débats ne s'effectuent jamais à voix posée et de façon statique. Les comédiens, mêlés au public ou déjà sur scène, viennent et repartent sans cesse, se battent pour avoir le micro, s'allient, se défont. Le son lui aussi envahit tout l'espace et s’impose au spectateur. Il mêle à la voix des comédiens, des cris et des chants de foules, les explosions des combats mais aussi des chansons plus contemporaines.

Au bout de 4h10 à ce rythme effréné, la pièce laisse le spectateur exsangue mais ravie d'avoir pu participer à ce moment de pur magie théâtrale.

 

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 23:17

Macha Makeieff met en scène la féroce pièce de Molière. La réputation de misogynie de Jean Baptiste Poquelin est de plus en plus souvent remise en cause par le regard des metteurs en scène contemporains. Sans faire de cette pièce une oeuvre féministe, Macha Makeieff met en évidence les qualités et travers de chaque personnage sans distinction de sexe. Pédant, vaniteux et manipulateur, elle donne à son Trissotin les allures d'un gourou, à ses femmes savantes les aspaects d'adoratrices hystériques et à Henriette, la liberté d'une femme moderne et indépendante.

En transposant cette histoire dans une époque contemporaine, la metteuse en scène se donne toute liberté et nous propose une version totalement délirante. Décors,  costumes, scénographie, accompagnement musicale et sonore, tout participe à souligner les effets comiques du texte de Molière. La mise en scène,  parsemée de détails hilarants, est précise et relevée. 

Les comédiens dont Vincent Wintherhalter, Marie-Armelle Deguy (aux faux airs de Claude Gensac dans son délire ) et Geoffroy Rondeau pour ne citer qu'eux, sont excellents .

Un régal de 2h15 à  voir jusqu'au 10 mai.

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 19:44
Agnès Varda au Festival de Cannes

Le plus déroutant et passionnant festival de cinéma du monde consacre son affiche à Agnès Varda. Une affiche à l'image de l'artiste : surprenante, cocasse, créative, décalée, colorée, unique.

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15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 17:40

Au cinéma, sa présence singulière nous avait déjà interpellé mais c'est, en 2012, avec Camille Redouble de Noémie Lvovsky que son nom s'est imprimé dans notre mémoire. Au théâtre, elle avait déjà une beau parcours dont deux années comme pensionnaire à la Comédie Française.

Depuis, on guette toujours avec un intérêt particulier sa personnalité ambivalente, son physique menu, son sourire discret et ce regard qui semble couvrir des paysages qui nous sont inaccessibles.

Si elle se fait trop rare au cinéma, on a pu l'apercevoir chez Téchiné, Toledano et Nakache, Hansen-Love, c'est Michael Hers, en 2015, et Ce sentiment de l'été qui nous la rend vraiment avec un rôle à sa mesure.

Puis et surtout, en 2017, Stéphane Brizé lui offre le rôle de Jeanne dans son adaptation de Une Vie de Guy de Maupassant. Judith Chemla prête à Jeanne sa fragilité et sa force, sa fraîcheur et sa noirceur. Elle y est impressionnante d'incarnation.

Tout comme dans "Traviata, vous méritez une vie meilleure" présenté aux Bouffes du Nord et actuellement en tournée. Dans ce spectacle enchanteur, mêlant l’opéra de Verdi et le roman de Dumas, elle interprète, joue et chante, le rôle titre. On lui découvre une voix de soprano surprenante. Là aussi, sa présence singulière emporte tout.

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 19:08

Theo vient de naître sous X. Une longue chaîne d'hommes et de femmes va se mettre en action pour l'accueillir puis le confier à sa famille d'adoption.

Entre documentaire ; les dialogues sont très didactiques ; et fiction ; le romanesque a toute sa place ; Jeanne Herry nous propose de découvrir la gestion administrative et humaine de l'adoption en France. La réalisatrice agit par petites touches pour construire son histoire, dessinant en peu de traits des portraits précis des différents intervenants.

En ne s'attardant pas sur les moments d'émotion, en présentant de nombreuses scènes courtes mais très signifiantes, en s''attachant aux détails du quotidien, le film propose le récit sensible et tendre, sans trop de mièvrerie, du parcours de ce bébé pas tout à fait abandonné.

 

Sortie en salle : 5 décembre 2018

Sortie en DVD : 10 avril 2010

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 17:22

En 1919, le cirque Medici se réjouit de la naissance d'un éléphanteau mais ses oreilles gigantesques le rendent imprésentable au public.

Cette variation du vilain petit canard d'Andersen a été écrite en 1939 par Helen Aberson et adapté en dessin animé avec succès par Walt Disney, 2 ans plus tard.

Tim Burton s'empare à son tour de cette ode à la différence, pamphlet contre l'exploitation des animaux et en profite pour condamner les parcs d'attraction à la Disney (producteur du film... ) destructeurs des petits cirques et des troupes de divertissement à taille humaine.

Pour ce faire, il mixe personnages réels et animaux numériques. Rien de très attrayant sur le papier mais Tim Burton réalise ici un petit miracle. Tout fonctionne parfaitement pour peu que le spectateur fasse place à son petit coeur d'enfant. Les comédiens sont parfaits chacun dans leur rôle, Colin Farrel très agréable à regarder dans un rôle un peu fade, Eva Green toujours irrésistible et trouble, Danny de Vito excellent en patron de cirque, Michael Keaton parfaitement détestable en méchant businessman et deux enfants totalement charmants. Mais, l'image qui reste est celle des grands yeux bleus de cet éléphanteau conçu numériquement et qui dégage une humanité troublante. Craquant.

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 12:20

Dans une salle d'attente, une jeune femme, tendance cleptomane, est aspirée par un tableau, portrait d'un militaire, dans une série d'aventures au fil du temps.

Ce spectacle écrit et conçu par Victoria Thierrée Chaplin offre de beaux numéros de magie, de jeux et de danse, dans une scénographie mixant simplicité et burlesque. Aurélia Thierrée, accompagnée de Jaime Martinez et de trois comparses-assistants, est parfaite.

L' accompagnement musical, plutôt décevant, perturbe la plongée dans une ambiance féerique ou poétique. Aussi, on perd rapidement le fil d'un récit qui semble secondaire et avant tout au service des numéros. Les numéros primant sur l'histoire celle-ci est particulièrement de guingois. On percevait déjà cette "difficulté" à tisser totalement un récit dans "Murmures des murs" et c'est ici encore plus évident.

On pourrait se contenter d'admirer la succession de tableaux, mais le semblant de récit qui est proposé au démarrage perturbe quelque peu la lecture du spectacle.

A voir jusqu'au 12 mai.

 

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 16:46

Après l'exposition Willy Ronis, le Pavillon Carré de Baudouin poursuit son cycle sur la photographie humaniste et sociale en accueillant William Daniels. Ce photographe documentaire français réalise des reportages de longue durée dans des zones du monde en souffrance telles la Centrafrique, le Bangladesh, l'Inde, le Mali, la Russie, la Lybie, le Kirghizistan, la Syrie...

Prés de 60 photographies sont présentées, souvent en très grand format, dans une scénographie classique dans les trois premières salles et de façon plus spectaculaire dans la dernière salle de l'étage.

Les photos sont très belles et témoignent de la souffrance du monde, dans son infinie diversité.

 

Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
Exposition "Wilting Point" de William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin
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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 21:21

Damien reconnait Bahzad un enfant Syrien réfugié et scolarisé en France avec sa maman. Ainsi, il lui donne sa nationalité française.

"Damien..." aborde un sujet complexe et sensible, avec humour et émotion, appelant  à réfléchir sur l'engagement, l'intégration et sur ce que veut dire être français. Les interprètes, enfants, adultes, connus et moins connus, sont tous très justes.

Dommage que la fin, digne des plus mauvaises comédies romantiques, abandonne si brutalement son sujet reléguant, en 10 minutes, le film au statut de feel good movie sans ambition.

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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 16:16

Alain, PDG d'un grand groupe automobile, vit à 100 à l'heure jusqu'au jour où il est victime d'un AVC.

Fabrice Luchini, Leila Bekhti, Micha Lescot sont très bien mais que sont-ils venus faire dans ce nanar ?

La partition est ridicule, à la limite de l'insulte pour les personnes réellement touchées par un AVC. Le film ne séduira que ceux qui ne sont pas regardant sur la vraisemblance et la profondeur d'un récit, les autres seront agacés et s'ennuieront ferme.

 

 

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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 15:43

La pyramide de Ieoh Ming Pei fête ses 30 ans ce 31 mars 2019.

Pour l'occasion JR a été invité à créer une oeuvre. Il a choisi d'utiliser l'anamorphose pour faire découvrir les fondations de la pyramide.

Une performance artistique remarquable par la créativité et l'énergie déployée ; on pense aux calculs qu'elle nécessite et aux 400 volontaires qui ont posé prés de 2000 lés de 10 mètres chacun ; mais qui a pour limite de ne pouvoir être admiré à l’œil nu. S'agissant d'une anamorphose visible uniquement du toit du musée, une caméra posée au point d'anamorphose permet de projeter sur deux écrans installés dans la cours Napoléon l'effet attendu.

L'anamorphose que JR avait effectuée en 2016, et qui consistait à faire disparaître la pyramide, avait l'avantage d'être visible sans écran. Cette fois, en mode piéton, cela ne donne pas grand chose, si ce n'est le bruit particulier provoqué par le papier qui crisse sous les pas.

A voir pendant deux jours samedi 30 et dimanche 31 mars.

JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
JR fête les 30 ans de la Pyramide du Louvre
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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 14:41

Rupert, 11 ans, correspond avec John F. Donovan, acteur de série célèbre.

Xavier Dolan présente un film caricature de son oeuvre. On y retrouve les mères déficientes et névrosées, les fils mal dans leur peau, les scènes d’ hystérie, celle de la réconciliation familiale avec tube ringard en fond sonore, le monologue du héros qui aurait tant aimé être aimé... On retrouve aussi quelques fulgurances dans la réalisation même s’il abuse, ici, de très gros plans symboles, à son dépend, du manque de recul pris par Dolan sur son sujet. Si sujet il y a.

Car il est bien difficile de comprendre de quoi il s’agit ici. La relation entre l’acteur et l’enfant ne repose que sur l’anecdote : le petit est fier de correspondre avec une star dont on ne sait qu’elle intérêt elle-même porte au gamin, l’acteur est homosexuel mais le vit mal car il ne faut surtout pas que ça se sache, l’enfant devenu grand veut absolument donner à cette histoire un sens profond que la journaliste qui l’interroge peine à saisir, comme nous d’ailleurs. Le scénario ressemble à un patchwork mal maîtrisé.

A cela s’ajoute des dialogues poseurs d'une naïveté ou d'une immaturité qui achèvent de basculer les scènes dans le ridicule. Si l’on accepte le côte excessif que contient l’oeuvre de Dolan comme part intégrante de son style, il faut au minimum que cela soit cadré dans une histoire, un propos et des dialogues un minimum tenus.

Un Dolan raté à oublier bien vite.

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 19:09

 

 

Photographie de Varda par Agnès - Copyright Ciné Tamaris 2018

 

Photographe, cinéaste, documenteuse et documentariste, visual artist mais pas plasticienne car elle détestait ce mot, Agnès Varda, artiste complète, auteur d’œuvres remarquables dans tous ces domaines, est partie cette nuit. Pas vraiment à cause de ses 90 printemps mais par la faute d'un cancer qui s'en prenait à ses yeux, depuis quelques années, sans l'empêcher de continuer à créer : un documentaire avec JR, Visages, Villages, il y a 2 ans, une cabane de cinéma, la serre du Bonheur, l'année dernière, un documentaire Varda par Agnès diffusé sur Arte il y a une semaine et une exposition qui sera inaugurée demain dans les jardins de Chaumont-sur-Loire.

Cette artiste audacieuse, engagée, inventive, rieuse et d'une grande liberté avait un réel intérêt pour les autres. Elle leur consacrait des documentaires patients, précis, poétiques, d'une grande empathie, à la fois gais et émouvants que sa créativité, sa personnalité, sa voix et sa façon si personnelle de raconter, rendait incomparables.

Le 9 juin de l'année dernière, elle était présente à la galerie Obadia, pour le "Termissage", disait-elle, de  son exposition. Elle parlait de son projet de future cabane qui cette fois serait un bateau échoué.

Voici quelques photos.

Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
Agnès Varda
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