SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 14:59

Max visionne 25 ans de vidéos personnelles souvenirs de son adolescence, de ses amis, de ses parents, de sa jeune vie d'adulte...

Sur le papier, le projet séduit par son originalité. Le premier quart d'heure est  fidèle à la promesse mais très vite on doute de la présence d'un scénario, si ce n'est une faible histoire d'amour. Les 50 premières minutes enchaînent des séquences bien foutues en mode VHS, sans intérêt particulier, mais sympathiques, car semblables à celles qu'on a pu tourner nous-mêmes.

Puis, Max Boublil apparaît, et disparaît le peu de charme du film. Un semblant de scénario se dessine sous forme d'une succession de sketchs qui ne séduiront que les fans de Max Boublil.

 

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:39

Cédric Saint-Guerande, présentateur vedette du 20h est en passe d'être déboulonné par le nouveau président de La Grande Chaîne.

Michel Denisot, qui a pourtant tenu quasiment tous les postes dans les chaines de télévision, du plus bas de l'échelle au plus haut, ne fait qu'aligner les clichés. Aucun regard nouveau, aucune créativité, aucune surprise, aucune réflexion dans sa comédie au vitriol, si caricaturale que tout un chacun aurait pu l'imaginer. Cerise sur le gâteau, le premier rôle est tenu par le roi de la caricature, caricature lui-même, Franck Dubosc.

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 18:03

Après Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc, adaptation de la première partie du triptyque de Charles Peguy, Bruno Dumont adapte ici les deux dernières parties.

Si Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc, était rendu totalement indigeste par la musique de Igorrr, dont on se demande encore ce qu'on lui avait fait pour mériter cela, Jeanne renferme une beauté étrange qui n'apparaît pas aux premières minutes mais nous gagne petit à petit.

La grâce de Lise Leplat Prudhomme, enfant de 10 ans, au regard indocile et au menton fier, la douleur que portent la très belle musique et le chant de Christophe, le décalage de certains décors, les mélanges de tons entre acteurs professionnels et amateurs, tout, même le plus incongru, participe à faire de cet Objet Filmique Totalement Identifié comme une création du singulier Bruno Dumont, une oeuvre intrigante et belle.

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 16:43

À Naples, au début du XXe siècle, un jeune marin, Martin Eden fait la rencontre d’une demoiselle bourgeoise dont il tombe amoureux. Pour se hisser à son niveau d'éducation et à celui de sa famille, il se passionne pour la littérature et la philosophie, sans espère t-il trahir ses origines.

Pietro Marcello adapte le livre de Jack London en Italie et relève le défi du romanesque. Il nous emporte dans cette ascension pas à pas, enchaînant les défaites, les humiliations  et les résignations. Luca Marinelli est un parfait Martin Eden qui ne ménage pas son énergie et son enthousiasme pour s'élever à la hauteur de celle qu'il aime et qui, arrivé au sommet, n'en récolte qu'amertume. Amertume face à la trahison de ses origines, à la vacuité de la richesse, la solitude de la célébrité.

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 16:53

L'affaire Dreyfus racontée du point de vue du colonel Picquart qui enquêta, mis sa carrière et sa vie en danger pour faire éclater la vérité.

Polanski convoque un impressionnant casting pour conter l'un des plus grands scandales du XXe siècle. Jean Dujardin impérial dans le rôle du colonel Picquart est entouré de Melvil Poupaut, Gregory Gadebois, Emmanuelle Seigner, Mathieu Amalric, Vincent Perez, Damien Bonnard, Louis Garrel, Wladimir Yordanoff et une partie de la troupe de la Comédie Française, Hervé Pierre, Denis Podalides, Eric Ruff, Bruno Raffaelli, Laurent Stocker, Didier Sandre.

Ce casting 4 étoiles sert parfaitement le récit qui met à distance le célèbre rôle joué par Zola et rend à Piquart l'honneur qui lui est dû. La fluidité du scénario, l'élégance de la mise en scène font de ce "J'accuse" un très bon film, un peu trop sage et classique pour être le chef d'oeuvre plébiscité par la presse et certainement pas le meilleur Polanski.

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 14:07

Suite au naufrage d'un navire, Viola échoue en Illyrie. Pour échapper aux risques de sa condition de femme, elle se travestit en homme et se fait engager sous le nom de Césario, aux services du Duc Orsino. Ce dernier, fou amoureux de la Comtesse Viola, qui se refuse à lui, demande à Césario d'être son messager auprès de sa bien-aimée.

 

Thomas Ostermeier s'empare de cette comédie que William Shakespeare a écrite à l'occasion du carnaval, lieu de tous les travestissements et où régnants et peuple se trouvent à égalité. Le dramaturge se joue des genres, interroge les origines du sentiment amoureux et moque la folie des puissants. Si on peut s'étonner de la modernité d'un tel propos pour l'époque, sur le papier le pitch n'impressionne pas par son originalité. 

 

Mais la folie avec laquelle Shakespeare dessine ses personnages, l'outrance de la mise en scène d'Ostermeier et la qualité de jeu des comédiens enrichissent formidablement le récit. Le délire est de mise et si on ne sait pas jusqu'à quel point la traduction d'Olivier Cadiot transfigure le texte original, on est souvent saisi par son audace. Les improvisations des comédiens sur l'actualité (réforme des retraites, 49.3, coronavirus...) ajoutent au délire et respectent la tradition du Globe où les comédiens interpellaient directement le public.

 

Denis Podalydes, Georgia Scalliet, Adeline d'Hermy, Anna Cervinka, Noam Morgensztern, Julien Frison sont parfaits, comme la troupe du français sait toujours l'être, mais ce sont les prestations de quatre comédiens particulièrement bien servis qui nous marquent. Sébastien Pouderoux en serviteur coincé et amoureux, Laurent Stocker en oncle dégénéré, Christophe Montenez, en aristo cinglé s'en donnent à cœur joie dans l'outrance parfaitement dosée. Et il y a Stéphane Varupenne en Fou du Duc et de la Comtesse qui semble se promener dans cette partition, lui aussi excellent de bout en bout dans le premier degré comme dans les apartés. 

 

Si certains déplorent la laideur du décor et des (non-)costumes, elle convient parfaitement à cette ambiance de carnaval où tout est décadence, outrance et où les apparences trompent tout le monde ou personne. En un contraste puissant, un contre-ténor accompagné au théorbe intervient à plusieurs reprises apportant douceur et beauté au milieu de cette délirante farce.

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 16:28

De 1999 à nos jours, le combat de l'avocat  Robert Billot pour prouver la responsabilité d'une usine DuPond dans la pollution des terres et des eaux et la contamination de la  population en Virginie.

Haynes propose un film dossier dans la tradition du cinéma politique américain. Sans atteindre la verve d'une Erin Brochovitch ou l'intensité Des hommes du président, Dark Waters fait le job en contant de façon claire les tenants et aboutissants du duel, les enjeux économiques privés et étatiques, la lenteur de la justice et les vies broyées.

Le film, porté par Mark Ruffalo tout en accablement, tient un bon rythme jusqu'au dernier tiers où il marque le pas ne trouvant pas l'astuce narrative pour conter les années d'attente et manquant du romanesque auquel Haynes nous avait habitué dans ses précédentes œuvres. 

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