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EXP-SOULAGES.jpgBeaubourg présente jusqu'au 8 mars le travail de Pierre Soulages à travers une centaine de ses oeuvres représentant 60 ans de travail (Soulages a 90ans).
Soulages est souvent présenté comme le peintre "du noir et de la lumière". En voyant ses oeuvres dans les bouquins, pour le noir j'avais bien compris, mais pour la lumière c'était moins clair, si je peux dire.
L'exposition chronologique débute par des brous de noix très sympa, des goudrons sur verre puis des huiles sur lesquelles déjà le noir domine, n'est pas seul mais prend de plus en plus de place au fur et à mesure que les années passent.
Ensuite, à partir de 1979, viennent les oeuvres de la période "Outrenoir". L'"Outrenoir" c'est l'association du noir et de la lumière et c'est assez captivant.

Ces toiles, monochromes noires, sont peintes de telle façon qu'elles reflêtent la lumière chacunes de façon originale. Le noir n'est plus vraiment sombre, il éclaire. Il n'est plus vraiment seul sur la toile, il cohabite avec la lumière. Soulages jouent avec les épaisseurs, les coups de pinceau ou de couteau, les sens de pose. Ces toiles hypnotisent et fascinent.
   
Les toiles de Soulages sont à voir en vrai. Au réel seul, elles prennent leur véritable dimension.

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Le Ruban Blanc se déroule en Allemagne, peu de temps avant la première guerre mondiale. Il met en scène les habitants d'un village protestant perdu dans la campagne dans une ambiance bien lourde.
L'histoire plutôt sinistre est parfaitement écrite. Il y a une maîtrise du récit, un art de capter votre intérêt avec peu sans qu'aucune lassitude ne se fasse sentir. Les évênements petits ou grands s'enchainent judicieusement jusqu'au presque dénouement finale. La mise en scéne est d'une grande précision, les plans séquence sur la campagne sont nombreux et la photo est magnifique. Entièrement en noir et blanc, le film offre des images d'une exceptionnelle beauté. Quant aux interprétes, tous quasi inconnus, dont de nombreux enfants, ils sont excellents.

A la remise de la palme d'or à Haneke, certains s'étaient interrogés sur le poids qu'a pu peser sur ce choix, l'amitié du réalisateur et de la Présidente du jury. Au visionnage du film il n'y a plus aucun doute sur la parfaite légitimité de ce prix.
Le Ruban blanc est un grand film, d'une qualité de cinéma qu'on ne voit hélas plus assez souvent.

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vernissage.jpegVéra et Michael viennent tout juste de redécorer leur appartement. Ils invitent Ferdinand, une connaissance-amie, pour lui présenter leur "chef d'oeuvre" , l'occasion de lui expliquer ce qu'est le bon goût et une vie réussie. Ferdinand se débat sous la pression et clâme son droit au libre choix.

 

Très drôle et un peu oppressante, cette pièce si elle n'avait été écrite par Vaclav Havel, ne serait qu'une pièce de boulevard moins bête que la moyenne. Son illustre auteur nous fait penser qu'il s'agit d'une métaphore sur le totalitarisme, celui de certains pays ex-communistes peut-être.

La comédienne Amélie Dhée est irrésistible de drôlerie.


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Mr-Nobody.jpgComment dire ? D'abord, Mr Nobody est le tout nouveau film réalisé par Jaco Van Dormael le réalisateur du sympathique "Huitième Jour" et surtout du génialissime "Toto le héros".
Je me suis donc précipitée au cinéma la semaine de sortie de Mr Nobody espérant admirer à nouveau le talent singulier du belge réalisateur.
Quelle fut donc pas ma déception de subir pendant 2h20 cette catastrophe cinématographique. C'est un fiasco total. On sent bien toutes les bonnes intentions de l'auteur mais Dieu que c'est mal fait, Méliès que c'est raté.
Van Dormael semble s'être lui même noyé dans cette histoire dont le propos repose sur presque rien et dont il a tiré un scénario alambiqué extrêmement mal ficelé. C'était forcément casse gueule et Van Dormael s'est totalement ramassé. Il y a un vrai manque d'intelligence dans la construction du récit sur lequel s'empilent les clichés.
En plus, c'est outré et on tombe souvent dans le ridicule. L'émotion, qui se voudrait essentielle et très présente, disparait sous le poids du grotesque.
A cela s'ajoute une B.O. quasi exclusivement constitué de "tubes" contemporains ou classiques (Gymnopédie de Satie, Pavane de Fauré, where is my mind des Pixies...) kidnappés par les pubs ou génériques TV, tellement qu'on pourrait penser à une blague...
Quant à l'interprétation, l'acteur principal qui est de tous les plans ou presque a le charisme d'une huître ce qui n'aide pas le film a surmonté ses incroyables faiblesses...

Je préfére donc oublier de suite ce film. Pour ceux qui ne connaissent pas Jaco Van Dormael, je leur conseille plutôt d'investir dans le DVD de son magique "Toto le héros".

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"Tout objet de beauté est une joie qui demeure. Son charme croit sans cesse et jamais ne sombre dans le néant. "

 

Ces vers de John Keats siéent parfaitement au nouveau film de Jane Campion.

Cette ode à l'amour et au romantisme est d'une grande beauté. D'un abord austère, le film s'épanouit dans le plus grand romantisme au fur et à mesure que s'impose l'amour entre le poète, John Keats (Ben Wishaw, parfait) et la jeune modiste, Fanny Brawne (Abbie Cornish, incandescente).

Des plans comme des tableaux, une lumière qui effleure et révèle, des comédiens touchés par la grâce, une lenteur propice à la contemplation, les poèmes de Keats, le récit inéluctable... tout ici plonge le spectateur dans le romantisme le plus noble, la passion absolue et un chagrin immense.

Chef d'oeuvre.

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